Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les cigales — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les cigales
Chapitre 1
Le train s’arrête doucement à quai. Je prends mon sac et je descends. Une gare de campagne : un simple bloc de goudron et un préau. Une petite brise rend la chaleur de juillet plus agréable. J'emprunte un petit chemin de terre pour rejoindre la route. Les cigales chantent ; un air de vacances, d’été.
J’arrive sur une route goudronnée où m’attend une petite Clio grise un peu défoncée. Adossée au capot, une roulée à la main, je reconnais Anna. Un mètre soixante, un jean patte d'éph et une chemise blanche nouée au-dessus de son nombril. La fumée s’élève devant ses yeux bleus et monte dans ses longs cheveux noirs. Quand elle m'aperçoit, elle me sourit, termine sa clope et vient me faire la bise.
Déjà deux mois que la fac est finie, et autant de temps qu’on ne s'est pas vus. Mais ce week-end, on est tous réunis pour faire la fête. Un week-end à la campagne, chez Anna ; un week-end à neuf, avec ses amis de fac et ceux du lycée.
Je monte dans la voiture, elle démarre, un CD d’Aznavour tourne dans l’autoradio. On discute du début des vacances.
Je monte dans la voiture, elle démarre, un CD d’Aznavour tourne dans l’autoradio. On discute du début des vacances.
J’avais passé un mois dans un camping sur la côte Atlantique à faire du surf, elle avait bossé dans les champs. On prend des nouvelles du reste du groupe : Kev et Jack sont rentrés chez eux sans trop donner signe de vie, ils devraient arriver dans l'après-midi. Flore, elle, a travaillé un mois dans un restaurant.
Puis elle me parle de ses amis du lycée. Ils sont quatre, comme nous : James et Anie, en couple depuis la fin de la terminale ; Lina, une très bonne amie à elle qu'elle connaît depuis le collège ; et enfin Mia, une fille un peu discrète, mais qui se transforme dès qu'elle a bu un verre, avec une sacrée descente. Il y a aussi sa sœur, mais elle ne va pas forcément rester.
La voiture entre dans un petit village aux maisons en pierre. On passe devant le tabac, la boulangerie et l’église, puis on ressort de l'agglomération. Même pas une minute plus tard, elle tourne sur un petit chemin et s'arrête devant un portail noir. Elle l’ouvre et nous entrons dans la propriété.
En descendant de la voiture, je ne peux pas m’empêcher d’être impressionné par la taille du lieu. Une maison de plain-pied s’étend derrière une allée en gravier. Tout au fond, derrière la bâtisse, on devine une multitude d’arbres.
Anna m’invite à la suivre. On entre : des murs blancs, des meubles en bois et quelques tableaux accrochés çà et là. Je pose mon sac dans le salon pendant qu'Anna passe à la cuisine pour revenir avec des verres d’eau. Elle me dit que Lina et Mia devraient arriver d'une minute à l'autre.
En effet, la porte d’entrée ne tarde pas à s'ouvrir. Une fille entre en courant avant de se jeter dans les bras d’Anna pour une longue étreinte. La seconde reste un peu en retrait, m’adressant un petit sourire. Une fois leur accolade terminée, la première vient me faire la bise en se présentant :
En effet, la porte d’entrée ne tarde pas à s'ouvrir. Une fille entre en courant avant de se jeter dans les bras d’Anna pour une longue étreinte. La seconde reste un peu en retrait, m’adressant un petit sourire. Une fois leur accolade terminée, la première vient me faire la bise en se présentant :
"Lina."
L’autre doit donc être Mia.
On s’installe tous les trois dans le salon, il est à peine quatorze heures. On discute un peu, enfin surtout Lina et Anna. J’écoute leurs histoires et les potins du lycée. Je ne sais pas trop quoi dire, c’est toujours un peu comme ça au début.
Mia a l’air de boire leurs paroles, glissant un petit commentaire de temps en temps.
Puis Anna propose un jeu avant de partir faire les courses vers quinze heures, quand le groupe sera au complet. Tout le monde acquiesce, et elle sort un jeu de 52 cartes. On se décide pour un Président. Elles m'expliquent les variantes locales, puis on se lance.
Puis Anna propose un jeu avant de partir faire les courses vers quinze heures, quand le groupe sera au complet. Tout le monde acquiesce, et elle sort un jeu de 52 cartes. On se décide pour un Président. Elles m'expliquent les variantes locales, puis on se lance.
J’ai le temps de regarder en détail les filles : Lina porte un short gris et un tee-shirt blanc aux manches légèrement bordées de dentelle. Ses cheveux blonds sont tressés, retenus par une barrette ornée d’une cigale, et ses yeux bleus fixent intensément le jeu. Mia porte un tee-shirt Nirvana tombant sur un jean long. Ses cheveux noirs coupés court contrastent avec son teint pâle et ses yeux clairs.
L’heure passe vite, les parties s'enchaînent, simplement rythmées par les arrivées successives des autres. Ça fait bizarre de revoir tout le monde après deux mois. Une fois tout le monde réuni, on range les cartes. Je n'ai presque rien gagné, restant toujours neutre. Mia, en revanche, a survolé les débats d’une main de maître, squattant la place de présidente en permanence.
On s’arrête de jouer pour aller faire les courses. On décide de n'y aller qu'à quatre pour ensuite régler les comptes via Wero. Avec Anna, Kev et Lina, on part donc à l'Intermarché du coin. Il y a déjà une bouteille de Ricard et deux rosés chez Anna. On erre dans le rayon alcool : Kev réclame de la vodka, Lina veut de la bière et j'insiste pour prendre du rhum.
On charge deux packs de vingt blondes, deux vodkas et une bouteille de rhum. On passe ensuite aux softs : quatre bouteilles de cola premier prix, du jus de fruits et du sirop de pêche.
On ramène tout ça à la maison sous les regards ravis de nos amis. On range les bouteilles au frais, et Anna déniche quelques bières qui traînaient encore. On les décapsule pour lancer un premier apéro. Le liquide amer coule dans les ecocups, sur lesquels Anna nous fait coller des étiquettes d'écolier pour inscrire nos prénoms.
Puis elle nous soumet son plan pour la soirée : derrière la maison s'étend un bois communal, peu fréquenté. L'idée de s'y installer séduit tout le monde sans hésitation.
Puis elle nous soumet son plan pour la soirée : derrière la maison s'étend un bois communal, peu fréquenté. L'idée de s'y installer séduit tout le monde sans hésitation.
Le temps file et les groupes commencent à se mélanger autour de la grande table. On parle des cours, des galères, des potes, des rencontres et des anecdotes de chacun. À dix-huit heures passées, tout le monde attaque sa deuxième bière. Il est temps de lever le camp vers les bois.
On charge la glacière, deux tentes et nos sacs à dos. James intervient alors pour proposer un jeu : on prend un paquet de 32 cartes qu'on distribue intégralement. Chacun notre tour, nous devons nous isoler dans une pièce pour déposer toutes nos cartes dans une boîte, sauf une : le valet de trèfle, qu'il faut garder si on l'a reçu. Le but est simple : à la fin de la soirée, celui qui est en possession du valet a perdu.
L'idée prend bien, d'autant que James sait la vendre. Il marque le fameux valet d'un coup de feutre rouge, distribue les mains, puis nous défilons un par un dans les toilettes.
À chaque sortie, les regards se braquent sur le joueur : sourire suspect, tic nerveux, tentative de bluff… Tout le monde cherche à deviner qui l'a en main. Vient mon tour. J'entre dans la pièce et pose mes cartes une par une. Une pointe d'adrénaline me traverse quand je découvre le valet de pique, l'autre valet noir. Je dépose l'intégralité de ma main dans la boîte, mais décide de brouiller les pistes.
J'affiche un sourire en coin appuyé en franchissant la porte. Les spéculations fusent immédiatement : certains sont convaincus que je l'ai, d'autres tentent de sonder mon regard. La situation amuse visiblement James. Je l'apprécie bien : il dégage une bonne énergie, bien sapé et bien coiffé, sans pour autant se prendre au sérieux. Il met tout le monde à l'aise.
Une fois le rituel terminé, on s'équipe : tentes, matelas, draps, sacs et ravitaillement. On quitte la propriété en laissant la porte déverrouillée au cas où.
Sur le sentier, les éclats de voix et les rires résonnent. En dix minutes à peine, la lisière nous avale. Les grands arbres moussus forment une voûte dense qui tamise la lumière du couchant. La température chute de quelques degrés. Sous nos semelles crissent la terre sèche et les éclats de calcaire. L'ambiance devient plus feutrée, presque oppressante. Le bois dégage une aura mystérieuse, à la limite du mystique. Je scrute les branchages, l'esprit en alerte.
Soudain, deux mains se posent sur mes épaules. Je sursaute. Je pivote : c'est Lina.
"Alors, effrayé par la forêt ?"
"Non voyons, pourquoi j'aurais peur ?"
Je n'en mène pas large, mais ma fierté m'interdit de l'admettre.
"Haha, pas à moi ! Tu as bien sursauté quand je t'ai touché."
"Je ne m'y attendais pas, c'est tout."
"Mais oui… Enfin, c'est normal tu sais. Tout le monde stresse un peu la première fois. Surtout la première nuit, quand on commence à entendre…"
"Entendre quoi ?"
"Oh, tu sais bien… les bruits nocturnes."
Elle s'amuse clairement à me tester. Ses yeux brillent comme deux saphirs et son sourire prend des airs de prédateur joueur. Je m'efforce de garder un ton neutre et posé.
"Le vent dans les branches, quoi."
"Pas seulement… Plutôt le passage des bêtes, des loups ou d'autres choses. Parfois des cris. Surtout quand on s'approche du manoir…"
"Quel manoir ?"
La tension monte d'un cran. Son intonation et le décor n'aident pas à relativiser.
"Une vieille bâtisse abandonnée au cœur des bois. On raconte que c'était la demeure d'une famille bourgeoise, jusqu'à ce que leur fille s'essaie à la magie noire et finisse par invoquer un démon."
"Mais oui, bien sûr…"
"Je te jure ! La famille a disparu du jour au lendemain sans laisser de trace… et la légende dit que la chose rôde encore ici, en quête d'une nouvelle proie…"
En achevant sa phrase, elle effleure mon bras, m'arrachant un frisson bien réel.
Anna intervient soudain :
Anna intervient soudain :
"Lina, arrête de le faire flipper ! Il n'a pas l'habitude de vos légendes de cambrousse, c'est un gars de la ville et de l'océan, lui."
"Haha, d'accord Anna. Mais tu sais bien que tout n'est pas complètement faux là-dedans."
"C'est ça, cause toujours."
Tandis qu'elles continuent de débattre, je reste silencieux. Tout en marchant sur le chemin caillouteux, je reste attentif au moindre craquement, bien que le bruit de nos pas et les rires reprennent le dessus.
Je repense à Lina : elle est vraiment belle, pile mon genre. Un peu flippante sur les bords, mais ça fait partie de son charme.
Nous débouchons enfin dans une clairière. La canopée s'ouvre sur un ciel presque nocturne. L'air y est plus doux, moins étouffant. Le campement s'organise : Mia et Kev partent chercher du bois mort pendant que nous montons les toiles. En peu de temps, le feu crépite et nous nous installons en cercle autour du foyer.
Les bières tournent à nouveau. Assis entre Kev et Lina, la conversation s'engage sur les cours, nos vies et nos histoires de cœur. Je raconte brièvement ma dernière aventure : un coup d'un soir sans prise de tête sur la côte, une fille aux cheveux bruns ondulés, une nuit sur le sable. L'alcool aidant, je me laisse aller à quelques détails sans trop en faire. Ils écoutent attentivement.
Kev prend le relais avec une conquête de la dernière soirée étudiante, nettement plus direct et sans filtre sur les détails intimes. Lina enchaîne en soupirant : son dernier plan s'est barré sitôt son affaire réglée, sans même chercher à lui faire plaisir.
On en rigole, on trinque, les verres se vident et se remplissent.
De temps à autre, quelques-uns s'éloignent dans les sous-bois pour un besoin pressant ou une exploration nocturne. Entre nous, le mystère du valet de trèfle continue de planer : qui l'a récupéré ? Qui cherche à s'en débarrasser ? La paranoïa collective alimente les rires.
Anna interpelle Kev pour une histoire à raconter à James, me laissant seul avec Lina devant les flammes crépitantes.
Elle brise le silence :
"Alors comme ça, on fait des bêtises sur la plage ?"
"Haha, tu veux les détails ?"
"Pourquoi pas… ça avait l'air sympa."
À la lueur des braises et sous l'effet de l'alcool, ses traits me paraissent encore plus attirants. Le reflet du feu danse dans ses yeux clairs. On se rapproche sur notre rondin de fortune.
"Tu sais, c'était juste une semaine de surf à la base."
"Tu surfes ?"
"Ouais, depuis le lycée. Je passe une partie de mes étés dans les Landes."
"Stylé. J'en ai jamais fait."
"Si l'occasion se présente un jour, fais-moi signe."
"J'y penserai."
Elle se lève d'un mouvement souple :
"Tu veux une autre bière ?"
"Carrément, merci."
Je la regarde s'éloigner vers la glacière. Mon regard suit la courbe de sa tresse blonde et s'attarde sur les formes de son short gris.
Elle revient avec deux bouteilles fraîches, m'en tend une, et nous trinquons avant de boire une longue gorgée.
Elle revient avec deux bouteilles fraîches, m'en tend une, et nous trinquons avant de boire une longue gorgée.
"Mais dis-moi… comment un grand surfeur comme toi peut avoir autant les chocottes en forêt ?"
"Je n'ai pas peur."
"Arrête, j'ai bien vu ta tête tout à l'heure sous les arbres !"
"C'était de la pure curiosité."
"C'est ça…"
"Je t'assure. D'ailleurs, à mon avis, c'est plutôt toi qui n'es pas rassurée."
"Ah oui ? Et pourquoi donc ?"
"Tu essaies d'effrayer les autres pour masquer ton propre stress."
"Dis donc, l'alcool te rend philosophe !"
"Faut croire."
"Je connais ce coin depuis que j'ai dix ans, je ne vois pas de quoi j'aurais peur."
"Des vieilles légendes, par exemple ?"
"Comme ?"
"Ce que tu racontais sur le manoir et son fantôme…"
"Tu crois que j'ai peur du manoir ?"
"Peut-être bien, oui."
"Tu veux une preuve du contraire ?"
"Je t'écoute."
"On y va. Maintenant."
Je la dévisage un instant, cherchant la trace d'un bluff. Son regard ne cille pas ; elle est parfaitement sérieuse. Hors de question que je recule.
On vide nos bières d'un trait, on embarque discrètement une bouteille de vodka entamée et on s'éclipse du campement. J'aperçois le sourire complice d'Anna qui nous regarde filer dans l'ombre.
Très vite, les rumeurs du feu de camp s'estompent sous l'épaisse canopée. Seuls demeurent le craquement des brindilles sous nos pas et nos respirations synchronisées. Le faisceau de la lampe de Lina balaie le tapis de feuilles sombres. L'air nocturne s'est rafraîchi ; nous avons enfilé nos sweats.
Le silence s'installe. Sans l'avouer, la tension est palpable : perdus au milieu des bois en pleine nuit, lancés vers une ruine abandonnée. L'ivresse nous fait trébucher contre quelques racines saillantes. On avance côte à côte, nos bras se frôlant régulièrement pour maintenir le contact.
Puis la bâtisse émerge de la pénombre.
Ses hauts murs lézardés se découpent froidement sous la lune. Une brise fait vibrer les châssis vermoulus et s'engouffre à travers les carreaux cassés. La lourde porte d'entrée grince légèrement sur ses gonds sous l'effet du courant d'air.
Ses hauts murs lézardés se découpent froidement sous la lune. Une brise fait vibrer les châssis vermoulus et s'engouffre à travers les carreaux cassés. La lourde porte d'entrée grince légèrement sur ses gonds sous l'effet du courant d'air.
On marque un temps d'arrêt sur le perron avant de franchir le seuil.
À l'intérieur, l'air semble encore plus glacial. La poussière flotte dans le faisceau lumineux, révélant des pièces dévastées : une ancienne cuisine, une salle à manger encombrée de débris, un bureau aux parois décrépies.
Chaque grincement de parquet nous fait tressaillir.
On emprunte un vieil escalier en bois dont le tapis central s'est décomposé avec le temps. À l'étage, l'atmosphère reste pesante, chargée d'une sourde excitation. Ma main se crispe sur le goulot de la bouteille.
Nous pénétrons dans un ancien fumoir : un billard au tapis déchiré et aux queues brisées, deux fauteuils club usés et une cheminée monumentale. Sous une fenêtre brisée repose une commode branlante.
Lina rompt le silence :
"On se pose ici pour boire un coup ? À moins que tu ne sois trop terrifié, évidemment."
Le tremblement discret dans sa voix trahit son assurance de façade.
"Aucun problème pour moi."
Nous nous asseyons à même le plancher qui gémit sous notre poids. Je dévisse le bouchon et bois une lampée : la vodka brûle la gorge mais coupe la sensation de froid. Je lui passe la bouteille, dont elle avale une bonne gorgée à son tour.
"Dis-moi… on a parlé de moi et du surf, mais toi, qu'est-ce qui te passionne ?"
"La harpe."
"Tu en joues ?"
"J'en ai beaucoup joué, oui. Mais je pense avoir gardé la main."
Elle fait courir ses doigts dans le vide d'un geste fluide, les yeux rivés dans les miens.
"J'aimerais bien voir ce que ça donne."
"Ah oui ?"
Elle glisse vers moi jusqu'à ce que son souffle effleure mon cou :
"Tu n'aimerais pas plutôt entendre mes mélodies ?"
La chaleur de sa voix contraste violemment avec la morsure de la pièce. Sa main vient se poser sur ma cuisse. Le jeu de séduction s'accélère.
"Je pourrais être ton chef d'orchestre. Guider tes mouvements et te faire sortir les meilleures notes."
"Toi, me diriger ?"
Un sourire malicieux se dessine sur ses lèvres tandis qu'elle bascule son poids sur moi. Ne voulant pas la laisser mener la danse, je saisis doucement ses poignets pour la renverser en arrière.
Nos positions s'inversent : son dos repose contre le sol, mes hanches bloquent les siennes, ses mains maintenues sous les miennes. Nos regards s'ancrent l'un dans l'autre.
"Tu as plus de répondant que prévu, maestro."
"Tu m'as sous-estimé. Tu es prête à jouer la partition ?"
"C'est toi qui donnes le départ."
Je me penche lentement vers son cou. J'effleure sa peau quelques secondes pour guetter sa réaction. Le silence ne laisse entendre que nos respirations accélérées.
Je l'embrasse.
Mes lèvres réchauffent sa gorge, et la prise de ses doigts se resserre sur les miens.
Quand je relève la tête, ses yeux confirment son accord. Elle libère ses mains pour les glisser derrière ma nuque et m'attire contre sa bouche.
Le baiser est profond, immédiat. Ses mains s'infiltrent sous mon sweat pour caresser la peau de mon dos, pendant que les miennes glissent sous son tee-shirt pour explorer son ventre plat avant de remonter vers sa poitrine.
Le baiser est profond, immédiat. Ses mains s'infiltrent sous mon sweat pour caresser la peau de mon dos, pendant que les miennes glissent sous son tee-shirt pour explorer son ventre plat avant de remonter vers sa poitrine.
Un léger gémissement s'échappe de ses lèvres lorsque mes doigts effleurent ses tétons durcis.
Sa main descend le long de mes hanches pour se poser sur l'avant de mon caleçon, guidant une pression rythmée. Nous nous redressons pour nous débarrasser rapidement de nos vêtements.
Sa main descend le long de mes hanches pour se poser sur l'avant de mon caleçon, guidant une pression rythmée. Nous nous redressons pour nous débarrasser rapidement de nos vêtements.
Son corps nu se dévoile dans la pénombre. Elle s'approche, colle ses lèvres aux miennes et vient envelopper mon sexe de sa main tiède. La fraîcheur de la pièce s'efface complètement.
Lina recule de quelques pas, s'adosse au rebord du billard et s'y assoit en écartant les cuisses. Elle me fait signe d'approcher.
Lina recule de quelques pas, s'adosse au rebord du billard et s'y assoit en écartant les cuisses. Elle me fait signe d'approcher.
Je m'avance. Mes mains parcourent l'intérieur de ses cuisses jusqu'à son entrejambe. Mes doigts effleurent délicatement ses lèvres, puis se posent sur son clitoris. J'installe un mouvement circulaire continu. Ses pupilles se dilatent sous l'effet du plaisir, réduisant l'iris bleu à un fin liseré.
Je me penche pour embrasser la courbe de son cou tout en poursuivant mes caresses. Mes doigts glissent dans son intimité devenue très humide. J'insère un premier doigt, puis un second en suivant le rythme de ses respirations et de ses soupirs. Elle se mord la lèvre inférieure, le bassin calé contre le bois du meuble.
Alors que ses gémissements se font plus saccadés et qu'une première vague d'orgasme approche, elle pose sa main sur mon poignet et murmure à mon oreille :
"Arrête… pas tout de suite. À ton tour de profiter."
Je retire lentement mes doigts. Elle glisse du billard, prend ma main et me guide vers l'un des fauteuils club où elle me fait asseoir. Un léger nuage de poussière s'élève de l'assise usée.
Elle dispose un coussin au sol et s'agenouille entre mes jambes. Ses paumes remontent le long de mes cuisses avant que ses doigts n'englobent délicatement mes bourses pour les masser avec lenteur.
Elle dispose un coussin au sol et s'agenouille entre mes jambes. Ses paumes remontent le long de mes cuisses avant que ses doigts n'englobent délicatement mes bourses pour les masser avec lenteur.
Elle prolonge ce contact avant d'enserrer fermement la base de mon sexe.
D'un geste mesuré, elle commence un va-et-vient régulier, observant mes réactions. Puis elle relâche sa prise, s'incline, et ses lèvres se referment sur mon gland. La chaleur de sa bouche et le travail de sa langue sur la verge me font basculer la tête en arrière. Elle accélère progressivement la cadence, alternant pressions et mouvements ciblés.
Au bout de quelques minutes, elle se redresse, le regard plongeant dans mes yeux :
"Tu veux aller plus loin ?"
"Oui."
Elle se relève, fouille dans la poche de son short posé au sol et en tire un préservatif :
"Mets ça. Pas envie de prendre le moindre risque."
Je m'exécute sans hésiter pendant qu'elle retourne vers le billard. Elle s'y appuie, le buste penché en avant sur le tapis usé, les hanches relevées.
Je me positionne derrière elle, guide mon bassin et pénètre doucement dans sa chaleur. Un cri rauque franchit ses lèvres. Les mains posées sur ses hanches, j'impose un rythme régulier, accélérant au gré de ses soupirs qui résonnent dans la vaste pièce vide.
Le va-et-vient s'intensifie, nos peaux claquant dans la pénombre du manoir. Ses gémissements montent en intensité jusqu'à se briser en un râle continu. La tension culmine rapidement, et nous atteignons l'orgasme ensemble dans une ultime secousse partagée.
Le calme retombe d'un coup. Nous restons un moment immobiles, le souffle court, les esprits engourdis par l'effort.
Je me retire avec précaution, retire la protection et nettoie l'essentiel avec le mouchoir qu'elle me tend.
Le froid ambiant reprend ses droits à mesure que nous réenfilons nos vêtements dans un silence un peu hébété. En réalisant l'absurdité du lieu et de la situation, nos regards se croisent et un fou rire étouffé nous échappe simultanément.
Nous redescendons l'escalier grinçant pour ressortir dans la fraîcheur nocturne. La marche du retour se fait plus légère, rythmée par des bavardages ordinaires pour dissiper la gêne.
À l'approche du feu de camp, Lina rejoint directement Anna, qui m'adresse un regard entendu et amusé. Je récupère une bière fraîche avant de m'asseoir auprès des gars pour reprendre le fil de leur discussion.
En me calant sur ma bûche, une gêne m'alerte dans la poche arrière de mon jean. J'y glisse deux doigts et en ressors un carton rigide : le fameux valet de trèfle marqué de noir.
Je relève les yeux vers Lina. De l'autre côté du foyer, elle m'observe avec un clin d'œil complice en tirant la langue.
La nuit est encore longue, et il va maintenant falloir trouver un moyen discret de refiler la carte à quelqu'un d'autre.
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