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✦ Jane Does La quête du bonheur XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

La quête du bonheur — Chapitre 3 · Les mots doux

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Jane Does
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La quête du bonheur

Chapitre 3 · Les mots doux

Je sors de l'endroit comme j'y suis entrée, sans que personne ne me demande rien, toujours en compagnie d'Alberto et de sa compagne. Embrassades et salutations, effusions de reconnaissance sur le parking et avant que je reprenne le volant, Myriam me fait un petit signe de la main. J'ouvre ma vitre, elle fait de même.
— Tiens… si par hasard tu avais envie de nous revoir.
— Merci.
Elle me tend un bristol. Une carte de visite que je m'empresse de ranger dans la boite à gants de ma voiture. Je passe la marche arrière et Myriam m'apostrophe de nouveau.
— Tu… tu ne veux pas venir prendre un café à la maison ?
— Hein ? Quand ?
— Ben… là tout de suite ! Nous sommes à vingt minutes à peine, tu nous accompagnes ?
— Je…
Pas le temps de rajouter un mot. Son mari fait aussi une marche arrière et s'élance vers la route qui dessert le club. Que faire ? Et puis zut. Après tout personne ne m'attend à la maison et le jour n'est plus si loin avant de se lever. Me voici qui file le train de leur berline. Il roule prudemment, ou veille à ne pas me semer ? Qu'est-ce qui m'a pris de faire ce qu'elle veut ? Pourquoi ces deux-là se sentent-ils obligés de me prendre sous leur aile ? Nous ne nous sommes pas quittés de la soirée. Et nos occupations buccales nous ont-elles vraiment rapprochées ? Peut-être ! Je suis dans l'expectative. Et les feux qui me précèdent dansent devant mes yeux. Les contreforts de la montagne sont là et nous roulons toujours. Enfin leur clignotant m'indique que nous allons emprunter un petit chemin.
Au bout de celui-là long d'environ cinquante mètres, je peux admirer une construction en pin. Un chalet noyé dans la verdure, entouré de la forêt de résineux. L'aube montre les formes douces de la bâtisse et je suis émerveillée. Déjà Myriam se précipite vers ma voiture.
— Je suis contente de voir que tu nous as accompagnés. Je n'avais pas le cœur à te laisser.
—… Ah bon ?
— Oui ! Grâce à toi, j'ai vécu une soirée de rêve, et je ne sais comment dire, c'était génial, ou tu es géniale plutôt. Nous sommes si heureux d'avoir fait ta rencontre. Viens, Alberto va nous préparer un petit déjeuner dont tu te souviendras longtemps.
— Je… mais pourquoi tout ceci ?
— Nous nous rendons dans ce club, je te l'ai dit, une fois par mois environ et nous ne nous sommes jamais faits de vrais amis… tu es la première que nous ramenons à la maison. Je ne sais pas pourquoi non plus. Mais il y a quelque chose chez toi qui m'attires. Tu plais aussi à mon homme, mais entrons, nous serons mieux pour parler.
— Vous avez un chouette chalet, et le coin est magnifique, sans rire.
— Tu sais Alberto est le patron d'une grande banque Belge. L'argent ne compte pas vraiment pour nous. Nous n'avons pas d'enfant et profiter de la vie est un principe que nous avons adopté depuis quelques années…
— Je vois.
— Oui… tu aimerais un petit massage ?
— Quoi ?
— Mamours, s'il ne bande plus sait se servir de ses mains et pour les massages, il n'a pas son pareil. Alors, passe la journée en notre compagnie et tu auras sûrement l'occasion de découvrir ses talents cachés. Laisse-toi faire, c'est très agréable, tu sais et puis si tu veux je l'aiderai un peu.
— C'est une proposition malhonnête ça, dis donc !
— Ô combien, et encore plus que tu ne peux l'imaginer. Mais seulement axée sur ton unique plaisir. C'est dingue, je me sens telle une midinette à son premier rendez-vous. Alberto ! Tu nous prépares le petit déjeuner ?
— Oui, ma chérie…
Il est déjà dans une cuisine qui me fait pâlir de jalousie. Tout est moderne et c'est clair. Si éloigné en fait de ma kitchenette. Myriam me pousse gentiment vers une salle à manger qui transpire le fric. Bon sang ! Je me sens toute pauvrette dans ce milieu plutôt « grand bourgeois ». Je n'ose pas m'assoir et mon hôte rigole de toutes ses dents.
— Remets toi ! Ce n'est qu'une maison de vacances, et puis l'argent, tu vois, c'est fait pour être dépensé. Ah, voilà mon petit mari chéri. Voyons ce qu'il nous a concocté de bon !
Sur le plateau trois assiettes, et encore fumants des œufs au plat, des tartines de pain grillées, du beurre, du miel, de la confiture et des fruits. À part, sur un second plat, des noix ainsi que des fruits secs… un véritable délice. Nous mangeons en parlant de nos vies respectives et la mienne me semble bien fade en écoutant les aventures qu'ils ont vécues. J'apprends ainsi que le mari est de douze ans l'ainé de son épouse. Que des ennuis de santé ont mis fin entre eux à des rapports sexuels dont Myriam ne peut se passer. Et qu'ensemble, ils ont fait le choix du libertinage. Ce qui ménage l'un et arrange l'autre. Donc si Alberto ne baise plus, au moins a-t-il les sens en éveil et il profite de la vue un maximum, entrainant comme hier soir, quelques amis dans les fredaines du couple. La femme me raconte ça avec un aplomb, un naturel ahurissant.
J'ai le sentiment qu'il faut beaucoup aimer l'autre pour jouer à ces petits jeux risqués. Puis tout de go Myriam laisse tomber.
— Tu nous plais à tous les deux. Nous serions heureux d'avoir des relations suivies avec toi. Tu peux, si t le désires, avoir un aperçu ce matin des talents cachés de mon Alberto. N'est-ce pas mon chéri ?
— Mais…
— Oui… ça serait avec plaisir que je te masserais ! Tu ne crains rien… sauf à aimer cela ! Ma femme a tout dit déjà en te mettant dans la confidence. Oui ! Tu peux avec elle visiter notre « petite salle spéciale ».
— Spéciale ?
— Oui, nous l'avons aménagé tous les deux pour en faire un véritable petit salon de massage, bien peu de nos invités y ont accès. Enfin, nous ne recevons pas vraiment non plus et pour nos « plaisirs bizarres » nous préférons l'anonymat de ce club où nous nous sommes rencontrés. Tu es une belle femme. Comment les hommes français peuvent-ils laisser passer un tel joyau ? Les femmes aussi peut-être… ?
— À vrai dire, je ne suis pas pressée de dégoter mon âme sœur. Mais il m'arrive comme hier soir d'avoir un coup de blues. Alors, merci de m'avoir accompagnée, dans cet endroit inconnu pour moi.
— Nous y allons régulièrement, mais tu veux comme le suggère Alberto, voir notre petit jardin secret ?
— Vous… vous n'êtes pas crevés de la nuit blanche ?
— Oh… tu ne peux pas savoir comme ça délasse un massage bien fait. Le mieux serait peut-être que tu essaies !
— Tu veux dire, là ? Maintenant ? Mais je me sens sale après…
— Voyons ! Nous avons tout ce qu'il faut pour te remettre en forme ou te laver, nous sommes civilisés et notre maison possède plusieurs salles de bain, notamment une qui dessert notre coin sympa. Tu veux visiter ?
—… !
Je ne sais plus quoi dire et elle se lève, ce qui fait que je lui emboite le pas. Nous traversons un salon superbe et nous voici débouchant par une porte dérobée dans un boudoir où une véritable table de massage mange pratiquement tout l'espace. Intriguée, je furète des yeux l'endroit et elle rit.
— On dirait que ça te plait ! La douche que tu veux, tu peux aussi la prendre ici !
Et elle ouvre une porte bien dissimulée dans le mur de bois. Là, une douche, un lavabo, des toilettes… c'est plutôt bien conçu.
— Tu en as envie ?
— De quoi…
— Ben de te doucher… et d'un massage !
—… je n'ai rien pour me changer.
— Oh… il y a là des peignoirs… tu peux en emprunter un. Allez ! On y va ?
—… où ?
— Ben se laver… moi aussi j'ai l'impression d'être sale, après tout ce que nous avons fait ! Et puis, tiens, commence, je vais juste avertir mon doudou pour qu'il prépare ses huiles essentielles. Un plaisir ineffable, tu vas aimer, j'en suis certaine.
—… ?
Elle me sourit, avance sa main sur ma joue et me caresse gentiment, presque maternelle.
— Tu es radieuse… et fraiche, j'adore ta jeunesse. Bon, d'accord, pour la douche ? Commence sans moi, je te rejoins dans un instant.
Elle disparait dans la salle et je suis là, plantée sans trop savoir si je dois avancer ou reculer. Après tout, ce couple est charmant et un massage ? Pourquoi pas ? Je n'ai jamais connu ça, mais ça doit être sympa si c'est bien fait. Me voilà donc qui me défais de ce que je porte, pour entrer dans la douche qui peut contenir au moins trois ou quatre personnes. Dans les secondes qui suivent, l'eau me coule en cascade sur le sommet du crâne, tiède et si agréable. Je profite du moment et la sensation de ne plus être seule me fait rouvrir les paupières. Myriam est là, nue qui tient à la main une fleur de nylon. De sa patte libre, elle me désigne tout un assortiment de flacons.
— Quel parfum préfères-tu pour le gel ? Lilas, noix de coco, choisis parmi ceux-là…
—… !
Et puisque je ne me décide pas, elle en attrape un au hasard.
— Jasmin… c'est un bon compromis, non ?
Je la regarde faire. Une bonne rasade coule sur ce qu'elle tient et elle se met à l'ouvrage. C'est fait avec une vraie tendresse. Elle frotte partout en débutant par ma nuque, et aucun endroit de mon dos n'est oublié. Puis elle tombe littéralement à genoux et mes gambettes font l'objet de ses passages onctueux. De la mousse odorante me couvre entièrement le recto. C'est ensuite au tour du verso de se voir envahi par les mouvements circulaires de Myriam. Mais là, elle commence par le bas et remonte lentement. Elle a un temps plus long sur mon intimité avant de grimper en se redressant sur la plage qui va de ma vulve à mes seins. Là aussi l'objet qu'elle manipule me couvre de bulles et camoufle mon corps.
Lorsqu'elle est sous mon menton, elle a le visage si proche du mien que je sens son souffle. Elle respire plus vite. Et d'un coup soudain, elle vient coller son gant étrange sur le bout de mon nez.
— Tu es si belle, que ça donne envie de… t'embrasser ! Je peux ?
—… euh…
Pourquoi attendre une réponse ? Cette fois, sa face amène sa bouche à hauteur de la mienne et son bras encercle mes épaules, m'obligeant de la sorte à sentir ses lèvres qui rencontrent les miennes. J'avoue que la première perception est celle du savon, pas très… glamour. Mais dès que sa langue entre en action, je me sens perdue une fois encore. C'est suave et délicieux, avec juste ce qu'il faut d'érotisme pour me mettre le feu au corps. Et au cerveau bien sûr, parce que chez moi, c'est sacrément cérébral. Mouiller sous la douche ! Un comble non ? Et elle sait si bien y faire que je ne résiste pas au bonheur de renouveler cette pelle qui m'échauffe le sang. La nudité facilite aussi grandement les effleurements et attouchements en tout genre. Si elle ne se prive pas de me caresser la chatte d'une main douce, je sens contre ma poitrine s'écraser ses seins.
Bien plus volumineux que ceux qui ornent mon buste, ils ploient légèrement sous leur propre poids. D'un coup, sans que je sache vraiment comment ou pourquoi, je suis attirée par ces deux boules qui se frottent à mes tétons. Et les images qui me remontent dans le crâne m'envoient des signaux très clairs. J'ai envie de toucher, d'embrasser, de humer, en fait de tripoter ce corps qui me retient collé à lui. Cette femme a une belle âme, et je me sens en sécurité dans cette douche. En fait la maison du couple est un havre de paix et elle pue l'amour et le sexe. Oui… mon cerveau assimile les parfums qui se diffusent en lui, à ceux du cul à l'état pur. Allez savoir pourquoi ! Donc, lorsqu'elle m'abandonne brutalement pour sortir de la cabine, je suis désarmée.
— Viens ! Alberto doit déjà s'impatienter. Tu es fraiche et belle comme une rose, et je vais te sécher un peu, tu vas pouvoir goûter à la dextérité des pattes de mon loulou, tu vas m'en dire des nouvelles !
— Ah ?
Je n'ai pas de répartie, hébétée par les câlins précédents et je fais comme elle l'entend sans me rebeller. Le peignoir de bain qu'elle me pose sur les épaules est très doux. Myriam me passe ses mains partout sur le coton pour éponger les milliers de gouttes d'eau qui couvrent mon épiderme. Dorlotée, chouchouter, je suis languissante, absente aussi. Aucune réaction quand elle m'entraine dans la minuscule pièce où trône la table haute et rembourrée dont l'usage ne fait aucun doute. Son mari est debout, et nous regarde avancer vers lui. Nous sommes emmaillotées dans nos longues blouses en éponge. Une desserte à roulette est placée près du bonhomme qui de son côté est visiblement nu sous un drap de bain d'une blancheur immaculée. Chez lui les marques du temps sont plus réelles et sa peau est plus flasque. Sur le plateau roulant, des tas de fioles, des huiles essentielles je présume, dont il se sert pour les massages.
— Tu veux te coucher là ?
— Comment ?
— La tête par-là ! Tu vois ça fait une sorte d'oreiller. Monte…
Je m'installe bêtement et par réflexe, je tire sur mes fesses la cotonnade que je porte. Il ne dit rien, mais me découvre le dos en repliant la serviette vers mes reins. À plat ventre je pose mes bras le long de mon corps et ferme les yeux. Lui bricole dans ses petites bouteilles, en approche une de mes narines.
— Ce parfum, ça te convient ? J'ai là de l'argan, de l'amande douce ou encore du noyau d'abricot. Toutes nos huiles sont bio et faites pour déstresser. Elles ont, dit-on, des vertus thérapeutiques. Myriam préfère celle aux noyaux d'abricot, elle trouve que ça lui fait la peau douce.
— Je n'ai pas d'idée…
— Eh bien ! Choisis-en une, et rien n'interdit d'en changer en cours de route, n'est-ce pas Alberto ?
C'est Myriam qui toujours plantée là s'approche de la table. Elle remonte le bas de mon peignoir, là aussi en le roulant sur le haut de mes jambes. Elle stoppe sa progression sans découvrir mon derrière. Son homme vient de faire couler dans le creux de ma colonne vertébrale un liquide qui me refroidit et je me cabre légèrement.
— C'est un peu frais, je sais. Mais tu vas adorer !
La voix masculine est sans accent particulier, neutre et monocorde. Les mains plongent alors sur moi et un lent et long voyage immobile commence. Mon dos devient le terrain de jeu de deux paumes qui lissent, pétrissent, malaxent ma chair, revenant sur des points contractés de mon corps. Et c'est bougrement réel, je me sens envahie par un bien-être quasi total. Les paluches se font papillons virevoltant de mon cou à mes épaules, puis roulent sur la partie gauche accessible de mon dos. Combien font-elles de passages ? Je ne compte pas, m'efforçant de ne pas sombrer dans une somnolence latente. C'est assurément très bon. Et quand deux autres mains, sur mon flanc droit, plus féminines celles-ci, viennent mimer les gestes mâles de l'autre bord, c'est carrément du délire. Un délice, l'extase avec un « E » majuscule, que dis-je, majestueuse. Plus question de broncher, c'est si sympa que je redoute le moment où ça va s'arrêter. Mais il y a encore de la marge.
Tout y passe ! Mes jambes, une par une et les deux paires de pognes qui suivent un unique trajet viennent toutes les deux échouer à la limite de l'éponge qui me couvre le cul. Je suis si bien que je ne perçois pas tout de suite que l'une d'entre elles, solitaire, vient de s'égarer. Elle s'éloigne rapidement du caractère ludique de sa trajectoire, pour devenir au fil des secondes bien plus… sexuelle. Alberto est revenu sur le devant de ma scène et il est debout, légèrement penché au-dessus de moi. Il s'attaque désormais à mes tempes, les masse délicatement et c'est divin. Puis il entreprend de s'occuper de mon visage tout entier, sans à coup, assez fermement pourtant pour que j'en retire une sorte de plaisir diffus. Alors, la patte qui s'insinue entre mes cuisses bien plus haut que tout à l'heure, elle ne peut appartenir qu'à Myriam.
Les doigts joints glissent sous l'effet de l'huile prévue à cet effet, et au passage, ils entrouvrent, volontairement ou non, mon sexe qui immédiatement frémit. Pas de vraie escale sur un point précis, non ; juste une montée lente qui imprègne mes grandes lèvres de cette matière liquide que l'un ou l'autre rajoute au fur et à mesure de son absorption par mon épiderme. Et une chaleur sourde me surprend à chacun des mouvements que fait la menotte sur ma motte. Je soupire sans chercher à me soustraire à ce qui va vite devenir incontrôlable si les deux officiants persistent. À quel moment la serviette m'est-elle enlevée, mettant mon derrière à nu ? Je n'ai rien vu venir, il faut dire que je suis si chaude que je n'ai plus aucune notion de la réalité. Les doigts sont constamment sur ma chatte et se frayent un chemin de plus en plus profondément en elle. Forcément ça limite beaucoup ma perception des détails.
Et insensiblement, alors que le mari insiste davantage sur la pression mise sur mes joues, mon front et l'ensemble de mon visage en fait, Myriam elle étire, écartèle mon sexe et la minuscule petite douleur ressentie n'est que fugace. Toute sa main tendue, ses cinq doigts viennent de franchir un cap et elle s'enfonce en moi. C'est pareil à une énorme queue qui investirait mon vagin. Elle ne bouge plus, laissant mon corps s'habituer à la présence inouïe de ce qui me remplit complètement. Ce n'est qu'après de longues secondes d'attente qu'elle reflue vers la sortie, mais sans quitter mon intérieur vraiment. Et au bout de quelques aller et retour, les premiers élans d'un orgasme me font sourdement vibrer. La suite je ne sais pas la retranscrire, tant elle est inavouable et violente.
Mes cris se répercutent dans toute la baraque de bois. Rien de douleur, simplement des gémissements provoqués par ce tsunami qui me fait sursauter sur la table. Heureusement que celle-là est moelleuse et bien capitonnée. Pendant qu'Alberto continue à malaxer mon visage, sa femme me laboure le ventre, avec un entrain tout particulier. À croire que plus je crie et plus elle insiste. Un cercle vicieux, qui finit par me faire inonder le drap blanc qui nappe l'autel où le couple s'occupe de ma petite personne. Je regrette presque, lors de petits instants de lucidité partiels que l'homme ne soit pas en mesure de… m'offrir sa queue à sucer. Est-ce que je deviens folle ? Oui et non. L'envie engendre un plaisir qui s'étiole en milliers d'images est de clichés dont la fellation fait surement partie.
Enfin, mon corps se calme alors que je saisis que le fist dont je suis l'objet depuis de longues minutes va être rangé au rang des souvenirs les plus brûlants. Myriam me caresse de nouveau les guibolles, et la mouille qui recouvre sa paluche sert d'huile sur toute la surface où elle étend ses caresses. Je suis vidée, recrue de fatigue et mes yeux ont du mal à se rouvrir. Alberto se baisse et ses lèvres viennent déposer sur mon front dont il vient de dégager une frange de tifs collés, un baiser qui résonne dans le silence retrouvé du boudoir.
— Tu es magnifique quand tu jouis. J'ai adoré tes yeux révulsés et ta façon si particulière de couiner un peu alors que ma douce te fistait ! Que c'est bon de voir un truc pareil ! Merci ! Merci mille fois, Célia.
—…
Je n'ai pas la force de lui répondre. Et surtout qu'aurais-je à rétorquer à ces mots ? Il a l'air d'être heureux, et sa femme est près de lui, qui me sourit. Ils se prennent par la main, s'embrassent goulument et du coin de l'œil, j'envie la complicité qui soude ces Belges. Je ne les aime pas au sens strict du vocable, eux non plus sûrement. Mais dans un tout autre registre, je suis heureuse de mon côté de les avoir rencontré… et d'être là ! Reste désormais à soit finir ma journée en leur compagnie, soit à filer dans mon appartement sinistre et froid. Je suis trop lasse pour me relever et prendre la poudre d'escampette. Ce qui fait que nous partageons, à l'issue de cette mémorable séance de massage, une couche conjugale où je suis coincée au milieu des deux. Ce n'est pas le pire endroit pour dormir, après tout !
— xXx —
Un éveil tout en cajoleries, encadrée par un homme qui s'il ne peut plus bander sait toujours se servir adorablement de ses mains et une femme qui est gourmande au possible. Prise dans l'étau d'une affection spontanée, je me laisse bercer par un duo plein de bonté à mon égard. Je rends la monnaie de la pièce à Myriam, et le plaisir des yeux reste pour Alberto. Puis à l'issue d'un diner charmant, je regagne avec une pointe de nostalgie mon antre. Bien sûr, nous nous jurons de nous revoir, échangeons nos zéros six, mais comme souvent j'ai bien peur que ce ne soit plus un adieu qu'un à bientôt. Ai-je une véritable envie de vivre une autre aventure avec ces deux-là ? Pas si certaine d'être prête à recommencer. Et je me glisse dans ma couche avec une foule de souvenirs. Je ferai le point ultérieurement.
Les jours reprennent leur tournure habituelle, calmes, trop plats pour que l'un d'eux ressorte par rapport aux autres. Et l'ennui refait surface avec la même amertume et un désarroi plus accentué par le fait d'avoir vécu ce que mon esprit assimile à du merveilleux. Que faire pour retrouver une sérénité qui me rassurerait ? Sortir seule ? Me rendre dans ce club découvert en compagnie de mes nouveaux amis belges, dont je n'ai plus de nouvelles ? Aller incognito boire un pot en ville, dans un bistrot où personne ne me connait ? Tout est tourné et retourné dans ma caboche et c'est une fois de plus sur le clavier de mon PC que mes doigts pianotent. Le site le pire que le net puisse m'offrir surement. Et une avalanche de messages me parvient.
Je zappe à tour de bras. Je vais pour clore ma session et tombe en arrêt sur les phrases d'un type qui se dit seul, veuf depuis trois ans et qui parle comme un livre. Je sous-entends par-là que c'est en bon français, pas de faute, pas de mots tronqués, pas de raccourcis et surtout pas de prétentions sexuelles étalées au fil de son accroche. Pourquoi est-ce que je me décide à lui répondre ? Mue par je ne sais quel besoin de le faire, j'engage donc une discussion sympa avec le bonhomme. Il se présente, je fais de même. Ça nous prend un long moment et nous discutons de tout, de rien sans que je le sente trop pressé. C'est trop souvent le cas sur ces foutus sites… les idiots s'imaginant être au supermarché du sexe où ils voudraient faire leurs petits marchés rapidos. En clair les crevards proposent la botte aux nanas sans seulement avoir un dialogue correct.
Là, avec ce Michel, rien de tout ceci. Il est courtois, poli et ne tente pas de m'amener dans son lit par des mensonges grossiers qu'il est si facile de débusquer en deux secondes. Et cet homme écrit bien, reste à sa place, a une culture assez diversifiée, n'étale pas non plus son savoir pour écraser cette correspondante que je suis. Non ! Tout est presque trop beau. Je cherche l'erreur, sans rien découvrir de patent. Au bout de deux heures d'un débat où nous avons passé en revue des tas de faits, il s'excuse de devoir couper la communication. C'est moi qui fais le premier pas dans sa direction en lui demandant s'il veut garder le contact. Il est partant et nos adresses mail s'échangent à la fin d'une conversation qui a duré plus de trois heures.
Alors, tous les jours je lui écris un courriel et il me répond. Une semaine plus tard, il m'invite à diner en sa compagnie le vendredi soir et si j'hésite, ce n'est que par pure pudibonderie. C'est donc dans un restaurant plutôt fréquenté que nous devons nous rencontrer vers vingt heures ce soir. Inutile de dire que je suis dans mes petits souliers. J'ai sa photo sous les yeux sur mon écran et je me demande si je ne suis pas encore en train de me faire avoir, de faire une connerie. Et puis zut ! Les dés sont jetés. Douche, ravalement de façade et tout le toutim. Je ne risque pas trop en m'affichant avec ce type inconnu dans un endroit aussi fréquenté. Il ne va surement pas me violer devant des dizaines de dineurs. Alors, advienne que pourra !
Je me mets sur mon trente-et-un pour ce rencard qui va me sortir de mon existence monotone et puis qui sait ? Drôle cette pensée qui me taraude le cerveau et me chauffe aussi ailleurs. Je suis déjà à la bourre de quelques minutes en prenant le volant, ce qui va en donner quinze ou vingt à l'arrivée. M'attendra-t-il ? Je rejoins donc le parking d'une grande chaine de restaurant où un bison rouge trône sur le parking. J'avance donc vers l'entrée et me heurte à mon gaillard qui fait le pied de grue.
— Bonsoir Michel ! Je suis terriblement en retard, désolée !
— Oh ! Vous ne seriez pas une femme si ce n'était pas le cas, Célia. En tout cas, vous êtes encore plus mignonne que sur la photo que vous m'avez transmise. Oui, je ne regrette pas ma patience.
—… ! Merci ! Mais vous de votre côté, vous êtes vraiment celui que vous dites être ?
— Ben… oui ! Pourquoi devrais-je vous mentir ? Mon épouse est morte dans un accident de voiture et… elle me manque tous les jours.
— Je ne voulais pas raviver chez vous des souvenirs douloureux. Veuillez m'excuser.
— Oh… je dois me faire à cette idée qu'elle ne reviendra jamais, et c'est toujours le soir que c'est compliqué. Vous n'avez donc pas non plus de petit ami, un fiancé ou équivalent dans un placard ?
— Pas vraiment, je vis seule dans un petit appartement et pour moi les soirées sont aussi de vrais cauchemars.
— Et bien, alors réunissons nos solitudes. Vous me prêterez votre épaule et moi la mienne, mais allons diner, voulez-vous !
— Volontiers.
— Je ne vous fais pas trop peur ? Moi, j'avais le cœur battant en vous attendant et je dois reconnaitre qu'il ne s'est pas véritablement mis au repos depuis que je vous ai vue.
— Ah bon ! Je n'ai rien d'exceptionnel pourtant.
— Sur ce site, j'ai déjà eu quelques surprises désagréables.
— Vous parlez du chat ?
— Oui… mais oublions ça et…
Nous sommes pris en charge par une jeunette en jupe noire et tablier rouge… Elle nous guide vers une place assez étriquée que viennent de quitter un couple de jeunes personnes. Là, un bol de pop-corn salés et une salade verte pour calmer notre attente et nous sirotons chacun un apéritif maison. Il est agréable et tout se passe dans le meilleur des mondes. Notre plat arrive et mon Dieu, c'est très bon. Nous dévorons à pleine dent en nous racontant quelques brides de secrets. Oh ! Pas très poussées bien entendu, mais de quoi alimenter l'imaginaire de l'autre et nous donner le fou rire parfois. Je me sens réellement très bien en compagnie de ce Michel. Je vois donc poindre la fin de notre dinette d'un œil sombre. Comment va se passer la séparation après ce premier contact ? Je ne sais pas pourquoi, mais il me plait pour de bon !
La nuit est tombée depuis un moment, et nous sommes sur le parking faiblement éclairé. Michel est là, tout proche, ne sachant que faire de sa grande carcasse. Il tourne, vire, je sens bien qu'il n'ose pas. Est-ce à moi de prendre l'initiative ? Ne vais-je pas passer pour la pute de servie ? Et ça me fait réfléchir à vitesse grand « V ». Je sens qu'il n'a pas très envie que l'on se quitte comme ça et de mon côté… franchement, j'ai un peu les boules de le planter là. J'avance vers ma voiture, il me suit. Va-t-il enfin se décider à m'attraper par la main ? Où vais-je rentrer avec ce creux au ventre qui me donne d'horribles gargouillis ? Je fouille dans mon sac, mettant une plombe pour dénicher mes clés qui sont juste sous mes doigts. Bon ! Il n'a pas l'air de vouloir se dévoiler. Alors, j'appuie sur le déclencheur automatique des portières.
Le bruit va lui donner un peu d'élan, lui insuffler le cran nécessaire pour me retenir ? Non ! Me voilà assise sous le volant et il se baisse pour me faire une bise. Une dernière tentative pour… le garder ? Et si je tournais la tête pour qu'il « rate » ma joue ? Chose dite, et immédiatement réalisée. Mais non ! Il se défile ? Alors quoi ? Et bien c'est moi qui me redresse sous prétexte que c'est plus facile debout de se dire au revoir. Et cette fois, je pose carrément mes lèvres sur sa bouche. Il est figé sur place, et je sens qu'il ne sait pas si c'est du lard ou du cochon. Il a raison, c'est de la folie. Miracle, il répond à mon baiser et ses bras se referment sur mes épaules et ma nuque.
Lorsque nous sortons de cet échange labial, il est tout ému et je ne suis pas en meilleur point. Mais il sait, et se prépare à renouveler notre embrassade. Ce à quoi j'adhère totalement. Deux ou trois pelles successives et il me serre si fort que j'ai l'impression qu'il va m'écraser la poitrine. Il est fort le bougre. Sa voix crève la nuit.
— Tu… pardon, mais tu serais prête à aller prendre un dernier verre quelque part avec moi, Célia ?
— Un verre ?
— Ben oui, nous n'allons pas nous quitter comme ça. C'est si bon ce qui m'arrive, si tu savais.
Bien sûr que je sais ! Je l'ai même provoqué et j'ai le feu partout d'avoir osé. Mais un verre ! C'est de toute autre chose dont j'ai envie là, alors un bar ou une boite ? Non merci. Mais je ne vais tout de même pas me jeter encore davantage à sa tête ! Il doit bien se rendre compte que je ne suis pas insensible à son charme. Alors je minaude.
— Je n'ai pas très envie de voir du monde, tu sais Michel !
— Ah… je croyais que ça pourrait te faire plaisir.
— Mmm ! Je ne bois que très peu.
— Mais que proposes-tu, parce que franchement, je n'ai aucune envie de te quitter comme ça ?
— Ben… tu résides loin d'ici ?
— Quelque cinq ou six kilomètres, pourquoi ? Tu veux venir boire un café chez moi !
Eh bien, nous y voilà. Long à la détente ce monsieur.
— Tu me suis ? Je te préviens tout de même, pas une autre femme n'est venue chez moi depuis ce dont nous avons déjà discuté.
— Et ça te gêne ?
— Pas du tout, mais je ne sais surement plus m'y prendre pour... tu t'en rends parfaitement compte, non ? Je suis d'une gaucherie maladive. Et si tu n'avais pas fait ce pas vers moi, je crois que jamais je n'aurais…
— Chut Michel ! Allez, allons boire ce dernier coup chez toi.
— Oh ! Merci ! Merci jolie Célia, tu me ramènes dans le monde des vivants. Je t'ai…
— Chut bon sang ! Pas de phrase définitive ou qui t'engagerait. Profitons juste d'une belle soirée moins solitaire.
— Oui… oui !
Et il vole vers son véhicule alors que je me réinstalle au poste de pilotage de ma boite d'allumettes. Il roule nerveusement, et nous parcourons les kilomètres à une vitesse que je juge excessive. A-t-il peur que je change d'avis ? Ou est-il complètement abasourdi par ce pour quoi nous filons vers son domicile ? Je prends à plusieurs reprises un temps de retard et je devine ses « feux-stops » qui s'allument pour me laisser le rattraper. Je souffle un peu lorsqu'il quitte la départementale pour s'engouffrer dans un lotissement coquet. Il entre directement dans un immense garage qui s'est ouvert et avance suffisamment pour que ma petite voiture trouve elle aussi, une remise sûre. Et il vient à ma rencontre.
— Rentre ton auto… mes voisins sont parfois très curieux…
— Ah bon ! Tu… tu es certain… ?
— Oui… oui !
Machinalement je fais comme il dit. La grande porte basculante se referme sur moi dans un ronron de moteur électrique. Je réalise soudain que si ce type est un dingue, personne ne sait où je suis. Prise au piège, oui, c'est exactement le sentiment que j'ai en quittant mon volant. Est-ce que ce Michel le ressent ? Il éprouve le besoin de me rassurer.
— Ne sois pas inquiète, Célia. La grand-mère qui habite dans le pavillon juste à côté note toutes les allées et venues des gens du quartier. À croire qu'elle ne dort jamais. Alors tu parles, une voiture dans ma cour toute la nuit, demain les potins iraient bon train.
—… ! Sympa l'entourage, on dirait !
— Oh… elle est très gentille en dehors de sa grande langue.
Nous sommes là, dans un immense garage attenant à la maison. Il me guide vers une issue qui donne sur un cellier. Là tout est bien rangé, des conserves, des bouteilles de vin, et des équipements modernes, tel que lave-linge. Nous arrivons dans ce qui est visiblement le hall d'entrée. Et il se tourne vers moi. Il ne dit rien. Que me veut-il ? Je saisis d'un coup. Ma veste, il attend que je me débarrasse de celle-ci. Et je la lui tends. Lui aussi accroche la sienne sur une patère et alors que nous pénétrons dans ce qui est sa cuisine, il me prend la main et me murmure quelques mots que j'ai du mal de capter.
— Tu sais… je n'ai pas l'habitude de ces choses-là. Depuis que mon épouse est partie, je n'ai plus jamais…
— Michel, rien ne t'oblige à me croire, mais je me surprends moi-même. C'est aussi la première fois que je drague un mec. Je n'ai pas vraiment d'aventures, tu es mon baptême du feu, mon coup d'essai, quoi !
— Je… jamais je n'aurais cru en allant à notre rendez-vous que…
— Et si… nous nous taisions ? Je suis sûre que ce serait mieux, parce que là, nous nous enfermons dans un malaise qui va nous faire reculer.
— Humm ! Tu as sans doute raison !
Bon sang, comme j'aimerais qu'il agisse de suite. Mais il semble tétanisé par ma présence chez lui. Je ne sais pas trop quelle attitude adopter. Est-ce bien mon rôle d'accélérer les évènements ? Il va me prendre pour une parfaite salope si je lui saute au cou. D'un autre côté, il a peut-être la trouille aussi que ses avances soient mal interprétées. Nous vivons dans une société de plus en plus… trouble. Mais si je l'ai suivi, c'est de mon plein gré. Alors ? Il lui suffirait de m'enlacer, de m'embrasser. Comment peut-il ne pas s'apercevoir que j'en crève d'envie ? Mon corps se liquéfie et j'ai mal au ventre de cette attente insupportable. Ce ne sont pas ses paroles qui vont arranger ma situation.
— Je t'offre à boire, Célia ?
—… ?
Bon Dieu ! C'est de lui que j'ai soif ou faim. Il a quoi dans les mirettes ? Je suis languissante et il se perd dans une proposition dont je n'ai que faire. Ma bouche est du coup terriblement sèche, mon ventre me fait me tordre sous mon lancinant désir de baise. Va-t-il enfin se décider ?
— Je… je n'ai pas tellement soif, tu sais, Michel !
— Ben… nous sommes rentrés pour boire un pot, non ?
— Michel !
Je tripote sa main, et il baisse les yeux. Mince, on ne va pas y arriver. Je le fais oui ou non ce pas qui va me désigner comme la salope de service ? Et puis merde ! C'est trop fort, trop difficile à gérer ce besoin de sexe. Oui, pas une seule seconde je ne songe au mot « amour ». Il ne s'agit que d'un coup de peau, un coup d'un soir ! Ouf ! Enfin son bras qui me ceint la taille et sa bouille qui s'éclaire d'une sorte de sourire radieux. Nos lippes se mélangent dans un joyeux ballet. Et le slow entrepris par nos langues me donne encore plus chaud. Cette fois, nous sommes enlacés et sur la bonne voie. Il se comporte en mec décidé et il a la main sur la situation. Le sexe, c'est comme marcher ou faire du vélo, une fois qu'on sait, c'est pour la vie. Entre chaque pelle, il s'attarde du regard sur mon visage.
Je ne connais rien de sa maison et ne sais pas non plus comment nous nous retrouvons dans une chambre à coucher. Là, il a un geste qui me fait sourire. Il retourne un cadre photo sur la table de nuit où il est posé. L'image d'une femme. Son épouse sans doute, et j'apprécie qu'il la ménage malgré son absence. Ce qui advient ensuite est du domaine du corps à corps. Nous faisons l'amour avec une rage décuplée. Une fois lancé, il est inarrêtable. J'apprécie sa fougue et sa volonté de bien faire. Il me fait jouir sans plus se poser de questions et sa spontanéité est un des éléments essentiels de ma jouissance. Il ne se prive de rien, osant même des caresses auxquelles je ne m'attends pas. Tantôt il me prend à « la missionnaire » parfois c'est moi qui le chevauche. Et la nuit voit une main invisible éteindre une à une, les étoiles du ciel.
La lune également se trouve escamotée par un lever du jour qui filtre par les interstices de ses persiennes. Nous rendons les armes aux premières lueurs d'une aube nouvelle. C'est blottie entre ses bras que nous nous enfonçons ensemble, dans un sommeil réparateur. Et je nage en plein rêve. Combien de temps dure mon absence ? Aucune notion de temps et mon réveil se fait dans un câlin appuyé. Il n'est donc jamais rassasié ? De quoi devrais-je me plaindre ? N'est-ce pas cela la félicité ? Ses gestes à mon égard sont tous empreints d'une tendresse touchante. Il allie aussi à cette forme exceptionnelle une virilité inépuisable. De quoi combler mon ventre en feu. Et un round très long se termine par des crampes d'estomac.
Faire l'amour c'est sublime ! Mais manger pour recharger les batteries est indispensable. C'est donc à poil que Michel se démène avec ses fourneaux. Et il gère là aussi d'une manière satisfaisante la situation. Une omelette aux cèpes qui parfume la maison m'est servie au lit. Nous avalons en riant ce repas qui nous rend force et courage. Le plateau échappe de peu à une chute brutale suite à une reprise d'un corps à corps qui nous unit. Quelle santé, ce gaillard. Petit à petit je me sens prise dans un autre piège. Si ça continue, je ne vais plus pouvoir m'en passer. Accro ! Oui, c'est bien ça, il me rend accro. Je ne peux pas dire que sa bistouquette est hors norme, non ! Il s'agit plus de sa façon de s'en servir que de sa taille.
Et les pauses que nous nous octroyons font que nos deux vies sont disséquées, étalées au grand jour. Elles feraient à coup sûr le bonheur d'oreilles étrangères qui viendraient à entendre nos paroles, véritables confessions. Un week-end de rêve que nous passons principalement en position allongée. Bien entendu, Michel se relève à intervalles irréguliers, moi aussi du reste. Des besoins naturels à satisfaire ou un café à faire, enfin les choses courantes d'une vie « normale » et très, trop vite, arrive le temps de la séparation. Promesse de nous revoir rapidement, faite pour ma part avec un réel besoin que ce soit la vérité. Apprivoisée, je le suis et il est ravi. J'ai un sentiment de manque dès que je suis sur la départementale qui me ramène chez moi… ou qui m'éloigne de lui.
Mince alors ! Ça me tombe dessus sans crier gare. Ce mec… est-ce que j'en suis amoureuse ? Est-ce seulement mon besoin de baise qui me fait entrevoir cette impression bizarre qu'il y a un vide dans mon existence ? C'est bougrement flou dans mon crâne, mais il me parait qu'un rayon de soleil traverse ma vie. Je n'attends qu'une chose, c'est de retrouver sa couche et surtout tout ce que nous faisons lors de nos retrouvailles de plus en plus rapprochées. Nous parlons aussi de longues heures, des nuits entières, escales charnelles entrecoupées de narrations des évènements précédents qui nous ont marqués. Je lui raconte tout… il y a si peu à dire en fait. Quant à lui, il revient sur ces moments intenses qu'il a vécu précédemment avec une épouse qui à ses dires avait un appétit ressemblant au mien.
Je suppose, mais il ne le précise pas qu'il englobe dans ses dires, toutes mes faims… celle de nourriture et celle plus intime distillée là, dans son lit. Il ne fait jamais de remarques déplacées ou désobligeantes en écoutant mon escapade parisienne. Pas plus lors de mon récit de mon passage au club libertin ! Non ! Ceci appartient à mon passé et je respecte aussi l'amour inconditionnel qu'il garde pour sa défunte épouse. Nous sommes deux êtres distincts et ce sont nos différences qui nous embellissent, qui nous rendent complémentaires également. Je ne sais de quoi demain sera fait. Mais nous vivons ce qui peut l'être… et c'est simple comme le sourire de Pauline.
Ah oui ! Pauline… c'est cette si charmante voisine de mon doudou… quatre-vingts ans et des yeux de jeune fille qui reluquent tout ce qui se passe dans le quartier. Elle ne sait toujours pas qui je suis, mais je vois si souvent ses rideaux bouger lorsque j'arrive ou repars de chez Michel. Pourquoi nous cacher ? Le deuil de mon compagnon a assez duré, et de mon côté… personne ne m'attend dans l'appartement que je vais bientôt quitter. Un déménagement prochain, pour m'installer là où nos amours se réalisent gentiment. Et puis, nous envisageons aussi de vivre des aventures hors du commun Michel et moi. Nous en parlons en fait, ce qui booste notre libido. Par contre, je ne suis pas certaine que nos sens aient vraiment besoin d'être plus exacerbés…
Devant nous s'ouvre une nouvelle ère, un bonheur à partager, pour lequel tout est à construire. Pourquoi se priver de ces instants qui nous donnent du plaisir ? Je veux croire en un avenir à deux et Michel est mon guide. Dans un souffle, là, juste après un long moment d'amour… mes mots sont là qui volètent dans le silence juste entrecoupé de nos soupirs. Et c'est moi, avec un grand sérieux, qui lui envoie la phrase que j'ai si longtemps redoutée…
— Michel… je… oui, je t'aime !
Fin !
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mozart
16 septembre 2026 à 19:42
Une fin heureuse qui réchauffe le cœur. Merci pour cette histoire.
Soyez respectueux
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Frodon
16 septembre 2026 à 16:40
Quel beau récit. Une douceur qui réchauffe le cœur.
Soyez respectueux
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kudu
13 septembre 2026 à 14:25
Dommage qu'il n'y que 13 "J'aime " le mien compris.
Peu de descriptions mais tellement naturel, crédible et bouillant.
Pas de suite immédiate mais une co.tinuation?
Soyez respectueux
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