Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un orage d'été — Chapitre 1 · ou le renouveau
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un orage d'été
Chapitre 1 · ou le renouveau
Du bleu azur éclatant, le ciel vire peu à peu au gris sale. Le vent aussi se lève et l'air ambiant sent déjà le soufre. Nous n'allons pas couper à un de ces orages qui parfois nous tombe dessus, avec en prime peut-être une grêle dévastatrice. Mon transat replié, je le range sous la véranda et d'un coup d'œil rapide, je fais le tour du jardin et de la pelouse. C'est bon, rien ne risque de s'envoler ! Ah, zut ! La balancelle, il me faut couvrir la balancelle. À peine ai-je tiré et amarré la bâche prévue pour la mettre à l'abri que les premières grosses gouttes viennent frapper les tuiles. Je suis là à regarder ce qui risque fort de devenir un vrai déluge.
Puis un éclair zèbre la voute nuageuse. Mentalement, mon cerveau fait le compte des secondes. Une... deux, trois et c'est à cinq que ça pète vraiment. Un fracas assourdissant qui se renouvelle presque tout de suite. Bon ! Cette fois, le coco grincheux et menaçant est bel et bien au-dessus de ma maison. Tétanisée par ce grondement qui roule encore et encore, je ne cherche pas à m'enfuir. Mon top sur les épaules s'imprègne de cette eau qui dégouline du plafond de plus en plus noir. C'est à cet instant que je vois déboucher sur le chemin qui passe devant chez moi, montant du fond du village, deux silhouettes, elles aussi trempées comme des soupes.
Les deux individus qui courent sur la pluie battante m'ont-ils aperçue ? Sans doute puisque je les vois foncer tout droit dans ma direction. Un couple apparemment, mais sans vraies certitudes, jusqu'à ce qu'ils arrivent à ma hauteur.
— Madame ! Madame, bonjour ! Nous cherchons un abri !
— Venez ! Entrez et vous reprendrez votre route dès que l'orage se sera éloigné.
— C'est vachement soudain ! C'est toujours comme ça, chez vous ?
— Venez ! Entrez et vous reprendrez votre route dès que l'orage se sera éloigné.
— C'est vachement soudain ! C'est toujours comme ça, chez vous ?
Je pousse la porte du cellier et les deux spectres inconnus s'engouffrent à ma suite dans l'espace sec. Sous deux casquettes détrempées, je m'aperçois qu'en fait ce sont deux hommes. Un qui doit avoisiner ma tranche d'âge, c'est-à-dire entre trente-cinq et quarante ans et le second sans doute bien plus jeune. Quelque part, ils me donnent l'impression d'un père et son fils en vadrouille dans le massif montagneux.
— Vous pouvez nous dire où nous nous trouvons ? Nous avons dû nous perdre en route dans ces forêts. C'est le Bon Dieu qui vous a mis sur notre chemin. Sans vous, nous serions encore à courir sous ce déluge.
— Tenez ! Séchez-vous, vous dégoulinez de flotte.
— Euh ! Oh oui, pardon ! Nous allons tout saloper votre intérieur.
— Ça se nettoie rassurez-vous, et puis je ne suis guère plus présentable.
— Tenez ! Séchez-vous, vous dégoulinez de flotte.
— Euh ! Oh oui, pardon ! Nous allons tout saloper votre intérieur.
— Ça se nettoie rassurez-vous, et puis je ne suis guère plus présentable.
C'est à l'instant même où je tends à chacun d'entre eux une serviette pour qu'ils s'épongent les tifs que je sens peser sur moi le regard de ces deux naufragés de la nature. Mince ! C'est vrai que je ne porte qu'un tee-shirt plutôt léger et que lui aussi est archi mouillé. Ce qui attire irrésistiblement donc les yeux de ces gars, ce sont les dessins bien marqués que forment mes seins, qui sous le tissu sont plus visibles que si j'étais à poil. Je pique un fard, mais ne dis pas un mot et les gaillards agitent les cotonnades sur leur tignasse. J'en profite pour me coller un drap de bain également sur les épaules, renfermant ainsi les objets de leur convoitise sous un voilage plus opaque.
— Avancez, je vous prie ! Vous voulez boire quelque chose ?
— Ben, nous venons de finir notre casse-croûte, alors...
— Un café peut-être ?
— Ah, si vous me prenez par les sentiments. Et toi, Jérémie ? Tu bois aussi un café ?
— Non, non merci !
— Un verre d'eau si ça vous chante, ou un jus de fruit ?
— Merci madame. De l'eau fraiche m'ira très bien.
— Parfait... venez, allons-nous installer sous la véranda. Vous verrez le paysage et le lac en contre-bas.
— Vous dites le lac ? Mais le seul sur notre carte c'est celui de Gérardmer, me semble-t-il !
— Précisément.
— Bon sang, nous sommes bougrement égarés. Nous sommes à l'opposé de notre but !
— Ben, nous venons de finir notre casse-croûte, alors...
— Un café peut-être ?
— Ah, si vous me prenez par les sentiments. Et toi, Jérémie ? Tu bois aussi un café ?
— Non, non merci !
— Un verre d'eau si ça vous chante, ou un jus de fruit ?
— Merci madame. De l'eau fraiche m'ira très bien.
— Parfait... venez, allons-nous installer sous la véranda. Vous verrez le paysage et le lac en contre-bas.
— Vous dites le lac ? Mais le seul sur notre carte c'est celui de Gérardmer, me semble-t-il !
— Précisément.
— Bon sang, nous sommes bougrement égarés. Nous sommes à l'opposé de notre but !
Les yeux des deux braves s'affolent dans leurs orbites. Le plus âgé des deux tente de calmer son ami qui parait déboussolé.
— Si l'orage ne nous retarde pas trop, nous serons de retour à notre gîte de Vagney pour la nuit. Pas d'inquiétude à avoir, Jérémie.
— Mais tu te rends compte, tonton, on va devoir encore marcher des heures.
— Mais tu te rends compte, tonton, on va devoir encore marcher des heures.
Je suis cet échange verbal sans intervenir. J'apprends aussi par la même occasion que le plus âgé n'est pas le père du jeune, mais son oncle seulement. Ce qui en soi n'offre guère d'importance si ce n'est le fait qu'ils sont bien loin du village cité, dans l'autre vallée. Je m'affaire après le café et sers un verre d'eau. Les deux gars sont en extase devant le panorama et la vue plongeante sur la perle des Vosges. Lorsqu'ils reviennent s'asseoir à la table, de nouveau les prunelles sont sur moi. Ma serviette est restée sur mes épaules, masquant ma poitrine.
— C'est super chouette une pareille position, mais l'hiver, vous devez avoir un paquet de neige, n'est-ce pas ?
— C'est vrai. Mais ce chalet, nous l'avons construit de nos mains mon mari et moi et... je m'y sens en corps avec cette nature qui m'entoure.
— Votre mari est donc au travail ? Ce n'est pas risqué un endroit aussi isolé pour une femme seule ?
— Jérémie ! Bon sang, tu es sans-gêne. Excusez mon neveu, madame, mais il vit avec moi depuis la disparition de ses parents et je ne lui donne certes pas l'éducation qu'il faudrait.
— Ah ! Désolée jeune homme pour vos parents. Je sais ce que perdre un être proche veut dire. Mon mari aussi m'a quitté brutalement.
—... !
— C'est vrai. Mais ce chalet, nous l'avons construit de nos mains mon mari et moi et... je m'y sens en corps avec cette nature qui m'entoure.
— Votre mari est donc au travail ? Ce n'est pas risqué un endroit aussi isolé pour une femme seule ?
— Jérémie ! Bon sang, tu es sans-gêne. Excusez mon neveu, madame, mais il vit avec moi depuis la disparition de ses parents et je ne lui donne certes pas l'éducation qu'il faudrait.
— Ah ! Désolée jeune homme pour vos parents. Je sais ce que perdre un être proche veut dire. Mon mari aussi m'a quitté brutalement.
—... !
Plus personne n'ose ouvrir la bouche du coup et pendant que l'un boit une gorgée de café, l'autre se plante le nez dans son verre d'eau. Alors je relance le débat sur le but de leur balade.
— Ainsi vous allez à Vagney ?
— Oui ! Enfin, Jérémie voulait allez voir la cascade du Bouchot. Je crois que c'est un peu compromis.
— Ça fait une sacrée trotte. Mais si ça vous arrange et si vous êtes d'accord, je peux vous déposer sur le parking de celle-ci, je dois me rendre dans un village des environs.
— Ce serait chouette, n'est-ce pas, tonton Michel !
— Nous ne voulons pas déranger cette dame davantage.
— Oui ! Enfin, Jérémie voulait allez voir la cascade du Bouchot. Je crois que c'est un peu compromis.
— Ça fait une sacrée trotte. Mais si ça vous arrange et si vous êtes d'accord, je peux vous déposer sur le parking de celle-ci, je dois me rendre dans un village des environs.
— Ce serait chouette, n'est-ce pas, tonton Michel !
— Nous ne voulons pas déranger cette dame davantage.
Désormais, c'est moi qui scrute du coin de l'œil ce type dont le prénom vient de me faire discrètement frémir. Michel ! Mon mari aussi s'appelait Michel. Et ça me fait tout drôle de réentendre dans ma maison son prénom. Oui ! Michel ! Et à l'évocation de ce dernier, mille souvenirs qui me remuent le cerveau. Coïncidence ou pas ? Je me sens comme happée par les évènements. L'orage qui a amené précisément ces deux personnes chez moi, un coup du ciel ? Ce Michel est là qui me sourit, ce qui découvre deux rangées de dents bien blanches et ses cheveux encore humides plaqués sur son front lui donnent un air presque joyeux. Ma seule idée ? Il est... beau !
Pourquoi ai-je fait cette proposition bizarre ? C'est moi qui viens de parler, et d'un autre côté, j'ai le sentiment que ce n'est pas moi ! Une force inconnue qui vient de me pousser malgré tout, comme si j'attendais de cette incroyable visite un truc que je refuse depuis si longtemps. Ce gars qui prend sous son aile son neveu, je ne comprends pas pourquoi je me sens profondément touchée par cette sollicitude familiale somme toute banale. Et puis, à aucun moment, il n'a parlé d'une femme, de la sienne peut-être. Serait-il seul avec ce Jérémie ? Cette question me monte spontanément au cerveau, mais je me refuse à la traduire en mots. Là aussi, je me demande bien ce qui me retient. De plus, le garçon a sans doute plus de dix-huit ans et est forcément majeur.
C'est par le biais d'une question anodine que j'espère obtenir des réponses plus précises à mes interrogations détournées.
— Vous êtes donc en vacances dans notre belle région ? À moins que vous ayez de la famille dans le coin ?
— Oh ! Le père de Jérémie, mon beau-frère donc est né dans un village de vos si belles Vosges. Et ma sœur et lui se sont installés près de chez nos parents, dans la banlieue de Clermont-Ferrand. Ça vous parle ?
— Ben, pas vraiment. Je connais de nom, sans plus ! Et vous êtes donc ici en pèlerinage, sur les traces de la belle-famille vosgienne de votre sœur, si je comprends bien ?
— Disons que nous sommes venus ici plutôt par curiosité, Marc n'avait plus personne non plus dans cette région.
— Ah ! Et vous aimez les Vosges ? Vous n'avez pas d'enfants à vous ?
— Pas de femme non plus, et j'avoue que je suis assez scotché par ce décor qui par certains côtés me rappellent celui de mon enfance.
— Pas d'épouse ? Un homme de nos jours arrive-t-il vraiment à vivre sans quelqu'un dans sa vie ? Je dois dire que j'ai depuis le décès de mon homme, bien du mal à faire front.
— J'ai beaucoup voyagé, et ma devise : » pas d'attache pour ne pas rendre malheureux qui que ce soit » s'est trouvée battue en brèche avec l'accident des parents de Jérémie. Pour ne pas le voir aller en famille d'accueil, j'ai dû faire face à mes responsabilités et trouver un boulot plus fixe. Mais je n'ai aucun regret. C'est un bon garçon qui rêve d'être ingénieur et il s'en donne les moyens.
— Oh ! Le père de Jérémie, mon beau-frère donc est né dans un village de vos si belles Vosges. Et ma sœur et lui se sont installés près de chez nos parents, dans la banlieue de Clermont-Ferrand. Ça vous parle ?
— Ben, pas vraiment. Je connais de nom, sans plus ! Et vous êtes donc ici en pèlerinage, sur les traces de la belle-famille vosgienne de votre sœur, si je comprends bien ?
— Disons que nous sommes venus ici plutôt par curiosité, Marc n'avait plus personne non plus dans cette région.
— Ah ! Et vous aimez les Vosges ? Vous n'avez pas d'enfants à vous ?
— Pas de femme non plus, et j'avoue que je suis assez scotché par ce décor qui par certains côtés me rappellent celui de mon enfance.
— Pas d'épouse ? Un homme de nos jours arrive-t-il vraiment à vivre sans quelqu'un dans sa vie ? Je dois dire que j'ai depuis le décès de mon homme, bien du mal à faire front.
— J'ai beaucoup voyagé, et ma devise : » pas d'attache pour ne pas rendre malheureux qui que ce soit » s'est trouvée battue en brèche avec l'accident des parents de Jérémie. Pour ne pas le voir aller en famille d'accueil, j'ai dû faire face à mes responsabilités et trouver un boulot plus fixe. Mais je n'ai aucun regret. C'est un bon garçon qui rêve d'être ingénieur et il s'en donne les moyens.
Le jeune homme nous écoute, sans relever et une pâle risette vient fleurir ses lèvres à l'évocation sans doute d'un moment difficile de sa jeune existence. Mais il ne rajoute rien à ce que me raconte son oncle. Et alors que nous bavardons encore quelques minutes, les saints du paradis vont jouer aux quilles dans un autre secteur. Le soleil fait une timide réapparition, avant de finir par laisser de nouveau éclater son éblouissante lumière.
— Je crois, messieurs que nous allons pouvoir retourner dans l'autre vallée. Je vous demande juste une minute, le temps de passer des vêtements plus secs et surtout plus adaptés à une sortie.
— Oh ! Ne vous inquiétez pas pour nous, nous pouvons rentrer par les sentiers que nous avons déjà courus.
— Pour vous perdre une fois de plus dans ces montagnes qui de nuit sont moins agréables ? Je vous assure que vous déposer à Gerbamont ne me pose aucun problème.
— Gerbamont ? Où ça se trouve ça ?
— Oh ! Ne vous inquiétez pas pour nous, nous pouvons rentrer par les sentiers que nous avons déjà courus.
— Pour vous perdre une fois de plus dans ces montagnes qui de nuit sont moins agréables ? Je vous assure que vous déposer à Gerbamont ne me pose aucun problème.
— Gerbamont ? Où ça se trouve ça ?
Mon visage se tourne vers ce Jérémie qui vient de me lancer cette phrase. Je réponds donc, du tac au tac.
— La cascade du saut du Bouchot se trouve sur cette localité... un peu au-dessus de ce Vagney auquel vous avez fait référence à votre arrivée.
— Ah ! Je pensais que c'était déjà la commune de Vagney.
— Non et surtout ne dites pas cela aux gens du cru, ils pourraient se vexer.
— Ah ! Je pensais que c'était déjà la commune de Vagney.
— Non et surtout ne dites pas cela aux gens du cru, ils pourraient se vexer.
C'est ainsi que je quitte mes deux visiteurs pour passer dans ma chambre. Lorsque j'en ressors, je suis vêtue d'un corsage noir et rouge et d'une jupe sombre elle aussi. Les deux paires de mirettes qui me dévisagent suivent un long moment mes courbes que mes vêtements accentuent un peu trop pour que ce soit « normal ». Là encore, quelque chose m'a poussée à être légèrement provocatrice et j'ai de la peine à déterminer le pourquoi d'un tel comportement. À moins que... mais non, je ne veux même pas y songer. Il y a un je ne sais quoi chez cet homme qui m'attire tel un aimant. Ne serait-ce pas là, une manière de lui montrer qu'il me plait ? Finalement, je me fais l'effet d'être une sotte d'avoir de pareilles pensées. Ma voiture quitte son garage et j'embarque tout mon petit monde vers son lieu de pèlerinage.
— xXx —
Un trajet d'une vingtaine de minutes où nous discutons de tout Michel et moi, le garçon à l'arrière restant indifférent à notre conversation. Il écoute sans piper mot. Dans le col de Sapois, je bifurque sur la gauche et deux cents mètres plus loin, je gare ma voiture sur le parking qui surplombe la magnifique chute d'eau.
— Voilà ! Messieurs, vous êtes « au saut du Bouchot ». Prenez garde à vous le chemin d'accès pour le pied de la cascade est très escarpé.
— Merci ! Je peux... oser une question ?
— Ben, pourquoi pas ?
— Vous ne voulez pas me donner votre prénom ?
— Mon prénom ? Mon Dieu, c'est juste ! Je ne me suis pas présentée. Claude, je me prénomme Claude et mon mari s'appelait Michel également.
— Je comprends mieux votre étrange attitude lorsque mon neveu m'a appelé par mon prénom. Un souvenir douloureux sans doute ?
— Je ne tiens pas à parler de cela. Bonne visite et bon retour dans votre Puy de Dôme natal. J'ai été ravie de faire votre connaissance, mais cette fois, je suis pressée. Mon rendez-vous ne peut pas être différé.
— Dommage ! J'aurais aimé que vous nous accompagniez pour ce lieu attrayant de votre région ! Puis-je garder un mince espoir de vous revoir, Claude ?
— Il ne faut jurer de rien... le monde est tout petit parfois.
— Je vois ! Une réponse à la Normande, ni oui ni non, quoi.
— Merci ! Je peux... oser une question ?
— Ben, pourquoi pas ?
— Vous ne voulez pas me donner votre prénom ?
— Mon prénom ? Mon Dieu, c'est juste ! Je ne me suis pas présentée. Claude, je me prénomme Claude et mon mari s'appelait Michel également.
— Je comprends mieux votre étrange attitude lorsque mon neveu m'a appelé par mon prénom. Un souvenir douloureux sans doute ?
— Je ne tiens pas à parler de cela. Bonne visite et bon retour dans votre Puy de Dôme natal. J'ai été ravie de faire votre connaissance, mais cette fois, je suis pressée. Mon rendez-vous ne peut pas être différé.
— Dommage ! J'aurais aimé que vous nous accompagniez pour ce lieu attrayant de votre région ! Puis-je garder un mince espoir de vous revoir, Claude ?
— Il ne faut jurer de rien... le monde est tout petit parfois.
— Je vois ! Une réponse à la Normande, ni oui ni non, quoi.
Pour toute réplique un sourire et je me coule de nouveau sous mon volant, non sans avoir salué par une poignée de main les deux hommes qui restent plantés sur le parking, à quelques mètres des premières marches qui ouvrent le sentier menant à la cascade. Je commence à rouler doucement pour quitter l'endroit, c'est alors que le bonhomme revient vers ma voiture et me fait un signe.
— Claude ! Claude, s'il vous plait !
— Oui ?
— Oui ?
Je stoppe ma progression et par la vitre ouverte, Michel me tend une carte de visite.
— Tenez ! Nous sommes encore là pour une bonne quinzaine de jours, si d'aventure vous aviez envie de faire un bon restaurant, nous pourrions...
— Je... pas certaine que ce soit une bonne idée ! Merci tout de même et bonne fin de séjour.
— Je... pas certaine que ce soit une bonne idée ! Merci tout de même et bonne fin de séjour.
Cette fois, je reprends la route et file directement vers le centre du village de Saulxures où je dois me rendre à la mairie pour y retirer des papiers importants. Trajet d'une dizaine de minutes tout au plus et une heure plus tard, je suis de retour au chalet. Le bristol du vacancier atterrit dans une coupelle sur la crédence de l'entrée, avec le bric-à-brac dont je désencombre mes poches de temps à autre. Et je veux oublier jusqu'au prénom de ce visiteur qui m'a remué les sens bien trop pour que ce soit normal. Soirée solitaire et plateau télé pour une dinette canapé. L'orage par chance n'a pas fait de gros dégâts. Ici, il arrive qu'ils soient d'une violence incroyable. Et la nuit tombée, un dernier tour dans la véranda et son panorama me surprend par sa beauté.
Là-bas, tout au fond de la vallée, des tas de points brillants comme des étoiles, les lumières des maisons et des lampadaires, les néons du Casino, tout me rappelle que ça grouille de vie, bien loin du silence qui m'entoure. Un long soupir, une grosse bouffée de souvenirs qui remontent en moi telle une lame de fond. Ce Michel m'en a ramené un autre dans la tête et ce dernier me manque particulièrement. Mon Dieu, c'est fichtrement injuste. Une fraction de seconde encore à admirer le paysage et je me sens envahie par une sorte de détresse consécutive à mes pensées d'un temps perdu qui ne peut plus revenir. Je repousse doucement la porte-fenêtre qui isole le reste de ma maison de l'extérieur et je suis plongée dans une vraie angoisse.
Difficile de trouver le sommeil après tout ceci et dans le grand lit que plus personne ne partage, je revis inlassablement cette fichue rencontre. Le jeune garçon, Jérémie, n'a pas vraiment marqué ma mémoire, mais je ne peux pas en dire autant de son oncle. Oui ! Le type a quelque part mis mes sens en ébullition. Comment est-ce possible ? Je ne saisis pas tout à fait ce qui m'arrive, mais force m'est de constater que mon corps, quelques heures encore après le passage de cet homme, réagit et m'envoie des signaux que je ne peux ignorer. Une brise légère fait frémir les frondaisons proches de ma fenêtre dont seules les persiennes sont closes. Et j'ai cette impression que ma peau me brûle, que tout chez moi est désormais tourné vers une envie particulière.
Oui ! Mes cuisses remuent, se frottant l'une contre l'autre, accentuant davantage s'il en est besoin, la chaleur qui se diffuse partout en moi. Et lentement, c'est un éveil réel. Mon ventre se tord d'une presque obligation de se sentir caressé. Bien sûr, puisque je suis seule, j'use donc des uniques armes à ma disposition pour calmer la boulimie qui me surprend. D'abord, ma nuisette remonte sous l'effet de mes doigts impatients vers mes hanches, pour finir par être en totalité retirée, quasiment arrachée sous la violence de mon désir. Là, sur mon ventre plat dû à ma position allongée, mes paumes viennent effleurer les plages dénudées. Langoureusement, mes patounes s'emparent de mes deux collines aux sommets qui pointent sous l'afflux de sang. Je râle en dodelinant de la tête. Dorénavant, plus rien ne peut arrêter la reptation languissante de mes mains vers d'abord le buisson de fourrure brune qui couvre mon pubis.
Le point de ralliement des dix lutins qui ne s'embarrassent plus d'aucun préjugé est finalement très vite atteint. C'est là que certains de ses aventuriers se mettent en devoir de câliner mon clitoris, pendant que d'autres vont et viennent dans le sillon qu'une fine rosée englue de plus en plus. Ma caboche roule sur l'oreiller et je halète sous les titillements de plus en plus ciblés qui m'emportent dans un brouillard qui m'oblige à tenir mes paupières fermées. Je jouis littéralement et d'une façon qui doit ameuter les chouettes et les hiboux de toute la forêt. Aucune retenue dans ce déchainement de plaisir que m'offre un orgasme manuel qui apaise pour un temps mon corps et mon âme. Mais curieusement, les images qui défilent dans mon ciboulot durant mon extase solitaire, ne sont plus tout à fait celles qui se rapportent à mon mari qui me manque cruellement.
Non ! D'autres traits se superposent à ceux qui s'estompent déjà dans la nuit du temps. Restent encore bien des scrupules à oser penser à faire l'amour avec un autre. Drôle ce sentiment de tromper celui qui ne peut plus se défendre, qui ne pourra plus jamais me caresser. Dans mon cerveau, je suis tiraillée entre désir intense et honte de ce même besoin. J'ai beau me dire que lui à ma place aurait peut-être déjà retrouvé une compagne. Je ne peux que me morfondre dans une attente interminable et tout s'embrouille dans ma tête. Le sommeil dans lequel je me glisse n'est pas de bonne qualité. De nombreux sursauts me font revenir à moi et toujours en sueur. Mais je dois admettre que mon envie de sexe ne se calme pas, loin de là.
Chacun de mes retours dans le monde de la réalité est ponctué par ce mince filet de bave qui coule de ma chatte en chaleur et je ne compte plus le nombre de fois où mes doigts retrouvent le chemin de mes grandes lèvres ou asticotent mon clitoris en érection permanente. Au même rituel succèdent d'identiques soubresauts et finalement le matin tout neuf qui voit se lever un soleil radieux me découvre avec de larges cernes sous les yeux. La journée est belle, et si je vaque à mes tâches quotidiennes sans allant, je demeure sous l'emprise du réveil brutal de ma sexualité mise en berne depuis très longtemps. Tout bascule depuis la venue de ce type dans mon univers. Pourquoi ? Qu'est-ce que ça signifie vraiment ? Je n'ai pas la sensation pourtant que j'en suis amoureuse.
Voilà ! Le grand mot est lâché. Amoureuse ? Un grand coup de chaud, un besoin refoulé par mon corps tout entier durant des mois et qui éclate soudain telle une bulle de savon ? Il doit y avoir de cela dans mon ressenti. Dix, vingt fois, je triture entre mes doigts la carte de visite, comme si celle-ci avait le pouvoir de m'exorciser. Mais tout autant de remises du bristol dans la panière viennent refouler plus profondément mon envie. Et plus je l'enfonce en moi, plus elle enfle et refait surface. À m'en tordre les doigts, à m'en faire des nœuds au cerveau, je passe ma journée entre hésitations et hébétements. Une guerre d'usure qui font se battre un diablotin espiègle et un angelot capricieux tout au fond de mon cerveau.
Que faire pour pallier ce désagréable conflit ? Sortir ? Oui, mais pour me rendre où ? Dix-huit heures sonnent dans la vallée, l'écho des cloches me parvient signe de beau temps. Une fois de plus, la carte du dénommé Michel et entre mon pouce et mon index. Dix petits chiffres à composer sur le clavier de mon portable, mais qu'inconsciemment je répugne pourtant à tapoter sur celui-ci. Que penserait ce bonhomme de moi, si je craquais lamentablement dès le premier soir ? Un instant encore et je m'adresse à Dieu, à ses Saints, au paradis tout entier et j'en arrive à supplier mon Michel de m'envoyer un signe. Après tout si lui ne m'avait pas abandonnée, je ne serais pas en train de me morfondre dans une envie inextricable. Je m'en veux de ces pensées ignobles dès qu'elles se sont simplement entrechoquées dans ma caboche.
Vingt heures et le bristol souffre de mes manipulations de plus en plus brutales. Appeler ou non devient un véritable leitmotiv. Un dernier sursaut et mon index enfonce la touche zéro du clavier. Les autres suivent et j'ai peur de ce qui va en découler. Une sonnerie, deux et la voix me crève le tympan.
— Allo !
— Michel... c'est vous ?
— Oui... qui me demande ?
— Pardon ! Je suis Claude, la femme de l'orage.
— Claude ! Je suis heureux de vous entendre. Jérémie est parti en vadrouille, avec des copains. Les jeunes ont vite fait, grâce aux réseaux sociaux de se faire des amis partout où ils vont, et je me retrouve seul comme un vieux.
— Ah ! La solitude... c'est quelque chose qui nous pèse à tous, n'est-ce pas ?
— Oui ! Mais votre appel me fait tellement plaisir. Peut-être que tout n'est pas perdu si vous avez osé.
— Oser ! C'est bien le mot. Je me sens honteuse de vous déranger.
— Voyons ! Ne le soyez pas, je suis très heureux de cet appel que je n'espérais sans doute pas. Vous qui êtes du coin, un bon restaurant pour que je vous y invite ?
— Mon mari et moi adorions allez diner à la « Spézzia ». Ils font une tête de veau exceptionnelle, si vous aimez cela bien entendu.
— Je ne connais pas vraiment, mais n'est-ce pas une bonne occasion pour découvrir et en charmante compagnie, ce qui ne gâte rien. Alors ? On se donne rendez-vous devant l'établissement si vous me donnez l'adresse ?
— Si vous voulez ! Le temps de faire le trajet, bien sûr... vous avez de quoi noter ?
— Je vous écoute, belle dame !
— Michel... c'est vous ?
— Oui... qui me demande ?
— Pardon ! Je suis Claude, la femme de l'orage.
— Claude ! Je suis heureux de vous entendre. Jérémie est parti en vadrouille, avec des copains. Les jeunes ont vite fait, grâce aux réseaux sociaux de se faire des amis partout où ils vont, et je me retrouve seul comme un vieux.
— Ah ! La solitude... c'est quelque chose qui nous pèse à tous, n'est-ce pas ?
— Oui ! Mais votre appel me fait tellement plaisir. Peut-être que tout n'est pas perdu si vous avez osé.
— Oser ! C'est bien le mot. Je me sens honteuse de vous déranger.
— Voyons ! Ne le soyez pas, je suis très heureux de cet appel que je n'espérais sans doute pas. Vous qui êtes du coin, un bon restaurant pour que je vous y invite ?
— Mon mari et moi adorions allez diner à la « Spézzia ». Ils font une tête de veau exceptionnelle, si vous aimez cela bien entendu.
— Je ne connais pas vraiment, mais n'est-ce pas une bonne occasion pour découvrir et en charmante compagnie, ce qui ne gâte rien. Alors ? On se donne rendez-vous devant l'établissement si vous me donnez l'adresse ?
— Si vous voulez ! Le temps de faire le trajet, bien sûr... vous avez de quoi noter ?
— Je vous écoute, belle dame !
J'ahane l'adresse de la « Spézzia », et lorsque je raccroche, mon cœur bat à tout rompre. Comment est-ce que j'ai pu franchir un tel cap ? Je me sens tiraillée entre la fidélité à celui qui ne reviendra plus et cet homme qui sans que je sache comment ni pourquoi, m'attire. Un dernier passage à la salle de bain, un coup de brosse dans mes cheveux et un trait de gloss sur les lèvres, tout va bien. Et durant le trajet, je suis euphorique. Incroyable, je ne me reconnais nullement dans cette femme qui va vers un rencard, avec le secret espoir de revivre une nouvelle histoire. Le soir, la route n'est guère fréquentée et pas plus de trente minutes me séparent de l'établissement tenu par deux jeunes femmes.
Il est là, assis sagement à une table sur laquelle deux couverts sont disposés. Je m'assois donc face à lui. Chemise en lin écru, rasé de près, un air joyeux qui lui retousse les lippes en une sorte de sourire, il se lève à mon approche.
— Claude ! Comme je suis heureux de vous revoir. Merci de votre appel et surtout d'avoir accepté mon invitation. Ce restaurant me plait. Le cadre avec la rivière qui coule devant nos yeux, c'est délassant.
— Bonsoir, Michel ! Je ne vais pas vous mentir, ça me fait très bizarre de vous appeler Michel. Je retrouve un peu du temps passé qui me saute au visage soudain. Mon mari aussi aimait cette Moselotte qui serpente dans cette vallée.
— Un homme de gout sans doute ! Mais je ne voudrais pas rouvrir vos blessures en approfondissant le sujet.
— Merci ! Vous avez raison, nous sommes là pour un moment de détente et bien manger. J'espère que ce sera le cas.
— Oui, bien sûr ! Mais rien que l'idée d'être accompagnée par une aussi jolie femme ne peut que me ravir et peu importe le contenu de l'assiette. Encore que si nous allions le plaisir des yeux à celui du ventre, j'en serais le premier à ne pas m'en plaindre.
— Mmm ! Vous avez lu la carte ?
— Pas vraiment ! J'ai besoin d'avoir un guide, donc vous en l'occurrence, pour me décider.
— Ah ! C'est trop d'honneur ! Mais un apéritif peut-être pour briser la glace ?
— Allez, soyons fous ! Nous sommes là pour nous faire plaisir, après tout !
— Voilà !
— Bonsoir, Michel ! Je ne vais pas vous mentir, ça me fait très bizarre de vous appeler Michel. Je retrouve un peu du temps passé qui me saute au visage soudain. Mon mari aussi aimait cette Moselotte qui serpente dans cette vallée.
— Un homme de gout sans doute ! Mais je ne voudrais pas rouvrir vos blessures en approfondissant le sujet.
— Merci ! Vous avez raison, nous sommes là pour un moment de détente et bien manger. J'espère que ce sera le cas.
— Oui, bien sûr ! Mais rien que l'idée d'être accompagnée par une aussi jolie femme ne peut que me ravir et peu importe le contenu de l'assiette. Encore que si nous allions le plaisir des yeux à celui du ventre, j'en serais le premier à ne pas m'en plaindre.
— Mmm ! Vous avez lu la carte ?
— Pas vraiment ! J'ai besoin d'avoir un guide, donc vous en l'occurrence, pour me décider.
— Ah ! C'est trop d'honneur ! Mais un apéritif peut-être pour briser la glace ?
— Allez, soyons fous ! Nous sommes là pour nous faire plaisir, après tout !
— Voilà !
Et il fait signe à la serveuse qui me sourit. M'a-t-elle reconnue ? Il y a belle lurette que je ne suis plus revenue me mettre les pieds sous la table à la « Spézzia ». En tout cas, elle ne montre rien, hormis cette risette discrète, ce dont je me félicite sans un mot non plus. Et elle part avec la commande de deux cocktails maison. Un court moment de gêne, puis il entame une discussion sur l'établissement, avant de dériver doucement sur sa vie. J'apprends donc qu'il a laissé tomber une vie d'aventures pour s'occuper du jeune orphelin. Il m'explique aussi son amour pour la photographie, ses pérégrinations sur tout le globe terrestre comme grand reporter et je sens que tout ce qu'il a mis de côté pour le fils de sa sœur le rend nostalgique. Quelle différence entre l'absence d'un mari et la perte ou le manque d'une certaine liberté pour un homme qui a tout abandonné pour se consacrer à une tâche familiale complexe.
Il est étrange de constater que certaines saveurs ne s'altèrent jamais. La tête de veau sauce gribiche que nous dévorons est un de ces plats dont mon mari et moi raffolions et je retrouve dans celle qui nous est servie, un parfum d'avant. Le plus drôle de cette affaire, c'est que je dine avec un Michel. Un autre, un tout différent bien entendu, mais n'est-ce pas là un signe du destin ? Il me parle de ses folles escapades dans des pays qui m'ont fait rêver alors que nous, nous vivions heureux, loin de nous douter de ce que la vie allait nous réserver. Et pour me prouver ce qu'il raconte, il ponctue ses arguments par des photographies gardées dans son téléphone portable. Comment un si petit appareil peut-il contenir autant de souvenirs sous forme d'images ? Notre diner en duo prend des airs de fête et je me laisse bercer par une euphorie contagieuse.
La fin de toute chose est forcément inéluctable et celle de ce moment privilégié arrive trop tôt à mon gré. Il fait signe à la demoiselle qui nous a servi et réclame l'addition. J'en profite pour m'éclipser quelques instants aux toilettes, histoire de me remettre un zeste de rouge à lèvres et de revisiter mon maquillage. Rien d'inquiétant, et Michel est toujours assis à la même place lorsque je reviens du petit coin. Je le sens cependant plus nerveux, pour ne pas dire tendu.
— Quelque chose ne va pas, Michel ?
— Si ! Au contraire, Claude !
— Alors ? Pourquoi cette mine triste ?
— Je n'aime pas voir arriver le moment de nous séparer.
— Oh, je suppose que votre neveu va rentrer et que vous aurez plein de choses à vous raconter, non ?
— Ben non ! Nous sommes vendredi soir et je suis « célibataire » pour tout le week-end. Vous voir me quitter déjà est un crève-cœur.
—... ? J'ai passé une agréable soirée, c'est vrai.
— Eh, pardonnez-moi, mais n'auriez-vous pas envie de la prolonger encore un peu ?
— La prolonger ? Comment entendez-vous cela ?
— Je ne sais pas ! La femme du secteur, c'est vous, et je me dis que vous savez surement mieux que quiconque ce qu'il est possible de faire dans le coin un vendredi soir ? Allez danser par exemple !
— Je ne suis pas une danseuse hors pair, et je ne me souviens pas avoir eu d'autre cavalier que mon mari.
— Je comprends ! Mais là, si lui était à ma place, où lui demanderiez-vous de vous emmener pour prolonger la magie de cette soirée ?
— Oh... une question qui mérite réflexion et je ne pense pas qu'elle attire une réponse correcte de ma part.
— Pardon ! Suis-je bête ! Il n'y a pas plus idiot que moi. Mettre les pieds dans le plat, c'est tout moi, ça ! Disons alors que si vous aviez eu envie de faire un tour de piste, quel endroit lui auriez-vous suggéré ?
— Il y a bien une sorte de discothèque, mais elle est en pleine nature et assez loin de la ville.
— Ah ! Et... ce n'est donc pas possible de nous y rendre de puis ce restaurant ? J'aimerais beaucoup vous faire danser.
— Si c'est de la musique actuelle, vous pouvez oublier. La boite dont je vous parle est surtout un lieu de rencontre pour des gens qui valsent ou qui aiment l'accordéon ! Je suppose que vous imaginez le genre.
— Ben, ce serait assez plaisant et puis je connais assez bien ces danses d'antan. Mon beau-frère était aussi un cavalier apprécié de ma sœur.
— Si ! Au contraire, Claude !
— Alors ? Pourquoi cette mine triste ?
— Je n'aime pas voir arriver le moment de nous séparer.
— Oh, je suppose que votre neveu va rentrer et que vous aurez plein de choses à vous raconter, non ?
— Ben non ! Nous sommes vendredi soir et je suis « célibataire » pour tout le week-end. Vous voir me quitter déjà est un crève-cœur.
—... ? J'ai passé une agréable soirée, c'est vrai.
— Eh, pardonnez-moi, mais n'auriez-vous pas envie de la prolonger encore un peu ?
— La prolonger ? Comment entendez-vous cela ?
— Je ne sais pas ! La femme du secteur, c'est vous, et je me dis que vous savez surement mieux que quiconque ce qu'il est possible de faire dans le coin un vendredi soir ? Allez danser par exemple !
— Je ne suis pas une danseuse hors pair, et je ne me souviens pas avoir eu d'autre cavalier que mon mari.
— Je comprends ! Mais là, si lui était à ma place, où lui demanderiez-vous de vous emmener pour prolonger la magie de cette soirée ?
— Oh... une question qui mérite réflexion et je ne pense pas qu'elle attire une réponse correcte de ma part.
— Pardon ! Suis-je bête ! Il n'y a pas plus idiot que moi. Mettre les pieds dans le plat, c'est tout moi, ça ! Disons alors que si vous aviez eu envie de faire un tour de piste, quel endroit lui auriez-vous suggéré ?
— Il y a bien une sorte de discothèque, mais elle est en pleine nature et assez loin de la ville.
— Ah ! Et... ce n'est donc pas possible de nous y rendre de puis ce restaurant ? J'aimerais beaucoup vous faire danser.
— Si c'est de la musique actuelle, vous pouvez oublier. La boite dont je vous parle est surtout un lieu de rencontre pour des gens qui valsent ou qui aiment l'accordéon ! Je suppose que vous imaginez le genre.
— Ben, ce serait assez plaisant et puis je connais assez bien ces danses d'antan. Mon beau-frère était aussi un cavalier apprécié de ma sœur.
J'esquisse un sourire qu'il remarque immédiatement. Il se croit obligé de préciser.
— Sur les parquets, je veux dire, ne voyez pas là une quelconque allusion graveleuse, Claude.
J'éclate de rire et lui m'emboite le pas. Contagieux ce fou rire qui nous gagne alors que nous sortons de la « Spézzia », sous les regards des derniers dineurs et de la serveuse. Sur le parking, Michel réalise que nous avons chacun notre véhicule et il marque encore une hésitation.
— Ah ! Mais si vous préférez rentrer, peut-être que nous pouvons aller prendre un verre quelque part plus près de votre domicile. Je n'arrive pas à m'imaginer vous voir me quitter sans espoir de retour.
— Bon ! La « Croisette » vous tente donc ? Mais vous me suivez, je rentrerai directement chez moi depuis la discothèque.
— Merci ! Merci, Claude ! Je suis content de vous garder encore un peu et même de vous montrer que je sais guincher.
— Bien ! Alors en route ! Je vous préviens également, ce sont des petites routes et en pleine forêt de sapins. Pas très larges, donc je ne vais pas rouler très vite.
— Ça me va ! Merci ! Claude...
— Bon ! La « Croisette » vous tente donc ? Mais vous me suivez, je rentrerai directement chez moi depuis la discothèque.
— Merci ! Merci, Claude ! Je suis content de vous garder encore un peu et même de vous montrer que je sais guincher.
— Bien ! Alors en route ! Je vous préviens également, ce sont des petites routes et en pleine forêt de sapins. Pas très larges, donc je ne vais pas rouler très vite.
— Ça me va ! Merci ! Claude...
Mon prénom est lancé sur un ton particulier qui me fait relever le visage alors que je m'apprête à prendre place sur mon siège. Michel est à moins de deux pas et je sens qu'il se penche en avant. Veut-il me murmurer un autre remerciement à l'oreille ? Je ne suis pas très méfiante et je saisis d'un coup qu'il attend toute autre chose. Comment nos bouches se soudent-elles aussi simplement ? Je ne sais pas le dire et encore moins le refuser. Il m'embrasse à bouche que veux-tu et franchement, j'adore ce baiser qu'il me vole. Le second est tout aussi bon, mélangeant nos deux langues dans des arabesques qui rien ne semble vouloir retenir. Souffle coupé, je dois me rendre à l'évidence. Moi aussi, j'aspire à ces embrassades depuis un certain temps, sans pour cela vouloir l'admettre.
Je me détache de lui, envoutée et un peu peureuse que des clients du restaurant nous surprennent sur le parking dans une posture fâcheuse. Ça tourne à toute vitesse dans ma cervelle et comme une somnambule, je démarre ma voiture, reprenant la route sans vraiment m'assurer qu'il me suit. Une fois en chemin les phares qui balaient l'intérieur de mon automobile me signalent sa présence à bonne distance. Finalement, je réalise au bout de plusieurs kilomètres que je ne me dirige pas exactement vers cette « Croisette » dont je lui ai rebattu les oreilles. Un long frisson me parcourt l'échine. C'est en traversant le dernier village, celui de Rochesson, que je saisis que c'est bel et bien vers mon domicile que je roule. Lui s'en est-il rendu compte ? Il ne sait pas où je voulais l'embarquer, alors pourquoi se douterait-il de quoi que ce soit ?
— xXx —
Lorsque j'atteins l'embranchement de la route nationale et du chemin gravillonné qui mène à mon chalet, je suppose que mon suiveur comprend que nous n'allons pas vraiment dans un autre endroit. Nos phares s'éteignent quasiment au même instant et la noirceur de la nuit n'est plus trouée que par les loupiotes actionnées lors de l'ouverture de nos portières respectives. Son ombre est de nouveau à mes côtés et sa main tâtonne pour trouver la mienne. La rencontre des deux est explosive et je me sens envahie par une foultitude d'aiguilles qui me parcourt l'ensemble de l'épiderme. Une chair de poule monumentale, qui dresse tous les pores de mon anatomie. Enlacée contre la voiture du bonhomme, je ne refuse pas le baiser fou qui m'enivre délicieusement.
— Pourquoi ? Pourquoi chez vous, Claude ?
—... !
— Mmm !
—... !
— Mmm !
S'il n'a pas compris, c'est qu'il ne sait rien des femmes. Et son bras qui ceint mes épaules propulse sa main sur mon dos d'abord, avant de la faire me lisser la colonne vertébrale délicatement, jusqu'à venir effleurer le haut de ma jupe, sur mes reins. Du coup, cette arrivée me fait me raidir et l'ensemble de mon corps se frotte au sien.
— Claude... vous... tu en as aussi envie que moi ?
—... !
—... !
Je ne peux pas articuler un mot et encore moins une phrase. Je suis dans une bulle qui fait battre mon cœur à tout rompre. Et nous nous embrassons encore et encore, jusqu'à ce que l'air nous fasse défaut. Durant toute cette série de pelles langoureuses au possible, mon bas ventre est en contact avec son entrejambe et ce qui se love contre le tissu de mon vêtement est dur, prometteur également.
— Claude ! Jamais une femme ne m'a fait un tel effet. Tu comprends ? Parce que je suis sans doute vieux jeu, mais sans t'entendre me dire que tu es d'accord pour que je te caresse, je n'irai pas plus loin.
—...
—...
Je viens de sursauter et il renchérit, pour bien me marteler le message qu'il veut me faire passer.
— J'ai envie de te faire l'amour, Claude, mais je dois être certain que de ton côté... enfin je veux dire que tu n'es obligée de rien. Le consentement des dames dans ce genre de jeu est une nécessité absolue.
— Je... humm !
— Est-ce que ça veut dire oui ? Si c'est le cas, tu peux serrer ma main le plus fort possible.
— Je... humm !
— Est-ce que ça veut dire oui ? Si c'est le cas, tu peux serrer ma main le plus fort possible.
Et mes doigts se crispent sur ceux de ce Michel qui cette fois me cramponne pour me plaquer plus fortement contre lui. Et je me sens sur un nuage. Lentement, dans le noir que quelques étoiles lointaines arrosent d'un pâle voile, l'ourlet de ma jupe remonte lentement vers ma taille. Un geste de plus et le bas du pan d'étoffe est désormais coincé dans la ceinture de celui-ci. Je m'accroche au cou de Michel dont les lippes reviennent en force pour des bécots moins amoureux qu'amicaux. Ce qui suit reste flou dans mon esprit. Les paumes qui effleurent mes fesses toujours camouflées par ma culotte, les reptations diaboliques de petits lutins qui voyagent enfin sous le fin rempart, le tout ponctué par des baisers bouillants, je suis aux anges.
Quand suis-je soulevée tel un fétu de paille pour être délicatement reposée sur le capot tiède de la berline de Michel ? Je n'en garde qu'un vague souvenir, mais il est sûr que la douceur qu'il met dans chacun de ses gestes m'entraine vers un point de non-retour que je sais maintenant arriver. Pas question que je crie ou repousse ce que mon corps appelle de tous ses vœux. Je ne crois pas que Michel me retire ce qui me cache le sexe. Non ! Il se contente dans un premier temps de repousser le tissu sur le côté, libérant ainsi l'accès à ma chatte trempée. Ses doigts sont en action, mais ils ne cherchent pas à me pénétrer, se bornant à longer les deux ailes de ce sexe qui suinte d'envie. La tête qui se berce aux douceurs électriques de ces attouchements si intimes, les yeux clos, je geins sans discontinuer.
Un autre contact et je sais. Ce ne sont plus ses doigts qui folâtrent dans les bas-fonds de mon entrejambe. Ses deux pattes entrouvrent largement le compas et c'est désormais son visage qui est plongé au cœur de ce que je n'ai jamais donné qu'à mon mari. Mon Dieu ! Une sorte de vent de panique s'empare de ma petite personne, à cette idée saugrenue que je suis en train de tromper le seul homme que j'ai jamais aimé. Mais ce qui m'est offert là ne souffre d'aucune rupture de rythme et je me sens dépendante de cette incroyable minette qui se joue en nocturne, dans un décor obscur. Au diable mes états d'âme d'oiselle effarouchée, mon besoin de faire l'amour jette aux orties mes derniers scrupules.
Et si mes mains viennent se poser sur le sommet du crâne de ce Michel tout neuf, ce n'est certes pas pour éloigner sa trogne ni dans l'intention de l'interrompre dans sa besogne. Bien au contraire, je maintiens sa bouille dans ce creux que sa langue visite pour profiter de tous les bienfaits de cette caresse. Il ne s'y trompe pas et redouble d'ardeur, alors que j'en oublie toute prudence. Mes gémissements se font plus chauds, plus forts également. Et la longue plainte qui se répercute au loin propagée à la faveur de la nuit, ressemble à un feulement de tigresse.
Je crie grâce, je l'implore de me prendre dans des murmures que la brise douce dissipe aussi vite qu'ils franchissent le seuil de ma gorge. La position que Michel garde depuis un long moment ne lui permet sans doute pas d'entendre mes plaintes et mes supplications. Une lente montée d'un plaisir diffus me secoue tous les muscles. Je me sens partir pour un pays que je n'ai plus revu depuis... et ce voyage vers Cythère, ce n'est pas mon mari qui me l'offre. Qu'importe ! L'idée me secoue plus encore et mes ongles s'enfoncent dans tout ce qu'ils peuvent agripper. Je n'ai plus de retenues, mon gosier laissant s'échapper toute une litanie de cris sans signification autre que les modulations d'un plaisir oublié qui me rattrape. Je jouis ! Pourtant sans pénétration, tout mon être est en folie. Je suis totalement absorbée par un orgasme qui ne se calme plus.
Il me porte plus que je ne marche, vers la maison. Je suis vidée de toute énergie, repue de ce qui vient de mettre à mal tous mes sens. Michel est gentil. Il me faut plusieurs secondes avant de parvenir à dénicher le trou de la serrure et y loger ma clé. Lui reste patient, me gardant contre lui, pas vraiment pressé de finir ce que nous venons de si brillamment débuter. Tout en moi est dolent. Mes gambettes me soutiennent tout juste et le court trajet de l'entrée au salon est réalisé comme par enchantement. Je ne me souviens pas vraiment comment j'y parviens. Mais en revanche, mes doigts qui cette fois s'attèlent à mettre à poil mon invité, ça oui, j'ai les idées plus claires en m'y collant. Il me faut aller jusqu'au bout, pour être satisfaite.
Il se laisse faire comme un bébé. Ne bronchant absolument pas lorsque fébrilement je m'attaque à son large ceinturon de cuir, pas plus que lorsqu'entre pouce et index, je tire vers le bas la fermeture éclair de sa braguette. Je cherche un bouton, il n'y a là plus qu'une agrafe pour garder fermé son pantalon. Il rit aux éclats devant mes mouvements désordonnés pour enfin faire glisser sur ses cuisses musclées la gangue de tissu qui les habille. Ceci enfin réalisé, c'est au polo que je m'attaque sans plus de pudeur. Il est nu, hormis un slip qui ne me résiste que l'espace d'un éclair. Et je le pousse sans ménagement sur le canapé. Il y choit en soupirant. C'est à genoux entre ses guibolles que je m'installe. Tenant d'une main la hampe que mes doigts ont du mal de cercler en totalité, j'approche mes lèvres du bâton.
La réciprocité, caresse pour caresse, pas de jaloux. Les rôles sont inversés, et je joue en premier lieu avec ce truc chaud qui vibre dans le creux de ma patte. Je branle sans vraie douceur ce membre avant de lever le regard sur le visage de Michel.
— Je peux ?
— Humm ! Je suis tout à toi, Claude !
— Tant pis pour toi !
— Humm ! Je suis tout à toi, Claude !
— Tant pis pour toi !
Si mon menton se penche, c'est bien pour que ma bouche se repaisse de ce sucre d'orge qui me donne envie. Une fellation ! Je suce un autre homme que ce mari à qui j'ai toujours été fidèle et... sans mentir, j'en éprouve un plaisir trouble. Oui ! Cette queue dans ma gorge, je la suçote, l'embrasse, la cajole, la triture, la branle énergiquement pour l'instant suivant la dorloter moins vigoureusement. Et les plaintes changent de camp. Il se laisse faire, sans rechigner. C'est drôle. Hier encore j'aurais ri au nez et à la barbe de toute personne qui m'aurait raconté que je sucerais un autre Michel le lendemain. Dans de rares moments de lucidité, je songe que je suis une belle salope. Mais c'est pour mieux gober le chibre l'instant d'après et je prends un plaisir immense à me vautrer dans le stupre. La pipe que je lui taille, je la savoure, la fait perdurer, loin d'imaginer qu'elle peut me fondre dans le palais plus vite que prévu.
Michel est cependant suffisamment attentif et lucide pour calmer mes ardeurs lorsqu'il sent que je risque de faire une omelette en lui cassant ses œufs. D'un mot allié à un câlin, il m'indique que je dois cesser mes activités buccales. Je me relève presque à contrecœur, et c'est moi et moi seule qui retire mon chemisier, ma jupe, mes sous-vêtements sous ses regards admiratifs. Lui toujours alangui dans la position dans laquelle je l'ai placé ne fait aucun mouvement, se contentant de suivre mon effeuillage avec un émoi non feint. Alors ? Eh bien, je resserre ses gambettes et viens le chevaucher gentiment. Nos yeux sont noyés les uns dans les autres, alors que je glisse mon bras droit entre son corps et le mien. Ma menotte s'empare de nouveau du goupillon et je le dirige vers l'entrée de mon sexe.
Pas de douleur, juste une sensation sublime de plénitude. Et je suis maintenant l'amazone folle qui caracole sur la bite rigide de cet homme. Nous nous embrassons ? Non ! Je l'embrasse avec une sorte de sérénité que me confère ce retour à des jeux amoureux que je n'ai plus pratiqués depuis le départ de mon mari. Et mes pensées une fois de plus vont vers celui qui de là où il se trouve doit bien rire de cette situation. Combien de temps dure notre rodéo ? Ça n'offre guère d'intérêt de s'en préoccuper. Je suis heureuse et savoure ce qui me manque depuis... Voilà, une nuit douce, une nuit câline qui me prouve que tous les orages ne mènent pas à la catastrophe. Je psalmodie des mots, murmurant le prénom de Michel sans que celui qui jouit en moi ne sache à qui vraiment je m'adresse.
Mais de mon côté, le sais-je vraiment aussi ?
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