Fiction
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Avant j'étais Thomas — Chapitre 1 · Introduction
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Avant j'étais Thomas
Chapitre 1 · Introduction
Moi, c'est Thomas, je suis plutôt de taille moyenne, mince, avec une silhouette assez fine. J'ai les cheveux châtain clair, généralement un peu trop longs parce que je n'aime pas particulièrement aller chez le coiffeur. On me dit parfois que mon visage et ma silhouette ont quelque chose d'assez androgyne. Je n'ai jamais vraiment su comment prendre cette remarque.
Je suis quelqu'un de très discret. Timide, même. Je manque énormément de confiance en moi et j'ai tendance à réfléchir dix fois avant de prendre la parole. Dans un groupe, je suis généralement celui qui reste en retrait et écoute les autres plutôt que celui qui participe aux conversations.
Je n'ai pratiquement pas de vie sociale. Je n'ai pas vraiment d'amis proches et je ne sors presque jamais. Je vais en cours, je prends mes notes et je rentre. Je connais quelques étudiants de vue, mais je n'ai jamais réussi à créer de véritables relations avec eux. Je pense que cela vient en partie de mon enfance.
Ma mère est morte lorsque j'avais dix ans. J'étais encore très jeune et je n'ai jamais vraiment réussi à accepter sa disparition, quelque chose s'est définitivement refermé en moi. Elle était la personne avec laquelle je me sentais le plus en sécurité. Après sa disparition, j'ai beaucoup gardé les choses pour moi. Je suis devenu silencieux, méfiant et particulièrement sensible au regard des autres. Mon père a fait ce qu'il pouvait en vain... lorsque quelqu'un élève simplement la voix, j'ai tendance à perdre mes moyens. Aujourd'hui encore, j'ai énormément de mal à parler de moi. Je préfère rester seul dans ma chambre avec mes livres, mon ordinateur ou mes écouteurs plutôt que de devoir affronter une soirée avec des gens que je connais à peine.
Loin de chez moi et de mon père du fait de mes études, je m'étais installé chez Madame Bernard, une femme d'une soixantaine d'années. J'avais trouvé chez elle une chambre à un prix raisonnable rentrant dans mon maigre budget.
Madame Bernard avait un peu moins de soixante ans. Elle était célibataire et n'avait jamais été mariée. Elle vivait seule dans une grande maison ancienne qu'elle avait héritée de ses parents et qu'elle entretenait avec un soin presque maniaque.
De ce que je pouvais en déduire, d'une éducation très classique, elle était profondément attachée aux bonnes manières, à la discrétion et aux apparences. Catholique pratiquante, elle allait régulièrement à la messe le dimanche et appartenait à cette génération pour laquelle certaines choses devaient rester privées et ne jamais être exposées aux yeux des autres.
Son apparence était toujours impeccable. Elle ne sortait pratiquement jamais sans être parfaitement habillée. Même pour aller chercher son courrier, elle portait une tenue soigneusement choisie : jupe droite ou robe élégante, chemisier parfaitement repassé, veste structurée et collier discret. Elle portait presque toujours des bas ou des collants, généralement dans des tons sobres, et des escarpins à talons modérés. Ses chaussures étaient classiques, élégantes, jamais extravagantes. Elle affectionnait particulièrement les modèles en cuir noir ou beige. Ses vêtements étaient à l'image de sa personnalité : élégants, classiques et impeccables. Elle privilégiait les tailleurs, les jupes sous le genou, les robes portefeuille, les chemisiers en soie et les vestes cintrées. Rien n'était laissé au hasard.
Ses cheveux gris, coupés court et soigneusement coiffés, encadraient un visage encore très élégant. Elle portait peu de maquillage, mais toujours parfaitement appliqué. Un rouge à lèvres discret, une montre fine et quelques bijoux sobres complétaient habituellement sa tenue.
Madame Bernard était commerçante et dirigeait depuis près de trente ans une boutique de vêtements exclusivement féminins située dans le centre-ville. Elle connaissait parfaitement les matières, les coupes, les tailles et les différentes façons de mettre une silhouette en valeur.
Elle avait un œil particulièrement précis. Elle pouvait regarder une cliente quelques secondes et savoir immédiatement quelle coupe de robe lui conviendrait, quelle longueur de jupe choisir ou quel type de collants porter avec une tenue. Son magasin était à son image : élégant, classique, parfaitement rangé. Les vêtements étaient disposés par collections et par couleurs, les accessoires soigneusement présentés et les cabines d'essayage toujours impeccables.
Avec ses clientes, Madame Bernard était polie mais assez directe. « Essayez plutôt celui-ci. Cette coupe vous ira beaucoup mieux. » Ou encore : « Non, celui-là, oubliez-le. Il ne vous met absolument pas en valeur. » Elle n'était pas du genre à flatter gratuitement. Derrière cette apparence très BCBG se cachait toutefois une femme au caractère particulièrement affirmé. Elle pouvait être chaleureuse lorsqu'elle accordait sa confiance, mais devenait glaciale lorsqu'elle estimait qu'on lui manquait de respect.
Madame Bernard avait établi un règlement très précis pour les personnes qui louaient une chambre chez elle. Elle ne le présentait pas comme une liste de contraintes, mais comme les conditions nécessaires pour que la cohabitation reste agréable.
Les horaires Le petit-déjeuner était pris entre six heures trente et sept heures en semaine. Madame Bernard se levait tôt et n'appréciait guère que quelqu'un dorme jusqu'à midi. Le déjeuner était généralement prévu vers midi trente, et le dîner à dix-neuf heures trente précises. Je n'étais évidemment pas obligé d'être présent à chaque repas, mais il devait prévenir à l'avance. « Je veux simplement savoir si je dois cuisiner pour une ou deux personnes. »
Le rangement La maison devait rester parfaitement rangée. Ma chambre devait être entretenue régulièrement : lit fait le matin, vêtements rangés dans l'armoire, bureau dégagé et linge sale placé dans le panier prévu à cet effet. Dans les pièces communes, aucune affaire personnelle ne devait traîner. Madame Bernard avait horreur des chaussures abandonnées dans l'entrée, des manteaux jetés sur les fauteuils ou des assiettes laissées dans l'évier. « Une maison n'est pas un hôtel. Chacun range ce qu'il utilise. » Une fois par semaine, il me fallait participer au ménage des parties communes : aspirateur, poussière et salle de bains.
La salle de bains La salle de bains était partagée. Je devais éviter de monopoliser la pièce le matin et remettre chaque chose à sa place après utilisation. Les serviettes devaient être suspendues correctement et les produits personnels rangés dans son espace.
Les sorties Je ne pouvais pas rentrer après vingt-deux heures et en évitant de faire du bruit bien sûr. Mes amis ne pouvaient pas venir.
Les repas Madame Bernard attachait beaucoup d'importance aux repas, elle souhaitait que le repas soit pris à table et non devant la télévision ou dans la chambre. Comme j'étais très loin de mon père, je pouvais rester le week-end, alors le dimanche midi était presque toujours réservé à un déjeuner plus élaboré. Je suis donc arrivé chez elle avec l'idée de rester discret, de suivre ses règles et de ne surtout pas attirer son attention.
Ma vie affective est probablement le domaine dans lequel je me sens le plus démuni. Je n'ai jamais eu de petite amie. En réalité, je n'ai jamais eu de relation avec qui que ce soit. Je n'ai même jamais vraiment su comment m'y prendre pour approcher quelqu'un qui me plaisait. Quand une fille me parle, même simplement pour me demander quelque chose, je deviens immédiatement maladroit. Je cherche mes mots, je rougis facilement et je finis souvent par répondre quelque chose de complètement banal avant de m'éloigner.
Je peux trouver une fille très jolie, avoir envie de lui parler et passer plusieurs jours à imaginer ce que je pourrais lui dire... sans jamais oser faire le premier pas. Il m'est déjà arrivé qu'une étudiante me sourit ou engage la conversation. Pendant quelques secondes, j'ai eu l'impression qu'elle pouvait être intéressée par moi. Mais au lieu de saisir l'occasion, je me suis refermé. Je me demande toujours ce qu'elle pourrait penser de moi. Alors je ne fais rien.
Je n'ai jamais embrassé quelqu'un. Je n'ai jamais connu les premiers rendez-vous, les messages envoyés tard le soir, les disputes de couple ou simplement cette complicité que semblent avoir les autres jeunes de mon âge. Parfois, cela me pèse énormément. Je vois des étudiants de mon âge plaisanter avec leur copine, se tenir par la main ou parler de leurs histoires sentimentales. J'ai souvent l'impression d'être resté à l'extérieur de quelque chose que tout le monde semble connaître naturellement. Je ne sais même pas vraiment si je suis capable de tomber amoureux. Ce n'est pas que je ne ressens rien.
Tout s'explique peut-être par cette autre partie de moi, celle que je n'ai jamais osé montrer à personne. Je ne sais pas exactement comment la définir. Je sais seulement que certains vêtements féminins m'attirent depuis longtemps et que les porter me procure une sensation difficile à expliquer. D'une part, je crois que c'est pour rester lié au souvenir de ma mère car c'est avec ses affaires que tout a débuté, mais d'autre part, au fil du temps, ce n'est que dans ces moments de travestissement que je peux prendre du plaisir. C'est quelque chose que j'ai toujours gardé secret, personne ne le sait.
Lorsque je suis arrivé chez Madame Bernard, j'avais même pris la décision de ne rien emporter de féminin. Je voulais commencer une nouvelle vie. Venant de quitter mon environnement habituel, je pensais que je pourrais simplement arrêter. Pendant les premiers jours, je n'y ai presque pas pensé. Puis j'ai commencé à remarquer la façon dont Madame Bernard s'habillait. Comme elle travaillait dans un magasin de vêtements pour femmes et possédait forcément beaucoup de vêtements. Elle était toujours impeccablement habillée : robes, jupes, chemisiers, bas, collants, escarpins... Tout était soigneusement rangé dans sa chambre. Au début, je me contentais de regarder.
Je savais que je n'avais absolument aucune raison d'ouvrir son armoire. Ses affaires lui appartenaient et je respectais normalement cette limite. Mais plus les jours passaient, plus le manque devenait difficile à supporter. Un soir, alors qu'elle était sortie, j'ai finalement cédé. J'ai ouvert son armoire et pris une robe.
Je me souviens encore de mon état d'esprit. J'avais le cœur qui battait très fort et je me répétais que je ne faisais rien de grave puisque j'allais tout remettre immédiatement en place. Je l'ai essayée quelques minutes dans ma chambre, puis je l'ai soigneusement rangée exactement comme je l'avais trouvée. Je pensais naïvement que ce serait la première et la dernière fois.
Quelques jours plus tard, j'ai recommencé. Cette fois, j'ai pris une autre robe. Puis, progressivement, j'ai commencé à essayer des jupes et des chemisiers. Après quelque temps, j'ai également commencé à prendre des collants. À chaque fois, je devenais un peu plus audacieux.
Pendant près de deux mois, j'ai continué ainsi, uniquement lorsque je pensais être certain d'être seul. Je faisais extrêmement attention à ne rien déplacer et à remettre chaque chose à sa place. Finalement, j'ai même commencé à essayer certaines pièces plus personnelles, notamment des sous-vêtements. Je savais parfaitement que je dépassais une limite.
Je me sentais coupable, mais en même temps, cette sensation que j'avais connue dans mon enfance me manquait tellement que j'avais de plus en plus de mal à résister. Ce qui avait commencé comme une simple curiosité était devenu une habitude. Et je crois surtout que je m'étais progressivement senti trop en sécurité dans cette maison.
Pendant deux mois, j'avais réussi à conserver mon secret tout en vivant sous le même toit que Madame Bernard. Jusqu'à cet après-midi-là, le mercredi avant les vacances de la Toussaint... Après avoir hésité quelques minutes devant la porte de la chambre de ma logeuse, j'avais finalement ouvert son armoire. Mon choix s'était arrêté sur une robe pull grise toute simple, une paire de collants chair et, après une longue hésitation, avait également pris un ensemble de sous-vêtements en dentelle blanche dans un tiroir. Face au miroir, la robe m'arrivait aux genoux et les collants étaient parfaitement ajustés, une paire de ballerines noires vernies. Je m'admirai jouant avec la robe, passant mes mains sur le nylon si doux des collants.
Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit en claquant, le clac clac de talons sur le carrelage...
— C'est moi, je suis rentrée !
— Oh non...
— Oh non...
À cet instant, j'ai compris que tout ce que j'avais soigneusement caché pendant des années risquait d'être découvert en quelques secondes.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()