Offrande
Chapitre 1 · Une question de confiance
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✦ Haleros Offrande XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Offrande — Chapitre 1 · Une question de confiance

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Haleros
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Offrande

Chapitre 1 · Une question de confiance

Je suis nue devant lui.
C'est étrange comme cette phrase résonne différemment aujourd'hui. On s'est déjà vus nus. On s'est déjà touchés, embrassés, pris. Mais là, il y a autre chose dans l'air, une épaisseur, une gravité douce. Là, j'ai dit oui à quelque chose de plus. J'ai ouvert une porte que je gardais refermée depuis longtemps.
La chambre est tiède. La lumière tamisée dessine des ombres sur sa peau. Il est debout face à moi, nu lui aussi, et il ne bouge pas. Il me regarde. Différemment, sans cette avidité qui prend sans demander. Sans ce regard qui inventorie, qui découpe, qui consomme. Non. Lui, il regarde comme on contemple. Comme si ce qu'il voyait avait de la valeur. Comme si mon corps n'était pas un terrain à conquérir mais un territoire qu'on lui confie.
Mon cœur bat trop vite.
Je repense à l'autre. Celui d'avant. Le premier à qui j'avais dit oui pour ce que je m'apprête à faire. Celui qui avait pris mon abandon pour une permission de détruire. Les mots qui claquent, pas ceux qui font monter le désir, non, ceux qui rabaissent, qui salissent, qui réduisent. Petite pute. Tu aimes ça hein. T'es qu'une chienne que je vais baiser comme telle. Et moi à genoux, pas parce que j'avais choisi d'y être mais parce qu'il m'y avait mise, et la différence est immense, la différence est tout. J'avais voulu m'offrir. Il avait voulu prendre. Ce n'est pas la même chose. Ce n'est jamais la même chose.
J'avais mis du temps à comprendre que le problème n'était pas mon désir. Le problème n'était pas de vouloir être attachée, guidée, tenue. Le problème c'était lui. Le problème c'est toujours celui qui reçoit le don de l'autre et ce qu'il en fait.
Alors pourquoi est-ce que je suis là, nue, le ventre noué, prête à recommencer ?
Parce que lui, c'est lui.
Parce que depuis le début il y a cette chose dans sa façon d'être avec moi. Cette autorité qui n'écrase pas. Cette main ferme qui ne serre jamais trop. Il dirige, oui. Il guide, oui. Mais il y a toujours cette attention, ce fil invisible entre nous. Cette façon qu'il a de vérifier sans même poser la question, juste dans un regard, juste dans une pause, que je suis là, que je suis bien, que je veux.
Je sais ce que je veux. Je l'ai toujours su. Je veux m'abandonner. Me donner tout entière le temps d'un moment et sentir que celui qui me reçoit me porte au lieu de me rabaisser. Je veux être poussée au-delà de ce que je connais. Par quelqu'un qui sait où il m'emmène. Je veux des mains qui tiennent, pas des mains qui prennent. Je veux qu'on me fasse perdre le contrôle sans jamais perdre le respect.
Et je crois que c'est lui.
Je crois. Ce verbe me terrifie autant qu'il m'exalte.
Il s'approche. Un pas. Juste un. Sa main se lève, et vient se poser sur ma joue. Chaude. Large. Je ferme les yeux un instant. Je sens tout mon corps exhaler quelque chose, une tension, une attente.
— Vous êtes prête ?
Sa voix. Ce calme. Cette voix qui ne tremble pas, qui ne presse pas, qui ouvre un espace où ma réponse peut exister librement.
Je hoche la tête.
— Dites-le.
— Oui. Je suis prête.
Il me regarde encore un instant. Ses yeux dans les miens. Il cherche quelque chose, la vérité peut-être, la confirmation que mon oui est un vrai oui, pas un oui de peur ou de complaisance. Il doit trouver ce qu'il cherche parce qu'il hoche la tête à son tour.
— Nous allons commencer doucement. Je vais monter en intensité, peu à peu. Rien ne se fera sans que vous le vouliez. Et si à n'importe quel moment vous voulez que j'arrête, je m'arrête. Immédiatement. Sans question. Sans reproche.
Il vérifie le mot. Celui de la sécurité. Je le répète. Il acquiesce.
— Bien.
Il disparaît un instant de mon champ de vision et revient avec deux choses dans les mains. Un lien, une sorte de corde longue et souple. Et un bandeau de tissu noir.
— Les poignets d'abord.
Il prend mes mains. Ses gestes sont précis, sans hésitation, mais lents. Il enroule la corde autour de mes poignets, l'un contre l'autre. Serre. Pas trop. Juste assez pour que je sente la contrainte sans que ça morde. Il vérifie que ce n'est pas trop serré, que ça ne bloque par ma circulation.
La corde est rêche contre ma peau. Je tire un peu, par réflexe. Ça tient. Mon cœur accélère. Quelque chose change dans mon corps, une bascule subtile. Mes mains ne m'appartiennent plus tout à fait. C'est vertigineux. C'est exactement ce que je voulais.
— Maintenant les yeux.
Il passe derrière moi. Je sens sa chaleur dans mon dos, son souffle sur ma nuque. Le tissu glisse sur mon front, descend sur mes paupières. Le monde disparaît.
Noir.
Tout bascule.
Sans la vue, tout le reste explose. Sa respiration derrière moi, ample, maîtrisée. L'odeur de sa peau, chaude, un peu boisée, familière. L'air de la chambre sur mes seins, sur mon ventre, entre mes cuisses. Chaque centimètre de peau devient une antenne. Je suis nue et aveugle et les mains liées. Je devrais avoir peur, je devrais sentir la panique monter, mais ce que je sens c'est autre chose. C'est une attente immense. C'est mon corps entier qui écoute.
— Je suis là.
Sa voix, juste derrière mon oreille. Un ancrage. Un repère dans le noir.
Sa main se pose sur mon épaule et me guide. Je sens le bord du lit contre mes genoux. Il m'aide à m'allonger. Le drap est frais sous moi. Il prend mes bras, les étire devant moi vers la tête de lit. J'entends un bruit léger, le lien qu'il attache. Mes mains sont reliées à quelque chose de solide. Je tire. Ça tient.
Je suis allongée, les bras devant moi, reliée à la tête de lit, les yeux dans le noir.
Je suis à lui.
Non. Je me prête à lui. La nuance est tout. Et le fait même que cette nuance existe dans ma tête à cet instant me dit que j'ai raison d'être là, que je sais encore qui je suis, que l'abandon n'est pas la disparition.
Ses mains se posent sur mes chevilles. Je sursaute. Je ne l'ai pas entendu bouger. Il remonte le long de mes mollets, lentement, la paume ouverte, une caresse large et chaude. Il prend son temps. Mes mollets, l'arrière de mes genoux, ce creux si sensible où je frissonne malgré moi. Puis mes cuisses, l'extérieur d'abord, sans aller plus haut, sans aller plus loin. Juste la peau. Juste la douceur.
Ses mains remontent sur mes hanches, ma taille, le creux de mes reins. Il dessine mon corps du bout des doigts comme s'il le lisait.
— Je vais prendre mon temps. Profiter de chaque parcelle de vous. Vous n'avez rien faire d'autre à faire que ressentir.
Sa voix est une caresse de plus. Je frissonne.
Mon dos, mes omoplates, ma nuque. Je sens sa bouche déposer un baiser à la base de mon cou. Un seul. Léger. Une promesse.
Puis il redescend. Les flancs, les côtes, le ventre. Il me retourne doucement sur le dos. Mes bras se croisent un peu au-dessus de ma tête, le lien pivote sur la tête de lit. Ses mains reprennent leur exploration. Mon ventre, mes hanches, l'intérieur de mes bras, mes poignets au-dessus du lien, mes doigts qu'il effleure. Puis il descend sur ma poitrine. Il contourne mes seins d'abord, dessine leur galbe sans les toucher vraiment, et mon dos s'arque malgré moi vers ses mains, je les cherche, je veux plus.
— Regardez-vous. Votre corps a déjà hâte alors que je n'ai encore quasiment rien fait.
Un silence.
— Patience. Nous avons le temps.
Ce mot. Dit comme ça, avec ce sourire que j'entends sans le voir.
Ses pouces passent enfin sur mes mamelons. Une décharge me traverse. Je gémis. Il recommence, lentement, en cercles, et mes tétons durcissent sous ses doigts et je tire sur mes liens parce que j'ai envie de le toucher, de le tirer vers moi. Mais je ne peux pas, et cette impossibilité même est un plaisir que je ne soupçonnais pas.
Ses mains descendent. Mon ventre se contracte d'anticipation. Il passe sur mon bas-ventre, mes hanches, l'intérieur de mes cuisses. Il les écarte doucement. L'air sur mon sexe. Je suis exposée et je ne vois rien et lui, il peut tout voir.
Silence. Long. Il regarde. Je le sais. Je sens son regard comme une chose physique, un poids chaud entre mes cuisses. Mon ventre se contracte. L'attente est insoutenable.
— Vous êtes magnifique. Vous êtes trempée, déjà. Rien que de mes mains sur vous.
Entendre le mot dans sa bouche, dit comme ça, sans vulgarité, juste un constat, cru et tendre en même temps, ça m'envoie une décharge dans le ventre.
— Je me demande dans quel état vous allez être quand j'en aurai fini avec vous.
Sa voix est plus basse. Plus dense. Quelque chose a changé dans son timbre aussi. Savoir qu'il me désire, que ce n'est pas un jeu à sens unique, que mon corps lui fait cet effet, ça m'embrase.
Ses doigts effleurent mon sexe. À peine. Un frôlement. Je cambre. Il recommence. Lentement. Il suit les contours, les lèvres, à peine plus qu'un souffle de peau sur ma peau. C'est une torture exquise. Je suis trempée, je le sais, il le sait, et il prend tout son temps.
— Vous êtes déjà tellement mouillée.
Un doigt glisse entre mes lèvres, lentement, de bas en haut. Le son que je fais n'est même pas un gémissement. C'est quelque chose de plus profond, de plus primitif.
— C'est beau.
Il me retourne à nouveau, me positionne. À quatre pattes. Mes bras devant moi, le lien tiré vers la tête de lit, la tête posée sur le matelas, les reins cambrés, offerte. Je suis dans la position la plus vulnérable de ma vie et je me sens en sécurité. C'est un paradoxe que seule la confiance rend possible.
Je sens son souffle sur l'arrière de mes cuisses. Puis plus bas. Plus près. Il s'arrête. Son souffle, juste son souffle, directement sur mon sexe. Chaud. Régulier. Il ne me touche pas. Il respire mon odeur.
— Vous sentez tellement bon.
Un silence. Son souffle encore. Je serre les draps. Chaque seconde d'attente est une éternité.
— Je vais vous déguster.
Sa bouche se pose sur moi.
Sa langue.
Chaude, lente, large, elle me parcourt tout entière, de bas en haut. Elle s'attarde, elle explore, elle goûte. Mes doigts agrippent le drap. Je pousse un cri étouffé contre le matelas. Il recommence. Sa langue sur mon sexe, à plat d'abord puis plus précise. Elle trouve mon clitoris et joue avec, tourne autour, appuie, relâche. Je ne contrôle plus rien, mes hanches bougent seules, poussent vers sa bouche. Il me laisse faire, il m'accompagne, ses mains sur mes cuisses pour me maintenir ouverte.
Il accélère. Ralentit. Accélère encore. Il lit mon corps mieux que moi.
— Vous avez un goût incroyable. Je pourrais rester là des heures.
Sa voix vibre contre mon sexe. Le son autant que le sens des mots. Je gémis. Mes cuisses tremblent autour de sa tête.
— Laissez-vous aller. Donnez-moi tout. Je veux vous sentir jouir sur ma bouche.
Chaque gémissement est une indication qu'il capte et utilise, chaque cambrement, chaque frisson. Sa langue insiste maintenant, un rythme précis, soutenu. La vague monte en moi, monte depuis le fond de mon ventre, irrésistible.
Je jouis.
Fort. Long. Tout mon corps se tend et tremble. Je crie dans le matelas. Ses mains tiennent mes cuisses. Sa bouche reste sur moi, plus douce maintenant, qui m'accompagne dans la descente, qui ne lâche pas mais qui ralentit, qui berce.
Je retombe. Haletante. Le cœur partout dans mon corps.
Il se redresse. Je sens sa main dans mes cheveux, une caresse lente.
— Respirez. Prenez votre temps.
Je respire. Mon corps vibre encore. Des répliques de plaisir traversent mon ventre par vagues décroissantes. Je me sens liquide, fondue, et en même temps tellement vivante, chaque nerf à vif, chaque pore ouvert.
Un silence. Un vrai silence, pas un vide, un espace. Il me laisse revenir.
Puis sa voix.
Sa main remonte sur mes fesses. Caresse. Possessive. Lente.
— Maintenant je vais vous fesser. Je sais que vous en avez envie. Je le sens dans la façon dont votre corps vibre sous mes mains.
Mon ventre se contracte. Il a raison. Mon corps me trahit. Ou plutôt il dit la vérité que je n'ose pas formuler.
— Votre peau va chauffer. Devenir plus rouge. À chaque fois que ma main va frapper, vous allez sentir votre sexe pulser un peu plus fort.
Mon ventre se contracte. D'anticipation, pas de peur. J'ai voulu ça. J'ai rêvé de ça. Et le fait qu'il l'annonce, qu'il ne me prenne pas par surprise, c'est ce dont j'ai besoin.
— Je commence doucement.
Sa main se pose sur ma fesse gauche. Chaude. Il caresse d'abord. Un cercle lent. Puis il lève la main et la première claque tombe.
Légère. Presque tendre. Un bruit mat, à peine une morsure.
La deuxième, un peu plus forte. La troisième aussi.
Il alterne, gauche, droite, un rythme régulier. Chaque claque est un cran au-dessus de la précédente. Ma peau chauffe. La brûlure se mêle à l'excitation qui n'est jamais vraiment redescendue. Je sens mon sexe pulser à chaque impact.
Plus fort.
Encore.
La douleur arrive, vive, franche. Au lieu de me crisper elle m'ouvre. C'est comme si chaque claque déverrouillait quelque chose en moi, une couche de contrôle qui saute, un mur qui tombe.
Plus fort encore.
— Pas plus.
C'est moi qui le dit. Ma voix est rauque, méconnaissable. Il maintient exactement cette intensité. Pas un gramme de plus. Précis. Je réalise à quel point il maîtrise À quel point chaque montée était calibrée, mesurée. Cette maîtrise même m'excite autant que les coups.
Il continue. Le rythme est soutenu, régulier, et puis sans prévenir sa main quitte ma fesse et glisse entre mes cuisses. Ses doigts sur mon sexe gonflé, trempé. Il caresse, frotte, trouve mon clitoris et appuie.
Je gémis.
Sa main repart. Claque. Deux, trois, quatre fois. Puis revient entre mes cuisses. Caresse. Glisse un doigt en moi. Ressort. Claque à nouveau.
Il alterne.
Fessée. Caresse. Fessée. Caresse.
— Sentez comme vous êtes davantage mouillée à chaque fois que je vous frappe. Sentez ce que cela vous fait.
Ses doigts glissent entre mes lèvres pour me le prouver. Reviennent sur ma fesse. Claque.
— Votre corps ne ment pas. Il me dit oui, à chaque fois.
Claque. C'est vrai. C'est vrai et c'est vertigineux. Mon corps ne sait plus, ne distingue plus, la douleur et le plaisir fusionnent en une seule sensation immense qui me submerge. Je suis au bord, au bord de tout, mon corps entier tendu comme un arc.
— Ne jouissez pas.
Sa voix. Tranchante. Calme. Un ordre.
— Votre plaisir m'appartient. Vous jouirez quand je vous le dirai, pas avant. C'est clair ?
— Oui...
— Bien. Maintenant retenez-vous. Montrez-moi comme vous êtes forte.
Ses doigts sur mon clitoris. Précis, insistants.
Claque. Je gémis, de plus en plus.
— Vous m'entendez ?
— Oui...
— Retenez-vous.
Ses doigts jouent avec moi, tournent, appuient. Chaque fessée envoie une onde de choc qui se propage jusqu'à mon sexe. C'est impossible, c'est de la torture pure de me retenir. Je tremble, je mords le drap, mes poignets tirent sur le lien.
— S'il vous plaît...
— Pas encore.
Claque. Caresse. Claque.
— S'il vous plaît... Je ne peux plus...
— Vous pouvez. Vous êtes plus forte que vous ne le croyez. Encore un peu.
Ses doigts glissent en moi, deux doigts, profonds. Son pouce sur mon clitoris. Sa main qui claque encore et c'est trop, c'est beaucoup trop, tout mon corps supplie.
— S'il vous plaît... S'il vous plaît...
— S'il vous plaît quoi ?
— S'il vous plaît laissez-moi jouir...
— Dites-le encore.
— S'il vous plaît... Je vous en supplie...
— C'est beau quand vous suppliez. Encore un peu. Pour moi.
— S'il vous plaît, faites-moi jouir...
Un silence. Mes cuisses tremblent. Mon sexe bat comme un deuxième cœur.
Ses doigts se retirent.
Et sans que je m'y attende, d'un seul coup, il est en moi.
Tout entier. Jusqu'au fond. Un seul mouvement, ample, profond, qui me remplit d'un coup et m'arrache un cri. Je sens son membre m'écarter, me remplir, toucher ce point au fond de moi qui envoie des éclairs dans tout mon ventre. Ses mains agrippent mes hanches, me maintiennent plaquée contre lui. Il ne bouge pas. Il reste là, enfoncé jusqu'à la garde. Je le sens pulser en moi. Ou c'est moi qui pulse autour de lui. Je ne sais plus.
— Sentez-moi. Là. Au fond de vous. Tout entier.
Sa main claque sur ma fesse.
— Maintenant. Venez pour moi. Jouissez sur moi.
Fessée, encore.
Je jouis.
Instantanément. Violemment. Sans qu'il ait fait un seul va-et-vient. Juste lui en moi, sa voix et sa main. Mon corps explose, se contracte autour de lui. L'orgasme me traverse comme une vague gigantesque. Je crie. Je crie sans retenue, le visage dans le matelas, les poignets tirés sur le lien. Ça dure, ça dure, mon sexe se serre sur lui par spasmes. Il reste là, ancré en moi, sa main sur ma hanche maintenant, ferme, qui me tient pendant que je m'effondre.
Longtemps.
Très longtemps.
Quand ça finit je ne suis plus rien. Je suis fondue. Dissoute. Mon corps n'est plus qu'un battement de cœur.
Il se retire lentement. Je gémis à son absence.
J'entends ses gestes. Le lien qui me relie à la tête de lit se détache. Mes bras retombent. Mes poignets sont toujours liés, mes yeux toujours bandés. Je suis dans le noir et je flotte.
Ses mains me guident. Doucement. Il m'allonge sur le dos. Puis il me déplace vers le bord du lit.
— Maintenant c'est votre bouche que je veux, murmure-t-il. Je vais baiser votre bouche qui me supplie si bien.
Ma tête bascule en arrière, dans le vide, soutenue un instant par sa main puis relâchée. Le sang afflue, une légère vertige. Je sens sa présence devant mon visage renversé. Sa chaleur. Son odeur plus forte ici, musquée, mâle, mêlée à la mienne.
— Ouvrez la bouche.
J'obéis. Sa peau contre mes lèvres. Ses testicules d'abord, lourds, chauds. Ma langue les trouve, les goûte. Salé, intime. Je lèche lentement, le dessous, le pli, la base de son sexe. Il est dur. Dur pour moi. Un son grave sort de sa poitrine, à peine un grondement. Ce son est une récompense, savoir que je lui fais ça, que mon abandon le rend fou.
Ma langue remonte le long de son sexe. La veine en dessous, le frein, le gland. Il est tendu, palpitant. Je l'accueille entre mes lèvres.
— C'est bien. Exactement comme ça. Prenez-moi.
Il avance. Progressivement.
— Vous sentez votre goût sur moi ? Je suis encore couvert de vous.
Oui. Je me goûte sur son sexe. Mon excitation, son excitation, mélangées. Intime. Parfait.
Il entre dans ma bouche. La position renversée ouvre ma gorge, change l'angle habituel. Il glisse plus loin que d'habitude. Je respire par le nez. Il s'arrête.
— Je continue ?
Je gémis autour de lui. Oui.
Il commence à bouger. Des mouvements lents, mesurés. Il me baise la bouche. C'est à la fois cru et intime. Je me sens puissante dans ma soumission, puissante de pouvoir lui donner ça, de le sentir trembler de retenue.
— Vous me prenez tellement bien.
Il accélère un peu. Sa main se pose sur ma gorge, légèrement, il sent son propre sexe à travers ma peau et ce geste me fait gémir.
— Je vais aller plus loin. Prendre votre gorge.
Je le libère un instant. Un filet de salive relie mes lèvres à son sexe. Je halète.
— Oui. Donnez-moi tout.
— Frappez le matelas du pied si c'est trop.
Puis sa voix descend encore d'un cran, presque un murmure.
— Vous êtes incroyable. Vous le savez ça ?
Il revient. Plus profond. Ma gorge s'ouvre pour lui, et c'est étrange et intense. Un peu trop, mes yeux s'embuent sous le bandeau, mais c'est bon. C'est ce trop qui bascule du bon côté, ce trop qui est encore du plaisir.
Il s'enfonce. Gorge profonde. Mon nez contre ses testicules. Il reste un instant puis se retire et je prends une grande inspiration.
— Respirez.
Je respire. Il me laisse le temps. Puis Il se penche au-dessus de moi. Je sens ses mains se poser sur mes seins.
— Vos seins. Depuis le début j'ai envie. De les prendre. De les presser. De jouer avec jusqu'à ce que vous perdiez la tête.
Il les prend en coupe, les soupèse, les presse. Puis ses doigts trouvent mes mamelons, encore durs, encore sensibles. Il pétrit, malaxe. C'est bon, profond. Il tire dessus. Le plaisir s'aiguise, flirte avec la douleur.
Il tire plus fort. Vrille.
La douleur mord.
— Non... Là c'est trop. Progressivement... Je vous dis quand c'est ma limite.
Il relâche immédiatement. Revient en douceur, des cercles légers, puis augmente la pression graduellement. Il pince. Tire un peu. Un peu plus.
— Là ?
— Encore un peu.
Il ajuste.
— Là, c'est la limite.
— Bien. Là. Je reste là.
Un silence. Ses doigts oeuvrent au seuil exact.
— C'est beau de voir votre corps réagir. Vous n'avez aucune idée de ce que vous me faites.
Il joue avec mes seins exactement à ce seuil. Ce fil tendu entre la douleur et le plaisir où chaque sensation est décuplée, où mon dos s'arque et où des sons sortent de ma bouche que je ne contrôle pas. Il connaît la frontière maintenant, il la longe sans jamais la franchir, et cette précision m'affole.
Il reprend ma bouche. Plus profond. Plus rythmé. Il alterne : quelques poussées au fond de ma gorge, puis il se retire, se penche, joue avec mes seins. Ma bouche, mes seins, ma bouche, mes seins. Je suis un instrument dont il joue, un instrument qui vibre et gémit. Chaque corde qu'il touche résonne dans tout mon corps.
Puis je sens sa main descendre.
Quitter mes seins. Glisser sur mon ventre. Plus bas.
Son doigt se pose sur mon clitoris et je sursaute. Tout est tellement sensible après les deux orgasmes, tellement à vif. Il frotte. Doucement d'abord. Des cercles. Puis il presse. Fait rouler sous son doigt. Relâche. Recommence.
— Vous êtes tellement gonflée. Tellement sensible.
Sa voix est rauque maintenant. Sa maîtrise est toujours là mais j'entends l'effort qu'elle lui coûte, j'entends son désir qui pousse dessous, et ça m'excite violemment.
— Je vais vous fesser. Entre vos cuisses. Vous allez adorer.
Sa main frappe à plat sur mon sexe.
Je crie. Ce n'est pas de douleur. C'est une décharge électrique pure qui irradie depuis mon sexe jusqu'au bout de mes doigts.
— Encore ?
— Encore...
— Demandez-moi.
— Encore... S'il vous plaît...
— Puisque vous demandez si bien.
Claque.
Il recommence. Claque. La main à plat sur ma chatte trempée. Le bruit obscène. La sensation insensée.
— Encore...
— Gourmande.
Je l'entends sourire.
Claque. Puis ses doigts reprennent, frottent, jouent, pressent. Une main sur mon sein, l'autre sur mon clitoris. Il pince mon mamelon au moment exact où il presse mon clitoris. Les deux sensations se percutent en moi et créent quelque chose de nouveau, de dévastateur.
Il joue. Il alterne. Seins, sexe, claque, caresse. Il me monte progressivement. Je suis au bord pour la troisième fois. Cette fois il ne me dit pas d'attendre, cette fois ses deux mains travaillent ensemble, ma poitrine, mon sexe, et tout converge.
— Ne vous retenez pas. Cette fois, vous me donnez tout. Je veux vous entendre. Je veux vous sentir. Jouissez. Maintenant.
Je jouis sous ses mains.
Différemment des autres fois. Plus profond. Plus long. Comme une marée qui monte, monte et ne redescend pas. Mon corps entier se soulève du lit et tremble. Je sens des larmes couler sous le bandeau, pas de tristesse, pas de douleur, quelque chose d'autre, un trop-plein, un barrage qui lâche. Ses mains restent sur moi, douces maintenant, elles me portent à travers tout ça.
Quand ça reflue, je suis à bout. Vidée. Magnifiquement vidée.
Il se repositionne devant mon visage. Son sexe contre mes lèvres. Dur. Brûlant.
— Encore, votre bouche. Ouvrez.
J'ouvre la bouche. Je le veux. Je veux sentir son plaisir, je veux être celle qui le fait basculer, je veux sa perte de contrôle comme il a eu la mienne. Je veux lui donner ça.
Il entre.
Cette fois je sens qu'il ne se retient plus, ses mouvements sont plus urgents, plus profonds. C'est lui maintenant qui gémit, lui qui perd un peu de cette maîtrise parfaite. Ce lâcher-prise, de sa part, est un cadeau.
Il me baise la bouche. Profond. Ma gorge l'accueille. Ses mains encadrent mon visage avec une douceur qui contraste avec la force de ses poussées et ce contraste me donne le vertige.
Ses mouvements deviennent plus erratiques. Plus urgents. Sa maîtrise se fissure et je sens l'homme dessous, vulnérable dans son plaisir.
— Je vais jouir. Au fond de votre gorge. Prenez tout.
Sa voix est à peine un souffle. Rauque. Grave.
Il s'enfonce une dernière fois, au fond. Je le sens pulser dans ma gorge, se vider en moi par vagues chaudes, et le son qu'il fait est le plus beau son que j'aie entendu aujourd'hui. Un son d'abandon, un son de lâcher-prise. Je prends tout, j'avale tout. C'est un don réciproque, un échange, pas un vol.
Il se retire lentement. Se penche. Embrasse mon front.
Silence.
Juste nos souffles.
Ses mains sur mes poignets. Le lien se défait. Doucement. Il frotte la peau en dessous, des cercles légers avec ses pouces sur les marques roses.
Puis le bandeau. Il le soulève. La lumière revient, tamisée mais presque trop après tout ce noir. Je cligne des yeux. La première chose que je vois c'est son visage. Ses yeux. Ce regard.
Ce regard qui me voit.
Il me rassemble dans ses bras. Me tire vers le centre du lit. M'enveloppe. Sa poitrine contre mon dos. Ses bras autour de moi. Fort. Chaud.
— Vous allez bien ?
Sa voix est revenue à cet endroit calme, cet ancrage. Mais il y a quelque chose de plus maintenant, une tendresse à nu, comme si lui aussi avait enlevé un masque.
— Oui.
C'est tout ce que j'arrive à dire. Oui. Trois lettres et tout est dedans.
Il embrasse ma tempe. Ma joue. L'arrière de mon oreille.
— Vous avez été magnifique. À chaque instant.
Un silence. Sa main dans mes cheveux.
— Vous êtes là ? Avec moi ?
— Je suis là.
— Bien.
Je me retourne dans ses bras. Mon visage contre son cou. Je respire son odeur. Mon corps est lourd et léger en même temps, endolori et apaisé, comme après une course immense, comme après un orage.
Les larmes viennent. Douces. Silencieuses. Il ne dit rien. Il ne demande pas pourquoi. Il sait. Il serre un peu plus fort.
Ce ne sont pas des larmes de tristesse. Ce sont des larmes de soulagement. Parce que c'est possible. Parce que ça existe. Parce que quelqu'un peut prendre ce que vous offrez et le traiter comme un joyau et non comme un dû. Parce que l'abandon n'est pas une faiblesse quand celui qui vous reçoit est à la hauteur.
Il n'a pas pris. J'ai donné. Et il a reçu avec exactement ce que je cherchais depuis si longtemps sans savoir si ça existait.
Du respect. De la maîtrise. De la gourmandise. De l'honneur.
Il a poussé mes limites et s'est arrêté pile là où je lui ai demandé. Il a pris ma bouche, frappé ma peau, tenu mon corps, et à aucun moment, pas une seule seconde, je ne me suis sentie petite. Réduite. Utilisée.
Je me suis sentie immense.
— Merci.
Il sourit contre mes cheveux. Je le sens.
— Merci à vous.
Ses doigts tracent des lignes lentes dans mon dos. Des dessins sans forme. La chambre est silencieuse. Je flotte encore, dans cet espace entre l'éveil et le sommeil, dans cette douceur d'après. Mais quelque chose monte en moi, pas du désir, autre chose. Des mots. Des mots que je n'ai jamais dits à personne parce que je n'avais jamais eu à qui les dire.
— Je ne connais pas mes limites.
Je le dis contre son cou. Voix basse. Comme un secret.
— Ce soir c'est la première fois que quelqu'un… que je me suis sentie assez en sécurité pour chercher où elles sont.
Sa main s'arrête dans mon dos. Pas de surprise. De l'attention. Il écoute avec tout son corps.
— Je vous fais confiance. Plus que je n'ai jamais fait confiance à personne pour ça.
Ma gorge se serre un peu. Ce que je m'apprête à dire est plus nu que tout ce que j'ai vécu cette nuit. Plus exposé que mes poignets liés, que mes yeux bandés, que ma bouche offerte.
— J'ai envie que ce soit vous. Qui me fassiez découvrir. Ce que j'aime. Ce que je n'aime pas. Jusqu'où je peux aller. Il y a des choses que je ne sais même pas encore, des choses que je n'ai jamais osé essayer, ou que j'ai essayées avec les mauvaises personnes et qui ont été gâchées. Je veux les découvrir avec vous. Je veux que vous m'emmeniez là où je ne suis jamais allée.
Un silence. Long. Son cœur bat contre ma joue. Régulier. Il n'a pas accéléré. Il n'a pas ralenti non plus.
Puis ses bras se resserrent autour de moi. Fort. Protecteur.
— Vous avez conscience de ce que vous me proposez ?
Ce n'est pas une question rhétorique. Ce n'est pas de la fausse modestie. Il pèse. Il mesure. Comme il a tout mesuré ce soir, chaque geste, chaque mot, chaque montée en intensité.
— Oui.
— C'est immense. Ce que vous m'offrez là.
Sa voix a changé. Quelque chose de plus grave. De plus doux aussi. Pas la voix de celui qui commande. La voix de celui qui reçoit et qui sait la valeur du don.
— J'en prendrai soin. De cette confiance. De vous. Nous irons à votre rythme. Nous explorerons ensemble. Et tout ce que vous découvrirez que vous n'aimez pas, nous ne le ferons plus. Et tout ce que vous découvrirez que vous aimez…
Il embrasse le sommet de mon crâne.
— … nous le ferons encore. Et encore. Jusqu'à ce que vous connaissiez chaque recoin de vous-même.
Je ferme les yeux. Quelque chose se dénoue dans ma poitrine. Un nœud que je portais depuis si longtemps que j'avais oublié qu'il était là.
C'est ça. Pas un propriétaire. Un guide.
Et moi, pas un objet. Une exploratrice, une complice.
Je me fais une promesse, là, dans ses bras. Je me promets de ne plus jamais confondre la domination et la destruction. De ne plus jamais accepter moins que ça. Moins que cette attention. Moins que cette rigueur. Moins que cette tendresse dans la fermeté.
Je ferme les yeux. Pas de bandeau cette fois. Juste mes paupières. Juste mon choix.
Son cœur bat. Lent. Régulier.
Je suis exactement là où je veux être.
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Frodon
1 octobre 2026 à 13:10
Cher Haleros, vous exprimez la quintessence d’une relation Bdsm réussie et respectueuse. J’apprécie énormément vos histoires. Elles seraient un guide si j’entamais une relation de ce type.
Bien cordialement, un fervent admirateur de votre talent d’écriture.
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mozart
29 septembre 2026 à 20:30
Une belle histoire, bien écrite. Merci Haleros pour le partage.
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Photo de profil de Crabou
Crabou
29 septembre 2026 à 15:03
C'est très beau et c'est comme ça qu'il faut faire découvrir la soumission à quelqu'un.
J'ai eu la chance à mes débuts de les faire à ec une Maîtresse expérimentée qui a su me faire découvrir la jouissance dans la souffrance et l'humiliation en repoussant mes limites à chaque séance
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Frederyc
29 septembre 2026 à 12:16
Oui très beau, et ce n’est que le début du voyage !
Peu d’hommes sont à ce niveau, au delà de la complicité, complémentarité.
L’harmonie de deux êtres.
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Swan75
29 septembre 2026 à 10:45
C'est très beau, merci.
Soyez respectueux
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