Sept jours...
Chapitre 1 · Attente
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Couverture de Sept jours..., par Haleros
Couverture de Sept jours..., par Haleros
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Sept jours... — Chapitre 1 · Attente

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Haleros
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Sept jours...

Chapitre 1 · Attente

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Les deux premiers jours sont faciles.
Étonnamment faciles. Je me réveille le matin après notre après-midi dans l'escalier et je me dis : sept jours sans plaisir. Je peux faire ça. J'ai traversé des semaines entières sans me toucher. Des mois parfois, dans ma vie d'avant, quand le désir s'était éteint de lui-même, quand mon corps avait cessé de demander parce que personne ne répondait. Sept jours ce n'est rien.
Le premier jour passe. Normal. Je travaille. Je mange. Je vis. Le désir est là, bien sûr, en toile de fond, comme un bruit blanc. Mais il ne mord pas. Il rôde. C'est supportable.
Le deuxième jour idem. Je suis fière. Disciplinée. Forte. Comme il a dit. Je tiens ma promesse. Ma parole. Pour lui. Pour moi. Je pense à son visage quand il me reverra et que je pourrai lui dire : j'ai tenu. Sept jours. Pas un orgasme. Pas une caresse. Rien. La fierté dans ses yeux. La confiance honorée.
Facile.
Le troisième jour, quelque chose change.
C'est la douche. L'eau chaude qui coule sur ma peau. Sur mes épaules. Mon dos. Mes seins. Mon ventre. Entre mes cuisses. L'eau qui touche mon sexe. Une caresse liquide. Tiède. Constante. Mon corps réagit avant ma tête. Mes tétons se dressent. Mon clitoris pulse. Une décharge brève. Involontaire.
Je coupe l'eau chaude. Me rince à froid. Frissonne. Sors de la douche en tremblant.
Ça va. Ce n'est rien. Un réflexe. Mon corps qui se rappelle.
Mais tout au long de la journée les sensations persistent. Le tissu de mon soutien-gorge contre mes mamelons. Le jean qui frotte entre mes cuisses quand je marche. Le dossier de ma chaise contre mon dos. Tout devient contact. Tout devient caresse. Mon corps s'est réveillé. Depuis que lui l'a réveillé, depuis le premier soir, chaque terminaison nerveuse est en alerte. Le glaçage que j'avais mis dessus pendant des années, celui qui rendait les semaines de privation faciles, a fondu. Il n'y a plus de glaçage. Plus de protection. Plus d'anesthésie. Je suis nue sous mes vêtements. Pas physiquement. Nerveusement. Chaque frottement est une information. Chaque contact un message.
Le soir dans mon lit je reste sur le dos. Les mains le long du corps. Très droite. Très sage. Je ne me touche pas. Ma main droite veut glisser entre mes cuisses. Je la pose sur mon ventre. Mon ventre est doux. Tiède. Ma main veut descendre. Je la retire. La mets sous l'oreiller.
Je m'endors les poings serrés.
Le quatrième jour est pire.
Bien pire.
Les hommes dans la rue. Je ne les regardais jamais avant. Enfin, pas comme ça. Le livreur qui porte une caisse. Ses bras. Les veines sur ses avant-bras. L'homme en costume qui attend au feu rouge. Ses mains. Larges. Ses doigts qui tiennent son téléphone. Je les imagine sur moi. Sur mes seins. Entre mes cuisses. Le jogger qui passe. Son short. Son corps en sueur. Son souffle. Je l'imagine au-dessus de moi. Son poids. Son odeur.
Je secoue la tête. Marche plus vite. Ça ne s'arrête pas.
La boulangère qui me rend la monnaie. Ses doigts qui effleurent ma paume. Je frissonne. De la boulangère. Je frissonne de la main de la boulangère.
Je deviens folle.
Le soir, mon conjoint vient vers moi. Sa main sur ma hanche dans le lit. Un geste tendre. Familier. Mon corps réagit d'un coup. Violemment. Mon sexe se contracte. Mon ventre se noue. Pas de désir pour lui. Du désir. Tout court. N'importe lequel. Mon corps ne fait plus la distinction.
Il m'embrasse dans le cou. Sa main descend. Mon souffle s'accélère. Si je le laisse faire, si je le laisse me toucher, ses doigts sur mon clitoris, sa bouche peut-être, je vais jouir en quelques minutes. Peut-être moins. Mon corps est un bâton de dynamite. La moindre étincelle.
Je ne peux pas.
Ma promesse. Ma parole. Ses yeux quand il m'a dit : je vous fais confiance.
Je me retourne vers mon conjoint. Souris. L'embrasse. Mes mains sur lui. Sa ceinture. Son pantalon. Je descends sous le drap. Le prends en bouche. Il gémit. Content. Surpris peut-être. Ça fait longtemps.
Ma bouche autour de son sexe. Mes lèvres. Ma langue. Les gestes mécaniques que je connais depuis des années. Et dans ma tête, l'autre. Ses mains. Sa voix. Sa queue. La façon dont il me regarde quand je le prends en gorge profonde. Le goût de son plaisir au fond de ma gorge.
La dissonance est vertigineuse. Mon conjoint gémit au-dessus de moi. Tendre. Doux. Il ne sait rien. Ne soupçonne rien. Pendant que ma bouche le fait jouir, mon esprit est dans une autre chambre. Avec un autre homme. Dans un autre monde.
Il jouit. Je l'avale. Par habitude. Par gentillesse. Par culpabilité peut-être. Non. Pas de culpabilité. C'est le plus troublant. L'absence totale de culpabilité. Ma vie est double. Ma vie a toujours été double. Simplement avant, la deuxième vie n'existait pas encore.
Il veut me rendre la pareille. Sa main entre mes cuisses.
— Pas ce soir. Je suis vraiment fatiguée.
Ma voix est calme. Normale. Alors que chaque fibre de mon corps hurle le contraire. Alors que je suis tellement mouillée que le drap est humide sous mes cuisses. Alors que la simple pression de sa main à travers ma culotte a failli me faire basculer.
— Sûre ?
— Sûre. Dors.
Il se retourne. Tendre. Pas vexé. Sa main sur ma hanche un instant. Puis son souffle qui ralentit. Qui s'alourdit. Il dort.
Moi je ne dors pas. Les yeux au plafond. Mon sexe en feu. Mes mains sagement posées sur mon ventre. Loin. Trop loin de là où elles veulent être.
La promesse. La parole. La confiance.
Je compte les moutons. Je compte les jours. Quatre de passés. Trois encore. Trois éternités.
Le cinquième jour je perds pied.
Le désir n'est plus un bruit de fond. C'est un rugissement. Constant. Assourdissant. Il a colonisé tout. Mes pensées. Mon corps. Mon regard. Mon imagination.
Je regarde mon oreiller et j'imagine le glisser entre mes cuisses. Serrer les jambes. Onduler dessus. Doucement d'abord. Puis plus fort. La pression sur mon clitoris. Le tissu frais contre mon sexe brûlant. Ce serait si facile. Si rapide. Personne ne saurait.
Je repousse l'oreiller.
En marchant dans la rue un platane. Le tronc rugueux. L'écorce. J'imagine m'y adosser. Me frotter contre. La rugosité sur mes fesses. Mon sexe. L'idée est absurde. L'idée est magnifique. L'idée me rend folle.
Un homme dans le métro. Debout. Sa main autour de la barre. Je fixe sa main. Ses doigts. J'imagine ces doigts en moi. Profonds. Sa paume sur mon sexe. Je ne le connais pas. Il a cinquante ans. Un costume gris froissé. Il me regarde lire. Il ne sait pas que dans ma tête il est en train de me baiser contre la porte du wagon.
Une femme. Blonde. Belle. Ses lèvres pleines. Ses mains fines. J'imagine sa bouche sur mon sexe. Sa langue. Ses doigts. Je n'ai jamais désiré de femme. Le désir a dépassé les catégories. Dépassé les genres. Dépassé la raison. Mon corps veut un contact. N'importe lequel. Des mains. Des bouches. Des sexes. N'importe qui. N'importe comment. Pourvu que quelqu'un me touche.
Et lui. Surtout lui. Tout le temps lui. Ses mains qui m'attachent. Sa voix qui ordonne. Sa bouche sur mon sexe. La fessée. La cravache. Sa queue au fond de moi. Dans ma chatte. Dans mon cul. Dans ma gorge. N'importe où. Partout. Tout ce qu'il m'a fait. Tout ce qu'il me fera.
Je brûle.
En début d'après-midi je n'en peux plus. Le téléphone dans ma main. Son numéro. La règle : urgences seulement. Nous l'avons convenue ensemble. Discrétion. Distance. Nous avons chacun une autre vie. Un autre monde. Ce numéro est un fil rouge. Pas un jouet.
C'est une urgence. Mon corps est une urgence.
J'appelle.
Deux sonneries. Sa voix.
— Bonjour.
Calme. Posée. Comme toujours.
— Je n'en peux plus.
Un silence. Bref.
— Dites-moi.
Alors je parle. Tout sort. En vrac. Les mots se bousculent. L'eau de la douche. Les hommes dans la rue. L'oreiller. Le platane. Mon conjoint que j'ai pris en bouche en pensant à lui. La femme blonde. Le métro. Mes mains que je dois retenir de force. Mon sexe qui brûle, qui pulse, qui coule. Les nuits sans sommeil. Le corps entier qui hurle. Cinq jours. Cinq jours seulement et je suis en lambeaux.
Il écoute. Ne m'interrompt pas. Je l'entends respirer. Régulier. Calme. Mon ancre. Même au téléphone. Même à distance.
Quand je m'arrête, essoufflée, au bord des larmes :
— Je comprends. Ce que vous vivez est intense. Votre corps se rappelle tout ce qu'il a découvert. Tout ce plaisir que vous ne connaissiez pas. Il en redemande. C'est normal. C'est sain. C'est la preuve que vous êtes vivante.
Un silence.
— Mais non. Vous ne jouirez pas. Pas aujourd'hui.
— S'il vous plaît…
— Deux jours. C'est tout ce qu'il reste. Vous avez tenu cinq jours. Vous pouvez en tenir deux de plus.
— Laissez-moi jouir. Juste une fois. Pour patienter. Pour éteindre le feu un peu. Je vous en supplie.
— Non.
Un mot. Ni cruel, ni froid. Définitif.
— Vous avez donné votre parole. Je vous ai fait confiance. Cette confiance est la chose la plus précieuse que nous ayons. Vous le savez.
Oui. Je le sais.
— Deux jours. Pour vous. Pour moi. Pour nous. Vous êtes forte. Plus forte que vous ne le croyez. Accueillez le désir. Ne le combattez pas. Laissez-le être là. Il ne vous détruira pas.
Silence.
— À dans deux jours.
Il raccroche.
Le téléphone dans ma main. L'écran noir. Son absence. Plus seule qu'avant l'appel. Le gouffre. Le vide. Mes cuisses serrées l'une contre l'autre. Mon sexe qui bat comme un cœur.
Deux jours.
Le sixième jour je me réveille en sueur.
Le drap collé à ma peau. Mon cœur qui cogne. Mon sexe palpitant. Mouillé. Mon clitoris gonflé. Tendu. Le rêve encore accroché à ma conscience : des images floues, des mains sur moi, sa voix, du plaisir qui montait, montait, montait…
La panique me saisit. Est-ce que j'ai joui ? Dans mon sommeil ? Sans le vouloir ? Est-ce que mon corps m'a trahie ?
Je reste immobile. J'écoute. Mon corps. Les traces. La détente qui suit l'orgasme, cette mollesse, cette paix dans le bassin. Elle n'est pas là. Les muscles de mon périnée sont tendus. Contractés. Mon sexe bat de frustration, pas de soulagement.
Non. Je n'ai pas joui.
La promesse est tenue. Pour l'instant.
Je me lève. Mes jambes tremblent. Pas de fatigue. De désir accumulé. Six couches de désir superposées. Six jours de plaisir refusé qui pèsent dans mon bassin comme du plomb fondu.
La journée est un brouillard. Je fonctionne. Mécaniquement. Je parle aux gens. Je réponds aux mails. Je mange. Mais en dessous, en permanence, le battement sourd de mon sexe. Chaque mouvement est une friction. Chaque pensée une dérive. Le monde entier est érotique. La courbe d'un vase sur une étagère. Le goulot d'une bouteille. Le bruit de l'eau qui coule. Le vent sous ma jupe. Je suis un nerf à vif. Un fil tendu entre deux points qui va casser.
Le soir je me couche sur le ventre. C'est une erreur. La pression du matelas contre mon sexe. Je me retourne sur le dos. La couverture glisse entre mes cuisses. Je la repousse. Dors sans couverture. Les mains loin de mon corps. Comme une prisonnière qui s'attache elle-même.
Demain. Demain !
Le septième jour.
Je me réveille tôt. Trop tôt. La lumière est grise. L'aube à peine. Mon corps est en feu. Sept jours de désir accumulé. Sept couches de lave. Je ne sais plus ce que c'est de ne pas avoir envie. Je ne me souviens plus d'un monde où mon sexe ne bat pas à chaque seconde. Où mes seins ne sont pas tendus. Où ma peau ne supplie pas.
Je le retrouve en début d'après-midi. Des heures à traverser. Des heures de trop.
Je me douche. À froid. Entièrement. Je grince des dents sous le jet glacé. Mon corps se crispe. Frissonne. Ça calme le feu pendant vingt minutes. Puis il revient. Plus fort.
Je m'habille. Me maquille. Gestes automatiques. Mes mains tremblent. Je laisse tomber le mascara. Le ramasse. Le repose. Mes yeux dans le miroir. Cernés. Fiévreux. Je ne me reconnais pas. Cette femme dévorée de l'intérieur.
Quand c'est l'heure enfin, en début d'après-midi : le trajet. Le métro. Les gens. Chaque corps une tentation. Chaque regard un danger. Je serre les poings dans mes poches. Compte les stations.
L'immeuble. La porte. Le code. Le hall. L'escalier. Chaque marche une pensée. Ses mains sur moi. Sa bouche. Sa queue. La cravache. La corde. N'importe quoi. Tout. Pourvu que ça arrive. Pourvu que ça arrive vite.
Devant la porte je m'arrête. Mon souffle est court. Ce n'est pas l'essoufflement de l'escalier. C'est l'excitation. Pure. Démesurée. Tellement intense que j'ai l'impression que si la porte s'ouvre et qu'il me regarde et qu'il me dit jouissez, je vais jouir. Debout. Sans qu'il me touche. Juste sa voix.
La porte s'ouvre.
Il est là.
Il a à peine refermé la porte que je tombe à genoux devant lui. Sans qu'il ait rien dit. Sans qu'il ait rien demandé. Je n'ai pas réfléchi. Mon corps a décidé. Mes genoux sur le parquet. Mes mains sur ses cuisses. Mon visage levé vers lui. Suppliante.
— S'il vous plaît…
Mes mains sur sa ceinture. Sa braguette. Je veux le prendre en bouche. Le rendre dur. Qu'il me prenne là, dans l'entrée, contre le mur, par terre, sur le sol, n'importe comment. La chambre est à quelques mètres. Quelques mètres de trop.
Ma main sur son sexe à travers le pantalon. Il n'est pas encore dur. Pas encore. Mais je le sens. Chaud. Dense. Qui va gonfler sous mes doigts. Sous ma bouche.
Il me regarde. De haut. Un sourire. Touché. Amusé. Ferme. Les trois en même temps.
— Qu'est-ce que vous faites ?
— J'ai tellement envie. Tellement. S'il vous plaît. Laissez-moi vous prendre en bouche. Laissez-moi…
Sa main dans mes cheveux. Douce. Mais elle ne m'attire pas vers lui. Elle me tient.
— Relevez-vous.
— S'il vous plaît…
— Relevez-vous.
La voix. L'ancre. Le ton qui ne négocie pas.
Je me relève. Les jambes tremblantes. Les yeux humides. Le corps entier vibrant d'urgence.
Il me prend par la main. M'emmène dans la chambre. Calme. Posé. Chacun de ses pas mesuré. Chacun des miens précipité.
— Déshabillez-vous.
Mes vêtements volent. Mon pull arraché par-dessus ma tête. Mon soutien-gorge dégrafé d'un geste. Ma jupe qui tombe. Ma culotte que je fais glisser si vite que je manque de trébucher. Tout jeté à travers la pièce. N'importe où. L'impatience incarnée.
Je suis nue devant lui. Haletante. Chaque cellule de mon corps hurlante. Chaque centimètre de peau mendiant un contact.
— Tendez les bras.
Il prend la corde en jute. La même corde. La reconnaître me fait frissonner. Il attache mes poignets. Les nœuds. Les boucles. Le frottement de la fibre sur ma peau. Je gémis. Rien que ça. Rien que le contact de la corde sur mes poignets. Mon corps est tellement affamé que la rugosité de la jute est un festin.
Il me guide vers la porte de la chambre. Me retourne. Mon dos contre le bois. Lève mes bras. Fixe la barre. Comme la fois de la cravache. La même position. Les bras au-dessus de la tête. Le corps étiré. Nu. Offert.
Il s'écarte.
Je le regarde. Débordante d'impatience. Mon sexe qui coule le long de mes cuisses. Mes seins tendus. Mes tétons durs. Prête. Plus que prête. Désespérée.
Il s'assoit sur le lit.
Sort un livre de la table de nuit.
L'ouvre.
— Trente minutes. Le temps de vous calmer.
Le monde s'effondre.
— Quoi ?
— Trente minutes. En silence. Pas un mot. Sinon je vous bâillonne.
Il ne plaisante pas. Je le vois dans ses yeux. Dans la ligne de sa mâchoire. Il ne plaisante pas du tout.
— Vous ne pouvez pas…
Il lève les yeux du livre. Me regarde. Un regard qui dit : pas un mot de plus.
Je me tais.
Il baisse les yeux. Commence à lire.
Le silence.
Les premières minutes sont de la rage pure. De la frustration. De l'incompréhension. Sept jours de privation. Sept jours de torture. Et quand enfin je suis là, nue, attachée, prête, offerte, il lit. Il lit un livre. Assis sur le lit. Habillé. Tandis que je brûle contre cette porte.
Je tire sur mes liens. Mes poignets mordent la corde. Mes pieds frappent le sol. Mon corps se tord. Il ne lève pas les yeux. Tourne une page. Une page.
Les larmes montent. De colère. De frustration. D'impuissance.
Puis quelque chose se passe.
Lentement. Par degrés. La rage s'épuise. La frustration s'use contre le mur de son indifférence apparente. Et dans l'espace que la rage libère en se retirant, quelque chose d'autre s'installe. La conscience. Mon corps. Pas le désir, il est là, il rugit toujours, mais la conscience de mon corps au-delà du désir. La corde sur mes poignets. La traction dans mes épaules. Le bois de la porte dans mon dos. L'air sur ma peau nue. Mon souffle. Mon cœur.
Le silence entre dans moi.
Un silence profond. Celui de la présence. Je suis là. Dans mon corps. Attachée à cette porte. Nue. Vulnérable. Le désir rugit toujours. Mais je ne me bats plus contre. Je le laisse être là. Comme il m'a appris. Comme la voix intérieure au café. Je l'entends. Je l'accueille. Je ne le combats plus.
Les minutes passent. Je ne les compte plus. Mon corps se calme. Non, mon corps ne se calme pas. Mon esprit se calme. Le corps reste en feu. Mais l'agitation, le chaos, le bruit de la semaine, ça s'apaise. Le désir reste. Immense. Mais propre. Pur. Débarrassé de la panique.
Le mot de sécurité me traverse l'esprit. Je pourrais le dire. Mais pourquoi ? Il ne me fait rien. C'est justement ce qui me torture. Le rien. L'absence. Le vide. Je veux tout, ses mains, sa bouche, sa queue, des claques, n'importe quoi, plutôt que ce rien. Mais le rien n'est pas dangereux. Le rien n'est pas une limite. Le rien est un choix. Son choix. Qui sert mon chemin.
À un moment je le vois lever les yeux de son livre. Furtivement. Son regard sur mon corps. Sur mes seins. Mon ventre. Mon sexe. Il me regarde une seconde. Deux. Puis revient à sa page. L'ombre d'un sourire au coin de ses lèvres. Il aime ce qu'il voit. Il savoure. Mais il ne le montre pas. Il repart dans sa lecture. Me laisse dans mon silence.
Les minutes coulent. Lentes. Épaisses. Comme du miel.
Il regarde sa montre. Lève les yeux vers moi.
— Encore cinq minutes. Vous êtes belle. Vous êtes forte.
C'est comme donner à boire à quelqu'un dans le désert. Ses mots entrent en moi. Se répandent. Je les bois. Je me redresse contre la porte. Mes épaules en arrière. Mon menton levé. Oui. Je suis forte. J'ai tenu sept jours. Je tiendrai ces cinq minutes. Pour moi. Pour lui. Pour la fierté dans ses yeux. Pour la confiance honorée.
Cinq minutes.
Je les traverse debout. Nue. Calme. Brûlante. Prête.
Il pose le livre. Se lève. S'approche de moi. Ses mains sur la barre. Il me détache de la porte. Mes bras retombent. Mes épaules crient de soulagement. Mes poignets sont toujours liés.
Il me prend par les poignets. Me guide vers le lit. Avec douceur. Me couche sur le dos. Prend mes bras. Les étire au-dessus de ma tête. Fixe la corde à la tête de lit. Je suis allongée. Les bras attachés.
Puis ses mains sur mes chevilles. Il les écarte. Lentement. Mes cuisses s'ouvrent. Il prend d'autres liens, quand les a-t-il préparés ? Il relie chaque cheville à un pied du lit. Mes jambes écartées. Ouvertes. Maintenues.
Je suis en croix sur ce lit. Bras attachés au-dessus. Jambes attachées en bas. Ouverte. Exposée. Chaque partie de moi accessible. Chaque partie de moi offerte. Mon sexe. Mes seins. Mon ventre. Tout.
Puis le bandeau. Le tissu sur mes yeux. Le noir. Le monde qui disparaît.
Comme la première fois. Ce même bandeau sur ces mêmes yeux. Mais ces yeux ont vu tellement de choses depuis. La cravache. L'escalier. L'homme au café. Son visage quand il jouit. Ces yeux ont vu l'autre côté. Le bandeau les referme. Me ramène à l'essentiel. La peau. Le souffle. L'attente.
L'attente.
Le silence.
Où est-il ? Je ne l'entends pas. Pas de pas. Pas de souffle. Rien. Le silence de la chambre. Mon cœur qui cogne. Mon sexe qui pulse. Mes poignets dans la corde. Mes chevilles tirées vers les coins du lit.
L'attente.
Encore.
Puis un contact.
Infime. Si léger que je ne suis pas sûre de l'avoir senti. Sur mon bras. L'intérieur de mon bras. Quelque chose qui effleure ma peau. Frôle. Glisse. Doux. Aérien. Pas un doigt. Pas une bouche. Autre chose. Plus fin. Plus délicat.
Une plume.
Le soulagement m'inonde. Enfin. Enfin un contact. Après la semaine. Après les trente minutes. Enfin quelque chose sur ma peau. Mes yeux se mouillent sous le bandeau. De gratitude. De soulagement pur.
La plume descend le long de mon bras. L'intérieur. La peau fine du coude. Le poignet au-dessus de la corde. Lentement. Si lentement. Le contact est à peine là. Un souffle de matière sur ma peau.
Pendant trois secondes c'est un baume.
Puis la torture commence.
Parce que ce contact est trop léger. Trop peu. Mon corps affamé depuis sept jours reçoit une miette. Un atome de toucher. L'effleurement d'une plume sur ma peau quand ce qu'il me faut c'est des mains, une bouche, un corps, du poids, de la pression, de la chair. C'est comme offrir une goutte d'eau à quelqu'un qui meurt de soif. Ça ne désaltère pas. Ça rappelle la soif.
La plume glisse sur mon cou. Descend le long de ma clavicule. Remonte. Contourne mon oreille. Mon cuir chevelu frissonne. Des ondes parcourent mon crâne. Descendent dans ma nuque. Dans mes épaules. Dans mon dos.
— S'il vous plaît…
— Silence.
La plume sur mon autre bras. L'intérieur. Le coude. Le poignet. Chaque centimètre de peau parcouru réveille mille terminaisons nerveuses qui crient famine.
Elle descend sur mes flancs. Je me tortille. Tire sur mes liens. Mon corps cherche plus de contact. Pousse vers la plume. Mais la plume s'enfuit. S'éloigne. Revient. Effleure. Part. Revient.
Mon souffle s'accélère. Mon ventre se creuse. Mes hanches ondulent. Mon sexe se contracte autour de rien.
La plume sur mon ventre. Des cercles. Larges. Lents. Autour de mon nombril. Plus bas. Plus bas. Mon bassin se soulève du lit. Cherche. La plume remonte. Mon ventre. Mes côtes. S'éloigne de là où je la veux.
Je gémis. Sans discontinuer maintenant. Un son grave. Constant. Qui sort de ma gorge sans que je le contrôle.
— Vous êtes magnifique.
Sa voix. Quelque part au-dessus de moi. Calme. Admirative.
— Votre corps entier vibre. Chaque parcelle de votre peau me répond. Vous êtes la plus belle chose que j'aie jamais vue.
Ses mots entrent en moi comme la plume entre dans ma peau. Profondément. Malgré leur légèreté.
La plume sur mes seins.
Le galbe d'abord. La courbe extérieure. Lente. Si lente. Mon sein se tend vers le contact. Se soulève. La plume contourne. Le dessous. La peau fine. Sensible. D'autres gémissements m'échappent. Plus fort. La plume remonte. Le flanc intérieur. Entre mes seins. L'autre sein. Même circuit. Même lenteur. Même torture.
Mes tétons sont durs. Dressés. Douloureux de tension. Ils réclament. Supplient. La plume tourne autour. S'approche. L'aréole. Les cercles qui se resserrent. Mon dos s'arque. Mon souffle se hache.
La plume sur mon téton.
Un effleurement. Rien. Un souffle de plume sur la pointe de mon sein.
Mon cri résonne dans la chambre. Pas un cri de douleur. Un cri de sensation pure. Mon téton hypersensibilisé par sept jours de privation reçoit cet effleurement comme un coup de foudre. La décharge descend dans mon ventre. Frappe mon sexe. Mes hanches se soulèvent du lit. Mes chevilles tirent sur les liens.
— S'il vous plaît… Vos mains… Votre bouche… Votre queue… N'importe quoi… S'il vous plaît…
— Pas encore.
La plume sur l'autre téton. Même décharge. Même cri. Mon corps se tord sur le lit. Mes poignets brûlent dans la corde. Mes chevilles tirent. Chaque muscle tendu. Chaque nerf en surcharge.
— Je vous en supplie… Un fessée… La cravache… N'importe quoi…
— Vous pouvez tenir. Vous êtes forte. Laissez venir.
Les larmes coulent sous le bandeau. Pas de tristesse. Pas de douleur. De trop. De trop de tout. De trop de sensation dans trop peu de contact. De trop de désir dans trop peu de satisfaction. Je pleure de désir. Je ne savais pas que c'était possible. Pleurer parce qu'on veut jouir.
La plume descend. Mon ventre. Mes hanches. L'intérieur de mes cuisses. Remonte. Lentement. Plus haut. Mon corps vibre. Tremble. Je ne contrôle plus rien. Mes mouvements sont désordonnés. Mes gémissements continus. Je me perds.
La plume sur mon sexe.
Sur mes lèvres. Un effleurement. Mon bassin se soulève si fort que seules mes épaules touchent encore le lit. La plume remonte entre mes lèvres. Ma fente. Mouillée. Glissante. La plume glisse sur mon humidité. Descend. Entre mes fesses. Mon anus se contracte. Remonte. Plus haut. Se rapproche.
Mon clitoris. Gonflé. Tendu. Palpitant. Exposé. La plume tourne autour. Effleure les bords. Mon corps entier se tend comme un arc. Chaque muscle contracté. Chaque nerf hurlant.
— S'il vous plaît… S'il vous plaît… S'il vous plaît…
Je ne dis plus rien d'autre. Juste ces mots. En boucle. Une prière.
La plume continue. Sur mon clitoris. Autour. Dessus. Des cercles. Des effleurements. Mon corps ne m'appartient plus. Il se débat dans les liens. Se tord. Se cambre. Retombe. Se cambre encore. Les gémissements sont devenus des râles. Les râles des cris. Je ne sais plus où je suis. Je ne sais plus qui je suis. Il n'y a plus de chambre. Plus de lit. Plus de corde. Plus de moi. Il n'y a que cette sensation. Cette vague qui monte. Couche par couche. Depuis sept jours. Depuis trente minutes. Depuis toujours.
Le mot de sécurité traverse mon esprit. Mais ce que je ressens n'est que du plaisir. Immense. Insoutenable. Mais du plaisir. Arrêter le plaisir. Ça n'a aucun sens. Je ne le prononce pas.
La plume frôle mon clitoris une fois de plus.
L'ultime goutte.
J'explose.
Le cri qui sort de ma bouche est à peine humain. C'est le cri de sept jours de privation. De sept nuits de poings serrés. De dix douches froides. De mille fantasmes retenus. C'est le cri de la femme qui n'osait pas retirer son string et qui hurle de plaisir sous une plume. C'est le cri de tout ce que j'ai été et de tout ce que je deviens.
Mon corps décolle du lit. Mon dos forme un arc impossible. Seules mes épaules et mes pieds touchent encore le matelas. Mes poignets brûlent dans la corde. Mes chevilles tirent les liens à se rompre. Chaque muscle contracté. Chaque cellule en décharge. L'orgasme me traverse comme un raz-de-marée. Pas une vague. Un mur d'eau. Qui balaie tout. Qui noie tout.
Puis je m'écroule. D'un coup. Mon dos claque sur le matelas. Et les sanglots arrivent. Massifs. Profonds. Incontrôlables. Pas de tristesse. De libération. De délivrance. Tout sort. Les sept jours. La tension. La peur. La promesse tenue. Le désir. Le trop. Le pas assez. Tout.
Je sanglote sur ce lit, attachée, les yeux bandés, secouée par des vagues qui ne sont plus du plaisir ni de la douleur mais quelque chose qui n'a pas de nom.
Il enlève le bandeau. Doucement. La lumière revient. Douce. Tamisée. Son visage au-dessus du mien. Ses yeux. Ce sourire. Pas triomphant. Tendre. Confiant. Ses yeux qui disent : je sais. Je comprends. Je suis là.
Sa main sur mon épaule. L'autre sur mon ventre. Chaudes. Lourdes. Présentes. Il ne me détache pas encore. Il m'accompagne. Me laisse pleurer. Me laisse traverser.
Quand enfin je peux parler. La voix brisée. Les yeux rouges.
— Vous m'avez fait ça ? Avec une plume ?
— Avec sept jours de désir. La plume n'a fait que poser la dernière goutte.
— J'ai cru mourir.
— De quoi ?
— De plaisir. De trop de plaisir. Je ne savais pas que c'était possible.
Il sourit. Embrasse mon front.
— Ce n'est pas fini.
Je le regarde. Incrédule. Essoufflée. Vidée.
— Ce n'est pas fini ?
Il ne répond pas.
Il se glisse entre mes cuisses. Ses cuisses écartées par les liens. Son visage descend. Sa bouche se pose sur mon sexe.
Ma tête bascule en arrière. Le gémissement qui sort de moi est presque un sanglot. Sa langue. Sur moi. Après la plume. Après l'orgasme. Mon clitoris encore gonflé. Encore palpitant. Sa langue chaude. Réelle. Pas un effleurement. Un contact. Plein. Entier.
C'est comme sortir du désert et plonger dans l'océan.
Sa langue me parcourt. Lente. Profonde. Il lèche mon sexe comme on boit à une source. Longuement. Sans se presser. Il me goûte. Me savoure. Ses mains sur mes cuisses tendues par les liens. Sa bouche sur chaque pli. Chaque repli. Il me boit. Me nettoie de l'orgasme pour mieux en préparer un autre.
Sa langue sur mon clitoris. Des cercles. Lents. Appuyés. Après la plume, sa langue est un monde. Un univers de sensation. La pression. La chaleur. La texture. Tout ce que la plume refusait, sa langue le donne. Généreusement. Abondamment.
La vague monte. Vite. Mon corps n'a plus de résistance. Plus de murs. Plus de digues. Sept jours ont tout emporté. L'orgasme arrive comme une évidence. Se construit en quelques minutes. Monte. Monte.
Je jouis sous sa langue. Plus doucement cette fois. Pas le raz-de-marée de la plume. Une marée haute. Longue. Profonde. Qui me lave. Me réhydrate. Comme quelqu'un resté trop longtemps sans boire qui prend sa première gorgée. Puis la deuxième. Chaque vague est une gorgée. Mon corps boit le plaisir. S'en abreuve.
— Encore, je murmure. S'il vous plaît. Encore.
Il ne s'arrête pas. Sa langue reprend. Cette fois ses doigts la rejoignent. Deux doigts qui glissent en moi. Mon sexe les avale. Se referme sur eux. Affamé. Ses doigts recourbés en moi. Sa langue sur mon clitoris. Les deux ensemble. La plénitude.
Ce n'est plus le soulagement. C'est la plénitude. Le corps qui retrouve sa complétude. Sa langue. Ses doigts. En moi. Sur moi. Je me sens revivre. Cellule par cellule. Chaque partie de mon corps qui se remet en marche. Qui se souvient de ce que c'est d'être touchée. D'être remplie. D'être aimée par des mains qui savent.
L'orgasme monte. Plus profond cette fois. Depuis le fond de mon ventre. Depuis un endroit plus animal. Ses doigts appuient sur ce point en moi qui défait tout. Sa langue insiste. Régulière. Implacable.
Je jouis à nouveau. Longuement. Profondément. Mes parois se serrent sur ses doigts par vagues lentes. Mon bassin ondule contre sa bouche. Pas de cri cette fois. Un gémissement grave. Continu. Qui dure aussi longtemps que l'orgasme. Mes yeux fermés. Mes mains qui serrent la corde au-dessus de ma tête. Mon corps qui boit. Qui boit. Qui boit.
Quand ça s'arrête je suis revenue. Présente. Vivante. Pleine.
Il remonte le long de mon corps. Embrasse mon ventre. Mes seins. Mon cou. Mon front. Ses mains détachent mes chevilles. Puis mes poignets. La corde qui tombe. La liberté qui revient.
Il est toujours habillé.
Et il bande pour moi. Je le vois. La forme de son sexe contre le tissu de son pantalon. Long. Dur. Tendu. Depuis combien de temps ? Depuis les trente minutes ? Depuis la plume ? Depuis mes cris ? Tout ce temps il a donné sans rien prendre.
Cette chaleur en moi. Ce sentiment qui ne change pas. Qui ne s'use pas. Voir son désir pour moi. Être sa source de plaisir. La seule chose que je veux autant que jouir moi-même.
Il m'a donné un océan de plaisir. Je lui dois une mer.
— Je suis à vous. Totalement. Vous pouvez faire ce que vous voulez de moi. Ma bouche. Ma gorge. Mes seins. Ma chatte. Mon cul. Tout. Je veux que vous jouissiez. Maintenant. De la façon que vous voudrez. Prenez-moi. Utilisez-moi. Tout ce que vous voulez.
L'offrande est totale. Absolue. Sans réserve. Chaque partie de mon corps offerte. Chaque orifice. Chaque possibilité. Tout pour lui.
Il me regarde. Longtemps. Quelque chose passe dans ses yeux. Touché. Profondément. Par la sincérité. Par l'ampleur du don.
Puis il dit quelque chose qu'il n'a jamais dit.
— Je vous laisse choisir.
Le sol se dérobe.
— Pardon ?
— Je vous laisse faire. Choisissez. Décidez. Faites ce que vous voulez.
Le vertige. Immense. Plus vertigineux que la corde. Plus vertigineux que la plume. Que la cravache. Que l'escalier. Il me lâche les rênes. Pour la première fois. Complètement.
Pas de voix pour me guider. Pas d'ordre. Pas d'instruction. Juste moi. Mon désir. Mon choix.
Je le regarde. Nu dans ma liberté. Terrifiée. Exaltée.
Et quelque part, au fond de moi, une voix qui n'est pas celle de la peur. Une voix plus calme. Plus sûre. Qui dit : tu sais. Tu sais quoi faire. Il t'a appris. Tout ce qu'il t'a montré, tout ce qu'il t'a fait vivre, c'est en toi maintenant.
Mes mains tremblent. Mais pas de peur.
D'impatience.
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mozart
23 octobre 2026 à 12:56
On ne ressent pas seulement, on vie les septs jours qu'elle respecte pour son maître. Une tension palpable et en retour, une jouissance se libère après toute cette attente. Merci Haleros pour le partage.
Photo de profil de Swan75
Swan75
23 octobre 2026 à 07:00
Quelle magnifique tension ! Quelle sublime torture ! Et quel plaisir de vous lire encore.
mumu
23 octobre 2026 à 06:58
Je ne sais pas ce qui ce passe : pas d'introduction et je n'ai pas lu le reste , puisque je ne sais de quoi çà parle , ni son âge et le contexte . Posez le contexte et l'introduction . Comme dans films , quant sa part de nul par , je ne regarde pas le film , comme ici je ne perds pas mon temps sur une histoire qui démarre de nul part . Désolez !

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