Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sans un mot — Chapitre unique · Sans un mot
Auteure
Sans un mot
Chapitre unique · Sans un mot
Il rentre tard. J'entends la clé, le sac qui tombe, les chaussures qu'il envoie valser contre le mur, comme toujours. Je ne me lève pas. Je reste dans le canapé, jambes repliées, un verre de rouge à la main, et je le regarde arriver dans l'encadrement de la porte.
Il lève un sourcil vers le verre. Je le lève à mon tour, à sa santé, et je bois une gorgée en le fixant par-dessus le bord.
Il sourit. Ce sourire de travers qui veut dire qu'il a compris, et qu'il va faire semblant de ne pas avoir compris.
Il s'approche, se penche pour m'embrasser. Je détourne la tête au dernier moment.
Ses lèvres atterrissent sur ma joue. Il souffle par le nez, ce petit rire étouffé que je connais par cœur, et me prend le verre des mains. Il boit, lui aussi, exactement à l'endroit où ma bouche a laissé une trace grenat.
Ses lèvres atterrissent sur ma joue. Il souffle par le nez, ce petit rire étouffé que je connais par cœur, et me prend le verre des mains. Il boit, lui aussi, exactement à l'endroit où ma bouche a laissé une trace grenat.
Je tends la main pour le récupérer. Il le recule hors de portée.
Je plisse les yeux. Il hausse les épaules, innocent comme un gamin pris les doigts dans le pot de confiture.
Alors je déplie une jambe. Lentement. Mon pied nu remonte le long de sa cuisse, s'arrête sur sa ceinture, appuie juste ce qu'il faut. Il cesse de jouer. Il pose le verre sur la table basse sans me quitter des yeux.
Un point pour moi.
Un point pour moi.
Il s'agenouille devant le canapé. Le parquet craque sous ses genoux. Ses mains se posent sur mes chevilles, glacées de la rue, et un frisson me remonte d'un coup jusqu'aux tétons, qui pointent sous la robe.
Il le voit, évidemment. Il ne voit que ça. Il garde ses mains là, exprès, immobiles, et me laisse geler. Puis il remonte avec une lenteur de bourreau, le pouce qui creuse le mollet, le genou, le pli tendre derrière le genou, là où la peau est si fine qu'elle bat.
Il s'arrête. Il attend.
Je hoche la tête.
Je hoche la tête.
Ses paumes glissent sous ma robe. Elles se réchauffent sur mes cuisses, à moins que ce soit moi qui brûle, je ne sais plus. Elles écartent, elles pétrissent, elles prennent possession de la chair comme on revient chez soi après une longue absence.
Ses doigts trouvent le bord de la dentelle, s'y glissent, effleurent la toison, frôlent mon sexe à travers le tissu déjà trempé. Il sent l'humidité. Ses narines se dilatent. Il lève les yeux vers moi, un sourcil haut, l'air de dire déjà ?
Je lui rends un regard noir. Oui, déjà. Et alors.
Je soulève les hanches. Il fait descendre la culotte, sans hâte, le fond collé à moi qui se décolle avec une lenteur obscène et me laisse le sexe nu, offert à l'air frais du salon. Elle passe mes genoux, mes pieds. Il la porte une seconde à son visage, respire, ferme les yeux.
Je lui donne un coup de pied dans l'épaule. Il rit sans bruit et la lance par-dessus son épaule. Elle atterrit sur la lampe. On l'y regardera demain matin, et on rira.
Pas maintenant.
Pas maintenant.
Il m'ouvre les cuisses en grand, une main sur chaque genou, et il regarde. Juste ça. Il me regarde, là, longtemps, comme une chose qu'il aurait le droit de dévorer. La honte me chauffe les joues et coule tout droit entre mes jambes. Je sens que je mouille encore plus sous ses yeux, que ça perle, que ça coule vers le canapé. Il le voit aussi. Le salaud se lèche les lèvres.
Il embrasse l'intérieur de mon genou. Puis plus haut. Il mord, doucement, la chair tendre de la cuisse, juste assez pour laisser une marque. Puis plus haut encore. Sa barbe de fin de journée me râpe la peau comme du papier de verre et je serre les dents pour ne pas gémir. Son souffle chaud tombe sur ma fente. Il souffle, exprès. Je me cambre.
Je l'attrape par les cheveux, je serre fort, je le retiens à un centimètre de moi. Juste pour qu'il sache qui tient la laisse. Il lève vers moi des yeux noirs, amusés, affamés, la bouche entrouverte. Il attend que je le lâche comme un chien attend le signal.
Je desserre les doigts.
Je desserre les doigts.
Sa bouche se pose sur moi.
Large, chaude, sans politesse. Il me lèche d'un seul coup de langue, du bas jusqu'en haut, lentement, comme on racle le fond d'un pot. Un souffle m'échappe, rauque, que je n'ai pas décidé.
Large, chaude, sans politesse. Il me lèche d'un seul coup de langue, du bas jusqu'en haut, lentement, comme on racle le fond d'un pot. Un souffle m'échappe, rauque, que je n'ai pas décidé.
Il recommence. Il écarte mes lèvres avec deux doigts, met mon clitoris à nu et le prend entre ses lèvres, le suce, le roule sous sa langue. Le bruit est indécent, mouillé, gourmand, il résonne dans le salon silencieux.
Je mords le dos de ma main pour ne pas crier. Mes cuisses se referment sur sa tête. Il les rouvre sans ménagement et les plaque contre le canapé.
Il glisse un doigt en moi. Puis deux. Il les recourbe, cherche, trouve ce point rugueux tout au fond, et appuie en rythme pendant que sa langue continue là-haut. Mes hanches décollent du canapé. Mon ventre se serre.
La vague arrive, énorme, je la sens monter des orteils. Il ralentit aussitôt. Cruel.
La vague arrive, énorme, je la sens monter des orteils. Il ralentit aussitôt. Cruel.
La langue qui s'attarde, qui tourne, qui s'arrête au moment précis où j'allais basculer. Il retire ses doigts. Il souffle sur moi, frais, et le froid sur ma chair gonflée est une torture.
Je lui donne un coup de talon dans le dos. Fort. Il rit contre ma chair, et ce rire vibre jusque dans mon ventre, sur mon clitoris, partout.
Il le refait. Deux fois. Trois fois. Il m'emmène au bord et me retient au-dessus du vide. Je tremble. Les larmes me montent aux yeux de rage. Je lui plante les ongles dans le crâne.
Je le tire par le col.
Je le tire par le col.
Il remonte sur moi, la bouche, le menton, la barbe luisants de moi, et cette fois je ne détourne pas la tête. Je l'embrasse à pleine bouche. Je goûte mon propre sel sur ses lèvres, âcre, intime, et je lui lèche le menton pour tout reprendre. Il grogne dans ma bouche.
Mes mains se battent avec ses boutons, perdent patience, tirent. Un bouton saute, ricoche sur la table basse, roule sous le canapé. Il regarde sa chemise, puis moi, l'air faussement scandalisé. Je hausse les épaules et j'en arrache un deuxième, en le regardant droit dans les yeux.
Un partout.
Un partout.
Je défais sa ceinture d'une main, le métal qui claque. J'ouvre le pantalon, je plonge dans le caleçon. Il retient son souffle quand mes doigts le trouvent, dur comme du bois, brûlant, le gland déjà humide qui me colle à la paume.
Je le sors. Je le branle lentement, de la base jusqu'au bout, en serrant juste ce qu'il faut, le pouce qui étale la goutte sur le gland. Je le regarde fermer les yeux, rouvrir les yeux, serrer la mâchoire. Une veine bat dans son cou. Il pose son front contre le mien. Sa respiration se casse en morceaux.
Je ralentis. Je m'arrête, la main serrée à la base.
Il rouvre les yeux. Je souris. À mon tour.
Il comprend. Il souffle par le nez, vaincu, et ses hanches poussent dans ma main pour quémander. Je le fais attendre encore trois secondes. Je les compte sur ses lèvres avec mes doigts.
Il rouvre les yeux. Je souris. À mon tour.
Il comprend. Il souffle par le nez, vaincu, et ses hanches poussent dans ma main pour quémander. Je le fais attendre encore trois secondes. Je les compte sur ses lèvres avec mes doigts.
Puis, d'un mouvement de hanches, je le guide. Je frotte son gland contre ma fente trempée, d'avant en arrière, sur mon clitoris, je le noie dans ma mouille, je le laisse sentir à quel point je suis ouverte.
Il entre en moi lentement, centimètre par centimètre, épais, il m'écarte, il me remplit, jusqu'à ce que ses couilles touchent mes fesses. On reste là, immobiles, le temps d'un battement, les yeux dans les yeux, soudés. Je le sens palpiter au fond de moi. Il me sent me serrer sur lui. Personne ne bouge. C'est un concours. Le premier qui cède a perdu.
C'est moi. Mon bassin roule tout seul.
C'est moi. Mon bassin roule tout seul.
Il sourit contre ma bouche, victorieux, et commence à bouger. Il sort presque entièrement, jusqu'au gland, puis replonge d'un coup, jusqu'à la garde.
Encore. Encore.
Encore. Encore.
Le canapé grince, cogne contre le mur. Ma robe remonte jusque sous mes seins, il la tire plus haut et prend un téton dans sa bouche, le mord, le suce, pendant que ses hanches continuent.
Sa main trouve ma nuque, l'autre agrippe ma hanche, et il me baise avec cette patience qui me rend folle, profonde, régulière, implacable.
Je plante mes ongles dans ses épaules pour lui dire plus vite. Il ne change rien. Je griffe, je descends jusqu'à ses reins, je laisse des sillons rouges. Il grimace. Il obéit. Enfin.
Il me prend fort, maintenant. Ses coups de reins me font remonter sur le canapé, ma tête cogne l'accoudoir, je m'en fous. Il soulève mes jambes, les plie contre ma poitrine, et il entre plus loin, si loin que j'en perds le souffle.
Le monde se resserre à son souffle rauque, à mes gémissements étouffés dans son cou, au claquement mouillé de nos ventres, à l'odeur de sexe et de sueur qui sature le salon, à ses doigts qui tremblent sur ma peau.
Je glisse une main entre nous et je me caresse, vite, sous ses yeux. Il regarde ma main, puis mon visage, et il accélère encore.
Je sens la vague monter, la vraie, celle qu'il m'a volée trois fois. Il la sent aussi. Je me resserre sur lui par saccades. Il ralentit d'un coup, et me regarde, et dans ses yeux, une question.
Je hoche la tête. Furieusement.
Il lâche tout.
Il lâche tout.
Je jouis la première, la bouche ouverte sur un cri muet, le dos arqué, le ventre qui se tord, mon sexe qui le broie par spasmes. Il tient trois coups de plus, quatre, puis il s'enfonce une dernière fois jusqu'au fond et se vide en moi, le visage écrasé dans mes cheveux, un grondement sourd au fond de la gorge, les hanches agitées de secousses que je sens jusque dans mes os.
Ensuite, plus rien. Nos deux cœurs qui cognent l'un contre l'autre. La sueur qui refroidit entre nos ventres collés. Son sperme qui coule doucement hors de moi, tiède, sur le canapé, et ni lui ni moi ne bougeons pour le retenir. Sa main qui dessine des cercles paresseux sur ma hanche marquée de ses doigts.
Il tend le bras, attrape le verre de vin sur la table basse et me le tend.
Je bois. Je le lui rends.
Je bois. Je le lui rends.
Il le finit, puis baisse les yeux vers la tache sombre qui s'étale sous mes fesses, sur le tissu clair du canapé. Il me regarde. Je regarde la tache. Je hausse un sourcil.
Il lève les yeux vers la lampe, où ma culotte pend comme un drapeau de reddition.
On éclate de rire en même temps.
On éclate de rire en même temps.
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Commentaires ()
Une belle langue (sans aucune allusion..) 😉
Docteur, sans aucune allusion, vraiment ? Venant de vous, j'ai du mal à y croire. 😏
L'amour vache, un peu seulement, oui. Juste assez pour que ça marque, pas assez pour que ça casse. Je préfère les bleus qu'on regarde avec un sourire le lendemain.
Merci pour le compliment sur ma langue. Je la soigne, je l'entraîne et je l'aiguise tous les jours, à l'écrit comme ailleurs. Mais je vous laisse deviner lequel de ces exercices je préfère. 😉🖤
lol
Merci🖤
Joli et excitant, voilà deux mots que j'aime voir côte à côte. L'un flatte la plume, l'autre trahit le lecteur. 😏
Ravie que ça t'ait plu. Reviens quand tu veux, la porte reste entrouverte.