Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Soirée mondaine — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Soirée mondaine
Chapitre 1
Chère marquise,
Permettez-moi de vous écrire ces quelques mots. Depuis que nous nous sommes quittés, il y a de cela quelques mois... je n'ai pu m'empêcher de repenser à cette délicieuse soirée. Je vous revis, portant votre robe crème qui vous allait si bien. Ce corset soulignait votre ligne et mettait vos courbes si parfaitement en valeur. Ce magnifique collier, offert par ce vieux décrépit d'officier à votre bras. Il fallait bien avouer que le gentilhomme, bien que je le tinsse en piètre estime, avait cependant excellent goût en matière de bijoux, presque autant d'ailleurs qu'en femmes. Je lui reconnus bien cela. Mais pardonnez mon mauvais langage au sujet de votre mari. Ces gemmes bleues ne souffrirent dans toute l'assemblée que d'une seule concurrence... celle de vos yeux.
Vos yeux, madame. Que dire de cette perfection de la nature ? J'aurais aimé être Tolkien, pour pouvoir, comme lui, passer cinq pages juste à les décrire. Par où commencer ? Leur couleur ? Comment les comparer ? Comment faire comprendre à un profane qui ne vous eût jamais vue ? Ce bleu... tantôt reflet du ciel, tantôt reflet de la mer.
Je me souvins être accoudé à la cheminée, écoutant le discours barbant d'un imbécile en uniforme quand, pour la première fois ce soir-là, nos regards se croisèrent. La lumière des chandelles illuminait votre visage à demi, ce collier à votre cou, et ce bleu. Le temps, pour moi, sembla comme arrêté. Je ne me souvins même plus si je cessai ou non de respirer. Je n'entendis ni l'orchestre ni les discussions. Le monde autour de vous s'effaça, et je me sentis glisser dans des limbes de pure beauté. L'air un peu gêné, l'instant ayant duré le temps d'un battement de vos si beaux cils, votre teint s'empourpra légèrement, et vous brandîtes alors votre éventail comme un bouclier.
Je ne pus m'empêcher de sourire à cette vue, comme si un ange m'eût accordé la grâce de son attention. Comme il fut difficile, madame, de me concentrer le reste de cet apéritif qui n'eut que trop duré. Je ne pus m'empêcher de jeter des regards, plus ou moins discrets, en votre direction. Il me sembla vous avoir vue détourner rapidement le regard à quelques occasions. Mais votre mari ne cessa de vous entretenir de sujets qui semblaient, ma foi, d'un ennui mortel.
Puis l'hôte des lieux nous convia dans la salle à manger, non sans prononcer auparavant un discours des plus interminables et soporifiques qui fussent. Et impossible de passer le temps à vous admirer : vous vous étiez soustraite à mon regard. Quelle ne fut pas ma surprise en prenant place à table. J'allais me retrouver encore une fois assis à côté du colonel Suliman, homme illustre et cultivé, certes, mais qui, une fois la boisson fortement ingurgitée, ne fut plus capable de tenir le moindre propos cohérent. De l'autre côté se trouvait frère Yvan, homme pieux et vertueux, au goût si prononcé pour les sermons et les leçons de morale qu'il sembla s'être fait le devoir de parfaire mon éducation.
Pourtant, ma soirée changea brusquement quand, tournant le regard vers celui de mon voisin d'en face, je me souvins même avoir avalé mon vin de travers en vous voyant vous asseoir. J'ignorai pourquoi et comment vous et votre époux vous retrouvâtes si éloignés du maître de la soirée, mais je n'en fus que plus heureux. J'eus alors tout le plaisir et le loisir de laisser frère Yvan vous présenter tandis que, pour ma part, j'admirais votre visage si parfait.
Votre nez en trompette, votre lèvre supérieure fine et tendre, sa voisine plus pulpeuse étant comme un appel permanent à venir les embrasser passionnément. Cette commissure si belle et franche quand vous souriiez, comme si l'un de vos sourires venait illuminer le monde et en effacer la laideur comme par magie. Et enfin... votre regard. Au début un peu timide, mais qui semblait renfermer tant de mystères et de secrets. Me levant plus maladroitement que je ne l'aurais voulu pour vous saluer, j'eus aussi le plaisir de découvrir que votre robe au décolleté en U laissait deviner une poitrine aussi douce que généreuse. Il sembla alors que l'on venait d'allumer la cheminée de la pièce et que l'air s'était brusquement réchauffé. Vous dûtes remarquer mon embarras : votre regard se fit soudain pétillant et votre sourire, comme complice.
Je ne me souvins même plus du repas, ni de ses plats ou de ses vins, ni de combien de temps tout cela dura. Je me rappelai les efforts que je fis pour faire la conversation autour de moi alors que je n'aspirais qu'à une chose : vous parler. Saisissant la moindre occasion, je vous sollicitai sur tel ou tel sujet, questionnai votre opinion, découvrant votre vision du monde. Votre époux sembla totalement se désintéresser de vous, pauvre fou. On ne traita pas une louve comme si c'était un vulgaire objet d'art à exhiber. Je sentis mes oreilles rougir comme jamais lorsque mon pied croisa le vôtre par accident sous la table. Ce contact fugace vous rendit soudain comme réelle. Comme appartenant à notre monde, et je compris que je n'étais pas en plein rêve.
Le repas terminé, je pris la direction du balcon : j'avais besoin de prendre l'air. Je me mis dans un recoin de ce grand espace en demi-cercle. Appuyé à la balustrade de pierre, un verre d'alcool posé à côté de moi, perdu dans mes pensées, je contemplai le ciel en y projetant votre visage, comparant les étoiles à celles que j'avais vues petit à petit briller dans vos yeux tout au long de la soirée. Une fois les idées rafraîchies par l'air du soir, je revins dans la pièce pour me diriger vers les commodités. Bien évidemment, je croisai la route d'Yvan, qui ne put s'empêcher de me faire la morale sur mes longues œillades à votre égard durant le repas. Je dus me perdre dans la grande demeure, et ce fut, pour mon plus grand bonheur, le cas. En tournant dans un couloir, je fus à deux doigts de vous heurter. Vous étiez debout, seule, le regard perdu dans la contemplation de la peinture d'un paysage enneigé.
Ce contact contre vous, votre parfum me frappant comme un coup de poing, votre proximité... Votre regard surpris puis tendre se plongea dans le mien. Je n'eus même pas conscience de ma main glissant dans votre dos. Brisant la distance entre nous d'un geste simultané, comme s'il était le plus naturel du monde, nos lèvres se rencontrèrent parfaitement à mi-chemin.
Un baiser chaud, intense, votre main passant sur mon cou, la mienne vous serrant plus fort contre moi. Puis, d'un geste commun, nous fîmes un pas de recul, comme réalisant soudain, avec stupeur, ce qui venait de se passer.
Mon cœur battit si fort dans ma poitrine que je pensai que tous les habitants des lieux pouvaient l'entendre battre. J'eus le souffle court, comme si je venais de chevaucher pendant des jours. Et vous étiez tellement belle, une mèche tombant sur votre visage, échappée de votre chignon tiré à quatre épingles, la peau luisante reflétant le jaune des bougies alentours, légèrement transpirante sous votre robe de soirée. Vous aussi, ce baiser vous fit-il l'effet d'un effort intense ?
Après avoir bafouillé des excuses, je passai la première porte venue, me retrouvant dans un bureau. Une pièce sombre, éclairée par la seule bougie que je venais de prendre dans le couloir. Les murs étaient couverts de livres, un immense bureau en bois sombre sculpté trônait au milieu de la pièce. Un fauteuil de bois aux accoudoirs massifs, légèrement tiré, semblait comme une invitation à s'asseoir. Je voulus ouvrir la fenêtre pour faire entrer l'air frais de la nuit et calmer mes esprits. La porte derrière moi se ferma doucement. J'entendis le son si unique d'une clef tournant dans une serrure.
Me retournant lentement, je vous découvris appuyée à la porte, comme une gardienne que personne n'osait défier. Votre regard rivé dans le mien, comme pour me tenir en respect, vous défîtes lentement les liens de votre robe, la faisant tomber au sol, puis ce fut le tour de vos vêtements de dessous. Vous apparûtes ainsi nue à mes yeux, vos seins lourds brillant à la lueur de la seule bougie, votre sourire mutin, vos hanches si gracieuses et vos fesses si bien dessinées.
Vous vous dirigeâtes vers le bureau et jetâtes au sol tout ce qui y trônait. Je ne me rappelai plus comment, mais je me revis assis sur ce magnifique fauteuil, face à vous, nue sur le bureau, un pied posé sur chaque accoudoir ; vous adressâtes un regard plein d'envie, teinté d'un sentiment de supériorité qui vous allait si bien. Vous aviez glissé votre main entre vos cuisses si bien écartées pour commencer à vous caresser, me laissant avidement profiter de la vue. Votre deuxième main caressa tantôt votre nuque, tantôt vos seins.
Mordant votre lèvre d'envie, cette vue aussi érotique qu'intense ne me donna qu'une envie : me joindre à vous. Je m'approchai de vous, embrassai l'intérieur de vos cuisses, remontant lentement vers votre intimité pour venir vous donner du plaisir avec envie et intensité. Je fis courir mes mains sur votre corps sans cesser de vous embrasser. L'envie monta peu à peu, jusqu'à vous faire perdre toute notion du monde extérieur.
N'en pouvant plus ni l'un ni l'autre, nous laissâmes tomber mes vêtements au sol. Je pus alors savourer à quel point notre désir était devenu impossible à contenir. Me glissant en vous, raide, chaud, brillant même. Nous nous abandonnâmes l'un à l'autre sans retenue, dans une étreinte où se mêlèrent chaleur, souffle et passion.
Vous vous redressâtes pour venir m'embrasser avec passion. Vous vous agrippâtes à ma nuque, me faisant sentir une envie plus forte encore, que les mouvements se fissent plus forts, plus intenses. Debout entre vos cuisses, il me fut impossible de résister à pareille envie. Mes mouvements se firent plus forts, mes yeux vous dévorant toute entière, tant cette bestiale envie vous rendait plus belle encore. Plaçant mes mains sur vos hanches, un air de défi que vous me rendîtes avec passion, je vous fis basculer. Mettant pied à terre, vous vous penchâtes sur le bureau, écartant vous-même vos fesses comme une invitation, et je repris mes assauts, dans votre anus cette fois. Cette sensation si unique, cette étroitesse qui enserrait mon sexe raide. Vos cris de plaisir, vos doigts vous caressant en même temps... Les sensations, la vue, ce fut si sublime.
Tournant la tête pour que nous puissions nous voir malgré la position, vous trouvâtes un objet ressemblant à une matraque que vous glissâtes en vous, resserrant un peu plus l'espace que j'occupais. Ayant perdu la notion du monde et du temps, je ne vis plus que vous. Seuls vous et ce moment importèrent à mes yeux. Et la conclusion en fut aussi exquise qu'intense. Sentant mon envie et l'explosion arriver, d'un brusque geste, vous me fîtes sortir pour vous agenouiller devant moi, me présentant vos seins sur lesquels je répandis mon sperme chaud tandis que, continuant à jouer avec l'objet en vous, vous pûtes profiter d'un ultime orgasme si intense. Votre bouche s'ouvrit légèrement, vos bruits de plaisir emplirent la pièce, vos yeux brillèrent, nos corps luisant de transpiration autant que d'envie...
Un dernier baiser après avoir tout essuyé, nettoyé et rangé.
Madame, depuis cette nuit, vous hantez chacune de mes nuits. Et j'espère bientôt avoir la joie de savourer à nouveau un moment en votre si intense compagnie.
À jamais votre.
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