Julien, sans se retourner, coupe le vibromasseur d'un geste sec du pouce. Le bourdonnement cesse brutalement, laissant un silence pesant saturer la chambre 407. Il pose l'objet sur le lit, entre les draps froissés, puis pivote lentement vers le placard à l'entrée. Son regard fixe la porte coulissante entrouverte, cette fente de trois centimètres qui trahit une respiration retenue.
— Si tu veux voir la suite, tu sors et tu t'assois sur la chaise.
Un silence. Puis la porte glisse. Adixia émerge de l'obscurité du placard, les joues marquées par la chaleur confinée, ses cheveux bruns légèrement décoiffés. Elle porte son legging noir, la taille élastique légèrement tordue, et ses yeux brillent d'une excitation qu'elle ne tente même pas de dissimuler.
Julien cligne des yeux. Son menton recule d'un centimètre. Il ne s'attendait pas à elle.
— Adixia ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Elle se dresse droite, les mains jointes devant elle, et lui adresse un sourire mi-coupable, mi-affamé.
— Je suis venue jouer aux voyeuses, mais je me suis fait trahir par le placard.
Julien la détaille de la tête aux pieds. Son regard s'attarde sur la main d'Adixia, encore glissée sous l'élastique du legging, qui se retire lentement et vient se poser le long de sa cuisse. Il avance d'un pas vers elle.
— Tu ne touches à rien sans ma permission. Rien. C'est clair ?
Adixia hoche la tête, le souffle court, les épaules légèrement tremblantes. Elle contourne Julien, traverse la chambre d'une démarche hésitante mais obéissante, et vient s'asseoir sur la chaise près de la commode. Ses cuisses se pressent l'une contre l'autre, ses mains posées à plat sur les genoux.
Julien se retourne vers Émilie. Elle est debout près du lit, son top noir moulant épousant chaque courbe de sa poitrine, le bas de son corps nu, les traces rouges de ses fesses encore visibles sur sa peau dorée. Il s'approche d'elle, pose une main sur son épaule, et la pousse doucement vers le bas.
— À genoux. Regarde-moi.
Émilie obéit. Ses genoux touchent le parquet froid, ses mains viennent se poser sur ses cuisses. Elle lève les yeux vers lui, la bouche légèrement entrouverte, les lèvres charnues humides. Julien déboutonne son pantalon, lentement, sans quitter le regard d'Émilie des yeux. Chaque geste est calculé, mesuré, exhibé. Derrière elle, sur la chaise, Adixia se penche en avant, les yeux écarquillés, les doigts crispés sur l'assise.
Émilie sent le regard d'Adixia sur sa nuque comme une brûlure. Une vague de chaleur lui monte aux joues, mais ce n'est pas du désir. C'est autre chose. Elle comprend, avec une netteté qui lui noue l'estomac, qu'Adixia ne lui obéit plus. Plus jamais. Sa meilleure amie, celle qu'elle pouvait diriger, manipuler, entraîner dans ses jeux, est maintenant assise là, soumise à un autre. À Julien. Et Julien a réservé sa venue à l'hôtel comme on réserve une carte dans un jeu de poker, sans la montrer, sans la révéler.
Quelle surprise leur réserve-t-il ?
Émilie serre les mâchoires. Ses yeux se mouillent, pas de plaisir. De jalousie. Une jalousie sourde, poignante, qui lui ronge les entrailles pendant que Julien se prépare à la prendre devant les yeux avides de son amie. Elle veut protester, dire quelque chose, mais sa bouche ne produit que le souffle tremblant de la soumission.
Julien se penche vers elle, attrape son menton entre le pouce et l'index, et la force à relever la tête.
— Tu es à moi. Maintenant. Et elle regarde. C'est tout.
Puis il se redresse, boutonne son pantalon, et recule d'un pas. Émilie cligne des yeux, confuse. Il ne la prend pas. Il la fait s'agenouiller, la fait regarder, et maintenant il s'arrête. Il se tourne vers la commode, attrape la caméra posée à côté, et la tend à Émilie.
— Prends-la. Filme la discussion avec Adixia. Je sors.
Émilie reste à genoux, la caméra dans les mains, le cœur battant. Julien enfile sa veste, attrape ses clés sur la table de chevet, et se dirige vers la porte. Sur le parquet, les morceaux de papier A4 déchiré crissent sous ses semelles.
— Le prochain lieu de rendez-vous, dit-il sans se retourner, vous le trouverez en parlant. Adixia a des informations. Filme tout. Et n'oublie pas — tu ne touches pas à ce que je n'ai pas touché.
La porte se ferme. Le clic de la serrure résonne dans le silence.
Émilie reste à genoux, la caméra pointée vers Adixia. Sa meilleure amie la regarde depuis la chaise, les jambes croisées, les mains toujours sagement posées sur les genoux. Un sourire lent se dessine sur les lèvres d'Adixia.
— Alors, Émilie… on filme ?
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