Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L’initiation d’Hélène, maîtresse d’école — Chapitre 16 · Sous sa voix, il jouit.
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L’initiation d’Hélène, maîtresse d’école
Chapitre 16 · Sous sa voix, il jouit.
La lumière décline doucement sur la ville. Une fin d'après-midi qui s'étire dans le silence épais des rues presque désertes. Hélène marche d'un pas lent vers le cabinet de Julien. Son cœur bat plus vite. Pas de peur. Un battement plus bas, plus sombre. Une chaleur qui monte de son ventre à sa gorge, comme une montée de fièvre.
Elle porte une jupe noire, fendue juste assez haut pour qu'on imagine plus que l'on ne voit. Un chemisier ivoire en satin, légèrement transparent à la lumière. Ce matin, n'étant pas à l'école, elle s'est autorisée à sortir sans soutien-gorge. Pas de regards désapprobateurs de parents d'élèves, pas de remarques murmurées entre mamans rigides. Elle est libre.
Elle le sait. Elle le sent à chaque mouvement. Le tissu effleure sa peau nue, fait frémir ses pointes déjà dures, qui dressent le satin comme une provocation muette. Cela la trouble et l'éveille.
Elle sent tout : le frottement léger, presque soyeux, la caresse du satin qui s'étire à chaque pas comme un souffle complice, les mouvements subtils de sa poitrine libre, sans entrave, qui danse au rythme de sa respiration. Elle devine qu'un regard distrait pourrait tout deviner, si la lumière attrape juste au bon endroit, si un œil s'attarde un peu trop longtemps.
Et au lieu de la gêner, cette possibilité l'enflamme. Être devinée, frôlée des yeux, devinée nue sous l'étoffe. Ce n'est plus un oubli. C'est une audace. Une caresse invisible. Et elle y prend goût.
Elle ne s'est pas maquillée. Juste une touche sur les lèvres. Mais elle se sent belle. Et ce frisson entre les cuisses. Celui qu'elle ne nomme pas encore, mais qui palpite déjà au rythme de ses pas.
En gravissant les marches du cabinet, elle repense à la séance précédente. À cette phrase qu'il avait prononcée, presque à voix basse, presque pour lui : « Les mots aussi font l'amour. » Elle l'a ruminée, cette phrase. Elle s'en est nourrie. Elle en a joui.
Avant même de frapper à la porte, elle s'arrête. Sur le palier, dans le silence des escaliers, elle écoute. Non pas ce qui vient de l'intérieur, mais son propre souffle. Léger. Régulier. Et pourtant chargé d'une attente qu'elle ne s'explique pas.
Pourquoi ce frisson, aujourd'hui ? Pourquoi cette envie de troubler, de provoquer ?
Elle ne se ment pas. Ce n'est pas une simple séance. Pas un rendez-vous anodin. Il y a en elle une tension, une impatience, presque un vertige. Elle veut quelque chose. Une réaction. Une fissure dans son calme. Une preuve qu'elle existe autrement que comme patiente.
Peut-être est-ce du pouvoir qu'elle cherche. Ou une revanche. Peut-être juste le frisson de sentir un homme craquer, ici, dans ce cabinet si sage, si feutré. Peut-être même un plaisir obscène.
Elle respire encore. Une dernière fois.
Elle sonne. La porte s'ouvre. Julien est là. Impeccable, comme toujours. Pull anthracite, pantalon droit, visage calme. Mais dans ses yeux, elle voit un trouble. Léger. Flottant. Comme une question qu'il ne veut pas poser. Son regard s'attarde à peine une seconde de trop sur son chemisier, sur la ligne de ses seins libres sous le satin. Il détourne rapidement les yeux, mais elle a vu. Elle a senti. Ce minuscule flottement. Cette hésitation infime. Et au creux de son ventre, un feu léger se réveille.
— Bonjour, Hélène.
— Bonjour.
— Bonjour.
Elle entre. Il referme doucement derrière elle. La pièce est feutrée, chaude, presque trop calme. Chaque pas qu'elle fait jusqu'au fauteuil est une lente chorégraphie. Le parquet craque à peine. Elle sent l'air glisser contre ses cuisses, jouer entre ses jambes nues. Et sous le satin de son chemisier, ses seins libres bougent, vivants, sensibles à chaque respiration. Le tissu les effleure, les frôle, les réveille.
Elle sent que Julien la suit du regard. Sans un mot. Elle ne le regarde pas. Elle sait ce qu'il voit. Ce qu'il devine. Ce que cela provoque en lui.
Elle sait aussi ce qu'elle est venue chercher aujourd'hui. Et ce qu'elle pourrait déclencher simplement… en parlant.
Julien ne sort pas son carnet. Il reste debout un instant, puis dit :
— J'aimerais… que vous fassiez quelque chose, aujourd'hui. Si vous vous sentez prête.
Elle s'assoit. Le cuir du fauteuil accueille la chaleur de son corps. Elle croise les jambes. Lentement. Pose ses mains sur ses genoux. Elle le regarde.
— Dites-moi.
— Un souvenir. Mais pas raconté comme une histoire. Raconté comme un corps. Comme une sensation. D'accord ?
— Un souvenir. Mais pas raconté comme une histoire. Raconté comme un corps. Comme une sensation. D'accord ?
Elle acquiesce. Ferme les yeux. Inspire.
Et commence.
Et commence.
— C'était… justement la semaine dernière. Une nuit chaude. On sortait du restaurant, Éric et moi. Je portais une jupe. Et, comme aujourd'hui… je ne portais pas de soutien-gorge.
Elle marque une pause, ouvre brièvement les yeux, fixe Julien. Sa voix se fait plus lente, presque malicieuse :
— Oui… comme aujourd'hui… comme vous l'avez sans doute constaté.
Julien, tousse légèrement, nerveusement. Il ajuste le col de son pull, détourne le regard, visiblement mal à l'aise. Il a chaud, soudain. Hélène referme les paupières avec un sourire intérieur. Elle le tient.
Sa voix revient, douce, fluide :
Sa voix revient, douce, fluide :
— Ce soir-là, je sentais tout. L'air sur mes seins, le tissu qui les frôlait. Ils vivaient sous mon chemisier, libres, sensibles. Et ça m'excitait… beaucoup.
Sa voix est lente, douce. Elle parle comme on caresse. Elle décrit la rue, les pas sur les pavés, la lumière tremblante. Julien ne dit rien. Il est assis en face d'elle. Mais elle ne le voit pas. Elle a les yeux fermés. Et pourtant…
Un froissement. Léger. Le cuir du fauteuil qui grince. Elle devine qu'il s'est levé. Elle entend ses pas. Feutrés. Il contourne. Il est derrière elle. Elle le sait. Elle ne bouge pas.
Elle marque une pause. Son souffle est plus lent, plus profond. Toujours les yeux fermés, elle reste immobile, suspendue à ce silence nouveau. Elle sent son regard dans sa nuque, son souffle peut-être, ou alors est-ce une sensation inventée, induite par son propre désir ?
Le silence dure. Longtemps. Puis enfin :
— Continuez, murmure Julien, d'une voix plus grave, étranglée. Une voix qu'elle ne lui connaît pas. Qui trahit l'effort de contrôle, la tension intérieure, l'émotion qui monte.
Elle sourit à peine, imperceptiblement. Elle vient de franchir quelque chose. Et elle sait qu'il l'a suivi.
Elle poursuit, sa voix plus chaude :
Elle poursuit, sa voix plus chaude :
— On s'est arrêtés dans une ruelle… Il s'est approché de moi, ses yeux brûlants plantés dans les miens… et m'a plaquée contre le mur avec une ardeur que je n'avais pas anticipée. Sa bouche s'est jetée sur la mienne. Un baiser fougueux, désespéré, presque brutal. Nos lèvres se sont cherchées, happées, mordues, comme si le désir devait d'abord passer par une morsure. Nos langues se sont reconnues, fondues l'une dans l'autre avec la fièvre de retrouvailles charnelles.
— Ses mains ont glissé sur mon corps comme une urgence. Il m'a saisie aux hanches, m'a attirée plus fort contre lui, et ses paumes ont glissé jusqu'à mes fesses, qu'il a prises à pleines mains. Il les a malaxées, possessif, précis, comme s'il modelait ma position contre lui, me plaçant, me maintenant, m'imprimant la forme exacte de son excitation qui poussait déjà contre mon bas-ventre. À cet instant, j'étais à lui. Offerte. Sculptée par son désir.
— Ses mains ont glissé sur mon corps comme une urgence. Il m'a saisie aux hanches, m'a attirée plus fort contre lui, et ses paumes ont glissé jusqu'à mes fesses, qu'il a prises à pleines mains. Il les a malaxées, possessif, précis, comme s'il modelait ma position contre lui, me plaçant, me maintenant, m'imprimant la forme exacte de son excitation qui poussait déjà contre mon bas-ventre. À cet instant, j'étais à lui. Offerte. Sculptée par son désir.
Elle marque une pause, souffle à peine.
— Et là… après ce baiser… j'ai su que ma petite culotte n'aurait plus qu'une destination : la corbeille à linge sale. Trempée. Inutile. Victime collatérale d'un désir si intense qu'il traversait le tissu. Elle collait à moi comme un aveu. Un secret moite et délicieux glissé entre mes jambes.
Elle esquisse un sourire. Toujours les yeux fermés.
— Mais je ne vais pas vous faire un dessin… vous visualisez très bien, n'est-ce pas ?
Derrière elle, le silence se charge d'électricité. Puis un bruit, ténu, mais explicite. Le cliquetis discret d'une braguette qu'on descend, dent par dent. Lentement. Délibérément. Suit le froissement d'un tissu qu'on repousse. Le glissement feutré d'un sous-vêtement qu'on abaisse, avec précaution. Et ce son humide, furtif, charnel : celui de la peau contre la peau.
Puis viennent les souffles. Très courts. Très discrets. Mais irréguliers, heurtés, comme si chaque expiration jaillissait d'un corps au bord de l'explosion. Des soupirs étouffés, devenus presque des gémissements contenus. Une respiration fendue par le désir, haletante, lourde, tendue de honte et de plaisir mêlés. Il se touche. Là. Tout près. Derrière elle. Il se branle, clairement, précautionneusement, mais incapable de cacher le rythme, le besoin. Le frottement mouillé de sa main sur sa peau nue, les glissements de va-et-vient mal contenus, les froissements de son pantalon entrouvert, tout son corps parle dans cette obscénité discrète.
Et Hélène, sans bouger, capte tout. Chaque infime frémissement. Chaque silence chargé de honte et de désir. Chaque geste volé à la bienséance. Elle entend l'indicible, le souffle fendu, la peau moite, le rythme secret de la main qui s'égare. Cela la traverse comme un courant électrique, violent et exquis. Cela pulse dans son bas-ventre, s'élargit en vagues lentes, en battements obscènes contre sa culotte trempée. Elle ne voit rien, mais elle sait. Elle sent la fièvre de cet homme, debout, les reins tendus, pris dans ses filets, réduit à un corps agité par l'urgence de jouir. Consumé par ses mots.
Et à cet instant, elle le tient. Là. Entre ses phrases. Comme une main invisible autour de son sexe. Et elle frissonne, lentement, délicieusement, jusqu'au plus profond de sa chair, ivre de ce pouvoir qu'elle exerce sans même le regarder.
Hélène comprend. Il se touche. Là. Derrière elle. Un vertige la traverse, la saisit au creux du ventre. Pendant une seconde, elle est figée, surprise. Elle pense : « Il ose. Ici. Maintenant. Il n'a pas honte ? Un professionnel… » Mais la pensée se dissout aussitôt. Quelque chose d'autre prend sa place : une exaltation. Un frisson de puissance.
Elle continue de respirer calmement. Mais en elle, tout s'accélère.
Elle parle, et soudain, son corps réagit. Une chaleur inattendue pulse entre ses cuisses, son ventre se contracte doucement. Elle sent sa voix changer, s'assombrir. Elle est en train de s'exciter. En parlant. En se souvenant. Et en le sachant derrière elle haletant, fragile.
Elle parle, et soudain, son corps réagit. Une chaleur inattendue pulse entre ses cuisses, son ventre se contracte doucement. Elle sent sa voix changer, s'assombrir. Elle est en train de s'exciter. En parlant. En se souvenant. Et en le sachant derrière elle haletant, fragile.
Il a craqué. Pour elle. À cause d'elle. De ses mots. De sa voix. Elle sent cette force monter en elle. Ce pouvoir. Cette maîtrise. Elle aime ça. Elle en jouit déjà.
Sa voix devient plus précise. Plus indécente. Elle choisit les mots. Pour lui. Pour elle. Pour l'effet qu'elle devine.
— Il a glissé un doigt… d'abord…
Elle marque une hésitation, un souffle plus profond.
— Non… en fait… il y en avait deux. J'étais tellement sous le coup de l'émotion que je n'ai pas senti tout de suite. Deux doigts… profonds… précis…
Sa voix ralentit, devient presque un murmure.
— Et moi… plaquée contre le mur… j'ai posé ma main sur lui. Sur cette bosse… épaisse… palpitante… provocante… Je l'ai sentie vibrer rien qu'à mon contact, comme si elle m'attendait. Alors j'ai défait sa braguette. Lentement. Avec une précision délicieuse. Chaque geste mesuré, chaque cliquetis du métal comme un frisson sous mes doigts. Mes mains ont glissé sous le tissu, sous l'élastique tendu de son boxer… jusqu'à atteindre ce sexe… épais… chaud… tendu de désir… vivant d'impatience.
Elle marque une brève pause, puis poursuit dans un souffle vibrant.
— Quand je l'ai saisi… j'ai senti sa chaleur… sa tension… comme un cœur battant au creux de ma paume. C'était puissant. Presque brûlant. Vivant. Et docile. Alors j'ai commencé… de petits va-et-vient… lents… caressants… Une provocation douce, calculée. Je voulais qu'il sente que j'étais là, que je le tenais, que je dictais le rythme. Puis j'ai accéléré… un peu… puis encore… Mes doigts se resserraient, se relâchaient… et lui… ce sexe déjà si dur… gonflé de toute sa fièvre… vibrait dans ma main comme s'il allait imploser. Il me suppliait, sans un mot, juste par la tension brûlante de sa chair.
Julien ne bouge plus. Ou plutôt… si. Mais il se contient à peine. Sa respiration est rapide maintenant, presque irrégulière. Hélène sent le cuir du fauteuil vibrer légèrement derrière elle. Un frémissement à peine perceptible, mais qui dit tout. Elle se cambre doucement, comme pour mieux capter sa présence, l'effet qu'elle provoque.
Elle ne le voit pas, mais elle sait : il est en transe. Ses mots l'envoûtent. Lorsqu'elle a décrit sa main glissant sous le boxer d'Éric, l'épaisseur du sexe tendu dans sa paume, Julien a cessé de lutter. Il a laissé son corps répondre. Elle entend, très bas, très loin, le rythme sourd et honteux de ses gestes. Et elle comprend, avec une clarté fulgurante, qu'il suit son récit. Qu'il accompagne ses mots. Qu'il suit les mouvements qu'elle décrit : lentement d'abord, comme elle, puis plus vite, plus fort, à mesure que son récit s'accélère.
Ce pouvoir la bouleverse. L'exalte. L'illumine. Elle poursuit, sa voix plus grave, plus dense, comme portée par le souvenir de chaque seconde.
— J'ai passé mes jambes autour de sa taille… Mes talons calés dans son dos… Le mur derrière moi était rugueux… froid… Je sentais les aspérités m'égratigner la peau… mais je n'y pensais pas. Parce qu'à ce moment précis… il s'est enfoncé en moi.
Elle marque une pause. Sa voix ralentit, descend.
— Son sexe… s'est présenté au mien… lourd, gonflé, impérieux… et je me suis empalée dessus. Lentement. Délibérément. Je l'ai accueilli en moi comme on accueille une vague attendue depuis des jours. Cette brûlure délicieuse… cette tension… ce premier passage qui déchire autant qu'il délivre… Puis ce glissement… profond… dense… et cette sensation inégalable… d'être remplie… possédée… écartelée de plaisir. C'était divin… viscéral… un vertige de chair… une prière murmurée par tout mon corps. Et je savais, à son souffle… à ses tremblements… que j'étais en train de le perdre, lui aussi.
Son souffle tremble à peine. Elle continue, plus lentement encore, comme si chaque mot était pesé.
— Ses coups de reins… étaient puissants. Précis. Même si mon dos s'en est souvenu plusieurs jours… je m'en foutais. Il me transperçait… chaque fois. Et moi… j'étais inondée. Littéralement. Je sentais… couler entre mes cuisses… Je n'avais jamais ressenti ça… jamais aussi fort.
Elle prend une inspiration plus longue, et reprend, sa voix plus lente, plus caressante :
— Et puis c'est arrivé… Son corps s'est arqué contre le mien, tendu à l'extrême, ses mains cramponnées à mes hanches. Et soudain… cette vague. Ce flot brûlant, viscéral, irrésistible. J'ai senti sa semence jaillir, me percuter de l'intérieur. Chaque pulsation, chaque jet, une décharge qui m'envahissait… comme une possession. J'étais transpercée de chaleur, offerte à ce désir qui m'inondait, comme si j'étais le réceptacle de toute sa fièvre. Suspendue. Déconnectée. Je ne touchais plus terre j'étais ailleurs, portée par cette jouissance qu'il déposait en moi.
Ses mots s'étirent, pèsent, percent le silence.
— C'était une jouissance immense… profonde… j'ai senti mon ventre se contracter autour de lui, mon sexe l'aspirer encore plus fort, comme si mon corps voulait tout garder… chaque goutte… chaque vibration. Je n'étais plus qu'un souffle. Un cri contenu. Et un vertige immense. Mon dos griffé, mes jambes cramponnées à lui, et cette chaleur… encore… en moi.
Un soupir, plus rauque. Derrière elle. Un souffle brisé, arraché à la gorge. Julien s'abandonne. Elle le sent dans l'air, dans le frémissement à peine perceptible du parquet sous ses pieds. Il jouit. En silence. Mais elle l'entend dans chaque respiration coupée, dans le battement irrégulier du silence. Elle le sait. Et dans son esprit surgit l'image : le spasme de son corps, les reins contractés, la blancheur dense qui jaillit en volutes opaques contre le sol ciré. Elle ne se retourne pas. Mais elle le voit.
Elle ne tourne pas la tête, mais elle sait. Elle a vu, du coin de l'œil. Cette goutte, là, blanche et brillante sur le parquet, posée juste à droite, comme une offrande échappée. Elle ne cille pas. Mais son ventre se contracte, lentement. Une chaleur y éclot, étrange, délicieuse. Un frisson, oui. Mais plus qu'un frisson : un vertige. La preuve est là, visible. Épaisse, insolente, indéniable. Il a joui. Pour elle. Dans son dos. Comme un adolescent pris sur le fait. Incapable de se contenir.
Elle garde le regard droit, mais tout son corps sourit. Une jubilation froide, vive, troublante. Elle le tient. Il a craqué. À cause d'elle. Sous sa voix. Et cette petite tache, cette perle blanche devient tout à coup une signature. Une soumission silencieuse. Une preuve de pouvoir. Elle découvre quelque chose, là, dans ce silence tendu, dans cette tension moite suspendue dans l'air : elle peut faire jouir un homme sans le toucher. Par les mots. Par le souffle. Par le vertige d'un récit maîtrisé.
Elle inspire doucement, profondément. Et dans cet air chargé, elle sent autre chose : le parfum d'un pouvoir nouveau. Troublant. Jouissif. Elle ne pensait pas pouvoir faire cela. Elle ne s'imaginait pas capable d'emmener un homme aussi loin sans même poser la main sur lui. Et maintenant qu'elle l'a fait, elle ne veut plus l'oublier elle jubile.
Elle est trempée. Pas seulement entre les cuisses, mais de partout. L'exercice, au fond, l'a électrisée. Et cette goutte, là, sur le parquet ciré, brillante, insolente elle l'a vue. Du coin de l'œil. Blanche et dense, comme une preuve arrachée au silence. Une signature d'adolescent pris sur le fait, incapable de se contenir. Elle jubile. Un frisson de jubilation la traverse, puissant, inattendu. Il a craqué. Pour elle. Dans son dos. Et elle, immobile, souveraine, découvre avec stupeur et ivresse ce pouvoir nouveau : elle peut les faire céder. Elle peut les faire jouir, sans même les toucher. Elle se sent reine. Inattendue. Et délicieusement dangereuse.
Et elle le sait : à cet instant, dans cette pièce, elle n'était pas la patiente. Elle était la voix. Le pouvoir. La dominatrice invisible.
C'est elle qui l'a fait jouir.
Quand elle ouvre les paupières, Julien est de retour devant elle. Assis. Le visage tourné vers la fenêtre. Les joues légèrement rouges. Il ne dit rien. Il ne la regarde pas.
C'est elle qui l'a fait jouir.
Quand elle ouvre les paupières, Julien est de retour devant elle. Assis. Le visage tourné vers la fenêtre. Les joues légèrement rouges. Il ne dit rien. Il ne la regarde pas.
Il tremble légèrement. Dans ses mains, un mouchoir chiffonné, encore humide de ce qu'il vient de dissimuler. Il l'essuie nerveusement, d'un geste trop vif, presque brutal, comme pour effacer une trace indélébile. Ses doigts tremblent, incapables de reprendre contenance. Il ne lève pas les yeux. Il ne supporte pas son regard. Il le sent sur lui, pesant, inquisiteur, presque maternel — non, pire : comme celui d'une maîtresse qui surprend un élève en faute. Il a honte. Honte de ce qu'il a fait. De ce qu'il a ressenti. Mais plus encore… de ce qu'elle sait. De ce qu'elle laisse entendre sans le dire. Et qu'il lit dans le silence de ses yeux.
Elle n'a pas besoin de mots. Tout est là. Le souffle court de Julien. Ses gestes précipités. Le silence saturé d'un plaisir interdit. Elle goûte ce silence comme on savoure un fruit défendu. Chaque seconde prolonge sa victoire.
Elle reste silencieuse, elle aussi. Mais son sourire, en coin, est une réponse suffisante. Un sourire de femme qui sait. Puis, d'un ton doux, mais moqueur, elle rompt enfin le silence :
— Vous savez… étant institutrice, j'ai l'habitude. Des élèves qui perdent leurs moyens. Qui rougissent. Qui ne contrôlent pas tout à fait leurs réactions…
Son regard descend, effleure ses mains, puis revient se poser
— Vos silences… parlent très fort. (Elle marque une pause, incline à peine la tête.) Et vos mains aussi.
Julien ne bronche pas. Il garde les yeux fixés au sol. Elle poursuit, légèrement plus grave :
— Mais là… je m'en veux un peu. J'ai l'impression d'avoir échoué à l'exercice… Vu votre comportement, on dirait que je ne suis pas restée dans le cadre proposé, non ?
Il murmure, sans la regarder :
— Merci. On… peut s'arrêter là pour aujourd'hui.
Elle se lève. Lentement. Avec une grâce contenue. Puis elle prend son temps. Délibérément. Elle réajuste sa jupe, alors qu'elle n'en a nul besoin. Le tissu n'a pas bougé, pas une pliure, mais elle tire dessus, lisse, ajuste les pans avec application. Puis c'est au tour de son chemisier : elle remonte le col, tire sur les manches, tapote une couture invisible.
Une mise en scène. Elle le sait. Lui aussi, peut-être. Mais elle s'y délecte.
Il garde les yeux baissés. Il ne la regarde pas. Il ne peut pas. Il a honte. Il a craqué. Elle le sait. Et elle, intérieurement, jubile.
Il garde les yeux baissés. Il ne la regarde pas. Il ne peut pas. Il a honte. Il a craqué. Elle le sait. Et elle, intérieurement, jubile.
Elle se sent forte. Belle. Présente. Elle pense : « Le temps où personne ne me regardait est fini. Le temps où j'étais transparente. Aujourd'hui, j'ai pris le contrôle. Et j'en ai tiré du plaisir. »
Et cela lui fait un bien fou.
Avant de franchir la porte, elle se retourne.
Et cela lui fait un bien fou.
Avant de franchir la porte, elle se retourne.
— Julien ?
Il lève à peine les yeux.
— Vos silences… parlent très fort. Son regard glisse jusqu'à ses mains, un sourire à peine dessiné sur les lèvres. — Et vos mains aussi.
Et elle sort. Sans un mot de plus. Le sourire aux lèvres. Le sexe encore palpitant. Une fierté nouvelle dans le ventre. Elle vient de comprendre quelque chose de fondamental : elle n'est plus entre ses mains. C'est lui, désormais, qui tremble dans les siennes.
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