Naissance — Chapitre 1 · Naissance
Auteure
Coup de cœur
Notre équipe a apprécié ce chapitre. Cliquez pour découvrir pourquoi.
L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.
L'ambiance de la salle de danse est rendue avec une précision sensorielle rare — la chaleur étouffante, la sueur qui brûle les yeux, le claquement de la canne. Ce qui accroche vraiment, c'est la façon dont le désir d'Apolline émerge sans jamais être expliqué platement : il se glisse entre les lignes, dans un port de tête, un sourire sous les larmes. Le personnage s'installe en quelques pages avec une profondeur et une singularité qu'on a rarement vues dans un premier chapitre.
Naissance
Chapitre 1 · Naissance
La maîtresse de ballet n'a pas apprécié le manque de motivation lors de notre cours. Sa canne frappe le parquet de bois en rythme, marquant chaque changement de pieds.
Les nuques dévoilées par les chignons virevoltent en sens contraire de la pointe posée. Nos body roses, tenues obligatoires, sont collés à nos peaux, nos seins, nos fesses tendues et cambrées.
Le bruit de la canne, les souffles courts, quelques gémissements retenus sont la mélodie qui se noie dans l'étuve de la salle. Le soleil frappe les miroirs avec force alors que mes yeux noyés de sueur laissent s'épanouir des larmes.
Depuis plusieurs mois, mais depuis toujours assurément, ce rapport à la souffrance, à la douleur est prégnant et se dévoile doucement et totalement. J'en aime la poésie des teintes qu'elle impose à mon âme et mon corps.
— Pardon Madame, en baissant les yeux tout en filant au vestiaire.
J'entends les commentaires qui fusent d'une douche à l'autre :
— C'est une furie, confirme sa sœur.
— Une vraie salope, persifle une dernière.
C'est ma vérité !
Ma main droite empoigne le body sur mon ventre pour n'en faire qu'un lien étroit et solide.
Le tissu écrase, presse, roule comme une vague folle sur mon sexe.
Bouche entrouverte — les filles rient encore, si proches, séparées seulement par la vapeur et le bruit de l'eau. Je serre les dents. La jouissance est là, proche, certaine, et je la retiens une seconde encore, les paupières mi-closes, tremblante de ce qu'il m'en coûte.
Le silence s'abat sur la pièce. Dans le miroir, je découvre le regard de Madame. Il ne se détourne pas. Et sans pouvoir retenir quoi que ce soit, je jouis sans me cacher.
J'entre dans la douche et volontairement ne la verrouille pas, laissant même un petit espace. Je ferme les yeux, les bras le long du corps, et j'imagine le regard de Madame et celui des filles. Je me veux catin, salope. Voilà des années que je ne peux ressentir de plaisir que sous le joug de mon imagination perverse et débridée.
Je me dois d'être l'objet, humiliée, malmenée pour ressentir le frisson.
L'eau coule froide sur mon corps, légers ruisseaux qui se forment entre mes petits seins, ma vulve lisse, mes fesses. Dans ce nid de frissons, je me laisse aller doucement au sol à genoux.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteure en un geste.
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteure : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Commentaires ()
Blais
Apolline n'en restera pas là, elle a tout à découvrir.
Vivement la suite.