Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une pièce cachée — Chapitre 1 · La maison aux lumières oubliées
Auteur
Une pièce cachée
Chapitre 1 · La maison aux lumières oubliées
La nuit avait enveloppé la petite ville d’un voile sombre. Les rues étaient presque désertes, les commerces avaient fermé depuis longtemps et une fine brume glissait lentement sur les trottoirs humides.
Élena, vingt-cinq ans, marchait seule, les mains enfouies dans les poches de son manteau noir. Elle aimait ces promenades nocturnes. Il y avait quelque chose de particulier dans le silence de la nuit, quelque chose qu’elle ne retrouvait jamais pendant la journée. À cette heure, elle pouvait enfin respirer.
Ses pensées s’éparpillaient au rythme de ses pas. Elle repensait à sa vie, à ses histoires d’amour qui n’avaient jamais vraiment abouti, à cette étrange sensation de chercher quelque chose sans savoir quoi. Elle avait toujours rêvé d’un amour différent. Pas simplement une histoire faite de rendez-vous, de messages et de promesses oubliées. Non. Elle voulait quelque chose de rare. Une connexion si profonde qu’un simple regard suffirait à tout bouleverser. Un amour qui lui donnerait l’impression que le monde entier pouvait disparaître sans que cela ait la moindre importance. Elle sourit à cette pensée.
Élena, vingt-cinq ans, marchait seule, les mains enfouies dans les poches de son manteau noir. Elle aimait ces promenades nocturnes. Il y avait quelque chose de particulier dans le silence de la nuit, quelque chose qu’elle ne retrouvait jamais pendant la journée. À cette heure, elle pouvait enfin respirer.
Ses pensées s’éparpillaient au rythme de ses pas. Elle repensait à sa vie, à ses histoires d’amour qui n’avaient jamais vraiment abouti, à cette étrange sensation de chercher quelque chose sans savoir quoi. Elle avait toujours rêvé d’un amour différent. Pas simplement une histoire faite de rendez-vous, de messages et de promesses oubliées. Non. Elle voulait quelque chose de rare. Une connexion si profonde qu’un simple regard suffirait à tout bouleverser. Un amour qui lui donnerait l’impression que le monde entier pouvait disparaître sans que cela ait la moindre importance. Elle sourit à cette pensée.
— Tu regardes beaucoup trop de films romantiques, Élena, murmura-t-elle pour elle-même.
Elle s’apprêtait à faire demi-tour lorsqu’un chemin étroit attira son attention. Il s’enfonçait entre deux rangées d’arbres, à l’écart de la rue principale. Elle était certaine de ne jamais l’avoir remarqué auparavant, alors qu’elle empruntait souvent ce quartier. Au bout du chemin, derrière une grille rouillée, se dressait une immense maison. Elle semblait avoir été oubliée par le temps. Ses murs étaient recouverts de lierre, plusieurs fenêtres étaient brisées et les volets pendaient de travers. Le jardin, envahi par les herbes folles, avait probablement été magnifique autrefois. Une ancienne fontaine trônait au milieu d’une allée de pierres, désormais presque invisible sous la mousse.
Tout indiquait que personne n’avait vécu ici depuis des années. Pourtant, quelque chose attira immédiatement le regard d’Élena. À l’étage, derrière une fenêtre étroite, une lumière dorée brillait. Elle s’immobilisa. La maison était abandonnée. Elle en aurait mis sa main à couper. Alors pourquoi cette lumière ?
Elle observa la fenêtre pendant plusieurs secondes. Rien ne bougeait à l’intérieur. Aucun bruit ne venait de la propriété, hormis le bruissement des feuilles agitées par le vent. Elle aurait dû continuer son chemin. Vraiment. Mais la curiosité était plus forte. Élena poussa doucement la grille. Celle-ci grinça si fort qu’elle retint son souffle, persuadée que quelqu’un allait surgir dans l’obscurité pour lui demander ce qu’elle faisait là. Rien. Elle s’engagea dans l’allée. Plus elle approchait de la maison, plus elle ressentait une impression étrange. Ce n’était pas exactement de la peur. Plutôt une sensation de familiarité, comme si un souvenir enfoui cherchait à remonter à la surface.
Lorsqu’elle arriva devant la porte d’entrée, elle découvrit qu’elle était entrouverte.
— C’est complètement fou, souffla-t-elle.
Elle poussa la porte du bout des doigts. Un parfum délicat l’accueillit. De la rose, du bois ancien et quelque chose de légèrement vanillé. Élena fronça les sourcils. Une maison abandonnée ne devrait pas sentir aussi bon. Elle sortit son téléphone pour éclairer le hall. Le parquet craquait sous ses pas. Des draps blancs recouvraient les meubles, un grand miroir terni occupait le mur du fond et un escalier majestueux montait vers l’étage. Au-dessus de la cheminée, un portrait représentait une jeune femme vêtue d’une robe ivoire, les cheveux relevés, un sourire mystérieux aux lèvres. Élena s’approcha.
Puis elle entendit quelque chose. De la musique. Une mélodie de piano, douce et lente, qui semblait provenir de l’étage. Élena sentit un frisson lui parcourir les bras. Elle aurait pu partir. Elle aurait même dû partir. Mais la mélodie avait quelque chose d'envoûtant. Elle ressemblait à ces airs que l'on entend dans les vieux films, lorsque deux personnes se retrouvent après des années de séparation. Elle monta les escaliers, une marche après l’autre. Au premier étage, un long couloir s’étendait devant elle. Plusieurs portes étaient fermées. Au bout, une porte blanche laissait filtrer une lumière chaude. C’était de là que venait la musique. Élena s’approcha et posa la main sur la poignée. La porte s’ouvrit sans résistance. Et elle oublia instantanément pourquoi elle avait eu peur.
Au centre, un immense lit à baldaquin était entouré de voilages crème qui retombaient jusqu’au sol. Des dizaines de bougies éclairaient les murs, projetant des ombres dansantes sur le papier peint aux motifs floraux. Des pétales de roses rouges recouvraient le parquet et formaient un chemin jusqu’à une petite table dressée près de la fenêtre. Deux coupes de cristal y attendaient, accompagnées d’un chandelier en argent et d’un vase rempli de roses fraîches. Des rideaux de velours bordeaux encadraient les fenêtres. Dans un coin, un vieux piano à queue diffusait encore sa mélodie, alors que personne ne se trouvait devant lui. Tout semblait préparé pour une soirée romantique. Pas une soirée ordinaire. Une soirée destinée à deux personnes qui s’aimaient profondément. Élena resta sur le seuil, incapable de prononcer un mot. La pièce n’avait rien à voir avec le reste de la maison. Ici, rien ne semblait abandonné. Les bougies brûlaient, les fleurs étaient fraîches et les draps parfaitement lisses. Quelqu’un entretenait cet endroit. Quelqu’un venait ici.
Mais qui ?
Elle entra lentement, fascinée. Ses doigts effleurèrent le tissu d’un rideau, puis le dossier d’un fauteuil ancien. Sur une petite commode, elle remarqua un coffret en bois sculpté, posé à côté d’une photographie noir et blanc. Elle prit la photographie. Elle représentait un homme et une femme enlacés dans cette même pièce. Ils étaient jeunes, élégants, et se regardaient avec une tendresse si évidente qu’Élena sentit son cœur se serrer. Au dos de la photo, une phrase avait été écrite à l’encre noire :
« À l’endroit où le monde s’arrête, je t’attendrai, même si les années nous séparent. »
Élena relut la phrase. Une fois. Puis une deuxième.
Elle regarda autour d’elle, cherchant une caméra, une silhouette, n’importe quel indice qui pourrait expliquer cette plaisanterie de mauvais goût. Personne. Elle s’approcha du lit et prit l’enveloppe entre ses doigts. Son prénom était écrit à la main, avec une élégance ancienne. L’encre semblait fraîche. Elle déchira lentement le bord. À l’intérieur se trouvait une seule feuille de papier crème. Trois lignes y étaient inscrites.
« Si tu es arrivée jusqu’ici, c’est que tu cherches, toi aussi, quelque chose que le monde a oublié. Ne crains pas cette maison. La vraie question n’est pas de savoir pourquoi tu es venue… mais pourquoi cette pièce t’attendait. »
Élena sentit son souffle se couper.
Il la regardait comme s’il l’attendait depuis longtemps. Élena serra la lettre contre sa poitrine.
— Qui êtes-vous ?
L’homme baissa brièvement les yeux vers le papier qu’elle tenait, puis reporta son attention sur elle. Un sourire presque imperceptible apparut sur ses lèvres.
— Je pourrais vous poser exactement la même question.
— Je suis entrée parce que j’ai vu de la lumière. Je ne savais pas que quelqu’un vivait ici.
— Personne ne vit ici.
Elle désigna la pièce d’un geste nerveux.
— Alors, comment expliquez-vous tout ça ? Les bougies, les fleurs, la musique… et cette lettre avec mon prénom dessus ?
L’homme ne répondit pas immédiatement.
Et, pendant une fraction de seconde, lorsqu’il referma doucement ses doigts autour des siens, elle ressentit une émotion inexplicable. Une sensation fugace, presque douloureuse, comme le souvenir d’un moment qu’elle n’avait jamais vécu. Gabriel sembla le remarquer. Son sourire disparut.
— C’est impossible, murmura-t-il.
— Quoi donc ?
Il lâcha doucement sa main et recula d’un pas. Pour la première fois depuis qu’elle l’avait aperçu, il avait l’air véritablement bouleversé.
— Vous avez exactement le même regard qu’elle.
Élena sentit son ventre se nouer.
— La femme du portrait ?
Gabriel acquiesça.
Derrière elle, à côté de Gabriel, se tenait une femme vêtue d’une robe ivoire. La même femme que sur le portrait. Elle souriait. Et ses lèvres formèrent silencieusement quatre mots.
« Ne lui fais pas confiance. »
Quand Élena se retourna, il n’y avait plus personne. Seulement Gabriel, qui la fixait avec une expression indéchiffrable. Et la porte, derrière lui, venait de se refermer toute seule.
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