Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'amour et les ruines — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'amour et les ruines
Chapitre 6
L'amour et les ruines
Chapitre 6
Je pensais terminer ce récit à ce chapitre. Cependant pour maintenir un équilibre avec les précédents, il y aura un tout dernier chapitre, sans doute plus court, mais en forme d'épilogue. Merci à celles et ceux qui suivent cette petite histoire.
Mais j'écris, j'écris et j'en viens à oublier de vous parler du principal... du plus étonnant sans doute.
J'en étais enfin arrivé à la fin de mon ouvrage après de longs mois de labeur et mes ruines avaient, du moins je l'espérais, retrouvé un peu de leur splendeur d'antan.
Dans la grande cuisine éclairée par de larges baies vitrées, j'avais installé une bonne et vieille table de campagne en chêne massif que j'avais récupérée à l'occasion d'une brocante à la ville voisine.
J'en étais enfin arrivé à la fin de mon ouvrage après de longs mois de labeur et mes ruines avaient, du moins je l'espérais, retrouvé un peu de leur splendeur d'antan.
Dans la grande cuisine éclairée par de larges baies vitrées, j'avais installé une bonne et vieille table de campagne en chêne massif que j'avais récupérée à l'occasion d'une brocante à la ville voisine.
Entourée de six chaises d'une époque toute aussi lointaine, elle avait fière allure, d'autant qu'en son centre, j'avais déposé un vase de terre orné de fleurs champêtres qui embaumaient l'espace. Les rayons d'un soleil printanier venaient se reposer dessus comme le font les abeilles et autres papillons au cœur de la lavande. Les murs encore nus, semblaient s'imprégner de cette douceur qui se dégageait de cette atmosphère.
L'heure approchait et dans quelques instants, je quitterai à la hâte la maison pour me rendre à la gare, distante de quelques kilomètres, pour y accueillir Élise. Et oui, ma belle allait enfin me rejoindre pour de bon cette fois.
Fou d'impatience, je ne cessais de regarder la grande horloge comtoise qui, à mon grand regret, semblait prendre un malin plaisir à laisser s'échapper le plus lentement possible les minutes de son carillon, s'obstinant à ne pas sonner les sept coups attendus.
Au dehors tout était silencieux, étrangement calme. Les cigales n'avaient pas encore repris leurs chants lancinants et les oiseaux ne s'égosillaient pas, la saison des amours n'étant pas tout à fait arrivée. Seules, les herbes produisaient un léger bruissement sous la brise et ce sont elles que j'écoutais afin de ne plus entendre les battements dans ma poitrine qui me tambourinaient aux oreilles.
C'est alors que, par l'une des fenêtres ouvertes, je crus apercevoir une jeune femme, toute de blanc vêtue, tenant haut dans sa main, une ombrelle aux fraîches couleurs. Une capeline à voilage léger lui couvrait son épaisse chevelure noire. J'imaginais derrière ce tulle fin, deux grands yeux sombres scrutant les environs, en quête de lointains souvenirs.
Mais oui, c'était bien elle ! Cette même ombre qui, il y avait plusieurs mois à présent, m'était apparue traînant dans ses jupons deux petits diablotins. Mais ce matin elle était seule et, sur ses lèvres d'un rose pâle, il me sembla bien entrevoir un sourire, un peu comme si elle était heureuse de me revoir et, je dois bien l'avouer, je l'étais moi aussi !
Oui, j'en étais à présent convaincu, l'âme de la maison c'était bien elle, cette jeune femme d'un autre siècle, siècle bien lointain aux bonheurs simples. Pourquoi rôdait-elle encore ici ? Quel chagrin, quelle douleur la retenait loin de son repos, loin de ceux qui par-delà le temps, l'attendaient probablement aux portes de l'éternité ?
Mon esprit s'égarait et je le laissais divaguer, lui laissant libre cours.
Mais ce n'était là qu'une ombre qui se dessinait dans la brume du petit matin de printemps, qu'une ombre à laquelle mon imagination, mon esprit, mon envie, donnaient vie et apparence.
Moi qui ne croyais pas aux revenants, je me laissais envahir par cette blanche inconnue surgie du passé. Qui était-elle ? D'où venait-elle ? Avait-elle seulement vraiment existé ?
Alors qu'elle commençait à disparaître, il me sembla soudain qu'elle se déplaçait. Je ne pouvais voir ses pieds perdus dans une nébuleuse brumasse. Elle semblait se mouvoir sans remuer ses membres inférieurs et ses traits me devinrent d'un seul coup plus nets, plus précis.
Mais ce n'était là qu'une ombre qui se dessinait dans la brume du petit matin de printemps, qu'une ombre à laquelle mon imagination, mon esprit, mon envie, donnaient vie et apparence.
Moi qui ne croyais pas aux revenants, je me laissais envahir par cette blanche inconnue surgie du passé. Qui était-elle ? D'où venait-elle ? Avait-elle seulement vraiment existé ?
Alors qu'elle commençait à disparaître, il me sembla soudain qu'elle se déplaçait. Je ne pouvais voir ses pieds perdus dans une nébuleuse brumasse. Elle semblait se mouvoir sans remuer ses membres inférieurs et ses traits me devinrent d'un seul coup plus nets, plus précis.
Je la vis s'approcher du puits que j'avais restauré dans les semaines passées. De sa main gantée de dentelle, elle caressa la margelle, visiblement heureuse. C'était un puits dont les années avaient tari la source et où je n'avais aperçu aucune trace d'eau, cependant il ne faisait aucun doute qu'il avait été jadis, le centre d'intérêt de la famille.
Puis l'horloge que j'avais presque oubliée, se rappela à moi en sonnant les sept coups que j'attendais depuis déjà bien longtemps.
Alors l'ombre se dissipa et je crus discerner l'espace d'un instant, un doigt pointant en direction du puits, comme s'il me désignait ce endroit avant de disparaître complètement sous les assauts du soleil.
Alors l'ombre se dissipa et je crus discerner l'espace d'un instant, un doigt pointant en direction du puits, comme s'il me désignait ce endroit avant de disparaître complètement sous les assauts du soleil.
Je n'y prêtai pas plus attention. Mon désir d'aller accueillir Élise l'avait emporté sur la blanche inconnue et j'ignorai volontairement le message qu'elle semblait vouloir me transmettre.
La route pour aller à la gare me sembla ce jour là interminable, mais à mon arrivée, il me fallut encore attendre une demi-heure avant que le haut-parleur ne demande de sa voix nasillarde à la foule de s'éloigner de la bordure des quais, le train allant entrer en gare. Ce dernier arriva peu de temps après cette annonce et dans un horrible crissement, s'immobilisa enfin.
La route pour aller à la gare me sembla ce jour là interminable, mais à mon arrivée, il me fallut encore attendre une demi-heure avant que le haut-parleur ne demande de sa voix nasillarde à la foule de s'éloigner de la bordure des quais, le train allant entrer en gare. Ce dernier arriva peu de temps après cette annonce et dans un horrible crissement, s'immobilisa enfin.
Élise était là, à trois wagons de moi, sur le marchepied. Et si ce n'avait pas été elle, en effet, je l'aurais prise, un instant, facilement pour cette ombre inconnue tant, habillée de blanc, elle lui ressemblait. Cependant, ce n'était pas de mousseline et de dentelle qu'elle était vêtue et sur la tête, elle ne portait pas de capeline mais un foulard léger que je lui avais offert pour son dernier anniversaire.
S'en suivit une longue étreinte, bien naturelle après notre assez longue séparation et mes mains descendirent sur la courbure de ses reins?
Main dans la main, nous nous dirigeâmes vers notre voiture et après avoir placé dans le coffre le peu de bagages qu'elle avait apportés, nous prîmes le temps encore d'une nouvelle étreinte, plus sensuelle, avant e prendre la route vers notre nouvelle maison.
Main dans la main, nous nous dirigeâmes vers notre voiture et après avoir placé dans le coffre le peu de bagages qu'elle avait apportés, nous prîmes le temps encore d'une nouvelle étreinte, plus sensuelle, avant e prendre la route vers notre nouvelle maison.
Je pris un immense plaisir à lui faire découvrir celle-ci et les lieux qui l'entouraient, je n'aurais su dire qui de l'une ou de l'autre mettait en valeur le tout et le spectacle qui s'offrait à nous.
Nous fîmes l'amour, simplement, avec un immense bonheur durant la matinée, puis je fis visiter les environs à ma douce et belle future épouse.
La nuit était tombée sans même que nous nous en apercevions, et comblés de plaisir, nous gagnâmes notre chambre. Élise trouva rapidement le sommeil tandis que pour moi, l'inconnue emplissait à cet instant mon esprit.
La nuit était tombée sans même que nous nous en apercevions, et comblés de plaisir, nous gagnâmes notre chambre. Élise trouva rapidement le sommeil tandis que pour moi, l'inconnue emplissait à cet instant mon esprit.
Je revis ce doigt si fin pointant en direction du puits et je décidai que dès le lendemain, il me faudrait résoudre ce qui pour moi restait un mystère ou un appel. Mais d'autres questions me venaient à l'esprit. Par deux fois déjà, j'avais vu cette femme, j'avais également aperçu deux enfants, cependant je n'avais encore jamais vu ou ne serait-ce qu'entrevu l'homme, qui à n'en pas douter, avait vécu lui aussi en ces lieux isolés. La fatigue de cette journée mouvementée et débridée aidant, je parvins à m'endormir, persuadé qu'un jour prochain, l'homme à son tour viendrait à apparaître. Quand, où, comment ? tout cela je l'ignorais mais cette certitude était bien là.
Au petit matin, j'eus la surprise de constater qu'Élise, levée bien avant moi, avait dressé la table du petit-déjeuner sur la terrasse déjà inondée de soleil. Elle s'y tenait dans la tenue d'Eve, son corps magnifiquement sculpté ne pouvait qu'attirer ma convoitise.
Elle ne m'avait pas entendu arriver et sursauta lorsque, délicatement, je mis ma mains dans son opulente chevelure et que je me collai à elle d'une façon non équivoque. Alors, avec le massif montagneux, les feuilles épineuses des chênes kermès et le soleil pour seuls témoins, je lui fis l'amour. Et, de toute évidence, la nuit ainsi que ce début de matinée semblaient l'avoir comblée car un large sourire après nos ébats éclairait son doux visage.
Je bus ensuite et en toute hâte mon bol de café noir, avalai une tartine grossièrement beurrée, puis allai me rafraîchir car il me tardait d'élucider l'énigme de ce puits qui, un peu plus loin, se dressait dans le près, comme s'il n'attendait que moi.
Vêtu de vieux vêtements, je descendis à l'aide d'une corde dans l'obscurité de cette "cavité". La descente me parut interminable et lorsque, enfin, mes pieds touchèrent un sol dur, j'allumai ma lampe la lampe de poche dont je m'étais muni.
En étendant les bras en croix, je ne parvenais pas à toucher les parois. J'allais donc pouvoir travailler avec une certaine aisance. Élise quant à elle, était restée en haut. Elle guettait un signe pour me faire descendre par la même voie, les outils dont je pourrais avoir besoin.
Je mis mes mains autour de ma bouche et je criai que j'étais arrivé et qu'elle pouvait me faire parvenir le matériel que j'avais préparé la veille. Quelques minutes plus tard, je me mis à l'ouvrage et à l'aide d'une pioche et d'une pelle, éclairé par la faible lueur que dégageaient ma lampe torche et ma lampe tempête, je creusais le sol, remplissant les seaux de terre et de gravats. Je les fis remonter à l'aide d'une poulie tandis qu'en haut, Élise les vidait.
En fin d'après-midi, je n'avais toujours rien découvert bien que l'eau commençait à arriver en surface. Sans doute avais-je atteint la source qui alimentait le puits autrefois. Et c'est alors que je commençais à désespérer que dans la faible lumière, je découvris une espèce de paquet gras, étroitement ficelé.
Bien que l'eau avait ruisselé dessus, l'emballage ne semblait pas avoir souffert de ce long séjour, ce qui, pour moi, était de bon augure pour le contenu. Sans perdre un instant, je rejoignis Élise en surface, tout heureux et boueux, de ma trouvaille.
Ma tendre avait ignoré jusqu'à présent le but de mon ouvrage et les causes de mon acharnement du jour. Elle s'était simplement persuadée que je tentais de faire revenir l'eau dans ce puits d'un autre âge. Aussi fut-elle surprise de me voir arriver l'air triomphant, tenant dans les mains un vieux paquet qui, pour elle, semblait sans importance.
Nous gagnâmes sans tarder la cuisine où, les mains fébriles, je défis avec beaucoup de difficultés les ficelles qui liaient le papier gras. Une fois fait, nous vîmes apparaître de vieux journaux d'une époque lointaine et révolue et dont le titre ne me disait rien. Puis, glissée entre les pages, une lettre manuscrite glissa sur la table. Visiblement, la main qui avait tenu la plume tremblait en écrivant tant il était difficile de déchiffrer les lignes.
Élise, quant à elle, parcourait des yeux les titres de la première page des journaux. Soudain, elle poussa un petit cri étouffé en découvrant que la maison, notre maison, avait abrité jadis un homme qui finirait sa vie au bagne.
Je mis de côté la lettre, décidé moi aussi à lire la suite des articles. Excité, je me mis à parcourir frénétiquement les vieux quotidiens. Tous relataient une étrange histoire et cela semblait même invraisemblable.
Dans cette douce région de Provence, ici même, un crime avait était commis plus d'un siècle plus tôt. Le propriétaire, accusé du meurtre avait été condamné au bagne à perpétuité. Il allait laisser seuls, dans cet endroit isolé, une femme et ses deux jeunes enfants. Je n'en croyais pas mes yeux... était-ce elle, cette ombre furtive qui m'apparaissait de temps à autre ?
D'autres articles retraçaient toute l'histoire puis le jugement et enfin l'embarquement pour à Marseille pour le bagne, de l'accusé. Il avait eu beau crier, hurler, pleurer son innocence, personne ne l'avait cru, personne n'avait prêté, semble-t-il, attention à la sincérité de ses propos.
Élise était devenue livide et de toute évidence, l'idée de vivre en des lieux où un drame s'était produit, ne l'enchantait guère. Toute sa joie, tout son allant, avaient disparu laissant place à une appréhension qu'elle jugeait légitime.
Mais nous n'étions pas encore au bout de nos surprises... ce n'était que le commencement d'une bien étrange aventure dont le dénouement allait me surprendre moi-même.
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