Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le Rituel de passage — Chapitre 2 · Le premier pas
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le Rituel de passage
Chapitre 2 · Le premier pas
Le rituel de passage
Chapitre 2 Le premier pas
La maison est enfin silencieuse. Sophie est partie avec les enfants depuis un moment, et le calme qui règne me paraît presque irréel.
Je sais que la voiture arrivera en fin d'après-midi. Chaque minute me semble plus lourde que la précédente.
Je monte à l'étage. Dans la salle de bains, le miroir me renvoie une image que je regarde sans détour. Mes cheveux bruns, légèrement méchés de châtain, tombent sur mes épaules. Mes yeux verts paraissent plus clairs sous la lumière froide du plafonnier. Mon nez, droit et fin, me donne cet air sage que tout le monde me prête. Mes lèvres, trop fines à mon goût, tremblent un peu.
Je n'ai pas remis les pieds sur une balance depuis des mois. 68 ? 70 kilos peut-être ? Je ne sais plus. Ce que je sais, c'est que Julien ne me regarde plus. Et que moi-même, j'ai cessé de me regarder vraiment.
Je laisse tomber mes vêtements sur le sol froid et entre sous la douche. L'eau chaude glisse sur ma peau, efface un peu la tension. J'inspire profondément, ferme les yeux. C'est étrange, cette impression d'être à la fois présente et absente de mon propre corps.
L'odeur du savon au jasmin emplit la pièce, familière et apaisante. Je reste là longtemps, sans penser à rien d'autre qu'à la chaleur sur ma peau.
Quand je sors, j'enroule une serviette autour de moi et trace un cercle dans la buée du miroir. Mon reflet me fixe, comme si je le redécouvrais.
Je fouille dans le tiroir de la commode. Mes mains tremblent légèrement en effleurant les tissus. Je veux me sentir prête, entière, sûre de moi. J'opte pour des dessous sombres, discrets sous la robe, une parure que je n'ai pas portée depuis longtemps. Le noir de la dentelle est sublimé par le petit nœud rouge qui se trouve au centre du string, et que l'on retrouve également au centre du soutien-gorge qui mets parfaitement en valeur mon 90b, le contraste avec ma peau blanche me surprend, me trouble un peu.
J'enfile lentement une longue robe noire. Sa matière douce glisse contre moi, légère et fluide, presque silencieuse. Elle s'ajuste comme si elle avait été faite pour cette soirée là, pour cette version de moi que je redécouvre.
Je reste un long moment immobile devant le miroir.
La maison est silencieuse, le temps semble suspendu. Mon reflet me fixe, comme s'il attendait une réponse que je ne peux pas lui donner.
Je ne sais rien de ce qui m'attend. Rien.
Ni le lieu, ni les visages, ni ce qui se passera une fois la porte franchie.
Sera-t-il seul à m'attendre ?
Ou d'autres seront-ils là, invisibles, complices silencieux d'un rituel dont j'ignore tout ?
Je repense à ses mots, à la promesse faite dans son message : “Ce n'est pas un danger, c'est une expérience.”
Mais quelle expérience ? Et pourquoi moi ?
Je sens mon cœur battre plus fort, un mélange d'excitation et de peur.
Et s'il me demandait quelque chose que je ne peux pas donner ?
S'il attendait de moi une force, une audace que je n'ai pas ?
Je ne sais pas si je serai capable de répondre à ses attentes… ni même de comprendre ce qu'il attend réellement.
Mais au fond, ce n'est peut-être pas lui que je redoute.
C'est moi.
Il est 15 heures. L'horloge de la cuisine égrène les minutes avec une lenteur presque insupportable.
Je me sers un café, la chaleur de la tasse contre mes mains, et laisse mon esprit vagabonder.
Que ressentirai je en montant dans cette voiture ?
Ai-je vraiment le courage de me laisser conduire vers l'inconnu ?
Comment vais-je gérer la peur qui va inévitablement monter ?
Et si, une fois sur place, je découvrais que mes limites sont plus fragiles que je ne le pensais ?
Saurai-je garder le contrôle de moi-même, ou vais-je me perdre dans l'expérience ?
Et puis, un autre doute plus intime me traverse : est-ce que je mérite vraiment ce moment pour moi, ce frisson interdit, après toutes ces années à être invisible aux yeux de Julien ?
Mon regard se pose sur l'écran de l'ordinateur posé sur la table. Une notification clignote, inattendue, rapide.
Un nouveau courriel.
Je retiens mon souffle et clique pour l'ouvrir.
Le message est court, précis, poli dans le ton :
Charlotte,
Pour finaliser notre rendez-vous, je vous prie de bien vouloir me communiquer votre adresse exacte, afin que je puisse y envoyer mon chauffeur vous récupérez.
Je prends une profonde inspiration et tape ma réponse :
Monsieur,
Oui, je demeure au 27 rue des Marronniers. Je vous remercie pour votre attention.
Je relis mes mots, mes doigts hésitent avant d'appuyer sur “envoyer”.
Le temps semble suspendu, et le tic-tac de l'horloge de la cuisine devient presque assourdissant dans le silence qui m'entoure.
Enfin, vers 17 heures, le courriel arrive. Mon cœur rate un battement.
Le ton est toujours calme, précis, poli :
Charlotte,
La voiture sera devant votre domicile à 19 heures précises. Pour ne pas éveiller les soupçons, le chauffeur ne klaxonnera pas. Il attendra cinq minutes. Si vous ne venez pas dans ce délai, il repartira et vous n'aurez plus jamais de nouvelles de moi.
Je relis ses mots plusieurs fois. Le mélange de rigueur, de contrôle et de liberté que ce mail contient me fait trembler. Le simple fait de savoir que je n'aurai que cinq minutes pour décider m'oppresse et m'excite à la fois.
18 heures. Je n'en peux plus d'attendre, je tourne en rond. La maison est silencieuse, mais une tension nouvelle s'installe dans ma poitrine. Je regarde la robe que j'avais choisie, le tissu noir simple et fluide, et soudain un frisson de doute me traverse. Trop austère. Trop impersonnelle.
Je sens la chaleur de la nervosité me faire transpirer légèrement. Mon parfum semble s'être évaporé, ne laissant derrière lui qu'un souvenir diffus. Mes dessous noirs, choisis pour ne pas se voir sous la robe, me semblent maintenant ternes, presque décevants. Tout cela me paraît inadéquat.
Le cœur battant, je me décide. Il me faut tout recommencer. Une douche complète, chaude et longue, qui effacera ce petit film de panique qui m'envahit. Je relave mes cheveux, les laissant retomber sur mes épaules, puis je me maquille à nouveau avec soin, redessinant mes yeux et mes lèvres, plus attentivement que la première fois.
Je choisis un parfum plus entêtant, enivrant, que je sais capable de marquer ma présence et de laisser derrière moi une trace délicate et troublante.
Pour les dessous, je change complètement de registre : un ensemble rouge vif, assorti à ma robe, un soutien-gorge qui épouse parfaitement ma poitrine et un tanga délicat en dentelle. Je veux qu'il se souvienne de moi.
Puis je choisis ma robe. Elle est longue, près du corps sur le haut, mettant en valeur ma poitrine, cintrée juste à la taille pour souligner mes formes, mais suffisamment évasée sur le bas pour laisser un léger mouvement gracieux à chacun de mes pas. L'allure m'évoque les pin-up américaines des années 1950, à la fois élégante et audacieuse.
Je reste un moment devant le miroir, le regard perçant mon propre reflet. Le cœur bat vite, l'excitation et la peur mêlées. Chaque détail compte, chaque geste. Je veux qu'il me voie, qu'il m'observe, qu'il se souvienne de moi.
Dans quelques minutes, la voiture sera là. Et moi… Que vais-je faire ?
Je m'installe dans le salon, la robe rouge glissant légèrement sur mes hanches, mes mains encore un peu tremblantes. Pour essayer de calmer cette nervosité qui me serre la poitrine, je décide de mettre un peu de musique.
Un premier morceau de jazz s'échappe des enceintes. Les notes suaves et feutrées m'enveloppent, mais je me rends vite compte que ce rythme trop lent me plonge dans une attente encore plus insupportable. Alors je change pour un peu de rock, quelque chose de plus vif, qui ferait battre mon cœur à l'unisson avec la tension qui m'habite. Mais non… le rythme trop nerveux accentue mon impatience.
Je finis par chercher quelque chose de plus doux, une musique qui pourrait m'aider à respirer, à relâcher cette tension oppressante qui me parcourt depuis des heures. Les accords légers effleurent mes oreilles, mais rien n'y fait. Le tic-tac de l'horloge, le bruissement du vent dehors, tout me paraît amplifié par cette attente.
Je pose la main sur ma poitrine et laisse échapper un souffle que je ne savais même pas retenir. Chaque minute, chaque seconde avant l'arrivée de la voiture me semble une éternité. Et moi… je dois rester ici, immobile, à attendre l'inconnu.
18h55. Le moment est venu de choisir mes chaussures. Je me penche pour enfiler des escarpins rouges, assortis à ma robe et à mes dessous. Pas de hauts talons impossibles à tenir : je ne sais pas si je pourrai les supporter longtemps, et surtout, si je dois marcher, j'ai peur de perdre l'équilibre et de tomber. La simple idée d'un faux pas me fait frissonner. Ce serait la honte la plus absolue
Je prends une profonde inspiration et ajuste les lanières autour de mes chevilles, sentant chaque mouvement comme un rituel. Mes jambes semblent un peu plus longues, mon port de tête plus assuré mais le cœur bat toujours aussi fort.
Je me redresse devant le miroir, un dernier regard à ma silhouette. Tout est prêt. Tout sauf le courage de savoir ce que m'attend réellement derrière cette porte.
19h précises. Une grosse berline allemande se gare doucement devant le portillon de ma maison. Mon cœur s'arrête un instant.
— Ça y est… c'est le moment ma fille, me dis-je intérieurement,
— Ça y est… c'est le moment ma fille, me dis-je intérieurement,
Je prends mon sac à main, le serre un peu contre moi, puis je sors de la maison. La porte se ferme derrière moi dans un clic sec. Je glisse la clé dans mon sac et avance vers l'entrée de ma cour.
Le chauffeur sort de la voiture, fait le tour et s'arrête devant la portière arrière coté passager. Il me tend sa main avec une précision tranquille, un geste mesuré et professionnel. Je la saisis, légèrement tremblante, et il m'aide à m'installer dans la berline.
Assise sur le siège arrière, je respire profondément, essayant de calmer le battement affolé de mon cœur. Chaque détail, le cuir de la voiture, le parfum subtil à l'intérieur, le geste du chauffeur, me rappelle que je suis sur le point d'entrer dans un monde que je n'ai jamais expérimenté. Et pourtant… je ne recule pas.
Le chauffeur remonte en voiture après avoir fermé ma portière, sans un mot. Le moteur démarre, et nous avançons dans la nuit noire. Les lumières de ma maison disparaissent rapidement derrière nous, remplacées par l'obscurité profonde des routes silencieuses.
Je tourne légèrement la tête et remarque une enveloppe posée sur le siège arrière, juste à côté de moi. Mon prénom est écrit dessus,
Je tends la main, hésitante, et ouvre l'enveloppe. À l'intérieur, un simple feuillet de papier, soigneusement plié. Je déplie le document et commence à lire, mes yeux glissant sur chaque mot avec une attention fébrile.
"Charlotte,
N'essayez pas de demander au chauffeur le lieu de votre destination, il ne vous dira rien. Vous trouverez dans la pochette du siège qui se trouve devant vous, un ruban noir. Je vous demande de le mettre devant vos yeux, afin que vous ne puissiez savoir où nous allons.
N'essayez pas de demander au chauffeur le lieu de votre destination, il ne vous dira rien. Vous trouverez dans la pochette du siège qui se trouve devant vous, un ruban noir. Je vous demande de le mettre devant vos yeux, afin que vous ne puissiez savoir où nous allons.
Merci d'être là, je suis très fier de vous et de vos premiers pas. Il y a encore tellement à faire, mais je serai là pour vous guider. À très vite."
Mon souffle se fait un peu plus court. Le ruban noir, je le vois déjà, posé dans la pochette. L'idée de devoir le mettre sur mes yeux m'électrise et me terrifie à la fois. Je sens mes mains devenir moites, mon cœur tambouriner dans ma poitrine.
C'est réel. Je suis sur le point de franchir une étape que je n'avais jamais osé imaginer. Et pourtant… une part de moi brûle de savoir ce qui m attends.
Je glisse la main dans la pochette du siège devant moi et sens le ruban noir, doux sous mes doigts. Je le retire lentement, presque avec révérence, et le tiens un instant, hésitante. Mon cœur bat à tout rompre.
Respirant profondément, je ferme les yeux un instant pour me préparer. Puis, d'une main tremblante, je porte le ruban à mes yeux. Ajustant le tissu pour qu'il couvre parfaitement ma vue, c'est alors qu' un frisson parcourt mon échine.
Tout devient obscur. La berline, le chauffeur, la route… plus rien n'existe devant moi. Je me sens à la fois vulnérable et étrangement libre. Chaque son autour de moi semble amplifié : le moteur, les roues sur l'asphalte, ma respiration haletante.
Je sens l'adrénaline grimper. Je ne sais pas où nous allons, je ne sais pas ce que j'y trouverai, mais je suis là.
La berline file dans la nuit. Chaque virage, chaque accélération me fait ressentir un peu plus le ruban contre mes yeux. Le monde extérieur a disparu, remplacé par l'obscurité totale et le bruit feutré de la voiture.
Je tends légèrement les mains, comme pour sentir les limites de mon espace, mais il n'y a rien à toucher. Juste le siège, et cette sensation étrange d'être suspendue entre sécurité et incertitude. Mon esprit tourne à toute allure : serai-je à la hauteur ? Que va-t-il me demander ?
Je me surprends à sourire malgré moi. Et pour la première fois depuis longtemps, je sens que je suis réellement vivante.
Le trajet dure, mais je ne saurais dire combien de temps exactement. Trente minutes ? Quarante-cinq ? Une heure peut-être… Avec ce bandeau sur les yeux, je suis totalement incapable de me repérer. Je ne sors presque jamais, sauf pour les courses, pour emmener les enfants à l'école ou chez le pédiatre.
Peu à peu, je remarque que les lumières qui filtraient à travers le tissu deviennent de plus en plus rares, jusqu'à disparaître complètement. L'obscurité est totale. Un frisson parcourt mon dos : nous devons être sortis de la ville, en pleine campagne.
La voiture ralentit progressivement. Mon cœur s'accélère. Puis elle s'arrête. L'air frais de la campagne s'engouffre soudain dans l'habitacle, me faisant frissonner quand le chauffeur baisse sa vitre.
Je l'entends appuyer sur un interphone, et quelques secondes plus tard, une voix féminine répond, claire et posée :
—Oui?
—C'est nous, nous sommes là, répond le chauffeur.
—Très bien, je vous ouvre, dit la voix, suivie d'un grincement métallique.
—Oui?
—C'est nous, nous sommes là, répond le chauffeur.
—Très bien, je vous ouvre, dit la voix, suivie d'un grincement métallique.
La voiture redémarre aussitôt. Je sens les gravillons crisser sous les pneus, et le léger balancement de la voiture sur une allée bien longue. Le trajet semble durer deux minutes, peut-être plus, et je devine que nous devons être dans une vaste propriété. L'anticipation me serre la poitrine,
La voiture s'arrête enfin. Le moteur s'éteint. Le chauffeur descend et vient ouvrir ma portière.
En dégrafant ma ceinture de sécurité, il se penche légèrement vers moi. Mon souffle se coupe un instant : un parfum suave, musqué, m'envahit. Je respire à plein poumons, un mélange de curiosité et de tension qui me traverse.
Une fois la ceinture retirée, il me prend délicatement la main pour me guider hors de la voiture. Sa voix est douce, chaude, pleine de gentillesse :
—Veuillez garder votre bandeau, madame. Je vais vous guider jusqu'en haut du perron. Il y a dix marches. Une fois en haut, je lâcherai votre main et vous remettrai une enveloppe. Je retournerai ensuite a la voiture. Quand vous entendrez ma portière se refermer et le moteur redémarrer, vous pourrez enlever votre bandeau et ouvrir l'enveloppe. Vous m'avez bien comprise
—Veuillez garder votre bandeau, madame. Je vais vous guider jusqu'en haut du perron. Il y a dix marches. Une fois en haut, je lâcherai votre main et vous remettrai une enveloppe. Je retournerai ensuite a la voiture. Quand vous entendrez ma portière se refermer et le moteur redémarrer, vous pourrez enlever votre bandeau et ouvrir l'enveloppe. Vous m'avez bien comprise
Je hoche la tête, ma voix se noue légèrement, mais je parviens à répondre :
—Oui… tout est clair.
—Oui… tout est clair.
Le frisson qui parcourt mon corps est intense. Et je sens que le moment que j'attends depuis des semaines est enfin là.
Il me guide doucement, marche après marche. Mes talons touchent les marches avec une légère hésitation, mais il soutient chaque pas, m'assurant un équilibre fragile mais rassurant. Je sens sa main chaude envelopper la mienne, chaque contact me traversant d'un frisson mêlé d'anticipation et de nervosité.
Enfin, nous arrivons en haut du perron. Il lâche ma main avec précaution et me glisse une enveloppe dans la main. Mon cœur s'accélère. Le contact du papier entre mes doigts est presque électrisant.
Le chauffeur retourne vers sa voiture sans un mot. Je tends l'oreille, et j'entends le cliquetis de sa portière se refermer, suivi du grondement doux mais certain du moteur qui redémarre. Mon souffle se bloque un instant : le monde autour de moi semble suspendu.
Je respire profondément, puis, d'une main légèrement tremblante, je retire mon bandeau. La lumière me frappe un instant, et je plisse les yeux pour m'habituer à l'espace devant moi. L'enveloppe repose entre mes mains.
Je prends quelques secondes pour analyser mon environnement. Je suis sur le perron d'une ancienne demeure, le sol de pierre légèrement usé par les nombreux pas qui ont dû le fouler depuis des années. La maison semble immense, probablement sur trois étages, au vu du nombre de fenêtres alignées sur la façade avant. Je m'imagine qu'il doit y avoir un grand nombre de pièces.
—Quelle bâtisse! Je plains celle qui fait le ménage… Je me surprends à sourire à cette pensée.
—Penser à ça maintenant, tu es irrattrapable, ma pauvre fille, me murmurai je, un mélange d'excitation et de nervosité dans la voix intérieure.
—Penser à ça maintenant, tu es irrattrapable, ma pauvre fille, me murmurai je, un mélange d'excitation et de nervosité dans la voix intérieure.
Je me tourne vers la voiture, toujours là, moteur tournant, silencieuse, attendant patiemment. Puis je reporte mon attention sur la maison et me retrouve face à une grosse porte en bois, finement travaillée. Au centre, à hauteur d'homme, une petite trappe semble pouvoir s'ouvrir sur le côté.
Je me souviens alors qu'il faudra prononcer un mot de passe si je décide de franchir cette porte. Mon regard se pose sur l'enveloppe que le chauffeur m'a remise. Le mot de passe doit être là, à l'intérieur.
Je respire profondément, sentant mon cœur battre dans ma poitrine. La peur est là, présente et aiguë, mais une autre force, plus silencieuse, me pousse à avancer. Après tout ce chemin, je ne peux pas renoncer maintenant. Et pourtant… un instant d'hésitation me traverse. Vais-je vraiment oser?
Mes doigts tremblent légèrement en l'ouvrant. À l'intérieur, un petit feuillet, soigneusement plié. Je déplie le papier et lis le mot écrit à la main:
Mes doigts tremblent légèrement en l'ouvrant. À l'intérieur, un petit feuillet, soigneusement plié. Je déplie le papier et lis le mot écrit à la main:
«Lâchez prise»
Ces deux mots résonnent immédiatement en moi. Un frisson me parcourt de la tête aux pieds. La simplicité de cette injonction, sa force presque hypnotique, me frappe: lâcher prise… c'est exactement ce que je suis en train de faire. Et pourtant, je sens le poids de cette décision.
Mes mains se crispent sur le feuillet, et je respire profondément. Tout est en place. La voiture, le chauffeur, la maison silencieuse et imposante… et cette porte, juste devant moi. Je sais qu'une fois que je frapperai, que je prononcerai ce mot, il n'y aura plus de retour possible.
Je lève la main, hésite une dernière seconde, et murmure pour moi-même:
—Lâchez prise…
—Lâchez prise…
Je prends encore quelques secondes pour moi-même, le cœur battant. Une vague de fierté me traverse: j'ai osé faire tout ce chemin jusqu'ici, affronter mes peurs, accepter l'inconnu. Il est temps maintenant: à cette nouvelle Charlotte d'entrer dans le bal. Je respire profondément, sens l'air frais contre ma peau, et frappe deux fois à la porte.
La petite trappe s'ouvre devant moi. Rien. Je ne parviens pas à distinguer quoi que ce soit par cet étroit interstice. Pas un son, pas un mouvement.
Alors, calmement, je murmure
—Lâchez prise.
—Lâchez prise.
La trappe se referme soudain dans un claquement sec. Je sursaute et laisse échapper un petit cri de surprise. Mon souffle se fait plus rapide, le cœur battant à tout rompre.
Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvre enfin devant moi. À cet instant précis, la voiture redémarre, comme si elle avait attendu ce signal pour disparaître dans la nuit. Je me tiens là, immobile, ressentant le vertige et l'anticipation de ce qui m'attend derrière ce seuil.
A suivre…
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Commentaires ()
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Mumu
Lâchez prise, tellement facile à dire, mais si difficile à faire.
Tous les éléments sont en place: la vielle bâtisse, l'excitation de Sophie empreinte d'appréhension.
Craint-elle de découvrir une facette de sa personnalité enfouie au plus profond d'elle même.
Je suis impatient de lire la suite
Encore un peu de patience... la suite arrive le 11 décembre.
Merci de votre commentaire et de votre enthousiasme.
Vous nous faites languir, le récit est tellement prenant que je voudrais la suite dès maintenant !