La séduction inattendue de Jessica
Chapitre 1
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

La séduction inattendue de Jessica — Chapitre 1

26 minutes
5.5k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Gillos
Gillos
Histoires publiées
5
Chapitres publiés
10
Abonnés
28
J'aime cumulés
500

La séduction inattendue de Jessica

Chapitre 1

Jessica pousse la porte du bar, elle sent déjà cette légère boule au ventre qui accompagne les premiers rendez-vous.
À quarante-trois ans, elle a pris le temps de se préparer en mode séduction. Elle porte un ensemble une pièce, combinaison pantalon noir, ajustée près du corps qui souligne joliment sa silhouette et ses formes féminines, sans trop en faire toutefois. Ses longs cheveux bruns retombent sur ses épaules et son maquillage reste discret, juste assez pour mettre son regard et ses jolies lèvres pulpeuses en valeur.
Elle jette un coup d'œil autour d'elle, le bar est situé dans une petite rue du centre de Rennes, dans un quartier où les étudiants ont leurs habitudes. Nous sommes jeudi soir, journée historique des étudiants en vadrouille, l'ambiance est déjà bien installée. Ça parle fort, ça rit, des groupes se retrouvent autour de bières et certains refont le monde avec beaucoup de conviction alors qu'il n'est même pas encore vingt heures.
Jessica regarde son téléphone, normalement, il ne devrait plus tarder, elle sourit toute seule.
L'homme qu'elle doit rencontrer se prénomme Marc. Ils discutent depuis plusieurs jours sur Internet. Le courant semble plutôt bien passer, il lui envoie des messages agréables, quelques plaisanteries, et surtout des photos sur lesquelles il apparaît très séduisant.
Elle est installée au fond de la salle, à une petite table.
Quelques minutes passent, la porte s'ouvre, et lorsqu’elle lève les yeux, son sourire disparaît presque immédiatement.
Jessica reconnaît Marc, du moins elle pense le reconnaître car il regarde autour de lui cherchant quelqu'un, puis aperçoit Jessica.
— Jessica ?
— Oui, Marc ? répond-elle en se levant.
— Oui, c'est moi, enchanté.
Ils se serrent la main, Jessica sourit poliment mais à l'intérieur, pourtant, elle pense, « Mince, ça ne va pas le faire ». La différence entre les photos et l'homme qui se trouve devant elle est beaucoup plus importante qu'elle ne l’avait imaginé, elle ne retrouve pas vraiment le visage qu'elle a découvert sur Internet, y compris la façon dont il se tient lui paraît différente.
Marc s'assoit.
— Tu es bien rentrée dans Rennes ?
— Oui, sans problème, j'ai trouvé assez facilement.
— Tu as de la chance, moi, j'ai tourné dix minutes avant de trouver une place.
— Classique, un jeudi soir, dit-il en riant.
Jessica acquiesce et essaie sincèrement de faire fonctionner la conversation, elle ne veut pas être désagréable car après tout, l'homme en face d'elle n'a rien fait de mal, si ce n'est probablement la naïveté d’embellir la réalité de son profil, elle trouve néanmoins ceci archinul de procéder ainsi, car en finalité le juge suprême reste la réalité lorsqu’elle se présente.
Ils commandent deux verres et pendant qu'ils parlent, Jessica remarque qu’à quelques mètres d'elle, deux jeunes femmes sont installées au comptoir. Elles doivent avoir un peu plus d’une vingtaine d’années, elles discutent et rient en se montrant quelque chose sur leur téléphone.
Jessica les regarde machinalement, l'une d'elles lève les yeux lorsque leurs regards se croisent, la jeune fille lui sourit rapidement et détourne la tête puis Jessica retourne à sa conversation avec Marc.
Quelques minutes plus tard, elle remarque à nouveau les deux étudiantes qui regardent dans sa direction, elle commence à se demander si elle n'a pas quelque chose sur le visage.
Elle passe discrètement un doigt près de sa joue, rien, puis vérifie rapidement ses cheveux, rien non plus, du coup, elle fait semblant de ne rien remarquer, mais les deux jeunes femmes recommencent et cette fois, elles échangent quelques mots en se penchant l'une vers l'autre, puis éclatent de rire.
Jessica baisse les yeux vers son verre se demandant cette fois-ci, si les deux jeunes filles ne se moquent pas d’elle.
Elle entend Marc parler, mais elle n'écoute plus vraiment.
— Et donc finalement, j'ai changé de boulot l'année dernière.
— Ah oui ?
— Oui, ça m'a fait bizarre au début.
Jessica consent, tout en jetant un nouveau coup d'œil furtif vers les étudiantes.
L'une d'elles la regarde encore et cette fois, Jessica lui adresse un petit sourire. La jeune fille lui répond immédiatement, du coup, Jessica ne peut s'empêcher de sourire davantage et commence à comprendre que ce n'est probablement pas pour se moquer d’elle.
Quelques minutes plus tard, Marc qui a bien ressenti que c’était peine perdue entre Jessica et lui, regarde sa montre.
— Bon, je ne vais peut-être pas trop tarder.
— Oui, moi non plus et en plus demain, je travaille de bonne heure, réplique Jessica saisissant ainsi l'occasion de se dérober avec cette excuse parfaitement acceptable.
Marc semble comprendre, il sort son portefeuille.
— Je règle les consommations.
— C’est gentil, je te remercie.
Marc lui serre la main et quitte le bar tandis qu’elle le regarde disparaître derrière la porte, elle reste quelques secondes immobile, puis elle se dit intérieurement, « Bon ben ça ne sera pas pour aujourd’hui, encore une perte de temps, j’aurais mieux fait de regarder une série ».
Elle récupère son sac et se dirige vers les toilettes assouvir une petite envie pressante, le mouvement de ses hanches soulignant avec élégance la courbe de son arrière-train, ne laissant pas indifférentes les deux jeunes femmes qui la regardent s’éloigner vers le fond du bar.
Elle sort des toilettes plus légère, elle a pris soin de laisser les dernières gouttes humidifier le fond de sa fine culotte, elle aime s’imprégner de ses propres substances et renifler le soir ses odeurs intimes comme un doudou, dans son lit.
Depuis que Marc est parti, l'ambiance du bar lui paraît soudain beaucoup plus agréable maintenant qu'elle n'a plus à faire semblant de s'intéresser à une conversation qui ne mène nulle part.
Elle avance vers la sortie, et lorsqu'elle passe à proximité des deux étudiantes, elle entend une voix derrière elle.
— Madame ?
Jessica se retourne, les deux jeunes femmes la regardent avec un mélange de timidité et de sourire.
— Oui ?
La plus brune prend une petite inspiration.
— Je voulais juste vous dire quelque chose.
— Ah bon ? Ben, je vous écoute.
— Je vous trouve très belle.
Sa copine acquiesce immédiatement.
— Oui, vraiment.
Jessica reste un instant sans savoir quoi répondre, elle ne s'attendait absolument pas à ça, de ce fait son visage s'éclaire.
— Oh, c'est adorable ! répond-elle en posant une main sur son cœur, merci beaucoup, ça me fait vraiment plaisir.
Les deux jeunes femmes sourient, visiblement soulagées de sa réaction.
— On se demandait si on devait vous le dire, avoue la première.
— Pourquoi ?
— Parce que vous avez l’élégance d’une femme féminine, un brin sophistiquée, enfin bref, on avait peur de vous déranger et un peu aussi de votre réaction.
Jessica rit doucement.
— Vous savez quoi ? Vous venez de rendre ma soirée beaucoup plus sympathique.
Les deux jeunes femmes rient à leur tour, puis Jessica regarde la table, regarde la porte par laquelle Marc est sorti et une idée lui traverse l'esprit.
— Puisque vous êtes aussi gentilles, je peux vous offrir un verre ?
Les deux étudiantes se regardent.
— Sérieusement ? Vous êtes sûre ?
— Absolument, mon rendez-vous vient de se terminer assez rapidement, alors autant que cette soirée serve à quelque chose !
Les deux jeunes femmes éclatent de rire.
— Alors là, on accepte !
Jessica pose son sac et s'installe avec elles au comptoir.
— Qu'est-ce que vous prenez ?
— Nous avons commencé à la bière, continuons sur la lancée !
Jessica lève un doigt vers le serveur.
— Trois bières, s’il vous plaît !
La conversation démarre presque naturellement.
— Vous êtes étudiantes ici ? demande Jessica.
— Oui, toutes les deux à Rennes 2.
— Ah, d'accord, et vous étudiez quoi ?
— Histoire de l'art, répond la brune.
— Et moi la psychologie, ajoute son amie.
Jessica sourit.
— Psychologie ? Alors je vais faire attention à ce que je raconte !
Elles éclatent toutes les trois de rire.
Jessica apprend qu'elles se connaissent depuis leur première année de fac, qu’elles ont toutes les deux vingt-deux ans, qu’elles habitent en colocation et passent beaucoup de temps ensemble. Elles lui racontent leurs petits problèmes d'étudiantes, leurs soirées, leurs examens.
À un moment, Jessica demande :
— Et au fait ? Vous faisiez quoi quand vous me regardiez tout à l'heure ? demande soudain Jessica.
Les deux jeunes femmes se regardent.
— On parlait de vous, reconnaît finalement la brune, mais pas méchamment !
— Ah ! Je m’en doutais bien, à un moment je me suis toutefois demandé si vous ne vous moquiez pas de moi !
— Pas du tout, en fait, à votre image, on trouvait votre tenue super jolie.
L'autre ajoute :
— Et puis vous êtes très élégante et sexy, on se disait qu'on aimerait bien avoir autant d'allure que vous plus tard.
Jessica reste silencieuse une seconde car le compliment la touche davantage qu'elle ne veut le montrer.
— C'est vraiment gentil de me dire ça, répond-elle en avalant une gorgée de bière.
— Vous savez, à votre âge, on ne pense pas forcément à ce genre de choses. On se demande surtout si on est assez jolie, assez mince, assez ceci ou assez cela, elle hausse les épaules puis rajoute, et puis quand on vieillit un peu, on comprend qu'on a passé beaucoup trop de temps à se prendre la tête pour rien.
Les deux jeunes femmes l'écoutent avec attention.
— Donc vous n'avez jamais de complexes ? demande l'une.
— Oh pas spécialement des complexes ! Disons que j’oublie mes imperfections, je suis une femme normale.
— Vous avez l'air sûre de vous.
— Je crois que je suis surtout devenue plus à l'aise avec moi-même, ce n'est pas pareil.
Un silence agréable s'installe, puis la jeune femme aux cheveux bruns lève son verre.
— Alors à ça, « À être à l'aise avec soi-même », dit-elle en riant.
Les verres s'entrechoquent doucement et, tandis que le bar continue de vivre autour d'elles, Jessica se dit que cette soirée qui avait commencé par un rendez-vous raté prend finalement une tournure beaucoup plus inattendue, elle était venue rencontrer un homme qu'elle ne connaissait pas et elle repartira peut-être avec quelque chose de bien plus simple : le souvenir de deux jeunes femmes qui, pendant quelques minutes, ont simplement eu envie de lui dire qu'elles la trouvaient belle.
Et, finalement, c'est peut-être exactement le compliment dont elle avait besoin ce soir.
— Au fait, je ne connais même pas vos prénoms.
— C'est vrai, on ne s'est même pas présentées ! Moi, c'est Camille, dit la brune.
— Et moi, Manon.
— Camille et Manon, enchantée, et moi, c'est Jessica.
— On peut se tutoyer, non ? dit Manon en souriant.
Jessica hausse les sourcils, amusée.
— Évidemment, vous n’allez quand même pas continuer à m'appeler madame toute la soirée !
Elles trinquent, à nouveau en levant leurs verres ! La conversation devient encore plus simple, le vouvoiement disparaissant presque sans qu'elles s'en rendent compte.
Camille porte un jean noir moulant et un petit pull clair à la coupe près du corps mettant en avant une poitrine généreuse qui tient manifestement sans soutien-gorge puisque l’on devine deux tétons pointant fièrement au-dessous. Rien de provocant, mais une tenue qui lui donne une allure jeune et soignée, ses cheveux bruns sont attachés rapidement en queue-de-cheval, avec quelques mèches qui retombent autour de son visage.
Manon est habillée un peu différemment, elle porte une jupe noire assez simple avec des collants opaques et un chemisier blanc légèrement ouvert au col, sous une veste courte, son soutien-gorge est léger presque transparent laisse entrevoir une poitrine tonique de femme sportive. Ses cheveux blond foncé tombent sur ses épaules, elle a un maquillage discret qui est davantage destiné à souligner ses yeux qu'à transformer son visage.
Jessica remarque aussi que Camille, depuis quelques minutes, joue machinalement avec une mèche de ses cheveux chaque fois qu'elle lui parle. Manon, elle, se rapproche légèrement lorsqu'elle écoute Jessica, rien de franchement évident, mais suffisamment pour qu'une femme de son âge comprenne ce qui est en train de se passer. Jessica n'est pas idiote, elle a du vécu, elle sourit intérieurement, et contre toute attente, cela lui fait plaisir, elle se sent même fière d’être la cible de deux séductrices qui lui témoignent une attention qui n'a rien de forcé.
Camille lui demande :
— Et toi, alors ? Tu fais quoi dans la vie ?
— Je suis directrice d’une agence bancaire.
Puis la conversation dérive naturellement vers sa vie sentimentale.
— Et ce soir, tu étais vraiment venue pour rencontrer quelqu'un ?
— Théoriquement, oui, répond Jessica avec un petit soupir théâtral.
Les deux filles rient.
— C'est celui qui était avec toi au début quand tu es arrivée ? On avait bien vu.
Camille échange un regard avec Manon.
— Vous aviez bien vu quoi ?
— Que ce n'était pas vraiment ton genre.
Jessica éclate de rire.
— À ce point-là ?
— Disons que tu avais une tête de quelqu'un qui cherche discrètement une sortie de secours, tu regardais ton verre toutes les trente secondes.
Elles pouffent toutes les trois, Jessica raconte alors brièvement comment elle a découvert que les photos de Marc étaient loin de correspondre à la réalité.
— Je me suis dit quand même que j'allais rester correcte, je n’allais pas me lever au bout de deux minutes en disant : "Désolée, mais le réel n’est pas en phase avec le virtuel »
Camille manque de s'étouffer avec sa bière.
— Tu aurais dû !
— Non, quand même, pourtant je sais être une grosse salope dans certaines circonstances.
— Ah bon ? Tu peux être une gentille salope.
Un petit silence s'installe, Jessica regarde les deux jeunes femmes, puis, avec une curiosité naturelle, elle demande :
— Je peux vous poser une question un peu personnelle ?
— Vas-y.
— Vous êtes ensemble toutes les deux ?
Elles restent silencieuses une seconde, puis Camille sourit.
— Officiellement, non, nous sommes trois colocataires et notre troisième coloc est rarement là le soir.
— Ah oui, et alors ? Vous deux officieusement ?
Manon regarde Camille avant de répondre.
— Officieusement, c'est un peu différent, en fait, à force de se raconter toutes nos aventures avec nos mecs d’un soir ou plus, tous les détails chauds que l’on prenait plaisir à se raconter et à commenter, on s’est rendues compte que nous n’avions jamais essayé avec les filles et qu’à contrario nous en avions super envie toutes les deux. Naturellement on s’est rapprochées et depuis quelques mois on s’éclate comme des dingues lorsque l’on se retrouve toutes deux seules.
Jessica esquisse un sourire.
— Mais c’est excellent votre histoire ! Et personne ne le sait ?
— Ben si ! toi maintenant, et c’est tout ! répond Manon en riant.
— Même pas vos amis ?
— Non, quand on est dehors, on reste discrètes.
Camille prend une gorgée de bière.
— On n'a pas envie d'avoir à se définir et surtout pas à se justifier, du coup on vit nos gros délires de filles toutes les deux et pour la suite, adviendra ce qu’il adviendra… Et toi, tu recherches quoi ?
— Moi ? Jessica réfléchit quelques secondes.
— À la base, un homme, en principe !
— En principe ? retorque Camille.
Jessica lui lance un regard réjoui.
— Par définition je me suis toujours dit que je cherchais avant tout un homme, pourtant j’ai déjà eu quelques petites expériences féminines qui m’ont plutôt laissé de bons souvenirs et franchement avec tout ce que j’ai pu vivre avec la gente masculine dans mes relations passées, je m’interroge parfois si je ne devrais peut-être élargir mes horizons et ne pas être aussi catégorique dans mes recherches.
Jessica fait tourner doucement son verre entre ses doigts pendant que Camille et Manon jubilent en se regardant, puis entraînent Jessica dans un éclat de rire collectif.
— Pourquoi vous me regardez comme ça ? dit Jessica, comme si je venais de vous donner une information extrêmement intéressante.
— Peut-être que c'est le cas.
Jessica secoue la tête en souriant.
— Vous êtes terribles, toutes les deux, mais vous savez les filles, pour le peu que je vous connaisse, je me retrouve un peu dans votre état d’esprit. À part qu’à votre âge j’étais déjà maman d’une petite Chloé, ma vie par la suite a été faite de découvertes sexuelles en tout genre, souvent perverses, qui ont débridé totalement ma sexualité. J’ai, je pense, très bien élevé seule ma fille avec beaucoup d’amour, de tendresse et d’attention, elle finit d’ailleurs ses études actuellement aux États-Unis. Mais le weekend et la moitié des vacances scolaires, lorsqu’elle partait chez son père, la Jessica de la semaine se transformait en Jessica dévergondée prête à assouvir ses délires les plus coquins, dit-elle à voix basse pour éviter de partager leur conversation avec le reste du bar.
— C’est extra, souligne Manon qui la regarde avec des grands yeux admiratifs tout en continuant de jouer machinalement avec ses cheveux.
— J’avoue, ça fait une vingtaine d’années maintenant que cette vie de quasi célibataire m’apporte épanouissement, j’aimerais désormais trouver une certaine stabilité mais pas à n’importe quel prix.
La conversation devient plus personnelle, plus complice, les trois femmes parlent de rencontres, de relations et leurs expériences extravagantes et délurées.
— En fait, tu es indépendante et tu vis ta vie comme tu l’entends, profitant pleinement des plaisirs charnels, soumet Camille d’une voix envieuse.
— C’est exactement cela, je crois que je suis en train de me confier peut-être un peu vite avec des inconnues, mais ça me fait du bien de parler, d’autant plus que mon intuition me dit que je peux vous faire confiance.
— Tu peux, enchaîne Manon, c’est un plaisir de t’écouter, si on comprend bien tu as goûté à beaucoup de pratiques différentes alors ?
— Je crois avoir essayé tout ce qui était possible de faire dans la limite de ce qui est permis et de l’hygiène et ce qui est étrange, c’est qu'avec notre génération de différence, c’est que vous me semblez être dans le même trip que moi !
— Je le pense aussi, nous sommes jeunes, on découvre et on aime les sensations fortes, alors à quoi bon s’en priver ! Et tu as des choses que tu préfères à d’autres j’imagine ?
— Bien sûr que oui, répond Jessica en chuchotant, en fait, j’aime à peu près tout mais je crois que ce qui me fait le plus fondre, ce sont les pénétrations intenses, j’avais rencontré trois ans après la naissance de ma fille, un homme qui était particulièrement bien doté si vous voyez ce que je veux dire ?
— Je crois qu’on a compris oui !
— Sur le coup je l’avais bien senti passer mais cette sensation de plénitude s’est avérée addictive au fil du temps je me suis dit que quand on aime on en veut toujours plus, et maintenant, plus rien ne m’impressionne.
— C’est marrant puisque Manon et moi avons les mêmes délires que toi.
— C’est vrai, à votre âge ?
— Ben oui à notre âge, nous ne sommes pas des saintes ni touches, réplique Camille.
— Je vous crois volontiers, vous n’en avez pas l’air d’ailleurs.
Manon et Camille sont subjuguées par la philosophie de Jessica proche de la leur, qui se dit, quant à elle, qu'elle ne s’est pas sentie aussi à l’aise aussi rapidement depuis longtemps avec des personnes qu'elle vient à peine de rencontrer, elle regarde l'heure, il est presque vingt-deux heures, cela fait une heure trente qu’elles conversent.
— Il faut que je m’en aille, les filles !
— Le temps passe vite, réplique Manon en jetant un coup d’œil sur son smartphone, c'est peut-être parce que tu n'es plus avec ton fameux Marc.
— Sûrement et finalement, il m'a rendu service, sans lui, je ne serais pas en train de boire une bière avec vous.
— Alors, finalement, ce n'était pas un rendez-vous complètement raté ?
— Non, il a été très bien compensé.
Jessica regarde alternativement Camille et Manon avec cette complicité nouvelle qui commence à s'installer entre elles. Elle sait parfaitement que les deux jeunes femmes tentent de la séduire à leur manière et même si elle ne sait pas encore si elle les reverra un jour.
Elle prend la dernière gorgée de bière de sa chope, regarde autour d'elle. Le bar est maintenant beaucoup plus bruyant. Les étudiants commencent à parler plus fort, certains chantent vaguement sur une chanson qui passe en fond sonore.
— Je vous laisse finir la soirée entre jeunes, ravie de vous avoir rencontrées ! Je vous fais la bise.
Manon fait une moue de désapprobation.
— Ça nous fend le cœur de te voir partir, si tu en as envie, viens boire un verre demain soir chez nous ?
Jessica la regarde, surprise.
— Chez vous ?
— Ben oui, chez nous, on habite à dix minutes d'ici.
Manon intervient aussitôt :
— Notre troisième colocataire n'est pas là le week-end. Elle rentre chez ses parents en Normandie et ça nous ferait plaisir de continuer à discuter tranquillement autour d'un verre.
— Vous êtes sérieuses ?
— Complètement.
Jessica sourit, puis ajoute :
— Vous réalisez quand même que j'ai l'âge d'être votre mère ? fait remarquer Jessica.
Les deux jeunes femmes prennent immédiatement un air faussement scandalisé.
— Oh, ça va ! proteste Camille, franchement, ça n'a aucune importance.
— En plus, tu ne fais absolument pas ton âge, et puis tu es belle, féminine, élégante… On ne voit pas ça comme un problème, en plus le feeling passe super bien entre nous.
Jessica secoue la tête, amusée.
— Vous êtes en train de me flatter pour que j'accepte.
— Oui mais puisque c’est sincère, où est le problème ?
Jessica apprécie la spontanéité des filles, elle finit par sortir son téléphone.
— Bon, donnez-moi votre numéro, je ne vous promets rien, mais je prends vos coordonnées.
Elles échangent leurs numéros, puis Camille lui envoie l'adresse de la colocation.
— D'accord, mais je verrai demain.
Elles se lèvent pour lui dire au revoir en se faisant une bise chaleureusement.
— À demain, peut-être ? lance Camille.
— À demain peut-être, répète Jessica amusée.
Elle leur fait un signe de la main et quitte le bar, dehors, l'air frais de la rue lui fait du bien. Elle marche quelques mètres, puis s'arrête devant une vitrine et regarde son joli reflet de femme/femme, attirante avec cette sensation étrange et agréable d'avoir été regardée autrement que comme une simple femme de quarante-trois ans.
Elle repense d'abord à leur façon de la regarder, pas seulement au moment où elles lui disent qu'elles la trouvent belle, mais à tous ces petits regards échangés pendant qu'elle parlait avec Marc.
Elle essaie de comprendre pourquoi cette rencontre fortuite lui fait autant plaisir, ce n'est pas seulement le compliment, c'est la manière dont il est arrivé, elle a l'impression d'avoir découvert deux personnalités particulièrement spontanées, curieuses et franches, et puis elle n'est pas naïve, elle connaît suffisamment les codes de la séduction pour savoir reconnaître lorsqu'une simple conversation commence à prendre une autre tournure. Elle se rappelle notamment la façon dont Camille s’est penchée vers elle lorsqu'elle lui parlait, et aussi la façon dont Manon soutenait parfois son regard avec insistance, et puis les sourires, son regard insistant sur sa poitrine, les petites provocations et surtout cette invitation à venir chez elles le lendemain.
Elles sont incroyables ces filles, depuis quelque temps, elle avait parfois l'impression d'être devenue invisible aux yeux des plus jeunes, du moins pas invisible dans le sens où personne ne la remarque, mais invisible comme femme, et ce soir, c'est exactement l'inverse, deux femmes qui pourraient être ses filles lui montrent qu'elles la voient comme une femme séduisante. Et manifestement la séduction est réciproque puisqu’elle constate que sa fine culotte est littéralement trempée et cela lui donne des idées coquines qu’elle était loin d’avoir imaginé, trois heures plus tôt.
Elle arrive chez elle et pendant ce temps, Camille et Manon ont recommandé une bière et débriefent cette rencontre opportune avec Jessica.
— Purée, elle m’a excité grave, dit Camille en posant son index sur le bord des lèvres, le pire c’est qu’on s’était dit il y a quelques jours, qu’on aimerait faire l’amour avec une femme mature, expérimentée, et là, Jessica se présente devant nous comme si elle nous avait entendues.
— C’est le destin, va-t’en savoir ! Après, nous, elle nous fait kiffer grave mais je ne suis pas certaine que ça soit réciproque ? Elle ne nous a pas assuré qu’elle viendrait ? et puis même si elle vient, elle n’a peut-être pas dans l’idée de nous prendre dans ses bras ? Je pense qu'elle a compris qu'on lui plaisait mais difficile de savoir ce qu'elle en pense.
— C’est vrai, mais quand même, j’avais l’impression qu’elle n’était pas insensible à nous, réplique Camille.
— Oui tu as raison, mais son faible va pour les grosses pénétrations, tu me diras qu’elle nous a laissé sous-entendre que les femmes ne lui étaient pas hostiles non plus. Tu crois qu’elle se serait confiée comme ça si elle n’avait pas eu des idées derrière la tête ?
— Ce sont des signes positifs effectivement mais ça ne veut rien dire pour autant, la différence d’âge avait l’air de la gêner.
— Sur le coup oui, mais je pense qu’on a su la rassurer en la flattant sur son physique.
Manon regarde son amie avec tendresse et excitation :
— Du coup, si d’aventure elle venait demain avec des idées coquines, il faudrait qu’on lui démonte grave sa chatte toutes les deux, puisque c’est ça qui la fait vibrer.
— Arrête, je mouille, rien que d’y penser ! Je ne sais pas si tu as remarqué mais lorsqu’elle était assise sur le tabouret en face de moi avec ses jambes légèrement écartées, le pantalon de sa combinaison lui rentrait littéralement dans sa chatte, énorme, je n’arrêtais pas de regarder tellement que ça m’excitait.
— Je l’ai remarqué aussi, et également je pense qu’elle portait un soutien-gorge pigeonnant, en tous les cas j’ai vu à travers le tissu de sa combinaison ses tétons qui pointaient comme le bout d’un petit doigt, énorme aussi. J’adore sa poitrine imposante et son déhanché. Tout s’est gravé dans ma tête, je crois que je vais en rêver cette nuit !
— Tu crois qu'elle va vraiment venir demain ?
— J'espère.
— Moi aussi.
Et, pour la première fois de la soirée, elles se demandent toutes les deux si elles n'ont pas, sans le prévoir, invité dans leur quotidien quelqu'un qui pourrait bien bouleverser un peu leurs habitudes, et surtout si cette étrange alchimie qu'elles ont ressentie au bar existe réellement ou si elle n'est que le fruit de l'ambiance de la soirée ?
Autour d'elles, la soirée continue de monter en intensité, les étudiants parlent plus fort, l’un d’eux, un peu éméché, vient les draguer mais les attendus des filles sont ailleurs et elles le renvoient gentiment en touche.
Il est vingt-trois heures, elles décident de rentrer tranquillement se coucher. Elles se font un tendre câlin sur le palier avant d’entrer puis elles ouvrent la porte dans le silence de la colocation, la troisième colocataire est dans sa chambre. Dans le noir de leurs chambres respectives, chacune se glisse sous ses draps, les doigts rapidement glissent entre les cuisses déjà bien humides à l’idée de leur projection coquine pour le lendemain. Leur esprit se focalise l’une et l’autre sur Jessica et de son sexe qu’elles imaginent accueillant, ses seins lourds et ses tétons durs qu’elles auraient eu si envie de prendre en bouche. Elles se caressent avec fougue sans retenue, en imaginant les mêmes scènes obscènes. Le plaisir monte vite en elles et jouissent quasiment en même temps, séparées par un mur, puis s’endorment toutes trempées, apaisées par cet orgasme qu’elles viennent de s’octroyer.
Trente minutes plus tôt, Jessica en nuisette se démaquillait dans sa chambre, elle avait déposé sur son chevet sa culotte humide imprégnée de ses odeurs intimes, laissé une petite lampe douce, puis s’était glissée sous les draps, sa main cherchant l’énorme joujou vibrant qu’elle garde dans le tiroir de son chevet, puis, lorsqu’elle l’avait allumé, un petit ronronnement sourd avait empli la pièce, elle avait écarté les cuisses, pressé la tête du vibromasseur contre son clitoris, puis l’avait fait glisser plus bas. Elle avait enfoncé lentement le jouet XXL, senti les vibrations monter en elle, ses hanches bougeant d’elles-mêmes. Elle avait fermé les yeux et pensé à Manon et Camille en les imaginant toutes les deux léchant chacune ses tétons pendant qu’elle s’administrait son gros joujou vibrant. Elle avait poussé le jouet plus profond et avait intensifié le rythme, sa respiration s’était accélérée et ses doigts libres avaient pris la culotte posée à côté d’elle, elle l’avait portée à ses narines en inspirant profondément ses propres odeurs qui l’euphorisaient. Les images des deux filles la tétant se mêlant aux sensations odorantes de son sous-vêtement et du godemichet qui la remplissait à outrance l’avaient mise dans un état de totale plénitude. Jessica avait gémi tout bas, cambrant le dos, serrant les draps et avait senti un plaisir dense monter ! Elle n’avait pas ralenti, au contraire, en quelques secondes une vague l’avait submergée intensément. Elle avait joui fort, les cuisses tremblantes et le souffle coupé, le jouet toujours enfoncé en elle.
Elle avait fini par l’éteindre, son corps se détendant peu à peu, le temps de penser en toute évidence que quelque chose de fort l’avait touchée pour qu’elle jouisse aussi fort rien qu’en pensant aux deux filles, une sorte de signe qui ne trompe pas, elle s’était recouverte et s’était endormie presque aussitôt.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Gras
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 2
Depuis la soirée au bar, Jessica ne cesse de penser à Camille et Manon. Ce vendredi, elle a pris sa décision : elle ira les rejoindre ce soir. Robe noire, parfum, maquillage soigné, rien n'est laissé au hasard pour les séduire. Mais Jessica sait-elle vraiment ce qui l'attend derrière la porte de leur appartement, et jusqu'où ce jeu de regards peut-il aller ?
16 minutes
3.7k
80
6
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 24 commentaires
Photo de profil de bale1984
bale1984
21 octobre 2026 à 18:46
Très bon développement de cette rencontre "compensatrice".

Une suite serait hautement souhaitable afin de suivre les aventures de ces 3 protagonistes... 

Deux jeunes femmes et une personne plus âgée, c'est un sujet intéressant à développer, à faire évoluer au gré des envies... de l'auteur.

Je me réjouis déjà !
reveur73
20 octobre 2026 à 16:23
vivement demain...
Photo de profil de ptgd
ptgd
20 octobre 2026 à 08:25
Intéressante rencontre, vivement le lendemain...
Photo de profil de MadininaSexy
MadininaSexy
19 octobre 2026 à 17:04
J'attends la suite avec impatience
Photo de profil de Moutcho
Moutcho
19 octobre 2026 à 10:48
Excellent très très bon début j'espère qu'il y aura une suite et ça risque d'être chaud
Photo de profil de mozart
mozart
19 octobre 2026 à 10:09
Un rendez-vous qui ne se réalise pas comme prévu. Une rencontre qui permet d'autres perspectives. Manon, Camille et Jessica se préparent à leur façon pour les retrouvailles du lendemain. Une belle histoire, bien raconté.
Photo de profil de RV91
RV91
19 octobre 2026 à 09:08
Après une mise en bouche aussi intense, il serait dommage de ne pas donner suite...😉
Photo de profil de Jiwa
Jiwa
18 octobre 2026 à 23:04
Une séduction pour les personnages.. et le lecteur, j’ai beaucoup aimé
Photo de profil de Kdn74
Kdn74
18 octobre 2026 à 13:38
Wahou ! Super excitant

Histoires similaires

✦ x-angel De nouveaux horizons XSTORY
De nouveaux horizons
Chapitre 2
Par x-angel
115
2
7.5k
Lesbiennes
✦ Garner Divines et Libertines XSTORY
Divines et Libertines
Chapitre 1
Par Garner
6
3
6.9k
Hétéro
✦ Daniel3 Le gage, ou le début d’une passion XSTORY
Le gage, ou le début d’une passion
Chapitre 4
Par Daniel3
66
2
4.3k
Hétéro
✦ Kokin972 Rencontres à l'arrêt de bus XSTORY
Rencontres à l'arrêt de bus
Chapitre 1
Par Kokin972
103
3
25.2k
Bi
✦ Jonas789 L'âge de jouir XSTORY
L'âge de jouir
Chapitre 4
Par Jonas789
9
0
11.5k
Lesbiennes

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio