Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Monsieur — Chapitre 8 · Peur primale
Auteur
Monsieur
Chapitre 8 · Peur primale
— Non… non… laissez-moi… pas ça… non je ne veux pas…
Manon se réveille en sursaut, le cœur battant à tout rompre, le corps couvert de sueur.
— Ça va, Manon ? demande Monsieur, visiblement inquiet.
— Ce n’était qu’un rêve… murmure-t-elle, paniquée, en essayant de reprendre son souffle.
— Calme-toi. Tout va bien. De quoi as-tu rêvé ?
— Vous le savez non ? Vous êtes dans ma tête.
— Eh bien non. Je peux ressentir tout ce que tu ressens, voir tout ce que tu vois, lire dans tes pensées… Mais les rêves, non.
Manon reste un long moment silencieuse, encore secouée.
— C’était horrible…
— Raconte-moi ce rêve. On pourra peut-être comprendre ce qu’il signifie, propose Monsieur.
— Je ne sais pas… Je suis dans une forêt, un bois, je ne sais pas trop. Et je suis poursuivie. Je ne sais pas par qui ou par quoi. Je cours le plus vite que je peux. J’ai vraiment peur. Et plus je vais vite, plus je sens que la chose qui me poursuit se rapproche. Ma peur monte encore. Mais en même temps… je me sens excitée. Et puis quand la chose me rattrape, je me réveille.
Monsieur reste silencieux quelques instants, réfléchissant.
— Et tu ne vois pas ce que ce rêve veut te dire ?
— Ben non…
— Eh bien je pense que ce rêve est la preuve que tu as peur de jusqu’où tu peux aller. Sexuellement parlant. C’est le signe que tes envies profondes te font peur.
— Mais non. Ça ne peut pas être ça. Je n’y crois pas. Pourquoi aurais-je peur de mes désirs ?
— Manon. Il y a encore quelques semaines tu étais une petite fille sage, vierge et bien élevée. Et il y a quelques jours tu as participé à un gangbang… Tu ne crois pas que tu vas un peu vite ? Dans ton rêve, plus tu vas vite, plus la chose te rattrape. C’est une belle allusion à ta fuite en avant sexuelle, non ?
Manon reste pensive un long moment.
— Je ne sais pas… C’est vrai que j’ai un peu sauté les étapes si on peut dire… Mais je prends tellement de plaisir à faire ce que je fais.
— Je sais. Et c’est ça le piège.
Manon se rallonge alors dans son lit et tente de se rendormir, l’esprit encore agité.
Quelques jours plus tard, Manon est attablée à une terrasse ensoleillée, sirotant tranquillement un cocktail. Tout à coup, un homme s’arrête devant sa table.
— On se connaît, non ?
Manon le détaille. Il est plutôt beau gosse, la trentaine, mais son visage ne lui dit rien.
— Je ne pense pas avoir cette chance, répond-elle avec un petit sourire.
— Si… Je pense qu’on a tourné dans la même vidéo, si on peut dire…
Manon avale de travers. Elle manque de s’étouffer avec son cocktail.
— Ça va ? Vous allez bien ? s’inquiète l’inconnu.
— Je ne vois pas ce que vous voulez dire à propos d’avoir tourné une vidéo ensemble, répond-elle en essayant de garder contenance.
— Tu es bien Nina ?
Manon passe par toutes les nuances de rouge possibles.
— Asseyez-vous et parlez moins fort, souffle-t-elle.
L’homme s’assoit en face d’elle, un sourire amusé aux lèvres.
— Tu es bien Nina alors ? Il me semblait bien t’avoir reconnue.
— Oui, c’est bien moi. Enfin non… Je ne m’appelle pas Nina. Mon vrai prénom est Manon.
— Manon ? C’est joli. Plus joli que Nina. Nina ça fait presque pute russe. C’était un surnom pour la vidéo ?
Manon (se disant qu’il est bien bavard) :
— Oui, lors de ces soirées on nous demande de choisir un surnom. Et si j’ai choisi Nina, c’est justement parce que ça fait pute russe.
L’inconnu rigole un instant.
— Oups, je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Rudy.
— Enchantée, Rudy.
— Tu fais souvent ce genre de soirée ? C’est la première fois que je t’y voyais.
Manon, encore bien rouge :
— Non. C’était la première fois.
— Tu rigoles ?
— Non, pourquoi ?
— Ben en général les premières fois c’est beaucoup plus soft. C’est toi qui as demandé la totale ?
— En quelque sorte. J’ai indiqué que je n’avais pas de tabou, mais je m’étais gardé la possibilité de tout arrêter à n’importe quel moment.
— Ah oui, je me souviens que Martin nous avait dit ça. Ça nous avait étonnés car en général quand une femme ne donne pas de limite, y a pas de limite.
— Ben moi je voulais pouvoir arrêter si ça ne me plaisait plus.
— Tu as eu raison. Mais finalement tu ne nous as pas arrêtés.
— Non, en effet.
— Ça fait bizarre de te voir en dehors de… enfin tu vois ce que je veux dire.
— Oui, je vois très bien.
Rudy baisse un peu la voix, avec un sourire en coin :
— Dis, ça te dirait d’aller tirer un p’tit coup juste tous les deux ?
Manon esquisse un petit sourire.
— Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée. J’ai peur que tu sois déçu de ne pas me retrouver dans le même état d’esprit qu’à la soirée. Et moi j’ai peur d’être déçue en m’apercevant que tu es doux au lit par exemple, termine-t-elle avec un clin d’œil.
Rudy a l’air un peu déçu, mais il rit.
— Oui, tu as raison. En tout cas j’ai été heureux de te rencontrer et de connaître ton vrai prénom maintenant. Au revoir Manon. Peut-être à une prochaine soirée.
— Qui sait…
Manon est toujours tourmentée par ce rêve qui revient chaque nuit. Elle ressent le besoin d’en parler à quelqu’un de réel, pas seulement à la voix dans sa tête.
Elle sort son téléphone et cherche dans ses contacts. Elle appuie sur le nom d’Audrey.
— Audrey ?
— Manon ! Tu vas bien ? Je suis contente de t’entendre, répond Audrey d’une voix chaleureuse.
— Oui, je vais bien merci. Tu crois qu’il serait possible qu’on se voie aujourd’hui ?
Audrey rit doucement.
— Toi tu veux encore baiser… T’es vraiment une chaudasse tu sais.
— Non !!! J’aimerais juste parler à une amie. On est amies, non ?
— Ben oui, quelle question… Mais que ça ne t’empêche pas de fourrer ta langue dans ma chatte de temps en temps hein…
— Et c’est moi la chaudasse…
Audrey rit de plus belle.
— Tu veux qu’on se voie où ?
— Je ne sais pas… Sur le banc où on s’est vues la première fois ?
— Ok, je peux y être dans une demi-heure.
— Ok, à dans trente minutes alors.
Quand Manon arrive au parc, Audrey est déjà là, assise sur le banc. Elles se font la bise le plus normalement du monde, comme n’importe quelles amies.
— Tu vas bien, Manon ? Tu avais une drôle de voix au téléphone. Et tu as une tête de déterrée…
— Oui, ça va. Mais je dors mal en ce moment. C’est de ça que je voulais te parler. Je fais un drôle de rêve depuis quelques jours.
— Raconte.
Manon lui raconte alors son cauchemar récurrent : la forêt, la poursuite, la peur mêlée à l’excitation, et la chose qui la rattrape.
Audrey fronce les sourcils.
— Drôle de rêve en effet. Flippant. Et t’as pas une idée de ce qu’il voudrait dire ?
— Non, pas vraiment. Un ami me dit que ce serait ma peur inconsciente d’aller trop loin… sexuellement…
— Un ami ?!
— Oui, crois-moi, juste un ami.
Audrey la regarde avec un air interrogatif.
— Mais pourquoi tu aurais peur d’aller trop loin ? T’es assez ouverte sexuellement parlant, mais franchement pas plus que moi par exemple…
— Si tu savais…
Audrey fronce les sourcils, de plus en plus intriguée.
— Manon ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
Manon sort alors son téléphone de son sac, coupe le son et lance la vidéo du gangbang. Elle tend l’appareil à Audrey sans un mot.
Le visage d’Audrey se décompose au fur et à mesure qu’elle reconnaît « l’héroïne » de la vidéo.
— Ah ouais quand même… Je retire ce que j’ai dit, on n’est pas au même niveau « d’ouverture » sexuelle, lâche Audrey, les yeux écarquillés.
Manon rougit violemment.
— En effet…
— Mais bon, t’es pas la seule femme qui fait ce genre de chose. Si tu es heureuse ainsi, pourquoi avoir peur de tes désirs ?
— En fait, tout va trop vite.
— Comment ça ?
— Si tu veux tout savoir… il y a quelques semaines j’étais encore… vierge…
Audrey ouvre grand la bouche.
— Oh putain. T’es passée de vierge au gangbang en quelques semaines ?!
Manon baisse la tête, honteuse.
— Oui…
— Alors je peux comprendre tes craintes !!
Manon se met soudain à pleurer. Audrey la prend aussitôt dans ses bras et la serre très fort contre elle.
— Non, ne pleure pas…
— Je suis une vraie salope… J’ai peur de n’avoir aucune limite, sanglote Manon.
— Mais non… Tu es quelqu’un de raisonnable. Je suis certaine que tu sauras ne pas aller trop loin.
— Je ne sais pas…
Elles restent collées l’une contre l’autre. Manon peut sentir la chaleur du corps d’Audrey contre le sien. Sans même s’en rendre compte, elle sent l’excitation monter en elle. Audrey est dans le même état.
Leurs visages se rapprochent lentement. Leurs lèvres se touchent, d’abord timidement, puis se transforment en un long et tendre baiser, chargé d’émotion et de désir.
Audrey se lève lentement et prend la main de Manon. Sans un mot, Manon la suit. Elles marchent en silence jusqu’à l’appartement d’Audrey, leurs doigts entrelacés, la tension sexuelle et émotionnelle palpable entre elles.
À peine la porte refermée, Audrey attire Manon contre elle et leur baiser reprend de plus belle, plus profond, plus urgent. Leurs langues se cherchent, se caressent avec une tendresse presque amoureuse. Audrey guide Manon jusqu’à sa chambre sans cesser de l’embrasser.
Elles se déshabillent mutuellement, lentement, comme si elles découvraient leurs corps pour la première fois. Audrey fait glisser la robe de Manon le long de ses épaules, embrassant chaque centimètre de peau révélée. Manon défait le haut d’Audrey avec des mains tremblantes d’excitation, puis fait descendre sa jupe.
Une fois nues, elles s’allongent sur le lit. Audrey se place au-dessus de Manon, la dominant avec douceur. Leurs corps se pressent l’un contre l’autre, peaux chaudes, seins contre seins, ventres qui se frottent. Elles s’embrassent longuement, langoureusement, comme si le temps s’était arrêté.
Audrey descend lentement le long du corps de Manon. Elle embrasse son cou, mordille ses tétons avec tendresse, puis descend encore, couvrant son ventre de baisers. Quand elle arrive entre ses cuisses, elle prend son temps. Elle lèche d’abord l’intérieur des cuisses, puis passe sa langue lentement sur les lèvres gonflées de Manon, recueillant sa mouille abondante. Manon gémit doucement, cambrant le dos. Audrey suce son clitoris avec une douceur infinie, alternant avec des coups de langue plus appuyés. Elle glisse deux doigts en elle, les courbant pour caresser ce point sensible qui fait trembler Manon.
— Audrey… soupire Manon, la voix rauque de plaisir.
Audrey continue patiemment, amenant Manon au bord de l’orgasme plusieurs fois avant de la laisser basculer. Quand Manon jouit, c’est long et intense, son corps secoué de spasmes tandis qu’elle serre les draps entre ses doigts.
Puis c’est au tour de Manon. Elle inverse les positions et explore le corps d’Audrey avec la même tendresse. Elle embrasse ses seins, suce ses tétons, descend vers son sexe déjà trempé. Elle la lèche avec dévotion, découvrant ce qui la fait gémir le plus fort. Elle glisse ses doigts en elle tout en suçant son clitoris, trouvant rapidement le rythme qui fait haleter Audrey.
Elles passent des heures à se donner du plaisir, alternant les positions : 69 langoureux où chacune dévore l’autre, caresses mutuelles, baisers partout, doigts et langues explorant chaque orifice avec une curiosité amoureuse. Elles se frottent l’une contre l’autre, clitoris contre clitoris, cherchant le plaisir dans un rythme lent et sensuel.
Par moments, c’est presque amoureux : des regards intenses, des caresses dans les cheveux, des murmures tendres entre deux gémissements. À d’autres moments, c’est plus animal : Audrey chevauchant le visage de Manon, Manon doigant Audrey avec force jusqu’à ce qu’elle jouisse en criant.
Elles jouissent plusieurs fois, parfois ensemble, parfois l’une après l’autre, leurs corps couverts de sueur, l’odeur du sexe emplissant la chambre.
Au petit matin, épuisées et comblées, elles s’endorment enlacées, les jambes entremêlées, le souffle apaisé.
Manon se réveille en début d’après-midi. La lumière filtre doucement à travers les rideaux. Audrey dort encore paisiblement à côté d’elle, le drap à peine remonté sur son corps nu.
— Tu es amoureuse ? demande soudain Monsieur.
— Non. Mais j’aime faire l’amour avec elle, répond mentalement Manon.
— Et si elle, elle tombe amoureuse ?
— Ne crée pas de problèmes où il n’y en a pas pour le moment…
Audrey ouvre doucement les yeux et sourit en la voyant.
— Bonjour toi…
Elle s’avance et l’embrasse tendrement, un baiser lent et doux, encore chargé des souvenirs de la nuit précédente.
— J’ai adoré cette nuit, murmure Audrey contre ses lèvres.
— Moi aussi.
— Faudra qu’on remette ça…
Manon lui sourit tendrement.
— Ne me traite plus jamais de chaudasse…
Audrey répond à son sourire avec un petit rire.
— Je dois rentrer, dit finalement Manon.
— Déjà ?
— Tu n’en as pas eu assez ?
— Pour cette fois, oui…
Manon l’embrasse une dernière fois, longuement, puis se lève. Elle se rhabille lentement sous le regard d’Audrey, puis quitte l’appartement non sans lui avoir adressé son plus beau sourire une dernière fois.
Une fois dehors, Monsieur ne peut s’empêcher de commenter :
— Je crois qu’Audrey est tombée amoureuse.
— Mais non. On est juste amantes, c’est tout.
— Si tu le dis…
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