Les constellations sous mes doigts — Chapitre 1 · Les constellations sous mes doigts
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Le texte fait quelque chose de rare : transformer un moment aussi banal que couper les cheveux de quelqu'un en quelque chose de profondément sensuel et émouvant. La voix de la narratrice est immédiatement attachante — directe, drôle, tendre sans jamais tomber dans le sirop. La morsure à travers le T-shirt, le soupir qui fait baisser les épaules de quelques millimètres, la réplique sur les « grains de bôté » : ce sont ces petits riens précis qui font qu'on y croit complètement.
Les constellations sous mes doigts
Chapitre 1 · Les constellations sous mes doigts
Une fois tout en place, je fais couler l'eau pour remplir la vasque. Mes pieds s'enfoncent dans l'épaisseur du tapis de bain. J'adore cette sensation. Quand je ferme le robinet, j'entends son soupir de satisfaction. Il aime ça. Ses épaules s'abaissent déjà de quelques millimètres. Je souris.
Je m'approche doucement et me glisse entre ses jambes, les cuisses contre le tabouret sur lequel il est assis.
Il n'a toujours pas ouvert les yeux, mais il sourit. Ma poitrine est à quelques centimètres de son visage. Rien de scandaleux dans ma tenue : mes cheveux sont relevés en chignon, je porte un grand T-shirt et un vieux caleçon volé. À lui, évidemment. J'ai encore de la peinture sèche sur les ongles et les avant-bras.
Il se penche légèrement vers moi.
D'accord, mon amour.
Avant de commencer, je l'attire doucement contre moi, son visage blotti contre ma poitrine, son front sous mes lèvres. Ses mains se posent dans mon dos, puis glissent sur mes fesses. Il sourit comme un gosse.
Putain que je l'aime.
Sans m'écarter, j'attrape la tondeuse. De lui-même, il incline la tête, m'offrant sa tempe, son oreille, son cou. Cette offrande me fait frissonner. Je le serre un peu plus contre mes seins, le temps de ravaler ma salive.
J'allume la petite tondeuse. Je l'aime bien, celle-là. Elle tient au creux de ma main et se manie presque comme une caresse sur son crâne. Et puis, cette légère vibration, tandis que je sens sa respiration chaude à travers mon T-shirt…
On se concentre.
Je caresse doucement la limite de sa crête. Oui, une crête. À 40 ans. J'adore. Mon gentil petit geek, ingénieur en polo… Veut une crête.
Je lui fais un bisou sur le dessus de la tête. Sa repousse pique un peu mes lèvres. J'aime bien.
Je pointe immédiatement. La chaleur reste là, diffuse, même quand je retrouve mes esprits. Il est là, les yeux grands ouverts, souriant, gourmand, taquin.
Mais je continue mon œuvre alors que je le sens inspirer tout ce qu'il peut de mon odeur.
On imagine qu'avec le temps, le désir se dégrade… Pourtant ça fait plus de six ans et je ne l'ai jamais autant désiré. J'ai été élevée au sexe brutal, mécanique, violent…
Et puis lui.
Celui qui m'a appris à ralentir, à regarder… Celui qui m'a tellement aimée que je n'ai plus eu d'autre choix que d'essayer de m'aimer un peu aussi.
La tondeuse continue son œuvre et je souris. C'est bon de le sentir contre moi, cet homme qui a été tellement fort pour moi.
Allez, encore un peu.
Je le presse fort entre mes seins. Il rit, moi aussi. Qu'est-ce que j'aime son rire… Un rire de petit garçon heureux.
Lorsque je secoue la bombe de mousse, il ouvre un œil, sourit, le referme…
Coquin, va.
Je passe lentement la mousse sur ses tempes, suis le bord de la crête et remonte en faisant le tour de son oreille. Je fais de même de l'autre côté. C'est fou, la texture de la mousse à raser, si douce et épaisse.
Je me rince les mains dans la vasque et prends le rasoir.
Cette fois, je suis derrière lui, mes seins contre ses épaules et mon ventre contre son dos qui se détend. Le rasoir oscille légèrement sur sa peau, d'abord dans le sens du poil, puis dans l'autre.
C'est lui qui m'a appris.
Ça accroche légèrement, mais mon geste est franc, ça fonctionne mieux. Je commence à prendre le coup de main, mine de rien.
Je vois ses taches de rousseur et ses grains de beauté. Je pense à cette vieille réplique qu'on se ressort depuis des années, lui et moi : « … parce que les grains de bôté, ça prouve la bÔté. » Notre truc. Je glousse. Il tourne légèrement la tête.
— Parce que t'es beau.
Je suis derrière lui, le rasoir qui glisse sur sa tempe, et c'est là que ça me prend : l'envie de lui donner un jour des petits qui pourront porter ses jolies étoiles rousses fièrement. Je les protégerai, comme je le protège, lui. Personne n'aura le droit de rire de ses manies, de sa couleur, de ses valeurs, de son petit bidou d'amour, de ses LEGO ou de ses jeux.
Le petit garçon en lui est à moi. Celui qui s'en prendrait à lui aurait affaire à moi.
Qui que ce soit.
Sa crête apparaît bientôt complètement sous les caresses du rasoir. J'aime tellement qu'il se sente assez en sécurité pour essayer. C'était pas son style lorsque je l'ai rencontré.
J'aime ses doutes et ses questionnements, même s'ils lui font mal parfois. Il est vivant. Il essaie. Et j'ai accès à cet homme, à mon homme.
Je suis la femme la plus chanceuse du monde.
Je passe un gant de toilette pour enlever ce qu'il reste de mousse, plonge ma main dans la crème de coco et masse la peau nue. Tout son corps fond dans mes mains et je pose mes lèvres dans son cou en enlaçant ses épaules.
Il trépigne de contentement alors que je range mes outils. Je sens son corps se plaquer tendrement contre mes fesses et mon dos, ses bras autour de moi, son visage dans mon cou.
Il murmure :
— Tu veux un café ?
— Allez.
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Commentaires ()
Il y a de très beaux textes qui me font vibrer et qui ne comportent pas de scène de sexe "brut". Une ambiance, à condition qu'elle soit bien installée, est un puissant stimulant.🥵🤗
Régale-toi à les observer a ramper comme des cloportes... 🪳
Chez le coiffeur on ne m'offre que le café... 👏👏