J'ai menti — Chapitre 1 · J'ai menti
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L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.
Ce qui accroche d'emblée, c'est cette voix — directe, drôle par éclairs, terriblement honnête malgré le titre. On sent quelqu'un qui pense vite, qui se reproche autant qu'elle désire, et cette façon de basculer du désir charnel à la vulnérabilité la plus nue est saisissante. La scène où elle « se frotte à sa bite comme un chat qui réclame des caresses » est à quelques pages d'un effondrement intérieur, et pourtant les deux sonnent juste. C'est rare.
J'ai menti
Chapitre 1 · J'ai menti
Mais j’ai menti.
Je mets du temps à m’endormir. Beaucoup de temps. Assez pour observer les finitions du lit, les reflets de la lampe de chevet sur le mur. Assez pour me demander ce que je fais là, alors que je sais très bien ce que je suis venue y faire. Et que j’en ai eu envie.
J’en ai encore envie.
Voilà. Ça devrait pouvoir s’arrêter là.
Il sent bon. Il a de la fourrure sur le dos et le torse. J’aime bien. Je me blottis contre lui comme on s’enroule dans une grosse couette. Une couette très sexy, ne nous mentons pas.
Puis je m’écarte de ses bras.
J’ai peur. Pas de lui ! Mon Dieu, non. Il est très, très chou. Il met de sacrées fessées, que j’adore, mais il est adorable, protecteur, doux… Je crois que je pourrais lui demander de me reprendre contre lui. Il ouvrirait simplement les bras.
Mais je suis déjà occupée à m’en vouloir. D’être là, d’avoir aimé ça, d’en vouloir encore. Toutes ces conneries que je croyais avoir réglées. Et par-dessus, la honte d’avoir honte. Ça aussi, il faut que je me le reproche.
J’éteins la lumière. Non pas que j’ai envie de dormir mais peut-être qu’en faisant semblant assez longtemps…
Il finit par s’endormir.
C’est fou, ces gens qui n’aiment pas entendre ronfler. Moi, j’aime bien. Cet homme dont je viens d’honorer le corps s’abandonne à côté de moi. Je peux fermer les yeux et l’entendre respirer sans même le toucher. Il fait un peu d’apnée, mais une petite caresse et il repart. Touchant.
Je finis par m’endormir, bercée par ses ronflements.
Et c’est le passé qui revient.
Il faut croire que les gens qui nous ont fait du mal nous poursuivent la nuit. Ils prennent sans demander, regardent sans bienveillance, crachent du venin qui s’infiltre dans la structure de nos esprits.
Le jour, je les mate. La nuit, je les fuis.
C’est dans un fouillis d’angoisse que je me réveille, une main chaude sur ma joue.
Mes hanches ondulent contre lui. Il est chaud. Ma bouche trouve la sienne, tendre d’abord, puis vorace. Il sourit, encore ensommeillé.
Je veux me battre. J’ai un feu qui s’étend sur toute ma peau comme si j’allais m’enflammer et il n’y a qu’une chose qui peut calmer ça.
Je l’embrasse, plus lentement cette fois. Un baiser qui veut dire merci… Putain, merci de m’avoir réveillée, merci d’être là, de me toucher, de me remplir. Mais ce n’est pas assez. Je veux plus, pas plus de plaisir… Je veux lui montrer à quel point il me fait du bien, à quel point, là, tout de suite, il est mon sauveur. Je souris en me soulevant de sa queue qui sort de moi dans un bruit lourd et humide. Hum. Sexy.
Je descends sur son corps… Un petit coup de langue sur sa queue pleine de mouille. Il frémit.
Je salive. Beaucoup trop. Je le veux. Je sens mon odeur sur lui, ma texture, mon goût… J’adore l’idée de le nettoyer de mes sécrétions… Alors je m’applique. Ma langue passe dans son prépuce, tourne lentement, régulièrement contre son gland. Mes mains se baladent sur son ventre, attrapent, caressent, griffent. Je me frotte à sa bite comme un chat qui réclame des caresses, le nez qui se presse contre ses bourses et remonte jusqu’à son gland.
Je finis par le prendre au fond de ma bouche avec une lenteur délibérée, son prépuce qui disparaît pour plonger son gland sur le bout de ma langue, sur mon palais… Mais je le sens se tendre et je ne m’arrête pas, son gland passe le fond de ma gorge et je plaque mes lèvres sur son pubis où je sens quelques petits poils qui repoussent contre ma langue… Je grogne de plaisir. Il a des spasmes dans les jambes et grossit dans ma gorge, beaucoup. Je suis au bord de l’étouffement, mais je tiens. Je le veux. Si je pouvais prendre ses couilles avec dans ma bouche, je le ferais.
Je bascule la tête en arrière brutalement pour faire ressortir son membre d’un coup, trempé, pulsant. Je garde ma langue sortie, je bave sur lui en reprenant ma respiration. Il me regarde droit dans les yeux. Je ne suis plus la seule à être affamée.
…
Lorsque je rentre chez moi, je suis étrangement impressionnée par mon propre cran. Je l’ai fait.
Il me plaisait et j’y suis allée. Je suis grande ! Quelle nuit… Bordel. Mon compagnon m’accueille avec ses grands bras. On ne se cache rien, on ne se dit pas tout, mais on ne se ment pas.
Lorsque je me réveille, je me sens toute petite, mais mon compagnon est là, tendre. Ma zone de sécurité à moi : en boule, contre lui. Il me doudouce.
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Commentaires ()
Bravo pour ce récit
Pour conserver la magie de cette nuit, ne pas laisser tes "monstres" gâcher tes moments a toi.
Un joli petit texte, comme une confidence. Merci.