Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Colocation sous tension — Chapitre 5 · Plus jamais
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Colocation sous tension
Chapitre 5 · Plus jamais
Je l’évite, depuis plusieurs jours. Je quitte l’appart' avant qu’il ne se lève. Je rentre tard, parfois pas du tout. Je dors chez une amie, ou je fais semblant. Ce que je veux, c’est souffler, mettre de la distance, ne plus me laisser bouffer.
Il ne sait pas où je suis, et ça, je sais que ça le ronge. Il me le fait sentir dans ses silences, dans les messages qu’il n’envoie pas, dans ses regards quand je rentre au petit matin et qu’il est là, torse nu, dans la cuisine, les mâchoires serrées.
Mais moi aussi, je me noie. Parce qu’il me manque. Parce que son absence me serre les tripes plus fort que sa présence, et que je rêve de lui toutes les nuits où je ne suis pas là. Des rêves crus, profonds, où il me prend sauvagement dans la cuisine, où il me plaque contre la porte et m’arrache mes vêtements, où il me fait jouir à genoux, devant lui, la bouche pleine de lui, les joues rougies par l’envie.
Je me réveille moite, le souffle court, le cœur battant. Et je me touche. En pensant à lui, à ses mains, à sa bouche, à son sexe. Et je jouis, seule, en gémissant son prénom dans l’obscurité. Et aussitôt, je me déteste, parce que je suis censée m’en détacher, et je m’enfonce un peu plus.
Un soir, je rentre sans prévenir. Il est là, assis sur le canapé, les coudes sur les genoux. Il se lève en me voyant. Et on se regarde longtemps, sans parler.
Il s’approche, prend ma main, doucement, sans brusquer, et me tend un sac.
— Viens.
— Où ?
— Je veux juste être seul avec toi, loin. Une nuit, deux, ce que tu veux, mais pas ici, pas entre ces murs.
— Où ?
— Je veux juste être seul avec toi, loin. Une nuit, deux, ce que tu veux, mais pas ici, pas entre ces murs.
Je le regarde, et je vois que tout en lui est tendu. Qu’il a peur que je dise non, qu’il a besoin de moi comme je crève de lui. Alors je dis oui.
Il m’emmène. Il a tout prévu : une maison en bois, posée dans une clairière, à une heure de route, isolée, simple, belle. Juste nous. Le feu est allumé. La lumière est chaude. Il a cuisiné. J’ai ri, pour la première fois depuis des jours. Et puis il m’a regardée, longtemps, sans un mot.
Je suis venue vers lui, j’ai glissé mes doigts sous son t-shirt, il a frissonné. Il m’a prise par la taille, m’a attirée contre lui, et nos lèvres se sont trouvées, lentement. Ce n’était pas de la précipitation, c’était du besoin pur, de la reconquête.
Il m’a soulevée et emmenée jusqu’à la chambre, m’a déshabillée, centimètre carré par centimètre carré ; comme un rituel. Il a embrassé chaque partie de moi, longuement, m’a regardée nue, sans honte. Moi, je tremblais d’envie, d’émotion.
Il m’a couchée sur les draps blancs, et il a pris son temps. Sa bouche sur mes seins, son souffle sur mon ventre, ses doigts qui redessinaient mes hanches. Il a descendu lentement, embrassé l’intérieur de mes cuisses. Et quand il m’a léchée, c’était doux, précis. Un mélange de tendresse et de désir qui m’a fait gémir dès le premier contact.
Puis il s’est arrêté, il m’a bandé les yeux avec sa chemise, lentement. J’ai senti mes autres sens se décupler. Le moindre frôlement devenait feu. Il m’a attachée au lit, poignets écartés. Puis il m’a observée et m’a fait patienter.
Il me frôlait, me chauffait, m’amenait au bord sans jamais me donner tout. Je suppliais. J’avais besoin de lui, et lui, il prenait son temps.
Il me frôlait, me chauffait, m’amenait au bord sans jamais me donner tout. Je suppliais. J’avais besoin de lui, et lui, il prenait son temps.
Il a pris une plume trouvée dans le tiroir, a effleuré mes seins, mon ventre et l’intérieur de mes cuisses. J’étais arc-boutée, tendue. Je ne savais plus si je gémissais de plaisir ou de frustration. Il m’a fait lécher ses doigts, a glissé ses mots les plus crus à mon oreille, me décrivant ce qu’il allait me faire, ce qu’il voulait que je lui donne. Il m’a dit que j’étais la seule qui le rendait fou, qu’il voulait graver chaque cri, chaque frisson, chaque soupir, qu’il voulait me voir jouir encore, encore, jusqu’à ce que je sois incapable de penser à autre chose qu’à lui.
Quand il est entré en moi enfin, j’ai crié. Pas de douleur, de soulagement, de pure jouissance. Il me pénétrait lentement, fort, en grognant mon prénom. Je me cambrais, me tendais, lui offrais tout.
Il m’a retournée. À genoux, il m’a tenue par les hanches, m’a prise à fond, à en faire trembler le lit. Et moi, je me perdais. Je jouissais à chaque mouvement.
Il m’a retournée. À genoux, il m’a tenue par les hanches, m’a prise à fond, à en faire trembler le lit. Et moi, je me perdais. Je jouissais à chaque mouvement.
Il m’a détachée. Je croyais que c’était fini, mais il m’a soulevée, m’a portée nue sur la terrasse. La nuit était fraîche, ma peau brûlante. Il m’a posée contre la rambarde. À genoux derrière moi, il m’a léchée encore, profondément, sans pitié. Je hurlais presque. Et quand il m’a pénétrée là, en plein air, au bord du bois, j’ai explosé. Un orgasme long, violent, animal.
Il m’a prise ensuite contre le mur en bois de la cabane, mes jambes enroulées autour de sa taille. Il me portait, me baisait en me tenant par les fesses. J’étais hors de moi, hors de tout. Et je n’en voulais plus d’autres.
Il a joui peu après. En me serrant contre lui, en me mordant l’épaule et en me murmurant :
— Je t’aime. Et je recommencerai demain, et après-demain, et chaque jour où tu me laisseras t’aimer comme ça.
Le lendemain, je me suis réveillée entre ses bras. On a remis ça au petit matin, doucement, tendrement, puis sauvagement sur la table du salon. Et entre deux orgasmes, il m’a regardée en disant :
— C’est ici que je suis bien. C’est toi, mon endroit.
Et j’ai su. C’était plus que du sexe, plus que des corps. C’était nous.
Je ne savais pas ce qu’on allait devenir, mais je savais où j’avais envie d’être.
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Commentaires ()
Une sexualité épanouie et assumée prend ,selon moi, une toute autre intensité dans une relation amoureuse.
Cette histoire est terminée mais d'autres arrivent bientôt.
Merci
Un amour idéalisé où il n'y a pas besoin de prononcer de paroles ou presque pas. C'est ainsi que je le vois.
L’idée en elle-même est simple, mais c’est la qualité du traitement narratif, le style incisif, à la fois plein de retenue et de puissance, qui donne à cette petite nouvelle une force que l’on pouvait ressentir dès le premier chapitre. 🙂
Alors sans entrer dans les détails techniques, je me contente de te remercier pour cette ambiance très particulière, et comme je suis un peu ❤️ tendre, je suis content que ça se termine comme cela. 🥲
Très original, de jongler aussi bien entre passé composé et imparfait ! Avec ces deux temps, tu arrives à faire passer l'émotion, cérébrale autant que sexuelle, sans tomber dans l'ordinaire, le vulgaire, le grossier. Tu suggères; dans ton écriture même le cunnilingus et la fellation ont la noblesse d'un baiser amoureux. Bravo !
Et finalement je me fais bien à ton style, que je qualifiais de "télégraphique". Garde-le ; je ne veux pas être l'imbécile qui ne change pas d'avis !
Tes textes me percutent finalement. En peinture, ce serait du Cézanne au couteau, qu'on ne comprend pas tout de suite de près mais qui se révèle avec 3 pas de recul.
Au suivant !