Fantasme
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Histoire 6 les vacances entre filles — Chapitre 3 · La vapeur et le regard par Sophie
Auteur
Histoire 6 les vacances entre filles
Chapitre 3 · La vapeur et le regard par Sophie
Le grand miroir de la salle de bains est déjà partiellement recouvert de buée chaude qui ruisselle en fines gouttelettes le long de la glace. Dans la chambre, les éclats de rire de Roxane et Nadia résonnent à travers la porte entrebâillée, accompagnés du claquement joyeux des fermetures éclair et du froissement des vêtements qu'on sort à la hâte des valises. L'air de la suite est imprégné de ce parfum précieux d'huile de pin et de bois chaud. L'excitation des vacances est totalement contagieuse.
Je suis plantée devant le miroir, ajustant d'une main le haut de mon maillot de bain, une pièce sombre. Il est simple et confortable, parfaitement ajusté à ma taille, moulant mes courbes avec douceur. Par-dessus, j'enfile le grand peignoir en tissu éponge blanc fourni par le palace, si épais et moelleux qu'il me donne l'impression d'être enveloppée dans un nuage. Je détache ma queue de cheval châtaigne pour la refaire un peu plus haut, nouant mes cheveux avec soin pour dégager ma nuque.
Quand je sors de la chambre, Roxane me cueille au vol avec un grand sourire radieux. Elle a déjà enfilé son peignoir par-dessus son maillot, ses jolies boucles blondes cascadant sur ses épaules en un désordre magnifique.
— Eh bien, te voilà enfin ! On t'attendait pour descendre ! lance-t-elle avec cette belle énergie pétillante qui la caractérise.
Au passage, en me dépassant dans le couloir, Roxane me décoche une petite claque complice et sonore sur les fesses à travers l'éponge de mon peignoir. Je sursaute en poussant un petit cri étouffé, ce qui la fait repartir dans un grand rire cristallin.
Nadia sort de la chambre voisine en nouant la ceinture de son propre peignoir autour de sa taille fine. Sous le tissu éponge grand ouvert sur son décolleté, on devine son maillot noir qui met superbement en valeur sa haute stature et ses formes généreuses. Elle me jette un regard rieur et taquin avant de se tourner vers Valérie, qui nous attend dans le salon. Valérie, toujours d'un calme et d'une élégance olympiques, porte son peignoir avec une simplicité souveraine, le regard brillant de malice devant nos enfantillages.
Nous quittons la suite en groupe. Nos pas sont totalement étouffés par la moquette épaisse et moelleuse des couloirs, dans un concert de chuchotements joyeux, de petits frôlements et de plaisanteries légères. L'ascenseur privatif descend en silence, nous déposant au niveau inférieur où l'espace bien-être s'ouvre à nous.
L'atmosphère de la piscine intérieure est magique : un immense bassin d'eau turquoise où se reflète la lumière ambrée des projecteurs subaquatiques. Le clapotis régulier et cristallin de l'eau résonne doucement sous la voûte en pierre sombre. L'air y est chaud, gorgé d'une vapeur moite et parfumée à la fleur de lotus, tandis que de grands voilages en lin blanc se balancent doucement le long des baies vitrées donnant sur la neige extérieure.
Pendant que Roxane et Nadia s'installent sur les transats en teck avec leurs jus d'agrumes en rigolant de plus belle, et que Valérie prend place un peu en retrait avec son sang-froid habituel, je sens le besoin de m'isoler un instant. Toute cette animation joyeuse me donne envie d'un moment plus intime et plus silencieux.
D'un pas discret, je quitte le bord de la piscine et pousse la lourde porte vitrée dépolie du hammam privé.
Aussitôt, une vague de chaleur dense, lourde et enveloppante m'accueille. La pièce est un véritable havre habillé de marbre gris veiné, totalement noyée dans un brouillard de vapeur tiède qui sent bon l'eucalyptus frais et les huiles essentielles de pin. Le seul bruit est un pshitt continu et apaisant des jets de vapeur qui s'échappent des buses en bronze, accompagné du tintement goutte-à-goutte de l'eau condensée qui glisse sur les parois tièdes.
Je m'avance doucement, le sol en mosaïque glissant sous mes pieds nus, et m'assois sur le large banc de pierre chauffé. Je détache le col de mon peignoir pour laisser la vapeur caresser mon cou et réchauffer ma peau. Dans ce cocon feutré, je me détends enfin.
Soudain, la porte de verre s'ouvre dans un doux chuintement de vapeur.
Une femme fait son entrée dans le hammam.
En la voyant apparaître à travers le voile blanc, je la regarde s'avancer avec curiosité. Elle est magnifique : la quarantaine, une superbe peau ambrée et de longs cheveux bruns ondulés méchés d'or qui retombent sur ses épaules mouillées. Sa silhouette est sculpturale, avec une taille très fine et des formes très généreuses que le simple drap de bain en lin sombre qu'elle porte noué autour de la taille ne parvient pas à masquer. Elle dégage une aisance et une assurance extrêmement naturelles.
Elle s'installe sur le banc de pierre juste en face de moi, le marbre tiède accueillant sa posture souple. En levant ses yeux noisette, son regard croise le mien à travers la vapeur.
— Wonderful atmosphere to unwind, isn't it? (Atmosphère merveilleuse pour se détendre, n'est-ce pas ?) lance-t-elle naturellement en anglais avec une voix chaude et timbrée.
— Oh, oui... c'est vrai, ça fait un bien fou, réponds-je machinalement en français, en lui adressant un petit sourire sincère.
En m'entendant répondre dans ma langue maternelle, ses sourcils se relèvent légèrement et un sourire d'une grande chaleur éclaire immédiatement ses lèvres pulpeuses.
— Ah, vous êtes française ! s'exclame-t-elle alors dans un français impeccable, sublimé par un délicieux et velouté accent latino qui fait chanter les mots. Pardonnez-moi, dans ces hôtels internationaux, on prend vite l'habitude de l'anglais ! Vous venez de loin ?
— De France, dis-je en sentant une légère roseur monter à mes joues, un peu intimidée par sa présence mais charmée par la douceur de son accent. On est arrivées ce soir avec trois amies. Et vous ?
— De New York pour le travail, mais ma famille est originaire du Mexique, explique-t-elle avec un rire léger et chaleureux dont les sonorités chuintantes et chantantes résonnent doucement dans la pièce. Je m'appelle Carmen.
— Sophie, enchantée.
Un petit rire doux s'échappe de ses lèvres, et son regard noisette se fait plus attentif, oscillant entre l'amusement et une gourmandise manifeste.
— Ravie de faire ta connaissance, Sophie. Tu sais... difficile de vous rater ! ajoute-t-elle en inclinant légèrement la tête, faisant rouler délicatement les « r » avec une malice enjôleuse. Tout le monde dans le hall et au bord de la piscine s'est rendu compte de l'arrivée de quatre superbes créatures... L'hôtel entier ne parle que de vous.
À ces mots, l'effet est immédiat. Une chaleur fulgurante m'envahit le visage, bien plus intense que la vapeur du hammam. Mes joues s'enflamment d'un rouge écarlate qui descend rapidement le long de mon cou. Prise au dépourvu par ce compliment si direct et par la charge sensuelle de son regard, je me mets à bafouiller :
— Oh... je... enfin, vous savez, on... on voulait juste se détendre... balbutie-je en triturant nerveusement la ceinture de mon peignoir, incapable de soutenir son regard plus de deux secondes.
Carmen laisse échapper un petit rire velouté, visiblement ravie par ma réaction. Sa bouche pulpeuse s'étire en un sourire tendre et captivé devant ma naïveté et cette rougeur incontrôlable.
— Ne sois pas si modeste, petite Sophie, murmure-t-elle d'une voix suave, savourant visiblement mon trouble qui s'installe délicieusement dans la chaleur du marbre...
Alors que je cherche désespérément mes mots, la lourde porte vitrée du hammam glisse doucement dans un chuintement de vapeur.
Une silhouette familière apparaît à travers le voile blanc. C'est Valérie.
Elle s'avance d'un pas lent et gracieux, le peignoir légèrement entrouvert sur son maillot, traînant dans son sillage une aura de calme et de maîtrise absolue. Ses yeux sombres se posent d'abord sur moi, amusés par mon air décontenancé, avant de croiser directement le regard de Carmen.
Pendant un instant, le temps semble se figer sous la voûte de marbre. Entre la sérénité souveraine de Valérie et l'assurance magnétique de cette sublime femme mexicaine, une tension électrique, presque palpable, traverse la pièce. Un premier échange de regards silencieux, d'une intensité fascinante, où chacune évalue l'autre en un clin d'œil.
— Je venais voir si tu ne t'étais pas endormie dans la vapeur, Sophie, dit Valérie d'une voix calme et posée, sans quitter Carmen des yeux.
— Non... non, pas du tout ! bafouille-je en me redressant vivement. Je... je discutais avec Carmen. Carmen, voici Valérie... mon amie.
Valérie esquisse un sourire d'une politesse exquise, inclinant légèrement la tête :
— Enchantée, Carmen.
— Le plaisir est partagé, répond Carmen, dont le regard noisette pétille d'un intérêt nouveau. Je disais justement à votre jeune amie à quel point votre arrivée à toutes les quatre n'est pas passée inaperçue...
— Le plaisir est partagé, répond Carmen, dont le regard noisette pétille d'un intérêt nouveau. Je disais justement à votre jeune amie à quel point votre arrivée à toutes les quatre n'est pas passée inaperçue...
Un petit rire feutré s'échappe de la gorge de Valérie, qui accepte le compliment avec une aisance déconcertante.
— Dans ce cas, nous devrions peut-être éviter de monopoliser toute la vapeur, glisse Valérie avec malice.
Carmen se lève alors dans un mouvement fluide, ajustant son drap de bain autour de sa taille sculpturale. Sa stature et sa prestance en imposent, mais son sourire reste chaleureux.
— C'est une excellente idée, approuve-t-elle avec ce velouté latino qui fait chanter sa voix.
— D'autant que tes deux autres amies au bord du bassin ont l'air de bien s'amuser. Et si nous allions toutes prendre un café ou un jus frais au bar de la piscine ? Ce serait un plaisir de faire plus ample connaissance.
— D'autant que tes deux autres amies au bord du bassin ont l'air de bien s'amuser. Et si nous allions toutes prendre un café ou un jus frais au bar de la piscine ? Ce serait un plaisir de faire plus ample connaissance.
— Avec grand plaisir, répond Valérie sans hésiter une seconde, lui adressant un regard complice.
Alors que nous poussons la porte pour sortir dans l'air plus frais de la piscine, je marche un pas derrière elles, le cœur battant encore un peu vite. Voir Valérie et Carmen côte à côte, discutant déjà avec une aisance fascinante, me donne un frisson particulier. Quelque chose me dit que ces vacances à Kitzbühel réservent encore bien des surprises...
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