Sur les barricades
Chapitre 1
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Couverture de Sur les barricades, par AlixC
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Sur les barricades — Chapitre 1

9 minutes
1.2k
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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AlixC
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Sur les barricades

Chapitre 1

Note de l'auteur


Note de l'autrice

L'actualité a réveillé de nombreux souvenirs de ma vie étudiante. En particulier, pendant le mouvement contre le CPE, j'ai fait une jolie rencontre qui m'a marqué. J'ai voulu la partager, la plupart des faits sont réels. Quelques passages sont légèrement romancés mais oui c'est ce qui s'était passé. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture.
=======================================================================
Le métro ronronne et sort une première fois du tunnel, m'aspergeant de la lumière douce de l'aurore, puis replonge dans les ténèbres, dernière station avant Cité scientifique. Je me lève à moitié endormie dans la rame quasiment vide. À cinq heures et demie, c'est plutôt normal... Un SDF grommelle au fond, je l'ai déjà croisé. Il est gentil même si son odeur est épouvantable.
— Tu vas foutre le bordel ?
Je lui souris gentiment, il se cale dans le siège de plastique sale alors que mon arrêt de métro approche. Je m'approche des portes automatiques et profite du reflet pour me recoiffer un minimum. Ma crinière rousse est affreuse, trop longue je trouve. Et mon legging ne fait pas vraiment glamour non plus. Personne ne regarde, je fais rapidement un tour sur moi-même. Bon, ça passe. Le métro freine brusquement, vingt camarades attendent, papotent à la sortie dans une brume qui sent bon le cannabis et le café.
— Camillechat ! hurle Francesca.
Ma camarade me saute dessus en hurlant, les autres se retournent pour lui signifier de la fermer un peu. Mais je l'enlace, elle est bien plus grande que moi et sa doudoune me réchauffe en passant.
— Bon les filles, vous prenez le SH3, les sciences humaines. Deux entrées, ça devrait aller rapidos, propose Max.
Je sors un bonnet noir, Francesca me l'attrape pour me l'enfiler jusqu'aux oreilles rougies par le froid. J'aimerais avoir son assurance militante. Du haut de son mètre quatre-vingts, elle prend les consignes, organise un peu le groupe. Et puis lance le top départ, c'est l'heure de bloquer notre fac.
— Putain, c'est lourd !
Je râle un peu en essayant de porter une table toute seule. Je suis un gabarit réduit et ramener les quelques tables dans l'entrée pour bloquer les portes m'épuise rapidement. Francesca se fout de moi mais semble satisfaite du résultat : c'est le foutoir, il y en a partout. Parfait.
Voilà quelques jours que les facs sont en ébullition face au CPE. Pouvoir se faire dégager d'un claquement de doigts. Pas question. Il y avait eu une grande AG dans un amphi qui dégueulait de partout. Recluse dans mon coin, Francesca m'avait repérée et prise sous son aile. Voilà comment on en arrivait à porter des tables à cinq heures du matin.
— J'en peux plus ! soufflai-je.
— Chérie, on a fait le plus gros. Les garçons doivent passer pour prendre le relais. Tractage à la fac de droit, ça te dit ?
— Du moment qu'on porte plus rien, je te suis poulette !
Francesca arbore son sourire de guerrière et me fait un câlin tendre. Elle sait que je suis hypersensible et venir ici ne me demande pas qu'un effort physique, la simple idée de parler à des inconnus me terrorise. Ses longs cheveux noirs sentent terriblement bon, j'y fourre ma tête pour y trouver du réconfort car j'ai un peu peur. Et la suite me donne rapidement raison...
La fac de droit est située dans le centre de Lille et ce n'est pas tout à fait le même public. Ici les réactionnaires sont bien implantés. Nos histoires de blocage font beaucoup moins plaisir qu'en sociologie... Francesca se met dans un coin, moi dans un autre. Les premiers étudiants arrivent, lisent à peine les papiers appelant à la mobilisation. Pourtant j'essaie d'avoir un beau sourire, j'ai pris la peine d'être présentable. Rien n'y fait, les réactions sont mauvaises. Du coin de l'œil, Francesca insiste beaucoup plus, n'hésite pas à aller au contact. Je le sais, je suis beaucoup trop timide...
Alors j'inspire un grand coup, et tente d'être plus insistante avec le prochain. Mauvaise pioche. Le prochain est un grand costaud, des cheveux en brosse et des petits yeux haineux. Il me toise et me donne envie de me pisser dessus.
— Qu'est-ce que vous foutez là ?
Il pue. Pas seulement un mélange clope-café atroce, il pue la colère et l'envie de me démolir. Francesca ne me voit pas, je recule d'un pas, l'autre avance.
— C'est bon, je vais partir et...
— Ici on bloque pas connasse.
Mon dos se cogne contre le poteau. Le métal est froid dans mon dos, les étudiants continuent de passer à côté sans regarder, le flux indifférent. Mes poumons se serrent, plus d'air, plus de voix. Le tract est dans son poing et il est déchiré. Mes jambes ne veulent plus rien faire de sensé. Je pense à Francesca mais elle est dans mon angle mort, je le sais, je peux compter les secondes avant qu'il se décide à faire quelque chose.
— Lâche-la ou je t'éclate.
La brute se retourne vers un étudiant. Sa peau est pâle, ses cheveux en bataille. Et son chesterfield noir allonge sa belle silhouette fine. En tout cas il n'a pas peur du crétin, il s'avance le plus naturellement du monde vers ce con.
— De quoi j'me...
Le chesterfield a été si vif que j'ai à peine eu le temps de voir son poing s'écraser dans le gros nez de mon agresseur.
— Fils de p…
Son nez saigne, il a du mal à parler. Il fait un vague doigt d'honneur et se barre. Mon sauveur approche doucement. Sa peau de porcelaine fait ressortir ses lèvres, presque rouge vif. Un peu plus et je jurerais qu'il s'est maquillé mais ce n'est pas le cas. Sans réfléchir, je me précipite sur lui et pose instinctivement ma tête sur sa chemise glacée. J'ai eu la trouille, la vraie de vraie. Mon visage est si collé à lui que je sens son cœur battre. Il me faut une bonne minute avant de reprendre mes esprits.
— Euh, il est parti, c'est bon...
Je recule en bafouillant devant ses yeux, qui me rappelaient le liquide lave-vitre de chez mes parents.
— C'est un connard, reprend-il. Fais gaffe, toi et ta copine, quand il est tout seul, c'est simple. Mais il risque de se repointer avec ses copains.
Je suis hypnotisée par ses paroles ou par ses lèvres rouges. Il regarde au loin, peut-être pour vérifier ses dires et si la brute n'est plus dans le coin. Francesca vient à notre rencontre.
— Tout va bien ?
— J'ai... été emmerdée. Un gentleman m'a sauvé la vie.
Je parviens enfin à arracher un sourire à Chesterfield.
— Et je ne connais même pas ton nom, d'ailleurs...
— Jean-François.
Un petit silence se fait, mais pas pour les mêmes raisons. J'imagine bien ce qu'il se passe dans la tête de Francesca : Jean-François, un nom bourgeois dans un corps bourgeois. Mais moi je reste subjuguée par sa silhouette filiforme et élégante.
— Mais je préfère Jeff. Bon, je vais aller en cours, parce que votre blocage ici...
— Camille !
Même Francesca était étonnée. Un petit cri que je ne reconnus même pas, comme si mon cerveau avait pris le pas sur ma propre conscience.
— Camille, enchanté alors...
Jeff semble détaché mais en même temps scotché au sol.
— Ben, faudra revenir alors, murmurai-je...
Jeff sort un morceau de papier, gribouille son numéro et me le tend.
— Si jamais tu reviens et qu'il t'emmerde, hésite pas. Je suis dans le coin, tu sais, je peux venir rapidement, Camille.
Mes mains tremblent en m'emparant du papier chiffonné. Il m'adresse un dernier sourire puis fait demi-tour élégamment.
— Camille, on retourne à la fac ?
— Ouais, ouais...
— Alors arrête de regarder le cul de ce petit bourgeois.
Merde, elle m'a captée.
***
À quatorze heures, je m'effondre. Entre le trajet, le lever, les blocages... Je me faufile sous ma couette. Rapidement mes paupières se ferment. Mais je ne m'endors pas. Je le vois lui. Ça n'avait duré que quelques minutes. Pourtant ses yeux lave-vitre me regardaient encore, avec son sourire féminin. Nerveusement, je me mis sur le ventre. Il était là, toujours. Je pouvais presque sentir son odeur humée sur sa chemise — fraîche et épicée, toute douce. J'aurais voulu qu'il m'enlace. Qu'il place la main contre mon ventre et le réchauffe en le caressant, lentement, sans se presser. Je le voyais si bien : ses longs doigts pâles remontant, m'effleurant le sein. Je gémis immédiatement, mes doigts massant la base, puis s'approchant de mon téton si dur. Jeff l'aurait peut-être mordu. Peut-être léché. L'idée me happait dans mon subconscient et je me laissais aller, ses lèvres rouges sur les miennes, sa main à lui — sa main, pas la mienne — qui glissait dans mon legging.
Je m'arrêtai une seconde. Mes doigts contre mon string trempé. Est-ce que c'était lui ou moi ?
Lui. C'était lui.
Mes doigts reprirent, frottant mes lèvres, caressant mon clito durci — c'étaient les siens, je n'en doutais plus. Il ferait ça parfaitement, il saurait exactement où appuyer, quand ralentir, quand ne plus ralentir du tout. Je haletais dans mon oreiller. La paume de ma main écrasait mon sexe, multipliant les points de pression, déclenchant des vagues de plaisir. Je voulais sa bouche sur la mienne. Je voulais sentir son souffle. Mes cuisses se tétanisaient contre ma main, je tremblais, et l'orgasme arriva terrible, puissant, trop vite et pas assez.
Je retirai ma main, toujours humide, et la regardai, saisie. Je me masturbais régulièrement. Mais depuis combien de temps n'avais-je pas joui ainsi ?
Mon portable vibra, je me levai brutalement toujours humide.
— Bien rentrée ? AG dans notre fac demain. Préviens-moi si tu veux...
La peur m'envahit de nouveau. Pas la même que face à la brute — celle-là, je la connaissais. Celle-ci était plus sournoise : et si Jeff était là-bas ? Et si je ne savais pas quoi lui dire ? Et si je n'avais plus l'excuse du tract froissé dans les mains ?
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Entre deux assemblées générales houleuses et les slogans du mouvement contre le CPE, Camille n'a qu'une obsession : Jeff, l'étudiant en droit au chesterfield noir qui ne ressemble à personne d'autre sur le campus. Leurs mondes ne devraient pas se croiser, et pourtant leurs regards se cherchent sans cesse. Jusqu'où ce trouble naissant va-t-il l'entraîner, et qui acceptera de la suivre ?
17 minutes
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Commentaires ()

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Photo de profil de Maplume
Maplume
25 octobre 2026 à 22:52
J'aime beaucoup, ça se lit tellement bien, vivement la suite.
L'équilibre entre l'histoire qui arrive et les sentiment de la narratrice est très agréable
Modifié 25 octobre 2026 à 22:54
Photo de profil de Folgi74
Folgi74
24 octobre 2026 à 16:25
Une très belle entrée en matière … j’aime beaucoup cette douceur, cette tension sexuelle qui s’installe… très bien décrit .. vivement la suite !
Bravo continue
Photo de profil de Jinnzo7
Jinnzo7
24 octobre 2026 à 15:10
Très beau partage de rencontre fortuite dont on rêve tous !

La séance de masturbation finale est très érotique et annonce du chaud pour la suite

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