Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Alice, la véritable histoire — Chapitre 2 · Le lapin blanc
Auteur
Alice, la véritable histoire
Chapitre 2 · Le lapin blanc
« Tomber » est un verbe qui, d’ordinaire, ne laisse guère le temps de réfléchir à sa tenue. On bascule, on pousse un cri et l’on atterrit comme on peut. Mais dans le terrier du Lapin blanc, les choses prennent leur temps. Assez, notamment, pour qu’une robe cesse de faire son travail et qu’une jeune femme bien élevée regrette de ne pas avoir mis un pantalon.
Je vous vois sourire. Ne jouez pas les innocents : vous saviez fort bien quel genre d’histoire vous alliez lire. Alice, elle, n’avait pas été prévenue.
Je vous vois sourire. Ne jouez pas les innocents : vous saviez fort bien quel genre d’histoire vous alliez lire. Alice, elle, n’avait pas été prévenue.
♦ ♦ ♦
Alice poursuivait sa chute dans le terrier. Elle tombait si lentement qu’elle avait tout le loisir d’examiner les étagères fixées aux parois. Sa robe bleue, en revanche, s’obstinait à remonter, dévoilant ses cuisses, le haut de ses bas blancs et sa petite culotte immaculée. Elle tenta de la rabattre, mais le tissu se soulevait aussitôt. Heureusement pour sa pudeur, personne ne semblait assister au spectacle, si l’on exceptait les portraits accrochés aux parois, dont les occupants tournaient la tête sur son passage avec un intérêt assez peu artistique.
— Mais où peut bien mener ce trou ?
Elle n’eut pas le temps de réfléchir davantage. Elle atterrit sur un tas de feuilles mortes, sans se faire le moindre mal.
Après avoir épousseté sa robe, elle découvrit un long couloir éclairé par des lampes. Au fond, le Lapin blanc courait toujours.
— Monsieur le Lapin ! Attendez-moi !
Mais il avait déjà disparu au détour du couloir.
Alice se précipita à sa poursuite et déboucha dans une grande salle. Il y avait des portes partout, mais elles étaient toutes fermées.
— C’est bien ma chance ! Comment vais-je sortir d’ici ?
Au milieu de la pièce se trouvait une table en verre sur laquelle était posée une petite clé d’or.
Alice s’en empara et essaya plusieurs serrures, sans succès. Elle découvrit finalement une minuscule porte dissimulée derrière un rideau. Cette fois, la clé fonctionna.
Elle s’agenouilla devant l’ouverture et jeta un coup d’œil de l’autre côté. S’étendait là un magnifique jardin, rempli de fleurs et d’arbres fruitiers.
— Oh, que c’est joli ! Mais comment voulez-vous que je passe par un trou aussi petit ?
Elle se pencha davantage, jusqu’à se retrouver à quatre pattes, le nez contre l’ouverture et la robe remontée bien plus haut que les convenances ne l’autorisaient. C’est précisément ce moment que choisit une voix pour retentir derrière elle.
— Marie-Anne ! Où étiez-vous passée ? Mes gants, je vous prie, et sans me faire attendre !
Alice se redressa si vite qu’elle se cogna le front contre l’encadrement.
— Marie-Anne ? répéta-t-elle en se retournant, une main sur la bosse naissante. Qui est Marie-Anne ?
Le Lapin blanc la dévisageait, les yeux ronds.
— Mais… vous n’êtes pas Marie-Anne !
— Quelle perspicacité ! Nous nous sommes pourtant rencontrés tout à l’heure, près de la rivière. Vous ne vous souvenez pas ?
— Si, bien sûr ! Pardonnez-moi, j’ai cru… De dos, vous lui ressemblez beaucoup.
— De dos ? répéta Alice en rabattant sa robe.
— Quelle perspicacité ! Nous nous sommes pourtant rencontrés tout à l’heure, près de la rivière. Vous ne vous souvenez pas ?
— Si, bien sûr ! Pardonnez-moi, j’ai cru… De dos, vous lui ressemblez beaucoup.
— De dos ? répéta Alice en rabattant sa robe.
Le Lapin se plongea dans l’examen de sa montre avec une attention soudaine.
— Et qui est cette Marie-Anne, au juste ?
— Ma servante. Elle s’occupe de ma maison et de mes affaires personnelles.
— Vous avez une bien cavalière façon de lui parler !
— Elle en a l’habitude. Mais dites-moi, comment êtes-vous arrivée ici ?
— Je vous ai suivi dans votre terrier et je suis tombée. Depuis, je cherche à sortir de cette salle.
— Vous êtes tombée ? Vous ne vous êtes pas fait mal ?
— Non, à part le front. Mais vous pourriez peut-être m’aider à retrouver mon chemin ?
— Ma servante. Elle s’occupe de ma maison et de mes affaires personnelles.
— Vous avez une bien cavalière façon de lui parler !
— Elle en a l’habitude. Mais dites-moi, comment êtes-vous arrivée ici ?
— Je vous ai suivi dans votre terrier et je suis tombée. Depuis, je cherche à sortir de cette salle.
— Vous êtes tombée ? Vous ne vous êtes pas fait mal ?
— Non, à part le front. Mais vous pourriez peut-être m’aider à retrouver mon chemin ?
Le Lapin consulta de nouveau sa montre.
— Oh là là ! Je n’ai vraiment pas le temps ! La Duchesse m’attend et je n’ai même pas mes gants !
— Vous avez perdu vos gants ?
— Non, ils sont chez moi. Marie-Anne devait me les préparer.
— Eh bien, allons les chercher ensemble. Vous me montrerez le chemin.
— Vous avez perdu vos gants ?
— Non, ils sont chez moi. Marie-Anne devait me les préparer.
— Eh bien, allons les chercher ensemble. Vous me montrerez le chemin.
Le Lapin hésita, puis sortit une clé de son gilet et ouvrit l’une des grandes portes.
Alice allait le suivre lorsqu’elle remarqua, sur la table de verre, un flacon qui n’y était pas tout à l’heure, orné d’une étiquette : « BOIS-MOI ».
— Voilà qui est bien curieux !
Elle hésita, puis revint sur ses pas, le prit et le glissa dans sa poche.
La grande porte donnait sur un couloir qui débouchait, le plus naturellement du monde, sur une allée bordée d’arbres. Au bout se dressait une jolie maison, dont la porte portait une plaque de cuivre : « LAPIN B. »
— C’est ici, annonça-t-il. Entrez donc, mademoiselle… Au fait, comment vous appelez-vous ?
— Alice.
— Enchanté, Alice. Maintenant, dépêchons-nous !
— Alice.
— Enchanté, Alice. Maintenant, dépêchons-nous !
Elle sourit. Cet homme ne pensait qu’à l’heure. Elle se demanda s’il lui arrivait parfois de prendre son temps.
— Mes gants doivent être dans ma chambre, annonça-t-il en désignant l’escalier. Suivez-moi.
Alice s’arrêta sur la première marche. Monter dans la chambre d’un homme qu’elle connaissait depuis moins d’une heure n’était pas très convenable. Mais après tout, il ne s’agissait que de retrouver une paire de gants.
Elle monta.
♦ ♦ ♦
Le Lapin fit entrer Alice dans une chambre parfaitement rangée.
— Mes gants doivent être quelque part ici. Marie-Anne les laisse toujours sur la commode.
Sans même regarder la commode, il se mit à fouiller les tiroirs. Alice examinait la pièce. Un grand miroir attirait particulièrement son attention. Elle s’en approcha, puis se souvint du flacon qu’elle avait glissé dans sa poche.
— Dites-moi, monsieur le Lapin, savez-vous ce que contient cette bouteille ?
Il se retourna.
— Où avez-vous trouvé cela ?
— Dans la salle aux portes. Il était écrit « BOIS-MOI » dessus.
— Ah ! Dans ce pays, il faut se méfier de ce genre d’invitation.
— Pourquoi donc ?
— Parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver !
— Dans la salle aux portes. Il était écrit « BOIS-MOI » dessus.
— Ah ! Dans ce pays, il faut se méfier de ce genre d’invitation.
— Pourquoi donc ?
— Parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver !
Malgré cet avertissement, Alice déboucha le flacon et en but une petite gorgée.
— Mais que faites-vous ? s’écria le Lapin.
— Je voulais simplement goûter.
— Je voulais simplement goûter.
Elle n’avait pas terminé sa phrase que son corsage commença à se tendre dangereusement, au point qu’Alice craignit de voir ses coutures céder. Sa poitrine s’arrondit, ses hanches s’élargirent, ses fesses se firent plus rebondies, tandis qu’une chaleur inattendue lui montait du bas-ventre et lui arrachait un frisson. Quant à sa robe, qui avait visiblement l’habitude du Pays des merveilles, elle s’ajusta d’elle-même aux nouvelles proportions, avec une complaisance presque suspecte.
— Oh ! Mais qu’est-ce qui m’arrive ?
Elle se tourna vers le miroir, de face, de profil, puis de face à nouveau, comme pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’une erreur d’optique. Elle mesurait toujours la même taille, mais pas du tout le même tour de poitrine.
— Regardez-moi ça ! Je n’en crois pas mes yeux !
Le Lapin, lui, ne disait plus un mot.
Il contemplait Alice avec une attention peu discrète. Sa montre pendait au bout de sa chaîne, complètement oubliée.
— Monsieur le Lapin ? Vous allez bien ?
— Oui, oui… parfaitement.
— Oui, oui… parfaitement.
Il détourna les yeux et tira nerveusement sur son gilet, mais celui-ci était bien trop court pour dissimuler la bosse qui se dessinait sous son pantalon.
Alice la remarqua. Elle toussota, mais sa curiosité était piquée.
— Vous pourriez au moins me regarder dans les yeux !
— Pardonnez-moi, mademoiselle Alice. C’est que… je n’ai jamais vu une chose pareille.
— Moi non plus, figurez-vous ! Et pourtant, c’est à moi que cela arrive !
— Pardonnez-moi, mademoiselle Alice. C’est que… je n’ai jamais vu une chose pareille.
— Moi non plus, figurez-vous ! Et pourtant, c’est à moi que cela arrive !
Elle fit encore un demi-tour devant le miroir, puis se tourna vers lui.
— Dites-moi franchement, monsieur le Lapin… Vous me trouvez comment ?
Cette fois, il ne consulta pas sa montre.
— Très jolie, Alice. Vraiment très jolie.
Elle sourit, un peu gênée par le compliment.
— Eh bien, pour une fois, vous avez trouvé le temps de me regarder !
— Il faut dire que vous m’avez réservé une sacrée surprise, mademoiselle Alice !
— Et vous aussi, monsieur le Lapin !
— Moi ? Mais je n’ai rien fait !
— Justement ! Vous n’avez pas bu de potion, et pourtant, il me semble que quelque chose a grossi sous votre pantalon !
— Il faut dire que vous m’avez réservé une sacrée surprise, mademoiselle Alice !
— Et vous aussi, monsieur le Lapin !
— Moi ? Mais je n’ai rien fait !
— Justement ! Vous n’avez pas bu de potion, et pourtant, il me semble que quelque chose a grossi sous votre pantalon !
Le Lapin baissa les yeux et rougit.
— Oh ! Ce n’est pas du tout la même chose !
— Ah bon ? Expliquez-moi alors.
— Voyez-vous, Alice, cela peut arriver à un homme lorsqu’il se trouve en présence d’une femme qui lui plaît.
— Et c’est moi qui vous fais cet effet ?
— Je dois bien l’avouer.
— Ah bon ? Expliquez-moi alors.
— Voyez-vous, Alice, cela peut arriver à un homme lorsqu’il se trouve en présence d’une femme qui lui plaît.
— Et c’est moi qui vous fais cet effet ?
— Je dois bien l’avouer.
Alice s’approcha de lui et regarda de nouveau son pantalon.
— C’est curieux. Et cela vous arrive souvent ?
— Vous posez vraiment beaucoup de questions !
— C’est parce que vous ne répondez jamais à toutes !
— Vous pourriez peut-être vous rendre compte par vous-même de ce qui m’arrive.
— Comment cela ?
— Vous posez vraiment beaucoup de questions !
— C’est parce que vous ne répondez jamais à toutes !
— Vous pourriez peut-être vous rendre compte par vous-même de ce qui m’arrive.
— Comment cela ?
Il lui tendit la main, paume ouverte, puis jeta un regard embarrassé vers son pantalon.
— Seulement si vous en avez envie.
Alice hésita. Sa mère lui aurait rappelé qu’une jeune femme bien élevée ne touchait pas à ce qui ne lui appartenait pas. Mais sa mère n’était pas là, et la curiosité, elle, l’était toujours.
Elle glissa ses doigts dans les siens. Lorsqu’elle comprit ce qu’il lui proposait, elle piqua un fard.
— Vous êtes bien audacieux, monsieur le Lapin !
— Et vous, bien curieuse !
— Et vous, bien curieuse !
Elle ne pouvait guère lui donner tort. Il guida lentement sa main jusqu’au tissu tendu, et elle l’explora du bout des doigts, avec la gravité d’une naturaliste devant une espèce inconnue. La chose réagit sous sa paume, comme dotée d’une volonté propre. Alors, sans trop savoir comment, elle se mit à le caresser ou, pour employer le terme que sa mère lui aurait certainement interdit, à le branler, avant de retirer sa main, stupéfaite d’avoir osé.
— Eh bien ! Je ne m’attendais pas à cela.
Le Lapin la regardait avec tendresse.
— Vous regrettez ?
— Non. Mais je crois que j’ai encore beaucoup de choses à découvrir.
— Non. Mais je crois que j’ai encore beaucoup de choses à découvrir.
Le Lapin lui reprit doucement la main.
— Vous êtes certaine de vouloir continuer, Alice ?
— Si je ne le voulais pas, je vous le dirais !
— Si je ne le voulais pas, je vous le dirais !
Il lui souffla quelques conseils à l’oreille.
— Plus lentement, Alice. Rien ne presse.
— Venant de vous, c’est un comble !
— Ne le répétez pas à la Duchesse, surtout !
— Venant de vous, c’est un comble !
— Ne le répétez pas à la Duchesse, surtout !
Elle suivit ses indications avec l’application d’une élève douée : plus lentement, un peu plus fermement, puis plus lentement encore. Elle sentit son regard glisser vers son décolleté, que la potion avait rendu bien plus généreux, et ne fit rien pour l’en détourner. Le Lapin ferma les yeux et laissa échapper un soupir.
— Je vous fais mal ? demanda-t-elle aussitôt.
— Non, non ! Bien au contraire !
— Non, non ! Bien au contraire !
Elle devait bien reconnaître que le voir perdre ainsi sa belle assurance lui plaisait beaucoup. Cette proximité éveillait également en elle une certaine chaleur entre les cuisses, qu’elle n’avait pas particulièrement envie de faire disparaître.
— Finalement, monsieur le Lapin, vous savez prendre votre temps quand vous voulez !
Il ouvrit les yeux et lui sourit.
— Il faut dire que vous êtes une jeune femme pleine de surprises, Alice.
— Vous n’avez encore rien vu ! répondit-elle, avant de se demander d’où lui venait pareille effronterie.
— Vous n’avez encore rien vu ! répondit-elle, avant de se demander d’où lui venait pareille effronterie.
Le Lapin se raidit soudain, laissa échapper un gémissement qu’il ne put retenir, puis s’immobilisa. Il reprit lentement son souffle et baissa les yeux vers son pantalon, visiblement confus.
— Tout va bien, monsieur le Lapin ?
— Oh oui, Alice ! Très bien, même !
— Oh oui, Alice ! Très bien, même !
Au même moment, Alice sentit son corsage se détendre. Elle se tourna vers le miroir et constata que ses formes retrouvaient progressivement leurs proportions habituelles.
— Quel dommage ! La potion ne fait déjà plus effet !
Elle baissa les yeux et remarqua que la bosse sous le pantalon du Lapin avait nettement diminué.
— Tiens ! Vous aussi, vous rapetissez !
Le Lapin sourit, un peu penaud.
— Oui, mais je vous assure que ce n’est pas pour les mêmes raisons !
Il s’éclipsa derrière un paravent et en revint avec un pantalon propre, comme si de rien n’était. Puis il fouilla trois tiroirs avant de retrouver ses gants là où ils avaient toujours été, sur la commode, et consulta sa montre.
— Grands dieux ! La Duchesse ! Elle va me faire couper la tête !
Alice éclata de rire.
— Alors filez vite ! Je ne voudrais pas être responsable de votre malheur !
Ils descendirent ensemble. Devant la maison, le Lapin lui indiqua le chemin qui traversait le bois, lui baisa la main avec une galanterie un peu tardive, consulta de nouveau sa montre et détala.
— Revenez quand vous voulez ! cria-t-il sans se retourner. Je m’arrangerai pour avoir du temps !
Alice le regarda s’éloigner, un sourire aux lèvres. Elle espérait bien le revoir. Et la prochaine fois, elle comptait lui faire oublier sa montre… et ses gants !
Elle reprit sa promenade et aperçut bientôt un immense champignon au milieu des arbres, dont la forme lui parut soudain étrangement familière.
[A suivre : Chapitre suivant : La Chenille Bleue]
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