Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Derrière les portes closes — Chapitre 1 · La femme de l’avocat
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Derrière les portes closes
Chapitre 1 · La femme de l’avocat
Il fut une époque (voir « L’ABC » et « Beauté fluo ») où je me rendais souvent dans un club échangiste bien connu de la ville de Bruxelles. Je ne citerai pas le nom ici, mais les connaisseurs le reconnaîtront, j’en suis certain.
Vous deviez attendre devant une porte anonyme, malgré le nom du lieu écrit en lettres lumineuses sur la façade avant du bâtiment, que quelqu’un presse le bouton pour l’ouvrir. Une fois fait, la personne devait presser un autre bouton pour ouvrir la grille que vous deviez fermer derrière vous.
On ne rigole pas avec la sécurité, et c’est tant mieux.
Après vous être délesté d’une coquette somme, surtout pour les hommes venant seuls, vous pouviez passer aux vestiaires pour finir en tenue d’Adam ou d’Ève, muni d’une serviette pour les plus « pudiques ».
Vous pouviez déjà entendre la musique trop forte à l’étage et, également, des sons plus agréables. Signe que la soirée allait être chaude.
Vous preniez donc l’escalier pour arriver au bar. L’un ou l’une des employés vous servait des boissons en illimité pendant que le DJ, sur la droite du bar, faisait chauffer la salle. Au fond de cette pièce se trouvait une scène avec une barre de pole dance et, contre les murs, des banquettes et des tables.
Vous pouviez déjà croiser des couples ou des personnes seules venues chercher la même chose que vous. Une nuit torride à deux ou à plusieurs.
De là, vous pouviez alors vous balader pour trouver des alcôves ouvertes ou fermées via une porte. Ces alcôves étaient munies de grands lits confortables, de distributeurs de préservatifs et de gels lubrifiants. Pour les alcôves fermées, les murs étaient parsemés de trous pour les plus curieux. Il s’en dégageait des sons de plaisir et des odeurs de sueur et de sexe.
Pour un moment de détente, un sauna était disponible au milieu d’un des couloirs qui amenaient au bar.
Et, bien sûr, des douches pour le respect des autres et de soi-même. Tout ce petit monde, caché au reste de la ville, baignait dans une ambiance sombre, teintée de noir et de rouge, de bois et de moquette, dont l’hygiène devenait plus discutable à mesure que la nuit avançait.
Ce lieu était, pour moi, une bulle de plaisir, un moment suspendu dans ma vie compliquée. Dès que je pouvais et que j’avais les moyens, j’y retournais pour m’échapper d’une réalité morne à l’époque.
Je suis donc accoudé au bar, occupé à savourer un gin tonic fade, quand je sens à mes côtés une présence forte, presque électrisante. Je tourne la tête. Dans la pénombre, je plisse les yeux pour mieux distinguer cette femme qui me regarde, elle aussi.
Ses yeux sont noirs, perçants. Une longue chevelure de jais descend le long de son dos, épouse ses courbes et vient effleurer le haut de ses fesses. Sa peau laiteuse contraste avec le noir brillant du latex qu’elle porte ce soir-là. Un ensemble qui souligne ses formes généreuses et renforce cette beauté froide, presque intimidante.
Je me fais alors une idée de ses origines. La Russie, peut-être. Une intuition qu’elle me confirmera plus tard.
La différence d’âge entre nous est évidente, mais je ne m’en formalise pas. Après tout, nous savons pourquoi nous sommes ici.
Un long silence s’installe. Je sens que si je ne fais rien, et vite, je vais la laisser m’échapper. C’est une certitude aussi absurde qu’impérieuse.
Je me rapproche d’elle.
— Je vous offre un verre ?
Elle éclate de rire. Un rire profond, avec ces accents russes qui semblent venir tout droit de sa mère patrie.
Bien joué, pensais-je.
Elle se rapproche jusqu’à presque se coller à moi. Le contact du latex contre ma peau provoque une décharge immédiate. Je la veux. Je la veux ce soir.
— C’est gratuit ici, mais je veux bien.
Elle commande un whisky-coca qu’elle avale presque d’un trait.
La conversation s’engage alors, portée par l’alcool et le jeu de la séduction. Nous échangeons, nous rions, nous nous observons. Aucun de nous ne semble vouloir céder le premier.
Pourtant, malgré cette proximité, quelque chose me retient de croire la partie gagnée. J’ai l’impression qu’elle en a envie, elle aussi, mais qu’une hésitation l’empêche de se laisser aller. Je ne sais pas encore laquelle.
Elle pose une main sur mon bras.
— Je reviens.
Puis elle s’éloigne et rejoint un homme que je n’avais pas remarqué jusque-là.
Il semble plus âgé qu’elle. Les cheveux gris, le visage parfaitement rasé, il affiche un physique entretenu avec soin. Un homme qui semble parfaitement à sa place, ici.
Je comprends aussitôt. C’est terminé. Elle a trouvé mieux que moi : un homme plus mûr, plus sûr de lui, probablement plus séduisant. Tout compte fait, le jeune homme bedonnant que j’étais à l’époque ne fait peut-être pas le poids.
Pourtant, quelque chose cloche.
Pendant qu’elle lui parle, elle me regarde. Et lui aussi.
Qu’est-ce qui se passe ?
Après une éternité d’attente, alors que mon excitation était retombée depuis longtemps, ma belle Russe revient enfin.
— Désolée, je parlais à mon mari.
— J’avais compris. Il y a un problème ?
— Non, au contraire. Il semble t’apprécier.
— Ah ? Je suis content pour lui.
— J’avais compris. Il y a un problème ?
— Non, au contraire. Il semble t’apprécier.
— Ah ? Je suis content pour lui.
Elle éclate de nouveau de rire, mais cette fois, il est plus chaleureux. Je me détends. Puis elle me regarde à nouveau.
Quelque chose a changé dans ses yeux. Son regard est devenu plus intense, plus sensuel. En quelques secondes, je sens l’excitation remonter. Mon cœur s’emballe.
Elle prend ma main.
— Viens.
Un seul mot. Pas une question, pas une proposition. Une invitation à laquelle je n’ai aucune envie de résister. L’effet qu’il me fait est immédiat, et je ne cherche même pas à le dissimuler.
Derrière nous, son mari nous observe. Pendant un instant, je crois qu’il va nous suivre. Mais il reste au bar. Son attention se porte bientôt sur une autre femme, plus jeune.
J’imagine que la soirée ne fait que commencer pour lui aussi.
Elle m’emmène vers l’une des alcôves que l’on peut refermer. Quelques curieux nous emboîtent le pas, mais, une fois à l’intérieur, ma conquête du soir leur claque la porte au nez.
— Il n’y a que nous, ce soir.
Je l’aime.
Elle m’invite à m’allonger. Ses gestes sont un peu brusques, presque autoritaires, et pourtant, elle prend soin de moi. Sa douceur contraste avec l’image qu’elle renvoie, cette beauté froide qui semble pouvoir déstabiliser n’importe quel homme.
J’ai l’impression qu’elle sait parfaitement l’effet qu’elle produit. Peut-être comprend-elle aussi que, derrière mon apparence et mon assurance de façade, je suis impressionné. Alors, elle prend son temps, ajuste ses gestes, me laisse trouver mes marques.
Je ne lui dis rien. Je la remercie en silence.
Elle se retourne pour prendre un préservatif, qu’elle déballe avant de le placer sur mon gland. Le contact suffit à raviver mon excitation.
Enfin, me dis-je.
Elle se penche alors vers moi et, avec une habileté qui me surprend, déroule le latex sur ma verge à l’aide de sa bouche. Je remarque au passage que ses lèvres semblent avoir été retouchées.
Quel moment incroyable. Je me laisse emporter par les sensations de sa bouche agile tandis qu’elle poursuit ses mouvements avec assurance. Mes doigts se glissent dans sa longue chevelure noire.
Ma belle de Russie.
Autour de nous, la musique continue de battre. Elle seule semble encore rythmer le temps qui passe.
Elle se redresse.
— Mmh… J’adore.
— Merci, dis-je, presque timidement.
— Merci, dis-je, presque timidement.
Un sourire aux lèvres, elle vient se placer sur moi. Ses mains se posent sur mon sexe et elle le guide avec assurance, tout en se mordillant la lèvre inférieure. Elle prend son temps, et je découvre peu à peu la chaleur de son corps à travers le préservatif.
Lorsqu’elle se rapproche davantage, mes mains viennent naturellement se poser sur ses hanches. Je cherche à accompagner ses mouvements, à trouver avec elle un rythme qui nous convienne. Je suis toujours aussi impressionné par cette femme, mais peu à peu, je me laisse emporter par le moment.
J’accélère le mouvement. La chaleur de nos corps se mêle, nos souffles se font plus courts et nos odeurs se confondent. Je me laisse emporter par cette danse qui devient de plus en plus intense.
Je la bascule sur le lit pour prendre les commandes de ce ballet de plaisir infernal. Par réflexe, elle pose ses longues jambes sur mes épaules. Je comprends par son regard qu’elle me veut entièrement en elle. Je donne un coup de rein sec qui propulse mon gland au fond de son être.
Je me laisse gagner par son intensité. Un gémissement lui échappe, puis un autre, plus sonore.
— Oh mon Dieu
Si tu le dis, pensai-je, amusé malgré l’intensité du moment. Je ravale ma remarque. Inutile de briser le rythme maintenant.
Je redouble d’intensité et m’enfonce plus en elle, emporté par le rythme effréné de nos corps. Je peux sentir mon gland taper au fond de son être. Mon regard reste accroché au sien, puis se perd un instant sur sa poitrine généreuse, qui accompagne chacun de ses mouvements.
Quelques mots russes lui échappent. Des paroles que je ne comprends pas et dont j’ignore encore aujourd’hui le sens. Je me demande ce qu’elle exprime à cet instant, mais je n’ai pas le temps de m’y attarder.
Elle ferme les yeux et porte une main entre ses cuisses pour venir trouver son clito gonflé et sensible. Son souffle se brise, ses traits se tendent, puis son regard retrouve le mien. Je comprends qu’elle approche du point culminant et que toute son attention est désormais tournée vers les sensations qui la submergent.
— Ne t’arrête pas, continue.
Je puise dans mes dernières réserves pour répondre à sa demande. De mon côté aussi, je sens que je touche à ma limite. Chaque seconde semble prolonger cette tension qui nous emporte.
Dans un ultime mouvement, tout son corps se contracte. Elle ferme les yeux, pince les lèvres pour retenir un cri, tandis que des frissons parcourent sa peau. Son souffle se brise et ses hanches tremblent encore.
Cela provoque chez moi une jouissance incroyable. Je lâche de puissants jets chauds retenus par la protection. Nous tremblons de plaisir dans une communion parfaite.
Pendant quelques secondes, nous restons enlacés, incapables de retrouver immédiatement le fil du monde extérieur.
La musique continue derrière la porte. Mais, dans l’alcôve, le temps semble s’être arrêté.
Nous finissons par retourner au bar, où son mari l’attend toujours. La soirée touche à sa fin, et vient le moment de nous séparer.
Dans les vestiaires, juste avant que nos chemins ne se quittent, elle me tend son numéro.
— Si demain tu es libre, viens.
Je l’étais.
Pour elle, j’étais libre.
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