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Couverture de L'encre et le désir, par alfredo20045
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'encre et le désir — Chapitre 3

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alfredo20045
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L'encre et le désir

Chapitre 3

Un instant, je ne vous ai pas parlé de moi, je suis Vicky. Je suis assise sur le canapé en velours grenat de mon salon, les jambes repliées sous moi, et le clair de lune qui filtre à travers la grande baie vitrée caresse ma peau noire. Je viens de sortir de la douche ; ma peau est encore humide et sent la vanille et le musc. Je ne porte qu'un short en soie rose qui moule mes hanches larges et un débardeur blanc, presque transparent, qui laisse deviner la pointe de mes seins. Mes cheveux crépus sont attachés en un chignon lâche sur ma tête, quelques mèches rebelles tombant sur mon front et ma nuque. Je me regarde dans le reflet sombre de la vitre. Je vois une fille de vingt-cinq ans, avec un regard perçant, des lèvres pleines et une courbe de hanches que les hommes suivent des yeux dans la rue. Et j'aime ça. J'adore cette attention, cette façon dont ma présence remplit une pièce.
Ma vie, c'est bon en ce moment. Je suis assistante de direction dans une boîte de systèmes de sécurité. Un monde d'hommes, de logique, de codes. Et moi, au milieu. Mon intelligence et mon audace m'ont permis de grappiller des postes, des augmentations, et surtout, de m'offrir cet appartement. C'est mon royaume. Ici, je suis seule, je règne. Au bureau, c'est autre chose. Je sens les regards sur moi quand je me déplace. Je ne marche pas, je déhanche. Chaque pas est calculé pour faire osciller mes fesses, pour que la jupe crayon ou le pantalon taille haute que je porte dessine parfaitement l'arc de mon cul. J'entends les murmures, je vois les regards qui se détournent trop vite quand je les surprends. Ils me désirent, ils me craignent un peu aussi, je pense. Une femme noire, intelligente, sexy et qui le sait, ça déstabilise. Et ça me fait chier de voir que pour beaucoup, mes formes sont plus intéressantes que mon cerveau. Mais en même temps, j'utilise ça. C'est une arme.
Mes copines... elles me trouvent drôle. Elles disent que je suis une « baiseuse de bibliothèque ». Parce que je parle de sexe avec une expertise clinique, une précision chirurgicale, mais que je n'ai... presque rien fait. C'est mon secret, ma grande ironie. Je suis une fan inconditionnelle des récits érotiques. J'ai des étagères entières de livres, des dossiers sur mon ordinateur remplis d'histoires qui me font mouiller la chatte rien qu'en les lisant. J'ai tout lu. Les scènes de domination où un homme prend une femme par les cheveux, la couche sur le lit et la baise jusqu'à ce qu'elle supplie. Les descriptions de bites énormes, dures comme le roc, qui défoncent des trous serrés. Les gémissements, les coups, les mots crus. Je connais les théories, les positions, les fantasmes les plus sombres. Je pourrais donner des cours. Je peux décrire le goût du sperme, la sensation d'une main qui serre ma gorge pendant que je me fais prendre, la douleur exquise d'une claque sur les fesses.
Je parle de tout ça avec mes amies. Elles me racontent leurs plans culs, leurs histoires d'amour compliquées, leurs expériences. Et j'écoute, je pose des questions, je donne des conseils. Elles me disent :
— Vicky, t'as l'air d'en avoir tant fait !
Et je ris. Un rire un peu triste, un peu amer. Parce que la vérité, c'est que ma libido est une bête affamée, un feu qui brûle en permanence. J'adore parler de sexe. C'est presque plus excitant que de le faire. J'aime déballer mes désirs les plus fous, mes fantasmes les plus sombres, et écouter, avidement, ceux des autres. Chaque confession est une page que je dévore, une expérience que je vole, une théorie de plus à ajouter à ma collection. Ma libido est une bête insatiable, bien supérieure à la moyenne. Je peux m'exciter rien qu'en lisant une phrase bien écrite, rien qu'en imaginant la scène. Je me masturbe souvent, parfois plusieurs fois par nuit, cherchant cette décharge, cette libération que mes lectures promettent. Mais ça n'arrive jamais. Pas vraiment. Je suis presque toujours humide, juste à l'idée d'une rencontre, d'un regard un peu trop appuyé. Je me masturbe tout le temps, dans mon lit le matin, sous la douche le soir, parfois même sur les toilettes au travail, une main sur ma bouche pour étouffer les gémissements en imaginant un inconnu qui me prendra contre le mur des toilettes. Mais aucun homme, jusqu'à présent, n'a réussi à allumer ce feu. Ils sont trop polis, trop doux, trop prévisibles. Ils me voient, ils sont intimidés, ils font l'amour. Moi, je ne veux pas faire l'amour. Je veux baiser. Je veux être prise, possédée, utilisée.
Je veux sentir une main forte m'immobiliser les poignets au-dessus de ma tête. Je veux entendre une voix grave me commander de me mettre à genoux. Je veux sentir la panique et l'excitation monter quand un homme me déshabille brutalement, sans me demander mon avis. Je veux qu'il me lèche la chatte comme si sa vie en dépendait, qu'il y plonge sa langue, qu'il me suce le clitoris jusqu'à ce que mes jambes tremblent et que je crie. Je veux qu'il me retourne, qu'il me mette à quatre pattes, qu'il m'écarte les fesses d'une main et qu'il me doigte le trou du cul pendant qu'il me parle comme une salope. Je veux qu'il me baise sans pitié, que ses coups de reins me fassent mal, que ses testicules claquent contre mon clitoris. Je veux qu'il remplisse ma chatte de son foutre, qu'il me marque, qu'il me laisse épuisée, couverte de sueur et de son sperme, avec la sensation de l'avoir eu si fort que je pourrai encore le sentir des jours après.
Jamais un homme ne m'a fait jouir comme il faut. Jamais je n'ai eu cette décharge électrique qui parcourt le corps, cette perte de contrôle totale, cette vague qui vous submerge et vous noie dans le plaisir. J'ai eu des partenaires, bien sûr. Des hommes polis, des amants doux, des gars qui pensaient savoir faire. Ils me pénétraient, ils bougeaient, ils gémissaient, et moi, je jouais la comédie. Je poussais des cris, j'arquais le dos, je serrais mes cuisses autour d'eux, simulant l'orgasme parfait qu'ils attendaient. Je suis une bonne actrice. Mais à l'intérieur, il n'y avait rien. Juste un vide, une frustration grandissante, une soif qui n'était jamais étanchée. Ils n'étaient que des ébauches, des essais ratés par rapport aux héros de mes romans.
Chaque histoire que je lis, chaque scène de baise explicite, c'est comme une promesse qui ne se réalise jamais. Ça renforce mon envie, ma frustration. Je suis là, sur mon canapé, et je ferme les yeux. Je glisse ma main sous mon short en soie. Je ne porte pas de culotte. Mes doigts trouvent immédiatement mes lèvres, déjà gonflées et trempées. Je pince un peu, je frissonne. Je me masturbe en pensant à ça. À un homme qui saurait. Un homme qui verrait en moi plus qu'une jolie fille avec de belles formes. Un homme qui verrait la salope qui sommeille, celle qui a besoin d'être dominée, baisée sans modération. Je commence à frotter mon clitoris, des petits cercles rapides. Ma respiration s'accélère. Je m'imagine qu'il est là, qu'il me regarde faire. Il me dit :
— Plus vite, salope. Montre-moi comme tu aimes ça.
Ma main bouge plus vite, mes doigts s'enfoncent dans ma chatte chaude et humide. Je veux sentir ça. Vraiment le sentir. Pas seulement dans ma tête. Je veux que mon corps s'abandonne, que je perde le contrôle. Pour l'instant, tout ce que j'ai, c'est cette solitude et mes fantasmes. Et ça, ce n'est vraiment pas assez. Je veux plus. Beaucoup plus.
L'écran de mon téléphone m'a offert un nom — Alex — et ses mots, alignés sous mon commentaire laissé quelques heures plus tôt sur ce récit érotique publié dans un forum confidentiel.
Je me souvenais de sa photo floue, ce portrait aux épaules étroites sous une chemise sombre, le cou long, la mâchoire anguleuse. Quelque chose dans sa silhouette m'avait troublée bien avant qu'il ne prononce un seul mot cru. Quand il avait écrit sa première phrase :
— Ton commentaire sur le chapitre douze… tu as l'air de savoir ce que tu veux.
J'avais senti cette vibration dans mon ventre, cette contraction familière mais jamais avouée.
Je m'étais allongée sur le côté, les draps rejetés sur mes chevilles, mon téléphone tenu à deux mains au-dessus de mon visage. L'écran baignait mon visage d'une lueur froide. Autour de moi, la chambre dormait, le silence épais de trois heures du matin, seulement troublé par le bourdonnement lointain du frigo dans la cuisine. J'avais répondu froidement, par réflexe, par habitude de me protéger :
— Je lis juste. Et je sais ce que j'aime. C'est tout.
Mais mes doigts tremblaient légèrement sur le clavier virtuel, et je le savais.
Alex ne s'était pas démonté. Il avait cité des passages entiers du chapitre, décortiqué la dynamique de domination, analysé chaque repli du texte avec une précision qui m'avait coupé le souffle. Pas un branleur de forum, pas un quidam venu draguer maladroitement. Quelqu'un qui lisait vraiment. Qui comprenait. Quand il avait écrit :
— Ce n'est pas juste de la lecture, Vicky. C'est un besoin. Tu aimes quand c'est sale, quand c'est interdit. Je le sens dans tes mots.
J'avais fermé les yeux une seconde. Mon prénom. Il l'avait utilisé. Ce détail minuscule avait fait basculer quelque chose.
J'avais répondu avec une irritation feinte :
— Tu parles trop. Tu n'as aucune idée de ce dont j'ai besoin.
Mais entre mes cuisses, la chaleur s'était déjà installée, insistante, humide. Je me serais mordu la lèvre si j'avais su qu'il imaginait exactement la même chose de son côté, dans son appartement de l'autre côté de la ville, allongé sur son lit lui aussi, le visage baigné par la même lumière d'écran.
Le passage sur WhatsApp avait été le vrai point de bascule. Il avait écrit :
— Pourquoi se priver ?
J'avais fixé ces mots pendant une longue minute, mon pouce suspendu au-dessus du clavier. Envoyer mon numéro, c'était franchir une ligne. Quitter l'anonymat relatif du forum pour quelque chose de plus intime, plus immédiat, plus dangereux. J'avais tapé les dix chiffres, vérifié deux fois, puis appuyé sur envoyer avant de pouvoir changer d'avis.
Le premier message WhatsApp était arrivé en quelques secondes. Une simple phrase, mais chargée :
— Alors, Vicky. Dis-moi ce que tu veux vraiment.
Et là, le masque était tombé.
Je m'étais surprise à écrire des choses que je n'avais jamais formulées, même dans ma tête. Des mots que je n'avais jamais prononcés à voix haute, jamais confiés à personne. Mes fantasmes avaient pris forme caractère par caractère, et chaque message envoyé me laissait un peu plus dénudée, un peu plus vulnérable, et un peu plus excitée. Alex répondait avec la même intensité, décrivant ce qu'il ferait de mon corps avec une crudité qui m'avait fait mouiller instantanément. Pas de détours, pas de métaphores. Des mots nets, des verbes d'action, des détails physiques.
J'avais glissé une main entre mes cuisses. Mes doigts s'étaient posés sur ma chatte par-dessus le coton de ma culotte, sentant l'humidité qui avait déjà traversé le tissu. J'avais écrit :
— Et si je te désobéissais ?
Un défi, un jeu, une invitation. Sa réponse avait été immédiate :
— Tu serais punie.
Trois mots. Suffisants. J'avais fermé les yeux en poussant un souffle court, mes doigts appuyant plus fort contre moi.
— Putain… j'en ai besoin maintenant, avais-je fini par avouer.
Nous avions continué. Des heures. Il m'avait parlé de son obsession pour les talons hauts, de la façon dont ils cambraient le dos d'une femme, tendaient ses mollets, offraient ses hanches. Je lui avais confié ce fantasme que je n'avais jamais osé formuler : être utilisée par plusieurs hommes, perdre tout contrôle, ne plus être qu'un corps entre des mains multiples. Chaque confidence me rapprochait du bord, et mes doigts avaient fini par glisser sous l'élastique, trouvant ma chair gonflée, trempée, sensible au moindre contact.
À trois heures du matin, je m'étais arrêtée. Épuisée. Les yeux brûlants, les doigts engourdis d'avoir trop tapé, le corps encore vibrant d'une excitation non résolue. Je m'étais frottée contre moi-même pendant des heures sans jamais me laisser aller jusqu'au bout, un choix, une torture, une façon de prolonger le jeu.
Son dernier message restait affiché quand j'avais posé le téléphone :
— Mais n'oublie pas. La prochaine fois, on ne parlera pas seulement de baise. On va voir jusqu'où on peut aller.
J'avais fixé ces mots dans le noir, le téléphone éteint posé sur ma poitrine qui se soulevait encore trop vite. Son profil me hantait : cette silhouette fine, cette élégance sèche dans sa façon d'écrire, cette autorité tranquille qui perçait sous chaque phrase. Alex. Un prénom court, net, sans fioritures. Comme lui.
Je n'avais pas dormi cette nuit-là. Pas vraiment. Je m'étais tournée et retournée dans mes draps défaits, les cuisses serrées l'une contre l'autre, sentant mon propre désir collé entre elles. Chaque fois que je fermais les yeux, je voyais sa photo de profil floue, et je me demandais quelle tête il avait vraiment, comment ses mains bougeaient quand il écrivait ces mots sales, si sa voix était grave ou rauque.
Au matin, j'avais compris : Alex était celui que j'attendais depuis si longtemps. Pas un amoureux de roman à l'eau de rose, pas un prétendant poli et timide. Quelqu'un qui voyait mes recoins sans détourner le regard. Quelqu'un qui ne reculait pas devant mes mots les plus crus, qui les renvoyait avec la même force, la même faim.
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Chapitre 4
Entre Alex et Vicky, les mots ont longtemps tenu lieu de premier pas. Ce soir, ils se retrouvent enfin dans le même salon, et le désir qui couvait depuis si longtemps est là, entier, prêt à déborder. Dans la pénombre, sur un canapé, chacun sent la présence de l'autre avec une acuité nouvelle. La soirée commence à peine, et tout reste à jouer.
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