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Couverture de Apprentissages, par Bussy
Couverture de Apprentissages, par Bussy
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Apprentissages — Chapitre 2 · Explosions

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Bussy
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Apprentissages

Chapitre 2 · Explosions

Je montrai la salle de bain à Mathilde et gagnai la cuisine pour faire du rangement, afin de laisser Damien et Céline seuls. Elle se rassit à ses côtés et se lova contre son épaule. Il l’entoura de son bras. L’exercice imposé n’avait pas l’air de lui avoir déplu.
Mathilde traîna un moment sous la douche pour ne réapparaître qu’une vingtaine de minutes plus tard. Son amie bondit du canapé pour lui succéder sous l’eau chaude.
— Je peux t’aider à faire quelque chose ? me demanda la rousse d’une voix timide.
Elle s’était rhabillée mais son tee-shirt humidifié par sa chevelure ne laissait aucun doute sur le fait qu’elle ne portait rien dessous. Sa poitrine majestueuse en était encore plus indécente que si elle était restée nue.
— Merci mais j’ai presque fini.
Un silence gêné s’installa tandis que je cherchais à m’activer pour ne pas avoir à relancer la discussion. Je préférais la laisser parler ou non de ce qu’il venait de se passer.
Le malaise fut vite dissipé. Céline s’était pressée pour ne pas laisser sa copine seule trop longtemps. Je la remplaçais sous la douche. Damien fermerait la marche.
Alors que l’eau ruisselait sur mes épaules, je repensais à l’enchaînement de la journée. Céline voulait que je lui apprenne des choses ? Elle m’avait demandé de prendre un rôle de mentor pour elles deux, ainsi que pour Damien suite à ma négociation mais c’est bien elle qui avait donné le ton de la soirée et pris la direction des opérations. Je ne m’en plaignais pas mais le mythe du mâle initiateur en avait pris un coup.
Je devais regarder la situation en face : mon expérience me permettait de prendre soin de ma partenaire mais ma valeur ajoutée s’arrêtait là. Si je voulais davantage et répondre aux attentes de Céline, je devrais m’exposer et interroger mes propres envies.
Je coupai l’eau et m’enroulai dans une serviette.
— À toi Damien ! criai-je depuis le couloir avant de rejoindre les filles dans le salon.
Elles m’attendaient debout, côte à côte. J’eus un instant de blocage. À gauche, Mathilde n’avait pas arrangé sa tenue. Je n’avais toujours d’yeux que pour sa poitrine moulée dans son tee-shirt devenu transparent. À droite, Céline était restée nue. Elles avaient rallumé la lumière et je pus admirer tous les détails de son corps, moins propice aux superlatifs que celui de sa copine mais tout aussi excitant selon moi. Mon érection inassouvie quelques minutes plus tôt ne tarda pas à revenir. La serviette ne masquait pas grand-chose.
— Tu retrouves vite la forme, désigna Céline. Assieds-toi. On te doit quelques remerciements.
Sur ce, elle me désigna un large fauteuil délaissé lors de nos ébats sur le canapé.
— Tu avais tout prévu, je vois. Mais tu oublies une chose Céline.
— Quoi ?
— Ma première condition.
— Ne t’inquiète pas pour ça, se justifia-t-elle.
Non, je n’avais pas tout prévu. Nous n’avions pas tout prévu serait plus juste d’ailleurs. On n’a simplement parlé avec Mathilde ce matin. Elle était d’accord pour se lancer avec toi. Mais on ne savait pas comment ça allait se passer. Maintenant c’est fait et il n’y a pas de question de cumul de mandat, de cachoteries ou de sentiments.
— Je vois. Et toi Mathilde, tu en penses quoi ? Nous ne sommes pas au tribunal, tu n’as pas besoin d’avocate.
La rousse me sourit. Enfin, je décelai chez elle de la spontanéité.
— Tu as été à la hauteur de ce que j’espérais et je n’ai pas l’intention de tomber amoureuse de toi. Par contre, j’ai autant envie de recommencer que Céline. J’ai du retard à rattraper.
Elle désigna la serviette déformée et ajouta :
— Vu que tu es dans de bonnes dispositions et qu’il n’est pas l’heure de nous mettre dehors, je crois que tu devrais t’asseoir et attendre la suite.
J’étais au pied du mur. J’acceptais l’offre des jeunettes et me confortais dans le rôle du gentil initiateur qui quitterait leur vie après ce soir ou j’assumais le statut qu’elles voulaient me donner et je reprenais la main sans attendre.
— Pour l’instant, je vais rester debout à vous regarder. Mathilde, tu devrais retirer ce que tu as remis sur toi…
Elle eut un instant d’hésitation, jeta un œil à sa voisine qui affichait un large sourire et retira son tee-shirt puis son pantalon et son tanga vert sous mon regard inquisiteur.
— Vous êtes superbes toutes les deux. Mathilde, agenouille-toi devant moi. Céline, viens dans mon dos.
Les dés étaient lancés.
Elles suivirent mes demandes.
Je passai les mains derrière moi et saisis les poignets de la brune. Je l’attirai contre moi, jusqu’à sentir ses seins s’écraser contre mon dos. Je plaquai ses mains contre ma poitrine. Elle me serra contre elle. Je la lâchai et saisis ses fesses derrière moi. Je baissai les yeux vers Mathilde qui attendait mes instructions.
— Retire-moi cette serviette.
Une main attrapa un pan. L’autre, plus hésitante, batailla une seconde avec le nœud qui la retenait. Il céda. Mon sexe dénudé se redressa. Tendu à quelques centimètres de son visage, il en était presque menaçant.
— Je te laisse faire. J’ai beaucoup aimé tes coups de langue tout à l’heure mais j’ai bien envie de me sentir au chaud dans ta bouche.
Mes mains se crispèrent sur les fesses de Céline qui caressait mon torse et j’avançai le bassin. Mathilde ne recula pas. Elle entrouvrit les lèvres et les posa sur mon gland. Elle joua un instant avec sa langue. Les délicats petits coups sur le frein me firent frissonner. Elle se saisit de mon sexe et peu à peu, s’avança. Je vis ma hampe progresser. Elle accueillit bientôt un tiers de mon sexe dans sa bouche brûlante et entama un va-et-vient d’abord hésitant puis plus régulier.
Je tournai la tête vers Céline et posai mes lèvres sur les siennes pour un chaste baiser.
— Rejoins-la et montre-moi ce que tu sais faire avec ta langue.
Je fis deux pas et rejoignis le fauteuil sur lequel je m’assis. Très avancé, les fesses juste au bord de l’assise, je guidai les deux voraces vers mon bas-ventre. Mathilde reprit sa fellation appliquée, si ce n’était studieuse. J’espérais que Céline compenserait cette légère frustration. Je lui fis signe de s’installer à quatre pattes à côté de son amie et de se baisser pour atteindre mes testicules qui pendaient devant le fauteuil.
Mathilde poursuivit son ouvrage sans se préoccuper de sa voisine mais elles se gênaient plus qu’autre chose. Une image se dessina dans ma tête et je modifiai mes instructions.
Céline me lança un regard pétillant. L’idée lui plaisait. Elle se coucha sur le dos et recula jusqu’à avoir la tête sous celle de la rousse. Les yeux grands ouverts, elle contemplait sa copine me sucer juste au-dessus d’elle. Enfin, elle redressa la tête, sortit sa langue et commença à me lécher, alternant entre les boules et la base de mon sexe que Mathilde n’avalait pas. Je savourai. Jamais je n’aurais imaginé vivre un moment pareil.
Après un long moment, je fus soudain pris d’un frisson de plaisir et je projetai mon bassin en avant. Céline fut surprise et sa langue dérapa jusqu’à se coller sur mon périnée. Le plaisir redoubla. Aucune femme ne s’était aventurée jusque-là. Je sentais toutes les terminaisons nerveuses s’affoler. C’était la meilleure sensation jamais reçue d’une langue.
— Oui, continue, me surpris-je à demander.
— Céline ! Qu’est-ce que…
La voix de Damien resta bloquée. Revenu de la douche, il était planté à l’entrée du salon, surpris par la découverte de notre trio qui se désunit. J’avais deux secondes pour réagir avant qu’un psychodrame n’éclate.
Je voulais que la langue de Céline continue son exploration. Je m’adressai à Mathilde.
— Puisqu’il n’y a pas de jalousie, que dirais-tu de réconforter Damien ?
La rousse me fit un clin d’œil. Elle avança à quatre pattes jusqu’à lui. Il n’avait pas bougé. À genoux, elle déboucla le pantalon, plongea sa main dans le boxer pour en sortir son sexe et l’engouffra dans sa bouche. Au repos après sa jouissance récente, il disparut entièrement entre les lèvres de la novice.
Damien baissa son pantalon pour faciliter les opérations puis posa ses mains sur la tête de sa fellatrice. L’inversion de partenaire semblait lui convenir.
Quelques minutes s’écoulèrent dans un silence parfois troublé par un bruit de bouche. Celle de Mathilde allait et venait le long du vit de Damien tandis que la langue de Céline jouait avec mes bourses et s’aventurait sur mon périnée, ce qui déclenchait un frisson systématique. Elle m’avoua plus tard avoir hésité avant de progresser mais l’idée que je sorte de la douche avait balayé ses réticences hygiéniques. Elle bougea la tête de quelques centimètres. La pointe de sa langue se posa sur mon anus. Ma main se crispa sur sa chevelure. Que c’était bon. Si elle continuait, je pourrais jouir sans autre contact. Elle s’enhardit et me lécha franchement. La chaleur humide me fit à nouveau frissonner.
De son côté, Damien avait retrouvé une belle érection que savourait la jolie rousse. Elle s’interrompit, regarda l’objet de son désir et proposa de varier :
— J’ai envie de tenter quelque chose. Et puis, vu que tout le monde en rêve, autant essayer.
Elle se redressa, empoigna ses deux seins et les comprima autour du sexe de Damien. Elle fit rouler sa poitrine autour de la verge.
— J’adore ! commenta-t-elle. Mais c’est bien ce que je craignais. Y a rien qui dépasse. Tu devras te contenter de ça. Je ne peux pas te sucer en même temps.
J’étais abasourdi par sa spontanéité. Céline m’avait prévenu que son amie était complexée par sa première fois mais qu’elle n’attendait que ça. J’étais loin de m’imaginer qu’elle irait ensuite aussi vite.
— Tu trouves que j’en ai une trop petite ? demanda Damien, inquiet.
— Mais non, vous avez la même. C’est moi qui suis mieux dotée que les autres filles !
Elle éclata de rire sur sa boutade. La distraction était arrivée à point nommé pour moi. Quelques minutes de plus du traitement de Céline et j’aurais éjaculé. Il n’aurait fallu qu’un simple contact. Ou un doigt, me surpris-je à penser…
— Et si on s’occupait un peu de vous Mesdames ? Parce que là, on profite un peu seuls, comme de gros machos de base.
Les deux objectèrent qu’elles aimaient ce qu’elles faisaient mais elles se laissèrent volontiers guider. À leur tour assises sur le canapé, Damien et moi étions désormais à leurs pieds, la tête enfouie entre leurs cuisses.
Damien n’était pas si novice que ça ; ou doué. Mathilde gémissait à chacun de ses coups de langue. Elle se tortillait sur son siège en plaquant la bouche du jeune homme contre sa vulve.
Céline était moins expressive mais à en juger par la moiteur, elle appréciait le moment. Décidé à renchérir sur ses initiatives, j’attrapai ses hanches et la tirai vers moi, tout en enfonçant ma langue le plus loin possible. Je passai mes mains sous ses fesses et les écartai légèrement. Je quittai sa fournaise et, comme elle l’avait fait, je léchai la corolle de son anus.
Elle réagit comme moi et sa respiration accéléra. Je poursuivis mon humidification quelques instants avant de remonter vers son clitoris que j’agaçai de petits coups de langue. Elle frissonna de plaisir. J’écartai les mains. Mes annulaires se posèrent sur son anus trempé de nos fluides. J’appuyai doucement. Je sentis les muscles se resserrer et se relâcher. Dans cette position, je ne pourrais pas la pénétrer mais son absence de réaction était un feu vert pour une future exploration.
Ce fut une nouvelle fois Mathilde qui déclencha l’étape suivante.
— J’ai envie de toi, demanda-t-elle à son camarade de jeu.
Damien se redressa.
La rousse se retourna et s’agenouilla sur le canapé, les épaules posées sur le haut du dossier. Il ne fallut pas donner d’explication à son amant qui posa une main sur la hanche à la peau laiteuse et, de l’autre, guida son sexe vers celui de l’ingénue. Il s’enfonça en elle sous nos yeux admiratifs.
— À toi ! m’ordonna Céline. Et ne me ménage pas, ajouta-t-il d’une voix affirmée.
J’espérais que ce ton ne trahissait pas un début de rivalité entre les deux filles. La libération soudaine de Mathilde était surprenante mais ce n’était pas un concours. Je me gardai de faire part de mon interrogation et donnai satisfaction à la brune.
Bientôt, la salle fut emplie de nos gémissements.
Je sentis le vagin de ma maîtresse se contracter. Ses doigts se crispèrent sur le dossier et elle rejeta la tête en arrière. Il ne m’en fallut pas plus pour jouir à mon tour et, dans un dernier mouvement, je plaquai mon pubis contre ses fesses et me laissai aller à mon propre plaisir.
Nous restâmes quelques instants immobiles à savourer les derniers éclairs de nos jouissances.
De son côté, Damien pilonnait Mathilde de toutes ses forces. Les deux étaient déchaînés. Ils poursuivirent leur coït bestial sans se préoccuper de nous, alors que, épuisés, nous étions affalés sur le canapé à moins de trente centimètres d’eux.
— Oh oui ! Putain que c’est bon !
Mathilde jurait comme une charretière et encourageait Damien à redoubler d’efforts. Penché sur son dos, il avait passé ses bras autour de la rousse et s’était emparé de ses seins qu’il serrait à pleine main. À son tour, il se crispa, planta ses doigts dans la poitrine de sa partenaire, et ferma les yeux dans un dernier râle. Sa compagne s’effondra sur le canapé, les muscles incapables de la porter davantage.
Damien posa un baiser sur la nuque de sa partenaire puis il se redressa et se dirigea vers la porte.
— Je crois que j’ai bien besoin d’une seconde douche.
Nous nous relayâmes au fur et à mesure de notre reprise de contenance respective.
— Il est minuit quinze, annonça Céline quand elle ressortit, cette fois la dernière, de la salle de bain. Tu nous mets dehors ?
— C’est samedi, tu l’as dit. Les prolongations étaient autorisées mais une bonne nuit de sommeil fera du bien à tout le monde.
— Juste un truc, objecta Damien tandis que le trio était prêt à partir.
— Oui ?
— Est-ce que tu serais d’accord pour refaire un après-midi de musique ? La soirée était surprenante et fantastique mais c’est un autre sujet.
J’appréciais la diplomatie de la demande. Pour le reste, ils auraient le temps de digérer les événements.
— On a qu’à se dire la semaine prochaine, même jour, même heure, approuvai-je.
Les deux filles m’embrassèrent chacune sur une joue et quittèrent mon appartement bras dessus bras dessous de part et d’autre du musicien qui vivait le meilleur moment de sa vie.
Tout au long de la semaine, je m’interrogeai sur la suite de cette aventure. J’étais ravi d’avoir permis à Mathilde de se libérer et du plaisir pris avec Céline mais la raison poussait à ne pas réitérer l’expérience.
Lorsque l’on sonna à la porte le samedi suivant, j’eus un instant d’appréhension.
Damien entra, accompagné de Céline. Ils m’expliquèrent s’être inscrits aux mêmes sessions de travaux dirigés le samedi matin. Ils avaient déjeuné ensemble et étaient venus directement chez moi. Céline me précisa que Mathilde avait une contrainte et qu’elle nous rejoindrait un peu plus tard.
Nous nous mîmes rapidement à jouer, en privilégiant les morceaux de la semaine précédente sur lesquels Céline pouvait chanter. Elle attrapa une bouteille de bière comme ersatz de micro et se démena telle une rockstar devant dix mille spectateurs. Sa jupe volait, nous dévoilant des dessous assez sages. Rien ne laissait penser à un nouveau dérapage.
Jusqu’à ce que Mathilde n’arrive.
Vêtue d’une combinaison bleu vif, elle éblouissait la pièce. La ceinture très marquée amplifiait la proéminence de sa poitrine. S’emparant à son tour d’une bouteille, elle rejoignit sa consœur dans le concert improvisé.
Je demandai grâce en milieu d’après-midi.
— Pause pour moi. J’ai les lèvres en compote. Je ne sors plus rien.
Mathilde posa sa bouteille et s’approcha de moi en battant de l’œil.
— Le pauvre petit chéri a les lèvres en compote, se moqua-t-elle. Il va lui falloir un petit massage revigorant.
Sur ce, elle me prit dans ses bras et posa ses lèvres sur les miennes. Elle se tourna vers sa copine et l’interrogea :
— Toujours d’accord pour recommencer ?
Il n’y avait pas que moi qui avais repensé à notre soirée durant la semaine. Sans attendre la réponse de la brune, elle se détacha de moi, fit un clin d’œil à Damien et descendit la fermeture éclair de sa combinaison. Je m’assis, abasourdi par le spectacle de ses seins qui jaillirent, libres. Elle dégagea ses épaules et laissa le tissu tomber. Nue. Elle était totalement nue et s’était donc promenée dans la rue sans aucun sous-vêtement.
— Tu m’avais promis une surprise, mais là, j’avoue que tu fais fort, la félicita Céline qui s’empressa de se déshabiller à son tour.
Nous échangeâmes un regard avec Damien. Quelques secondes plus tard, nous étions aussi nus qu’elles…
***
De semaine en semaine, notre rituel se conforta. Céline et Damien arrivaient ensemble tandis que Mathilde venait de son côté. Nous commencions par deux ou trois heures de musique. Au cours du temps, nous avions atteint une belle complicité harmonique. Les instruments posés, il nous arrivait de discuter de notre semaine, surtout de leurs études, mais la tension sexuelle l’emportait bien vite.
Les couples se formaient. Toujours hétérosexuels et sans rapprochement entre les deux binômes, nous batifolions dans le salon. Le canapé, le fauteuil, la table basse et chaque recoin furent explorés. Après une pause plus ou moins longue, nous recommencions en inversant les partenaires. Les caractères s’affirmaient. Tout d’abord vorace, voire brutale, Céline s’était adoucie et appréciait de plus en plus les longues étreintes fusionnelles. À l’opposé, Mathilde continuait de nous surprendre. Selon ses propres paroles, « se faire démonter par un mâle vigoureux était un bonheur absolu ».
J’adorais qu’elle joue avec sa poitrine mais m’étais vite lassé des coïts mécaniques qu’elle adorait. J’avais passé l’âge, contrairement à Damien qui la prenait avec une régularité de métronome et ne cédait à son propre plaisir qu’une fois que la rousse demandait grâce.
Mes sensations préférées étaient celles procurées par la langue de Céline qui adorait me lécher. Si dans un premier temps, elle ne se laissait aller à caresser mon anus que lorsque nous étions ensemble après la douche intermédiaire, elle finit par s’y risquer en première partie. Je lui rendais la pareille, appuyant de temps à autre mon pouce mais sans forcer. J’attendais que son envie soit la plus forte et que la demande vienne d’elle.
La fin d’année approchait. Les pantalons, pulls et manteaux avaient remplacé les tenues légères de septembre. La chaleur artificielle de l’appartement nous engourdissait et nos ébats hebdomadaires s’enlisaient dans la monotonie. Nous arrivions au bout d’un cycle. Céline et Damien affichaient une belle complicité et, une fois nus, ils faisaient l’amour plus qu’ils ne baisaient. Pour autant, le jeune homme donnait le meilleur de lui-même dès qu’il s’agissait de satisfaire l’appétit de Mathilde.
Ce fut à nouveau elle qui nous fit franchir une nouvelle étape.
Elle arriva une demi-heure après les autres, vêtue d’un long manteau de laine qui descendait jusqu’aux chevilles et d’un bonnet assorti. Nous n’avions pas commencé à jouer, profitant de l’attente pour parler des projets de vacances de Noël des uns et des autres. J’allais retrouver mes enfants et les jeunes leurs parents.
— Quel froid ! nous lança Mathilde en jetant son bonnet dans le salon. Si j’avais su, je me serais plus couverte. Vous allez devoir me réchauffer…
Elle posa le grand sac qu’elle portait en bandoulière et déboutonna son manteau. Sa nudité nous éclata au visage.
Ses seins paraissaient durs comme de la pierre. Figés par le froid, les tétons saillants, sa poitrine redéclencha la fascination que nous avions au début et qui s’était émoussée avec l’habitude.
— Damien, tu veux bien t’occuper de moi ?
Il se leva, ôta son haut et prit la belle rousse dans ses bras pour la réchauffer peau contre peau. Céline me lança un regard mécontent.
Damien était désormais couché sur le tapis, la rousse le chevauchant dans de grands mouvements amples tout en nous regardant d’un œil lubrique.
Céline répondit au défi implicite. Assise dans le fauteuil face à son amie, elle m’avait incité à jouer de ma langue. Les femmes dirigeaient ce premier round mais il n’était pas question de les laisser surenchérir ainsi. Qui prenait vraiment du plaisir dans ces accouplements sans âme ?
Céline posa ses mains sur ma tête et me plaqua contre elle. Elle retombait dans ses travers initiaux.
Je me dégageai et me relevai.
— Tu en veux vraiment ? Plus que d’habitude ? lui demandai-je.
— Oui, vas-y, j’ai envie d’un homme fort, me répondit-elle sans quitter la rousse des yeux.
Je fis le tour du fauteuil et le retournai.
— Mets-toi à genoux.
Elle obéit, s’agenouilla sur l’assise et appuya ses coudes sur le dossier. Grâce au demi-tour que je lui avais fait faire, elle restait face à son amie, si ce n’était sa rivale du moment.
Je repris mon cunnilingus, accompagné de mes doigts qui la pénétraient. J’alternai. Un pouce, deux doigts, à nouveau un pouce, puis plus rien. J’introduisis soudain l’index et le majeur jusqu’à ce que ma main bloque, tandis que ma bouche remontait et que je m’attaquais à son anus. Elle posa une main sur sa fesse et l’écarta afin de me faciliter l’accès. Le message était clair. Après quelques minutes durant lesquelles l’autre couple avait ralenti le rythme sans pour autant changer de position, je retirai mes doigts de son sexe et posai mon pouce sur la corolle qui palpitait entre ses fesses. Cette fois, je m’enfonçai. Préparée et prête à cette pénétration, elle l’accepta sans réserve. Je m’immobilisai le temps qu’elle s’habitue et repris la caresse de son clitoris avec ma langue. Sa respiration bloquée quelques secondes reprit, un peu plus ample que précédemment. J’entamai quelques va-et-vient en parallèle de mes deux pouces, chacun dans un orifice. Je ne sentis bientôt presque plus de différence entre les deux. Je retirai celui qui jouait dans son vagin et le collai à l’autre. J’appuyai. Comme pour le premier, la pénétration progressive ne déclencha aucun rejet.
Je jouai des pouces, les écartant de temps à autre pour assouplir les muscles.
Je finis par me pencher sur elle et lui murmurai à l’oreille :
— Je vais te prendre.
Elle acquiesça.
Je retirai mes doigts, attrapai mon sexe qui avait rarement affiché une telle rigidité et le posai sur l’ouverture. Je m’enfonçai. La pénétration lui tira un long gémissement qui se termina par un râle lorsque mon bassin buta contre ses fesses.
Je restai planté au fond d’elle jusqu’à ce que sa respiration reprenne un rythme normal et entamai de lents allers-retours.
Sa seconde main rejoignit la première et elle écartait ses fesses tant qu’elle pouvait, les épaules toujours appuyées sur le dossier. Penché sur elle, je m’étais emparé de sa poitrine gonflée et la sodomisais désormais avec vigueur.
Je jetai un œil à Mathilde qui dévisageait son amie. Les cris plus rauques, plus amples, la crispation inhabituelle du visage de Céline l’intriguaient. Mathilde se leva et contourna le fauteuil pour voir ce qui se tramait.
— Putain Céline ! Il t’encule ?
La crudité des termes m’excitait autant qu’elle me dérangeait. Des restes d’éducation bourgeoise…
— Damien, appela-t-elle, ça te tente ?
L’œil du garçon brilla…
Un fou rire nous tira, Céline et moi, de notre sodomie.
Pressée d’imiter sa copine, Mathilde s’était mise à quatre pattes et avait demandé à Damien de la prendre en levrette. Il s’était exécuté mais, malgré ses précautions, l’absence de préliminaires avait condamné l’expérience. Mathilde avait poussé un cri strident et s’était soudain effondrée à plat ventre, tel un chaton qui marche pour la première fois et dérape.
Mathilde se massa pour faire passer la douleur et se mit à rire avec nous. Damien, d’abord morfondu d’avoir fait mal à sa compagne, se joignit à nous.
— On verra la prochaine fois, conclut la rousse. Et si ça ne te dérange pas, je préfère commencer avec toi, me demanda-t-elle.
***
Cette nouvelle pratique rentra dans nos mœurs sans devenir systématique.
Les semaines passaient. Les jours s’allongèrent.
Alors que nous venions de poser nos instruments, Mathilde nous fit une demande qui brisa la règle tacite des couples.
— J’ai une faveur à vous demander aujourd’hui pour fêter le retour du printemps. J’ai envie de tester avec vous deux à la fois. Céline, tu veux bien me laisser les deux hommes pour commencer ? Bien sûr, tu pourras avoir les deux à ton tour ensuite.
Nous ne savions pas quoi répondre. Le mélangisme s’était imposé sans que nous en parlions et cette nouvelle variation ouvrait la porte à d’autres combinaisons. Sans aucun attrait homosexuel, je n’imaginais pas avoir un rapport avec Damien. Ce que demandait Mathilde était différent puisque nous devions tous les deux nous occuper d’elle, mais nous demanderait-elle d’avoir des contacts ? De son côté, était-elle attirée par Céline ?
Céline lâcha un « si tu veux » peu convaincu. L’idée ne l’emballait pas mais était-ce le fait de rester seule un moment ou celui de nous avoir tous les deux ensuite qui la gênait ?
Mathilde se contenta de l’acceptation et me demanda de me coucher sur le tapis. Curieux de voir jusqu’où elle irait, j’obtempérai. Après m’avoir longuement sucé et caressé de ses seins pendant que Céline et Damien se cajolaient un peu plus loin, elle s’empala sur mon sexe et se coucha sur mon torse.
— À toi Damien, viens !
Il s’avança et, comme il en avait pris l’habitude depuis son premier échec, prépara l’anus de la belle rousse à l’aide de sa bouche et de ses doigts. Il se redressa et s’avança. Je sentis ses genoux frotter contre mes cuisses. À ma grande satisfaction, cela ne me déclencha aucune réaction. Ni renfort d’excitation, ni gêne. Je m’immobilisai, saisis les fesses de Mathilde et les écartai. Damien s’enfonça en elle.
Le vagin se contracta autour de mon sexe et, au travers de la membrane de chair, je sentis la progression de celui de Damien qui se frayait un passage au plus profond de notre maîtresse.
Elle poussa un soupir de satisfaction pendant que nous tentions de synchroniser nos mouvements.
Je serais incapable de dire dans quel ordre nous avons joui mais je me souviens du cri d’extase final de Mathilde.
Quand, plus tard dans la soirée, Céline se livra au même exercice, nous inversâmes les rôles avec Damien. Le résultat fut moins concluant. La brune n’y prit pas de plaisir. Je commençais à bien la connaître et ses gémissements forcés trahissaient sa simulation.
— Tu préfères qu’on arrête ? lui susurrai-je à l’oreille pour que Mathilde n’entende pas.
— Non, vas-y, toi finis, objecta-t-elle.
Je compris. Je me concentrai sur mon propre plaisir. Serré comme je l’étais, il me fut facile de déclencher mon éjaculation. J’exagérai mon râle de plaisir et me retirai. Un fin filet de sperme coula, preuve de mon accomplissement.
Céline se lova contre Damien et se laissa faire l’amour classiquement avec lui.
Nous ne renouvelâmes pas l’expérience durant les rencontres suivantes. Mathilde avait dû remarquer la réticence de son amie et, malgré sa propre envie de recommencer, elle s’était restreinte.
***
L’année toucha à sa fin et tout bascula en quelques jours.
Nous ne nous étions pas vus pendant quelque temps, le trio s’étant concentré sur les partiels qui valideraient leur année.
Nos retrouvailles furent festives. Chacun était content de sa performance et l’attente des résultats ne procurait pas de stress. Deux semaines de feu d’artifice s’enchaînèrent. Mathilde était plus demandeuse que jamais. La seconde fois, trois jours avant leurs résultats, se solda par une nouveauté. Nous n’avions pas joué de musique et, comme à chaque rencontre, nous avions alterné les couples. Céline était épuisée. Elle avait fini debout, les mains appuyées contre le mur, pendant que Damien avait alterné entre ses deux orifices jusqu’à ce que les jambes de la jolie brune se dérobent sous elle.
— Ce sont les vacances dans trois jours, j’ai envie d’un dernier bonus, quémanda Mathilde à la fin de notre second round. Et puis la semaine prochaine, on se verra pour la dernière fois avant de partir. Les garçons, vous voulez bien vous occuper de moi tous les deux comme il y a quelques mois ?
Céline était trop épuisée pour réagir. Damien, quant à lui, s’empressa de rejoindre la rousse. La jeunesse était infatigable. Je me joignis à eux pour leur faire plaisir mais me mis en dessous et ne servis que de sextoy un peu usagé. Mes piles internes faiblissaient.
Céline gagna la douche tandis que nous étions toujours imbriqués. Elle ressortit habillée, prête à partir. Elle regarda Damien d’un air triste et se dirigea vers la porte.
Je me dégageai de notre étreinte et la rattrapai.
— Il va falloir qu’on parle, lui dis-je avant qu’elle ne file. On verra ce qui se passera la semaine prochaine mais je crois que j’ai une idée de ce qui te trotte dans la tête.
Les deux autres émergèrent peu après de leur débauche.
— Céline est où ? demanda Damien, inquiet.
— Elle est partie il y a quelques minutes.
— Mais pourquoi ? Elle nous a jamais fait ça.
— À ton avis ? lui lançai-je d’un ton acide.
Le samedi suivant, j’avais préparé mon discours et ma conclusion de cette année. Il était temps de sortir de cette relation qui prenait un tour désagréable.
Mathilde, encore et toujours, me coupa l’herbe sous le pied.
Nous étions tous les quatre dans le salon et le malaise était palpable pour trois d’entre nous.
La rousse ingénue prit son sac et en tira un sachet plastique.
— Voilà, pour fêter la fin de l’année, j’ai un dernier truc à vous demander. Céline, j’ai besoin de toi.
Sur ce, elle plongea la main dans le sachet et en sortit un godemichet muni de sangles.
— J’ai envie d’une triple. Vu que le gode est moins parfait que vos bites, je voudrais un de vous deux dans ma bouche et un dans mon vagin. Et toi Céline, tu vas me prendre le cul avec le gode-ceinture.
Céline éclata. Toutes ses réticences et tous ses doutes de l’année explosèrent.
— Ça va pas, non ? Je suis pas lesbienne. Arrête tes conneries Math ! J’en ai marre de toi. Tu n’es plus la même. Depuis que tu as découvert la baise, tu fais n’importe quoi. Il t’en faut toujours plus. T’as qu’à aller dans un club à partouze si tu veux mais laisse-moi en dehors de ça !
La jolie brune s’effondra en larmes.
Son amie la dévisagea et son visage se décomposa. Elle éclata en sanglots à son tour.
Damien ne savait pas comment réagir. Il s’approcha de Céline et posa sa main sur son épaule.
— Dégage ! C’est de ta faute aussi. Tu es prêt à n’importe quoi pour une paire de nichons !
Vexé, l’étudiant recula d’un pas et, sans dire un mot, quitta l’appartement. Il claqua la porte derrière lui.
Les deux ex-amies pleuraient tant qu’elles pouvaient. À leurs pieds gisait le phallus en plastique qui avait catalysé la crise.
— Excuse-moi, tu as raison, lâcha finalement Mathilde. J’ai été nulle tout du long et justement je voulais vous dire quelque chose.
Sur sa lancée, elle lâcha tout ce qu’elle avait sur le cœur et qui la travaillait depuis plusieurs semaines.
— Quand on a commencé, j’étais frustrée. J’avais l’impression d’avoir gâché mes premières années avec mes complexes à la con. Et puis vous avez été là. Avec vous, j’ai pu découvrir le plaisir du sexe et rattraper mon retard. Mais c’est n’importe quoi, tu as raison. C’était super et je voulais toujours aller plus loin. C’est devenu complètement artificiel. Je me suis perdue et j’ai bien vu que je t’ai perdue aussi. Alors il y a deux mois, j’ai postulé pour faire ma deuxième année à la fac de Düsseldorf. Je pars un an en Erasmus. J’ai besoin de ça pour me retrouver et faire une pause. Je veux juste recommencer à faire l’amour normalement avec un garçon que j’aimerai. Mais avant de vous l’annoncer, je voulais une dernière apothéose et je me disais qu’un truc tous les quatre ça aurait été idéal comme conclusion mais c’était nul. Je te demande pardon, ma Céline.
Je quittai la pièce et gagnai la cuisine faire couler un café.
Quand je rentrai dans le salon, je trouvai les deux filles dans les bras l’une de l’autre. Elles pleuraient toujours autant mais je lisais sur leur visage la joie de s’être retrouvées.
— Je crois que vous avez beaucoup de choses à vous dire. Et sans moi surtout. Mathilde, je te souhaite une belle année et de revenir sereine et heureuse. À ton retour, n’hésite pas à passer ici pour pousser la chansonnette. Et je te dis ça sans arrière-pensée. Viens juste parce que tu auras envie de faire un coucou.
Je raccompagnai les deux filles à la porte et fis à chacune une bise affectueuse.
Dès qu’elles furent parties, j’envoyai un SMS à Céline :
« On a toujours une discussion à avoir. Dis-moi quel soir tu es disponible »
Je me posai sur mon canapé, devant mon café qui refroidissait, en me remémorant cette année, ses moments fabuleux et tous ceux qui avaient dérapé jusqu’à déclencher la crise finale. Je m’endormis.
Ce fut la sonnette qui me tira de ma sieste.
J’ouvris la porte et une tornade blonde déboula dans l’entrée.
— Ordure ! Salopard ! Qu’est-ce que tu lui as fait ? Je vais te dénoncer aux flics !
Devant moi, une femme d’une cinquantaine d’années m’insultait en me pointant du doigt. Son visage trahissait mieux sa haine que ses paroles.
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Chapitre 3 · Retombées
Une mère furieuse surgit un matin chez le narrateur, bien décidée à lui faire payer ce qu'elle croit être une menace pour son fils. Après l'orage, il se retrouve au cœur de liens fragiles, entre un jeune homme aux sentiments embrouillés et des questions qui n'attendent pas de réponse. Qu'est-ce qui pousse Damien aux larmes ? Et jusqu'où le narrateur est-il prêt à s'impliquer dans des vies qui ne sont pas les siennes ?
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