Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Coquine dans un TGV — Chapitre 1 · Nous sympathisons
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteure
Coquine dans un TGV
Chapitre 1 · Nous sympathisons
Alexandre, mon mari, devait se rendre dans la capitale durant deux jours pour son travail. Ayant rendez-vous le lundi matin assez tôt, il avait décidé de partir le dimanche après-midi. C'est alors que quinze jours avant son départ, je lui proposais de passer le week-end ensemble à Paris en partant même le vendredi matin, ayant la possibilité de prendre ces trois jours en congés, ce qui nous allongerait notre petit séjour. Alex dut s'organiser dans son emploi du temps, modifier les dates de son billet aller et me prendre un billet. Malheureusement, nos billets en première classe pris tardivement ne nous offraient pas de place côte à côte : j'avais un siège isolé en face à face et Alex avait un siège côté couloir à deux rangées du mien, mais nous nous faisions face. Notre TGV partait de Montpellier à 9h20 pour arriver à la capitale peu après midi trente. Alex m'avait mis au défi de séduire un homme durant le trajet.
Alors que je m'habille, Alex me dit :
— Florence, pour le soutif blanc en tulle brodé très sexy, le chemisier crème léger un brin translucide et la jupe gris foncé tout juste mi-cuisse, c'est parfait — mais ton collant sans couture marron foncé, même porté sans rien dessous, c'est moins sexy !
— Tu verras, mon chéri, l'utilité du collant le moment venu… je pense que tu apprécieras !
— Tu verras, mon chéri, l'utilité du collant le moment venu… je pense que tu apprécieras !
Ma tenue se complète par une paire d'escarpins à talons fins de sept ou huit centimètres et d'un petit blouson court et cintré.
Dès notre arrivée à la gare, nous ne restons pas côte à côte afin que les autres voyageurs ne nous voient pas comme un couple. Alex entre en premier dans le wagon, j'entre à mon tour juste deux petites minutes avant le départ. Je rejoins ma place, j'enlève mon blouson, sors un roman de mon sac à main et je m'assoie face à un homme d'une quarantaine d'années, bien physiquement — des mains larges qui tapaient avec assurance sur le clavier de son ordinateur portable, un sourire légèrement oblique qu'il m'adresse en levant brièvement les yeux. Il me salue poliment, puis replonge vers son écran.
Le train vient de quitter la gare et prend lentement sa vitesse de croisière. J'ai ouvert mon livre et laissé replié sur le plan central le rabat de la tablette. Je constate, satisfaite, au vu des regards masculins ou féminins sur mes cuisses des quelques personnes passant dans l'allée, que la table ne gêne en rien la vision. Alex, juste à quelques mètres de moi, me fait signe d'ouvrir un bouton de plus à mon chemisier. Je lui fais un signe négatif de la tête — je trouve mon décolleté suffisamment profond jusqu'au creux de mes seins, les revers du chemisier laissant apparaître la lisière brodée et le fin tulle des bonnets de mon soutien-gorge. Tout en lisant, je remarque le manège du regard de mon voisin : tantôt sur mon buste — la broderie ne passe pas inaperçue sous le fin coton du chemisier —, tantôt, se reculant au plus loin que le lui permet son siège, son regard part sous la tablette.
Ah, enfin ! me dis-je. Je désespérais de le voir attiré par mes atouts. Cela fait bien à présent presque une heure que le TGV file dans la campagne, nous avons rattrapé la ligne à grande vitesse.
Mon voisin range son ordinateur dans sa housse, puis rabat à son tour sur le plan central le rebord de la tablette amovible. Je pose mon bouquin, j'actionne le bouton de mon siège pour le mettre en position inclinée, je décroise mes jambes pour les recroiser en sens inverse. Dans le mouvement, je touche du bout de mon escarpin la jambe de mon voisin. Il lève les yeux de son téléphone qu'il venait de prendre. Je lui souris ; il me rend mon sourire. Je laisse mon regard partir au travers de la vitre contempler le paysage qui défile, puis il erre dans le wagon, croise celui d'Alex, et finit vers la fenêtre opposée.
J'attends d'une oreille indiscrète les bips du téléphone de mon voisin quand il touche l'écran tactile, puis je ferme les yeux, me laissant bercer par le doux roulis du train. J'entrouvre les paupières : mon voisin manipule toujours son téléphone, parfois en l'inclinant. Il a dû trouver comment désactiver les bips, car je ne les entends plus.
Mon regard repart vers ma fenêtre avant de se baisser sur mes cuisses. Je constate que ma jupe, au fur et à mesure de mes mouvements, a fini par reculer assez haut, n'en couvrant que le début. Et je comprends pourquoi je n'entends plus les bips : mon voisin doit me prendre en photo. Loin de m'en offusquer, cela me rassure enfin — je commençais à désespérer.
Je décroise les jambes. Au passage, j'effleure à nouveau son tibia. Un sourire de ma part en guise d'excuse, auquel il répond. Puis je lui dis :
— Ça ne vous dérange pas si je place mon pied contre la cloison ? Je commence à avoir des crampes dans cette position.
— Mais absolument pas, je vous en prie !
— Mais absolument pas, je vous en prie !
Mon pied repose à présent sur le petit rebord qui se trouve en bas de la carrosserie et du plancher des TGV. L'autre jambe est restée presque parallèle, juste un peu de biais vers le couloir, créant ainsi une certaine ouverture de mes cuisses. Mon voisin reprend son manège avec son téléphone. Je referme les yeux — enfin, presque —, le coude sur l'accoudoir, le menton reposant dans la paume de ma main. Je laisse passer quelques minutes durant lesquelles, me croyant dans les bras de Morphée, il continue à me photographier, surtout mes cuisses, n'hésitant pas à abaisser son téléphone jusque sous la table.
Quelques minutes plus tard, sans modifier ma position, je décide d'intervenir.
— La luminosité est-elle assez suffisante ?
Il fait celui qui ne comprend pas, mais je vois bien son trouble. Il me répond, pour le moins hésitant :
— De quelle luminosité parlez-vous ?
— Eh bien, pour les photos !
— Eh bien, pour les photos !
Je le vois se décomposer — l'air d'un enfant pris en flagrant délit. Il bredouille sans qu'un seul mot ne sorte vraiment. Je m'amuse de la situation, mais je ne souhaite pas le ridiculiser.
— J'ai vu que vous preniez mes jambes en photo. Elles vous plaisent vraiment !
Voyant que je n'ai pas l'air de m'offusquer, il reprend timidement confiance :
— Je peux vous assurer que vous avez de fort belles jambes — et pas que les jambes, d'ailleurs. Vous êtes adorable !
— Merci, c'est très gentil. Je peux même vous retourner le compliment. Mais pour en revenir aux photos, je suppose que vous allez les faire voir à vos copains — si ce n'est pas déjà fait par texto, avec en commentaire : « Regarde avec qui je voyage ».
— Merci, c'est très gentil. Je peux même vous retourner le compliment. Mais pour en revenir aux photos, je suppose que vous allez les faire voir à vos copains — si ce n'est pas déjà fait par texto, avec en commentaire : « Regarde avec qui je voyage ».
À nouveau, je vois son trouble.
— Pas du tout, c'était juste pour avoir un souvenir personnel.
— J'ai du mal à vous croire, mais ce n'est pas grave. En fait, j'en suis flattée — même si j'aurais préféré que vous me le demandiez. Je peux voir les photos, comment elles rendent ?
— J'ai du mal à vous croire, mais ce n'est pas grave. En fait, j'en suis flattée — même si j'aurais préféré que vous me le demandiez. Je peux voir les photos, comment elles rendent ?
Devant mon sourire, il ne mit pas longtemps à me tendre son téléphone. Je fais défiler les poses une à une : peu de photos du haut du corps, les trois quarts des vues étant de mes jambes, et les dernières — cuisses plus ouvertes — laissent visible mon intimité. Tout en visionnant, le téléphone se met à vibrer et affiche un message reçu. Sans en demander la permission, j'ouvre le message et lis : « Toi t'es verni, putain quel lot ! J'attends la suite. »
— Voilà, j'avais raison : les photos ne sont pas que pour votre souvenir.
Je lui tends le téléphone ouvert sur le message. Puis, tout en défaisant un bouton de mon décolleté :
— Cette situation commence bien à m'exciter !
Comprenant que je suis consentante, il fait une photo de mon visage avec le buste. Ensuite, lentement, j'écarte bien davantage la cuisse côté couloir.
— Je pense que celle-là, vos copains apprécieront. Ne la loupez pas !
La photo a dû être doublée ou triplée. Puis, tout en discutant quelques minutes, nous échangeons nos prénoms — lui, c'est Pierre. Je le regarde dans les yeux, et de ma voix la plus suave :
— Êtes-vous à l'étroit dans votre pantalon ?
En disant cela, je déchausse mon pied de mon escarpin. Quand il me répond par l'affirmative, je pose lentement mon pied sur son entrejambe et je sens, sous la chaleur du tissu, sa virilité bien tendue battre doucement contre ma voûte plantaire. Je commence à le masser avec une légère pression, et j'entends son souffle se bloquer une fraction de seconde avant de reprendre, plus court. Alors, de ma voix la plus câline :
— J'ai très envie de toi. Viens — suis-moi aux toilettes…
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