Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sex game — Chapitre 2
Auteur
Sex game
Chapitre 2
Le trajet jusqu'à la fac a eu un air de gueule de bois, sans que j'aie besoin d'ingurgiter une seule goutte d'alcool.
J'ai passé la pause de midi calée dans un coin avec Chloé et Manon, à débriefer notre première nuit sous influence de Sex Game.
Entre deux bouchées de sandwich, elles m'ont raconté leurs exploits avec une franchise déconcertante. Je pensais qu'elles voudraient garder ça pour elles, mais non, elles partagent leurs intimités sans aucune limite.
Chloé n'a pas hésité à raconter comment elle avait balancé une photo de ses fesses à un mec qui était dans sa classe au collège, le délégué de l'époque, un type coincé et fayot. Elle riait aux éclats, jurant qu'il avait dû bander comme jamais en matant son cul ferme. Elle a même rajouté qu'elle a hésité à écarter ses fesses pour lui montrer sa rondelle, mais elle s'est ravisée au dernier moment.
Manon, elle, s'est étalée sur le gros plan de ses seins qu'elle avait envoyé à un ex-beau-frère un peu trop lourd, savourant ce mélange vénéneux de pouvoir et de honte.
Moi, je n'ai rien pu dire. J'ai fait mine de n'avoir rien fait, de m'être dégonflée. De toute façon, elles me connaissent : pour elles, je suis la sage de service, celle qui recule toujours devant la ligne. Elles n'ont donc pas eu l'air surprises de mon silence.
Si seulement elles savaient.
Si elles avaient une seule idée de la grosse queue que j'ai reçue en retour, elles perdraient leur assurance. Leurs cuisses seraient aussi trempées que les miennes, là, maintenant, rien qu'en y repensant.
Si elles avaient une seule idée de la grosse queue que j'ai reçue en retour, elles perdraient leur assurance. Leurs cuisses seraient aussi trempées que les miennes, là, maintenant, rien qu'en y repensant.
De retour dans ma chambre, le silence de la pièce me retombe dessus comme une chape de plomb. Je pose mon sac sur le bureau et m'assois au bord du lit. Le téléphone est là, posé face visible sur la couette, écran noir.
Dix-sept heures.
C'est l'heure exacte à laquelle le premier défi est tombé hier. Mon cœur commence déjà à s'affoler, tambourinant contre mes côtes dans un mélange de terreur pure et d'excitation sourde.
Et comme pour me rappeler que je n'en ai pas fini avec mes conneries, mon téléphone vibre dans un bourdonnement sourd.
Ce n'est pas l'application.
C'est un message direct.
M. Morel : « Tu as encore envie de jouer aujourd'hui ? »
Il ne me lâche pas. Et au fond, je le comprends presque, aussi pathétique que ce soit. Une femme qui t'envoie une photo de sa poitrine nue sans prévenir, ça laisse forcément des traces, ça donne envie de creuser, de voir plus. Un frisson désagréable mais enivrant me parcourt l'échine. À deux doigts de céder à l'impulsion, je commence à pianoter un début de réponse, me disant qu'il faudrait peut-être que je mette les choses au clair avec lui...
Mais au moment précis où je m'apprête à envoyer mon message, l'écran s'illumine brusquement d'une lueur froide.
La notification tant attendue vient de tomber. Le deuxième défi est là.
Défi 2
Sors habillée de façon provocante sans aucun sous-vêtement. Va dans un club ou un endroit bondé, et laisse au moins trois inconnus te frôler ou danser contre toi sans qu'ils sachent que tu es totalement nue sous tes vêtements.
Sors habillée de façon provocante sans aucun sous-vêtement. Va dans un club ou un endroit bondé, et laisse au moins trois inconnus te frôler ou danser contre toi sans qu'ils sachent que tu es totalement nue sous tes vêtements.
Mon souffle se coupe net.
Totalement nue.
Pas de culotte. Pas de soutien-gorge. Juste le tissu de mes vêtements directement contre ma peau, contre ma chatte déjà humide à l'idée seule de ce qui m'attend.
Hier, j'avais envoyé une simple photo à l'abri dans ma chambre, cachée derrière l'écran de mon téléphone.
Aujourd'hui, l'application me jette en pâture dans le monde réel. Au milieu de la foule, de la sueur, des regards, de l'alcool et des corps qui se percutent.
Mais je ne me dégonfle pas. Pas question de faire comme d'habitude, de reculer par lâcheté. Un frisson d'audace perverse me traverse de part en part.
Aujourd'hui, l'application me jette en pâture dans le monde réel. Au milieu de la foule, de la sueur, des regards, de l'alcool et des corps qui se percutent.
Mais je ne me dégonfle pas. Pas question de faire comme d'habitude, de reculer par lâcheté. Un frisson d'audace perverse me traverse de part en part.
Je file ouvrir mon armoire et j'en sors la tenue la plus courte que je possède : une mini-jupe noire qui s'arrête pratiquement en haut de mes cuisses, un top moulant qui écrase mes seins sans aucune barrière, et des talons hauts.
Après une douche, un maquillage un peu plus travaillé que d'habitude et cette mise en beauté improvisée, je m'habille. En glissant mes jambes nues dans la jupe, une vague de chaleur me prend au bas-ventre. Chaque pas que je fais résonne bizarrement, sachant que je n'ai rien pour me retenir, rien pour me cacher.
Direction Le Bahamas, un bar dansant réputé pour sa musique latino, ses basses qui font trembler les murs et sa foule compacte et moite.
Rien que de traverser la rue sur mes talons, les cuisses frôlées par le tissu léger de ma mini-jupe, j'ai l'impression d'être une criminelle en sursis. Le moindre coup de vent me donne des sueurs froides. J'ai l'intime conviction que tout le monde, sur le trottoir, devine que je marche totalement nue sous mes vêtements.
Je paie mon entrée d'une main tremblante et franchis les lourds rideaux noirs.
Une bouffée de chaleur, d'alcool, de sueur et de parfum bon marché me frappe au visage. À l'intérieur, c'est l'apocalypse sensorielle. La salle est noire de monde, les corps se pressent, collés les uns aux autres au rythme d'un reggaeton pesant qui fait saturer les enceintes. Des stroboscopes lacèrent l'obscurité.
Je reste un instant figée près de l'entrée, le dos collé contre un pilier, suffocante.
Qu'est-ce que je fais là ?
Si mes amies me voyaient...
Si mes amies me voyaient...
Un flash d'excitation pure s'empare de moi. Je n'ai pas de culotte. Pas de soutien-gorge. Je suis à poil au milieu de centaines d'inconnus qui n'en savent rien.
Je me force à avancer, à m'enfoncer dans la masse compacte de la piste de danse. Je commence à laisser mon corps adopter le rythme profond et lancinant de la musique. Je ne pense plus à rien, juste à me trémousser, à ressentir le frottement du tissu contre mes tétons dressés, et à prendre un plaisir coupable de cette nudité cachée.
Soudain, des mains brûlantes m'attrapent les hanches par derrière. Une fraction de seconde plus tard, un bassin vient se coller au mien, dur et insistant.
Premier inconnu.
Un point validé mentalement. Mon cœur s'emballe, cogne contre mes seins libres.
Un point validé mentalement. Mon cœur s'emballe, cogne contre mes seins libres.
Je me laisse faire, incapable de fuir, prisonnière consentante de la foule. Mais très vite, la main de ce premier inconnu se fait un peu trop pressante, ses doigts glissant trop bas sur mes fesses. Prise d'un sursaut d'agacement et de panique, je me dégage d'un mouvement sec, lui jetant un regard noir avant de m'enfoncer un peu plus au cœur de la piste.
L'adrénaline toujours au maximum, je me laisse porter par le rythme des basses.
Un mouvement de foule me désarçonne alors, me poussant vers le centre de la piste. Avant que je puisse esquisser un geste, un corps musclé se plaque contre mon dos, m'enlaçant la taille de ses bras. Dans le même instant, un autre homme vient se poster juste en face de moi, les mains fermement posées sur mes hanches.
Me voilà prise au piège au milieu de la piste, littéralement en sandwich entre les deux inconnus.
Deuxième et troisième. Défi réalisé.
Je ferme les yeux une fraction de seconde et me laisse porter. Leurs corps se rapprochent du mien, enveloppants. Eux ne font pas comme le premier — pas de main baladeuse ou déplacée. Non, eux m'épousent, calant leurs mouvements en parfaite harmonie avec la musique. Celui de derrière pose les paumes à plat sur mes hanches, guidant sans forcer ; celui de devant garde ses doigts au creux de ma taille, pressés mais stables. Deux manières différentes de tenir, et dans les deux cas la même chaleur irradiante qui traverse le tissu fin de ma jupe.
Je me cambre légèrement, inconsciemment, pour creuser mon dos et sentir plus intensément celui de l'arrière. Aucun doute possible : il bande. À travers le fin tissu de son pantalon et la légèreté de mes vêtements, j'ai même l'étrange impression qu'il n'a pas de sous-vêtement non plus. Un frisson violent me parcourt l'échine. Et si lui aussi participait à Sex Game ? Et si j'étais, à cet instant précis, sa propre validation ?
L'idée me donne le vertige.
Si seulement il savait à quel point je suis trempée. Ma chatte dégouline, gorgée d'une chaleur intime qui coule le long de mes cuisses. Je prends conscience de ce flux avec une acuité presque insupportable — mon propre corps en train de me trahir, là, entre deux inconnus, au milieu de centaines de personnes. S'il n'y avait pas le sillage de sueur, de tabac et d'alcool qui sature l'air, j'ai l'intime conviction qu'on pourrait deviner l'odeur musquée de mon désir.
Profitant d'un changement de morceau et d'une accalmie, je me dégage brusquement. Je fends la foule en titubant sur mes talons, bousculant les danseurs sans m'excuser, et je pousse enfin les rideaux pour replonger dans l'air frais de la nuit.
Je m'appuie contre le mur de briques du Bahamas, haletante. La claque thermique de la rue me fait l'effet d'une douche froide, mais mes jambes tremblent encore. Je reste là quelques secondes, les yeux mi-clos, à laisser la nuit rafraîchir ma peau et mon esprit. Ce que je viens d'oser. Ce que mon corps vient de ressentir. Tout ça reste suspendu en moi, chaud et trouble, refusant de se dissoudre.
J'ai accompli le défi. Je n'hésite pas à le valider sur l'application pour empocher mes cinquante nouveaux points.
À peine ai-je remis mon téléphone dans mon sac à main qu'il vibre, brisant le silence de la rue déserte.
Ce n'est pas l'application.
M. Morel : « Pourquoi tu ne me réponds pas ? Tu attends quoi de moi ? Demande ce que tu veux. »
Prise dans un élan d'excitation pure, court-circuitant toute trace de raison, je lui réponds : « Envoie-moi encore une fois ta bite s'il te plaît ! »
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