Rebecca et le désir de l'abandon
Chapitre 2 · Confidences entre amies
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Couverture de Rebecca et le désir de l'abandon, par Amandine_in_wonderland
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Fantasme
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Rebecca et le désir de l'abandon — Chapitre 2 · Confidences entre amies

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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Rebecca et le désir de l'abandon

Chapitre 2 · Confidences entre amies

Les jours qui suivirent leur après-midi sur la terrasse de Didier reprirent leur cours habituel. Du moins, en apparence.
Rebecca retrouva le rythme qu'elle connaissait si bien : les journées de travail qui s'étiraient parfois au-delà du raisonnable, les repas à prévoir, les petites urgences familiales, les messages auxquels elle répondait entre deux tâches et cette impression persistante de toujours avoir quelque chose en retard.
Rien n'avait véritablement changé. Pourtant, une phrase prononcée presque à la légère continuait de lui revenir en mémoire.


Qu'on décide à ma place.
Au début, elle n'y avait pas prêté davantage attention. Elle avait simplement été fatiguée, ce jour-là. Amandine l'avait écoutée, elles avaient parlé de choses personnelles, et cette conversation lui avait fait du bien. Rien de plus.
Du moins, c'était ce qu'elle s'était raconté.
Mais elle repensait aussi à ce qu'Amandine lui avait confié sur sa relation avec Didier. Ce n'étaient pas tant les pratiques elles-mêmes qui l'intriguaient que ce qu'elles semblaient lui apporter : cette possibilité de faire confiance, de se laisser guider et de ne plus avoir à tout maîtriser pendant un moment.
L'idée continuait de la travailler. Elle qui avait toujours eu besoin de tout anticiper trouvait cette perspective à la fois étrange et attirante. Comment pouvait-on laisser quelqu'un d'autre prendre les commandes sans avoir le sentiment de perdre pied ? Qu'est-ce qu'Amandine trouvait dans cette relation pour en parler avec une telle sérénité ?
Et, surtout, pourquoi cette possibilité lui revenait-elle aussi souvent à l'esprit ?
Rebecca n'avait pas de réponse à ces questions. Elle ne savait pas encore si cette curiosité signifiait quelque chose de profond ou si elle finirait par s'estomper. Mais elle avait envie d'en parler de nouveau avec Amandine.
Elle attrapa donc son téléphone et ouvrit la conversation avec Amandine. Elle tapa quelques mots, les effaça, en écrivit d'autres.

Tu es disponible bientôt ? J'aurais besoin de te parler.
Elle relut son message avant de l'envoyer. Il lui parut soudain trop sérieux. Elle ajouta un petit smiley et appuya sur la flèche d'envoi avant de pouvoir changer d'avis.
La réponse arriva quelques minutes plus tard.

Tu es disponible bientôt ? J'aurais besoin de te parler. :)
Bien sûr. Qu'est-ce qui se passe ?
Rebecca fixa l'écran.
Elle aurait pu répondre qu'elle avait simplement envie de voir son amie. Ou prétexter une quelconque sortie afin de dédramatiser.
Au lieu de cela, elle écrivit :

Tu es disponible bientôt ? J'aurais besoin de te parler. :)
Bien sûr. Qu'est-ce qui se passe ?
Rien de grave, ne t'inquiète pas. Mais j'aimerais qu'on se voie toutes les deux. Si tu as un moment dans les prochains jours.
Amandine lui proposa le lendemain soir.
Rebecca accepta presque aussitôt, puis elle reposa son téléphone sur le canapé et resta un instant immobile. Elle venait de faire quelque chose de parfaitement banal : proposer à une amie de se retrouver. Pourtant, elle éprouvait un léger soulagement, mêlé à une impatience qu'elle aurait eu du mal à expliquer.
***
Lorsqu'elle arriva chez Amandine, le lendemain, elle avait déjà préparé mentalement plusieurs façons d'aborder le sujet. Aucune ne lui convenait.
Elle avait essayé de se dire qu'elle pourrait commencer par parler de son travail, de sa fatigue, puis glisser naturellement vers ce qui l'occupait depuis quelques jours. Mais elle savait comment cela finirait : elles plaisanteraient, elle raconterait deux ou trois anecdotes, et elle repartirait sans avoir abordé ce qui l'avait poussée à prendre rendez-vous.
Cette fois, elle ne voulait pas se défiler.
Amandine vint lui ouvrir, vêtue d'un pantalon de jogging gris clair et d'un débardeur. Elle sourit en la découvrant sur le seuil, mais son expression se fit rapidement plus attentive.
— Eh bien, toi ! Qu'est-ce qu'il se passe ? La troisième guerre mondiale a été déclarée pour que tu réussisses à te libérer ?
Rebecca eut un petit rire.
— De justesse. J'ai même réussi à laisser mon téléphone dans mon sac pendant tout le trajet. Je mérite probablement une médaille.
— Une médaille et un café. Entre.
Amandine l'attira dans ses bras avant de la laisser entrer.
— Tu veux t'installer dans le salon ou profiter du balcon ?
— Le salon, si ça ne te dérange pas. J'ai besoin d'un endroit où je n'aurai pas l'impression que le voisin peut entendre chacune de mes phrases.
Amandine lui lança un regard intrigué, sans faire de commentaire.
— Très bien. Je vais nous préparer quelque chose.
Amandine apporta une bouteille de Monbazillac et une assiette de gâteaux apéro, puis prit place dans le canapé, les jambes repliées sous elle, à côté de son amie.
Pendant les premières minutes, elles parlèrent de choses ordinaires. Rebecca raconta un incident au travail, Amandine évoqua une course qu'elle avait dû faire en urgence, et elles rirent toutes les deux d'une anecdote concernant une connaissance commune.
Mais, cette fois, Rebecca ne parvenait pas à se laisser complètement entraîner par la conversation. Elle tournait son verre entre ses mains, prenait une gorgée, puis le reposait sans y penser. À deux reprises, elle sembla vouloir dire quelque chose avant de se raviser.
Amandine finit par poser son propre verre sur la table basse.
— Bon. Je me trompe peut-être, mais je crois que tu n'es pas venue uniquement pour me raconter les dernières aventures de ton bureau.
Rebecca releva les yeux.
— Je suis si transparente que ça ?
— Avec moi ? Malheureusement pour toi, oui.
Un sourire passa sur les lèvres de Rebecca, mais il ne dura pas.
— Je ne sais pas trop comment aborder ça.
Amandine ne répondit pas immédiatement. Elle se contenta de lui accorder toute son attention.
— Tu peux commencer n'importe où, Becky. Pas besoin d'avoir préparé un discours.
Rebecca inspira profondément, puis laissa échapper un petit rire nerveux.
— C'est justement le problème. J'avais justement préparé plusieurs versions de mon discours, et aucune ne me convient finalement.
— Alors, choisis la pire. On arrivera bien à en faire quelque chose.
Cette fois, Rebecca rit franchement.
— Tu es insupportable.
— Je sais. Mais tu es venue quand même.
Le sourire de Rebecca s'adoucit. Elle regarda un instant son amie, puis baissa les yeux vers ses mains.
— Tu te souviens de ce qu'on s'est dit, l'autre jour, quand je suis venue chez Didier ?
— Bien sûr.
— De cette histoire de lâcher prise… de ce que tu m'as raconté sur ta relation avec lui ?
Amandine hocha lentement la tête.
— Oui.
Rebecca prit une inspiration supplémentaire, comme si elle s'apprêtait à franchir un obstacle.
— Eh bien, je crois que je n'ai pas cessé d'y penser depuis.
Elle releva aussitôt les yeux, presque comme si elle craignait que son amie ne tire une conclusion trop rapide.
— Pas tout le temps, hein. Je ne suis pas rentrée chez moi en me disant que ma vie devait changer du jour au lendemain. Mais… ça m'est revenu plusieurs fois. Et plus j'y pensais, plus je me rendais compte que ce que tu m'avais dit me travaillait.
Amandine sentit sa propre curiosité s'éveiller, mais elle prit soin de ne pas laisser paraître autre chose qu'une attention tranquille.
— Qu'est-ce qui te revient exactement ?
Rebecca hésita.
— C'est difficile à expliquer. Je crois que, jusqu'ici, je n'avais jamais vraiment réfléchi à ce que signifiait la soumission. Enfin, si, évidemment. Je savais ce que c'était, en gros. J'avais certaines idées en tête, comme tout le monde. Mais je n'avais jamais envisagé que cela puisse avoir un rapport avec moi.
Elle s'interrompit, cherchant ses mots.
— Et puis tu m'as parlé de confiance. De cette possibilité de ne plus avoir à tout décider, de pouvoir laisser quelqu'un prendre les choses en main mais sans pour autant que ce soit… une contrainte.
Elle secoua légèrement la tête.
— Depuis, je me surprends à imaginer ce que ça pourrait faire de ressentir ça…
Elle eut un sourire embarrassé et se redressa légèrement. Elle semblait soulagée qu'Amandine ne se soit pas moquée d'elle, mais cette première explication ne suffisait pas à exprimer ce qu'elle ressentait.
— Et c'est assez perturbant. Je pourrais simplement demander à Jérémie de prendre davantage de choses en charge. Je pourrais m'organiser autrement, déléguer, apprendre à dire non. Je sais tout ça. Et je sais aussi que je devrais probablement commencer par là.
Elle eut un petit mouvement de la main, comme si elle cherchait à mettre de côté des explications trop raisonnables pour rendre compte de ce qu'elle ressentait.
— Mais quand je pense à ce que tu m'as raconté, ce n'est pas simplement l'idée qu'on puisse m'aider qui m'attire. C'est autre chose… L'idée de pouvoir m'en remettre à quelqu'un, de ne plus avoir à tout anticiper, à me demander sans cesse si j'ai oublié quelque chose ou si quelqu'un attend encore quelque chose de moi.
Amandine l'écouta sans l'interrompre. Elle commençait à comprendre ce qui troublait son amie, sans vouloir pour autant lui souffler des réponses toutes faites.
— Tu crois que ce serait différent si tu choisissais toi-même de confier cette responsabilité à quelqu'un ?
Rebecca releva les yeux vers elle.
— Oui. C'est exactement ça. Ce serait mon choix, et pourtant, une fois que j'aurais fait ce choix, je pourrais arrêter de tout contrôler. Enfin… je crois que c'est ce que j'imagine.
Elle esquissa un sourire un peu embarrassé.
— C'est étrange, quand même. Je ne sais même pas si cela me plairait réellement, et pourtant, je n'arrête pas d'y penser.
— Je ne crois pas que tu sois obligée de savoir tout de suite ce que cela signifie, répondit Amandine avec douceur. Tu as le droit d'être intriguée sans avoir déjà décidé ce que tu veux en faire.
Rebecca sembla réfléchir à ces mots. Puis elle hocha lentement la tête.
— C'est peut-être justement ce qui me rassure quand je t'en parle. Tu ne me donnes pas l'impression que je dois choisir entre trouver ça ridicule et décider que c'est forcément ce qu'il me faut.
— Parce que ce n'est ni l'un ni l'autre. Tu explores une idée, Becky. C'est tout.
Un sourire reconnaissant passa sur les lèvres de Rebecca. Elle resta un instant silencieuse, puis reprit d'une voix plus posée :
— Tu sais, je crois que ce qui m'intrigue aussi, c'est la soumission elle-même. Pas seulement cette histoire de repos ou de responsabilités. Le fait de laisser quelqu'un prendre une place différente dans la relation, de lui faire confiance d'une manière qu'on ne connaît pas forcément dans un couple classique.
Elle marqua une pause, visiblement gênée par sa propre franchise.
— Je ne sais pas si je suis très claire.
— Si, tu l'es.
— Et tu ne trouves pas ça ridicule ?
Amandine secoua la tête.
— Pas du tout. Et je ne vais certainement pas te juger parce que tu te poses des questions que tu n'avais jamais envisagé de te poser avant.
Rebecca parut soulagée. Elle avait encore du mal à comprendre ce qui l'attirait dans cette idée, mais elle n'avait plus besoin de dissimuler son trouble derrière une plaisanterie.
— C'est drôle, murmura-t-elle. Avec quelqu'un d'autre, je serais incapable de parler de tout ça.
Mais avec toi, j'ai l'impression que je pourrais y passer des heures.
— C'est peut-être parce que tu sais que tu peux me parler librement.
— Oui. Et parce que tu sais de quoi tu parles. Tu ne me racontes pas des choses que tu as lues quelque part. Tu me parles de ce que tu vis, de ce que tu ressens vraiment.
Amandine baissa brièvement les yeux, touchée par cette remarque.
— C'est vrai. Mais je ne peux parler que de mon expérience, Becky. Ce qui me convient ne te conviendra pas nécessairement. Et si tu décides un jour d'explorer ces questions, tu devras trouver tes propres réponses.
— Je comprends.
Rebecca fit tourner son verre entre ses doigts, pensive. Puis, après une hésitation, elle se redressa légèrement.
— Alors, raconte-moi un peu plus. Pas forcément les détails intimes, je ne te demande pas de me raconter toute ta vie privée. Mais j'aimerais comprendre comment ça se passe, concrètement. Ce que tu ressens, ce que ça change entre vous… et ce qui fait que tu y trouves autant de plaisir.
Amandine observa son amie quelques secondes. Elle percevait dans ses questions autre chose qu'une simple curiosité : Rebecca cherchait à comprendre ce qui, dans cette relation, avait éveillé en elle un intérêt qu'elle ne parvenait pas encore à expliquer.
— D'accord, répondit-elle finalement. Mais promets-moi une chose : ne pars pas du principe que tu devrais ressentir la même chose que moi.
— Promis.
Rebecca se cala un peu plus confortablement dans le canapé. Son embarras n'avait pas complètement disparu, mais il avait cédé la place à une curiosité plus assumée.
— Alors, raconte-moi tout, comment ça marche, exactement ?
Amandine sourit doucement, ses doigts jouant distraitement avec une mèche de ses cheveux châtains.
— Tu veux dire au quotidien ?
— Oui, précisément !
Rebecca se redressa, glissant une jambe sous ses fesses pour regarder son amie.
— Je veux comprendre, ajouta-t-elle. Est-ce que tu as des règles ? Des choses que tu dois faire ou ne pas faire ?
Amandine hocha la tête, son expression devenant plus sérieuse.
— Oui, nous avons établi des règles quand nous jouons à ce jeu. Mais ce n'est pas… comment dire… ce n'est pas comme si j'étais une esclave. Je choisis de lui céder une partie du contrôle, et ce choix reste le mien au final.
Rebecca fronça les sourcils, visiblement perplexe.
— Alors, explique-moi, qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
— Ça veut dire que je choisis librement de lui céder le contrôle dans certains aspects de notre relation, répondit Amandine, ses yeux fixés sur son verre de vin. Par exemple, il peut me demander de me mettre à genoux devant lui, toute nue et de simplement attendre ses ordres. Ou il peut me demander de… de me pencher et me cambrer pour qu'il me donne quelques fessées.
Rebecca ouvrit grand les yeux.
— Et tu acceptes ça ? Tu ne trouves pas ça… humiliant ?
Amandine esquissa un sourire, comme si elle s'attendait à cette réaction.
— Pas de la manière dont tu l'imagines, Becky. Pour moi, c'est libérateur. Quand je n'ai pas à prendre toutes les décisions, quand je peux simplement suivre les instructions, c'est comme si un poids énorme disparaissait de mes épaules.
Rebecca parut méditer sa réponse, faisant lentement tourner son verre entre ses doigts, les yeux absorbés par les ondulations du vin.
— Et niveau sexe ? demanda-t-elle finalement. Est-ce que c'est la même chose ? Est-ce que tu lui laisses le contrôle total ?
Amandine rougit légèrement, mais n'éluda pas la question.
— Au lit, c'est encore plus intense. Didier aime que je sois… docile. Qu'il puisse me guider, me toucher, me caresser, me donner du plaisir selon son bon vouloir.
Rebecca semblait à la fois surprise et fascinée.
— Et toi, tu aimes ça ? Tu aimes qu'il prenne le contrôle de ton propre corps ?
— J'adore ça, répondit Amandine sans hésiter. Quand je suis avec lui, je n'ai pas à penser. Je n'ai qu'à ressentir. Et c'est… incroyable. C'est comme si tous mes sens étaient amplifiés, comme si chaque caresse, chaque mot, chaque regard avait un impact dix fois plus fort que d'habitude.
Rebecca se mordit la lèvre, visiblement excitée par ces révélations.
— Et toi, qu'est-ce que tu fais pour lui ? Si tu es soumise, est-ce que tu lui donnes aussi du plaisir ?
— Bien sûr, répondit Amandine avec un sourire timide. Ma soumission est aussi un cadeau que je lui fais. Dans nos jeux, il aime que je sois… disponible. Que je sois là pour lui, prête à le satisfaire à tout moment. Et moi, j'aime lui faire plaisir. J'aime voir son visage se transformer quand il atteint l'orgasme, j'aime sentir son corps trembler sous mes mains…
Rebecca était captivée par le récit d'Amandine.
— Attends. Et toi, dans tout ça ? Est-ce que tu prends aussi du plaisir ? Ou est-ce que tu es juste contente de lui en donner ?
Amandine eut un petit rire.
— Non, Becky, je ne suis pas devenue altruiste au point de m'oublier complètement !
— On ne sait jamais. À t'entendre, on pourrait croire que tu as découvert une nouvelle religion.
— N'importe quoi !
Elles rirent toutes les deux, et cette légèreté sembla aider Amandine à poursuivre.
— Ce que j'essaie de t'expliquer, c'est que mon plaisir ne passe pas toujours par la manière classique, et c'est justement là que tout devient magique. Quand je me soumets à lui, quand je renonce à mon propre désir pour le placer au centre de notre relation, quelque chose d'incroyable se produit. Mon propre plaisir devient secondaire, et c'est précisément cette abdication qui me procure le plus intense des orgasmes. C'est un peu bête à dire… Quand il décide à ma place, j'arrête de me surveiller. Je crois que je respire mieux.
Rebecca resta silencieuse un moment, absorbant ces paroles.
— Je n'avais jamais pensé à ça, murmura-t-elle enfin. Je croyais que la soumission, c'était un mec sadique qui faisait souffrir une nana attachée.
— C'est tout le contraire, répondit Amandine avec conviction. C'est un acte de confiance absolue. Un choix délibéré de se mettre entre les mains de quelqu'un d'autre, en sachant qu'il va vous guider, vous protéger, et vous faire découvrir des parts de vous-même que vous ignoriez.
Rebecca prit une gorgée de vin.
— Et toi, est-ce que tu regrettes parfois ? demanda-t-elle, sa voix soudain plus douce. Est-ce que tu as déjà eu envie de revenir en arrière, de ne plus lui être soumise ?
Amandine secoua lentement la tête, un sourire paisible sur les lèvres.
— Jamais, Becky. Jamais. Il y a des moments où je n'ai pas envie de jouer à ce jeu bien sûr et juste être avec mon amoureux, mais quand nous explorons cette dynamique de soumission et de domination, ce n'est pas une prison. C'est un refuge. Un espace dans lequel je peux me sentir pleinement moi-même, en sécurité et aimée pour qui je suis, dans toute ma complexité.
Rebecca sentit une étrange sensation l'envahir, un mélange de fascination, d'envie et d'une curiosité de plus en plus insistante.
— C'est drôle. Tu en parles avec tellement de naturel que j'ai du mal à imaginer que tu aies pu être gênée au début.
— Oh, je l'étais ! Tu n'imagines même pas.
Amandine sourit en repensant à ses premières hésitations.
— Raconte-moi, murmura Rebecca. Enfin… seulement si tu en as envie.
Elle ne répondit pas tout de suite. Elle reposa son verre sur la table basse et replia les jambes sous elle.
— C’était en septembre, dans un gîte perdu en pleine campagne. Une cheminée, des poutres et un grand lit qui grinçait un peu. Un soir, j’ai surpris Didier en train d’écrire des messages, avec un petit sourire que je ne lui connaissais pas. J’ai été curieuse. Trop curieuse. Je lui ai demandé à qui il écrivait.
— Et alors ?
— À une ex. Une femme avec qui il avait eu une relation de soumission, il y a une quinzaine d’années. Ils étaient restés amis, sans la moindre ambiguïté, il me l’a juré et je l’ai cru. Il m’a expliqué que cette histoire ne l’avait pas vraiment satisfait : trop rigide, pas assez de complicité. Depuis, il n’avait plus jamais cherché à recommencer.
Elle entrelaça les doigts sur ses genoux en rassemblant ses souvenirs.
— Et moi, un peu plus tard, sur l’oreiller, après avoir fait l’amour, je lui ai avoué que ça m’attirait depuis toujours. Que j’avais lu des histoires, beaucoup, et que je n’avais jamais osé en parler à personne. C’est moi qui lui ai demandé s’il aurait envie de réessayer. Avec moi.
— C’est toi qui as fait le premier pas ? s’étonna Rebecca.
— J’ai failli m’étouffer en le disant.
Rebecca éclata de rire, et Amandine rit avec elle, soulagée.
— On a parlé jusqu’à l’aube. Aucun de nous deux ne voulait d’un maître et d’une esclave, de grands mots, de règles à n’en plus finir. Juste un jeu. Un vrai jeu, avec de la confiance et des fous rires, et la certitude que rien ne changerait entre nous le reste du temps. Et le lendemain soir…
Elle ne termina pas sa phrase. Un sourire lui échappa, puis son regard se perdit un instant. Le souvenir était encore si vif qu’elle n’eut pas besoin de chercher comment le raconter.
La chambre du gîte sentait le feu de cheminée. Les poutres basses, les draps emmêlés suite à leurs ébats, la lumière ambrée de la lampe de chevet : tout donnait à cette soirée un air de parenthèse. Didier s’était allongé sur le dos, un bras derrière la nuque, et la regardait sans rien dire. Ce silence-là, elle le connaissait déjà : celui qui laisse à l’autre le temps de choisir. Elle était allongée contre lui, entièrement nue, la tête contre son épaule, ses doigts caressant lentement son torse.
— Tu es sûre, ma puce ?
— Oui...
— Alors voici la règle. Trois couleurs. Vert, tout va bien. Orange, on ralentit. Rouge, on arrête, tout de suite, et on ne se fâche pas.
— Vert, orange, rouge, répéta-t-elle.
— Parfait.
Il leva l’avant-bras, le coude posé sur le matelas, l’index et le majeur dressés vers le plafond. Elle crut d’abord à une plaisanterie.
— Viens.
— Où ?
— Ici. Tu t’accroupis au-dessus de ma main, et tu t’empales dessus.
Elle rit nerveusement, mais le rire mourut quand elle vit qu’il ne souriait pas.
— Je ne bouge pas. Mon bras non plus. Tout le travail, c’est toi qui le fais. Et une seule règle : tu ne jouis pas sans que je te l’aie permis. Dis-le.
Elle sentit la chaleur monter dans ses joues, son ventre se serrer.
— Je ne jouis pas… sans ta permission...
— Voilà.
Elle se redressa, se leva sur le lit qui grinça sous son poids, enjamba son bras, et s’accroupit au-dessus de sa main, les genoux écartés, la honte lui brûlant les joues. Elle n’avait jamais été aussi exposée. Il ne la touchait pas. Il la regardait.
Elle descendit lentement, jusqu’à sentir le bout de ses doigts contre son sexe. Il était immobile, ferme comme un tuteur. Alors, elle comprit ce qu’il lui demandait : il ne l’obligeait à rien, à part de décider si elle était vraiment prête.
Elle se laissa glisser sur ses doigts, avec un petit souffle étranglé. Elle était déjà trempée, et elle sut qu’il le sentait.
— Doucement, dit-il. Regarde-moi.
Elle trouva un rythme, d’abord hésitant, la respiration courte. Ses cuisses se mirent à brûler.
Chaque fois qu’elle remontait, elle ne voulait que redescendre ; chaque fois qu’elle redescendait, elle ne cherchait plus qu’à remonter pour sentir ses doigts coulisser dans sa chatte ruisselante. Elle était à la fois maîtresse et prisonnière du plaisir qui fourmillait dans son ventre : c’était elle qui bougeait, et pourtant elle n’avait jamais autant senti qu’elle ne décidait de rien.
— Plus lentement.
Elle ralentit, haletante.
— Encore.
Le plaisir montait sans qu’elle puisse le retenir. Elle sentit ses doigts se courber en elle, juste ce qu’il fallait, et elle gémit, un son qu’elle n’avait jamais entendu sortir de sa gorge.
— Couleur ?
— Je… Vert…
— Tu approches ?
— Oui… Mon cœur, je…
— Pas encore, coupa-t-il en la fixant.
Elle s’arrêta net, tremblante, accroupie, les mains crispées sur ses propres genoux. Son souffle était un sifflement.
— Continue.
Elle repartit, plus lentement encore, les yeux rivés aux siens. Il la fit s’arrêter trois fois. Trois fois, elle serra les dents, la nuque raide, les cuisses secouées de spasmes, au bord d’un précipice qu’elle ne voulait surtout pas franchir. À la quatrième, elle suppliait presque, la voix cassée.
— S’il te plaît…
— Dis-moi ce que tu veux.
— Jouir… Je veux jouir.
— Alors demande-moi la permission.
— Je peux… je peux jouir ? je… ne peux plus tenir...
Il la laissa attendre une seconde, deux, une éternité.
— Tu peux jouir.
Elle poussa un cri. L’orgasme la traversa en vagues longues, violentes, sa tête rejetée en arrière, ses cuisses cédant d’un coup. Elle s’effondra sur lui, le visage dans son cou, secouée de frissons, sans plus savoir où elle commençait ni où elle finissait.
Il l’enlaça de son bras libre. L’autre, resté dressé, retomba mollement sur le drap.
— Je crois que je n’ai plus de main, murmura-t-il avec une grimace en agitant ses doigts engourdis.
— Je suis désolée !
— Non. C’est le prix à payer.
Elle éclata de rire, puis, sans prévenir, de sanglots, sans savoir pourquoi. Il la serra contre lui sans rien dire jusqu’à ce que ça passe, une main sur son dos humide de transpiration. Elle avait enfoui le visage dans le creux de son épaule, laissant la tension de son corps s’évacuer dans ses larmes.
— Ça va, ma puce ?
— Oui. Je crois que je suis… vide. Dans le bon sens.
— C’était très beau.
— On recommence demain ? souffla-t-elle, étonnée de s’entendre le dire.
— Quand tu veux.
Amandine s’interrompit, les joues rouges. Elle venait de réaliser qu’elle racontait, pour la première fois à voix haute, ce qu’elle n’avait jamais dit à personne.
— Voilà, dit-elle avec un petit rire qui sonnait un peu faux. J’ai failli dire rouge dix fois avant même qu’il me touche. Et je suis restée.
— Et ensuite ? souffla Rebecca.
— Ensuite, j’ai compris que j’avais eu raison de rester.
Rebecca ne répondit pas. Elle serrait son verre à en blanchir les doigts, la bouche entrouverte, les yeux brillants. Elle n’avait pas bougé depuis le début du récit, et Amandine savait, à la façon dont elle se tenait, que son amie avait imaginé chacune des images qu’elle avait laissées en suspens.
— Ce soir-là, je ne savais pas encore tout ce que ça allait m’apporter. Mais j’ai compris que je pouvais lui faire confiance, sans pour autant cesser d’être moi-même.
Rebecca sentit un frisson lui parcourir l'échine. Elle se leva du canapé, sentant un besoin soudain de bouger, de faire quelque chose pour canaliser l'énergie qui montait en elle.
— Bon, je vais nous chercher quelque chose à grignoter. Parce que, franchement, Mandine, j'ai encore un paquet de questions à te poser.
— Je m'en doutais !
— Et je te préviens, certaines sont beaucoup moins philosophiques que celles-là.
Amandine éclata de rire tandis que Rebecca se dirigeait vers la cuisine ouverte.
Lorsqu'elle revint avec un paquet de pistaches, Amandine avait rempli leurs verres. Elle se sentait un peu plus exposée qu'au début de la conversation, mais aussi soulagée d'avoir pu parler aussi franchement à son amie.
Rebecca se rassit, posa les pistaches sur la table basse et reprit aussitôt :
— Bon. Parlons de Didier, maintenant. Pas seulement de ce que toi tu ressens. Qu'est-ce qui lui plaît, à lui, dans le fait de dominer ?
Amandine prit une gorgée de vin, ses doigts caressant distraitement le bord du verre.
— C'est difficile de répondre à sa place, murmura-t-elle, mais je peux essayer. Quand il me domine, quand il me dit exactement ce qu'il attend de moi… il y a une sorte de… satisfaction dans ses yeux.
Rebecca se pencha en avant, captivée.
— Donc, il aime que tu lui obéisses ?
— Oui, je pense que ça lui plaît. Mais pas simplement parce qu'il aurait envie de commander pour le plaisir de commander. Ce qui compte, c'est que je choisisse de lui obéir. Il sait que je pourrais refuser, et il sait aussi que je ne suis pas obligée de lui dire oui pour lui faire plaisir. C'est étrange, vraiment. Au début, j'étais nerveuse, incertaine. Mais maintenant… maintenant, c'est comme une libération. Quand je sais exactement ce qu'il attend, quand je peux simplement me laisser guider… c'est incroyablement libérateur. La peur disparaît, remplacée par une sensation de sécurité totale.
Rebecca sentit un frisson lui parcourir l'échine.
— Tu veux dire… que l'obéissance te procure du plaisir ?
— Absolument, répondit Amandine avec conviction. C'est même une partie essentielle de notre relation. Quand je lui obéis, quand je fais ce qu'il me demande, je peux sentir sa fierté. Et cette fierté… c'est comme une drogue. J'en veux toujours plus.
Rebecca se mordit la lèvre, son imagination s'emballant.
— Et… et au lit ? Comment ça fonctionne ? Est-ce qu'il te… je veux dire, est-ce qu'il te dit exactement quoi faire ?
Amandine hocha la tête, ses joues rosissant légèrement.
— Oui, tout à fait. Au lit, c'est encore plus intense. Il me prend exactement comme il le souhaite, m'ordonne de le sucer quand il le désire. Parfois, il me fait attendre, me laissant dans un état de frustration délicieuse jusqu'à ce qu'il soit prêt à m'autoriser à jouir.
Rebecca sentit une chaleur s'installer entre ses cuisses.
— Et… et quand tu atteins l'orgasme ? Est-ce qu'il… est-ce qu'il le contrôle aussi ?
— Oh oui, murmura Amandine, ses yeux brillants d'excitation. C'est une partie essentielle de notre jeu. Il peut me garder au bord de l'orgasme pendant des heures, me torturant de plaisir jusqu'à ce que je sois presque folle de désir. Et puis, quand il décide que c'est le moment, quand il me donne la permission… c'est incroyable. L'orgasme est tellement plus intense, tellement plus puissant...
Rebecca sentit son souffle s'accélérer.
— Je n'arrive pas à croire à tout ça, murmura-t-elle, sa voix à peine plus qu'un souffle. C'est… c'est incroyable. Je n'aurais jamais imaginé que quelque chose comme ça puisse exister.
Rebecca resta un moment silencieuse, les yeux posés sur son verre. Elle avait encore des questions, beaucoup même, mais une autre lui venait à l'esprit depuis quelques minutes. Une question qu'elle n'avait pas prévu de poser et qu'elle aurait sans doute préféré garder pour elle.
— Mandine… Je vais te dire quelque chose, et tu me promets de ne pas te moquer de moi ?
— Ça dépend. Si c'est vraiment drôle…
— Je suis sérieuse !
— D'accord, d'accord. Je t'écoute.
Rebecca inspira profondément.
— Depuis notre dernière conversation, je n'arrête pas d'y penser. À ce que tu m'as raconté, à la façon dont Didier te guide, à cette confiance dont tu parles. Au début, je me disais que j'étais simplement curieuse. Que je voulais comprendre, c'est tout.
Elle marqua une pause, puis reprit plus bas :
— Mais je crois que je commence à me demander ce que je ressentirais, moi, si je vivais quelque chose de semblable.
Amandine ne répondit pas. Elle attendit que son amie poursuive.
— Je ne sais pas si j'en serais capable, poursuivit Rebecca. Je ne sais même pas si j'aimerais vraiment ça. Mais j'ai envie d'en savoir plus. Et je me rends compte que je ne me vois pas explorer cette idée avec Jérémie. Il n'est pas du tout dans cette dynamique. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas bien avec lui, ni que je veux remettre notre couple en question.
Elle prit une autre gorgée de vin, ses doigts tremblant légèrement.
— Je sais que c'est fou. Que c'est probablement mal. Mais depuis que tu m'as parlé de ta relation avec Didier, je n'arrête pas d'y penser. À cette sensation de libération, de soumission totale. À la façon dont tu dis que c'est la seule fois où tu te sens vraiment libre, vraiment toi-même.
Rebecca regarda Amandine droit dans les yeux, une lueur déterminée dans son regard.
— Je veux essayer. Je veux savoir ce que c'est, ne serait-ce qu'une fois. Et… et je me demandais… est-ce que tu penses que Didier…?
Elle ne termina pas sa phrase, rougissant violemment.
— Je suis désolée, je ne devrais pas penser à ça.
Amandine posa doucement sa main sur celle de Rebecca. Elle réfléchit un instant avant de continuer.
— Je peux lui demander s'il accepterait d'en discuter avec toi, si tu en as envie.
Rebecca la regarda, surprise.
— Tu ferais ça ? Pour moi ?
— Bien sûr que je peux lui en parler. Mais je veux que tu comprennes une chose, Becky : discuter avec lui ne t'engagerait à rien. Tu pourrais simplement lui poser tes questions, entendre son point de vue et prendre le temps de réfléchir.
Elle serra doucement la main de son amie.
— Et si tu découvres que ce n'est pas pour toi, ce sera très bien aussi. Je ne veux pas que tu te sentes obligée d'aller plus loin simplement parce que tu as osé m'en parler.
Rebecca sentit les larmes lui monter aux yeux.
— Merci, Mandine. Je crois que j'avais besoin de pouvoir en parler sans qu'on me regarde comme si j'avais perdu la tête.
— Tu sais bien que je te réserve ce regard pour des choses beaucoup plus graves.
Rebecca éclata de rire, et la tension retomba un peu.
Elles restèrent encore longtemps à discuter, passant des confidences sérieuses aux plaisanteries les plus absurdes. Rebecca posa encore quelques questions, mais aucune ne la rapprocha d'une décision définitive. Elle commençait seulement à comprendre ce qui, dans le récit de son amie, avait éveillé quelque chose en elle.
Lorsqu'elle reprit son manteau, plus tard dans la soirée, elle n'avait pas trouvé toutes les réponses qu'elle cherchait. Elle ne savait toujours pas si elle souhaitait vraiment aller plus loin, ni ce que cette curiosité signifierait pour elle.
Mais elle avait cessé de considérer ses questions comme quelque chose dont elle devait avoir honte. Et, pour l'instant, c'était déjà beaucoup.
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Amandine_in_wonderland
2 novembre 2026 à 21:04
Comme d'habitude, si vous avez aimé ce chapitre, n'hésitez pas à laisser un petit ❤️ou un commentaire 😺
ça fait toujours plaisir et c'est motivant !!!
Photo de profil de Folgi74
Folgi74
2 novembre 2026 à 20:02
Une conversation en pleine confiance … des questions et des réponses … des explications et une ouverture vers de nouvelles découvertes … merci pour ce chapitre et cette description d’une pratique que je connais peu.
C’est si bien écrit.
Vivement la suite … merci et bravo !

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