Fantasme
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Surprise(s) — Chapitre 1
Auteur
Surprise(s)
Chapitre 1
Aujourd'hui, c'est jour de repos. Pas de réveil, pas de métro, pas de collègues. Rien que moi, mon appartement silencieux et l'envie de me faire du bien. J'en profite : grasse matinée jusqu'à onze heures, draps froissés et peau encore chaude de sommeil, puis un bain moussant long, presque trop long, l'eau brûlante qui monte jusqu'aux clavicules et détend chaque muscle noué de la semaine.
Dans la baignoire, je prends le temps. Je me rase les couilles, lentement, la lame glissant sur la peau tendue, l'eau tiède qui rince la mousse. Puis le sillon, jusqu'à l'anus, cette zone que je connais par cœur mais que je redécouvre à chaque fois, sensible, un frisson électrisant qui remonte jusque dans le bas du ventre quand je passe les doigts dessus.
Et puis, alors que j'étais encore dans l'eau, ma queue légèrement dressée à cause de toutes les positions des dernières minutes, jambes écartées, ventre creusé, mains qui traînent, j'ai eu une idée brillante. Et si je faisais une surprise à Cédric, mon mec, quand il rentre du boulot ?
Je me suis aussi fait un lavement, méthodiquement, dans ma salle de bain qui sent encore la mousse et la menthe du gel douche. Je bandais déjà un peu à mon idée.
Je sors, je m'essuie sans me presser, et j'étale une crème hydratante partout : les cuisses, l'intérieur des bras, le torse, l'aine. La peau boit, devient douce, satinée sous mes paumes. Je me sens frais, propre, léger. J'avais trop repoussé.
J'ai enfilé un jockstrap noir, la taille fine, les élastiques qui soulignent mon fessier, la poche avant qui soulève les couilles et me laisse le cul complètement nu. J'ai continué le reste de mon après-midi comme ça, à moitié nu dans l'appartement, la peau qui frissonne au contact de l'air.
Un peu avant son horaire habituel de retour, je suis allé chercher mon gode et du lubrifiant. Je me suis installé sur le lit, jambes repliées, et je me suis préparé lentement. Le premier contact du silicone froid, puis le gel qui réchauffe, la pression progressive, cette sensation d'ouverture qui n'est jamais tout à fait confortable au début et qui devient très vite autre chose. Je voulais qu'il me voie bien ouvert, dès qu'il ouvre la porte. Je sentais ma queue durcir dans mon jockstrap, à la fois stimulée par mon idée de surprise sexy et par la pression exercée sur ma prostate par le dildo, sur ce point précis, à l'intérieur, qui envoie une décharge dans les reins à chaque mouvement.
J'avais pensé à plusieurs options toute la journée, l'attendre sur le lit, le couloir, à genoux derrière la porte, mais je m'étais finalement arrêté sur le canapé. La vue serait aussi directe depuis l'entrée mais surtout plus confortable. Je me mets à quatre pattes, les tibias sur l'accoudoir bas, les pieds dans le vide, le torse plaqué contre l'assise, la joue contre le tissu rêche. Le cul bien en l'air, ma rondelle bien ouverte aussi, les muscles relâchés, la lumière de l'après-midi qui tombe pile dessus. Je sens le filet de lubrifiant qui commence à couler le long de la raie, tiède.
J'entends la clé dans la serrure de la porte d'entrée.
J'entends des pas. La porte qui se ferme. Et Cédric qui sort :
— Oh putain.
Je ne sais pas si c'est la surprise qui ne lui convient pas ou justement l'inverse. J'ai pas trop le temps d'y penser.
Une autre voix, à côté, ajoute sur un ton un peu amusé :
— J'aimerais bien que ma femme m'accueille comme ça quand je rentre à la maison.
Merde. Mon cœur s'emballe, la chaleur me monte aux oreilles, je panique un peu. Je me redresse légèrement, assez pour voir par-dessus mon épaule qui s'approche, et j'entends les pas de Cédric mais aussi de son collègue Alexandre s'approcher de moi.
Cédric est grand, les épaules larges, avec cette façon qu'il a de se tenir droit même fatigué, les cheveux courts, la barbe de trois jours qui lui assombrit la mâchoire, les mains larges et sèches, veines saillantes sur l'avant-bras. Il a le corps de quelqu'un qui a porté des choses lourdes toute sa vie : dos épais, pectoraux pleins, un peu de poils blonds sur le sternum.
Alexandre, je l'ai croisé deux ou trois fois. Plus petit, plus compact, les cheveux bruns en bataille, un sourire en coin un peu insolent. Des épaules rondes de sportif, les bras dessinés, une pilosité plus importante, que ce soit sa barbe ou ses avant-bras. Quand il s'est penché, j'ai senti son odeur, parfum, sueur de fin de journée, un fond de café.
Cédric ajoute :
— Ça, c'est une surprise. Reste comme ça.
Sa voix a baissé d'un demi-ton. Ce timbre-là, je le connais. C'est celui qu'il a dans nos moments intimes.
Alexandre est celui qui s'est le plus approché de moi. Je sens sa chaleur avant de sentir sa main. Il s'accroupit derrière moi, et j'entends son souffle, court, amusé à quelques centimètres de ma rondelle.
— Mate-moi ce trou, Céd. Putain, je suis sûr que je peux y rentrer trois doigts directs.
Il a tourné la tête vers mon mec, qui lui a fait un signe de tête.
J'ai senti ses doigts chauds se poser sur le bord de mon anus, les trois comme promis, la pulpe large et s'enfoncer jusqu'à la dernière phalange. Le gel fait un bruit humide. Mes muscles cèdent, s'ouvrent, et j'ai un peu gémi, j'avoue. Un son que je n'ai pas retenu, qui est sorti tout seul, coincé entre le tissu du canapé et ma gorge. Ça a dû l'exciter : il a commencé des allers-retours, lents d'abord, en écartant les doigts à chaque passage, en appuyant juste là où il faut, comme s'il cherchait quelque chose à l'intérieur.
— Putain Cédric, t'en as de la chance.
J'ai tourné la tête, la joue écrasée sur le canapé, pour regarder mon mec. Cédric avait ôté son manteau et ses chaussures. Il me regardait, adossé au chambranle, une main qui se frottait distraitement le long de sa cuisse par-dessus le pantalon, le début d'érection qui tire le tissu, cette bosse oblique qui descend vers l'intérieur de la jambe. Ses yeux allaient de mon visage à mes fesses, sans se décider.
Il dit à Alexandre :
— Tu devrais te mettre à l'aise. Tu vas bien rester pour l'apéro.
Alexandre a ri. Un rire bas, tranquille, qui m'a traversé le ventre.
J'ai senti ses doigts se retirer, puis le froissement des vêtements qui tombent au sol : le manteau, un pull, un t-shirt. Cédric est venu s'installer dans le fauteuil en face du canapé, jambes écartées, coudes sur les accoudoirs, et il nous a fixés. Son regard était éveillé, presque noir dans la lumière déclinante. Sa queue était sortie de son pantalon, tenue dans sa main, longue, épaisse à la base, et il la serrait sans vraiment bouger, juste pour sentir.
Alexandre a ensuite fait tomber son jean. Le tissu a glissé le long de ses cuisses musclées, et j'ai vu ses jambes, ses mollets tendus, le boxer qu'il a enlevé d'un geste. J'ai senti son morceau de chair chaud glisser entre mes fesses, pas dedans, juste entre, le long de la raie, le poids et la chaleur du sexe contre ma peau ouverte. Il a fait un aller-retour, deux, et j'ai senti le filet de liquide pré-séminal qui se déposait sur mon dos.
— T'as des capotes, Céd ?
J'ai vu mon mec se lever, partir de la pièce, la queue dressée entre les pans de son pantalon qu'il n'avait pas fini d'enlever, et revenir avec un préservatif. Il l'a tendu à son collègue, non sans le mater au passage, un regard qui descend, qui s'attarde, qui remonte. Alexandre a souri.
Puis Cédric est venu s'asseoir sur le canapé près de ma tête, après avoir retiré son pantalon. Je sentais la chaleur de sa cuisse contre mon front, ce duvet blond, la peau douce à cet endroit. Je me suis avancé un peu plus pour poser ma tête sur sa cuisse, l'odeur, là, était plus forte, plus animale, mélange d'envie et de lui. Ma joue contre son muscle, son sexe à quelques centimètres de ma bouche, et je pouvais presque sentir le battement de son sang.
C'est là qu'Alexandre est venu appuyer son bassin contre mes fesses. J'ai entendu le claquement discret du latex qu'on déroule, le bruit du gel, puis la pression. Le gland d'abord, rond, insistant. Puis le latex qui s'enfile en moi, centimètre par centimètre, cette sensation unique de plénitude qui pousse tout le reste de côté. J'ai expiré longuement, les lèvres contre la cuisse de Cédric.
Il a commencé ses mouvements. Longs, réguliers, avec ce rythme qu'on prend quand on veut faire durer. Chaque poussée me faisait remonter d'un cran sur le canapé, le torse frottant contre le tissu, les couilles et ma queue serrées dans le jockstrap. Mes gémissements finissaient contre la peau de Cédric, étouffés, vibrants. Et au-dessus de moi, je sentais la main de mon mec qui se posait dans mes cheveux, qui me caressait délicatement.
Le rythme d'Alexandre ne s'accélère pas. Au contraire. Il semble savourer chaque mouvement. Je sens son bassin contre ma hanche, le contact chaud et humide entre mes fesses, le frottement régulier du latex qui s'enfonce et ressort avec un bruit mouillé à peine audible, les poils denses de son pubis effleurent mes couilles lisses. Mon souffle se casse et les gémissements sortent de moi sans que je puisse rien retenir, traînants, presque surpris.
Cédric, lui, a lâché ma tête. Il a écarté un peu les jambes, et son regard ne me quitte plus. Ses yeux descendent sur mon visage, sur ma bouche ouverte, et remontent. Sa verge est là, tout près, elle frôle ma joue à chaque fois que je tressaille. Elle glisse sur la peau de sa propre cuisse, ma tête posée là, ballottée, poussée par chaque coup de butoir d'Alexandre, et à chaque va-et-vient je sens le contact tiède de son sexe contre mon visage, une caresse involontaire, répétée, qui me rend fou.
— Continue, dit-il. À moi. Ou à Alexandre. Peu importe.
Je gémis encore. Plus fort.
— Respire, murmure-t-il.
Je respire mal. Mon ventre se contracte à chaque poussée, et la prostate est là, juste là, touchée au même endroit, précisément encore et encore.
— Putain, il gémit plus que ma femme, lance Alexandre dans mon dos, avec un rire essoufflé.
Ça pourrait me vexer. Ça me fait bander davantage.
Cédric se lève. Je le sens passer devant moi, ses jambes nues, et j'entends le clic de la télécommande. La musique monte, basse, quelque chose qui vibre dans les murs.
Mais quand il se retourne, Alexandre m'a déjà fait basculer. Une main dans le creux des reins, l'autre sous mon épaule, et je me retrouve allongé sur le dos, le dos plaqué au tissu du canapé, les jambes écartées, offert. Il se replace entre mes cuisses et se renfonce en moi d'un seul mouvement, plein, et je crie, pas un simple gémissement cette fois.
Cédric s'arrête net. Il regarde. Il voit mon jockstrap, la poche tendue à craquer, ma queue qui bat contre le coton à chaque poussée. Il s'accroupit, tire l'élastique, me libère. L'air frais sur ma peau mouillée me fait frissonner.
Sa main se referme sur moi. Il n'a pas besoin de lubrifiant : je suis trempé, j'ai déjà tellement coulé que ça coule le long de sa paume, entre ses doigts. Il me caresse lentement, du pouce sur le frein, en regardant par-dessus mon ventre la queue de son collègue qui entre et qui ressort de mon cul, le latex brillant, la base épaisse, le mouvement régulier. Il mate ça sans se cacher.
Alexandre ralentit, s'immobilise, et tourne la tête vers Cédric.
— Tu veux ?
Cédric ne répond pas tout de suite. Il lâche ma queue, se relève. Alexandre se retire et s'écarte.
Mon mec se met en place entre mes jambes. Il me pénètre à nu. Le contraste est vertigineux, la chaleur, la peau, rien entre nous. Il s'enfonce jusqu'au bout et s'arrête là, penché au-dessus de moi, la respiration courte.
Puis il se penche un peu plus et prend un téton entre ses dents. Il mordille, doucement, puis plus franchement, en tirant un peu. Je me cambre. Je gémis. Encore. Toujours.
Alexandre, en sueur, s'est approché de ma tête. Je le vois de bas en haut : le ventre qui se soulève, les poils, la queue lourde et un peu rougie sans le latex autour, les testicules qui pendent, un peu poilues, chaudes, serrées. Il les pose contre ma bouche. Je les gobe. Je les roule sur ma langue, je les aspire, l'odeur de sa peau, de sa journée, de son sexe, et je sens ses jambes trembler.
— Putain, crie-t-il, une main agrippée au dossier du canapé, les phalanges blanches.
Cédric, pendant ce temps, ne s'est pas arrêté. Il me fait glisser, attrape mes jambes, les attache à ses épaules, me tire par les hanches jusqu'à ce que mon cul soit relevé par l'accoudoir. Nouvel angle. Il s'enfonce plus profond, plus droit, et cette fois il touche quelque chose qui n'a pas de nom.
J'ai joui sans me toucher. Sans prévenir. Tout est parti d'un coup, dans un long spasme qui m'a arraché un gémissement si aigu, la gorge serrée, les orteils crispés, ma queue qui pulsait seule contre mon ventre.
Alexandre l'a vu. Il a compris. Il s'est reculé d'un pas, a pris sa queue à pleine main et il est parti à son tour. Sur mon visage. Dans mes cheveux. Sur mon torse. Un râle rauque, profond, qui lui a parcouru tout le corps. Il est resté un instant immobile, le souffle en miettes, puis il s'est laissé tomber dans le canapé, coudes sur les genoux, et me regarde, du sperme plein la figure.
Et il nous a regardés.
Parce que Cédric, lui, n'a pas fini. Il n'a pas ralenti. Il ne veut pas en finir avec mon cul, je le sens à sa façon de tenir mes hanches, de me soulever en poussant et à sa respiration qui ne se calme pas. Il continue, dans ce quasi-silence, avec seulement la musique et le bruit mouillé de nos deux corps.
— T'aimes ça ? m'a dit Cédric.
J'ai demandé à Cédric, presque suppliant :
— Tu vas me remplir ?
Je sentais l'odeur du foutre sur mon visage, âcre, masculine, et je le regardais, mon mec, se contracter. Les muscles de sa peau glissaient sous la tension, ondulant avec chaque mouvement. La sueur coulait entre ses pecs, une traînée brillante qui suivait la ligne du sternum, descendait vers son nombril, puis plus bas encore, vers son sexe enfoncé jusqu'à la garde.
— C'est ce que tu veux ?
— Oui bébé, jouis en moi.
— Oui bébé, jouis en moi.
Il a eu un sourire entendu. Le désir brillait dans ses yeux, noir, intense, et j'ai vu quelque chose changer dans son regard. Quelque chose de profond, de personnel.
— Mais avant, je veux que tu me chevauches.
Il s'est mis à ramper les genoux sur le canapé, une main dans mon dos pour m'aider à me redresser. Sans me quitter des yeux, sans me quitter le cul, ses doigts ont marché sur ma peau. Puis il m'a soulevé alors que je m'agrippais à lui, jusqu'à ce que je grimpe dessus.
Nos corps ont collé, surtout le mien, trempé de sueur, gluant de sperme, et il a pu s'asseoir, moi au-dessus de lui, juste à côté d'Alexandre. Leurs cuisses se touchaient presque, mon pied coincé entre eux deux, entre le muscle dur d'un et la chair tiède de l'autre.
D'ailleurs, Alex était déjà en train de regrossir contre son ventre. À croire que mater deux homos, ça lui faisait aussi de l'effet. Je l'ai repris en main, je sentais le sang y monter, les veines qui se dessinaient, la chaleur qui augmentait à chaque seconde.
Cédric continuait de me défoncer le cul. Presque en lévitation au-dessus de lui, suspendu, le poids de mon corps tenu par ses mains sous mes cuisses. J'avais la tête enfouie dans son épaule, la joue contre son cou où pulsait une veine rapide, le regard tourné vers Alex qui n'en ratait pas une miette.
Je gémissais. Pas comme avant, maintenant. Plus aigu, plus saccadé aussi, comme si ma gorge refusait de contenir tout ce qui montait. Cédric haletait, sa respiration dans ma nuque, ses muscles qui tremblaient quand il poussait plus fort. Et Alex... Alex a couiné un peu quand ma main est passée sur son gland, toujours un peu sensible après son orgasme précédent, et j'ai senti sa jambe frémir sous mon pied coincé.
— Putain, j'ai murmuré, sans savoir à qui.
Cédric a accéléré. Ses mains ont serré mes hanches, les pouces qui me pétrissaient la peau, et j'ai senti le début venir. La chaleur s'accumulait, une contraction qui montait de son ventre vers ses couilles, et je savais ce qui arrivait.
— Vas-y, j'ai dit.
Et il y est allé.
Cédric s'est répandu en moi par saccades, longues, presque violentes. Une chaleur délicieuse que j'attendais depuis le début de la journée. Elle s'étendait enfin en moi. Chaque pulsation de son éjaculation m'arrachait un gémissement, et j'ai crié à la dernière, la tête renversée en arrière, les dents serrées.
Alex, en nous entendant gémir ensemble, m'a suivi dans ma main. Un seul coup sec et il s'est vidé dans ma paume ouverte, épais, avec un cri court.
On est restés comme ça, un moment. Les trois accrochés l'un à l'autre, le souffle court, la peau encore tremblante. La musique continuait, basse, dans les haut-parleurs. Et je sentais Cédric encore en moi, qui se retirait lentement.
Alexandre a essuyé mon visage avec sa paume. Sperme et sueur mélangés, une trace qui coulait sur ma tempe.
— T'as fait du bon travail, a dit Cédric.
Je n'ai pas répondu. J'étais trop loin, là, dans cet après.
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