J’étais resté tard. Encore.
Le bureau était presque vide, les néons grésillaient au-dessus des bureaux vides. Il devait être près de vingt et une heures. J’avais fini le reporting que Léa m’avait filé en fin d’après-midi. Je fixais mon écran sans rien voir. J’attendais juste… je ne sais pas trop. Peut-être qu’elle passe une dernière fois. Peut-être qu’elle me dise bonne nuit. Ou peut-être que je me fasse des films depuis six mois.
Elle est arrivée derrière moi sans un bruit.
— Tu as fini ?
J’ai sursauté. Sa voix était calme, un peu grave. Je me suis retourné. Léa. Trente-cinq ans. Chemisier légèrement ouvert, jupe crayon, cheveux encore relevés. Elle sentait ce parfum qu’elle porte toujours, chaud, un peu boisé. Depuis le premier jour, je n’arrive pas à arrêter de la regarder. Et elle le sait. Elle l’a toujours su.
— Oui. Je viens d’envoyer le fichier.
Elle s’est penchée au-dessus de mon épaule pour regarder l’écran. Son décolleté s’est ouvert un peu plus. J’ai baissé les yeux trop tard. Elle a souri.
— Tu restes souvent aussi tard.
— Toi aussi.
Elle s’est redressée, a marché jusqu’à son bureau, a pris son sac. Puis elle s’est arrêtée.
— Je t’offre un verre ? Il y a un bar discret pas loin. Ou… on peut monter chez moi. C’est à cinq minutes.
Mon cœur a cogné. J’ai hésité trois secondes. Même pas.
— Chez toi.
Son appartement était exactement comme elle : sombre, élégant, parfumé. Elle a enlevé ses talons dès l’entrée. Elle a perdu quelques centimètres et est devenue soudain plus proche. Plus réelle. Elle est allée dans la cuisine et est revenue avec deux verres de vin. Elle s’était détaché les cheveux. Ils tombaient sur ses épaules. Le chemisier était encore plus ouvert.
Elle s’est assise à côté de moi, assez près pour que nos cuisses se touchent.
— Tu me regardes depuis des mois, a-t-elle dit calmement. Tu croyais que je ne le voyais pas ?
J’ai senti la chaleur me monter au visage.
— Je… j’osais pas.
— Et maintenant ?
Je n’ai pas eu le temps de répondre. Elle a posé son verre, a pris le mien, et m’a embrassé.
Putain.
Ce n’était pas un baiser timide. C’était un baiser de femme qui savait exactement ce qu’elle voulait. Sa bouche s’est ouverte sous la mienne, sa langue m’a trouvé sans hésiter. J’ai gémi malgré moi. Mes mains sont montées, maladroites, jusqu’à ses hanches. Elle les a attrapées et les a placées plus haut, sous son chemisier, sur la peau chaude de son dos.
— Touche-moi, a-t-elle murmuré contre ma bouche. Comme tu en as envie depuis le premier jour.
J’ai obéi. Mes doigts ont glissé le long de sa colonne, sont remontés, se sont enfoncés dans ses cheveux. Elle s’est dressée à genoux sur le canapé et a enjambé mes cuisses. Sa jupe est remontée. Elle a commencé à se frotter contre moi, lentement, précisément. J’étais déjà dur comme un roc et elle l’a senti.
— Putain… tu es tellement tendu.
Elle a déboutonné son chemisier et l’a laissé glisser. Soutien-gorge noir, fin. Ses seins étaient lourds, fermes. J’ai posé mes mains dessus, je les ai pétris. Elle a penché la tête en arrière et a soupiré.
— Oui… comme ça.
J’ai tiré le soutien-gorge vers le bas. Ses seins se sont libérés. Tétons bruns, durs. Je les ai pris en bouche, l’un après l’autre, j’ai sucé, mordillé. Elle gémissait plus fort, s’accrochait à mes cheveux.
— Plus fort. Je suis pas en porcelaine.
J’ai obéi. Pendant que je la suçais, mes mains ont glissé sous sa jupe. J’ai trouvé la dentelle de sa culotte. Elle était déjà trempée. Je l’ai caressée à travers le tissu, j’ai tracé sa fente. Elle se frottait contre ma main.
— Enlève-la.
Je lui ai tiré la culotte le long des cuisses. Elle s’est levée un instant pour l’enlever complètement, puis est revenue s’asseoir à califourchon sur moi. Sa chatte était rasée, lisse, luisante. J’ai glissé deux doigts entre ses lèvres. Elle était tellement mouillée. Je suis entré facilement, j’ai trouvé un rythme, le pouce sur son clito.
Elle m’embrassait salement pendant que je la doigtais. Ses hanches ondulaient.
— Tu me baises avec tes doigts depuis des semaines dans ta tête, hein ? Maintenant fais-le pour de vrai.
J’ai ajouté un troisième doigt. Elle a gémi, s’est accrochée à mes épaules. Ses seins frôlaient mon visage à chaque mouvement. Je les suçais à tour de rôle, je les marquais un peu. Elle tremblait.
— Arrête… je vais jouir trop vite.
J’ai ralenti, j’ai retiré mes doigts et je les ai portés à ma bouche. Elle m’a regardé les sucer, les yeux noirs.
— Debout.
Elle m’a tiré vers la chambre. Le lit était grand, les draps sombres. Elle m’a poussé dessus, s’est agenouillée entre mes jambes et a débouclé ma ceinture d’un geste expert. Mon jean et mon boxer sont descendus. Ma queue a jailli, raide, le gland déjà luisant.
Léa l’a regardée une seconde, puis s’est penchée et m’a pris en bouche d’un seul mouvement.
J’ai juré.
La chaleur de sa gorge m’a enveloppé. Elle suçait profond, sans s’étouffer, la langue travaillant le long de ma verge pendant que sa main massait mes couilles. Elle relevait les yeux vers moi, la bouche pleine, les lèvres brillantes de salive. Chaque fois qu’elle remontait, elle faisait claquer sa langue contre mon gland, puis redescendait jusqu’à m’enfouir entièrement.
— Putain Léa…
Elle m’a relâché d’un coup. Un fil de salive reliait ses lèvres à ma queue.
— Tu vas me baiser maintenant. Fort. Je veux te sentir demain.
Elle s’est retournée, s’est mise à quatre pattes, le dos cambré, la chatte offerte. Je me suis placé derrière elle. J’ai passé mon gland entre ses lèvres humides, je l’ai frottée longtemps. Puis je me suis enfoncé d’un seul coup.
Elle a crié. Un vrai cri.
Je me suis arrêté un instant, entièrement en elle, en sentant ses parois me serrer.
— Bouge, a-t-elle gémi. Baise-moi.
J’ai commencé à la prendre. D’abord lentement, profondément. Puis plus fort. Mes hanches claquaient contre son cul. Le bruit humide de notre chair emplissait la chambre. Elle poussait des gémissements à chaque coup de rein, le visage enfoncé dans les draps.
— Plus fort… oui… comme ça…
J’ai agrippé ses hanches, je l’ai tirée vers moi à chaque fois. Je me suis penché, j’ai glissé une main sous elle pour lui pétrir un sein, l’autre pour frotter son clito. Elle tremblait de plus en plus.
— Je vais jouir… ne t’arrête pas…
J’ai accéléré. Les coups sont devenus secs, brutaux. Elle a hurlé quand elle a joui. Ses parois se sont contractées violemment autour de ma queue. J’ai continué à la baiser à travers ses spasmes.
Quand elle est retombée molle, je me suis retiré, je l’ai retournée sur le dos, j’ai relevé ses jambes et je me suis enfoncé à nouveau. Face à face. Ses seins rebondissaient. Elle me regardait, la bouche ouverte.
— Encore… jouis en moi.
J’ai accéléré, les dents serrées. Le plaisir montait, brûlant. Elle a enroulé ses jambes autour de ma taille, m’a tiré plus profond. Quand j’ai joui, c’était avec un grognement rauque. Je me suis vidé en elle par à-coups, le corps tendu, pendant qu’elle me serrait contre elle.
On est restés un long moment enlacés, essoufflés, collés par la sueur. Puis elle a glissé une main entre nous, a récupéré un peu de mon sperme qui coulait d’elle, et l’a porté à sa bouche. Elle m’a regardé en suçant ses doigts.
— Prochain reporting, a-t-elle dit d’une voix enrouée, tu restes encore plus tard.
J’ai ri doucement, encore tremblant.
— Avec plaisir.
Elle s’est redressée, m’a chevauché à nouveau, sa chatte encore pleine, et a commencé à me frotter lentement contre son sexe encore dur.
— On n’a pas fini. J’ai six mois de fantasmes à rattraper.
Elle m’a pris à nouveau en elle, plus lentement cette fois, en roulant les hanches. Ses seins frôlaient mon torse. Elle m’embrassait longuement entre chaque mouvement, me murmurait des choses sales à l’oreille.
— Tu m’as tant regardée… chaque fois que je me penchais… chaque fois que je croise les jambes… je savais. J’imaginais ta queue dans ma bouche pendant les réunions.
J’ai gémi. Mes mains étaient posées sur ses fesses, je la guidais. Elle me baisait d’un rythme régulier, profond. Je me suis redressé, j’ai pris un sein en bouche, j’ai mordillé le téton pendant qu’elle continuait.
Le second orgasme est arrivé plus lentement, plus dense. Elle a joui la première, le visage enfoui dans mon cou, le corps secoué. Je l’ai suivie peu après, en la remplissant à nouveau.
Cette fois, on s’est vraiment effondrés. Elle est restée allongée sur moi, notre souffle se mêlait. Ses doigts dessinaient des cercles paresseux sur mon torse.
— Demain, au bureau, a-t-elle dit en souriant contre ma peau, tu vas me regarder comme avant. Et moi… je vais me souvenir que tu es encore en moi.
J’ai passé une main dans ses cheveux, je l’ai tirée doucement pour l’embrasser.
— Je sais pas si je vais réussir à me concentrer.
— Tant mieux.
Elle s’est glissée à côté de moi, une jambe posée sur la mienne, et a éteint la lumière. Dans le noir, sa main a retrouvé mon sexe, l’a caressé mollement.
— Une dernière fois, avant de dormir ?
J’ai souri dans le noir.
— Oui.
Et cette fois, c’était lent. Très lent. Des baisers longs, des caresses infinies, des gémissements étouffés. Quand je suis entré en elle pour la troisième fois, c’était presque tendre. Presque. Jusqu’à ce qu’elle me chuchote à l’oreille de la prendre plus fort, encore, et que j’obéisse.
À deux heures dix-sept du matin, on s’est enfin endormis, enlacés, épuisés, le goût l’un de l’autre encore collé à nos lèvres.
Et le lendemain, au bureau, quand elle est passée devant mon bureau en jupe noire moulante, elle s’est arrêtée une seconde, a posé une main sur mon épaule et a murmuré, assez bas pour que moi seul entende :
— Ce soir. Même heure. Et cette fois, tu apportes le vin.
J’ai souri, les yeux rivés sur mon écran.
Je savais déjà que j’allais rester très, très tard.
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