Bon alors, je m’interroge pas mal sur le rôle de la police en ce moment et y’a tellement de trucs qui se bousculent dans ma tête qu’il a fallu que je couche ça à l’écrit. Désolé pour la longueur et l’aspect un peu brouillon.
Y’a eu tout le tintouin sur le Black Live Matter qui a amené à ramener le débat sur le rôle de la police, son racisme, sa violence et ses méthodes d’interventions, débat que certains ont tenté de stopper ou ont refusé d’écouter. Bon, je comprends que pour une bonne partie, il s’agisse de brave type qui font leur boulot avec honneur, souvent, dans des conditions compliquées mais ça n’empêche que le débat peut être légitime. Il vaut mieux s’interroger plutôt que de fermer l’œil sur des dérives potentielles.
Castaner, au début des manifestations BLM en France a commencé à interdire l’usage de la « clé d’étranglement » comme technique d’interpellation, une technique plusieurs fois remise en cause pour sa dangerosité (voir le décès de Georges Floyd à l’origine des manifestations récentes, mais aussi plus localement de la mort de Cédric Chouviat après un contrôle qui a tourné au vinaigre. Il aurait eu le temps de dire sept fois « j’étouffe » aux policiers avant de perdre connaissance).
Preuve supplémentaire de la dangerosité du truc, hier même : des flics débattent justement des différentes méthodes d’interpellation. L’un des agents propose à une collègue de la pratiquer sur elle. Il dit l’avoir pratiqué qu’une fois à l’entraînement. Résultat : elle a failli y passer mais s’en sort vivante, fort heureusement, mais avec deux vertèbres déplacées. N’y a-t-il pas de quoi se poser des questions ?
Enfin bref, Castaner interdit cette méthode dans un premier temps et propose l’utilisation du taser comme alternative, alternative qui, a priori, n’est pas sans risques non plus (voir même encore plus dangereux). On voit alors apparaître des protestations de policiers partout en France. Jusque-là, je peux les comprendre, la réalité du terrain et des situations qu’ils affrontent au quotidien ne doivent pas leur laisser beaucoup d’alternatives.
Bon, Castaner prend peur, annule l’interdiction de la clé d’étranglement, leur autorise toujours le taser au passage et en bonus, simplifie la procédure d’outrage à un agent (peut-on craindre des abus d’agent peu scrupuleux ? Le genre d’abus que dénonçait le figaro en 2014. Qu’est-ce que ça va devenir si la procédure est facilitée ?)
Bon, alors les policiers obtiennent des avancées mais leur colère ne semble pas se calmer et c’est là que je décroche ! Ils continuent de faire pression par des manifestations non déclarées devant les lieux de pouvoir et, la nuit dernière, devant la Maison de la Radio. Et là, le si habituellement efficace et intransigeant préfet de police de Paris Didier Lallement (on va reparler plus tard de ce gentil monsieur) peine à retrouver les organisateurs de ces manifestations illégales.
Mais que cherche la police de plus ? Elle a obtenu gain de cause en un rien de temps et même plus sans avoir eu à subir la répression du gouvernement. Imaginez ce qu’on pourrait obtenir grâce à elle si elle se rangeait de notre côté pour appuyer certaines de nos revendications. Elle aurait pu nous être très utile contre la réforme des retraites par exemple.
Mais que cherche la police de plus ? Protester contre les accusations de violences illégitimes et de racisme dans leur rang ? J’ose espérer que non. Comme je l’ai déjà affirmé plus tôt, je pense ces questions légitimes et j’aurais jadis imaginé que des gardiens de la paix, de l’ordre et de la justice qu’ils sont censés être seraient les premiers à dénoncer les brebis galeuses dans leur rang.
Maintenant j’aimerais revenir sur les accusations de violence et de racisme :
Y a-t-il des violences disproportionnées et illégitimes ?
Ben déjà, on peut remarquer qu’Amnesty international dénonce depuis pas mal de temps les violences policières sur des manifestants et des journalistes. L’organisation dénonce aussi plusieurs pratiques illégales lors du confinement (Insultes racistes ou homophobes, usage illégitime de la force, car ne répondant pas aux critères de nécessité ou proportionnalité).
On a eu plein de témoignages lors des manifestations des gilets jaunes ou contre les réformes des retraites. Beaucoup de vidéos ont été tournées pour illustrer le phénomène. A chacun de se faire un avis si l’usage de la force est légitime dans chaque cas, mais perso, quand des manifestants se font tabasser par des professionnels du maintien de l’ordre alors qu’ils sont à terre, je ne vois aucun contexte qui peut justifier cela.
Plusieurs haut-gradés de la gendarmerie et de la police dénonçaient les pratiques illégales et dangereuses du préfet Lallement (j’avais bien dit qu’on reviendrait à lui), le monsieur qui affirmait n’être pas du « même camp » des manifestants alors qu’il est censé assuré la sécurité de tous. Exemple : les flics entourent des manifestants pacifiques en ne leur laissant aucun moyen de fuir puis les arrosent avec les lacrymos. Résultat : les gens pacifiques qui ont du mal à respirer et qui ne peuvent pas fuir, ben ils paniquent et ils deviennent violents. Un exemple concret :15 octobre 2019, manifestation des pompiers. Des manifestants sont coincés sur le pont de la Concorde et demandent dans le calme à quitter les lieux. Ils sont encerclés par la police d’un côté et par les gendarmes de l’autre. On leur refuse le passage et les arrose avec les lacrymos. Certains prennent le risque d’enjamber la rambarde du pont pour tenter de fuir. Fort heureusement, les gendarmes décident de désobéir aux ordres du préfet et escortent les manifestants jusqu’au métro pour éviter tout accident.
Et ce monsieur tout à fait charmant, Lallement, eh bien vous savez quoi ? Malgré des méthodes dangereuses et illégales, il n’est pas du tout inquiété par la justice. En même temps, s’il a été placé là c’est sûrement pour une bonne raison. J’ai du mal à croire que le gouvernement ignorait la réputation du berger Lallement. Je pense plutôt qu’il a été placé là justement pour ses méthodes. C’est pratique après tout, de telles méthodes sont efficaces pour effrayer les moins téméraires des manifestants (du coup, moins de personnes à la prochaine manifestation) et poussent des manifestants pacifiques dans la violence (du coup, moins de soutien populaire pour les manifestants). De quoi bien pourrir toute contestation.
Des violences policières ? Pour moi ça ne fait aucun doute mais il n’y a sûrement pas que la police à blâmer, avec le cas Lallement (mais je ne pense pas que cela s’arrête à son cas), je suis persuadé que cette violence est facilitée, voir encouragée, par plus haut. Il me semble même avoir vu passé le témoignage de flics qui affirmaient que leur hiérarchie les invitait à « se lâcher » lors des manifestations.
Des violences, oui, mais restent-elles impunies ? Non, fort heureusement, nous sommes encore en démocratie (ou quelque chose qui y ressemble...un peu). Sauf que, quand on s’intéresse aux enquêtes de l’IGPN sur les violences policières, y’a pas beaucoup d’enquête qui aboutissent (à tel point que c’est devenu une blague sur internet). Je ne sais plus où mais j’avais vu passer le truc suivant (à prendre avec des pincettes parce que je n’ai pas retrouvé la source) : en fait, la plupart des poursuites à la suite d’une enquête de l’IGPN c’est contre des flics qui ont remis en cause, d’une façon ou d’une autre, l’institution policière (genre en désobéissant à la hiérarchie) mais très peu de condamnations pour des violences sur monsieur tout le monde. En gros, les flics doivent se tenir droit à l’intérieur de l’institution mais on ferme plutôt les yeux s’ils déconnent à l’extérieur.
Tiens, prenons un exemple d’une des affaires de violences policières qui a abouti à une condamnation. Un flic, qui a frappé une femme de 62 ans, à terre, lors des gilets jaunes, lui ouvrant le crâne. Le mec reconnaît une faute professionnelle et est condamné à 18 mois de prisons avec sursis. Résultat : 200 policiers strasbourgeois « expriment leur malaise » suite à cette condamnation. Euh ? Quoi ? Ils cherchent à faire passer quoi comme message là ? En plein débat sur les violences policières, je trouve la manœuvre très étrange.
Ailleurs, à Marseilles, des flics soupçonnés pour avoir menacé le frère (et témoin) d’une victime de violences policières) On dirait une caste qui se protège les uns les autres et qui refusent d’avoir des comptes à rendre.
Y a-t-il du racisme dans la police ?
Plus de la moitié des forces de l’ordre vote extrême-droite (loin de moi l’idée d’amalgamer racisme mais extrême-droite mais faut bien reconnaître que bien souvent, les deux se retrouvent)
Des personnes perçues comme noires ou arabes ont une probabilité vingt fois plus élevée que les personnes blanches d’être contrôlées par la police.
Des groupes facebook regroupent plusieurs milliers de gendarmes et policiers où les types affichent un racisme décomplexé et des propos gerbants.
Des témoignages de policiers dénoncent une partie de leur collègue.
Des enregistrements de propos de flics racistes (certains se revendiquent même suprémacistes blancs et/ou fascistes) du style « Je n’attends qu’une chose, c’est que tous ces gens crèvent. Je n’ai plus envie de sauver les gens. Je me dis que tous ces gens doivent crever. Ça régénérera l’espèce humaine et surtout la race blanche. Quand les gonzesses s’offrent à des nègres ou des bougnules, j’m’en bats les couilles si après elles se font démonter la gueule, buter et tout ce que tu veux...T’as voulu la couleur, maintenant faut qu’tu payes la redevance ! ». « Vivement la guerre civile, vivement l’effondrement. Et moi je pense qu’il n’y a pas que la diversité qui va prendre cher, j’pense que la gauche aussi. Il va vraiment falloir éliminer ces fils de putes. », « Ce pays mérite une guerre raciale bien sale. Il faut qu’ils crèvent ces chiens » etc. Bien, pour des « gardiens de la paix » armés jusqu’aux dents !
Je pense que ça commence à faire beaucoup d’éléments et qu’il ne s’agit sans doute pas que de cas isolés. Non, je ne suis pas en train de dire que tous les flics sont des salauds de racistes mais je pense que ce genre d’idéologies nauséabondes se transmet plus facilement dans ce milieu. A titre personnel, mon frère est gendarme et depuis qu’il l’est, il est devenu raciste. Il a quelque-fois des mots que je trouve limite, pas non plus au point de rêver d’une guerre raciale mais quand même, il m’inquiète parfois.
Vouloir prendre la défense des forces de l’ordre, c’est bien. On en a besoin tous les jours et beaucoup d’entre eux font leur travail avec honneur et implication. Par contre, évitons de sacraliser la fonction afin de remettre en question ce qui doit être remis en question. Comme tout, c’est une situation complexe avec du positif et du négatif.
Perso, je pense que les violences policières sont une réalité et qu’il ne s’agit pas de brebis galeuses isolées, qu’elles sont aux contraires favorisées par le système de l’institution et encouragées par certaines idéologies bien ancrées au sein des forces de l’ordre, par une relative impunité dont ils jouissent et aussi par le pouvoir qui a tenu face aux derniers mouvements sociaux uniquement grâce à police.
Je sais pas, il n’y a que moi qui trouve tout ça inquiétant ? Et quand je vois des flics tenter de faire taire toutes critiques ou refuser de regarder le problème en face, je ne suis pas plus rassuré. Je trouve ça dingue d’en venir à me méfier de gens censés nous protéger. N’hésitez pas à me faire part de votre sentiment.
« Alors c’est bien beau de critiquer, mais si t’as rien à proposer ça sert à rien » me diront peut-être certains. Alors, moi, peut-être que je ne sais pas comment améliorer l’institution policière mais je suis persuadé qu’elle est perfectible et que, ce n’est pas en fermant les yeux sur les problèmes que ça va s’améliorer, bien au contraire. Oui, perfectible. Je me base sur l’exemple de Camden, une ville des USA où la police a radicalement revu ses méthodes. La ville était réputée pour ses trafics de drogues, sa corruption et un taux de criminalité record. Depuis leur nouvelle philosophie, le taux de crimes et délits à radicalement baissé et les plaintes contre policier ont quasi disparu et petit bonus, ces flics n’ont eu aucun mal à défilé aux côtés des BLM.
« Il a fallu passer d’une mentalité de guerriers à celle de gardiens et démilitariser les interventions » explique un responsable.
[...] n'importe quel amateur de poliorcétique le confirmera : la forteresse est perdue !
Là, tu vas obliger la quasi-totalité des participants du forum à faire des recherches ; et puisque tu utilises des mots aussi exotiques que celui-ci, tu prouves que tu es vraiment bien intégré.
Moi, je me souviens d'un groupe de rock bordélique des années 70 (vu au festival d'Orcines) : Albert et sa fanfare poliorcétique.
Utilisateur supprimé
1 juillet 2020 à 19:47
et puisque tu utilises des mots aussi exotiques que celui-ci, tu prouves que tu es vraiment bien intégré.
Mince, et moi qui croyais que c'était la France qui avait fini par s'intégrer à moi :)
Moi, je me souviens d'un groupe de rock bordélique des années 70 (vu au festival d'Orcines) : Albert et sa fanfare poliorcétique.
Une fanfare poliorcétique ? On n'avait pas vu ça depuis les trompettes de Jericho !
Après, si plus personne n'a de notion de polémologie... 😇
Lioubov
1 juillet 2020 à 21:33
Une fanfare poliorcétique ? On n'avait pas vu ça depuis les trompettes de Jericho !
:lol: :lol: :lol: Bien vu : tu connais même la Bible !
Lioubov
1 juillet 2020 à 21:40
En ce moment, Raid31 est attaqué. Mais que lui reproche-t-on ?
D'être un troll, ou un individu incapable de comprendre vos arguments. [...] Donc, si "Raid31" était un membre de cette unité, il devrait avoir droit à notre estime [...] Il est possible que je me trompe ; c'est à Raid31 de le dire, dans la mesure où il est couvert par l'anonymat de son pseudo. J'attends sa réponse.
Il a eu le temps de venir infirmer ou affirmer cette alternative. Comme il ne s'est pas manifesté, j'en conclus que Raid31 est un troll.
Raid31
19 octobre 2020 à 07:31
Bon, je sais que je vais me faire écharper pour cette prise de position, mais j'aime défendre les causes perdues et me faire l'avocat du diable. En ce moment, Raid31 est attaqué. Mais que lui reproche-t-on ?
D'être un troll, ou un individu incapable de comprendre vos arguments.
Bon, j'admets qu'il puisse être un troll et prendre du plaisir à bousculer les prises de positions bien marquées de part et d'autre. Mais je vous demande de vous pencher sur son pseudo : Raid31.
Savez-vous ce qu'est le RAID ? Une unité d'élite de la police : Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion. Des flics prestigieux, engagés dans les missions les plus dangereuses, qui veillent sur notre sécurité. "Dormez, braves gens..." Donc, si "Raid31" était un membre de cette unité, il devrait avoir droit à notre estime car il serait au cœur des problèmes les plus difficiles à résoudre afin que nous puissions continuer à vivre en sécurité.
Il est possible que je me trompe ; c'est à Raid31 de le dire, dans la mesure où il est couvert par l'anonymat de son pseudo. J'attends sa réponse.
Merci Lioubov pour ton intervention mais je n'ai rien à prouver à personnes encore moins à certains membres de ce forum qui ne jurent que par des statistiques, des préjugés et qui ne connaissent rien aux métier de flic.
La vie n'est pas faite que de statistiques mais plutôt de rencontres, de discussions, l'envie d'apprendre de l'autre.
Modifié
19 octobre 2020 à 07:32
Raid31
19 octobre 2020 à 07:37
Je trouve qu'il est facile de taper sur les flics sans vouloir faire de mauvais jeu de mots surtout en ce moment mais le racisme se retrouve partout et pas seulement dans l'institution policière.
Vous avez tendance à généraliser des faits qui en soit ne sont pas acceptables mais qui représentent une minorité de ce qu'est l'ensemble de la profession.
Je suis désolé de vous le dire mais la Police n'est pas raciste.
Raid31
19 octobre 2020 à 07:41
En ce moment, Raid31 est attaqué. Mais que lui reproche-t-on ?
D'être un troll, ou un individu incapable de comprendre vos arguments. [...] Donc, si "Raid31" était un membre de cette unité, il devrait avoir droit à notre estime [...] Il est possible que je me trompe ; c'est à Raid31 de le dire, dans la mesure où il est couvert par l'anonymat de son pseudo. J'attends sa réponse.
Il a eu le temps de venir infirmer ou affirmer cette alternative. Comme il ne s'est pas manifesté, j'en conclus que Raid31 est un troll.
Non c'est juste que j'ai aussi une vie en dehors du forum et n'étant pas à la retraite mon emploi du temps ne me laisse pas beaucoup de répis.
Après ce que vous pensez de moi, je m'en fiche.
Raid31
19 octobre 2020 à 07:46
Et la police dans tout ça ? :)
(vous reconnaissez le mec qui remet une pièce dans la machine ?) :lol:
Elle va mal.
jeremy01
19 octobre 2020 à 08:26
Au moins ça fait ressortir des vieux sujets ;)
Hellangel
19 octobre 2020 à 13:29
En ce moment, Raid31 est attaqué. Mais que lui reproche-t-on ?
D'être un troll, ou un individu incapable de comprendre vos arguments. [...] Donc, si "Raid31" était un membre de cette unité, il devrait avoir droit à notre estime [...] Il est possible que je me trompe ; c'est à Raid31 de le dire, dans la mesure où il est couvert par l'anonymat de son pseudo. J'attends sa réponse.
Il a eu le temps de venir infirmer ou affirmer cette alternative. Comme il ne s'est pas manifesté, j'en conclus que Raid31 est un troll.
Eh beh, si le fait d'être un "individu incapable de comprendre [les] arguments" te fait déduire que c'est un troll, il me semble que tu agis aussi comme un troll dans plein, plein, plein de sujets ces derniers temps.
Tilia TV
19 octobre 2020 à 18:23
La vie n'est pas faite que de statistiques mais plutôt de rencontres, de discussions, l'envie d'apprendre de l'autre.
Oui, vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée… Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face, je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ce n’est pas mon cas, comme je le disais là, puisque moi au contraire, j’ai pu ; et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie… Je ne suis qu’amour ! Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent : « Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ? » Eh bien je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût de l’amour, ce goût donc qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain, qui sait, peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi…
Vous avez tendance à généraliser des faits qui en soit ne sont pas acceptables mais qui représentent une minorité de ce qu'est l'ensemble de la profession.
Je suis désolé de vous le dire mais la Police n'est pas raciste.
Tu as entièrement raison, le problème de la police est que la minorité est à 100% couverte par la majorité. Valentin Gendrot (le journaliste qui a "infiltré la police ) a mis en lumière les gros dysfonctionnement mais également le corporatisme de la police.
youtube.com/watch?v=dkreN_ONrLA
Dans les autres administrations, lorsqu'il y a un débordement raciste, ce débordement est dénoncé par tous (syndicat, politique, employé ...) Dans la police non, les fait sont couverts par la hiérarchie et par les collègues. Les policiers sont dans une bulle, et pour une minorité, cela veut dire impunité totale.
pierheim
19 octobre 2020 à 21:19
Et la police dans tout ça ? :)
(vous reconnaissez le mec qui remet une pièce dans la machine ?) :lol:
Elle va mal.
Dans les années 80 elle allait déjà mal et au fil des ans ça ne s'arrange pas...
Elle est comme un moteur qui consomme de l'huile... on ne règle pas le problème, on rajoute toujours plus d'huile.
Y’a eu tout le tintouin sur le Black Live Matter qui a amené à ramener le débat sur le rôle de la police, son racisme, sa violence et ses méthodes d’interventions, débat que certains ont tenté de stopper ou ont refusé d’écouter. Bon, je comprends que pour une bonne partie, il s’agisse de brave type qui font leur boulot avec honneur, souvent, dans des conditions compliquées mais ça n’empêche que le débat peut être légitime. Il vaut mieux s’interroger plutôt que de fermer l’œil sur des dérives potentielles.
Castaner, au début des manifestations BLM en France a commencé à interdire l’usage de la « clé d’étranglement » comme technique d’interpellation, une technique plusieurs fois remise en cause pour sa dangerosité (voir le décès de Georges Floyd à l’origine des manifestations récentes, mais aussi plus localement de la mort de Cédric Chouviat après un contrôle qui a tourné au vinaigre. Il aurait eu le temps de dire sept fois « j’étouffe » aux policiers avant de perdre connaissance).
Preuve supplémentaire de la dangerosité du truc, hier même : des flics débattent justement des différentes méthodes d’interpellation. L’un des agents propose à une collègue de la pratiquer sur elle. Il dit l’avoir pratiqué qu’une fois à l’entraînement. Résultat : elle a failli y passer mais s’en sort vivante, fort heureusement, mais avec deux vertèbres déplacées. N’y a-t-il pas de quoi se poser des questions ?
Enfin bref, Castaner interdit cette méthode dans un premier temps et propose l’utilisation du taser comme alternative, alternative qui, a priori, n’est pas sans risques non plus (voir même encore plus dangereux). On voit alors apparaître des protestations de policiers partout en France. Jusque-là, je peux les comprendre, la réalité du terrain et des situations qu’ils affrontent au quotidien ne doivent pas leur laisser beaucoup d’alternatives.
Bon, Castaner prend peur, annule l’interdiction de la clé d’étranglement, leur autorise toujours le taser au passage et en bonus, simplifie la procédure d’outrage à un agent (peut-on craindre des abus d’agent peu scrupuleux ? Le genre d’abus que dénonçait le figaro en 2014. Qu’est-ce que ça va devenir si la procédure est facilitée ?)
Bon, alors les policiers obtiennent des avancées mais leur colère ne semble pas se calmer et c’est là que je décroche ! Ils continuent de faire pression par des manifestations non déclarées devant les lieux de pouvoir et, la nuit dernière, devant la Maison de la Radio. Et là, le si habituellement efficace et intransigeant préfet de police de Paris Didier Lallement (on va reparler plus tard de ce gentil monsieur) peine à retrouver les organisateurs de ces manifestations illégales.
Mais que cherche la police de plus ? Elle a obtenu gain de cause en un rien de temps et même plus sans avoir eu à subir la répression du gouvernement. Imaginez ce qu’on pourrait obtenir grâce à elle si elle se rangeait de notre côté pour appuyer certaines de nos revendications. Elle aurait pu nous être très utile contre la réforme des retraites par exemple.
Mais que cherche la police de plus ? Protester contre les accusations de violences illégitimes et de racisme dans leur rang ? J’ose espérer que non. Comme je l’ai déjà affirmé plus tôt, je pense ces questions légitimes et j’aurais jadis imaginé que des gardiens de la paix, de l’ordre et de la justice qu’ils sont censés être seraient les premiers à dénoncer les brebis galeuses dans leur rang.
Maintenant j’aimerais revenir sur les accusations de violence et de racisme :
Y a-t-il des violences disproportionnées et illégitimes ?
Ben déjà, on peut remarquer qu’Amnesty international dénonce depuis pas mal de temps les violences policières sur des manifestants et des journalistes. L’organisation dénonce aussi plusieurs pratiques illégales lors du confinement (Insultes racistes ou homophobes, usage illégitime de la force, car ne répondant pas aux critères de nécessité ou proportionnalité).
On a eu plein de témoignages lors des manifestations des gilets jaunes ou contre les réformes des retraites. Beaucoup de vidéos ont été tournées pour illustrer le phénomène. A chacun de se faire un avis si l’usage de la force est légitime dans chaque cas, mais perso, quand des manifestants se font tabasser par des professionnels du maintien de l’ordre alors qu’ils sont à terre, je ne vois aucun contexte qui peut justifier cela.
Plusieurs haut-gradés de la gendarmerie et de la police dénonçaient les pratiques illégales et dangereuses du préfet Lallement (j’avais bien dit qu’on reviendrait à lui), le monsieur qui affirmait n’être pas du « même camp » des manifestants alors qu’il est censé assuré la sécurité de tous. Exemple : les flics entourent des manifestants pacifiques en ne leur laissant aucun moyen de fuir puis les arrosent avec les lacrymos. Résultat : les gens pacifiques qui ont du mal à respirer et qui ne peuvent pas fuir, ben ils paniquent et ils deviennent violents. Un exemple concret :15 octobre 2019, manifestation des pompiers. Des manifestants sont coincés sur le pont de la Concorde et demandent dans le calme à quitter les lieux. Ils sont encerclés par la police d’un côté et par les gendarmes de l’autre. On leur refuse le passage et les arrose avec les lacrymos. Certains prennent le risque d’enjamber la rambarde du pont pour tenter de fuir. Fort heureusement, les gendarmes décident de désobéir aux ordres du préfet et escortent les manifestants jusqu’au métro pour éviter tout accident.
Et ce monsieur tout à fait charmant, Lallement, eh bien vous savez quoi ? Malgré des méthodes dangereuses et illégales, il n’est pas du tout inquiété par la justice. En même temps, s’il a été placé là c’est sûrement pour une bonne raison. J’ai du mal à croire que le gouvernement ignorait la réputation du berger Lallement. Je pense plutôt qu’il a été placé là justement pour ses méthodes. C’est pratique après tout, de telles méthodes sont efficaces pour effrayer les moins téméraires des manifestants (du coup, moins de personnes à la prochaine manifestation) et poussent des manifestants pacifiques dans la violence (du coup, moins de soutien populaire pour les manifestants). De quoi bien pourrir toute contestation.
Des violences policières ? Pour moi ça ne fait aucun doute mais il n’y a sûrement pas que la police à blâmer, avec le cas Lallement (mais je ne pense pas que cela s’arrête à son cas), je suis persuadé que cette violence est facilitée, voir encouragée, par plus haut. Il me semble même avoir vu passé le témoignage de flics qui affirmaient que leur hiérarchie les invitait à « se lâcher » lors des manifestations.
Des violences, oui, mais restent-elles impunies ? Non, fort heureusement, nous sommes encore en démocratie (ou quelque chose qui y ressemble...un peu). Sauf que, quand on s’intéresse aux enquêtes de l’IGPN sur les violences policières, y’a pas beaucoup d’enquête qui aboutissent (à tel point que c’est devenu une blague sur internet). Je ne sais plus où mais j’avais vu passer le truc suivant (à prendre avec des pincettes parce que je n’ai pas retrouvé la source) : en fait, la plupart des poursuites à la suite d’une enquête de l’IGPN c’est contre des flics qui ont remis en cause, d’une façon ou d’une autre, l’institution policière (genre en désobéissant à la hiérarchie) mais très peu de condamnations pour des violences sur monsieur tout le monde. En gros, les flics doivent se tenir droit à l’intérieur de l’institution mais on ferme plutôt les yeux s’ils déconnent à l’extérieur.
Tiens, prenons un exemple d’une des affaires de violences policières qui a abouti à une condamnation. Un flic, qui a frappé une femme de 62 ans, à terre, lors des gilets jaunes, lui ouvrant le crâne. Le mec reconnaît une faute professionnelle et est condamné à 18 mois de prisons avec sursis. Résultat : 200 policiers strasbourgeois « expriment leur malaise » suite à cette condamnation. Euh ? Quoi ? Ils cherchent à faire passer quoi comme message là ? En plein débat sur les violences policières, je trouve la manœuvre très étrange.
Ailleurs, à Marseilles, des flics soupçonnés pour avoir menacé le frère (et témoin) d’une victime de violences policières) On dirait une caste qui se protège les uns les autres et qui refusent d’avoir des comptes à rendre.
Y a-t-il du racisme dans la police ?
Plus de la moitié des forces de l’ordre vote extrême-droite (loin de moi l’idée d’amalgamer racisme mais extrême-droite mais faut bien reconnaître que bien souvent, les deux se retrouvent)
Des personnes perçues comme noires ou arabes ont une probabilité vingt fois plus élevée que les personnes blanches d’être contrôlées par la police.
Des groupes facebook regroupent plusieurs milliers de gendarmes et policiers où les types affichent un racisme décomplexé et des propos gerbants.
Des témoignages de policiers dénoncent une partie de leur collègue.
Des enregistrements de propos de flics racistes (certains se revendiquent même suprémacistes blancs et/ou fascistes) du style « Je n’attends qu’une chose, c’est que tous ces gens crèvent. Je n’ai plus envie de sauver les gens. Je me dis que tous ces gens doivent crever. Ça régénérera l’espèce humaine et surtout la race blanche. Quand les gonzesses s’offrent à des nègres ou des bougnules, j’m’en bats les couilles si après elles se font démonter la gueule, buter et tout ce que tu veux...T’as voulu la couleur, maintenant faut qu’tu payes la redevance ! ». « Vivement la guerre civile, vivement l’effondrement. Et moi je pense qu’il n’y a pas que la diversité qui va prendre cher, j’pense que la gauche aussi. Il va vraiment falloir éliminer ces fils de putes. », « Ce pays mérite une guerre raciale bien sale. Il faut qu’ils crèvent ces chiens » etc. Bien, pour des « gardiens de la paix » armés jusqu’aux dents !
Je pense que ça commence à faire beaucoup d’éléments et qu’il ne s’agit sans doute pas que de cas isolés. Non, je ne suis pas en train de dire que tous les flics sont des salauds de racistes mais je pense que ce genre d’idéologies nauséabondes se transmet plus facilement dans ce milieu. A titre personnel, mon frère est gendarme et depuis qu’il l’est, il est devenu raciste. Il a quelque-fois des mots que je trouve limite, pas non plus au point de rêver d’une guerre raciale mais quand même, il m’inquiète parfois.
Vouloir prendre la défense des forces de l’ordre, c’est bien. On en a besoin tous les jours et beaucoup d’entre eux font leur travail avec honneur et implication. Par contre, évitons de sacraliser la fonction afin de remettre en question ce qui doit être remis en question. Comme tout, c’est une situation complexe avec du positif et du négatif.
Perso, je pense que les violences policières sont une réalité et qu’il ne s’agit pas de brebis galeuses isolées, qu’elles sont aux contraires favorisées par le système de l’institution et encouragées par certaines idéologies bien ancrées au sein des forces de l’ordre, par une relative impunité dont ils jouissent et aussi par le pouvoir qui a tenu face aux derniers mouvements sociaux uniquement grâce à police.
Je sais pas, il n’y a que moi qui trouve tout ça inquiétant ? Et quand je vois des flics tenter de faire taire toutes critiques ou refuser de regarder le problème en face, je ne suis pas plus rassuré. Je trouve ça dingue d’en venir à me méfier de gens censés nous protéger. N’hésitez pas à me faire part de votre sentiment.
« Alors c’est bien beau de critiquer, mais si t’as rien à proposer ça sert à rien » me diront peut-être certains. Alors, moi, peut-être que je ne sais pas comment améliorer l’institution policière mais je suis persuadé qu’elle est perfectible et que, ce n’est pas en fermant les yeux sur les problèmes que ça va s’améliorer, bien au contraire. Oui, perfectible. Je me base sur l’exemple de Camden, une ville des USA où la police a radicalement revu ses méthodes. La ville était réputée pour ses trafics de drogues, sa corruption et un taux de criminalité record. Depuis leur nouvelle philosophie, le taux de crimes et délits à radicalement baissé et les plaintes contre policier ont quasi disparu et petit bonus, ces flics n’ont eu aucun mal à défilé aux côtés des BLM.
« Il a fallu passer d’une mentalité de guerriers à celle de gardiens et démilitariser les interventions » explique un responsable.