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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Un arrangement très particulier — Chapitre 1

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yug0lit0
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Un arrangement très particulier

Chapitre 1

C’est dans un luxueux appartement des quartiers chics de Paris, d’où on entend souvent des gémissements de plaisir de jeunes filles de passage, que vit Richard. Ce sexagénaire bedonnant à double menton, de condition aisée est toujours tiré à quatre épingles, habillé comme un milord avec son brushing impeccable poivre et sel et un sourire ravageur. Il est ce que l’on appelle « un nabab ». Il a de l’argent ; il en gagne beaucoup. Il le montre et en fait profiter son entourage proche, quoique restreint. Aujourd’hui, il vit plus que bien, mais avant d’en arriver à son histoire, il convient de comprendre qui il est.
Petit résumé :
Originaire de province, durant plus de vingt ans il a travaillé en tant que cadre dans un laboratoire pharmaceutique fondé par son ami Henri avant de se reconvertir plus tard dans l’immobilier.
Dans le privé, il est divorcé. Fut un temps, il avait un fils qui s’est malheureusement tué en moto. Avec son épouse de l’époque, même s’ils semblaient s’en être remis, plus rien ne fut pareil après ça : il passait tout son temps à bosser, délaissant parfois sa femme. Plus tard, sa femme l’ayant surpris au lit avec une de ses assistantes – une jeune blonde ayant l’âge d’être sa fille – elle demanda le divorce. Toutefois, Richard sachant pertinemment qu’elle avait elle aussi un amant, le divorce fut consenti aux torts partagés. Un point partout, balle au centre.
Son changement de carrière (du domaine pharmaceutique à l’immobilier) eut lieu après son divorce et fut la conséquence d’un événement. Alors qu’il était seul à travailler chez lui, il eut la visite d’un notaire : Maître Gerfaut, dont l’étude est spécialisée dans la recherche de légataires pour des héritages restés sans bénéficiaires. Un notaire que ceux qui ont lu l’histoire « Héritage Inattendu » (du même auteur) reconnaîtront peut-être. Cet homme, donc, était venu le voir à la suite d’une très longue enquête. Le dernier représentant d’une famille de la haute bourgeoisie parisienne était décédé sans filiation directe, en laissant derrière lui une fortune assez conséquente, et cet homme avait été mandaté pour trouver un bénéficiaire à l’héritage. Ce bénéficiaire, c’était lui, Richard. Visiblement, sa grand-mère aurait eu une aventure avec l’un des membres de cette famille alors qu’elle était jeune. Devenue fille-mère à l’âge de dix-sept ans, elle se démena comme elle put pour élever l’enfant qui devint plus tard le père de Richard, aujourd’hui décédé.
Il venait de fêter son demi-siècle quand il empocha cet héritage. Richard se retrouvait alors avec plus d’argent, de propriétés et de voitures qu’il n’en aurait jamais espérés. Son compte en banque avait tellement de zéros qu’on aurait dit le bulletin scolaire de cette fille de télé-réalité avec son « Allô, quoi ». Curieusement, son ex-femme essaya de recoller les morceaux après ça, mais il n’était pas dupe. Il savait qu’elle venait pour son pognon, et c’est lors d’une dispute plus qu’houleuse qu’il la rejeta en lui disant, sur le ton de la plaisanterie, que maintenant il allait pouvoir se payer des putes de luxe, et qu’elle, le seul rond qu’elle sentirait passer, ce serait sa rondelle quand son amant en forcerait l’entrée.
Bien évidemment, à l’annonce de sa fortune nouvelle, il devint le meilleur ami de son banquier. Il changea de conseiller pour un autre plus haut placé et spécialiste des gros placements juteux. Ce banquier avait eu pour consigne de lui placer un maximum de produits financiers. Pour cela il avait carte blanche. C’est pourquoi il le convia durant quelques jours à un congrès à Paris où tous les gros clients de la banque allaient être présents ; que du beau linge.
Le banquier avait loué une voiture avec chauffeur et hôtesse, et avait effectué une réservation dans un hôtel de luxe. Dès la descente du train, le ton était donné : l’hôtesse les a accueillis dans la limousine aux vitres fumées, et à peine la voiture avait-elle démarré que l’hôtesse commença à déboutonner le pantalon de Richard pour le sucer. En fait d’hôtesse, cette fille était une escort-girl spécialement payée pour lui faire passer un bon séjour. Durant les quatre jours qu’il allait passer avec le banquier, elle était chargée de combler tous ses désirs et toutes ses envies. Autant vous dire qu’il s’est fait plaisir, avec cette minette de vingt-trois printemps et au corps de rêve !
Au final de ce séjour, hormis le fait qu’il avait les bourses vidées (celles qu’il a entre les jambes, bien sûr), il avait bénéficié de juteux placements, et son banquier avait perçu une commission plus que rondelette.
Lors d’une des nuits passionnées dans la chambre, l’escort-girl lui révéla faire ça pour le pognon, qu’elle était étudiante, et que certaines de ses copines aussi jolies qu’elle faisait la même chose, certaines espérant aussi se trouver un mari riche à en crever. Comme il avait été généreux et gentil, elle lui passa sa carte sur laquelle était mentionnés son numéro ainsi que l’adresse du site internet permettant de les contacter, elle, ses copines et bien d’autres.
Ce site n’était rien de plus qu’une plateforme de prise de contact permettant de faire des rencontres. Oui, je sais que c’est hypocrite car tout le monde sait ce qu’il se passe entre ceux qui se rencontrent par ce biais-là. Après son divorce, cette plateforme allait être pour lui un bon moyen de faire des rencontres et même plus ; et tant pis si ça dérange.
Ce fut aussi là le point de départ de sa nouvelle vie professionnelle. Tout d’abord, il s’installa dans un des appartements dont il avait hérité et se mit à acheter des bâtiments pour les faire rénover, en faire des immeubles d’habitation et ensuite soit les revendre en empochant une grosse plus-value, soit mettre les logements en location et empocher les loyers. Petit à petit, il s’était découvert un sens des affaires affûté, ce qui lui a permis de faire fructifier son capital.
Sentimentalement, il ne s’est jamais remarié, mais ça ne veut pas dire qu’il vivait seul. Grâce au site de rencontres dont l’adresse lui avait été donnée par l’escort-girl qui s’était si bien occupée de lui, il a fait de nombreuses rencontres. Pour la plupart, des jeunes femmes style étudiante qui se cherche un mécène. Officiellement, ce qu’il cherchait c’était la compagnie d’une femme polie, bien élevée et éduquée pour l’accompagner dans des cocktails et des soirées mondaines. Officieusement – même s’il n’en parlait pas de manière franche – il espérait les faveurs de ces jolies demoiselles. Ses amies du moment comprenaient très bien, de leur côté, que sa générosité serait plus importante si elles consentaient à coucher avec lui.
La plupart de ses relations n’excédaient pas un an, et toutes étaient exclusivement monogames. Pour certaines, c’était parce qu’elles avaient terminé leurs études et qu’elles voulaient prendre leur envol ; mais pour d’autres, c’était son côté dominant qui posait problème. Chez lui, il aime tout contrôler. C’est lui le maître de maison. Sans aller jusqu’au cuir, pointes, fouets et autres accessoires de domination, il aimait que sa partenaire soit aux petits soins pour lui et qu’elle se soumette à ses règles. Bien évidemment, si tout se passait bien, il n’était pas rare qu’il fasse des cadeaux : une parure de bijoux, une robe de soirée haute couture… Là-dessus, il n’était pas ingrat.
Voilà pour le personnage.
C’est dans une grosse berline que nous retrouvons Richard. Accompagné de ses associés, il partait en direction d’un manoir, vestige de ce qu’il restait de la splendeur d’une vieille famille aristocratique française. Richard avait acquis cette demeure en rachetant la dette d’un homme, joueur invétéré et endetté jusqu’aux oreilles. Selon l’acte notarial qu’ils avaient signé, l’homme devait lui rembourser sa dette sous un certain délai, mais il n’avait pas pu honorer son engagement ; on l’avait retrouvé pendu dans une chambre d’hôtel sordide. Après avoir laissé ce dossier en suspens durant plus d’un an il revenait dessus, ayant l’opportunité d’un projet immobilier : un hôtel de luxe.
La première chose qu’ils ont remarquée quand ils sont descendus de voiture, c’était du linge étendu dehors : la maison était encore habitée... Richard l’avait soupçonné, mais il avait laissé courir, comptant sur les occupants pour entretenir la demeure en attendant. Ils avaient commencé à faire le tour du domaine quand un vieux papy d’à peu près soixante-dix ans, au dos voûté et s’appuyant sur une canne s’est approché.
— Bonjour Messieurs ; je peux vous aider ?
— Oui. Je me présente : Richard Vernel, et voici mes associés. Je suis le propriétaire des lieux.
— Ah, c’est vous... Je me doutais bien qu’un de ces quatre matins vous passeriez la porte. Venez parler, j’ai du café chaud.
— Avec plaisir.
Une fois à l’intérieur, le papy – qui avait compris que leurs jours dans cette demeure étaient comptés – se présenta comme étant le beau-père de l’homme qui s’était suicidé. Dans cette maison vivaient Julia, la fille de l’homme en question, et ses cousins Marc et Mathieu, deux adolescents jumeaux. Cette famille avait essuyé bon nombre de catastrophes, et le peu qui en restait s’était réuni dans cette grande demeure par solidarité. De temps à autre un jeune artiste peintre (un peu raté, mais il ne fallait pas le lui dire) passait pour peindre dans ce cadre qui l’inspirait.
C’était une situation difficile, mais Richard n’était pas l’abbé Pierre. Cette demeure lui appartenait et il avait un projet à réaliser. Voulant en savoir plus sur la situation de chacun, il lui demanda s’ils avaient un point de chute, une solution de logement pour plus tard, quelles étaient leur ressources… Il comprenait leurs difficultés et ne souhaitait pas les mettre dehors comme des malpropres. Ils ont débattu durant un long moment, jusqu’à entendre une voiture arriver. C’était un vieux tacot acheté d’occase, conduit par Julia, qui était allée chercher ses cousins au collège.
Julia était une charmante brune de 21 ans, étudiante en commerce international. Au moment du suicide de son père, les seules ressources de la famille ne consistaient plus qu’en la faible retraite du grand-père. Du coup, elle avait pris sur elle de tout abandonner pour trouver un travail et ainsi subvenir aux besoins de ses proches. Dans cette histoire, Julia était donc la seule héritière en ligne directe. N’étant pas au courant de la dette de son père, elle avait accepté l’héritage, espérant sauver le manoir, obtenir un petit quelque chose comme un capital d’assurance-vie par exemple, mais elle s’était retrouvée avec un cadeau empoisonné.
Richard avait les tenants et aboutissants de cette histoire. Tout ce qu’il pouvait leur proposer, c’était de travailler pour lui dans l’hôtel et pouvoir y être logés. Malheureusement, la demeure ayant besoin de travaux de rénovation, personne ne pourrait y vivre durant plusieurs mois, presque un an.
Richard n’aimait pas devoir les mettre dehors, mais il était dans son droit. Sachant qu’ils n’étaient plus chez eux, ils auraient dû être partis depuis longtemps, d’ailleurs. Julia, la principale concernée, étant l’héritière directe de son père, avait tenté de l’amadouer en faisant appel à son humanité ; mais compte tenu des enjeux, Richard ne pouvait se résoudre à abandonner son projet. C’est après avoir fait un tour du propriétaire de l’intérieur du bâtiment que Richard prit congé de cette famille en leur laissant sa carte au cas où ils auraient soudain une idée miracle pour s’en sortir, ou s’ils acceptaient de travailler en tant qu’employés dans le futur hôtel, Richard étant prêt à leur offrir la formation si besoin était.
Julia n’en démordait pas ; pour elle, il était impensable de perdre ce manoir qui était dans la famille depuis au moins la Révolution française et qui constituait l’unique vestige de leur histoire. Elle devait tout tenter pour le préserver. Chaque jour elle donnait tout ce qu’elle pouvait pour gagner plus et tenter de redresser la barre. Elle ne pouvait se résoudre à penser que toutes les concessions qu’elle avait dû faire n’allaient, au final, servir à rien.
Ayant bien remarqué que Richard l’avait regardée avec un air gourmand et un sourire coquin mais discret, Julia pensait pouvoir le charmer et essayer de trouver une solution avec cet homme qui, au final, lui était apparu comme quelqu’un de raisonnable. Elle se prépara une tenue aguichante avec un petit chemisier et une minijupe, un maquillage élégant mais pas provocateur. Sans dire aux autres où elle allait et ce qu’elle allait tenter, elle partit pour Paris, direction le bureau de Richard dont l’adresse était mentionnée sur la carte qu’il leur avait laissée.
Après plusieurs heures de train et un trajet en métro éprouvant, elle arriva enfin devant l’adresse : un immeuble d’un quartier huppé style 19ème siècle. Une fois dans la société immobilière que Richard avait montée afin de gérer ses acquisitions et tous ses projets, l’hôtesse d’accueil l’annonça, et elle patienta le temps qu’on vienne la chercher. Quelques minutes plus tard, elle reconnut Richard dans le couloir. Toujours d’une élégance rare comme à son habitude dans son costume italien, chemise blanche immaculée et cravate en soie, il arriva avec un large sourire, la salua et lui demanda de le suivre dans son bureau. Une fois assise en face de lui, Julia commença à lui expliquer son argumentaire comme quoi elle pouvait travailler pour lui en dessous du tarif réglementaire, faire des heures sup non payées, qu’avec le début de formation qu’elle avait commencé elle pouvait l’aider dans de houleuses négociations, tout ça en lui faisant son numéro de femme fatale avec des poses lascives et ne laissant aucun doute quant à leur interprétation.
Elle avait bossé son argumentaire, c’était indéniable ; mais Richard n’était pas dupe et avait bien compris son manège. En venant habillée comme ça, il savait qu’elle voulait le charmer, et son aide dans de « houleuses négociations » laissait supposer qu’elle était prête à jouer les séductrices afin de faire baisser leur garde à ses interlocuteurs. Il était tenté d’accepter, mais cette méthode lui posait un problème moral. Il n’avait jamais forcé personne à coucher avec qui que ce soit, même pour lui. Par exemple, toutes ces étudiantes qui s’étaient succédées dans son lit et qui lui avaient offert leurs faveurs l’avaient fait délibérément, selon un accord consenti entre eux.
— Écoutez, Julia, je vais être direct. Même si j’acceptais de vous faire travailler selon vos conditions, ça vous prendrait toute une vie pour rembourser. Est-ce que ça en vaut la peine ?
— Pour moi, c’est un souvenir de mes ancêtres depuis plus de deux cents ans qui s’envole.
— Je comprends, mais il va falloir vous faire une raison… Dites, c’est pour moi que vous vous êtes habillée de manière aussi provocante ?
— Disons juste que j’aime plaire.
— Vous êtes ravissante, mais je trouve dommage d’en venir à de telles extrémités.
Richard se leva de son fauteuil pour se retourner et ouvrir le coffre qui se trouvait derrière lui ; il l’ouvrit pour en sortir des papiers. Par inattention de sa part, la fenêtre de son bureau reflétait l’affichage de l’écran digital du coffre, et elle put y lire la combinaison : 3647A. Il commença à lui montrer l’acte de propriété du château ainsi que la reconnaissance de dette signée par lui et son père sous contrôle d’un notaire. Il avait tout pour justifier ses exigences. Elle voyait qu’elle était coincée, et réalisait qu’il n’y avait plus de chance pour elle d’y arriver quand l’assistante vint chercher Richard. Un des créanciers d’un immeuble en rénovation qu’il avait acheté contestait une facture et l’utilité de tels ou tels travaux inclus dans la facture. Il reprit ses papiers, les renferma dans le coffre et partit rejoindre l’homme que tout le monde entendait hurler, laissant ainsi Julia seule quelques minutes dans son bureau après s’être excusé, promettant de revenir d’ici peu.
Julia était seule et avait en face d’elle le coffre dont elle avait lu la combinaison. Elle pourrait l’ouvrir, y prendre les papiers, le refermer, repartir chez elle, et ainsi cet homme – bien qu’il ait été courtois – ne pourrait plus prétendre à quoi que ce soit. Elle savait que c’était illégal et dangereux. Durant de longues minutes, un conflit moral l’avait assaillie : « J’y vais, j’y vais pas… J’y vais, j’y vais pas… » Sans s’en rendre compte, après avoir décidé de finalement ne pas le faire, elle se rendit compte qu’elle se trouvait devant le coffre, porte ouverte, avec les papiers qu’elle convoitait dans les mains. C’est au moment où elle décida de les remettre à l’intérieur qu’elle entendit la porte de bureau claquer. Elle était tellement focalisée sur le coffre et la possibilité de pouvoir récupérer les papiers qu’elle ne s’était pas aperçue que le brouhaha provoqué par le créancier de Richard avait cessé et que Richard venait de la surprendre dans son bureau, les mains dans son coffre.
— Ça va ? Je ne vous dérange pas trop ?
— Je…
— Qu’est ce que vous avez là ? Ah, d’accord, je comprends mieux... En fait, c’était votre but depuis le début : me séduire ou me distraire pour me subtiliser la reconnaissance de dette de votre père dès que j’aurais le dos tourné ?
— Non, je…
— Vous quoi ? N’essayez pas de me raconter des histoires : les faits sont là. Bon, j’appelle la police.
— Non ! S’il vous plaît... dit-elle en tentant de lui prendre le combiné.
Alors qu’il commençait à composer le numéro, elle arracha les fils du téléphone. Elle ne pouvait se permettre de risquer la prison ; c’était elle qui faisait vivre la maison, et sans elle son grand-père et ses cousins n’auraient plus rien. Richard sortit alors son téléphone portable, qu’elle lui prit pour le balancer par la fenêtre. Il était à tel point étonné de sa détermination qu’il décida de reprendre leur discussion.
— Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous êtes motivée !
— Sans moi, ma famille est dans la merde. Je m’excuse encore pour ce que vous avez vu. J’avais vraiment décidé de les remettre dans le coffre, je vous le jure. Tenez, je vous implore à genoux : s’il vous plaît, ne prévenez pas la police...
Richard n’était pas homme à mettre les gens dans la merde, mais elle avait commis une faute qui méritait réparation. C’est quand Richard se pencha pour la relever, la trouvant ridicule de s’humilier de la sorte, que Julia s’aperçut que son visage allait s’approcher à quelques centimètres de la braguette de Richard. Du coup, voulant absolument se faire pardonner pour sa maladresse, elle sauta sur l’occasion et se jeta sur la fermeture Éclair pour tenter d’en sortir ce qui se cachait derrière et espérer se faire pardonner par une petite gâterie. À la fois surpris et ravi par cette initiative qu’il n’attendait pas, Richard comprit la manœuvre. Il retourna donc s’asseoir dans son fauteuil et, si elle était toujours aussi motivée, l’invita à le rejoindre.
Durant quelques minutes, Julia donna tout ce qu’elle pouvait pour lui faire la meilleure fellation possible. De son côté, Richard, un sourire béat aux lèvres, lui promit alors de garder le silence sur sa « maladresse ».
— Pfouuu ! C’était parfait. J’ai vraiment passé un délicieux moment.
— Merci. Alors c’est bon, vous ne direz rien ?
— Je ne dirai rien. Bien évidemment, ce que vous venez de m’offrir n’efface pas la dette de votre père ; vous en êtes bien consciente ?
— Malheureusement oui.
— Bon, écoutez ; je vais tout de même tenter de trouver une solution.
— Oh merci, vraiment. Merci beaucoup !
— Ne vous emballez pas. Rien n’est fait. Il est fort probable que je n’arrive à rien. Mais si par chance j’y arrive, il est à parier que d’un côté comme de l’autre des sacrifices devront être consentis.
— Je suis prête à faire ce qu’il faut.
— J’en ferai de même. C’est dingue, quand même, l’acharnement que vous mettez dans la préservation de cette maison...
— C’est mon héritage et l’histoire de ma famille. J’y tiens plus que tout au monde, et je suis prête à tout pour le préserver.
— Je vois ça. Je reviendrai vers vous d’ici une dizaine de jours. Gardez à l’esprit que si rien n’est possible, vous devrez déménager dans les plus brefs délais.
— J’ai compris. Merci de m’avoir reçue, en tout cas. Au revoir.
C’est alors qu’elle repartait chez elle que Richard imagina une solution pour elle, mais surtout pour lui. Et pour cela il contacta son ami de toujours, Henri. Cet homme (ceux qui ont lu « Anaëlle, ou l'histoire d'une domestique » du même auteur sauront qui c’est) directeur fondateur d’un labo pharmaceutique qui conçoit et fabrique des produits et autres lotions principalement pour l’industrie du sexe, était parvenu, après le décès de son épouse et grâce à sa nouvelle gamme de produits, à séduire et soumettre sa jeune et belle femme de ménage, Anaëlle, et à la mettre dans son lit. Étant sans enfants et se pensant stérile, il l’épousa quand elle est tombée enceinte et se mit en tête depuis lors de devenir le patriarche d’une famille nombreuse.
— Allô, Henri ? C’est Richard. Tu vas bien ?
— Mmm, oui, ça va… Mmm… Et toi ?
— Parfaitement, comme toujours. C’est bizarre, on dirait que je te dérange ?
— Mmm… Non, penses-tu. Mon vieux copain ne… me dérange jamais… Mmm…
— Ôte-moi d’un doute : ta femme ne serait pas en train te faire du bien, dis-moi ? J’ai l’impression d’entendre des bruits de succion.
— Mmm… On ne peut rien te cacher… Mmm…
— Hé-hé ! C’est que je commence à te connaitre, mon vieux ! Tu veux que je te rappelle ?
— Non, attends, ça vient… Aaahh… Ouuuh… Pfffff ! Voilà, c’est bon. Excuse-moi ; je suis tout à toi.
— OK. Dis-moi, je voulais savoir : la pommade qui fait grossir les seins, tu sais, celle qui provoque des montées de lait, elle existe toujours ?
— Euh, oui. Pourquoi ? T’as une nouvelle copine ?
— Une future cible, dirons-nous plutôt.
— Elle existe, mais je te rappelle qu’on envisage d’en faire des granulés pour l’alimentation bovine.
— Hein ?
— Bon sang, tu fais partie du conseil d’administration. Tu ne lis jamais les comptes rendus ?
— Pas toujours. C’est vrai que dernièrement j’ai été très occupé.
— À t’amuser avec de jeunes et jolies étudiantes, sûrement. Bon, passons. Donc je disais qu’on va en faire des granulés pour vaches comme complément alimentaire pour déclencher et faciliter la production de lait.
— Ah, OK. Mais du coup, ça veut dire qu’on en trouve plus en pommade?
— Ce n’est pas ce que j’ai dit. Nos ingénieurs sont parvenus à la transformer. Il y a six mois, ils ont réussi à cumuler plusieurs principes actifs dans un gel-douche, dont la fameuse molécule responsable de la lactation.
— C’est cool, ça ; il suffit qu’une femme prenne sa douche pour qu’elle absorbe la substance et se retrouve avec une poitrine plus ronde ? Intéressant.
— Malheureusement, ça met un peu plus de temps pour que les effets soit visibles : cinq à six semaines suivant les cas. Nos ingénieurs ont ainsi conçu une toute nouvelle gamme de produits, et on vient de recevoir notre agrément du ministère de la santé. Avec Anaëlle, on s’amuse en les testant nous-mêmes.
— Ah, ta femme, la belle Anaëlle… Je me souviens du jour où tu nous l’avais amenée au conseil d’administration pour nous prouver l’efficacité de la précédente gamme de produits. On avait tous la trique devant sa magnifique poitrine dénudée. Ensuite, tu as fait venir plusieurs prostituées – une pour chacun des membres du conseil d’administration – que tu avais payées pour qu’elles testent elles aussi la pommade…
— Oui, je me souviens que vous étiez tout heureux quand elles sont passées sous les tables. Bon, passons. Tu veux que je t’envoie un catalogue à jour ? Après, t’auras plus qu’à passer commande sur la rubrique e-shop de notre site.
— Oui, merci. J’y jetterai un œil. Bon, je vais te laisser ; je suppose que ta femme doit t’attendre ? Embrasse-la de ma part. Bonne bourre !
À la suite de cet appel, Richard avait le sourire rien qu’en pensant à ce qu’il prévoyait. Ça faisait plusieurs mois qu’il était seul, et il voyait en Julia sa nouvelle future compagne. Intérieurement il se disait : « Je vais peut-être perdre du pognon avec l’abandon de mon projet d’hôtel, mais je sens que la jolie Julia va me faire passer de délicieux moments. » Restait pour lui à ne pas la brusquer pour qu’elle s’épanouisse elle aussi dans cette relation. Il allait falloir la jouer fine, mais il comptait beaucoup sur sa volonté de préservation de son patrimoine familial pour qu’elle accepte la nouvelle future condition qu’il lui prédestinait : celle de soumise.
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yug0lit0
10 août 2017 à 18:27
@markie
les apothéques ? c'est quoi ? tu veux parler de qui ou de quoi ?

peux-tu préciser ?
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de markie
markie
9 août 2017 à 23:58
je ne comprends rien à la conversation des apothéques
Soyez respectueux
Répondre
Lioubov
16 juillet 2015 à 23:10
Peut-être, mais j'aime bien la précision, d'autant plus que j'ai été amené à travailler dans ce service.
Soyez respectueux
Répondre
yug0lit0
16 juillet 2015 à 21:07
Par contre, dans le domaine des titres de propriété, vous oubliez le rôle prépondérant des conservations des hypothèques (nouvelle appellation : service de la publicité foncière).

Oh c'est bon ! ^^

toi qui en a eu la primeur, tu sais que le coté juridique et administratif n'est pas le point central de l'histoire.
Soyez respectueux
Répondre
Lioubov
16 juillet 2015 à 08:02
J'en profite pour remercier Lioubov pour m'avoir corriger l’intégralité de l'histoire.

De rien, Victor Yug0 !
Par contre, dans le domaine des titres de propriété, vous oubliez le rôle prépondérant des conservations des hypothèques (nouvelle appellation : service de la publicité foncière).
Soyez respectueux
Répondre
yug0lit0
15 juillet 2015 à 23:09
merci à vous deux.

J'en profite pour remercier Lioubov pour m'avoir corriger l’intégralité de l'histoire.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Matt Demon
Matt Demon
15 juillet 2015 à 22:25
Météore a raison pour le titre de propriété.
La reconnaissance de dette, par contre, n'est pas obligatoirement enregistrée ou notariée (c'est mieux de le faire, ça donne date certaine), si elle est SSP (sous seing privé) seulement.

Bon, l'histoire est agréable à lire malgré tout.
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
15 juillet 2015 à 22:13
Que d'imagination.La fin laisse entrevoir une évolution intéressante.

Par contre,subtiliser une reconnaissance de dette ou pire,un titre de propriété, ne peut pas servir à grand-chose.Les actes notariés sont enregistrés et il en existe des copies.C'est bien là que se situe l'utilité du notaire et ...du cadastre.Bien sûr,il s'agit d'une fiction,mais par rapport à ce genre de choses,il est préférable de rester dans le concret.

Sinon,c'est plutôt pas mal.
Soyez respectueux
Répondre

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