Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
De Corps et d'Âme — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
De Corps et d'Âme
Chapitre 5
Chapitre 5 – Montée, descente
Alors que le corps féminin avait été, jusqu’à présent, exploré et découvert par petites touches, la donne fut changée lorsque l’âme redescendit pour la pénétrer. De nouveau, ce fut différent de toutes les fois où ils faisaient l’amour, lorsqu’Amaury prenait tout son temps, se masturbant contre son entrecuisse, frottant son pénis contre le clitoris puis laissant d’abord le gland en surface avant de descendre plus profond. Car la jeune fille fut visitée d’un seul coup d’une bonne quinzaine de centimètres.
Dès lors, la visitée ne sut plus vraiment qui elle était ni ce qu’elle faisait, trop occupée sur les sensations pour s’occuper du reste. Bougeait-elle, émettait-elle des sons, avait-elle les yeux ouverts ou fermés ? Lorsqu’elle y resongea par la suite, elle s’aperçut qu’elle n’en avait aucune idée sur le moment. Un état d’hypnose total, un oubli d’elle-même au profit du plaisir. Ils n’étaient plus qu’un.
Dès lors, la visitée ne sut plus vraiment qui elle était ni ce qu’elle faisait, trop occupée sur les sensations pour s’occuper du reste. Bougeait-elle, émettait-elle des sons, avait-elle les yeux ouverts ou fermés ? Lorsqu’elle y resongea par la suite, elle s’aperçut qu’elle n’en avait aucune idée sur le moment. Un état d’hypnose total, un oubli d’elle-même au profit du plaisir. Ils n’étaient plus qu’un.
Le pénis, ou plutôt cette énergie qu’elle ressentait comme un pénis, revêtait différentes apparences sensorielles. Chaud, lumineux, spongieux, humide. Ne ressortant pas réellement, il se bornait à reculer pour mieux revenir, ne cessant d’honorer son corps tel une déesse. Il descendit plus profond encore. En fait, son ascension semblait sans limites. Cela avait déjà dépassé la longueur et la circonférence que le corps de son conjoint possédait. Et à vrai dire, cela dépassait même les plus gros sexes que Sandrine avait connus de toute son existence. Même le petit copain qu’elle avait eu il y a quelques années, membré d’une vingtaine de centimètres, était petit joueur comparé à ce qu’elle vivait en cet instant. Du reste, alors que les vingt centimètres de cet ex lui avaient souvent fait mal, elle ne percevait présentement aucune souffrance. Uniquement du bien-être…
La pénétration s’allongea encore. En fait, cela atteignait désormais son organisme, encore plus profond que le point le plus profond de son vagin. Ne comprenant bien quel chemin était emprunté en elle, Sandrine sentit bientôt que la force était dans son côlon, puis rejoignait son anus. Une sorte de fluide entre anus et vagin la parcourut ainsi, tandis qu’elle n’en pouvait plus de se tordre et de gémir. Ce n’était plus à proprement parler une pénétration ou des va-et-vient, car cela circulait comme un courant continu : les ondes entraient et sortaient en même temps. Puis, afin qu’il lui fasse vivre la totale, l’âme étendit son exploration vers ses entrailles, pour remonter dans la gorge et sortir par la bouche, qu’elle ouvrit tout grand, à la fois pénétrée par la cavité vaginale, anale et buccale, et ce par un seul et même homme.
L’amante ne parvenait à déterminer si tout cela avait ou non un effet visible sur la matière. Peut-être que les parois de son vagin étaient écartées par cette force magnétique, et que son anus n’était plus un petit point mais un rond de dix centimètres de tour. Qui sait même si sa gorge ne subissait pas un sort similaire. Comment savoir ? Il aurait fallu qu’elle ouvre les yeux, se contorsionne pour s’observer, se regarder dans un miroir. Là était bien le cadet de ses soucis. En fait, ces questionnement physiques lui viendraient bien plus tard. Pour l’heure, tout ce qui lui importait était de sentir, ressentir, vivre, vibrer avec lui.
Puis, les ondes prirent trop d’ampleur pour qu’on puisse les comparer à un sexe d’homme. L’âme étendit son aura dans son ventre, ses jambes, ses épaules. Elle s’étendit jusqu’à habiter la moindre parcelle de son intérieur. Son entrecuisse était humide, et pour une fois ce lubrifiant naturel était inutile au rapport sexuel. Pour tout dire, le couple n’était plus tout à fait dans un rapport sexuel : cela se situait au-delà. Bien entendu, les ressentis de la jeune fille restaient pleinement sexuels, et elle eut d’ailleurs un premier orgasme en très peu de temps. Les fluides cessèrent de circuler afin de le laisser passer. Elle s’agita, secouée de spasmes. L’âme marqua un temps puis reprit de plus belle, la faisant décoller, encore et encore, comme si elle était prête à rejoindre elle aussi le monde de l’invisible, comme s’il allait littéralement la tuer de plaisir. Tout du moins ce monde, elle le touchait du bout des doigts… Si elle avait pu partir avec lui, elle n’aurait pas hésité une seconde.
Sandrine eut un second orgasme, puis un troisième. Jamais elle n’en avait eu autant en un laps de temps si court, et jamais ils n’avaient été si bons. Et pourtant, Amaury avait déjà placé la barre très haut lors de leurs nuits d’amour. Qui plus est, il n’y avait aucune raison biologique pour que cela s’arrête. Pas d’irritation, pas d’éjaculation, pas de sexe usé ayant besoin de se reposer. Il lui semblait que les ondes débordaient de son corps, et emplissaient la pièce. L’âme était à l’intérieur comme à l’extérieur d’elle.
Cependant, les fluides se mirent peu à peu au repos. Sandrine n’était plus dans une extase intense, davantage dans un sentiment de plénitude absolu. Un curieux sentiment l’habitait. Le sentiment de ne plus être elle-même. Le sentiment d’être un corps, une âme, tout en étant une partie d’Amaury. D’être également l’air qu’elle respirait, d’être la pièce, et l’univers entier. Cela ressemblait aux descriptions de certains Chamans qu’elle avait lues dans les livres de Vanessa. Elle y retrouvait cette certitude de faire Un avec la création, de vivre au cœur d’un monde riche et beau, malgré les turpitudes humaines. Oui, la jeune fille était prête pour rester ainsi jusqu’au lendemain. Pourtant, après quelques dernières caresses d’adieu, l’âme se retira tout doucement, quittant chacun de ses membres un à un, et finissant par son sexe. Elle sentit l’esprit s’éloigner, puis disparaître. Il ne fallait pas s’en étonner. L’amante, bien que déçue que cela s’achève sitôt, bien qu’attristée de sentir celui qu’elle aimait la quitter cette fois pour de bon, louait le ciel de lui avoir fait vivre un tel moment.
Sandrine émergeait peu à peu, et son mental se remettait tout doucement en marche. Elle se dit que sa vie sexuelle serait désormais bien triste. Certes, son existence se poursuivrait. Elle affronterait les épreuves du quotidien avec courage et s’efforcerait d’être heureuse coûte que coûte : c’est ce qu’il aurait souhaité. Elle ferait de son mieux pour garder la tête haute et s’en remettre peu à peu. Nul doute qu’elle connaîtrait des amants, ne serait-ce que pour son équilibre, ou se changer les idées. Il ne lui en voudrait pas. Seulement…
Si le monde devait compter un certain nombre d’hommes sexuellement expérimentés, dont certains atterriraient dans sa couche, le meilleur d’entre eux ne saurait lui offrir ce qu’il venait de se produire. Quelle semence pourrait exploser partout en son corps ? Quel membre pourrait la visiter jusque dans ses intestins, son foie, son colon ? Quelle pénétration pourrait exécuter dans le même temps un mouvement d’entrée et de sortie ? Oui, tout rapport sexuel classique avec un être humain de chair et de sang lui semblerait dorénavant bien fade. Outre l’incroyable cadeau que son ami lui avait offert, elle y percevait également, à présent, une pointe d’orgueil. La prouesse était digne d’un extraordinaire amant doublé d’un esprit malin : quoi qu’elle vive, d’aujourd’hui à sa mort, ce serait en dessous de ce que lui aurait fait. Qu’elle couche avec un acteur pornographique, un expert du tantra, un homme aux mille amantes… qu’elle se fasse sauter par un pénis de vingt-cinq centimètres de long et de dix-huit de circonférence, qu’elle suce les glands les plus excitants du monde, qu’elle partouze avec des apollons… qu’importe. Rien, absolument rien ne saurait dépasser cela. Outre la fierté masculine, elle y voyait également une splendide preuve d’amour. La jeune fille se fit la réflexion, avec une pointe d’humour et de poésie, que le monde serait plus beau si tout un chacun pouvait coucher avec un fantôme. D’ailleurs, les gens ayant peur de la mort n’en auraient ainsi plus aucune crainte.
Vanessa poussa timidement la porte et retrouva son amie dans un état incroyable. Poil hérissé de la tête aux pieds, dos et front en sueur, essoufflée, toute rouge d’efforts et de confusion. Son corps s’agitait encore un peu, comme parsemé de secousses, quant à son entrejambe, la lubrification féminine était débordante, ayant dégouliné sur les cuisses et ayant abondamment taché la moquette.
— Pupuce ? Je peux entrer ?
— Oui… viens Vanessa.
Elle s’assit. Sandrine, reprenant conscience de la situation, commença à ramasser ses affaires.
— Attends, te rhabille pas tout de suite, il faut qu’on finisse le rituel. Rassis-toi et ferme les yeux.
— C’est pas la peine : il est déjà parti.
— Si on ne ferme pas la procession il pourrait avoir du mal à se détacher. Je sens qu’il n’est pas encore tout à fait dans la lumière.
L’étudiante s’exécuta. Vanessa reprit son grimoire et récita une sorte de prière. Après quoi elle éteint l’encens et traça un pentacle sur la carte avec l’embout braisé.
— Maintenant son âme est en paix, conclut l’amie.
Sandrine lui sourit.
— Vanessa, je pourrais même pas décrire ! C’était… extraordinaire.
— Oui, j’avais cru entendre, répondit-elle avec un regard complice.
– J’ai été… bruyante ?
– Je suis désolée de n’avoir pu te donner autant d’intimité que tu aurais voulu. Tout cela était… très soudain. Moi-même qui ai l’habitude de m’attendre à tout lors d’une séance, je n’avais pas prévu cela. Tu comprends il fallait que je reste, en cas de phénomène dangereux, tel une sortie hors de ton corps.
– Tu as eu peur ?
– J’ai été à deux doigts d’interrompre le moment : tu criais comme si tu étais possédée par un démon, comme si ça te faisait mal.
– C’était tout le contraire.
– C’est ce que je me suis finalement dit. J’ai bien fait de te laisser seule tout le temps nécessaire.
— Tout ça c’est grâce à toi. Je ne l’oublierai jamais.
— Grâce à toi surtout ! Et à lui. Grâce à vous deux quoi, à votre amour et à votre désir.
— Tu crois que ça recommencera ?
— N’oublie pas qu’une âme a besoin d’être portée vers la lumière et de s’éloigner de ses proches. C’est la loi de la vie. Peut-être qu’on l’y a aidé. Ce qui compte, c’est qu’il ait pu te faire cet adieu.
— Tu avais déjà entendu parler de ce… type d’expériences ?
— Oui, j’ai lu sur le sujet. C’est un phénomène très peu courant. Un esprit parvenant à se matérialiser à ce point ! C’est dire si votre relation était un conte de fées. Tu n’es en tout cas pas la seule humaine à avoir vécu ça. J’ai souvent tenté, pas une fois je n’y suis arrivée. On dit que c’est incroyable.
– Ça l’est.
– Pour connaître le milieu spirite, je peux te dire qu’on rencontre très peu de femmes ou d’hommes ayant connu cela.
– Il ne reviendra pas ?
– Il ne pourra sans doute plus revenir te faire… tout cela. Il sera sûrement toujours à tes côtés d’une façon ou d’une autre.
– Je me caresserai chaque soir en y repensant. Peut-être que ça l’aidera à s’emparer à nouveau de mon corps.
– Ne fais pas une fixation sur lui. Tu risquerais de le forcer à toujours rester sur les basses couches terrestres. Son âme a besoin de s’élever.
– Oui, tu dois avoir raison.
Effectivement, elle ne souhaitait pas le rendre prisonnier du monde humain.
— Oui… viens Vanessa.
Elle s’assit. Sandrine, reprenant conscience de la situation, commença à ramasser ses affaires.
— Attends, te rhabille pas tout de suite, il faut qu’on finisse le rituel. Rassis-toi et ferme les yeux.
— C’est pas la peine : il est déjà parti.
— Si on ne ferme pas la procession il pourrait avoir du mal à se détacher. Je sens qu’il n’est pas encore tout à fait dans la lumière.
L’étudiante s’exécuta. Vanessa reprit son grimoire et récita une sorte de prière. Après quoi elle éteint l’encens et traça un pentacle sur la carte avec l’embout braisé.
— Maintenant son âme est en paix, conclut l’amie.
Sandrine lui sourit.
— Vanessa, je pourrais même pas décrire ! C’était… extraordinaire.
— Oui, j’avais cru entendre, répondit-elle avec un regard complice.
– J’ai été… bruyante ?
– Je suis désolée de n’avoir pu te donner autant d’intimité que tu aurais voulu. Tout cela était… très soudain. Moi-même qui ai l’habitude de m’attendre à tout lors d’une séance, je n’avais pas prévu cela. Tu comprends il fallait que je reste, en cas de phénomène dangereux, tel une sortie hors de ton corps.
– Tu as eu peur ?
– J’ai été à deux doigts d’interrompre le moment : tu criais comme si tu étais possédée par un démon, comme si ça te faisait mal.
– C’était tout le contraire.
– C’est ce que je me suis finalement dit. J’ai bien fait de te laisser seule tout le temps nécessaire.
— Tout ça c’est grâce à toi. Je ne l’oublierai jamais.
— Grâce à toi surtout ! Et à lui. Grâce à vous deux quoi, à votre amour et à votre désir.
— Tu crois que ça recommencera ?
— N’oublie pas qu’une âme a besoin d’être portée vers la lumière et de s’éloigner de ses proches. C’est la loi de la vie. Peut-être qu’on l’y a aidé. Ce qui compte, c’est qu’il ait pu te faire cet adieu.
— Tu avais déjà entendu parler de ce… type d’expériences ?
— Oui, j’ai lu sur le sujet. C’est un phénomène très peu courant. Un esprit parvenant à se matérialiser à ce point ! C’est dire si votre relation était un conte de fées. Tu n’es en tout cas pas la seule humaine à avoir vécu ça. J’ai souvent tenté, pas une fois je n’y suis arrivée. On dit que c’est incroyable.
– Ça l’est.
– Pour connaître le milieu spirite, je peux te dire qu’on rencontre très peu de femmes ou d’hommes ayant connu cela.
– Il ne reviendra pas ?
– Il ne pourra sans doute plus revenir te faire… tout cela. Il sera sûrement toujours à tes côtés d’une façon ou d’une autre.
– Je me caresserai chaque soir en y repensant. Peut-être que ça l’aidera à s’emparer à nouveau de mon corps.
– Ne fais pas une fixation sur lui. Tu risquerais de le forcer à toujours rester sur les basses couches terrestres. Son âme a besoin de s’élever.
– Oui, tu dois avoir raison.
Effectivement, elle ne souhaitait pas le rendre prisonnier du monde humain.
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Commentaires ()
Oui, c'est très bien écrit, et l'intrigue est de haut niveau.