Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Angel' seven. II. Kim — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Angel' seven. II. Kim
Chapitre 2
Une grande cérémonie eut lieu quelques jours plus tard, où elle put briller, au propre comme au figuré (puisque élégamment moulée dans un fourreau or, pailleté et brillant de mille feux) ; sous les flashes des photographes, le sourire ravageur, étincelant, elle exultait en exhibant fièrement le chèque qu'elle allait remettre l'instant d'après au responsable du cercle de charité.
Elle était la reine de la fête, une princesse qui rayonnait, ivre de sa beauté et de sa réussite, ainsi que de tout l'amour, l'admiration et la fascination de ses fans.
Elle prenait des pauses, se cambrait pour faire ressortir d'avantage sa croupe à faire damner un saint, arquait ses jambes pour exagérer leur galbe, son teint mat et doré se mariait insolemment avec les ors de sa robe, ses cheveux noirs brillaient outrageusement sous les sun lights en tranchant sur le mordoré de l'étoffe.
Elle dut improviser un petit discours à la demande de l'homme en costume très chic à qui elle venait de remettre le chèque. Ce fut très bref, quelques mots, les lettres n'étant pas son fort, mais elle s'en sortit avec une pirouette et un sourire autant ravageur qu'irrésistible.
Au cours de cette soirée de gala son manager et son attaché de presse lui présentèrent plusieurs personnalités qu'elle n'avait pas jusqu‘à présent - on se demande comment - approchées auparavant : des acteurs, des vedettes du showbiz, un ou deux sénateurs et hommes politiques, quelques hommes d'affaires.
C'est au côté de l'un d'entre eux qu'elle resta un moment pour boire sa flute de Champagne, tandis que les flashes continuaient à crépiter sans interruption dans sa direction.
L'homme s'était présenté comme un magnat de l'énergie ; c'était du moins ce qu'elle avait compris, car, distraite par les photographes qui semblaient tourner autour d'elle comme des mouches autour d'un pot de confiture, elle avait commencé par feindre de s'intéresser à sa conversation.
Elle comprenait difficilement quel était son domaine d'activité, son métier.
Par contre, elle se sentit progressivement et rapidement charmée par l'espèce d'aura qui se dégageait de ce personnage : c'était un homme mûr assurément, mais quasiment pas marqué par les ans, très brun, au regard sombre et perçant, calme, avec une belle assurance et une très sereine prestance.
Ni hautain ni arrogant, il ne laissait pas cette impression que donnent les êtres inaccessibles, bien qu'avait filé dans la conversation qu'il était la 7ème fortune du pays (ce genre de détail qu'il est normal de donner aux States, tout à fait naturellement.)
Il respirait la classe, la grande classe, semblait de plus cultivé et raffiné, à l'inverse de certains nouveaux riches, et elle se surprit à lui sourire en inclinant la tête, montrant bien malgré elle, qu'elle était tombée sous son charme.
Elle avait vite dévié la conversation de ses « affaires » dont elle n'entendait rien, pour parler du monde du spectacle et du divertissement, qui était son domaine à elle.
La tonalité de ses propos à lui semblait plutôt bienveillant, sans tomber dans l'excès ni la flatterie auxquels elle était habituée d'ordinaire avec les interlocuteurs qui avaient rarement l'occasion de l'approcher.
Il ne fit aucun commentaire sur sa beauté, son charme ou ses vêtements (pas mêmes sur ceux qu'elle avait vendus) et il éluda une question d'elle (cherchant à savoir s'il en avait acquis lors de cette vente de charité) comme si elle était déplacée.
Ce comportement l'aurait presque intriguée, si pour une fois, ce n'avait pas été elle qui s'était intéressée à son interlocuteur, de façon irrésistible ; car elle aurait bien voulu inverser ce courant, mais elle constatait qu'elle en était bien incapable.
L'homme avait vraiment de la classe, de la tenue, comme un Franck Sinatra moderne, avec un port de tête et des gestes qui forçaient son admiration, sans pourtant paraître anachroniques.
A un moment donné elle se surprit à rire bêtement à l'une de ses répliques, se reprit aussitôt, regardant autour d'elle si son rockeur de compagnon n'était pas dans les environs et ne l'avait pas entendue, car, comprit-elle, il aurait pu lui faire une scène de jalousie, tellement son attitude aurait pu paraître équivoque pour un observateur extérieur.
Elle était de plus en plus fascinée par les yeux envoûtants de l'homme, de ses dents qu'il laissait apparaitre durant de courtes secondes. « Le loup de Tex Avery, oui c'est lui qu'il me rappelle » pensa-t-elle dans un instant de lucidité, « mais sans le côté caricatural ni bestial. » Et cette comparaison ne lui prêtait même pas à rire.
Ce qui, paradoxalement, l'attirait chez cet homme bien malgré elle, était finalement le peu d'intérêt qu'il lui portait.
Il lui parlait de la vente de charité, des bonnes œuvres, qui étaient nécessaires, selon lui, mais bien peu de choses comparées aux forces du mal qui s'agitaient dans le monde.
C'était dit sans une ombre de critique ou de reproche, cela semblait un constat irréfutable et accablant.
Néanmoins, peu habituée à ne pas être couverte de louanges et de marque d'admiration au moindre de ses gestes, ses mots lui firent comme un petit pincement au cœur, et commencèrent à faire naître en elle une impression de malaise.
Elle songea à prendre congé, à s'éloigner de lui et à rechercher une autre compagnie, mais comme s'il avait deviné ses pensées ou qu'elle s'apprêtait à le faire, c'est lui qui la quitta, après ces quelques mots :
« 38 000 dollars... 10 %... hum hum... »
Elle resta sur place, estomaquée. Quand elle reprit ses esprits, une ou deux secondes après pour aller rechercher d'autres interlocuteurs, elle regarda autour d'elle, mais il n'était plus là, pas plus que dans un rayon de dix mètres : il s'était éclipsé, avait disparu, comme évaporé !
Mais la morosité provoquée par cet échange ne dura pas : elle s'estompa et fut vite oubliée.
Elle était la reine de la fête, une princesse qui rayonnait, ivre de sa beauté et de sa réussite, ainsi que de tout l'amour, l'admiration et la fascination de ses fans.
Elle prenait des pauses, se cambrait pour faire ressortir d'avantage sa croupe à faire damner un saint, arquait ses jambes pour exagérer leur galbe, son teint mat et doré se mariait insolemment avec les ors de sa robe, ses cheveux noirs brillaient outrageusement sous les sun lights en tranchant sur le mordoré de l'étoffe.
Elle dut improviser un petit discours à la demande de l'homme en costume très chic à qui elle venait de remettre le chèque. Ce fut très bref, quelques mots, les lettres n'étant pas son fort, mais elle s'en sortit avec une pirouette et un sourire autant ravageur qu'irrésistible.
Au cours de cette soirée de gala son manager et son attaché de presse lui présentèrent plusieurs personnalités qu'elle n'avait pas jusqu‘à présent - on se demande comment - approchées auparavant : des acteurs, des vedettes du showbiz, un ou deux sénateurs et hommes politiques, quelques hommes d'affaires.
C'est au côté de l'un d'entre eux qu'elle resta un moment pour boire sa flute de Champagne, tandis que les flashes continuaient à crépiter sans interruption dans sa direction.
L'homme s'était présenté comme un magnat de l'énergie ; c'était du moins ce qu'elle avait compris, car, distraite par les photographes qui semblaient tourner autour d'elle comme des mouches autour d'un pot de confiture, elle avait commencé par feindre de s'intéresser à sa conversation.
Elle comprenait difficilement quel était son domaine d'activité, son métier.
Par contre, elle se sentit progressivement et rapidement charmée par l'espèce d'aura qui se dégageait de ce personnage : c'était un homme mûr assurément, mais quasiment pas marqué par les ans, très brun, au regard sombre et perçant, calme, avec une belle assurance et une très sereine prestance.
Ni hautain ni arrogant, il ne laissait pas cette impression que donnent les êtres inaccessibles, bien qu'avait filé dans la conversation qu'il était la 7ème fortune du pays (ce genre de détail qu'il est normal de donner aux States, tout à fait naturellement.)
Il respirait la classe, la grande classe, semblait de plus cultivé et raffiné, à l'inverse de certains nouveaux riches, et elle se surprit à lui sourire en inclinant la tête, montrant bien malgré elle, qu'elle était tombée sous son charme.
Elle avait vite dévié la conversation de ses « affaires » dont elle n'entendait rien, pour parler du monde du spectacle et du divertissement, qui était son domaine à elle.
La tonalité de ses propos à lui semblait plutôt bienveillant, sans tomber dans l'excès ni la flatterie auxquels elle était habituée d'ordinaire avec les interlocuteurs qui avaient rarement l'occasion de l'approcher.
Il ne fit aucun commentaire sur sa beauté, son charme ou ses vêtements (pas mêmes sur ceux qu'elle avait vendus) et il éluda une question d'elle (cherchant à savoir s'il en avait acquis lors de cette vente de charité) comme si elle était déplacée.
Ce comportement l'aurait presque intriguée, si pour une fois, ce n'avait pas été elle qui s'était intéressée à son interlocuteur, de façon irrésistible ; car elle aurait bien voulu inverser ce courant, mais elle constatait qu'elle en était bien incapable.
L'homme avait vraiment de la classe, de la tenue, comme un Franck Sinatra moderne, avec un port de tête et des gestes qui forçaient son admiration, sans pourtant paraître anachroniques.
A un moment donné elle se surprit à rire bêtement à l'une de ses répliques, se reprit aussitôt, regardant autour d'elle si son rockeur de compagnon n'était pas dans les environs et ne l'avait pas entendue, car, comprit-elle, il aurait pu lui faire une scène de jalousie, tellement son attitude aurait pu paraître équivoque pour un observateur extérieur.
Elle était de plus en plus fascinée par les yeux envoûtants de l'homme, de ses dents qu'il laissait apparaitre durant de courtes secondes. « Le loup de Tex Avery, oui c'est lui qu'il me rappelle » pensa-t-elle dans un instant de lucidité, « mais sans le côté caricatural ni bestial. » Et cette comparaison ne lui prêtait même pas à rire.
Ce qui, paradoxalement, l'attirait chez cet homme bien malgré elle, était finalement le peu d'intérêt qu'il lui portait.
Il lui parlait de la vente de charité, des bonnes œuvres, qui étaient nécessaires, selon lui, mais bien peu de choses comparées aux forces du mal qui s'agitaient dans le monde.
C'était dit sans une ombre de critique ou de reproche, cela semblait un constat irréfutable et accablant.
Néanmoins, peu habituée à ne pas être couverte de louanges et de marque d'admiration au moindre de ses gestes, ses mots lui firent comme un petit pincement au cœur, et commencèrent à faire naître en elle une impression de malaise.
Elle songea à prendre congé, à s'éloigner de lui et à rechercher une autre compagnie, mais comme s'il avait deviné ses pensées ou qu'elle s'apprêtait à le faire, c'est lui qui la quitta, après ces quelques mots :
« 38 000 dollars... 10 %... hum hum... »
Elle resta sur place, estomaquée. Quand elle reprit ses esprits, une ou deux secondes après pour aller rechercher d'autres interlocuteurs, elle regarda autour d'elle, mais il n'était plus là, pas plus que dans un rayon de dix mètres : il s'était éclipsé, avait disparu, comme évaporé !
Mais la morosité provoquée par cet échange ne dura pas : elle s'estompa et fut vite oubliée.
Une semaine après, alors qu'elle feuilletait un magazine parmi la flopée de ceux qu'elle recevait quotidiennement chez elle, elle tomba sur un article qui parlait d'elle.
Elle sursauta, de surprise, puis de colère. Le titre la scandalisa : « Kim Cardigan, la reine des voleuses ? »
La gorge sèche elle lut l'article en entier, qui la raillait et l'accusait d'avarice, relatant qu'elle avait gardé 90 % de la recette de la vente de charité, suggérant même qu'elle avait confisqué l'argent des pauvres.
« - Ça alors, c'est un peu fort ! » s'exclama-t-elle. C'est elle qui avait décidé de cette vente, rien ni personne ne l'avait obligé, et on lui reprochait de ne pas avoir tout donné !
Ça avait été une telle déchirure que de se séparer de ces précieux dessous et de ces vêtements qui avaient fait sa gloire, et qu'elle aurait pu garder comme une vraie collectionneuse, jusqu'à sa mort. Et on l'accusait d'avarice, de pingrerie ! Mais on voulait sa mort ! On vivait aux Etats Unis, de tout de même, pas chez les Bolcheviks !
Quel manque de reconnaissance !
Néanmoins, habituée à lire chaque semaine des tonnes de propos méprisants, railleurs voire dégradants, dans cette presse people (qu'on appelait autrefois « presse à scandale ») et consciente que cette presse, même si elle apportait son lot d'immondices, était sa meilleure ambassadrice, elle oublia vite ces lignes désobligeantes, noyées parmi les autres.
Quelques mois plus tard, son homme et elle avaient décidé de convoler en justes noces.
Ils se marièrent dans l'intimité (quatre-cent cinquante invités seulement) et renonçant pour une fois aux attraits d'Hawaï, des Seychelles et autres destinations à la mode, elle trouva qu'il serait infiniment plus romantique d'aller passer leur lune de miel en Irlande, au milieu des vieilles pierres et des châteaux de légende.
D'autant qu'il y a dans ce pays, depuis que sa capitale a acquis quelques avantages fiscaux, quelques endroits dignes de recevoir les riches de ce monde : golfs immenses, hôtels et spas haut de gamme avec tous les services qui vont avec.
Elle avait néanmoins une petite appréhension, et espérait que dans cette Europe peu civilisée, elle trouverait le même confort et les mêmes prestations que dans les endroits luxueux où elle avait l'habitude de séjourner plusieurs fois par an.
Quand ils furent arrivés dans l'île, elle fut cependant séduite par les paysage (« avec des ruines tellement vintage »), les habitants pittoresques, et la taille réduite du pays ainsi que celle des villages et des villes.
Ils passèrent leurs premières nuits dans un golf resort tellement neuf qu'on avait l'impression qu'il venait de sortir de terre, au milieu d'un fabuleux green, et doté d'un spa, d'une piscine panoramique avec vue sur des paysages sauvages et luxuriants.
Ils avaient réservé une suite spacieuse et le personnel, bien qu'affublé parfois d'un accent particulier et comique, était gentil et attentionné avec eux.
Elle ne donnait jamais de pourboire ou alors au compte-goutte, considérant que vu les prestations et la nonchalance du personnel, ils ne le méritaient vraiment pas !
Tandis que Monsieur passait sa journée au green, Madame, avec décidé de prendre quelques leçons d'équitation car il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas monté, et souhaitait profiter à cheval de la nature environnante.
Le professeur d'équitation, bien qu'encore jeune, ne lui plut pas du tout. Elle le trouvait légèrement pédant et antipathique.
Si bien qu'au bout de trois jours, étant donné qu'elle avait rapidement retrouvé ses bases et même une certaine aisance, elle se décida de se passer de ses services et de partir seule en promenade au milieu de la lande.
Elle avait pris l'habitude de passer sa tenue d'équitation dans sa chambre puis de descendre directement ainsi vêtue, plutôt que d'utiliser les vestiaires neufs mais de style plutôt rustique qui étaient mis à disposition des usagers, près des écuries.
Ainsi habillée, elle faisait sensation en traversant le luxueux hall d'accueil, et elle surprenait des regards d'hommes et de femmes sur elle alors qu'elle marchait d'un pas ferme et décidé.
Elle s'arrêta devant un immense miroir qui ornait les murs, se contempla et sourit. En effet, elle avait du chien en tenue de cavalière, avec son pantalon d'équitation noir qui moulait sa croupe et en faisait ressortir l'outrageux galbe, dessinant chaque fesse et jusqu'au sillon fessier profond (comme si chacune, jalouse et hostile, tenait à bien délimiter son territoire), ses hautes bottes de cuir lisse, brillantes et chic, son chemisier blanc immaculé serrant bien sa poitrine - tellement même qu'on avait l'impression à chaque instant qu'elle allait faire exploser la boutonnière, sa bombe bien enfoncée sur sa tête, sa chevelure noire tombant en cascade sur son dos.
Cravache à la main, elle tapota fermement sa botte, s'adressa un dernier sourire amoureux d'elle-même, et sortit d'un pas fier. La chaleur de la clarté du soleil l'accueillit mais c'était elle qui rayonnait, à n'en pas douter.
Arrivée aux écuries, elle s'adressa au palefrenier avec dédain, et attendit avec des gestes de nervosité et d'impatience mal retenus qu'on lui prépara son étalon préféré, un superbe animal irlandais, fougueux, impétueux, mais qu'elle avait jusqu'ici maîtrisé sans peine, comme tous les mâles.
Elle monta et sans vouloir attendre que le palefrenier qui lambinait, ce fainéant, ait totalement terminée, elle partit au petit trop, laissant le garçon sur place ; ç'avait été tellement brusque qu'il en avait perdu l'équilibre et avait presque failli tomber.
Elle l'entendit s'exclamer puis grommeler, mais qu'importe, il était déjà loin.
L'air était frais, la nature sentait bon, son cœur était léger, et elle se sentait comme en apesanteur, transportée au milieu de cette plaine verdoyante et sauvage.
Grisée par cette solitude si singulière et cette impression de liberté elle se lança dans un galop enivrant.
Le chemin se transformait, la lande était bordée de bosquets peu touffus, le terrain semblait de plus accidenté et elle se rendait compte qu'elle était de plus en plus secouée.
Soudain, un cahot plus violent la fit presque basculer : sa selle insuffisamment serrée avait tournée et elle n'arrivait pas à se redresser. Elle poussa un cri de stupeur et d'effroi : le cheval dut prendre peur et s'emballa !
Terrorisée, le tronc tordu, elle se maintenait par la force des bras ; elle faisait des efforts désespérés pour ne pas terminer de glisser et basculer dans le vide.
Soudain, elle prenait conscience de sa situation, bien qu'à quelques centaines de mètres de l'hôtel et des écuries : le sang glacé, elle se rendait compte qu'elle pouvait tomber de cheval, se briser la nuque, et que parmi ces buissons et ses bosquets, on pourrait ne la découvrir qu'à la nuit tombée, voire le lendemain, tandis que sa monture emballée serait retrouvée dieu sait où.
Elle criait, pleurnichait, s'exclamait « Ah mon dieu ! Oh non... ! Oh, Fuck... ! », ses bras commençaient à se tétaniser, elle allait lâcher prise, tomber, se tuer...
Quand soudain elle se retrouva à côté d'un cavalier qui saisit ses rênes, donna des ordres à sa monture d'une voix forte et autoritaire : l'animal stoppa son galop, ralentit, et ils s'arrêtèrent bientôt.
Echevelée, à bout de souffle, son cœur battant à deux-cent à l'heure, elle peinait à reprendre sa respiration, sanglotant presque.
Il lui fallut pas moins d'une minute pour se calmer et retrouver une contenance.
Elle finit par lever les yeux sur son sauveur. C'était un homme mûr, au physique agréable, et qui ne manquait pas d'allure. Des cheveux poivre et sel et un visage un peu marqué par le soleil. Sa chemise entrouverte laissait entrevoir une poitrine velue et musclée.
Elle n'osait cependant pas encore le regarder en face, humiliée d'avoir dû être secourue par un étranger, et surtout qui l'avait vue dans une posture aussi inconfortable que ridicule.
« Ça va mieux ? » lui lança-t-il ?
« - Oui, oui, ça va » répondit-elle d'un air presque agacé, voulant lui signifier que ça n'était rien, et déjà du passé.
« - Promenons-nous » dit-il simplement, montrant bien sa volonté de ne point en rajouter, et d'épargner sa fierté outragée.
Elle n'osa bien entendu pas décliner l'invitation de cet inconnu qui venait de la sauver d'un accident qui aurait pu être dramatique pour elle... et qui aurait ruiné sa réputation !
Heureusement, pensait-elle, qu'il n'y avait pas de paparazzi dans les parages.
Et cet homme lui inspirait confiance : il avait l'allure d'un riche client du complexe et non un autochtone crotté.
D'ailleurs il parlait avec l'accent américain.
Il lui parlait doucement, la voix calme et posée.
Elle avait déjà entendu cette voix. Elle osa lever les yeux sur lieu. Oui, son visage lui disait quelque chose. Ces traits, cette voix...
« Je ne vous ai pas déjà vu quelque part ? » osa-t-elle. Au moment où elle posa cette question elle vit son sourire esquissé, un sourire carnassier... :
« - Mais oui ! A la soirée de bienfaisance à Hollywood ! » s'exclama-t-elle. « Eh bien, ça alors ! Vous, ici ?!
— Eh bien oui. Je voyage aussi. Je travaille beaucoup, mais je me permets aussi de petites escapades, loin de chez moi... comme un cow-boy solitaire.
— Ah ça alors ! » elle ne trouvait rien d'autre à dire. Elle se trouvait encore ridicule, mais aussi rassurée parce qu'elle se souvenait que c'était un homme d'affaire, riche, puissant, et qui se désintéressait pas mal du monde du spectacle et des échos des gazettes. Il ne connaissait sans doute ni personnalités du monde des médias ni du showbiz, et avait sans doute d'autres chats à fouetter que d'aller faire des gorges chaudes de qu'il venait de voir. Monsieur était dans les affaires, travaillait beaucoup, ne s'occupait pas beaucoup de ces futilités.
Elle était toute à ses pensées et ne l'écoutait que d'une oreille, tandis qu'il parlait, en évoquant ses affaires, du monde du travail et de celui des loisirs.
Distraite, certaines phrases seulement arrivaient à son esprit. Il y avait des gens qui travaillaient dur, même dans le monde du tourisme, et des clients argentés et oisifs qui ne connaissaient pas le prix de l'argent ne se rendaient pas compte des efforts qu'il fallait faire pour gagner trois sous.
Kim tendit une oreille : le monologue prenait une tournure étrange, le ton devenait vaguement méprisant et accusateur. Mais elle le laissait parler, et même si elle se sentait visée, elle encaissait les propos, encore penaude d'avoir été surprise dans une situation ridicule et dégradante.
Ils étaient arrivés à l'orée d'une jeune futaie et le ton, franchement moralisateur, était devenu carrément cassant et autoritaire.
Aussi ne fut-elle pas surprise quand il lui ordonna :
« - Descends de cheval, petite gosse de riche ! »
Elle balbutia un ou deux mots mais obéit sans discuter, elle mit pied à terre.
Il l'avait saisie par le bras et l'entraînait vers les arbres.
« - Tu as besoin d'une leçon, espèce de sale petite garce arrogante ! Tu n'es qu'une fille vaniteuse, allumeuse et prétentieuse ! Tu gagnes du pognon que tu ne mérites pas parce que tu ne fais rien : tu ne fous rien d'autre que montrer ton cul et tes gros nichons à la terre entière sur des magazines au papier glacé... mais tellement « glamour » (il prononça ce mot d'un ton ironique, le rendant ridicule), alors que d'autres triment comme des bêtes, et tu ne reconnais même pas leur mérite !
Tu amasses du fric et méprises les gens, et ne leur accordes même pas une obole, pas un pourboire, pas une piécette ; tu ne laisses pas même une enveloppe décente à une association caritative...
Je vais te remettre dans le droit chemin ! »
Pour la première fois elle protesta, un peu mollement :
« - Maiiis... Eh... de quel droit vous me faites la leçon...?
— Du droit que j'ai acquis en bossant toute ma vie, et en me sentant insulté en voyant les exploits des oisifs de ton espèce se pavaner et exhiber leur fric gagné facilement, du droit de t'avoir vue tout à l'heure comme une gamine prête à pleurer et à appeler sa mère parce qu'elle n'a pas écouté les consignes des grands, parce que, comme d'habitude, elle en n'a fait qu'à sa tête, parce que pour éviter de refiler un petit billet au palefrenier elle a préféré le mépriser et partir avant qu'il ait fini de la sceller correctement en le traitant comme une merde... !
— Mais... Comment savez-vous ça... ? Vous n'étiez pas là... » protesta-t-elle, avec l'amertume d'une gamine prise en faute.
« - Je suis toujours là, je suis partout ! Je suis là, je t'observe, je te vois à chacune de tes lubies, chacun de tes caprices, de tes jérémiades.
— Mais qui... qui êtes-vous ...?
— Ton ange gardien
— Vous plaisantez... ?! » commençait-elle à se rebiffer.
— Je ne suis pas que ça : je suis ta mauvaise conscience, et je vais t'apprendre à regarder en toi et à te voir telle que tu es...!»
(A suivre...)
Elle sursauta, de surprise, puis de colère. Le titre la scandalisa : « Kim Cardigan, la reine des voleuses ? »
La gorge sèche elle lut l'article en entier, qui la raillait et l'accusait d'avarice, relatant qu'elle avait gardé 90 % de la recette de la vente de charité, suggérant même qu'elle avait confisqué l'argent des pauvres.
« - Ça alors, c'est un peu fort ! » s'exclama-t-elle. C'est elle qui avait décidé de cette vente, rien ni personne ne l'avait obligé, et on lui reprochait de ne pas avoir tout donné !
Ça avait été une telle déchirure que de se séparer de ces précieux dessous et de ces vêtements qui avaient fait sa gloire, et qu'elle aurait pu garder comme une vraie collectionneuse, jusqu'à sa mort. Et on l'accusait d'avarice, de pingrerie ! Mais on voulait sa mort ! On vivait aux Etats Unis, de tout de même, pas chez les Bolcheviks !
Quel manque de reconnaissance !
Néanmoins, habituée à lire chaque semaine des tonnes de propos méprisants, railleurs voire dégradants, dans cette presse people (qu'on appelait autrefois « presse à scandale ») et consciente que cette presse, même si elle apportait son lot d'immondices, était sa meilleure ambassadrice, elle oublia vite ces lignes désobligeantes, noyées parmi les autres.
Quelques mois plus tard, son homme et elle avaient décidé de convoler en justes noces.
Ils se marièrent dans l'intimité (quatre-cent cinquante invités seulement) et renonçant pour une fois aux attraits d'Hawaï, des Seychelles et autres destinations à la mode, elle trouva qu'il serait infiniment plus romantique d'aller passer leur lune de miel en Irlande, au milieu des vieilles pierres et des châteaux de légende.
D'autant qu'il y a dans ce pays, depuis que sa capitale a acquis quelques avantages fiscaux, quelques endroits dignes de recevoir les riches de ce monde : golfs immenses, hôtels et spas haut de gamme avec tous les services qui vont avec.
Elle avait néanmoins une petite appréhension, et espérait que dans cette Europe peu civilisée, elle trouverait le même confort et les mêmes prestations que dans les endroits luxueux où elle avait l'habitude de séjourner plusieurs fois par an.
Quand ils furent arrivés dans l'île, elle fut cependant séduite par les paysage (« avec des ruines tellement vintage »), les habitants pittoresques, et la taille réduite du pays ainsi que celle des villages et des villes.
Ils passèrent leurs premières nuits dans un golf resort tellement neuf qu'on avait l'impression qu'il venait de sortir de terre, au milieu d'un fabuleux green, et doté d'un spa, d'une piscine panoramique avec vue sur des paysages sauvages et luxuriants.
Ils avaient réservé une suite spacieuse et le personnel, bien qu'affublé parfois d'un accent particulier et comique, était gentil et attentionné avec eux.
Elle ne donnait jamais de pourboire ou alors au compte-goutte, considérant que vu les prestations et la nonchalance du personnel, ils ne le méritaient vraiment pas !
Tandis que Monsieur passait sa journée au green, Madame, avec décidé de prendre quelques leçons d'équitation car il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas monté, et souhaitait profiter à cheval de la nature environnante.
Le professeur d'équitation, bien qu'encore jeune, ne lui plut pas du tout. Elle le trouvait légèrement pédant et antipathique.
Si bien qu'au bout de trois jours, étant donné qu'elle avait rapidement retrouvé ses bases et même une certaine aisance, elle se décida de se passer de ses services et de partir seule en promenade au milieu de la lande.
Elle avait pris l'habitude de passer sa tenue d'équitation dans sa chambre puis de descendre directement ainsi vêtue, plutôt que d'utiliser les vestiaires neufs mais de style plutôt rustique qui étaient mis à disposition des usagers, près des écuries.
Ainsi habillée, elle faisait sensation en traversant le luxueux hall d'accueil, et elle surprenait des regards d'hommes et de femmes sur elle alors qu'elle marchait d'un pas ferme et décidé.
Elle s'arrêta devant un immense miroir qui ornait les murs, se contempla et sourit. En effet, elle avait du chien en tenue de cavalière, avec son pantalon d'équitation noir qui moulait sa croupe et en faisait ressortir l'outrageux galbe, dessinant chaque fesse et jusqu'au sillon fessier profond (comme si chacune, jalouse et hostile, tenait à bien délimiter son territoire), ses hautes bottes de cuir lisse, brillantes et chic, son chemisier blanc immaculé serrant bien sa poitrine - tellement même qu'on avait l'impression à chaque instant qu'elle allait faire exploser la boutonnière, sa bombe bien enfoncée sur sa tête, sa chevelure noire tombant en cascade sur son dos.
Cravache à la main, elle tapota fermement sa botte, s'adressa un dernier sourire amoureux d'elle-même, et sortit d'un pas fier. La chaleur de la clarté du soleil l'accueillit mais c'était elle qui rayonnait, à n'en pas douter.
Arrivée aux écuries, elle s'adressa au palefrenier avec dédain, et attendit avec des gestes de nervosité et d'impatience mal retenus qu'on lui prépara son étalon préféré, un superbe animal irlandais, fougueux, impétueux, mais qu'elle avait jusqu'ici maîtrisé sans peine, comme tous les mâles.
Elle monta et sans vouloir attendre que le palefrenier qui lambinait, ce fainéant, ait totalement terminée, elle partit au petit trop, laissant le garçon sur place ; ç'avait été tellement brusque qu'il en avait perdu l'équilibre et avait presque failli tomber.
Elle l'entendit s'exclamer puis grommeler, mais qu'importe, il était déjà loin.
L'air était frais, la nature sentait bon, son cœur était léger, et elle se sentait comme en apesanteur, transportée au milieu de cette plaine verdoyante et sauvage.
Grisée par cette solitude si singulière et cette impression de liberté elle se lança dans un galop enivrant.
Le chemin se transformait, la lande était bordée de bosquets peu touffus, le terrain semblait de plus accidenté et elle se rendait compte qu'elle était de plus en plus secouée.
Soudain, un cahot plus violent la fit presque basculer : sa selle insuffisamment serrée avait tournée et elle n'arrivait pas à se redresser. Elle poussa un cri de stupeur et d'effroi : le cheval dut prendre peur et s'emballa !
Terrorisée, le tronc tordu, elle se maintenait par la force des bras ; elle faisait des efforts désespérés pour ne pas terminer de glisser et basculer dans le vide.
Soudain, elle prenait conscience de sa situation, bien qu'à quelques centaines de mètres de l'hôtel et des écuries : le sang glacé, elle se rendait compte qu'elle pouvait tomber de cheval, se briser la nuque, et que parmi ces buissons et ses bosquets, on pourrait ne la découvrir qu'à la nuit tombée, voire le lendemain, tandis que sa monture emballée serait retrouvée dieu sait où.
Elle criait, pleurnichait, s'exclamait « Ah mon dieu ! Oh non... ! Oh, Fuck... ! », ses bras commençaient à se tétaniser, elle allait lâcher prise, tomber, se tuer...
Quand soudain elle se retrouva à côté d'un cavalier qui saisit ses rênes, donna des ordres à sa monture d'une voix forte et autoritaire : l'animal stoppa son galop, ralentit, et ils s'arrêtèrent bientôt.
Echevelée, à bout de souffle, son cœur battant à deux-cent à l'heure, elle peinait à reprendre sa respiration, sanglotant presque.
Il lui fallut pas moins d'une minute pour se calmer et retrouver une contenance.
Elle finit par lever les yeux sur son sauveur. C'était un homme mûr, au physique agréable, et qui ne manquait pas d'allure. Des cheveux poivre et sel et un visage un peu marqué par le soleil. Sa chemise entrouverte laissait entrevoir une poitrine velue et musclée.
Elle n'osait cependant pas encore le regarder en face, humiliée d'avoir dû être secourue par un étranger, et surtout qui l'avait vue dans une posture aussi inconfortable que ridicule.
« Ça va mieux ? » lui lança-t-il ?
« - Oui, oui, ça va » répondit-elle d'un air presque agacé, voulant lui signifier que ça n'était rien, et déjà du passé.
« - Promenons-nous » dit-il simplement, montrant bien sa volonté de ne point en rajouter, et d'épargner sa fierté outragée.
Elle n'osa bien entendu pas décliner l'invitation de cet inconnu qui venait de la sauver d'un accident qui aurait pu être dramatique pour elle... et qui aurait ruiné sa réputation !
Heureusement, pensait-elle, qu'il n'y avait pas de paparazzi dans les parages.
Et cet homme lui inspirait confiance : il avait l'allure d'un riche client du complexe et non un autochtone crotté.
D'ailleurs il parlait avec l'accent américain.
Il lui parlait doucement, la voix calme et posée.
Elle avait déjà entendu cette voix. Elle osa lever les yeux sur lieu. Oui, son visage lui disait quelque chose. Ces traits, cette voix...
« Je ne vous ai pas déjà vu quelque part ? » osa-t-elle. Au moment où elle posa cette question elle vit son sourire esquissé, un sourire carnassier... :
« - Mais oui ! A la soirée de bienfaisance à Hollywood ! » s'exclama-t-elle. « Eh bien, ça alors ! Vous, ici ?!
— Eh bien oui. Je voyage aussi. Je travaille beaucoup, mais je me permets aussi de petites escapades, loin de chez moi... comme un cow-boy solitaire.
— Ah ça alors ! » elle ne trouvait rien d'autre à dire. Elle se trouvait encore ridicule, mais aussi rassurée parce qu'elle se souvenait que c'était un homme d'affaire, riche, puissant, et qui se désintéressait pas mal du monde du spectacle et des échos des gazettes. Il ne connaissait sans doute ni personnalités du monde des médias ni du showbiz, et avait sans doute d'autres chats à fouetter que d'aller faire des gorges chaudes de qu'il venait de voir. Monsieur était dans les affaires, travaillait beaucoup, ne s'occupait pas beaucoup de ces futilités.
Elle était toute à ses pensées et ne l'écoutait que d'une oreille, tandis qu'il parlait, en évoquant ses affaires, du monde du travail et de celui des loisirs.
Distraite, certaines phrases seulement arrivaient à son esprit. Il y avait des gens qui travaillaient dur, même dans le monde du tourisme, et des clients argentés et oisifs qui ne connaissaient pas le prix de l'argent ne se rendaient pas compte des efforts qu'il fallait faire pour gagner trois sous.
Kim tendit une oreille : le monologue prenait une tournure étrange, le ton devenait vaguement méprisant et accusateur. Mais elle le laissait parler, et même si elle se sentait visée, elle encaissait les propos, encore penaude d'avoir été surprise dans une situation ridicule et dégradante.
Ils étaient arrivés à l'orée d'une jeune futaie et le ton, franchement moralisateur, était devenu carrément cassant et autoritaire.
Aussi ne fut-elle pas surprise quand il lui ordonna :
« - Descends de cheval, petite gosse de riche ! »
Elle balbutia un ou deux mots mais obéit sans discuter, elle mit pied à terre.
Il l'avait saisie par le bras et l'entraînait vers les arbres.
« - Tu as besoin d'une leçon, espèce de sale petite garce arrogante ! Tu n'es qu'une fille vaniteuse, allumeuse et prétentieuse ! Tu gagnes du pognon que tu ne mérites pas parce que tu ne fais rien : tu ne fous rien d'autre que montrer ton cul et tes gros nichons à la terre entière sur des magazines au papier glacé... mais tellement « glamour » (il prononça ce mot d'un ton ironique, le rendant ridicule), alors que d'autres triment comme des bêtes, et tu ne reconnais même pas leur mérite !
Tu amasses du fric et méprises les gens, et ne leur accordes même pas une obole, pas un pourboire, pas une piécette ; tu ne laisses pas même une enveloppe décente à une association caritative...
Je vais te remettre dans le droit chemin ! »
Pour la première fois elle protesta, un peu mollement :
« - Maiiis... Eh... de quel droit vous me faites la leçon...?
— Du droit que j'ai acquis en bossant toute ma vie, et en me sentant insulté en voyant les exploits des oisifs de ton espèce se pavaner et exhiber leur fric gagné facilement, du droit de t'avoir vue tout à l'heure comme une gamine prête à pleurer et à appeler sa mère parce qu'elle n'a pas écouté les consignes des grands, parce que, comme d'habitude, elle en n'a fait qu'à sa tête, parce que pour éviter de refiler un petit billet au palefrenier elle a préféré le mépriser et partir avant qu'il ait fini de la sceller correctement en le traitant comme une merde... !
— Mais... Comment savez-vous ça... ? Vous n'étiez pas là... » protesta-t-elle, avec l'amertume d'une gamine prise en faute.
« - Je suis toujours là, je suis partout ! Je suis là, je t'observe, je te vois à chacune de tes lubies, chacun de tes caprices, de tes jérémiades.
— Mais qui... qui êtes-vous ...?
— Ton ange gardien
— Vous plaisantez... ?! » commençait-elle à se rebiffer.
— Je ne suis pas que ça : je suis ta mauvaise conscience, et je vais t'apprendre à regarder en toi et à te voir telle que tu es...!»
(A suivre...)
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