Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Honni soit qui mal y pense — Chapitre 1 · L'approche
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Honni soit qui mal y pense
Chapitre 1 · L'approche
L'oreille de Claudine avait-elle bien perçu les mots de ses voisins de table ? La jeune femme qui dinait avec un monsieur visiblement plus âgé semblait n'avoir pas compris. Le bonhomme, d'une bonne dizaine d'années l'ainé de la poulette sans doute, remarquât-il le sourire esquissé sur les lèvres de la dineuse solitaire proche de son couple ? En tout cas, ses yeux gris acier se fixèrent sur celle dont les lippes s'entrouvraient pour avaler la bouchée restée en suspens. Un long frisson parcourut l'échine de la brune qui elle, savait de quoi il retournait. La jeune fille face à ce drôle de gaillard riait béatement, visiblement insouciante ou écervelée. De toute façon inconsciente des paroles que le type venait de prononcer.
La serveuse en apportant le plat, entrecôte frite, commandé par Claudine détourna du coup l'attention du vieux beau. Là encore, les yeux qui flattèrent la croupe incendiaire de l'employée avaient une indécence notable. Ce gars était un pervers et il l'affichait ouvertement. Le repas du curieux personnage et de sa jeune compagne marqua un temps d'arrêt. La petite rouquine qui partageait la table du mec se leva. Elle laissa choir sa serviette et dans un mouvement savamment orchestré, elle s'agenouilla pour récupérer l'objet au sol. Ce simple geste, fit du coup, changer d'avis la dineuse esseulée.
Oui ! Finalement, cette fille était, soit soumise, soit totalement éprise de ce dandy. À sa façon d'écarter les jambes et de montrer son intimité à son complice, elle venait de prouver à Claudine que les gens pouvaient parfois avoir de curieuses mœurs. Après tout, elle s'en fichait, mais quelque part, au fond d'elle, une étincelle venait de faire rejaillir un feu bizarre. Oui... comme si les deux-là réveillaient au fond de son ventre des braises qui se consumaient doucement. La nana d'environ vingt-cinq piges se dirigeait déjà vers les toilettes, en balançant son popotin. En revanche, les yeux du vieux vicieux revinrent sur celle qui achevait son entrecôte. Les prunelles dures plongèrent dans les mirettes de la brune.
Elle baissa immédiatement les quinquets, embarrassée par cette froide détermination qui la noyait dans un étrange sentiment. Ce gars était surement très dangereux et il savait user d'un charme plutôt complexe. Lentement, le cœur un peu battant, la brune avala la dernière bouchée et pour se donner une contenance, elle attrapa le verre de vin de bordeaux servi en même temps que son mets. L'autre à quelques mètres ne la quittait plus du regard et elle se sentit comme mal à l'aise. Par chance, la jeune rouquine ondulait des reins sur le trajet de retour et coupait alors la trajectoire des quinquets du type. Claudine posa sa serviette, se leva et se dirigea vers la caisse. Pour le dessert, ce foutu bonhomme lui avait coupé l'appétit.
L'air frais de la soirée la ramena à la réalité. Un couple un peu olé-olé qui dinait pas loin d'elle, en quoi, ça pouvait bien la concerner ? N'avait-elle pas elle aussi en d'autres temps, d'autres endroits aussi un peu jouer de ses charmes ? Elle aussi avait eu ses heures de gloire et avait su apprécier d'enflammer les hommes. Son corps avait surement pris quelques rides, quelques kilos également, mais au fond, son esprit était-il si différent ? Ce qui la différenciait à coup sûr de cette jeunesse, c'était que ses partenaires avaient peu ou prou son âge. Oui... une ère dépassée, mais qui dans un tel instant ne demandait qu'à ressurgir.
Un sourire naquit de nouveau sur ses lèvres ourlées ornées d'un gloss brillant. Ce soir, la solitude lui pesait un peu plus que d'ordinaire. Alors ? S'offrir une virée ou rentrer dans un appartement vide ? Choix difficile et elle prit place sous son volant. À l'instant même où ses doigts allaient tourner la clé pour lancer le moteur, la jeune femme et son acolyte franchissaient le seuil de la porte de sortie. Ils allaient bras dessus, bras dessous, avançant dans sa direction. Pourquoi stoppa-t-elle son mouvement ? Elle baissa son buste au maximum, histoire de ne pas être remarquée dans son habitacle. Finalement, un unique véhicule la séparait de celui du couple. Et la fille tenait le type par la taille, lui avait remonté sa jupe et coincé la ceinture de celle-ci de manière à ce que son derrière demeurât bien visible.
Là, debout tous les deux à quelques pas, le vieux lui tripotait le cul éhontément et la gosse rigolait nerveusement. Bon ! Ces deux loustics allaient s'en payer une bonne tranche, quoi de plus normal si les jeux étaient consentis. Claudine attendit qu'ils aient quitté complètement le parking, puis elle démarra en douceur. Les dineurs et leur bizarre manège lui avaient mis une faim très spéciale au ventre qui risquait de devenir gênante. Mais... cette fois, sa décision était prise. Elle ne rentrerait pas de suite, et elle savait un petit troquet sympa où... peut-être trouverait-elle un casse-croute pour... calmer sa fringale.
— xXx —
Sa courte errance la menait vers le centre de la ville. Là... l'enseigne colorée attirait l'œil comme un aimant. La Rhumerie... qui ne fermait ses portes que vers deux heures du matin le week-end. Un endroit idéal pour oublier son appartement trop vide. Une fois dans la place, les lumières tamisées, une salle immense tapissée sur le mur du fond par un bar non moins imposant. Et là, quelques couples assis sur de hauts tabourets, et une flopée de mâles qui du coup tournaient leurs visages vers celle qui devenait un phare pour ces loups solitaires. Claudine avança rapidement vers le zinc, et le barman s'empressa de venir au-devant de la jolie quadra qui trouvait rapidement un espace libre.
— Madame...
— Un Dark'N Stormy, s'il vous plait !
— Tout de suite, madame ! Je vois que vous êtes une connaisseuse...
— Un Dark'N Stormy, s'il vous plait !
— Tout de suite, madame ! Je vois que vous êtes une connaisseuse...
Le gars s'activait alors sur son shaker et un breuvage fleurant bon le rhum et le gingembre. Enfin arrivait devant la brune, un verre aux couleurs attrayantes. Un couple s'élançait soudain sur la piste alors qu'un slow langoureux était distillé par une sono invisible. Dès lors que les audacieux osaient, d'autres lui emboitèrent le pas. Et bien vite la place prévue pour guincher se voyait envahie. Plusieurs piliers du bar tournaient la tête vers la nouvelle venue, mais aucun ne fit un geste durant quelques minutes. Les lèvres de Claudine vinrent à la rencontre du chalumeau qui dépassait du breuvage.
Une grande aspiration, et la liqueur qui coulait dans sa gorge lui chauffait de suite l'estomac. Lorsqu'elle reposa son cocktail, un jeune homme, guère plus d'une vingtaine d'années s'était singulièrement rapproché. Il avait une sorte de sourire et les yeux brillants.
— Ça vous tente de faire quelques tours de piste avec un pauvre garçon ?
—... ! Juste dix ou douze ans de plus et... j'aurais dit oui volontiers...
— Oh ! Comme c'est dommage, je suis un gentil garçon, vous savez !
— Je n'en doute pas, jeune homme, mais je n'ai rien d'une « cougar » !
— Vous êtes certaine de ne pas vouloir me donner une chance ? Je pourrais vous surprendre, vous savez !
— Désolée, mais je reste sur mes positions. C'est non, merci !
— Je n'insiste pas, mais je trouve que vous êtes une jolie femme et... je regrette votre intransigeance. C'est votre choix et je le respecte.
—... ! Juste dix ou douze ans de plus et... j'aurais dit oui volontiers...
— Oh ! Comme c'est dommage, je suis un gentil garçon, vous savez !
— Je n'en doute pas, jeune homme, mais je n'ai rien d'une « cougar » !
— Vous êtes certaine de ne pas vouloir me donner une chance ? Je pourrais vous surprendre, vous savez !
— Désolée, mais je reste sur mes positions. C'est non, merci !
— Je n'insiste pas, mais je trouve que vous êtes une jolie femme et... je regrette votre intransigeance. C'est votre choix et je le respecte.
Ces mots étaient lancés sur un ton fataliste, comme si le gamin s'y attendait. Ce qui fit sourire une Claudine amusée. Du coup, la brune se pencha de nouveau sur son glass. L'échange avec le jeunot était clos. Quand sentit-elle une présence nouvelle toute proche ? En relevant le menton, le gars qui la fixait, elle le reconnaissait immédiatement. La jeune femme qui l'accompagnait au restaurant ne semblait pas être dans les parages. Les yeux du type ne se gênaient pas pour la détailler, la déshabillant d'une manière presque salace. Claudine rougissait sans vraiment savoir pourquoi. Pas plus de deux mètres séparaient ce gaillard de celle qu'il dénudait des quinquets. Une seconde, la brune envisagea une fuite immédiate.
Puis en y réfléchissant bien, que risquait-elle au milieu de tout ce monde ? La salle était désormais débordante de vie et les couples s'en donnaient à cœur joie sur le parquet. Si elle n'avait pas éconduit le minet qui l'invitait tout à l'heure, sans doute aurait-elle évité d'être ainsi dévisagée par l'inconnu. Ce mec lui filait la trouille, sans vraie raison du reste. Sans doute que sa manière de parler à sa jeune copine y était pour beaucoup. Mais Claudine n'avait pas la science infuse et peut-être qu'elle se plantait du tout au tout. Ignorer l'individu lui parut la meilleure manière de procéder. Elle se détourna légèrement vers l'endroit où les couples se déhanchaient. Ça groovait grave et des tas d'hommes et de nanas étaient joue contre joue.
— Je vous offre un second verre ?
—...
—...
Elle se retourna brusquement vers le mec qui cette fois lui faisait face.
— Non merci !
— Je vous fais peur, on dirait !
— Je ne vous connais pas et ne bois pas avec les étrangers.
— Ben... ce genre d'endroit est propice aux belles rencontres. Et... je me présente : Pierre.
— Je n'ai pas envie de faire « une belle rencontre », c'est non merci.
— Mon Dieu... une têtue, une obstinée. Vous faites partie de cette catégorie de femmes que j'adore. Celles qui résistent... un peu !
—... ? Nous n'avons plus rien à nous dire.
— Parlez pour vous, madame. Moi, j'ai des tas de choses à vous raconter.
— Vous ne manquez pas d'air. C'est bon, je me passerai de votre drague brutale !
— Ah ? Vous jugez un peu rapidement, non ? Brutale dites-vous ? Et où sentez-vous de la brusquerie ou de la brutalité dans mes propos ?
— Oh ! J'ai entendu certains des mots que vous adressiez à votre jeune compagne lors de votre diner.
— Une petite dinde qui aime que je la traite un peu rudement, juste un jeu qui ne va guère plus loin que les mots. Et puis, c'est très impoli d'écouter les conversations des autres, vous savez !
— C'était dit assez fort, peut-être même sciemment pour que je n'en perde pas une miette.
— Ah ? Et vous avez entendu quoi ?
— Je ne suis pas ici pour vous faire la conversation de toute manière, et puis... ce sont les affaires de cette jeunette de se laisser traiter de cette façon.
— Je ne sais pas pourquoi, mais il me semble que vous aussi aimeriez ce genre de... moments chauds.
— Ne prenez pas vos rêves pour des réalités. Bien, puisqu'il est impossible de prendre un verre sans être importunée, je quitte cet établissement.
— Mais, non ! Ne fuyez pas comme une voleuse. Je ne suis pas un monstre. J'aime évidemment les contacts un peu « vaches », mais quelque chose me dit que de votre côté vous n'êtes pas dans ce club par hasard. Vous êtes seule, n'est-ce pas ? Alors, je n'ai rien d'un barbare. Et passer une bonne soirée fait partie de mes plans actuels. Vous ne voulez pas m'accompagner ?
— Non ! Contentez-vous de cette jeune femme qui paraissait très... délurée.
— Une petite écervelée... qui à la première claque sur les fesses crierait « maman ». Vous êtes d'une autre trempe, j'en suis persuadé.
—... ? Et vous vous imaginez que vous pouvez faire à toutes les femmes ce genre de... choses ?
— Pas à toutes, c'est vrai. Mais vous, et j'en jurerais, ou mieux j'en parierais ma chemise, vous êtes faites pour cela.
— Franchement... vous êtes un fou ! Allez, bonne soirée.
— Non ! Ne partez pas ! J'ai mal compris votre prénom, madame...
— C'est surement parce que je ne vous l'ai pas donné et je n'ai aucune intention de le faire. Finissez bien votre « fabuleuse soirée de rêve ». Moi, je n'ai plus rien à faire ici.
— Je vous fais peur, on dirait !
— Je ne vous connais pas et ne bois pas avec les étrangers.
— Ben... ce genre d'endroit est propice aux belles rencontres. Et... je me présente : Pierre.
— Je n'ai pas envie de faire « une belle rencontre », c'est non merci.
— Mon Dieu... une têtue, une obstinée. Vous faites partie de cette catégorie de femmes que j'adore. Celles qui résistent... un peu !
—... ? Nous n'avons plus rien à nous dire.
— Parlez pour vous, madame. Moi, j'ai des tas de choses à vous raconter.
— Vous ne manquez pas d'air. C'est bon, je me passerai de votre drague brutale !
— Ah ? Vous jugez un peu rapidement, non ? Brutale dites-vous ? Et où sentez-vous de la brusquerie ou de la brutalité dans mes propos ?
— Oh ! J'ai entendu certains des mots que vous adressiez à votre jeune compagne lors de votre diner.
— Une petite dinde qui aime que je la traite un peu rudement, juste un jeu qui ne va guère plus loin que les mots. Et puis, c'est très impoli d'écouter les conversations des autres, vous savez !
— C'était dit assez fort, peut-être même sciemment pour que je n'en perde pas une miette.
— Ah ? Et vous avez entendu quoi ?
— Je ne suis pas ici pour vous faire la conversation de toute manière, et puis... ce sont les affaires de cette jeunette de se laisser traiter de cette façon.
— Je ne sais pas pourquoi, mais il me semble que vous aussi aimeriez ce genre de... moments chauds.
— Ne prenez pas vos rêves pour des réalités. Bien, puisqu'il est impossible de prendre un verre sans être importunée, je quitte cet établissement.
— Mais, non ! Ne fuyez pas comme une voleuse. Je ne suis pas un monstre. J'aime évidemment les contacts un peu « vaches », mais quelque chose me dit que de votre côté vous n'êtes pas dans ce club par hasard. Vous êtes seule, n'est-ce pas ? Alors, je n'ai rien d'un barbare. Et passer une bonne soirée fait partie de mes plans actuels. Vous ne voulez pas m'accompagner ?
— Non ! Contentez-vous de cette jeune femme qui paraissait très... délurée.
— Une petite écervelée... qui à la première claque sur les fesses crierait « maman ». Vous êtes d'une autre trempe, j'en suis persuadé.
—... ? Et vous vous imaginez que vous pouvez faire à toutes les femmes ce genre de... choses ?
— Pas à toutes, c'est vrai. Mais vous, et j'en jurerais, ou mieux j'en parierais ma chemise, vous êtes faites pour cela.
— Franchement... vous êtes un fou ! Allez, bonne soirée.
— Non ! Ne partez pas ! J'ai mal compris votre prénom, madame...
— C'est surement parce que je ne vous l'ai pas donné et je n'ai aucune intention de le faire. Finissez bien votre « fabuleuse soirée de rêve ». Moi, je n'ai plus rien à faire ici.
Claudine fit un signe au garçon qui suivait à peine pour le service. Il eut un sourire et hocha la tête, pour lui faire comprendre qu'il arrivait. Mais apparemment, les clients se bousculaient et le pauvre gars n'avait que deux mains, il était un peu dépassé par les évènements. Alors Claudine fouilla dans son sac, en extirpa un billet de vingt euros qu'elle coinça sous son verre vide. Puis elle se fraya un chemin au milieu de la piste de danse, bousculant au passage quelques couples enlacés. Ouf ! Hors de portée du loustic qui se prenait pour Dieu le père, elle marcha sur le trottoir, en direction du parking où sa voiture était garée. Juste au moment de l'atteindre, les bruits de pas derrière elle l'alertèrent.
Sa main tremblait et elle eut un mal de chien pour loger la clé dans la serrure de la portière. L'homme du restaurant et du bar se tenait contre l'arrière de son auto.
— Pourquoi filez-vous en courant ? Vous pensez vraiment que je vais vous faire du mal ? J'aime les rapports un peu... tendus, mais je ne les force jamais. S'il vous plait, ne me laissez pas tel un imbécile. Laissez-moi une chance de vous séduire. Vous le méritez, je vous assure.
— On m'attend chez moi !
— Inutile de mentir. Une femme seule dans un tel bar de nuit un vendredi soir, c'est forcément une dame qui s'ennuie. De plus... vous étiez solitaire également au restaurant, ce qui ne fait que renforcer mon idée.
— Ça suffit ! Nous nous sommes tout dit, bon sang, fichez moi la paix.
— D'accord. Mais c'est vraiment dommage !
— On m'attend chez moi !
— Inutile de mentir. Une femme seule dans un tel bar de nuit un vendredi soir, c'est forcément une dame qui s'ennuie. De plus... vous étiez solitaire également au restaurant, ce qui ne fait que renforcer mon idée.
— Ça suffit ! Nous nous sommes tout dit, bon sang, fichez moi la paix.
— D'accord. Mais c'est vraiment dommage !
Il s'écarta sans rien rajouter et Claudine recula lentement, histoire de ne pas le renverser. Il ne manquerait plus que ça, qu'elle ait des ennuis à cause de ce con ! Nerveusement, elle remonta la grande rue, bifurqua vers le casino pour reprendre la route du Phény. Encore cinq ou six minutes et elle serait tranquillement chez elle. Une sortie qui ne marquerait pas les annales, un raté. Une fois bien à l'abri, il lui fallait se détendre. Bon sang ! Ce type lui sortait par les yeux. Pourtant, physiquement et en d'autres circonstances, il aurait pu lui plaire et faire l'affaire, pour une nuit évidemment. Mais les grossièretés énoncées à la gosse du restaurant lui avaient définitivement ôté l'idée de faire un pas vers ce gaillard.
Alors, pourquoi les traits du visage de ce bonhomme refusaient-ils de quitter son cerveau ? Châtain, d'une bonne tête de plus que sa propre taille, des yeux gris acier trop perçant, vêtu d'une manière plutôt bon chic bon genre, il avait du chien. Et de quoi l'emballer s'il n'avait pas fait ce numéro de « père Fouettard » à sa jeune compagne lors de leur dinette. Puis sa façon de la déshabiller des quinquets avec une trop grande assurance, avait mis mal à l'aise Claudine pour de bon. Les phrases au bar et celles dites sur le parking tournaient en boucle sous la chevelure brune de la femme qui tentait de calmer une sorte de fureur interne libérée par les propos à peine voilés de ce type. Elle fit un brin de toilette, et simplement vêtue d'une nuisette, elle s'installa sur son canapé, bien décidée à lire un moment. C'était sans compter sur ces fichues pensées qui remontaient en rangs serrés dans sa caboche.
Pas moyen de passer à autre chose. Qu'est-ce que ce dingue avait de si particulier qu'il lui resta ainsi accroché à son cerveau ? Bon sang ! Ses traits durs demeuraient là, presque dansants, et ses mots osés complétaient le tableau noir qu'elle s'en faisait. Cependant, sans qu'elle en sache la raison, il y avait comme un flottement dans son ciboulot. Ce bonhomme avait allumé quelque part en elle, une petite lumière qui clignotait. Quoi ? Impossible à dire, indéfinissable incompréhension de l'âme humaine, qui rendait les choses bien complexes. Pas moyen de passer à autre chose et son livre lui paraissait du coup bien mièvre. Aller se coucher dans un tel état d'énervement n'arrangerait rien. Un irrépressible besoin de se calmer se faisait sentir.
Remontée comme une pendule, Claudine ferma son bouquin après avoir pris soin de marquer la page où sa lecture avait pris fin. Un long moment dans le silence de son appartement, elle resta dans le noir. Comment s'expliquer que son ventre la chatouilla d'une manière qu'elle reconnut de suite ? Quel remède pour interdire à sa mauvaise humeur de l'empêcher de dormir ? Bien sûr, elle savait déjà ce qu'il convenait de faire. Sans hâte, très doucettement, elle s'allongea sur le dos, remonta sa nuisette sur ses reins et sans se poser plus de questions, elle se mit en devoir de se donner un plaisir tout aussi solitaire. Son corps aux premières mesures de l'archet de ses doigts sur le violon en feu réagissait avec une violence à peine croyable. Quelques aller-retour suffirent pour que son ventre suintât de cette rosée du désir.
Réaction immédiate de son corps suite à son envie trop longuement contenue, Claudine jouissait avec des soupirs qui perturbaient le silence du salon. Ici, pas de voisins pour capter ses sons incongrus, son appartement situé au-dessus de l'école primaire fermée depuis des années, personne ne serait jamais dérangé par ses gémissements. Tout son être extériorisait son orgasme et ça prit un temps infini pour que tout revienne à la normale. Mais si sa faim de sexe s'en trouva atténuée, elle n'en avait pas totalement disparu pour autant. Et... le visage de son interlocuteur du bar refit surface presque dans la foulée. Comment se débarrasser de son image qu'elle jugeait nocive et inappropriée ? Quoi qu'elle fît, l'autre et sa gouaille se montraient toujours aussi présents.
— xXx —
Malgré tout, le sommeil avait eu raison d'elle et son réveil fut salué par un rayon de soleil facétieux jouant dans les jalousies. Cette nuit, après son plaisir en solo, elle avait gagné sa chambre et durant de longues minutes avait encore ruminé sa rencontre avec ce type dont le prénom lui était revenu : Pierre. Inexplicablement, de nouveau son cerveau, ce matin le ramenait au premier plan de ses souvenirs. Mince alors ! Ce lascar n'allait pas lui gâcher son week-end ! Sans doute que la meilleure chose à faire pour évacuer tout ceci serait de sortir. Mais auparavant, un petit déjeuner et une bonne douche s'imposaient. Claudine avait un faible pour sa salle de bain qui avec la cuisine, se trouvait être ses deux endroits préférés. Son café bu à la hâte, elle fonça sous le jet tiède et y demeura plus que de raison. L'eau lui dégoulinant sur le crâne arriverait bien à effacer le fantôme qui depuis la veille semblait vouloir la hanter.
Elle déchanta très vite, puisque dès le sevrage de la pomme d'arrosage, la voix du mec flirtait de nouveau dans ses oreilles. Un jean, un chemisier passé sur des sous-vêtements propres, la quadra se sentait mieux. La rue ensoleillée, les gens qui allaient et venaient dans le centre-ville, tout ceci saurait bien lui remettre les idées en place. Et puis... le samedi matin, sur la place de l'église, le marché attirerait surement une foule de personnes pour des achats de produits frais. C'était donc avec la ferme intention de se promener en ville que Claudine monta dans son véhicule. En fait son but inavoué, éradiquer sous sa tignasse brune, les brumes de visions laissées par le farfelu du bar. Ça passait forcément par une noyade dans la foule. Effectivement, le marché et ses camelots drainaient un monde hétéroclite, mi-badauds, mi-clients.
Y avait-il une chance sur un million qu'elle tomba sur le même guignol ? Sans doute que non ! Et cependant, à peine avait-elle marché dix minutes entre les déballages de fruits, de fringues et de tout ce qui pouvait se vendre sur un marché, en levant les yeux chez un primeur, elle le vit. Il la fixait avec une insistance qui frisait l'insolence. Le sang dans les veines de Claudine ne fit qu'un tour. Entre rougir et blêmir, laquelle de ces deux couleurs s'afficha sur sa bouille ? Son palpitant aussi se mettait en branlebas de combat. Faire volteface et filer à l'anglaise ? Possible dans la foule assez dense, mais l'autre la suivait elle ? Cette pensée lui effleura l'esprit immédiatement. Comment pouvait-il être là autrement ? Les coïncidences n'existaient pas !
Avant même qu'elle prenne une décision, le gars avançait dans sa direction, sourire aux lèvres.
— Ah ! Madame... l'inconnue ! Nous sommes donc destinés à nous rencontrer partout ?
— Vous me suivez ou quoi ? Je ne peux donc plus faire un pas sans vous voir accroché à mes basques ?
— Oh ! Je vous assure que non. Et si...
— Quoi encore ?
— Eh bien, je crois que nous ne sommes pas partis du bon pied vous et moi. Si... nous recommencions depuis le début ? Je vous trouve encore plus ravissante au grand jour que sous la lumière des néons ou des lampes. Vous êtes... ravissante.
— Pff !
— Je vous ennuie ? Vraiment, pas moyen d'avoir une seconde chance ? Juste prendre un verre tous les deux.
— Nous n'avons rien à nous dire, je vous l'ai assuré hier soir.
— S'il vous plait ! Je ne suis pas... celui que vous imaginez. Pas un ange non plus, mais surement pas ce démon que vous croyez.
— Alors, prouvez-le-moi et fichez-moi la paix.
— Pour vous montrer ma bonne foi... un verre s'impose, non ?
— Dans le genre crampon, vous vous posez là. Je n'ai pas l'intention de faire quoi que ce soit en votre compagnie.
— Allez soyez chic ! Je suis ici, vous aussi et là... il y a le trait d'union pour que je vous apparaisse moins...
— Vous me suivez ou quoi ? Je ne peux donc plus faire un pas sans vous voir accroché à mes basques ?
— Oh ! Je vous assure que non. Et si...
— Quoi encore ?
— Eh bien, je crois que nous ne sommes pas partis du bon pied vous et moi. Si... nous recommencions depuis le début ? Je vous trouve encore plus ravissante au grand jour que sous la lumière des néons ou des lampes. Vous êtes... ravissante.
— Pff !
— Je vous ennuie ? Vraiment, pas moyen d'avoir une seconde chance ? Juste prendre un verre tous les deux.
— Nous n'avons rien à nous dire, je vous l'ai assuré hier soir.
— S'il vous plait ! Je ne suis pas... celui que vous imaginez. Pas un ange non plus, mais surement pas ce démon que vous croyez.
— Alors, prouvez-le-moi et fichez-moi la paix.
— Pour vous montrer ma bonne foi... un verre s'impose, non ?
— Dans le genre crampon, vous vous posez là. Je n'ai pas l'intention de faire quoi que ce soit en votre compagnie.
— Allez soyez chic ! Je suis ici, vous aussi et là... il y a le trait d'union pour que je vous apparaisse moins...
L'index du zigoto pointait vers la façade d'un bar et apparemment, il s'acharnait à vouloir lui offrir un verre. Était-ce la solution pour que le vieux beau lui lâche la grappe ? Peut-être ! Son hésitation n'était pas passée inaperçue et l'autre s'engouffrait de suite dans ce qu'il entrevoyait comme une brèche dans la cuirasse.
— Allez, belle dame, juste un verre et vous n'entendrez plus parler de moi. Une seule chance, donnez-moi une seule chance de vous séduire.
—... ? Vous êtes tenace ! Et je n'ai nulle intention de me laisser « séduire » comme vous le dites.
— Tant pis ! Au moins de mon côté aurais-je eu la chance de croiser la route d'un ange et... de prendre un pot avec une créature de rêve.
—... ? Vous êtes tenace ! Et je n'ai nulle intention de me laisser « séduire » comme vous le dites.
— Tant pis ! Au moins de mon côté aurais-je eu la chance de croiser la route d'un ange et... de prendre un pot avec une créature de rêve.
Il parlait avec une certaine véhémence, comme s'il vivait complètement ses paroles. Comment un tel énergumène pouvait-il encore exister dans ce coin reculé ? Perturbée par la manière d'aborder les choses et aussi quelque peu intriguée par cet individu qui lui montrait un certain intérêt, Claudine éclata de rire. Le mec sans se démonter insista encore un peu.
— Au moins, je vous fais rire... et un adage dit qu'une femme qui rit est une femme conquise. Alors ? Ce verre ? Même partager un café en votre compagnie me conviendrait !
—... Vous ne me semblez pourtant pas du genre à vous contenter d'un café !
— Comment dois-je l'entendre ? Dans le sens buveur ou dans le sens amoureux ?
—... ? Décidément, vous tournez toujours tout à votre avantage ? Vous voulez toujours avoir le dernier mot, c'est ça ?
— Allons prendre un jus et vous aurez tout le temps d'avoir vos réponses. D'accord ?
—... Vous ne me semblez pourtant pas du genre à vous contenter d'un café !
— Comment dois-je l'entendre ? Dans le sens buveur ou dans le sens amoureux ?
—... ? Décidément, vous tournez toujours tout à votre avantage ? Vous voulez toujours avoir le dernier mot, c'est ça ?
— Allons prendre un jus et vous aurez tout le temps d'avoir vos réponses. D'accord ?
Mince ! Le bonhomme ne lâchait pas l'affaire. À bout d'argument, il ne lui restait que deux solutions. L'envoyer proprement paitre, ou... aller boire un coup au troquet d'en face. Là, ça risquait fort de se retourner contre elle. Mais c'était vrai qu'il l'amusait soudain. À trop vouloir se montrer à son avantage, il s'en ridiculisait. Sans trop s'en rendre compte, lentement son esprit s'ouvrait à la possibilité qu'ils aillent ensemble au bistrot. C'était donc de cette manière qu'ils avaient elle et lui croisé la chaussée pour entrer dans le bar. Une table dans un recoin, et devant Claudine, un café fumant alors que lui refermait ses doigts sur un verre de bière. Ils demeurèrent un long moment sans dire un mot. Puis il revint sur la veille.
— Hier soir, vous ne m'avez pas donné votre prénom... moi c'est toujours Pierre.
—... Vous comptez me poursuivre longtemps de cette façon ?
— Je vous assure que c'est fortuit ! C'est vrai que je pensais très fort à vous, mais je doute que mes souvenirs de votre joli minois vous aient fait apparaitre par magie en face de moi !
— Bon ! Que me voulez-vous ?
— Honnêtement ? Vous êtes une très belle dame, je suis un homme... ça vous parle ? Qu'est-ce que deux êtres de ce genre peuvent bien fabriquer ensemble ? Vous n'avez pas d'avis ? Votre prénom aussi, je peux le savoir ?
— Claudine ! Mais vous n'êtes pas sérieux là ? Je vous ai vu au restaurant avec une gamine que vous traitiez comme une prostituée... pire sans doute, telle une esclave !
— Oh ! Marjorie ? C'est une gosse un peu paumée... qui se cherche encore. Mais elle n'a pas la trempe pour me donner ce qui me fait vibrer. Le sexe pour le sexe m'importe peu.
—... Ça veut dire quoi au juste, votre charabia ?
— Que je suis dans l'attente du grand frisson ! Une femme mure, très belle, brune de préférence, qui saurait ce qu'elle veut. Avec qui faire un bout de chemin, pas forcément non plus sur des routes très... académiques.
— Vous parlez toujours par énigmes, comme en ce moment ? Jamais vous n'abordez le fond de votre pensée ?
— Ça vous intéresse de le savoir ? Parce que je suis toujours persuadé que vous pouvez être celle que je recherche.
— Dites-moi donc... de cette perle rare, vous en espérez quoi ?
— Je ne vais pas tourner autour du pot plus longtemps. J'ai envie de vous, mais j'aime les femmes qui n'ont pas peur d'être fessées, qui vont plus loin dans le lâcher-prise. Une femme pas du tout esclave comme vous venez de le suggérer pour Marjorie, mais bien une dame distinguée qui... aimerait le sexe d'une autre manière. Être guidée, chouchoutée, dorlotée, mais très obéissante et plutôt, comment dire ça, pas trop farouche.
— Ça n'existe pas une femme telle que celle que vous la décrivez.
— Oh si ! Et peut-être même qu'elle est bien plus proche que je ne pouvais hier encore l'imaginer.
— Si c'est à moi que vous faites allusion, vous vous fourrez le doigt dans l'œil bien profondément.
— Hum... je demande juste à voir. Je me trompe rarement dans mes jugements. Vous êtes absolument faites pour ça. Mais tout s'apprend et il suffit de le vouloir.
—... Vous comptez me poursuivre longtemps de cette façon ?
— Je vous assure que c'est fortuit ! C'est vrai que je pensais très fort à vous, mais je doute que mes souvenirs de votre joli minois vous aient fait apparaitre par magie en face de moi !
— Bon ! Que me voulez-vous ?
— Honnêtement ? Vous êtes une très belle dame, je suis un homme... ça vous parle ? Qu'est-ce que deux êtres de ce genre peuvent bien fabriquer ensemble ? Vous n'avez pas d'avis ? Votre prénom aussi, je peux le savoir ?
— Claudine ! Mais vous n'êtes pas sérieux là ? Je vous ai vu au restaurant avec une gamine que vous traitiez comme une prostituée... pire sans doute, telle une esclave !
— Oh ! Marjorie ? C'est une gosse un peu paumée... qui se cherche encore. Mais elle n'a pas la trempe pour me donner ce qui me fait vibrer. Le sexe pour le sexe m'importe peu.
—... Ça veut dire quoi au juste, votre charabia ?
— Que je suis dans l'attente du grand frisson ! Une femme mure, très belle, brune de préférence, qui saurait ce qu'elle veut. Avec qui faire un bout de chemin, pas forcément non plus sur des routes très... académiques.
— Vous parlez toujours par énigmes, comme en ce moment ? Jamais vous n'abordez le fond de votre pensée ?
— Ça vous intéresse de le savoir ? Parce que je suis toujours persuadé que vous pouvez être celle que je recherche.
— Dites-moi donc... de cette perle rare, vous en espérez quoi ?
— Je ne vais pas tourner autour du pot plus longtemps. J'ai envie de vous, mais j'aime les femmes qui n'ont pas peur d'être fessées, qui vont plus loin dans le lâcher-prise. Une femme pas du tout esclave comme vous venez de le suggérer pour Marjorie, mais bien une dame distinguée qui... aimerait le sexe d'une autre manière. Être guidée, chouchoutée, dorlotée, mais très obéissante et plutôt, comment dire ça, pas trop farouche.
— Ça n'existe pas une femme telle que celle que vous la décrivez.
— Oh si ! Et peut-être même qu'elle est bien plus proche que je ne pouvais hier encore l'imaginer.
— Si c'est à moi que vous faites allusion, vous vous fourrez le doigt dans l'œil bien profondément.
— Hum... je demande juste à voir. Je me trompe rarement dans mes jugements. Vous êtes absolument faites pour ça. Mais tout s'apprend et il suffit de le vouloir.
La tasse reposée sur sa soucoupe mit un terme à un échange qui commençait à peser sur le moral de Claudine. Ce type l'inquiétait et elle prit son parti de rentrer chez elle.
— Bon ! Vous ne parviendrez pas à me convaincre et de mon côté, je n'ai nulle envie de vous défier sur un terrain que vous paraissez connaitre trop bien.
— Est-ce toujours une fin de non-recevoir ?
— Appelez cela comme bon vous semble. Je ne suis pas partisane de ce genre de bêtise.
— Tout ce que vous ne gérez pas vraiment s'apparente donc à « des bêtises » ? Vous ne me laissez aucune alternative ?
— Je n'ai rien demandé et du coup, je n'attends rien non plus. Et puis nous avions dit « juste un verre » ! C'est fait, je pense, donc ma bonne foi ne saurait être mise en doute.
— C'est vrai ! Mais je vous aurais crue plus... curieuse.
— La sexualité ne se résume pas à vos seules envies ou espérances. Et j'ai le droit de ne pas être en phase avec vos vues excentriques. Donc... nous n'irons pas plus loin dans une conversation qui j'en suis certaine ne pourrait tourner qu'à votre avantage. Je ne suis pas une adepte de vos pratiques de sauvage.
— Eh bien ! En voilà une haute opinion de moi !
— Comment voulez-vous que je parle autrement d'un homme dont le seul but est de jouir de la douleur des femmes ? Et vous n'obtiendrez rien de ma part dans un domaine duquel je ne veux même pas avoir une image. Pour moi, tout ceci n'est qu'une manière détournée de vous libérer de vos pulsions malsaines. Donc, je n'entrerai jamais dans votre jeu de dupe.
— Quel dommage ! Je me serais fait un tel bonheur de vous éduquer, de vous dresser, de vous domestiquer...
— Alors... Pierre si tel est votre vrai prénom, ce dont je peux encore douter... la SPA est là pour faire adopter les chiens abandonnés traités comme vous aimeriez le faire aux dames... et je ne serai jamais votre proie.
— Vous... vous avez plus de langue que d'effet ! C'est à la limite de l'insulte, je me trompe ?
— Parce que votre proposition n'en est pas à elle seule une, pour l'ensemble de la gent féminine de cette planète ? Vous pensez vraiment que des femmes ont envie de croiser la route d'un mec qui veut les frapper, les modeler à l'image de ses fantasmes ?
— Oh... Il y en a des tas, bien sûr !
— Alors, je vous conseille vivement d'aller à la recherche de celles qui sont suffisamment déphasées pour jouir de vos sévices idiots. Quant à moi... je ne veux rien avoir à faire avec un individu qui s'érige en « maitre »... maitre de quoi du reste ? J'ai entendu vos propos avec cette jeune fille lors de votre diner.
— Oui ! Et vous en avez souri, si je me souviens bien !
— Juste pour le mot que vous avez employé ! Plus personne ne s'en sert de nos jours. Et puis... vos propos suivants étaient eux, une honte faite aux femmes. Nous avons bu un verre et c'est déjà de trop à mon sens. Bonne fin de journée et merci de ne plus m'importuner...
— C'est ça... rentrez dans votre coquille, oubliez que vous êtes une femme et laissez donc le temps faire son œuvre. Les rides au coin des yeux, les seins qui vont tomber... tout va vous détruire sans que vous osiez redécouvrir l'amour. Le vrai, celui avec un grand « A » majuscule, celui bien différent de tout ce que les pauvres hommes « vanille » offrent aux dames. J'en suis marri, mais vous étiez... non, vous êtes parfaite pour devenir la plus chienne des soumises.
— Eh bien... adieu, Pierre. Nos chemins ne se recroiseront plus à mon avis.
— Allez savoir ! Je ne suis pas du genre à baisser les bras... et un jour... c'est là que vous... non que tu vas venir manger.
— Est-ce toujours une fin de non-recevoir ?
— Appelez cela comme bon vous semble. Je ne suis pas partisane de ce genre de bêtise.
— Tout ce que vous ne gérez pas vraiment s'apparente donc à « des bêtises » ? Vous ne me laissez aucune alternative ?
— Je n'ai rien demandé et du coup, je n'attends rien non plus. Et puis nous avions dit « juste un verre » ! C'est fait, je pense, donc ma bonne foi ne saurait être mise en doute.
— C'est vrai ! Mais je vous aurais crue plus... curieuse.
— La sexualité ne se résume pas à vos seules envies ou espérances. Et j'ai le droit de ne pas être en phase avec vos vues excentriques. Donc... nous n'irons pas plus loin dans une conversation qui j'en suis certaine ne pourrait tourner qu'à votre avantage. Je ne suis pas une adepte de vos pratiques de sauvage.
— Eh bien ! En voilà une haute opinion de moi !
— Comment voulez-vous que je parle autrement d'un homme dont le seul but est de jouir de la douleur des femmes ? Et vous n'obtiendrez rien de ma part dans un domaine duquel je ne veux même pas avoir une image. Pour moi, tout ceci n'est qu'une manière détournée de vous libérer de vos pulsions malsaines. Donc, je n'entrerai jamais dans votre jeu de dupe.
— Quel dommage ! Je me serais fait un tel bonheur de vous éduquer, de vous dresser, de vous domestiquer...
— Alors... Pierre si tel est votre vrai prénom, ce dont je peux encore douter... la SPA est là pour faire adopter les chiens abandonnés traités comme vous aimeriez le faire aux dames... et je ne serai jamais votre proie.
— Vous... vous avez plus de langue que d'effet ! C'est à la limite de l'insulte, je me trompe ?
— Parce que votre proposition n'en est pas à elle seule une, pour l'ensemble de la gent féminine de cette planète ? Vous pensez vraiment que des femmes ont envie de croiser la route d'un mec qui veut les frapper, les modeler à l'image de ses fantasmes ?
— Oh... Il y en a des tas, bien sûr !
— Alors, je vous conseille vivement d'aller à la recherche de celles qui sont suffisamment déphasées pour jouir de vos sévices idiots. Quant à moi... je ne veux rien avoir à faire avec un individu qui s'érige en « maitre »... maitre de quoi du reste ? J'ai entendu vos propos avec cette jeune fille lors de votre diner.
— Oui ! Et vous en avez souri, si je me souviens bien !
— Juste pour le mot que vous avez employé ! Plus personne ne s'en sert de nos jours. Et puis... vos propos suivants étaient eux, une honte faite aux femmes. Nous avons bu un verre et c'est déjà de trop à mon sens. Bonne fin de journée et merci de ne plus m'importuner...
— C'est ça... rentrez dans votre coquille, oubliez que vous êtes une femme et laissez donc le temps faire son œuvre. Les rides au coin des yeux, les seins qui vont tomber... tout va vous détruire sans que vous osiez redécouvrir l'amour. Le vrai, celui avec un grand « A » majuscule, celui bien différent de tout ce que les pauvres hommes « vanille » offrent aux dames. J'en suis marri, mais vous étiez... non, vous êtes parfaite pour devenir la plus chienne des soumises.
— Eh bien... adieu, Pierre. Nos chemins ne se recroiseront plus à mon avis.
— Allez savoir ! Je ne suis pas du genre à baisser les bras... et un jour... c'est là que vous... non que tu vas venir manger.
Le gars ouvrit sa main, tendit la paume vers la quadra qui se levait. Elle ne voulait plus rien entendre, plus rien savoir de cet homme. En tout cas, même s'il se rendait compte qu'il avait perdu la partie, il gardait un certain panache à rester calme. Pas un mot d'insulte, seulement son idée fixe pour lui réitérer ses âneries. Non ! Décidément, malgré le fait que ce gus aurait pu lui plaire, sa manière de vouloir vivre une sexualité où la partenaire était rabaissée au rang de sous-femme, d'objet, non ! Très peu pour elle. Même pas en rêve. Claudine se dirigea vers la porte sous le regard ébahi de celui qui l'avait invité dans ce bar. Aucune tentative pour la retenir, mais ses yeux suivirent la croupe incendiaire qui ondulait dans un jean serré. Bon Dieu ! Cette nana... une bombe qui lui échappait.
L'agacement dans sa voix mâle n'avait percé que par un tutoiement maladroit. Mais la jolie brune ne paraissait pas y avoir prêté attention. Puis la hargne du gars était retombée instantanément, alors que ses mirettes le mettaient en émoi devant un cul du feu de Dieu qui chaloupait pour s'éloigner de lui. Non ! Impossible une seule seconde de laisser passer une pareille occasion. Il lui fallait revenir à la charge, et montrer à la panthère brune qui fuyait qu'elle méritait qu'il s'y attardât. Et d'un bond de félin, il se leva, et en jetant un billet sur le zinc, lui aussi sortit du troquet. La silhouette fine remontait la rue et il n'eut aucun mal à la rattraper.
— Claudine... s'il vous plait... ne me jetez pas ? J'ai... besoin de vous parler, besoin de vous dire...
— Encore vous ? Vous n'allez pas me suivre tout le temps comme ça. Ça a le don de m'énerver et vous êtes à la limite du harcèlement ! Qu'est-ce que vous n'avez pas compris dans mon « non » prononcé dans le bistrot ?
— J'ai bien entendu... mais sans parler de ma marotte... peut-être pouvons-nous apprendre à nous connaitre mieux. Je... comment vous expliquer ce qui m'arrive ? Vous êtes plaisante à regarder vous êtes intelligente et... je suis juste un pauvre diable qui est ensorcelé par votre beauté et votre grâce.
— En plus, vous me prenez pour une demeurée ? À la moindre occasion, vous seriez capable de me ramener votre histoire de fessée et de jeux sado maso sur le tapis. Non ! Vous êtes un gars dangereux et je ne vais pas prendre le moindre risque...
— Je... je ne vous plais pas... pas même un tout petit peu ?
— Pff ! Vous êtes lourd là. Fichez-moi la paix ! C'est tout ce que je demande.
— Encore vous ? Vous n'allez pas me suivre tout le temps comme ça. Ça a le don de m'énerver et vous êtes à la limite du harcèlement ! Qu'est-ce que vous n'avez pas compris dans mon « non » prononcé dans le bistrot ?
— J'ai bien entendu... mais sans parler de ma marotte... peut-être pouvons-nous apprendre à nous connaitre mieux. Je... comment vous expliquer ce qui m'arrive ? Vous êtes plaisante à regarder vous êtes intelligente et... je suis juste un pauvre diable qui est ensorcelé par votre beauté et votre grâce.
— En plus, vous me prenez pour une demeurée ? À la moindre occasion, vous seriez capable de me ramener votre histoire de fessée et de jeux sado maso sur le tapis. Non ! Vous êtes un gars dangereux et je ne vais pas prendre le moindre risque...
— Je... je ne vous plais pas... pas même un tout petit peu ?
— Pff ! Vous êtes lourd là. Fichez-moi la paix ! C'est tout ce que je demande.
Comme crampon, le gaillard se posait là. Elle pressa le pas et cette fois, sur le trottoir, le zigoto ne bougeait plus, comme figé. Une fois au volant de sa voiture, elle ne demanda pas son reste pour véritablement se sauver. Chez elle, elle s'assura encore que le guignol ne l'avait pas suivie. Et puis en écartant les rideaux de sa fenêtre, elle surveilla encore de longues minutes la rue. À demi rassurée, elle entreprit enfin de préparer son déjeuner. Si quelques frissons lui parcoururent l'échine, ceux-ci avaient pour source la peur. Enfin... c'était de cela qu'elle voulait se convaincre en mangeant sans vrai appétit une cuisse de poulet et deux cuillérées de purée. Une partie de l'après-midi, elle replongea son nez dans son bouquin et... se noya dans un chapitre auquel elle ne comprit pas grand-chose.
— xXx —
À suivre...
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