Le cri de Pinocchio
Chapitre 1
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✦ Anthynéa Le cri de Pinocchio XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Le cri de Pinocchio — Chapitre 1

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain Médaillée Notre équipe a trouvé ce texte remarquable !

Texte médaillé


Récompense d'excellence

Cette distinction honorifique est attribuée aux textes qui se démarquent par leur

  • Originalité

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Les médailles sont spontanément décernées par notre équipe aux textes qui démontrent une maîtrise exceptionnelle de l'art narratif, une profondeur émotionnelle remarquable, et une capacité à captiver et émouvoir le lecteur du début à la fin.

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Anthynéa
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Le cri de Pinocchio

Chapitre 1

La pleine lune est montée dans ce ciel d'octobre. Les gamins sont passés, déguisés en bêtes étranges et les paquets de bonbons se sont vidés au rythme des coups de sonnette. Derrière les carreaux, j'ai vu ces monstres étranges qui défilaient, avant de s'envoler en riant vers d'autres maisons.
Dans la soirée, ils ont frappé à ma porte sans que je veuille ouvrir. Mais ils criaient tous comme des sauvages. Qui sont-ils ? Des gosses revenus du fond de ma mémoire ou des fantômes qui viennent pour hanter mes dernières nuits de ce mois d'automne ? Ils hurlent quelques minutes, des coups violents sont donnés partout dans les cloisons ou bien ne sont-ils vraiment que dans ma tête ? Je n'ose plus fermer les yeux ! Ils sont là partout à m'épier, attendant que je dorme pour me faire je ne sais quelles misères.
Je lutte, je reste les regards fixés au plafond, sans un mot, je voudrais même ne plus respirer. Le Pinocchio de bois du dernier noël reste là, à se balancer des heures durant au pied de mon lit. Son nez s'allonge et vient se frotter contre mes jambes. Elles sont si lourdes, elles sont de plomb. Je n'arrive plus à savoir s'il faut que je crie, ou bien suis-je déjà en train de le faire ? La lumière, je ne veux pas qu'elle me quitte, il faut qu'elle reste là, qu'elle m'accompagne encore un peu ! Juste le temps que réapparaisse le jour.
Quand il est de nouveau clair et que le pantin ne se balance plus, je suis apaisée, mais pas sauvée. Non ! Les voix remontent encore dans ces escaliers. Ceux de ce grenier où je vis, recluse sans échappatoire. Le cycle recommence, maman est là, un bol de bouillon à la main, qu'elle me tend de ces bras décharnés Elle n'a pas laissé la porte entrouverte, se contentant de me passer ce récipient de soupe. Mes mains n'arrivent pas à s'allonger suffisamment pour m'en saisir. Alors les voix sont là encore et encore.
Un grand rire, celui de ma maman ? Il ne ressemble en rien à ces mots qu'elle me susurrait, mais c'était... il y a bien longtemps ! Le ciel est sombre sur un soir qui retombe et je suis toujours allongée. Des raies de lumières sont tout autour de mon petit lit. Il tangue, sur une mer déchainée, je me cramponne à des draps qui sont froissés et le nez de l'enfant de Geppetto, recommence un long mouvement de balancier. Il se glisse le long de mes cuisses, sans pudeur, sans que je ne sois en mesure de stopper son déplacement. C'est bizarre, cette terreur qui me serre la gorge. J'implore sa pitié, je hurle pour que ça cesse.
Rien n'y fait et la chose froide s'enfonce toujours plus haut, entre ces jambes que je voudrais serrer. Je suis à demi nue sans raison. Ça bouge de partout dans cette sous-pente aux allures de prison. J'ai des frissons de terreur. Ce nase qui rampe entre mes deux guibolles pourtant ouvertes s'étire de plus en plus. Mais peut-être que ma vision des choses se restreint au point que la truffe qui m'écartèle en devient immense. Arlequin sur la commode clignote de partout et ricane et c'est moi qui semble pourtant le faire vibrer.
Les gnomes de la terre entière sont tous autour de mon pieu, et les dents serrées j'assiste impuissante à cette effarante, à cette monstrueuse avancée du bois ou de je ne sais quelle matière. Oh ! Geppetto pourquoi lui as-tu appris à mentir ? Je te hais et ma gorge au lieu de crier se serre de plus en plus. Ma voix se perd au fond de ma propre tête. Le singe aux cymbales se met à battre de toutes ses forces sur ses deux disques de cuivre. Alignés, les soldats de plomb entourent de leurs armes menaçantes la couche où je gis.
Ils assistent tous à la mise à mort de ce que je voudrais garder le plus longtemps possible. L'appendice nasal touche ma culotte ! Mais pourquoi suis presque complètement à poils alors que mon derrière reste couvert ? Et la marionnette qui se joue de ce ridicule rempart, qui le pousse sur un côté. J'ai une bouffée de chaleur alors que la bûche façonnée se love là où je voudrais garder mes mains. Pas moyen d'échapper à cet horrible destin ? Les coups dans la porte se sont enfin tus. Le soleil est de retour sur le vasistas de ma mansarde. Avec lui l'abominable homme de chêne bat en retraite. Une autre assiette, servie par ce squelette qui me nourrit est là sur la minuscule table qui sert de chevet. Maman ? Dis-moi un mot, juste un sourire si tu ne sais plus parler. C'est moi qui ne mange plus et c'est toi qui te promènes avec une tête de déterrée. Pourquoi cries-tu aussi brutalement dans mon cerveau.
Non, je n'ai rien fait de ce que tu dis ! Tu me promets l'enfer, et je sais, je le sens, que ce soir, il va venir à moi. Il a les traits de cette fichue pièce de bois ciselée. L'obscurité n'est plus couverte pas la lampe tremblotante et l'épine au milieu de la face blanche remonte entre mes... elle va plus vite, c'est plus rapide... mon Dieu ! Je voudrais crier ma peur, ma souffrance, mais je ne sais pas si je peux essayer seulement de le faire. La chambre est plongée dans le noir et cette chose qui pèse sur moi...
Elle y est entrée, me rejetant dans la sombre nuit d'octobre, celle des sorcières. Et pourtant ce Pinocchio, je l'ai serré contre moi, je l'ai embrassé, je lui ai dit des milliers de « je t'aime ». Dans l'assiette, les aliments sentent mauvais. Plus rien n'a de gout et les bras de maman sont partis, remplacés par ceux de quelqu'un d'autre. La luminosité de ce matin particulier revient avec la sortie de mon sommeil agité. Mon lit a fait naufrage et ma vie aussi.
Il était couché là, près de moi et n'avait pour toute excuse que la boisson... oh ! Toi qui m'avais donné la vie, tu as gâché ma jeunesse. Nous ne nous sommes jamais revus. Ce bonhomme de bois, cet auguste avait ton visage à l'aube de ce matin-là et même ta femme, ne m'a pas aidé...
Maman... ce n'était en rien ma faute... ! Vingt ans déjà et j'en cauchemarde encore... l'aigle noir ; c'était ... lui !
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Utilisateur supprimé
31 mars 2018 à 12:09
Une atmosphère créée en quelques lignes pour ce texte riche de ses sous-entendus. La subtilité du fond rejoint celle de la forme malgré quelques légers défauts.
Le format court vous va très bien, votre récit gagne en consistance et en densité.
Dommage qu'il n'ait pas été apprécié à sa juste valeur.
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Doogy Woogy
10 septembre 2017 à 14:39
Bravo! Je ne ne vais pas être original dans mes compliments, c'est superbement écrit.
Pour ce qui est du fond, effectivement ça n'a rien d'érotique, mais là n'est plus vraiment la question. Et oui, la mise en situation est particulièrement réussie. On sent bien l'angoisse, dès le début du texte et elle va en grandissant.
Car un viol incestueux ne peut être qu'angoissant. Et la référence à la chanson de Barbara est magistralement amenée pour éclairer d'une lumière bien crue le fond de l'histoire.
Chapeau bas!
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Docsevere
28 décembre 2016 à 22:06
C'est superbement écrit. Ça n'est évidemment pas érotique.
Mais il y a une telle qualité littéraire dans le traitement de ce sujet terrible.
Chapeau !
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Anthynéa
21 octobre 2016 à 06:42
Juste une petite précision !

J'avais écris ce texte dans l'optique de me mesurer aux auteurs de ce site lors du concours "Angoissexy" , avant de m'apercevoir que je ne pourrais pas participer. (Hors délai et seulement 7 participants possibles)

Rien d'autobiographique, juste une mise en situation qui a l'air d'avoir finalement réussi !

Merci d'avoir lu mon récit... je tenterai de vous émouvoir d'une autre manière la prochaine fois !:

Kikoo à toutes et tous
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Utilisateur supprimé
20 octobre 2016 à 22:15
Je ne sais que penser de ce texte.... L'écriture est au-dessus de la grande majorité de ce que j'ai lu jusqu'à présent, le style est très intéressant, donc rien à dire sur la technique. Enfin si, il y a quelque chose à dire sur la technique: chapeau.
Maintenant l'histoire: je suis partagé.... Je ne savais pas si je devais me laisser entraîner, si je devais embarquer dans ce navire ou au contraire tout faire pour garder mes distances. Et le final a confirmé mon impression première: il faut rester spectateur au risque de se prendre une claque à la fin.
Mais voilà, j'ai eu un problème: le style m'a embarqué et du coup je me la suis prise, la claque finale !!!
Et maintenant je suis confronté à un nouveau problème: est ce un récit inventé de toutes pièces et je me dois de féliciter l'auteur ou est ce autobiographique et je ne saurais comment réagir. Je n'ai jamais été confronté à ce genre de dilemme...
Modifié 20 octobre 2016 à 22:16
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Lioubov
20 octobre 2016 à 10:08
Un bon texte, Anthynéa, très fantasmatique.
Soyez respectueux
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