Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'étrange tableau — Chapitre 1 · Sophia
Auteur
L'étrange tableau
Chapitre 1 · Sophia
Je me souviens de ce jour d'automne. J'étais encore un jeune homme, et je vivais seul avec ma mère. La maison était calme, presque trop. J'étais plongé dans ma lecture, dans ma chambre sous les toits, quand un bruit sourd a retenti en bas. Je suis descendu en vitesse.
C'était ma mère. Ses longs cheveux bruns lui tombaient sur le visage. Elle tenait contre elle un grand tableau.
— Aide-moi, il est un peu lourd. On va le mettre au salon.
Je l'ai aidée. La toile était imposante, bien plus lourde qu'elle n'en avait l'air, et il nous a fallu un moment pour la fixer au mur.
Elle représentait une grande maison au milieu d'une forêt. C'était magnifique, mais quelque chose s'en dégageait, un malaise que je n'arrivais pas à nommer. Je crois que c'est justement ce qui avait plu à ma mère.
Les jours passèrent, et je remarquai que ma mère ne quittait plus le tableau des yeux. Elle restait devant, immobile, comme absorbée. Un matin, je m'étais levé avant elle ; en descendant, je l'avais trouvée déjà là, en chemise de nuit, les bras le long du corps, fixant la toile dans la pénombre. Elle n'avait pas entendu mes pas. Son regard était absent, sa respiration lente et régulière. J'avais toussé doucement pour la tirer de là. Elle avait sursauté, légèrement gênée, et était allée préparer le café sans un mot.
Un soir, avant de dormir, j'entendis du bruit derrière ma porte. Je me levai pour voir ce que c'était. Une fille se tenait dans le couloir, un peu plus jeune que moi.
— Qu'est-ce que tu fais là ?
— Désolée de te déranger. Je suis la voisine, ta mère m'a laissée entrer pour que je me présente. Je m'appelle Sophia, je suis la nouvelle voisine.
— Désolée de te déranger. Je suis la voisine, ta mère m'a laissée entrer pour que je me présente. Je m'appelle Sophia, je suis la nouvelle voisine.
Je n'avais pas entendu la porte d'entrée. Cela me parut étrange.
— Si tu veux, on descend, on pourra discuter plus facilement.
Je descendis les marches, elle derrière moi. La maison était silencieuse. Arrivé en bas, je sentis comme un vent, je me retournai : elle avait disparu. Il ne restait rien — pas même le craquement du plancher, pas même le souvenir d'une odeur.
Je remontai dans ma chambre. Personne. Je décidai d'aller voir ma mère, au cas où elle l'aurait croisée, mais au moment d'ouvrir sa porte, j'entendis des bruits à l'intérieur. Je me dis qu'elle devait être au téléphone.
Je retournai me coucher et je m'endormis.
Le lendemain matin, ma mère se tenait calmement devant le tableau, toujours en train de l'observer.
— Maman, hier j'ai cru voir une voisine. Elle s'appelle Sophia, elle m'a dit que tu l'avais laissée entrer.
— Sophia ? Je n'ai aucun souvenir d'une Sophia. Tu as dû rêver.
— Sophia ? Je n'ai aucun souvenir d'une Sophia. Tu as dû rêver.
Pourtant, j'étais sûr de ne pas avoir rêvé.
La journée passa. Je décidai de jouer à un jeu de société avec ma mère : ça faisait du bien de passer de bons moments ensemble, elle semblait si seule.
La nuit tomba et je retournai au lit. La maison était calme, je pensais aux petits problèmes de la vie.
— Psss…
Je me retournai. C'était Sophia, de nouveau, couchée à côté de moi.
Je sursautai.
— Mais qu'est-ce que tu fais là ?
— N'aie pas peur.
— N'aie pas peur.
Je me levai d'un bond, et la chambre se referma sur le silence. Elle s'était évaporée, ne laissant qu'un léger froid à l'endroit où elle avait été allongée. Cette fois, me dis-je, ce n'était pas un rêve : je l'avais bien vue.
J'avais peur. Je regardai autour de moi, et j'entendis un bruit venant du salon. Je rassemblai mon courage et descendis. J'allumai la lumière : Sophia était assise dans le fauteuil, les yeux fixés sur le tableau.
— Sors de la maison. Tu me fais peur, à disparaître comme ça, et tu n'es pas censée être ici.
— Je n'ai pas envie de partir.
— Et tu n'as pas envie de savoir comment je fais ça ?
— Non. Pars, ou je te fais sortir.
— Je n'ai pas envie de partir.
— Et tu n'as pas envie de savoir comment je fais ça ?
— Non. Pars, ou je te fais sortir.
Le fauteuil était vide. Je refermai la porte à clé pour être sûr que personne n'entre, puis je remontai me coucher. Elle était là, encore. Je doutais que ce soit naturel : je le sentais.
— Que veux-tu ? Tu es quoi ?
— Je suis ton amie. Je suis un fantôme, n'aie pas peur.
— Je suis ton amie. Je suis un fantôme, n'aie pas peur.
Je restai immobile quelques secondes, puis je m'approchai.
— Je suis morte il y a cent trente ans. La maison du tableau, c'était la mienne.
Après ces explications, je me suis senti prêt à l'écouter. Nous avons parlé de son ancienne vie, mais aussi de moi, toute la nuit, jusqu'à ce que je m'endorme et qu'elle disparaisse.
À mon réveil, je savais que je n'avais pas rêvé. Elle réapparaissait plusieurs fois dans la journée : nous discutions, nous jouions, sans que ma mère s'en aperçoive.
Même si nous étions souvent ensemble, je ne savais pas si elle voulait réellement être mon amie.
Souvent, quand elle apparaissait, elle me faisait peur. Ce n'était qu'après quelques secondes qu'elle devenait plus douce.
Les jours passèrent, et la maison devenait de plus en plus froide : on sentait que l'hiver arrivait.
Une nuit, alors que je dormais, je sentis une main glisser sur la couette, remonter lentement jusqu'à mon cou. J'ouvris les yeux.
— Qu'est-ce que tu fais, Sophia ?
Elle ne répondit pas et me fixa droit dans les yeux.
— Réponds... tu me fais un peu peur.
— Excuse-moi... mais j'ai envie de dormir à côté de toi. Je peux ?
— Excuse-moi... mais j'ai envie de dormir à côté de toi. Je peux ?
Timidement, je répondis oui.
Elle commença alors à retirer ses habits jusqu'à être complètement nue. La vue de son corps ne me déplaisait pas, bien au contraire.
— Tu n'as pas froid, nue ?
— Non... et je ne risque pas de mourir de froid !
— Non... et je ne risque pas de mourir de froid !
Elle riait légèrement avant de se glisser sous la couette, tout près de moi.
Elle était glacée. Pensant qu'elle cherchait de la chaleur, je me serrai contre elle pour la réchauffer, mais sa peau gardait cette fraîcheur surnaturelle, ce qui était logique, après tout, puisqu'elle n'était plus de ce monde.
Je fermai les yeux, et c'est alors que je sentis sa main froide se glisser à l'intérieur de mon pantalon de pyjama.
— Tu fais quoi ?
— Laisse-toi faire...
— Laisse-toi faire...
Elle se mit à me caresser lentement, sans me quitter des yeux. La fraîcheur de ses doigts contrastait brutalement avec la chaleur qui envahissait mon corps. Je sentais le plaisir monter.
Dans un élan, je la pris dans mes bras et je l'embrassai. Ses lèvres, peu à peu, devenaient moins froides, il me semblait. Nous nous embrassâmes longtemps, pendant qu'elle continuait à me masturber. Je sentis sa prise se faire plus assurée, ses doigts glacés qui me serraient avec une précision presque délibérée, et la tension montait, montait — puis je sentis un froid se glisser dans mon dos. Je ne savais plus si je devais continuer ou m'arrêter.
Elle écarta la couette et glissa plus bas. Elle commença à me sucer. Je fermai les yeux. Le froid de sa bouche se mêlait à quelque chose d'intense, presque insupportable ; je posai une main sur sa nuque, ses cheveux entre mes doigts, et le plaisir grandissait encore, prenait toute la place, jusqu'à ce que je retienne mon souffle — et puis plus rien. Sa chaleur disparut d'un coup, remplacée par le silence et l'air froid de la chambre. Un rire moqueur résonna quelque part, venu de nulle part, avant de s'éteindre.
J'étais partagé entre plusieurs émotions. J'avais aimé ce moment, et pourtant j'étais vexé qu'elle s'évanouisse ainsi, comme si elle s'était moquée de moi.
Le lendemain, elle est réapparue à mon réveil. Son teint était moins pâle, presque rosé, et elle souriait d'un air satisfait que je ne lui connaissais pas encore. Elle m'embrassa : ses lèvres étaient tièdes, sa prise plus ferme que la veille. Je posai machinalement la main sur sa joue — plus froide que la mienne, mais plus chaude qu'avant. Je ne comprenais pas ce que cela voulait dire. Elle s'écarta et disparut, comme à son habitude.
Je descendis en bas. Ma mère était au salon. Elle semblait fatiguée et un peu embêtée.
— Tu vas bien, maman ? Si tu as des soucis, tu peux m'en parler.
— Non, je suis juste fatiguée pour le moment. J'ai des nuits agitées.
— Non, je suis juste fatiguée pour le moment. J'ai des nuits agitées.
Je regardai derrière ma mère : Sophia était là, avec un petit sourire sournois. Elle me faisait signe de la suivre. Je la suivis jusqu'au jardin. Elle me prit la main : sa peau était plus chaude.
— Comment ça se fait que ta peau soit plus chaude ?
— C'est peut-être le fait de te voir.
— C'est peut-être le fait de te voir.
Mais je doutais. Je sentais qu'il se passait autre chose, quelque chose qu'elle ne me disait pas, et ce doute avait un goût désagréable que je ne savais pas encore nommer.
— Je crois que tu me caches des choses.
Elle ne répondit pas. Elle regardait ma mère par la fenêtre, d'un air sérieux.
— Ta mère est jolie. Elle a l'air d'une belle femme.
— Pourquoi tu dis cela ?
— Ce soir, je vais te montrer quelque chose.
— Ce soir, je vais te montrer quelque chose.
Et elle s'évanouit dans la lumière froide du jardin. J'attendis la nuit tombée pour savoir ce qu'elle voulait me montrer. J'entendis deux coups frappés à la porte de ma chambre : c'était Sophia.
— Tu es prêt à faire de nouvelles rencontres ?
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