Rat des villes, rat des champs
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Rat des villes, rat des champs — Chapitre 1

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D3lta
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Rat des villes, rat des champs

Chapitre 1

Le salon de l'Agriculture.
Le plus grand salon européen du monde de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Le rendez-vous incontournable de milliers de producteurs, cultivateurs et artisans. La grand-messe du savoir-faire et du patrimoine à la française.
Pour moi, un enfer sur Terre.
Un gigantesque tas de crottin à ciel ouvert où se croisent sans jamais vraiment se mélanger de quelconques politiciens ventripotents, de riches producteurs aux bourses trop pleines, des employés exténués couverts de merde empestant la vache en chaleur et des touristes au nez retroussé en quête de n'importe quelle sombre spécialité locale inconnue à découvrir pour se la péter à leur prochain dîner de famille.
Je ne comprends pas - et ne comprendrais jamais, ce qui est passé par la tête de celui qui s'est dit un beau jour qu'il allait rameuter tout le monde agricole en plein cœur de la capitale pour qu'ils s'auto-congratulent - ou se lamentent entre eux, au choix. Le pays a besoin de ses producteurs, c'est indéniable. Ils nous nourrissent, nous font vivre. Mais certaines choses ne sont pas faites pour être mélangés. Comme tout le monde aime à le dire si bien, ''on ne mélange pas les torchons et les serviettes''. La ruralité et l'urbanisme font partie de ces choses incompatibles, à mon sens. On aura beau rassembler des milliers de vaches, moutons, ânes et autres animaux puants au milieu de la ville, ils n'y seront pas dans leur élément. Pas plus que les bouseux qui en prennent soin d'ailleurs.
Moi par exemple : je suis un enfant de la ville. La pollution, les bouchons, les hordes de passants pressés, leurs visages froids et fermés, l'accumulation de boutiques, l'amoncellement de poubelles sur les trottoirs, les pièces pas plus grandes que des placards qui nous servent d'appartement, les buildings de bureaux, les vidéoconférences interminables... Tout ça fait partie de mon quotidien. C'est mon élément. Le milieu dans lequel je me suis épanoui et j'ai construit ma vie. Un ''cul-terreux'' comme on les appelle, ne pourra jamais prendre ma place. Comme je sais très bien que je ne pourrais pas prendre la sienne. Et faire festoyer tout le monde pendant dix jours par an pour célébrer ces deux mondes n'y changera jamais rien.
C'est donc avec une lassitude non feinte, voire une aversion certaine, que je tends mon billet d'entrée à l'hôtesse d'accueil qui ne prend pas la peine de me dire bonjour, ni même de m'adresser un regard. Je n'ai pas encore mis un seul pied dans le salon à proprement parler que je me retiens déjà de tourner les talons et de profiter du temps que cela me dégagerait pour m'adonner à des activités bien plus réjouissantes. Aller siffler des bières au premier bar venu par exemple. Ou rentrer dans le sex-shop pas très loin d'ici et louer une cabine pour me vider les couilles sur un bon porno bien hard. J'ai conscience d'être le stéréotype du beauf de souche quand je pense à ça, mais que voulez-vous. Je suis un homme, et comme tout homme j'ai des envies et des pulsions. Personne ne peut rien faire contre ça.
D'ailleurs, je me vautrerai allégrement dans ce rôle si je n'étais pas obligé d'être ici.
Je travaille pour une nouvelle société de Webmastering. J'ai été engagé il y a quelques mois de cela par Monsieur Pikcel pour ce qui s'annonçait comme un boulot passionnant, moi qui ne me sens jamais aussi bien que derrière un écran avec pour unique compagnie mes lignes de codes. Ce que je n'avais pris en compte dans l'équation, c'est que puisque la société venait de naître, elle n'avait pas encore de clientèle à proprement parler. Il lui fallait se constituer un réseau solide si elle voulait que le cahier de commande gonfle. C'est pourquoi Monsieur Pikcel avait transformé ces quelques employés en commerciaux de terrain. Moi comme les autres, nous passions depuis quelques semaines plus de temps à aller frapper aux portes de potentiels futurs clients qu'à exercer notre vrai métier.
C'est dans cette optique-là que j'ai été envoyé ici. Mon objectif de la journée : revenir avec au moins trois demandes de devis. J'ai de sérieux doutes quant à la propension des agriculteurs à vouloir une vitrine virtuelle, mais ce cher Monsieur Pikcel n'a rien voulu savoir. Il est certain que les petits paysans de province ont eux aussi envie de se mettre au goût du jour et de suivre la tendance. Lui non plus n'a pas encore compris que ces deux mondes se côtoient mais ne se mélangent pas.
J'ai l'infime espoir, dans mon malheur, de réussir à m'épargner le hall consacré aux animaux de ferme. Durant les premières heures de mon fabuleux périple, je m'attache donc à tenter des approches auprès des divers éleveurs de chiens, producteurs de pommes et autres fromagers. Mais la quasi-totalité d'entre eux sont des représentants de grands groupes présents à l'échelle européenne qui n'ont nullement besoin qu'une petite entreprise inconnue s'occupe de leur présence numérique. Quant aux petits indépendants, soit ils se contentent de leur petite page Facebook, soit ils ne veulent même pas entendre parler des ordinateurs, ces suppôts de Satan envoyés sur Terre pour leur filer mal au crâne.
Aux alentours de quatorze heures, au moment où je me laisse tomber sur un banc un peu à l'écart, j'ai plus que jamais envie de hurler. Je crève de chaud ; Je me fais ballotter comme un fétu de paille par les hordes de touristes écervelés depuis des heures ; Je n'ai rien d'autre dans l'estomac qu'un sandwich au saucisson ; rien d'autre dans mon carnet d'adresses que le numéro de téléphone d'une productrice de yaourts bio intéressée par l'e-commerce mais qui, je cite, ''ne va sûrement pas baisser son froc pour un parigot qui va la ruiner pour vendre trois yaourts expédiés par la poste'' ; et, pire que tout, je n'ai désormais plus d'autres choix que de m'infliger le spectacle de centaines de bestiaux abrutis par le bruit et la foule.
L'idée du sex-shop ressurgit dans mon esprit et je dois déployer des trésors de volonté pour ne pas y céder. En fermant les yeux, je m'imagine déjà, assis sur la banquette en skaï rouge d'une cabine exiguë, les jambes écartées, le boxer sur les chevilles, à me tirer frénétiquement sur le manche en matant une vidéo que j'aurai pris le plus grand soin à choisir. Un plan amateur, peut-être, avec une jolie brunette pas farouche et un geek ne sachant pas trop quoi faire avec ce qui lui est offert. Ou une gigantesque partouze bi, où les chattes humides et les anus étroits ne seraient plus rien d'autre que des orifices à disposition des mâles alpha et de leur queue jamais rassasiée. Je finirai par m'imaginer à la place de l'un de ces mâles, ma main deviendrait un trou chaud et serré au milieu d'une paire de fesses musclées et je viendrai ajouter mon sperme à toutes les autres taches sur le sol que les autres ont laissé avant moi.
Le choc est assez brutal quand je rouvre les yeux, mais je me secoue pour revenir à la réalité. Je sens ma bite remuer dans mon boxer qui se fait trop petit, et l'idée de m'éclipser dans les toilettes pour me vider me traverse l'esprit le temps d'une seconde, mais je me fais violence. Je dois en finir au plus vite avec cette corvée. Je vais entrer dans le hall 1, aborder le premier bouseux qui croisera ma route et jouer de mes talents d'acteur pour le convaincre que je m'intéresse à son métier jusqu'à ce qu'il accepte ma carte de visite. Après quoi, j'aurai tout le loisir de me jeter dans le métro et d'aller chercher ma récompense bien méritée.
Le hall en question est le plus bondé de tous. Les visiteurs se déplacent par grappes au milieu desquels il est quasiment impossible de se faufiler. Ils font le pied de grue, en admiration devant un porc ou une chèvre comme s'il s'agissait là d'un quelconque animal exotique rare ; font la queue pour goûter une micro-portion de jambon ; rient aux blagues lourdes d'un animateur qui harangue la foule...
Je finis par trouver ma cible. Tout à la gauche d'une rangée de box où somnolent des taureaux aux proportions à peine croyables, un homme est en train de brosser sa bête.
Il est le stéréotype même du fermier : Salopette bleue - ou du moins elle devait être bleue avant d'être couverte de traces et de taches en tout genre - par-dessus un tee-shirt vieux comme le monde et bottes de caoutchouc. Il a le physique de celui dont le métier demande de la force, la peau tannée, et ses cheveux sont aussi blonds que les blés qui doivent entourer sa ferme. Il ne manque plus que le chapeau de paille et le brin d'herbe dans la bouche.
Le bon point pour moi, c'est qu'il a l'air plutôt jeune, donc potentiellement moins réfractaire aux nouvelles technologiques que ces aïeux. Je prends mon sourire le plus aimable et me rapproche un peu en tentant d'ignorer l'odeur de fumier.
— Bonjour !
Pas de réaction. L'homme continue de brosser le poil de la bête comme s'il attendait qu'il brille.
— C'est un sacré engin que vous avez là !
— Ouais je sais, on me le dit souvent, répond-il enfin sans pour autant me regarder.
Il a ''l'accent paysan'' comme je l'appelle. Sa voix est rauque et son intonation est brute. Voyant que je ne réagis pas, il finit par s'approcher.
— Si c'est une photo que vous voulez, c'est mort. Je fais pas prendre de photo aux bêtes. Et on n’a pas le droit de les toucher non plus. Ça les stresse.
— Quoi ? Je... Oh non, non. Ne vous en faites pas, je ne voudrais pas... stresser vos bêtes.
— Tu veux quoi, alors ?
Je saisis l'occasion et sors une carte de visite.
— Je m'appelle Ludwig Bianchi, je travaille pour une nouvelle agence web.
L'homme me fixe sans prendre la carte que je lui tends.
— Est-ce que vous êtes à l'aise avec le monde numérique ? Les sites internet, les nouveaux médias... ?
— Bah non, qu'est-ce que tu crois ? On vient à peine d'avoir l'électricité, et on compte s'offrir une télé pour Noël...
J'ouvre la bouche sans mot dire, comme une carpe hors de l'eau, ne sachant pas trop quoi répondre. L'homme hoche la tête d'un air dédaigneux.
— Bon, ouais, je connais tout ça, mais qu'est-ce que ça a à voir avec moi ? Qu'est-ce que tu me veux ?
— Eh bien nous sommes actuellement à la recherche de...
— Hé, mon gars, j'ai pas le temps pour tes courbettes et ton discours pré-enregistré. J'dois finir de brosser Vector, et j'ai trois vaches qui attendent d'aller se faire traire. Alors va droit au but.
— Voilà, mon boss m'envoie trouver des cul-terr... des agriculteurs qui seraient intéressés par la création d'un site internet pour leur exploitation. Et si je ne rentre pas au bureau avec quelques demandes de devis, je peux dire adieu à ma prime de fin d'année.
— Et tu comptes sur moi pour te filer un coup de main ? Qu'est-ce que j'y gagne ?
— Eh bien l'opportunité de vous créer une vitrine numérique et ainsi assurer votre présence sur les...
— Raaaah mais bordel ! Tu sais pas parler comme tout le monde ?
Je ravale ma salive pour ne pas montrer mon agacement. J'ai l'impression qu'on me parle comme à un mioche qui ne connaît rien de la vie. Qui plus est, j'ai la quasi-certitude que ce type va se contenter de se foutre de ma gueule avant de m'envoyer paître. Je range ma carte de visite et tourne les talons.
— Hé oh ! Tu vas où ?
Je m'arrête et le fixe du regard. Lui m'observe de la tête aux pieds. J'ai la désagréable impression qu'il me jauge.
— Écoute mon grand, je suis pas contre l'idée, mais là c'est franchement pas le moment, j'ai autre chose à foutre.
— Alors quand ?
Ses yeux font un nouvel aller-retour et il se gratte la tête.
— Le salon ferme à 19 heures. Le temps que tout le monde se barre ; vers 20 heures ; beaucoup d'exposants se retrouvent dans le hall 5 pour siffler des rhums arrangés et parler business. Si t'as tant envie que ça de me vendre ton site, rejoins-moi là-bas.
J'hésite. La perspective de devoir rester ici jusqu'à 20 heures me répugne, mais mon intuition me dit que cet homme pourrait être vraiment intéressé. Et si j'arrive au bureau demain matin avec non pas une demande de devis mais carrément un contrat, Pikcel m'accueillera en héros. Et avec un peu de chance, je n'aurai plus à jouer les commerciaux.
— Si je ne vous attends pas pour rien et que je ressors d'ici avec quelque chose d'intéressant.
— Promis mon gars, si t'es là ce soir je te donnerai exactement ce que tu veux. Nous, les cul-terreux, on a qu'une parole.
— Dans ce cas... marché conclu.
Je tends la main, qu'il me serre si fort de sa main calleuse que je sens mes phalanges craquer.
— Hé Fredo ! Lance l'homme à l'un de ces collègues un peu plus loin. Tu peux me filer ton accréditation pour ce gentil Monsieur ? Lui et moi on doit parler affaires ce soir.
Le Fredo en question lui lance un badge avec un rire gras.
— Tiens, sans ça tu pourras pas foutre les pieds dans le salon après l'horaire de fermeture.
— Merci. Et bien à tout à l'heure, dans le hall 5...
— Ouais, c'est ça...
Il retourne à sa bête sans rien ajouter et je me replonge dans la marée de visiteurs en me demandant comment je vais bien pouvoir occuper les quelques heures qui me séparent de mon rendez-vous.
***
L'endroit est un peu plus respirable une fois que les visiteurs quittent peu à peu les lieux. Il n'est pas plus agréable - l'odeur de merde, elle, reste quoi qu'il arrive - mais on a déjà beaucoup moins l'impression de suffoquer.
J'ai occupé tant bien que mal mes longues heures sur le salon, principalement en goûtant des bières aux différents stands du hall ''Régions de France''. Plusieurs fois j'ai été tenté de quitter le salon pour n'y revenir qu'à l'heure du rendez-vous, mais je me connais suffisamment pour savoir que si je partais d'ici, je n'y remettrais jamais les pieds. Et malgré tout, je ne voulais pas passer à côté d'un contrat.
Le Hall 5 est celui dédié aux outres-mers et aux cuisines du monde. Comme me l'avait indiqué le fermier, tous les bars sont pris d'assaut malgré le départ des visiteurs. Des odeurs d'épices et de vanille flottent dans l'air. De la musique créole sort d'enceintes disséminées un partout et j'entends de-ci de-là des tenanciers annoncer qu'ils payent leur tournée. Je mets dix bonnes minutes avant de repérer mon client, accoudés à l'un des bars. Il est tel que je l'ai laissé, toujours vêtu de sa salopette.
— Ah tiens ! V'là WebMachin ! S'écrit-il tandis que je m'assieds sur le tabouret à côté de lui.
— C'est Ludwig, je réponds. D'ailleurs vous, vous êtes Monsieur...
— Greg. Juste Greg. Les Messieurs c'est pour les culs serrés de la Capitale. Un ti-punch ?
Je hoche la tête et Greg hèle une des serveuses qui pose deux verres pleins à ras bord devant nous.
— A la tienne, WebMachin !
Il cogne son verre contre le mien et boit un long trait avant de s'essuyer la bouche avec le poignet.
— Au fait, je n'ai pas pensé à vous le demander tout à l'heure, vous êtes le gérant de votre exploitation ?
— Ouep, c'est moi. Pourquoi ?
— Non, juste pour en être certain. Comme vous m'avez l'air assez jeune...
Il éclate de rire.
— Ahah ça t'en bouche un coin ça, hein ! J'ai 26 piges et j'suis déjà mon propre patron. C'est l'avantage de la campagne, ça. Quand c'est à notre tour de prendre les rennes, on les prend. On a pas besoin d'attendre que l'ascenseur social fasse son boulot, comme pour vous...
Il finit son verre de punch et commande déjà une autre tournée.
Au quatrième verre, je n'ai toujours pas réussi à tirer quoi que ce soit de Greg. Il se contente de boire et de fournir des réponses laconiques à mes questions. De mon côté, tout ce ti'punch cumulé aux bières que j'ai descendu dans l'après-midi commencent à me faire tourner la tête, et je sens que je commence à ne plus être en possession de tous mes moyens.
— Ecoutez, Greg... je tente alors qu'il commande à nouveau un verre. Je dois me lever tôt demain, et vous m'aviez promis que ce rendez-vous serait concluant, alors si on pouvait...
— Roooh, arrêtes de te plaindre ! Tu vas travailler demain, mais ça va être pour coller ton cul sur une chaise de bureau et rentrer chez toi à 17 heures. Alors viens pas me dire que tu es fatigué d'avance.
— Vous avez raison, mon travail est bien moins exténuant que le vôtre, c'est sûr mais...
— Dis pas ça, tu connais rien de mon boulot. Et si tu veux mon avis, t'en as strictement rien à battre. J'me trompe ?
— Mais non pas du tout, je...
— Tout ce qui t'intéresse, c'est de me vendre ton truc et de rentrer chez ton boss comme un bon toutou qui a ramené la balle. Tu t'en branles de l'agriculture, et vu la tête que tu faisais quand tu es venu me voir cette après-midi, je dirais même que ça te file la gerbe, tous ces paysans et ces bouses.
Je ne réponds pas. Je ne peux pas nier qu'il a entièrement raison, mais si je l'avoue le contrat me passera sous le nez à coup sûr.
— Y a qu'à voir ! Continue-t-il sur sa lancée. Ca va faire plus d'une heure qu'on est assis là, et t'as rien fait d'autre que de me poser des questions pour ton site de merde, là. Alors tu sais quoi, c'est à mon tour, maintenant, de te poser des questions.
— Mais je vous en prie, je suis ouvert à la discussion.
— T'a déjà baisé une campagnarde ?
— Euh... pardon ?
— Une campagnarde ! T'en a déjà fourré une ? Attention, une vraie hein, celle qui sont de l'autre côté du périph ça compte pas. La banlieue, c'est pas la campagne.
Je ne comprends pas trop pourquoi il se met à me poser ce genre de questions, mais je suis trop fatigué pour le lui demander, et trop ivre pour lui résister.
— Oui, une fois ou deux... je réponds, honnête. Je me souviens d'une soirée dans le Lubéron pendant des vacances avec mes parents, j'avais couché avec la fille d'un couple d'amis qui vivent là-bas.
— Ahah, c'est autre chose que ces pète-sec de la ville, hein ! Les filles de la campagne, elles ont pas froid aux yeux...
Je bois une gorgée de mon verre, ce souvenir étant trop lointain pour que je me souvienne des détails.
— Et des mecs, tu t'en es déjà tapé des mecs ?
— Euh... je... oui. Oui je suis bisexuel.
— Ahah j'en étais sûr. Je l'ai vu tout de suite. Y a pas de mal hein, moi aussi j'aime bien fricoter avec des hommes. Même si c'est franchement pas bien vu par chez nous. Vous autres, ceux de la ville, vous avez une plus grande ouverture d'esprit que nous, ça on peut pas vous l'enlever.
— Pardon Greg, mais... qu'est-ce que ça a à voir avec ma proposition ?
Il se rapproche pour me parler à l'oreille.
— Ce que ça a à voir, c'est que si tu veux, on oublie deux minutes ton boulot à la con, et toi et moi on va s'amuser un peu. Ca te dit ?
— OK, visiblement nous ne sommes pas du tout là pour les mêmes choses...
Je me lève de mon tabouret, mais Greg me retiens par le bras avec force. Sa poigne est puissante et ce contact avec sa main me fait frissonner.
— Oh ça va, joue pas la vierge effarouchée... Qu'est-ce qu'il y a, je te plais pas ?
— C'est pas ça, mais je...
À mesure que je parle, l'idée d'une partie de baise se fraye un chemin dans mon esprit, et mon excitation de l'après-midi revient au triple galop. L'alcool aidant sûrement, je commence à ne plus voir Greg comme un paysan mais comme un homme dont j'ai envie de détailler un peu plus le physique.
— Je t'oblige à rien moi, mon gars. Je dis juste que si t'as envie, toi et moi on va jouer à la bête à deux dos dans un coin tranquille avant que je signe ton foutu contrat.
Tandis qu'il parle, il attrape ma main et la dirige vers son entrejambe. Je sens les reliefs de sa queue sous ma paume, et ce contact me fait oublier tout le reste. Je traîne des envies lubriques depuis presque le début de la journée, et une occasion se présente à moi de me vider les couilles... A cet instant, il n'y a absolument aucune raison valable pour que je refuse. J'accentue ma pression sur sa salopette.
— D'accord, allons-y. Voyons si les gars de la Campagne valent autant le coup que les femmes...
Il a un demi-sourire et m'entraîne vers la sortie. Je le suis sans poser de questions.
L'air frais de dehors me revigore un peu, ce qui ne fait qu'accroître mon excitation. Cela fait maintenant des semaines que je n'ai rien fait d'autre que de me branler et j'ai l'impression que toute ma frustration et mon désir ressurgissent maintenant. Mon érection est déjà solide rien qu'en regardant le cul de Greg dans sa salopette que je m'empresserais d'enlever quand nous serons au calme. Je me vois déjà m'y enfoncer et lui montrer à grands coups de reins que les gars de la ville savent donner de leur personne.
— Hé, les gars ! Lance Greg aux deux vigiles qui surveillent l'accès au Hall 1. J'ai une bête qui avait mal à la patte aujourd'hui, j'aimerai bien vérifier que tout va bien avant d'aller pioncer.
L'un des vigiles vérifie nos badges et nous laisse entrer.
— Euh... tu crois que c'est ici qu'on va trouver un coin tranquille ? Au milieu des vaches ?
— T'inquiète, j'ai déjà fait ça. Suis-moi.
Il m'entraîne dans les allées désertes jusqu'à l'un des rings qui servent aux exhibitions et aux cérémonies. Il se dirige vers la cabine où se réunissent habituellement les jurés mais bifurque au dernier moment et passe entre les tubes d'une grosse barrière en fer.
— C'est...
— Une réserve de foin, ouais.
J'entre dans la réserve à mon tour, un peu perplexe. Le sol est recouvert de paille et des ballots rectangulaires sont installés les uns sur les autres contre un mur en attendant d'être utilisés. Le moi habituel aurait pris les jambes à son cou, mais pas cette fois. Au point où j'en suis, plus rien ne peut m'empêcher de forniquer.
— Soit... Ce sera la première fois que je me ferais sucer dans la paille, mais pourquoi pas ?
— Attends, te faire sucer ?
— Bah oui... quoi tu vas me dire que les gars de la campagne n'aime pas ça, la suce ?
— Ah ça, un peu qu'ils aiment, mais quand c'est eux qui se font pomper ! Si t'as cru que c'est moi qui allait jouer la femme, mon gars, tu t'es foutu le doigt dans l'œil jusqu'au coude.
— Ah... Ça va poser problème alors. Parce que je suis exclusivement actif.
— Tu sais quoi ? Ça va poser aucun problème.
Il retire les deux pressions de sa salopette et la laisse tomber sur ses genoux pour découvrir son tee-shirt blanc et son boxer noir qui peine à cacher son érection.
— Ça va poser aucun problème, parce que cette fois tu vas faire le passif.
— Je crois pas que...
Il caresse son manche à travers le tissu et le libère. Il est déjà complètement raide et avoisine à vus d'œil les vingt centimètres, bien épais. Une touffe de poils blonds assez dense parcoure son pubis et va se perdre sur ses couilles pendantes. Il n'est pas circoncis, mais un mouvement du poignet révèle son gland violacé.
— Allez... ose me dire que t'as pas envie de ma queue...
Il la fait claquer sur la paume de sa main et je n'arrive pas à en détacher le regard. Il a raison, j'ai très envie de cette queue... Sans me reconnaître, je m'agenouille aussitôt.
— Voilà... c'est bien. Tu vas être ma petite pute... et tu vas adorer ça.
Je saisis le pieu de chair. Il est chaud et doux autant que puissant. Il se rapproche un peu et pose une main sur mes cheveux.
— Allez bouffe la !
J'ai d'abord un mouvement de recul. Il sent fort le mâle, cette odeur de transpiration et d'urine mêlée. Mon excitation s'en retrouve tout à coup au plus bas, et j'ai soudain envie de tout arrêter pour rentrer chez moi. Mais, comme si mon corps ne voulait pas écouter ma tête, ma main commence de doux mouvements de va-et-vient pendant que ma langue vient titiller son gland.
— T'es sourd ou t'es con ? Je t'ai dit de la bouffer ! C'est pas une sucette, merde, c'est une queue !
Il me parle de plus en plus mal, et mon moi habituel n'aurait jamais accepté ça. Mais étrangement, cela a un effet nouveau sur moi. Cela fait naître une sensation que je n'ai encore jamais connu : celle de ressentir du plaisir à se faire rabaisser. Je ne comprends pas moi-même pourquoi je réagis comme ça. D'habitude, j'aime jouer le mâle dominant, que ce soit avec des femmes ou avec des hommes. Surtout avec des hommes d'ailleurs. Je suis conscient d'avoir un physique plutôt banal ; et un look plutôt branché chic qui ne rentre pas vraiment dans les codes du mâle Alpha qui respire la masculinité brute ; mais c'est justement pour ça que j'aime montrer ma vraie nature quand les choses deviennent chaudes. J'aime voir la réaction plutôt surprise de mes partenaires qui ne s'attendaient pas à voir surgir cette bête féroce de moi.
Ici et maintenant je ne suis pas la bête féroce. Je suis un pauvre agneau sans défense à la merci d'un loup tous crocs dehors. Et au moment où j'ouvre grand la bouche pour y enfourner cette grosse bite gorgée de sang, je sais que le loup va faire vivre un enfer de plaisir à l'agneau, et que je vais adorer ça.
— Ouaiiiis c'est bien. Vas-y suce-là bien...
Je m'exécute du mieux que je le peux, un peu maladroit avec cette tige imposante, moi qui n'ai plus sucé depuis des années. Je n'arrive à bouffer qu'une petite moitié de la verge ; Si je vais plus loin, je sens son gland se rapprocher dangereusement de ma gorge. Alors je fais mon possible pour satisfaire mon fermier en me concentrant sur son gland tout en le branlant d'une main.
De mon autre main, je libère ma bite tendue à l'extrême pour me masturber.
— Tu vois que ça te plaît... J'étais sûr que t'aimais ça la queue...
Il commence de petits mouvements de va-et-vient et je me retrouve complètement soumis à sa teub. Ma bouche devient son accessoire. Son pieu rentre de plus en plus profondément et je commence à avoir des hauts-le-cœur.
— Allez fais-moi plaisir bébé... Tu peux faire mieux que ça.
Il donne un coup de reins plus puissant que les autres et sa bite se fraye un chemin jusqu'à ma gorge. Je ne peux plus respirer. Je suis en train de me faire étouffer par une queue...
Je le repousse de la main et me libère en toussant. Un filet de bave coule de son gland.
— Bah alors !? T'es ma pute ou t'es pas ma pute ? Les gars de la ville sont aussi peu doué que ça ?
Je lève les yeux vers lui. Il me regarde avec mépris, les muscles de ses bras puissants roulent sous son tee-shirt tandis qu'il astique sa verge couverte de ma salive. Je crois que c'est l'image la plus excitante qu'il m'ait jamais été donné de voir.
— Je suis ta pute...
Je reprends sa queue en bouche et l'avale tout rond. Ses poils pubiens viennent chatouiller mon nez tandis que je déploie des efforts immenses pour tenir. Greg lâche un râle de plaisir et me maintient la tête. Quand il me relâche, les larmes me sont montés aux yeux. Je reprends ma pipe de façon plus mesurée et il me laisse faire. Il semble avoir eu ce qu'il voulait.
— Lèche-moi les couilles, maintenant.
J'obéis sans me faire prier. J'envoie ma langue descendre sur sa verge jusqu'à la hampe avant de gober l'une de ses couilles pendantes et poilues. Je la fais rouler entre mes lèvres et Greg lâche de nouveaux râles de satisfaction. Je sens son chibre sur mon visage, lourd et puissant. C'est comme si c'était elle qui me maintenait au sol, à la place qui est la mienne. Je me branle si frénétiquement que je sens déjà le jus monter.
— Ton trou de bal est aussi endurant que ta bouche ?
Je ne réponds pas. Non il n'est pas aussi endurant. Il ne s'est jamais rien pris d'autre que le manche d'une brosse à cheveux, il y a des années de cela, quand j'explorais toutes les possibilités que le sexe avait à m'offrir. Son énorme manche me déchirerait les entrailles c'est une certitude. Mais l'excitation est plus forte que la peur. Je veux me vautrer jusqu'au bout dans mon rôle de petite salope soumise, je veux qu'il me possède entièrement. Alors sans lâcher ses boules, je me redresse un peu pour baisser mon pantalon et dévoiler mes fesses.
Greg comprend très bien le signal et se recule. Puis il m'attrape par le bras pour me redresser et me pousse en direction d'une pile de ballot. Je baisse un peu plus mon pantalon et me cambre en prenant appui sur les balots pour lui offrir mon trou. Il s'agenouille derrière moi et attrape mes fesses pour les écarter.
— Humm un bon petit cul étroit et tout lisse... J'suis sûr qu'on est encore mieux là-dedans que dans la chatte d'une petite vierge.
Je le sens cracher sur ma rondelle et la titiller du doigt. Puis, sans prévenir, il l'enfonce sans ménagement, m'arrachant un cri de surprise.
— Hey c'est juste un doigt ça, hein... T'es sûr que t'es de taille pour ma grosse pine ?
Non je ne suis pas de taille, c'est une certitude. Mais je ne veux surtout pas qu'il s'arrête. Pour le lui faire comprendre, j'attrape sa main et la retiens de sorte que son doigt reste bien enfoncé. Je le sens le remuer et un frisson remonte jusque ma nuque.
— T'es vraiment une petite salope, toi... Je vais te faire couiner !
Il sort son doigt et le réintroduit brutalement. Puis il crache à nouveau et accélère ses mouvements, avant que son majeur ne vienne rejoindre la partie.
Je rentre peu à peu dans un état second. Chaque seconde passée à le sentir fouiller mon anus me plonge un peu plus dans un état ou le plaisir prend le dessus sur tout le reste. Je me met à gémir comme une femelle sous ses doigts et j'adore ça. Je sens mon trou se dilater de plaisir au fur et à mesure de ces mouvements experts et bientôt, je n'ai plus qu'une seule envie. Impérieuse. Vitale. Que sa queue vienne me visiter.
— Baise moi le cul... je murmure, presque suppliant.
— Ah ouais, c'est ce que tu veux, petite lope ? Tu veux que je t'encule ?
— Oui, prends-moi ! Baise-moi !
Il ne se fait pas prier. Il se redresse et viens coller son gland sur ma rondelle qui frémit à ce contact. Puis il commence à rentrer.
Le peu qu'il reste de ma vraie nature s'inquiète tout à coup de ce qui va suivre. Mais il procède plus doucement que je ne l'aurai cru. Il fait progresser son gland lentement, millimètre par millimètre, me laissant tout le loisir de sentir mon trou s'ouvrir progressivement pour le laisser passer.
Il soupire quand son gland est entièrement à l'intérieur et que ma rondelle se referme sur lui. J'essaye d'analyser les sensations que je ressens, mais tout est confus dans ma tête. Je sais que j'ai mal. Mais je sais que ça me plaît.
Après ce court répit, le pieu reprend sa progression, pénétrant cette fois plus rapidement et plus férocement. Je lâche un cri.
— Tu la sens ma queue, hein ? Tu la sens bien en train de te perforer ?
Il se retire un peu puis revient, en s'enfonçant encore un peu plus profondément.
— C'est que le début... souffle Greg en posant ses mains sur mes épaules. Tu vas prendre cher...
Il commence des mouvements de va-et-vient vigoureux, et je vacille. Ma rondelle se fait exploser, mon ventre est en feu... C'est de la torture.
Une douce torture. Une torture délicieuse. Les vagues de douleur et de plaisir se succèdent, se chevauchent, s'entremêlent. Je sens cette grosse queue en moi et c'est comme si elle irradiait dans tout mon corps. Je ne me contrôle plus. J'émet des sons indistincts, de plus en plus bruyants. Il ne faut pas longtemps pour que ma bite, que je ne touche pourtant pas, se mette à tressauter et lâche de longs jets de sperme sur la paille.
Greg est de plus en plus expressif lui-aussi. Il souffle, râle, gémit au rythme de ses coups de reins. Mon trou lui procure un plaisir sans nom, je le sais, je le sens.
Je ne sais pas combien de temps il s'écoule pendant qu'il me baise. La notion même du temps n'existe plus. Rien d'autre n'existe que cette bite et ce trou qui se complètent comme s'ils étaient les deux parties d'une même évidence.
— Je vais lâcher la purée ! S'écrie-t-il soudain.
Sans qu'il ne me demande quoi que ce soit, je le fais se retirer et me retourne pour m'agenouiller face à lui. Je veux qu'il me jute sur la gueule. Je veux qu'il me souille de son sperme. C'est la seule issue possible à ce moment, la suite logique. Il doit marquer son territoire, laisser sur moi l'empreinte de sa domination.
— Ouvre la bouche salope !
Je m'exécute et sors la langue comme une chienne obéissante tandis qu'il se branle au -dessus de moi. Son souffle s'accélère. Ses muscles se contractent. Sa queue frémit et se tend.
— Haaaaa putain !
— Un long jet de sperme blanc et épais vient s'écraser sur ma joue, arrosant ma langue au passage. Puis trois autres viennent le rejoindre et me recouvre le visage. Je joue avec le sperme tombé sur ma langue. C'est chaud. Et c'est salé. Ca a plutôt bon goût. Tellement bon que je l'avale sans réfléchir.
La tension redescend doucement et j'ai la sensation de refaire surface après un long séjour sous l'eau. Je regarde autour de moi comme si c'était la première fois que je voyais les lieux. Je ne suis pas très sûr de ce qu'il vient de se passer et je reste là, hébété, agenouillé dans le foin, le froc baissé, le visage couvert de sperme. Greg lui, est déjà en train de se rhabiller. Puis sans rien dire, il repasse de l'autre côté de la barrière.
— Hé ! Tu vas où ?
— J'me casse, tiens ! J'ai plus rien à foutre là et faut que j'aille pioncer.
Je reviens brutalement à la réalité, et je me sens tout à coup très sale. Et en voyant ce fermier inconnu qui vient de me baiser sauvagement s'éloigner sans un regard en arrière, je comprend que je me suis fait avoir.
— Et mon contrat ? Je lance sans grande conviction.
— Ton contrat tu peux te le foutre dans le cul. Vu comment je l'ai dilaté y aura largement la place !
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Cheval77
4 avril 2019 à 21:41
Un peu trop cliché pour être réellement intéressant. Dommage
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Photo de profil de dogs57950
dogs57950
4 avril 2019 à 17:33
salut a toi merci pour cette belle histoire plein d envie et du bon sexe dommage que ca finisse comme ca on reste sur notre fain
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Calinchaud
3 avril 2019 à 18:10
Belle histoire... tu t'es bien fait baiser.... au sens propre comme un figuré... mais tu as pris ton pied... c'est l'essentiel...!!
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