Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les saisons d'une vie — Chapitre 4 · Calme après la tempête
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les saisons d'une vie
Chapitre 4 · Calme après la tempête
Quelle journée à rebondissements ! La douche que je savoure va me permettre de me faire belle. Je dois me rendre éblouissante, ne serait-ce que pour ravaler ma rivale au rang de faire-valoir. J'y consacre un temps qui me parait trop court, bien qu'il m'ait pris la majorité du reste de l'après-midi. Il y a aussi quelque part, une envie latente au fond de moi, qui ressurgit alors que mes mains frottent avec vigueur certains endroits sensibles. Je câline ce corps oublié, je le prépare à une résurrection ?
Plusieurs fois, mes doigts viennent frôler mon bas-ventre, s'arrêtant à chaque montée d'un désir trop violent. Une punition que j'inflige à mon amour propre ! Pas question de jouir en solitaire, c'est un vrai sexe que je réclame. Et pas celui du premier venu ! Non ! C'est bien celui qui m'a comblé durant toute mon existence que mon entrecuisse attend impatiemment. J'ouvre une simple parenthèse dans mes brillantes pensées pour me dire qu'une autre queue aura eu raison de ces années de bonheur. De là à faire un parallèle entre les deux seuls sexes que j'ai connus, il n'y a qu'un pas.
Je repense alors à ces ordres que me distillait un Lilian trop sûr de lui, trop jeune peut-être pour avoir su me garder. Entre le calme tranquille de Michel et la fougue violente de mon jeune ex-amant, j'ai bien opté pour une existence paisible. J'imagine aussi la gueule de Natacha. Avocate ou pas, elle n'est qu'une femme avant tout. Et si mon mari a craqué pour elle, c'est peut-être par dépit de se sentir abandonné. Je veux m'en persuader et notre diner est là pour que je puisse avec eux faire le point sur mon avenir qui me semble plutôt sombre. Je ne voudrais pas que ma main tremble alors que mes lèvres se couvrent de gloss.
Le résultat dans le miroir du dressing est saisissant. Il me renvoie l'image d'une femme désirable et bien vêtue. Une jupe fendue qui découvre presque d'une manière indécente une cuisse agréable à regarder, un chemisier duquel une paire de seins tend le tissu, démontrant s'il en est besoin que ceux-ci n'ont pas besoin de soutien. Puis le maquillage savant qui affine l'ovale d'un visage dont les cheveux bien brossés viennent davantage souligner les traits. Assurément… je me trouve plaisante à voir. Mais ce n'est pas à moi que je dois plaire ce soir !
— oooOOooo —
Le cadre est resté le même que dans mes souvenirs. Depuis combien de temps ne me suis-je pas installée à une table de restaurant ? Et celui-ci me rappelle de bien mauvaises choses. Mes aveux à Michel, notre retour plus que silencieux, et c'est à la table que nous avons toujours partagé, que le patron de l'établissement nous a placés. Quand je dis nous, c'est surtout pour le moment moi qui y suis assise. Les deux autres convives ne sont pas encore arrivés. J'avais besoin d'être la première, de voir mon ennemie venir vers moi. Alors les deux silhouettes qui s'avancent entre les tables, guidées par une serveuse en habit, ne se donnent pas en spectacle.
Leurs mains ne sont pas l'une dans l'autre et l'avocate ne sourit pas du tout. Je la sens de suite sur la défensive, alors que j'étudie dans les moindres détails, sa toilette. Elle porte une robe qui met en valeur ses formes généreuses. Je me dois d'admettre que c'est une femme de rêve et que je vais avoir fort à faire pour rivaliser. Mais je ne veux pas perdre espoir avant que la joute n'ait débuté. Je me lève à leur arrivée. Je sais que ses quinquets d'un bleu profond jaugent ce que je leur présente. Natacha me salue simplement d'un hochement de tête.
Michel lui me fait pitié dans son costume cravate que je lui connais de toujours. Il donne l'impression de flotter dans des vêtements trop larges pour son corps amaigri. Il me serre la main et nous nous installons tous autour de la table. Trio bizarre que celui qui se forme là, dans un lieu où j'ai eu le meilleur et le pire de mon existence. C'est un homme qui en tenue sombre vient avec un sourire prendre notre commande ; repas gastronomique à la carte. Nous commençons par l'apéritif, de quoi délier les langues. À mon humble avis, il le faut, car nous restons tous sur la défensive.
Un curieux face à face en triangle se déroule dans une atmosphère plutôt chargée en électricité, dans un environnement presque familial. D'autres couples avec des enfants dinent aux tables environnantes, de quoi éviter une envolée verbale houleuse. C'est Michel qui ouvre le bal.
— Tu as l'entretien que tu désirais, Claude ! Donc je… nous t'écoutons.
— Oui ! Je vois que c'est difficile ! Tout d'abord, ne pensez pas que je vais vous faire des ennuis. Je ne suis pas du genre à… reprocher aux autres ce que j'ai fait. Alors pour vous Natacha, je comprends que vous vous soyez rapproché de mon mari.
— Rapproché Claude ? Tu m'as trompé sans sourciller avec un voyou… oui, oui, un petit malfrat, j'ai mené ma petite enquête. Et tu oserais me faire la leçon parce que Natacha et moi, nous avons une aventure ?
— Je veux simplement souligner que Madame San Pietro aurait pu avoir la décence d'attendre que tu sois libre effectivement. Elle est bien placée pour savoir que ce n'est pas très réglo de coucher avec son client. D'autant plus sans doute qu'elle se trouve être également mon conseil dans cette affaire.
— Oui ! Je vois que c'est difficile ! Tout d'abord, ne pensez pas que je vais vous faire des ennuis. Je ne suis pas du genre à… reprocher aux autres ce que j'ai fait. Alors pour vous Natacha, je comprends que vous vous soyez rapproché de mon mari.
— Rapproché Claude ? Tu m'as trompé sans sourciller avec un voyou… oui, oui, un petit malfrat, j'ai mené ma petite enquête. Et tu oserais me faire la leçon parce que Natacha et moi, nous avons une aventure ?
— Je veux simplement souligner que Madame San Pietro aurait pu avoir la décence d'attendre que tu sois libre effectivement. Elle est bien placée pour savoir que ce n'est pas très réglo de coucher avec son client. D'autant plus sans doute qu'elle se trouve être également mon conseil dans cette affaire.
La femme blonde ne bronche pas. Elle est impassible. Mais je suppose qu'elle sent que le ton risque de monter. Je ne veux pas d'affrontement ici, dans un lieu qui nous a connus heureux. Je baisse donc la voix.
— De toute façon, je voulais tenter une dernière fois de me justifier. J'ai seulement saisi dans ton bureau, Michel que notre histoire avait une vraie fin ! Je n'ai aucun souvenir que tu aies jamais voulu de moi dans le sanctuaire de ton travail. Aucune fantaisie au bureau… ce n'est pas l'endroit pour ce genre de galipettes. Le fait de vous voir tous les deux à l'œuvre m'a rappelé finalement ce qui nous a séparé… la routine. Je vous souhaite juste à tous les deux de ne pas la connaitre trop vite. Je sais désormais que nous n'avons plus rien à nous dire, plus rien de commun, grâce à vous Natacha.
—… ? Et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis si rapidement ? Je peux savoir ce que vous comptez faire des… photos prises dans le bureau.
— Rien ! Je vais même vous abandonner ici, vous offrir le repas. Je vous souhaite une longue route ensemble. Bonne soirée.
—… ? Et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis si rapidement ? Je peux savoir ce que vous comptez faire des… photos prises dans le bureau.
— Rien ! Je vais même vous abandonner ici, vous offrir le repas. Je vous souhaite une longue route ensemble. Bonne soirée.
J'ai une montée lacrymale alors que je louvoie entre les tables pour sortir du restaurant. Le garçon qui droit comme un I me voit passer rapidement doit se demander ce qui se passe. Je m'en moque éperdument. Je ne vais pas me faire plus mal par plaisir. Certains maux sont insupportables. Regagner la maison ne prend pas beaucoup de temps. Mais je n'ai pas le cœur à rester seule. J'hésite entre appeler Sophie, conseillère involontaire de cette soirée ratée. Dans mon cerveau germe une autre petite idée, loufoque celle-ci je le conçois.
Pourtant, alors que j'approche de mon domicile, je décide inconsciemment que j'ai besoin de faire le point et la direction que je donne à ma voiture n'est en rien conventionnelle. Quelques minutes plus tard, alors que ma voiture garée sur un parking proche, je tends un doigt hésitant vers un bouton de sonnette que je n'ai jamais enfoncé. Je n'attends guère avant qu'une voix sorte d'un interphone mural.
— Oui ?
— Excusez-moi de vous déranger…
— Qui est là ? Qui êtes-vous ?
— Oh oui ! Pardon ! C'est Claude…
— Claude ? Mais qu'est-ce qui se passe… c'est bon je vous ouvre la porte.
— Excusez-moi de vous déranger…
— Qui est là ? Qui êtes-vous ?
— Oh oui ! Pardon ! C'est Claude…
— Claude ? Mais qu'est-ce qui se passe… c'est bon je vous ouvre la porte.
Un bip vient de résonner dans la nuit et il annonce l'ouverture électrique de la porte d'un hall qui mène chez la seule personne que j'ai envie de voir ce soir. Du reste elle vient à ma rencontre. Ses yeux tentent de deviner… si j'ai encore bu peut-être ? C'est à ses côtés que nous entrons dans son appartement.
— Eh bien ! J'étais loin de m'attendre à votre visite. J'allais prendre une infusion et me coucher.
— Je… suis désolée de vous déranger, vraiment.
— Ne dites pas de sottises ! Ma porte vous est, vous sera toujours ouverte.
— C'est vrai ? Nous devrions nous dire tu ! Qu'en pensez-vous, ce serait moins…
— Je n'osais pas te le proposer. Tu m'en vois ravie. Alors qu'est-ce qui t'arrive ?
— J'enterre mon mariage ce soir… tu as quelque chose de fort à boire ? J'en ai besoin ! Miss Natacha a sans doute gagné le cœur de mon mari… je dois peut-être m'habituer à dire ex-mari !
— Ah ! Je vais avoir besoin d'un remontant également alors. Mince, je te trouvais si combattive cet après-midi !
— À quoi ça servirait ? C'est moi qui l'ai trompé et ce n'est que justice. Qu'elle soit avocate ou marchande de poisson n'est pas important. S'il est heureux avec celle-là, fichons-leur la paix.
—… ? Je constate que la désillusion est à son comble. Pourquoi es-tu venue ici ce soir ? Dis-le-moi !
— Parce que… ta manière de m'embrasser lors de mon départ du bureau de Michel… a eu un effet pervers et troublant ?
— Ma façon de t'embrasser… tu m'arrêtes si je me trompe, tu aimerais que je recommence ?
— Essaie pour voir ! On ne le sait jamais qu'après non ?
— Je… suis désolée de vous déranger, vraiment.
— Ne dites pas de sottises ! Ma porte vous est, vous sera toujours ouverte.
— C'est vrai ? Nous devrions nous dire tu ! Qu'en pensez-vous, ce serait moins…
— Je n'osais pas te le proposer. Tu m'en vois ravie. Alors qu'est-ce qui t'arrive ?
— J'enterre mon mariage ce soir… tu as quelque chose de fort à boire ? J'en ai besoin ! Miss Natacha a sans doute gagné le cœur de mon mari… je dois peut-être m'habituer à dire ex-mari !
— Ah ! Je vais avoir besoin d'un remontant également alors. Mince, je te trouvais si combattive cet après-midi !
— À quoi ça servirait ? C'est moi qui l'ai trompé et ce n'est que justice. Qu'elle soit avocate ou marchande de poisson n'est pas important. S'il est heureux avec celle-là, fichons-leur la paix.
—… ? Je constate que la désillusion est à son comble. Pourquoi es-tu venue ici ce soir ? Dis-le-moi !
— Parce que… ta manière de m'embrasser lors de mon départ du bureau de Michel… a eu un effet pervers et troublant ?
— Ma façon de t'embrasser… tu m'arrêtes si je me trompe, tu aimerais que je recommence ?
— Essaie pour voir ! On ne le sait jamais qu'après non ?
C'est ma bouche qui cette fois va au-devant des lèvres de Josiane. Elle ne recule pas et je lis le feu qui illumine ses prunelles. Je me perds dans un baiser que je désire ardent. Il est plus que cela encore. Nos langues s'emmêlent, s'enroulent l'une à l'autre, serpents baveux qui se savourent. Nos souffles coupés nous obligent à revenir à une forme plus raisonnable de bouche-à-bouche. Ce n'est que pour mieux réitérer l'engagement de nos babines qui s'apprivoisent. J'en suis pantoise, médusée. Comment ai-je pu oser faire les premiers pas ?
Ce n'est pas Josiane qui va s'en plaindre. Elle se laisse bercer par la magie du moment. Je me fais la réflexion que c'est les plus doux des baisers que j'ai jamais échangés avec une nana. Je ne réagis pas plus, lorsque se sont ses mains qui s'agitent sur mes fringues. La secrétaire de Michel sait ce qu'elle veut et je ne suis pas farouchement opposée à ce qu'elle me dévêtît. Elle me serre contre sa poitrine et je sens sur la mienne, l'armature de son soutien-gorge. Nous continuons à nous bécoter. Sans que je m'en rende compte, nous avons franchi le court espace qui sépare sa cuisine du salon.
Je revois cette pièce sans déplaisir. Nous roulons sur le canapé, bouches soudées et ma jupe ne résiste que bien mollement à l'intervention intempestive des doigts de la belle. Mon corsage aussi se voit évincer de mon corps par la dextérité des menottes de Josiane. Elle me donne l'impression de peler une orange ou une banane. Une fois nue devant elle, elle daigne enfin éloigner ses lèvres de mon visage.
— Tu… tu es sublime. Comment un mec comme… ton mari peut-il s'enticher d'une avocaillonne telle que cette Natacha ?
— Chut ! Ne soyons pas médisantes… tout le monde peut se tromper.
— Quel régal pour les yeux ! Mon Dieu… je t'aime déjà. Je vais te bouffer toute crue.
— Hé là ! Laisses-en un peu, tu veux ! Déguste, mais n'abime rien.
— Humm ! C'est doux, c'est frais… attends, je me mets aussi à l'aise.
— Chut ! Ne soyons pas médisantes… tout le monde peut se tromper.
— Quel régal pour les yeux ! Mon Dieu… je t'aime déjà. Je vais te bouffer toute crue.
— Hé là ! Laisses-en un peu, tu veux ! Déguste, mais n'abime rien.
— Humm ! C'est doux, c'est frais… attends, je me mets aussi à l'aise.
Sans gêne, elle se désape rapidement ! Étrange contraste entre moi allongée nue, et elle debout devant le canapé qui s'y met également. Je ne sais pas pourquoi, mais l'idée que je fais à nouveau une énorme connerie me vient spontanément à l'esprit. Ce qui ne m'empêche nullement de plonger dans le stupre de cette relation dès que Josiane vient me rejoindre, cette fois aussi nue que moi. Chacun de ses gestes tend à m'amener vers un plaisir qui transpire de mon corps, à fleur de peau. Elle sait où passer ses doigts pour que je frissonne tout entière, pour que mes sens soient captivés. Et elle ne se prive pas d'user, voire même d'abuser de ses caresses terriblement tactiles.
Bien entendu, tout mon être réagit à cet appel de la chair. Je me laisse couler dans un plaisir que j'aurais quelques jours plus tôt, jugé contre nature. Mais le pire, c'est bien que lorsque tacitement, sans même ouvrir la bouche, elle me demande langoureusement de reproduire sur son corps les mêmes gestes d'affection, je suis tellement envahie par des sentiments mitigés que je n'ai aucune hésitation. C'est donc sans un seul remords que je me complais à répéter sur elle, ce que je viens de subir pour mon plus grand bonheur.
Nos jeux, nos assauts réitérés, perdurent une partie de la nuit et j'en oublie la désillusion d'un repas raté. Michel et Natacha sont bien loin de mes préoccupations du moment. Je glisse dans des orgasmes successifs, dont aucun n'est dû à une quelconque pénétration. Encore que l'on puisse imaginer que les doigts deviennent des phallus miniatures qui m'honorent et m'encouragent à aller de l'avant. Nos langues se font fouilleuses émérites pour saborder mes dernières velléités de regrets. Tout n'est que tendresse et suaves attouchements. Personne ne crie, mais nous râlons toutes deux, sur l'assise d'un sofa devenu terrain de sport, avant de rouler sur la laine d'une moquette agréable.
Les yeux noyés dans le vague de la blancheur immaculée d'un plafond de salon, je ne dors pas. Mon corps dans son intégralité se remet lentement de la fougueuse chevauchée qui vient de se partager dans cette pièce. Josiane a gardé dans sa patte la mienne et par intermittence, je sens ses doigts serrer ma main. Tremblements involontaires ou actes délibérés pour me prouver son affection ? Je ne cherche pas à savoir. Nous sommes nues, gisant toutes deux sur le dos, perdues dans des pensées diverses. Les sensations recueillies lors de cette joute plus pornographique qu'amoureuse flirtent dans ma tête.
Les images qui en résultent dansent au fond de mon crâne, me rappelant que cette conjugaison au féminin d'un acte que jusque-là je n'avais réservé qu'aux mâles, garde encore bien des mystères. Josiane revient, visage penché au-dessus du mien ; et je ferme les yeux. Je cherche à me souvenir de la saveur des baisers de Michel, de ceux de Lilian aussi, bien que je ne sois plus aussi certaine que ses « invités » ne m'aient pas embrassé plus que lui. Cette langue qui se rend maîtresse de mon palais m'enivre pour de bon. Et j'en éprouve un sentiment de bien-être.
Lorsque ma nouvelle amie veut reprendre un jeu plus intime, c'est gentiment que ma main la repousse.
— Non Josiane ! Il se fait tard et je dois rentrer. Merci pour cette merveilleuse soirée.
— Tu as aimé ? Tu reviendras ? Dis-moi que tu reviendras.
—… ! Je ne le sais pas moi-même.
— Tu aimes plus les hommes que les femmes ? La dureté des échanges masculin-féminin te manque ? Parce que tu sais… la prochaine fois, je pourrais utiliser des… jouets.
— Tsst ! Je ne sais pas ma jolie. C'était… bien ! Nouveau pour moi aussi je l'avoue, mais je ne veux pas te dire que je recommencerai. Les circonstances… enfin je suis sûre que tu comprends ce que je veux dire.
— Ouais ! Je vois. Tu avais juste besoin de donner un peu de piment à ton corps. Parce que je suis certaine que tu avais envie de faire l'amour… j'étais là au bon endroit, au bon moment, n'est-ce pas ?
— Tu as raison. Ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié notre… nos jeux. Mais je ne serai jamais exclusive comme toi.
— Tu as aimé ? Tu reviendras ? Dis-moi que tu reviendras.
—… ! Je ne le sais pas moi-même.
— Tu aimes plus les hommes que les femmes ? La dureté des échanges masculin-féminin te manque ? Parce que tu sais… la prochaine fois, je pourrais utiliser des… jouets.
— Tsst ! Je ne sais pas ma jolie. C'était… bien ! Nouveau pour moi aussi je l'avoue, mais je ne veux pas te dire que je recommencerai. Les circonstances… enfin je suis sûre que tu comprends ce que je veux dire.
— Ouais ! Je vois. Tu avais juste besoin de donner un peu de piment à ton corps. Parce que je suis certaine que tu avais envie de faire l'amour… j'étais là au bon endroit, au bon moment, n'est-ce pas ?
— Tu as raison. Ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié notre… nos jeux. Mais je ne serai jamais exclusive comme toi.
Une sorte de vague est passée dans les prunelles de la secrétaire de Michel. Un zeste de dépit, comme si elle espérait plus que ce je ne pouvais lui offrir. Je me suis précipitée sur mes vêtements, refusant l'invitation à prendre une douche commune. Et le frais de la nuit me surprend alors que je regagne ma voiture. Traverser la ville est plus aisé à cette heure tardive. Les voitures sont rares et la voie est dégagée. Le gravier de l'allée crisse sous mes roues alors que derrière moi se referment les vantaux du portail électrique.
Le nid est lugubre. Je fais quelques pas sur la pelouse et l'eau sombre du lac ne reflète rien d'autre que le sombre d'un ciel nuageux. Une brise légère achève de me geler pour de bon et pourtant… nous n'avons pas encore vu mourir l'été. Pourquoi ai-je aussi mal ? J'entrevois la fin d'une belle époque. L'aventure commencée quelque vingt années plutôt se dilue dans les frisotis d'un vent que j'ai provoqué par ma bêtise. De ma journée, je ne retiendrai que le fait que l'amour n'aura plus le même gout sans ce qui en faisait le sel.
Michel… tu me manques, Michel… je t'aime encore tellement. Reste l'eau tiède de la douche. Mais avant celle-là, je me dévêts, là sur ce ponton qui ne sert plus au mouillage de ta barque. Et je plonge rapidement, crevant la surface glauque de ce qui faisait notre fierté. Notre piscine immense m'entoure et des milliers de picotements englobent mon corps chaud. La chair de poule est immédiate et ce ne sont pas les mouvements d'une brasse obligatoire qui vont y changer quoi que ce soit. Le malaise n'est pas autour de moi, il est en moi, il est moi !
Combien de temps suis-je restée dans cette baignoire à ciel ouvert ? Longtemps je pense, jusqu'à en avoir mal aux muscles des bras et des jambes. Lentement, je suis revenue sur la berge. J'aurais aimé que tu sois là Michel, avec ton sourire, et la serviette que vivement tu aurais posée sur mes épaules. Et dans le train de mes souvenirs, j'entends comme un murmure… une voix, la tienne, qui me susurre…
— Ne prends pas froid ! Je t'aime Claude !
— oooOOooo —
— Signez ici, là et là !
Ma vue embuée par les larmes suit le doigt qui montre les endroits où je dois parapher les documents. Ma mine est défaite, tout comme cette union qui vient d'être dissoute par un simple jugement du tribunal. C'est ensuite au tour de Michel de prendre en main le stylo. Sa patte n'est guère plus assurée que celle avec laquelle j'ai signé le document. Il lève le regard vers moi et lui aussi a des larmes qui sont prêtes à jaillir. Enfin, il détourne les quinquets pour se plonger dans l'oubli d'un sceau qui va définitivement tuer notre mariage.
Puis le long corridor qui nous ramène à la lumière de la rue. Je traverse le hall des pas perdus avec Michel sur mes talons. Je n'ose même pas tourner la tête vers cet homme, cet amour qui me remonte à la gorge. Je ne veux pas lui donner la satisfaction de lire dans mes quinquets les pleurs qui ne manquent pas. C'est pourtant lui qui en me posant une main sur mon épaule me rattrape.
— Claude ! Claude bon sang ! Attends-moi !
— Qu'est-ce que tu me veux ? Tu es satisfait non ? Tu as ce que tu voulais, te voici libre comme l'air. Elle doit t'attendre quelque part ta nouvelle chérie.
— Ne sois pas mesquine ni amère. Natacha n'est pas ma nouvelle conquête. Elle s'est juste trouvée là alors que j'en avais besoin. Pour l'hygiène quoi !
— Sympa pour elle ! Remarque bien que ça ne me fait ni chaud ni froid.
— À ton comportement, permets-moi d'en douter vraiment. Viens ! Allons prendre un verre.
— Ah ? D'habitude le dernier verre, c'est toujours avant les condamnations non ?
— Ne fais pas l'enfant, tu veux ? Parce qu'une part ton humour est triste et puis aussi parce que je n'ai pas le cœur à rire.
— Bon je te l'accorde, moi non plus je n'ai pas envie de sauter en l'air de joie !
— Tu n'as pas besoin de me le préciser.
— Qu'est-ce que tu me veux ? Tu es satisfait non ? Tu as ce que tu voulais, te voici libre comme l'air. Elle doit t'attendre quelque part ta nouvelle chérie.
— Ne sois pas mesquine ni amère. Natacha n'est pas ma nouvelle conquête. Elle s'est juste trouvée là alors que j'en avais besoin. Pour l'hygiène quoi !
— Sympa pour elle ! Remarque bien que ça ne me fait ni chaud ni froid.
— À ton comportement, permets-moi d'en douter vraiment. Viens ! Allons prendre un verre.
— Ah ? D'habitude le dernier verre, c'est toujours avant les condamnations non ?
— Ne fais pas l'enfant, tu veux ? Parce qu'une part ton humour est triste et puis aussi parce que je n'ai pas le cœur à rire.
— Bon je te l'accorde, moi non plus je n'ai pas envie de sauter en l'air de joie !
— Tu n'as pas besoin de me le préciser.
Le bistrot proche du palais de justice est un lieu assez fréquenté. Nous sommes installés au bar et sans intentions particulières, je l'ai laissé commander deux demis. La bière et sa mousse, une acidité au gout de fiel, tout semblable à celui qui coule dans mes veines en cet instant.
— Tu vois Claude, moi aussi, j'ai mal. D'avoir perdu la moitié de moi, la partie la plus belle de ma vie. Mais je n'avais pas le choix.
—… pas le choix ?
— Oui ! Tu sais bien que tant que ce type sera dans ta vie, ou proche de toi, rien ne sera plus jamais possible entre nous deux.
— Il y a longtemps que j'ai fait une croix sur Lilian… et aujourd'hui je dois admettre qu'il m'en faut faire une, sur toi également. Sur nos années de bonheur. L'audience d'il y a quelques minutes désormais a clos ce chapitre de mon existence.
— Quel gâchis ! Pour un voyou…
— Peut-être ! Mais t'es-tu simplement posé la question du pourquoi ceci était arrivé ?
—…
—… pas le choix ?
— Oui ! Tu sais bien que tant que ce type sera dans ta vie, ou proche de toi, rien ne sera plus jamais possible entre nous deux.
— Il y a longtemps que j'ai fait une croix sur Lilian… et aujourd'hui je dois admettre qu'il m'en faut faire une, sur toi également. Sur nos années de bonheur. L'audience d'il y a quelques minutes désormais a clos ce chapitre de mon existence.
— Quel gâchis ! Pour un voyou…
— Peut-être ! Mais t'es-tu simplement posé la question du pourquoi ceci était arrivé ?
—…
Michel me scrute avec des yeux reflétant une incompréhension totale. Il ne parle plus, mais tout comme chez moi, sa lèvre inférieure tremble et il se la pince entre ses dents. Pour refluer le spasme qui aurait entrainé une larme ? Qui sait ! Il reprend ses esprits, un moment déstabilisé par ma réplique.
— Le sais-tu toi-même ? Toi qui n'as pas hésité à jeter aux orties tous nos plus beaux souvenirs. Qu'avait-il de plus, de mieux que moi ce gamin ?
— Pourquoi n'as-tu jamais voulu lire entre les lignes ? J'avais besoin d'un grain de folie, d'un orage sur ma vie…
— Tu es servie là ! C'est un vrai déluge que tu as déclenché. Je peux seulement t'assurer que tu es et resteras la seule femme de ma vie. Celle que j'ai aimée, que j'aimerais toujours aussi. Si tu avais eu cette franchise de m'en parler… nous aurions pu trouver une solution ensemble.
— Crois-tu que c'était si simple à vivre pour moi ? Cet homme, ce n'était certainement pas la crème, pas le plus merveilleux des types. Il ne brille pas par son honnêteté, et pourtant, il a eu le mérite de me faire découvrir que l'amour peut survivre à bien des épreuves.
—… oui, ce n'est pas faux !
— Et ce n'est pas une signature au bas d'un parchemin ou d'une grosse qui va changer fondamentalement les choses.
— Pourquoi n'as-tu jamais voulu lire entre les lignes ? J'avais besoin d'un grain de folie, d'un orage sur ma vie…
— Tu es servie là ! C'est un vrai déluge que tu as déclenché. Je peux seulement t'assurer que tu es et resteras la seule femme de ma vie. Celle que j'ai aimée, que j'aimerais toujours aussi. Si tu avais eu cette franchise de m'en parler… nous aurions pu trouver une solution ensemble.
— Crois-tu que c'était si simple à vivre pour moi ? Cet homme, ce n'était certainement pas la crème, pas le plus merveilleux des types. Il ne brille pas par son honnêteté, et pourtant, il a eu le mérite de me faire découvrir que l'amour peut survivre à bien des épreuves.
—… oui, ce n'est pas faux !
— Et ce n'est pas une signature au bas d'un parchemin ou d'une grosse qui va changer fondamentalement les choses.
Michel s'est remis le nez dans son verre. Le mien est resté dans ma main tout au long de cet échange verbal qui me fait saigner à l'intérieur. Je suis à bout, d'arguments d'abord et de calme ensuite.
— Mais tu en as retiré quoi, de cette aventure, hormis notre séparation ?
— C'est bon ! N'en parlons plus, je veux simplement te souhaiter une belle et longue route. Qu'elle se fasse en compagnie de ta Natacha ou d'une autre n'est que secondaire.
— Merci. Nous nous reverrons ?
—… Je… sincèrement ? Je n'en sais foutrement rien. Pour l'instant je dois cuver cette désunion trop fraiche.
— C'est bon ! N'en parlons plus, je veux simplement te souhaiter une belle et longue route. Qu'elle se fasse en compagnie de ta Natacha ou d'une autre n'est que secondaire.
— Merci. Nous nous reverrons ?
—… Je… sincèrement ? Je n'en sais foutrement rien. Pour l'instant je dois cuver cette désunion trop fraiche.
— oooOOooo —
Nous nous sommes séparés là, devant le bar, avec plus de questions que de réponses. Le temps qui passe est censé apaiser les cœurs et faire oublier les blessures. Je dois dire que chez moi, rien ne semble vouloir disparaitre. Je revois de temps à autre Josiane. Je pense qu'elle a compris que mon faux pas d'une soirée ne se renouvellerait pas. Elle sait que je ne serai jamais foncièrement lesbienne, bien qu'elle ait pu le croire ce fameux soir de perdition. Si côté santé tout va pour le mieux, pour la phase intime, c'est le grand désert. Je ne cherche rien et comme depuis mon divorce, je ne fais plus d'efforts pour paraitre consommable, je n'ai guère d'opportunité.
Je croise de loin parfois Michel, soit dans la rue, soit lorsqu'il fait ses courses dans notre supermarché local. Je ne me montre pas, j'évite une rencontre que je pourrais regretter. Mais il me semble qu'il n'est guère plus en forme que moi. Toujours seul, il n'a pas l'apparence d'un homme très heureux. Puis depuis un certain temps, je me pose la question de rester ou de vendre le chalet. Cet endroit est chargé de tous nos souvenirs. Je ne sais pas encore de quel côté va pencher la balance. Je n'ai rien touché de ses affaires qui trainent encore dans les dépendances de ce qui fut longtemps notre nid.
Je passe rarement dans le hangar, pour ne pas voir ce bateau qui ne navigue plus jamais. C'est ce qui doit le plus lui faire défaut cette barque. Les cannes à pêche aussi, bien alignées sur un râtelier contre le mur de bois de son cabanon, ont l'air d'attendre le retour du patron ! Un retour impossible bien entendu. Je ne vois, ne reçois plus personne. Il m'arrive de faire un signe de la main à ma voisine, de loin, sans que nous engagions la conversation. Elle ne cherche pas un rapprochement quelconque, elle que j'avais en son temps, soupçonnée d'être un peu éprise de Michel.
De nos amis, ceux d'avant que nous fréquentions, qui vraiment à la maison, chez qui aussi nous nous rendions, pas un seul n'est revenu. Je suis la paria, puisque fautive dans leur esprit, d'avoir trahi mon mari. Une seule fois Lilian a tenté de raccrocher les wagons d'une rame de laquelle j'ai depuis longtemps coupé les ponts. Il s'est heurté à mon mépris et mon indifférence. Je n'ai pas même eu un petit coup au cœur en le voyant reprendre sa route, énervé et pitoyable. Des nuits entières, je pèse le pour et le contre pour la vente de mon coin de paradis. Puis une idée m'est venue, comme ça, un petit matin.
Je pourrais en parler à Michel ! Peut-être que lui serait heureux de reprendre cet endroit où tout me le rappelle. Il me faut encore trouver un certain courage pour lui téléphoner et ça, ce n'est pas gagné. Je remets jour après jour, je procrastine sans arrêt. Et les saisons s'envolent, toutes me ramenant à des pensées idiotes. Michel aurait fait ceci en ce moment, Michel ferait cela… de quoi ne rien oublier en fait. Un peu comme si tout s'ingéniait à garder vivants ces petits riens que nous partagions si naturellement.
Les dernières feuilles s'accrochent encore aux branches, bravant la bise froide. L'automne dans un regain de fierté ne se rend pas aussi facilement. Moribond il résiste toujours aux assauts de ce vent qui glisse sur les flancs des montagnes vert sombre qui nous entourent. Un novembre triste ! Je n'ai toujours pas fait ce pas vers mon ex-mari. Le chalet est là, vent debout qui attend silencieusement les neiges à venir. Il m'appartient toujours, je n'ai pas eu le cœur de m'en défaire. Je suis sur la terrasse, gentiment installée sur la balancelle fouettée par un courant d'air frais. Mon manteau suffit à peine à me garder un peu de chaleur.
Quelque part, lointaine et pourtant si proche, c'est une sorte d'alarme qui s'insinue dans cette tête que je ne soigne plus depuis… trop longtemps. Je n'y prête aucune attention à cette sonnette qui me vrille les tympans. Je ne tiens pas même à savoir de quoi il retourne. Prostrée sur cette sorte d'esplanade à tous les vents, je broie du noir. L'hiver n'est jamais une saison agréable. Ce sont les gouttes d'eau tombées du ciel qui me font enfin réagir. La salle à manger est restée entrouverte. Mes yeux tombent sur la source de ce qui m'a dérangé dans ma méditation. Le voyant rouge du téléphone fixe clignote, signe que j'ai reçu un appel.
Je n'ai guère envie d'entendre une voix anonyme essayer de me fourguer un démoussage de mon toit ou une téléphoniste zélée tenter de me vendre une assurance. Donc, je laisse de côté ce répondeur qui ne sert plus beaucoup, il est vrai. J'ingurgite un morceau de pain, une croute de fromage, de quoi subsister un jour supplémentaire. Ensuite, sieste sur le canapé, avec tout de même une flambée dans la cheminée. Alors pourquoi ma caboche bourdonne-t-elle de cette manière dans un rêve qui n'a rien de folichon ? Un sursaut me ramène à la réalité du moment. Qu'est-ce que c'est que ce boucan ?
Je réalise soudain qu'il s'agit de la sonnerie du portail qui me déchire les oreilles. Quel est cet intrus qui se permet de troubler mes cauchemars ? Je m'approche de l'entrée, écartant le rideau de la fenêtre de la cuisine pour chercher à voir qui vient me déranger. Mon cœur se décroche de ma poitrine, mes genoux ne me portent plus. Je vacille sur mes canettes tant la silhouette qui attend près de la voiture me semble familière. Pourquoi est-il là ? Tout remonte à la surface malgré le trouble de ma vue. Mon esprit disjoncte complètement. J'ai inconsciemment fait ce que des milliers de fois auparavant j'ai accompli.
Ce n'est nullement réfléchi, juste spontané, exactement comme s'il n'avait jamais quitté cette maison. Mon doigt a seulement effleuré le bouton et le portail dans un long soupir s'ouvre sur le passage de cet homme qui peuple toujours mes nuits, mes jours, ma vie. Michel qui arrive, lentement en regardant tout autour de lui. Puis c'est moi qui dans un effort presque surhumain débloque la serrure de la porte d'entrée. Il est là, alors que la cloison mobile qui me sépare de lui dégage l'espace.
— Claude ! J'ai eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose. Je t'ai laissé au moins dix messages depuis quelques jours…
— Des messages ? Sur le répondeur ? Oh ! Il y a longtemps que je ne décroche plus le téléphone fixe… trop de démarcheurs anonymes… tu sais !
— Je me suis bougrement inquiété. Plus personne ne te voit, ni en ville ni dans les magasins.
— Tu me surveilles ou quoi ?
— Allons… tu fais toujours partie des gens que j'aime.
— Bon ! Entre, finalement ta visite tombe bien… je remettais depuis longtemps pour t'appeler et te demander ton avis.
—…
— Des messages ? Sur le répondeur ? Oh ! Il y a longtemps que je ne décroche plus le téléphone fixe… trop de démarcheurs anonymes… tu sais !
— Je me suis bougrement inquiété. Plus personne ne te voit, ni en ville ni dans les magasins.
— Tu me surveilles ou quoi ?
— Allons… tu fais toujours partie des gens que j'aime.
— Bon ! Entre, finalement ta visite tombe bien… je remettais depuis longtemps pour t'appeler et te demander ton avis.
—…
Michel sourit en haussant les épaules…
— Mon avis… pour ce que tu en tiens compte. Enfin… voyons ce que tu as à dire.
— Je voudrais… me séparer du chalet. Trop d'entretien, trop éloigné du village en hiver et tu les connais bien les soucis de la neige dans notre coin !
— Tu n'as pas besoin de mon accord pour vendre. Tout est à toi…
— Oui ! Mais il reste tout de même tes souvenirs, ton bateau, tes cannes… enfin tout ce qui faisait le sel de ta vie.
— La seule chose à laquelle je tenais, je l'ai perdue dans quelques parties fines avec un autre que moi. Le reste… tout peut être racheté ou changé, pas toi Claude !
— Tu vis avec quelqu'un ?
— Drôle de question ! Bien sûr que tu as déjà la réponse. Et moi j'ai la mienne… à te voir aussi naturelle, c'est que ça ne va pas mieux pour l'un que pour l'autre.
— Tu parles de quoi, là ?
— Tu te laisses aller, pas maquillée, mal peignée, tu te négliges et regarde-moi… j'ai l'air de quoi ?
— Je voudrais… me séparer du chalet. Trop d'entretien, trop éloigné du village en hiver et tu les connais bien les soucis de la neige dans notre coin !
— Tu n'as pas besoin de mon accord pour vendre. Tout est à toi…
— Oui ! Mais il reste tout de même tes souvenirs, ton bateau, tes cannes… enfin tout ce qui faisait le sel de ta vie.
— La seule chose à laquelle je tenais, je l'ai perdue dans quelques parties fines avec un autre que moi. Le reste… tout peut être racheté ou changé, pas toi Claude !
— Tu vis avec quelqu'un ?
— Drôle de question ! Bien sûr que tu as déjà la réponse. Et moi j'ai la mienne… à te voir aussi naturelle, c'est que ça ne va pas mieux pour l'un que pour l'autre.
— Tu parles de quoi, là ?
— Tu te laisses aller, pas maquillée, mal peignée, tu te négliges et regarde-moi… j'ai l'air de quoi ?
D'un coup je détaillais vraiment cet homme. Celui que j'avais tant aimé, celui qui se trouvait face à moi ! Quelques rides de plus, des cheveux blancs sur les tempes, oui, il avait muri pour de bon. Mais dans ma poitrine mon cœur ne se stabilisait toujours pas. Je restais là, incapable d'ajouter quoi que ce soit à ce qui venait d'être dit. Il avait tendu la main, grande ouverte. Ses doigts effleuraient ma joue et l'envie de revenir me blottir contre sa poitrine grandissait
— Tu… tu es toujours aussi belle, plus encore que dans mes souvenirs.
— Oh ! Michel, ne nous faisons pas inutilement souffrir. Tu sais bien ce que je pense de tout cela et que malheureusement, il nous est impossible de revenir en arrière.
— Tu… tu en es certaine ? Tu n'as donc plus aucun sentiment pour moi ?
—… bien au contraire !
— Oh ! Michel, ne nous faisons pas inutilement souffrir. Tu sais bien ce que je pense de tout cela et que malheureusement, il nous est impossible de revenir en arrière.
— Tu… tu en es certaine ? Tu n'as donc plus aucun sentiment pour moi ?
—… bien au contraire !
— oooOOooo —
Un nouvel été vient nous éblouir de ses beaux jours. Les roses sont en fleurs et sur le lac, des millions de vaguelettes frisent sous une brise pas vraiment rafraichissante. L'homme en maillot de bain qui, assis les deux pieds dans le vide fixe un point dont je ne sais rien, attend que je daigne le rejoindre. Au ponton, la barque se balance mollement au gré de ce vent qui court sur ma peau. Je me rapproche, il relève le menton.
— L'eau est bonne ?
— Autant qu'elle peut l'être ici. Vingt et un, vingt-deux degrés… c'est le grand bout ! Mais une parole est une parole, tu dois plonger la première.
— Tu ne m'en crois pas capable, Michel ?
— Oh que si… tu es capable de bien des choses lorsque tu le veux. La ténacité est une qualité chez toi… n'en suis-je pas une preuve vivante ?
— Autant qu'elle peut l'être ici. Vingt et un, vingt-deux degrés… c'est le grand bout ! Mais une parole est une parole, tu dois plonger la première.
— Tu ne m'en crois pas capable, Michel ?
— Oh que si… tu es capable de bien des choses lorsque tu le veux. La ténacité est une qualité chez toi… n'en suis-je pas une preuve vivante ?
Je souris, me recule de deux pas et volontaire, je fonce vers cette masse bleue où se reflète le ciel. Une gerbe de gouttelettes au milieu de laquelle je m'enfonce lentement me saisit. Je devine au-dessus de moi, les cercles concentriques formés par mon plongeon dans l'élément liquide. Et je vois à quelques mètres de l'emplacement où je me trouve, ce trait clair qui en diagonale file dans la flotte. Tu es venu me rejoindre.
Un grand silence que celui de ce qui nous entoure. Tu es passé sous moi, grâce à de vigoureux mouvements de tes bras. Puis tu te laisses remonter comme un bouchon, ton grand corps effleurant le mien. Ces tentacules qui te servaient l'instant d'avant à nager se referment autour de mon cou. Nous nous frottons l'un contre l'autre et je sais, je sens que ton envie est bien réelle. La mienne est plus intérieure, moins apparente, bien que tout aussi nette. Tu n'appuies pas sur mes épaules, te contentant de te maintenir à flot contre mon corps.
Nos bouches se cherchent. Pas besoin de très longues manœuvres pour se retrouver, il est vrai. Et je m'oublie dans ce baiser que tu quémandes sans rien demander. Pour reprendre un peu d'air et revenir à la matérialité des êtres normaux, nous nous séparons et nageons de concert quelques mètres, en ligne droite. Malgré le soleil, je sens ce frais qui pique ma peau et je reviens vers la berge. Souplement la forme qui me suit vient de sauter sur le ponton et la main tendue est saisie. Deux serviettes semblent nous attendre depuis que nous sommes partis.
Je me couche sur l'une d'elle et toi sur la seconde. Tes mains mouillées dégrafent le haut de mon maillot deux pièces. Un autre drap de bain se fraye un passage sur mon dos, asséchant celui-là avec délicatesse. Ensuite c'est un liquide qui par comparaison avec l'eau du lac me fait l'effet d'une brulure, qui s'écoule sur mon épiderme. Les va-et-vient de paumes douces font entrer en profondeur cette crème dans ma chair. Ce massage délicat, outre qu'il me garantit l'absence de coup de soleil n'est pas pour me laisser indifférente.
L'éveil de tous mes sens est subtil. J'apprécie le doigté alors que lentement tu repasses inlassablement sur ces endroits que la pommade recouvre. C'est moi qui viens rechercher la bouche qui dans le bouillon avait déjà esquissé un baiser. Celui qui nous surprend là, couché de tout notre long sur ce plancher, est d'une incomparable saveur. Pourquoi devrais-je crier au loup lorsque tu te couches sur moi, m'obligeant en y logeant tes jambes à ouvrir le compas de mes gambettes ? Ce qui suit n'a plus d'importance que pour nous deux. Et nous ne voulons plus retenir le temps ni l'espace.
Quand je me remets de mes émotions, encore frémissante de ce qui vient de se passer… une voix dans mon crâne me revient. Elle me ramène à un épisode étrange de cette seconde chance.
— Je suis venu te revoir Claude… je ne sais pas vivre sans toi… je voudrais…
— Tu voudrais quoi, Michel ? Dis-moi !
— Je voudrais te ré épouser !
— Tu… tu es sérieux là ?
— Je n'ai jamais été aussi sérieux Claude. Tu es la femme de ma vie, de toute mon existence et pas seulement d'une partie de celle-là ! Je ne suis plus rien sans toi… que tu dises non et je partirai pour toujours. Alors je suis loin de mon bateau, de mes cannes à pêche, de cette maison. Mes souvenirs sont tous liés à toi, à ce que tu représentes et je ne saurai jamais trouver mieux.
—… eh ben ! Si je m'attendais à pareille déclaration ! Tu passerais l'éponge sur le coup de couteau dans le contrat ? Tu serais capable de cela ?
— Pour quoi crois-tu que je sois venu ? J'ai cependant conscience que c'est à toi et juste à toi de prendre une décision pour tous les deux…
— Oh mon amour… comment peux-tu imaginer un seul instant que je vais refuser ce que tu m'offres en cet instant ? N'est-ce pas le plus bel amour, que celui qu'on arrive à partager avec le même homme, deux fois dans une vie ? Combien de femmes peuvent rêver d'être suffisamment aimées par la même personne pour que celle-ci ait envie de refaire la pire des erreurs ! Moi aussi je t'aime et t'aimerai toujours.
— Tu voudrais quoi, Michel ? Dis-moi !
— Je voudrais te ré épouser !
— Tu… tu es sérieux là ?
— Je n'ai jamais été aussi sérieux Claude. Tu es la femme de ma vie, de toute mon existence et pas seulement d'une partie de celle-là ! Je ne suis plus rien sans toi… que tu dises non et je partirai pour toujours. Alors je suis loin de mon bateau, de mes cannes à pêche, de cette maison. Mes souvenirs sont tous liés à toi, à ce que tu représentes et je ne saurai jamais trouver mieux.
—… eh ben ! Si je m'attendais à pareille déclaration ! Tu passerais l'éponge sur le coup de couteau dans le contrat ? Tu serais capable de cela ?
— Pour quoi crois-tu que je sois venu ? J'ai cependant conscience que c'est à toi et juste à toi de prendre une décision pour tous les deux…
— Oh mon amour… comment peux-tu imaginer un seul instant que je vais refuser ce que tu m'offres en cet instant ? N'est-ce pas le plus bel amour, que celui qu'on arrive à partager avec le même homme, deux fois dans une vie ? Combien de femmes peuvent rêver d'être suffisamment aimées par la même personne pour que celle-ci ait envie de refaire la pire des erreurs ! Moi aussi je t'aime et t'aimerai toujours.
Fin
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Commentaires ()
Et pardonner une erreur de parcours où deux êtres seraient brisés par fierté et obstination.
Bravo et merci Anthynéa.