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✦ Jane Does Drôle d'ambiance XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Drôle d'ambiance — Chapitre 1 · Le diner

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Jane Does
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Drôle d'ambiance

Chapitre 1 · Le diner

Une ambiance de fête ce soir. Autour de la table, le dirlo a invité tous les agents qui par arrêté préfectoral se sont retrouvés réquisitionnés. J'en fais partie. Évidemment comme ça fait une petite quinzaine de jours que nous sommes sur la brèche, par bonté d'âme, il a également étendu ses invitations à nos conjoints. Et comme d'habitude, mon mari s'est défilé. Il n'aime pas mes collègues, il ne m'aime sans doute plus non plus. Normal qu'au bout de tant d'années passées ensemble, il se lasse de ma petite personne ?
Je n'en sais rien. La seule question que je devrais me poser serait du style : est-ce que moi je l'aime encore ? La réponse est ambiguë. Là, la femme du directeur nous place à la table. Bien sûr un homme, une femme et par couple c'est mieux. Au bout du compte, nous ne sommes plus que deux. Un nouveau qui vient d'arriver dans la boite et moi. Le type je l'ai vu quoi ? Deux ou trois fois ? Et me voilà collée à ses côtés, alors que je lis déjà des sourires de connivence sur les visages masculins de ceux qui me connaissent.
Et Malleaune, le dirigeant de la boite y va de sa vanne graveleuse.
— Josiane est mariée, alors Monsieur Dacanois vous êtes prié de laisser vos mains en évidence sur la nappe…
— …
Si je suis surprise par cette remarque qui se veut drôle, le gars l'est tout autant. Il est bien plus jeune que moi, bien foutu et je n'ai pas seulement l'idée de me laisser tripoter par celui-là. Lui n'a pas plus songé à cette éventualité que moi, mais les mots saugrenus du dirlo font sourire tous les autres. C'était le but de la manœuvre ? Ils ont eu également un autre effet immédiat. Je porte mon regard sur mon compagnon de table. Petite quarantaine ! Châtain, élancé et relativement bien gaulé, qu'est-ce qu'il ferait d'une « vieille » de cinquante et une piges ? Et puis… il y a Charles, mon mari qui a trouvé comme toujours un prétexte pour ne pas venir.
Si nous nous aimons moins fort, ça n'interdit pas de se respecter. Et bien que les absents aient toujours tort, je n'ai pas l'intention de flirter avec celui qui se prénomme Michel. Les rires et les plats défilent dans cette assemblée somme toute hétéroclite. Et le vin me tourne légèrement la tête. J'entends les idioties de ces hommes et femmes qui se retrouvent pour une soirée conviviale après l'extrême tension d'une quinzaine très difficile. Je profite des bons petits plats livrés par un traiteur local, et du vin qui accompagne à merveille ces succulentes choses. La touche finale de ce repas nous arrive de la région natale de Robert Malleaune le directeur, à savoir de l'Alsace.
Ça ressemble à du champagne, c'est un excellent Crémant aux fines bulles. Les plus encanaillés de mes relations de boulot ne cessent de répéter au convive à ma gauche les mots de Robert…
— Michel ! Garde tes pattes sur la table. Charles, le mari de Josiane est du genre jaloux !
Il ne répond rien et à plusieurs reprises, ces insinuations déplacées me font rougir. Lui est charmant, il ne cherche pas à tirer un quelconque avantage de son placement. Il me parle gentiment, sans mettre un accent particulier sur notre conversation et au moment du bouquet final de l'avènement de la soirée, je n'en sais pas plus sur lui qu'il n'en connaît de moi. Je sens qu'il est légèrement agacé par ses nouveaux collègues qu'il ne côtoie que depuis quelques mois. Et lorsque le Directeur ose une question pertinente, le gars montre l'étendue de sa répartie.
— Alors ! Mes amis vous en pensez quoi de ce petit vin d'Alsace ?
L'ensemble des personnels, soudé par les circonstances répond en chœur qu'il est très bon. Seul Michel s'abstient du moindre commentaire et bien entendu, Robert se sent obligé de s'adresser à lui.
— Et vous Monsieur Dacanois, vous n'avez pas apprécié mon Crémant… dites-nous !
— … ? Oh ! Je ne voudrais pas vous fâcher Monsieur le Directeur, je n'aime pas trop les bulles… et puis finalement dès que la bouteille est vide, savez-vous ce que devient le Crémant ?
— Non ! Mais je présume que vous allez nous le dire, n'est-ce pas ?
Tous les regards sont tournés vers l'endroit où je suis assise, aux côtés de celui qui d'un coup retient toute l'attention de la tablée !
— À mon humble avis, Monsieur Malleaune… c'est de « l'ex Crémant » !
Un petit moment de flottement avant que les cerveaux enregistrent cette explication plutôt bien sentie et c'est l'épouse de Robert qui éclate de rire la première. Les autres se rangent à son avis et c'est sur ce ton léger que la soirée prend fin. Les couples un à un se disent au revoir et nous passons Michel et moi les derniers, pour ce cérémonial de la prise de congé. Nous avons un long week-end de repos devant nous. Dans la rue l'air est frais, et bien que grisée par le vin, je ne suis pas vraiment indisposée par cette fraicheur.
Il n'y a plus que lui et moi et je ne sais pas trop comment faire pour lui dire bonsoir. Ses paroles d'un coup me surprennent, là sur un bout de bitume.
— Vous avez vraiment envie de rentrer chez vous, après une fête pareille ?
— Pardon ? Ben…
— Et si nous allions prendre un pot ensemble, loin de l'agitation de la boite ? Loin des yeux des collègues aussi. Ils ne sont pas tous très fins, à commencer par Robert, qu'en dites-vous ?
— Je… je ne sais pas. Charles doit m'attendre.
— Vous croyez ? Pourquoi ne vous a-t-il pas donné le bras ce soir ? Lui aussi était invité non ?
— Oui… il est fatigué… il ne bosse pas derrière un bureau toute la semaine…
— Comme vous voulez, mais j'aurais plaisir à prendre un verre en votre compagnie. Je suis seul depuis si longtemps… et vous avez vu que tous les autres sont en couple, donc pas un seul n'a de temps pour faire connaissance avec un pauvre type divorcé depuis quelques années.
— Un seul verre alors ? Et nous irions où ?
— On peut aviser. Ça vous dérange si je passe chez moi pour me changer ? L'affaire d'une minute… une petite douche, juste pour oublier le boulot et les réunions de travail. Parce que ne nous y trompons pas, il ne s'agissait ce soir que de l'une d'entre elles. Moins guindée que d'ordinaire, bien sûr, mais entre collègues tout de même.
— Je fais partie de ceux-là et vous aussi…
— Oui ! Mais, bien que vous taisiez les vraies raisons de votre célibat de ce soir, je décèle chez vous une solitude qui transpire.
— Vous jouez les psys, là ?
— Du tout ! N'y voyez que la reconnaissance de ma part d'une femme en proie à des soucis dont elle se garde bien de parler. Vous n'avez pas mis un zèle particulier pour rejoindre votre mari.
— …
— Bon d'accord ! Allons prendre un dernier verre dans une boite que je connais bien ! Vous aimez danser ?
— Danser ? Mon Dieu, ça fait des lustres que je n'ai pas tenu une… dame dans mes bras avec de la musique dans les oreilles ! C'est une bonne idée. Le temps de me doucher et de passer des vêtements plus sympas ! Je suis votre homme !
— D'accord.
Qu'est-ce qui me prend ? Je suis le zigoto dans les rues de notre ville. Rouen a ses airs nocturnes habituels. Une circulation fluide qui nous amène dans un tout petit appartement où réside ce Michel.
— Vous voulez boire quelque chose le temps que je passe à la douche ?
— Non ! Merci. Nous verrons cela dans la boite de nuit !
— Comme vous voulez.
Il part vers une porte qui visiblement est celle de sa salle de bain. Je m'assois simplement sur un canapé hors d'âge et presque de suite, le bruit de la cataracte d'eau me parvient. Il n'a pas totalement fermé la porte. Intentionnellement ou pas ? Difficile à dire. Et curieusement, je l'entends qui chantonne sous la flotte. Il fait donc partie de ces cinquante pour cent de gens qui fredonnent, les autres… Mince alors ! D'où me viennent de pareilles idées ? J'en suis honteuse. Ce n'est pas très long. J'ai à peine le temps de reprendre un teint normal, d'effacer le rouge de mes joues qu'il revient.
Visiblement il est plus décontracté. Un jean de bonne facture, un pull léger et surtout un parfum qu'il traine dans son sillage, un mec propre comme un sou neuf. Son sourire également me parait différent. Je le trouve… presque trop beau. Et j'ai une pensée pour mon Charles, lequel doit trainer en savates et pyjama à la maison. Zut ! Après tout, il ne saura jamais à quelle heure notre repas a pris fin. Et ce n'est pas ce Michel qui ira lui raconter. J'ai envie de danser, de m'amuser et voilà.
— Ça va Josiane ! Vous ne vous êtes pas trop ennuyée ? J'ai fait le plus vite possible.
— Non ! Ça va ! Vous avez un air différent…
Pas de réponse, sauf sur ses lèvres par ce large sourire qu'il me décoche. Zut ! Je ne vais pas jouer à la midinette en plus ! Comment expliquer ce qui ne peut l'être ? Je me sens rajeunie de quelques années. Et nous partons, vers la boite où quelques valses et autres slows me deviennent promesses d'un moment heureux. Il conduit nerveusement, mais dans le respect du Code de la route. Et nous voici un peu à l'écart de la cité dans un endroit plus calme. Vu le nombre de voitures sur le parking, nous ne sommes pas les seuls à être là pour nous défouler.
Les formalités d'entrées réglées, nous sommes de suite dans une ambiance musicale qui me plait. La piste est à quelques pas d'un bar où s'agglutinent des tas de bons hommes seuls. Des mecs qui guignent sur les femmes qui potentiellement pourraient se trouver sans mâles ? Peut-être ! En attendant l'heureuse élue ou le coup de chance, ils font le bonheur d'un barman qui sert à tour de bras des cocktails onéreux.
— Vous désirez prendre un « drink » avant que nous allions jamboter ?
— … ?
— Un cocktail léger ! Il y en a de très bons, sans trop d'alcool, vous savez !
— Je vous laisse choisir alors !
Nous sommes sur le bord de la piste, là où une banquette en cuir rouge est vacante. Je m'y installe alors qu'il se dirige vers le comptoir et le brouhaha de la boite m'emplit les oreilles de sons que j'aime. Quelques regards se tournent déjà dans la direction de la place que j'occupe. Me voici devenue une cible pour ces solitaires qui font tapisserie, au bar. Espoirs pour certains immédiatement déçus par le retour rapide de mon chevalier servant, qui deux longs verres dans les mains vient s'assoir à mes côtés. Un remake du dîner en quelque sorte.
— A la vôtre Josiane… à moins que vous et moi oubliions ce vouvoiement qui nous garde à distance ?
— … Je… pourquoi pas !
Je ne sais pas sur quel pied danser, mais je trinque avec ce gars qui me parait de plus en plus… comment dire cela, de plus en plus présent dans ma caboche ? Un gout suave fait de mangue, d'ananas et d'autres arômes indéfinissables coule dans ma gorge. Lui ne me quitte plus des yeux. Ce que je lis dans ceux-là, m'effraie et surtout, me noue l'estomac ! Au fond de la salle, sur une estrade, quatre musicos entrainent une multitude de couples dans des pas très rythmés. Nous avalons littéralement nos verres et Michel se lève.
— Si madame veut danser… c'est le moment.
— … Avec plaisir !
L'orchestre distille une série de slows et nous nous mêlons à la foule des anonymes qui tournent sous des accords harmonieux. Ce n'est pas non plus un exercice très complexe que ces corps à corps presque tendres. Et Michel s'acquitte avec galanterie de son rôle de guide. Je suis serrée contre lui, trop peut-être. J'avoue que je m'y sens bien, parfaitement à l'aise. Je n'ai pas d'arrière-pensées… encore que, c'est bien à moi, que je mens, là. Et lui colle sa joue contre la mienne. Elle est bien douce et je me laisse griser par l'ambiance feutrée de l'endroit. Il me parle, sans que je puisse saisir ses paroles.
Je n'ai donc aucune réaction. Il revient à la charge, mais cette fois en élevant d'un ton la voix, pour que je capte mieux son message.
— Ça te plait ? Ça fait si longtemps que je n'ai pas dansé non plus…
— … mon mari ne veut plus venir ici non plus ! Il dit que nous sommes trop vieux pour ce genre d'amusement. Trop vieux…
Curieux comme c'est bien plus à moi que je parle, qu'à ce cavalier qui me mène au gré des notes douces. Sa voix me revient dans les oreilles.
— Tu n'as pas envie de donner raison à Robert ?
— Robert ? Donner raison à Robert ?
Qu'est-ce qu'il me baragouine ? Que vient faire notre directeur sur ce parquet ? J'ai du mal à saisir, mais je viens de lancer la réplique à haute voix et lui insiste.
— Ce serait sympa non ? Qu'en penses-tu ? Tu es une jolie femme, moi un homme…
— …
Je ne pige pas grand-chose à ces assertions. Mais je laisse notre ronde continuer. Et la série de slows langoureux s'achève, alors que débutent des valses qui me donnent le tournis. Michel se montre bon danseur et il m'entraine dans des enchainements qui me ravissent. Ce gaillard connaît la musique et sait valser. Sa bouche me murmure des mots que cette fois je perçois plus nettement.
— Et si on ne laissait plus nos mains sur la table ?
— … mais… comment ça ?
— Ben… j'ai bougrement envie de ne plus écouter que la petite voix dans ma tête qui me dicte de… t'embrasser ?
— Tu… tu n'y songes pas vraiment ? J'ai un mari, je te rappelle…
— Si peu Josiane, si loin aussi, non ?
— …
Nous sommes toujours agglomérés l'un à l'autre et je me sens toute molle entre ses pattes. Qu'est-ce qui m'arrive ? En plus de vingt années de mariage, aucun homme ne m'a fait un pareil effet. Je me sens fondre, oui fondre, c'est bien le bon mot. Et mince, une espèce d'envie latente se réveille au fond de moi. Je dois vite filer d'ici si je ne veux pas succomber. Mais l'autre là, il approche son visage du mien et… c'est idiot, je n'ai pas du tout envie qu'il n'essaie pas de… oui pourvu qu'il ne stoppe pas là sa tentative. Cette fois, je perds le fil de la musique et un immense brasier m'enflamme. Mon Dieu !
À cinquante balais, je me laisse rouler une pelle par un jeunot de dix ou douze piges de moins que mon âge. Le pire c'est bien que j'adore ce baiser qui me brûle. Et que je ne tiens pas du tout à ce que ces lippes m'abandonnent. Je le serre encore plus fortement pour éviter la fuite de la bouche qui mange la mienne. Visiblement ce n'est pas son intention puisqu'il insiste et que sa langue fouille mon palais, s'emmêle avec la reine de celui-ci. Un voyage en absurdie qui me met le feu aux joues et aussi ailleurs, mais ça ne se voit pas vraiment.
Et je tourne sans m'inquiéter du rythme que les musiciens gardent ni me préoccuper des couples que nous bousculons au passage. Je suis aux anges. Il y a tellement de temps que plus personne ne m'a embrassé aussi fougueusement ! C'est presque moi qui réclame une suite de baisers qui me fait bouillir le sang. Enfin pour reprendre nos souffles, nous stoppons nos mouvements qui dérangent les couples sur la piste, pour regagner le canapé dans l'ombre. Une chance, nos verres vides ont dissuadé d'autres nuiteux de nous voler notre siège.
Il n'a nul besoin de m'attirer contre lui en cet instant. C'est bel et bien toute seule que je me pelotonne contre lui et sa main qui lisse mes cheveux est magique. J'aime ce doux câlin, presque maternel. Il est plein de certitudes, il sait ce qu'il veut, contrairement à la petite chose que je suis qui ne sait plus vraiment où elle est.
— Tu… tu veux que nous alliions chez moi ?
C'est juste dit sur un ton qui force le respect. Il sait que le reste de sa ou de notre nuit va dépendre de ma réaction à cette phrase. À mots couverts, il me suffit de lire entre les lignes et je suis envoutée. Mon cerveau me dicte de ne pas franchir le rubicond, mais mes sens, eux sont partagés par une envie qui me creuse les reins et l'image de Charles… en pantoufles et pyjama. Un choix vite fait, bien sûr, puisque la balance penche violemment d'un coup vers la jeunesse et la fougue de mon cavalier de l'instant. Reste tout de même cette immense gêne qui me cramponne toute entière. Tromper Charles… est-il acceptable ?
La voix mâle est plus assurée lorsqu'elle se niche encore dans mon esgourde.
— C'est à toi de décider ! Mais… j'ai vraiment envie de te faire l'amour !
— … Je… je ne sais pas vraiment.
Se méprend-il sur le sens de mes paroles ? Toujours est-il qu'il me prend le poignet et attire mon bras vers le centre de son corps…
— Vois par toi-même, rends-toi compte de l'effet que tu me fais.
Et si bien évidemment, je ne vois pas au sens littéral du mot, ma patte qu'il amène vers son entrejambe rencontre bien entendu ce qui gonfle sa braguette… C'est impensable, conséquent aussi. Ce qui ne fait qu'attiser l'affolement de mes sensations. Je suis en émoi et tout mon corps tremble. Quand a-t-il lâché ma main ? Pourtant elle demeure positionnée sur l'endroit largement boursoufflé. Sans fausse pudeur, mais sans non plus qu'elle fasse le moindre mouvement. Et la bouche masculine revient clore mon bec d'un baiser plus suave encore que les précédents. Entre deux respirations, toujours ce leitmotiv !
— Tu veux bien que nous allions chez moi ? Je sais bien que toi aussi tu en as envie. Mais je ne tiens pas ni ne veux te forcer. C'est toi seule qui décides.
— …
— Viens…
Un simple « viens » scelle mon destin d'une nuit. Je me redresse et il me donne sa paluche pour louvoyer dans l'espace qui nous sépare de la sortie. Nous traversons un horizon dense de curieux qui ne dansent pas ou plus. Je me dis que l'air extérieur va faire retomber le feu qui me dévore le ventre. Il n'en est rien. J'ai même la délicate idée de l'attirer contre moi alors que nous sommes près de sa voiture. Une pelle qui nous soude là, avant de monter à bord et de rouler droit vers… son appartement. Aucune hésitation pour faire choir la bobinette et ouvrir la serrure. Il est si à l'aise, si désespérément jeune et sûr de lui !
La porte à peine ouverte que je suis plaquée contre le mur de l'entrée. Pas méchamment, simplement d'une façon naturelle et quasi amoureuse. Je sais bien que ce ne peut-être le cas, mais je me berce d'illusions. Mon corsage l'est de moins en moins et je songe avec tristesse à la mollesse de ma poitrine qu'il va obligatoirement découvrir s'il persiste. Seulement retenu par les poignets mon vêtement laisse entrevoir mon soutien-gorge et je dois rougir de honte devant des appâts si peu gracieux que j'affiche, toujours emballés dans leur gangue de coton. Il ne dit rien.
Sa main remonte déjà le bas de ma jupe relativement longue et elle flirte de suite avec la culotte assortie au couvre-seins. Il ne peut que constater qu'il a raison. Le fond de celle-ci est sans doute mouillé tant mon envie est grande. Toujours pas de discours, il va au plus rapide. Ses lèvres se font câlines avec les miennes, dans un énième pâlot qui m'enivre autant que ceux de toute la soirée. Enfin, il se décide à parler.
— Viens ! Viens, ma belle ! J'ai besoin de toi, de te faire l'amour. Viens, allons dans ma chambre.
— … attends… promets-moi de ne pas mettre de lumière !
— Hein ? Mais… le plaisir des yeux, c'est si important pour moi… et puis te voir tout empreinte d'une jouissance non feinte… tu ne peux pas me demander de rester dans le noir…
— Je… je suis vieille et mal foutue, tu es si beau et viril.
— Ne dis pas n'importe quoi Josiane. Tu es une très belle femme, avec des formes si désirables… juste une veilleuse pour que je puisse admirer ton visage lorsque tu vas prendre du plaisir…
— …
Vaincue, ses arguments me touchent au cœur. Et je suis sans discuter, prête à m'offrir à cet homme encore si vert. Il se déshabille en deux temps et trois mouvements, ne gardant qu'un slip style boxer. Et la bosse dont l'origine est significative qui me nargue et m'englue un peu plus dans mes envies, elle est là qui se frotte à ma cuisse, alors que nous sommes debout contre le lit. Michel n'a pas besoin de me pousser pour que je m'allonge, il y a longtemps que l'image de Charles est remplacée par celle de mon cavalier du moment. Je sais que je vais faire la plus grosse, la pire connerie de ma vie de femme. Mais plus rien d'autre ne compte que mon désir d'être une femme aimée. Michel a l'outillage pour me rendre… belle !
Et pour être grosse… la connerie, elle l'est en effet !
— xxXxx —
À suivre…
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Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
5 août 2023 à 16:57
Une ambiance... à la Jane Does :)
Une écriture toujours aussi élégante qui distille par petites touches précises une tranche de vie qui mènera ces personnages on ne sait encore oû...
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Photo de profil de Libidinous
Libidinous
5 août 2023 à 11:41
Merci Jane pour ce joli texte qui donne très envie de connaitre la suite. Au plaisir d'échanger avec vous à l'occasion.
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Photo de profil de bruno17
bruno17
5 août 2023 à 06:37
superbe histoire qui relate ce que beaucoup de femme ont connues dans leur vie. vivement la suite
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