Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Misette est morte — Chapitre 3 · Les folles espérances
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Misette est morte
Chapitre 3 · Les folles espérances
La main de ce Denis, elle recouvre la mienne maintenant et je réalise que sa séduction lente ne me laisse pas tout à fait indifférente. Mais c'est trop rapide, trop rapproché aussi de ce qui m'a fait dériver avec Marc. Et bien que je sois échauffée par le bonhomme qui semble vouloir avancer vers une direction que mon corps ne refuserait pas vraiment, je fais un véritable effort pour m'arracher à la torpeur qui me gagne.
— Non ! Je dois rentrer. Merci de ce moment sympathique. Peut-être aurons-nous l'occasion de nous revoir ?
— Oh ! Vous tenez donc à m'abandonner déjà ? Nous venons tout juste de faire connaissance. Vous êtes sûre ?
— Une autre fois peut-être. Mais je suis lasse et... je veux rentrer !
— Vos désirs sont des ordres et il serait malvenu de ma part de vous obliger à quoi que ce soit. Vous me permettrez peut-être de vous rendre visite dans les jours à venir.
—... !
— Oh ! Vous tenez donc à m'abandonner déjà ? Nous venons tout juste de faire connaissance. Vous êtes sûre ?
— Une autre fois peut-être. Mais je suis lasse et... je veux rentrer !
— Vos désirs sont des ordres et il serait malvenu de ma part de vous obliger à quoi que ce soit. Vous me permettrez peut-être de vous rendre visite dans les jours à venir.
—... !
Il ne peut y avoir de réponse à cela. Pour venir ici, j'ai agi sous le coup d'une impulsion et ne tiens pas vraiment à m'embarquer dans une histoire de cœur. En tout cas, je dois vraiment y réfléchir et ne pas fermer la porte. Pas plus que je ne me sens le courage de m'engouffrer dans une aventure avec l'homme courtois qui est désorienté par mon refus. Mais il demeure stoïque et la main qui serre mes doigts les lâche pour plonger dans sa poche. Elle en ressort avec une carte de visite.
— Tenez, belle Claude ! Voici ma carte, si vous vous sentez une autre fois... trop seule ou si vous avez envie de faire un tour sur notre joli lac... je suis votre homme.
— Merci... ne le prenez pas mal... mais vous voulez aller trop vite à mon sens...
— C'est, ma très chère Claude, que j'ai sans doute moins de temps devant moi que vous. Et quand une femme me plait, je suis assez direct ! Le temps perdu ne se rattrape plus, surtout à mon âge...
— Et moi, Denis, j'aime savoir toujours où je mets les pieds ou... autre chose.
— Je vois ! C'est de bonne guerre, n'est-ce pas ? Mais je ne perds pas espoir et dix minutes seulement nous séparent par la ligne droite d'ici à chez vous !
— Merci... ne le prenez pas mal... mais vous voulez aller trop vite à mon sens...
— C'est, ma très chère Claude, que j'ai sans doute moins de temps devant moi que vous. Et quand une femme me plait, je suis assez direct ! Le temps perdu ne se rattrape plus, surtout à mon âge...
— Et moi, Denis, j'aime savoir toujours où je mets les pieds ou... autre chose.
— Je vois ! C'est de bonne guerre, n'est-ce pas ? Mais je ne perds pas espoir et dix minutes seulement nous séparent par la ligne droite d'ici à chez vous !
Il fait un grand geste de la main qui montre un point dont seul le toit pointu se découpe encore sur le sombre de la nuit qui nous entoure. Nous regagnons la salle, sous le regard interrogatif du serveur qui ne dit cependant pas un mot. Son visage est neutre, mais que pense-t-il véritablement de notre escapade sur la terrasse ? Je m'en fiche et moins de cinq minutes plus tard, je monte dans ma voiture. Le directeur du casino qui vient de m'accompagner se penche avant que je ne referme la portière. Son visage est tout près de ma bouille.
— Claude... vous me plaisez !
— Denis... vous êtes un parfait inconnu pour moi !
— Mais... je ne demande qu'à être mieux connu...
— Mmm !
— Bonne fin de soirée, alors madame !
— Merci... à vous aussi...
— Denis... vous êtes un parfait inconnu pour moi !
— Mais... je ne demande qu'à être mieux connu...
— Mmm !
— Bonne fin de soirée, alors madame !
— Merci... à vous aussi...
Et ses lèvres sont plaquées sur ma joue accessible, pour un baiser amical qui pourtant me brule déjà. Je lance le moteur et quitte lentement le parking. Lui est planté sur le bitume et me fait un au revoir du bout des doigts. Ai-je bien ou mal fait ? Pourquoi depuis ma renaissance sexuelle suis-je submergée par mes émotions et mes envies ? C'est à n'y plus rien comprendre. Tout s'affole, s'accélère dans mon existence sans que je garde le contrôle de quoi que ce soit et ça, ça m'effraie pour de bon. La nuit porte conseil, dit-on ? Celle que je vis là n'est pas si bonne conseillère puisqu'elle me livre plus de questions que de quiétude. Et je passe un long moment à revisiter les évènements des dernières heures. Un bouleversement incroyable dans ma petite vie bien rangée, mais aussi dans ma perception des autres.
Entre Marc avec qui j'ai outrepassé la bienséance et Martine ma belle-sœur que je découvre infidèle, tout se déglingue autour de moi. Et le pire, c'est presque que je n'ai ni remords ni regret. Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis enchantée de ce séisme qui secoue mon existence, mais ce n'en est pas très éloigné. Je finis par m'endormir tout de même bien longtemps après minuit et j'ai le vague sentiment qu'une alarme se met en branle dans mon crâne. Mon réveil est bizarre. Comme si une gueule de bois monumentale m'oppressait. Je n'ai cependant bu qu'un seul verre avec ce Denis ! Il me faut une poignée de secondes pour... saisir que c'est mon portable qui me tire du néant.
Martine ! C'est donc elle qui me réveille ? Mon bras tâtonne pour récupérer sur la table du salon l'appareil où le mot : belle-sœur est affiché.
— Allo !
— Ah Claude ! Je me permets de t'appeler pour savoir si... je peux passer tout à l'heure.
— Ben... cet après-midi, ce serait mieux ?
— Mais... il est quatorze heures...
— Hein ! Ah, mince alors ! J'ai dormi comme un loir. Tu veux donc venir...
— Oui... mais je t'en ai parlé hier... je ne serai pas seule, tu comprends !
— Ah ! Et... Je suppose que ton mari est au courant !
— Oui ! Il préfère cela et...
— Tu me mets un peu dans l'embarras, tu t'en doutes.
— Claude ! Entre femmes nous devons nous serrer les coudes. Et comme je te l'ai dit, je ne veux pas divorcer. Je tiens seulement à vivre un moment différent, à connaitre autre chose.
— Avec un ami de ton propre fils...
— S'il te plait, ne me juge pas ! Ça pourrait aussi t'arriver à toi, un jour ou l'autre.
— Bon... tu as sans doute raison. Et si... ton homme te donne le feu vert...
— Merci. Je savais que je pouvais compter sur toi. De plus, chez toi, aucun risque de fuite ou d'indiscrétion. Ce que redoute surtout Gilles. Rien n'est pire que les commérages dans son travail. Et tu peux saisir que les hôtels ne sont pas des établissements sûrs ! En tout cas merci Claude, je te serai redevable d'un service.
— Arrête avec ça ! Je ne te demande rien. Si vous êtes tous d'accord... venez et de mon côté, j'irai faire un tour ! Vous aurez le champ libre de cette manière !
— Mille fois merci ! Tu es...
— Je sais ! Je sais, je suis trop bonne et tu sais ce qui se dit des gens trop bons ! Trop cons souvent également !
— Ah Claude ! Je me permets de t'appeler pour savoir si... je peux passer tout à l'heure.
— Ben... cet après-midi, ce serait mieux ?
— Mais... il est quatorze heures...
— Hein ! Ah, mince alors ! J'ai dormi comme un loir. Tu veux donc venir...
— Oui... mais je t'en ai parlé hier... je ne serai pas seule, tu comprends !
— Ah ! Et... Je suppose que ton mari est au courant !
— Oui ! Il préfère cela et...
— Tu me mets un peu dans l'embarras, tu t'en doutes.
— Claude ! Entre femmes nous devons nous serrer les coudes. Et comme je te l'ai dit, je ne veux pas divorcer. Je tiens seulement à vivre un moment différent, à connaitre autre chose.
— Avec un ami de ton propre fils...
— S'il te plait, ne me juge pas ! Ça pourrait aussi t'arriver à toi, un jour ou l'autre.
— Bon... tu as sans doute raison. Et si... ton homme te donne le feu vert...
— Merci. Je savais que je pouvais compter sur toi. De plus, chez toi, aucun risque de fuite ou d'indiscrétion. Ce que redoute surtout Gilles. Rien n'est pire que les commérages dans son travail. Et tu peux saisir que les hôtels ne sont pas des établissements sûrs ! En tout cas merci Claude, je te serai redevable d'un service.
— Arrête avec ça ! Je ne te demande rien. Si vous êtes tous d'accord... venez et de mon côté, j'irai faire un tour ! Vous aurez le champ libre de cette manière !
— Mille fois merci ! Tu es...
— Je sais ! Je sais, je suis trop bonne et tu sais ce qui se dit des gens trop bons ! Trop cons souvent également !
Nous discutons encore quelques minutes et elle raccroche. Mon Dieu ! Son frère se retournerait dans sa tombe s'il voyait sa sœur prendre notre maison pour un hôtel de passe. Le mot là me fait sourire. C'est vrai que Martine n'a rien d'une prostituée, mais son comportement dans ce cas de figure s'y apparente bien un peu. Ce qui me fait du coup tressaillir. Que suis-je moi ? Qu'ai-je fait de moins vil qu'elle ? Coucher avec mon neveu, son propre fils n'a rien de glorieux non plus. Alors, de quel droit lui coller une telle étiquette sur les épaules ? De plus, ce garçon, tout comme Marc du reste, va bien finir par dégoter une nana de son âge et... elle et moi serons reléguées au rang d'antiquité ou c'est affreux à imaginer, nous allons devenir des « ex »...
Je passe à la douche et je me presse pour filer avant que les deux amants ne soient là. La question en suspens et de savoir ce que je vais faire de ces heures durant lesquelles je ne veux pas tenir la chandelle. Et... me revient l'image du bristol du boss du casino. Une balade en bateau ? Pourquoi pas, après tout, c'est toujours mieux que d'errer dans les rues ou dans les bois. Encore que le temps superbe s'y prête assez bien. Qu'ai-je bien pu faire de la carte de visite de Denis ? Elle est surement restée dans la voiture. C'est donc dans la boite à gants que je la récupère. Et j'avoue que l'index qui compose les dix chiffres du numéro du bonhomme tremble beaucoup.
Il suffit de deux sonneries pour que la voix mâle me tombe dans l'oreille.
— Allo ?
— Bonjour... c'est Claude, la femme du bout du lac... vous me remettez ?
— Bien sûr ! Je suis heureux de vous entendre ! Je dois vous dire que j'ai cru hier soir que je ne vous reverrais pas de sitôt !
— Vous avez donc si peu confiance en vous ? Ou en moi... ?
— Oh ! Ce n'est pas tout à fait ça. Mais je suis nul en drague et... je me suis rendu compte que ma prestation de la soirée avait été en dessous de tout...
— Comme quoi... tout le monde peut se tromper, n'est-ce pas... et l'idée d'une balade en bateau a fait son chemin en moi...
— C'est vrai ? Vous me coupez le souffle d'un coup !
— Vous vous sentez prêt pour venir me chercher ?
— Là ? Tout de suite ?
— Ben... sauf si bien entendu, vous êtes occupé à d'autres tâches plus urgentes.
— Non ! Le temps de mettre en route le bateau... et de faire la traversée vers vous...
— Merci ! Je vous attends sur le ponton !
— Bonjour... c'est Claude, la femme du bout du lac... vous me remettez ?
— Bien sûr ! Je suis heureux de vous entendre ! Je dois vous dire que j'ai cru hier soir que je ne vous reverrais pas de sitôt !
— Vous avez donc si peu confiance en vous ? Ou en moi... ?
— Oh ! Ce n'est pas tout à fait ça. Mais je suis nul en drague et... je me suis rendu compte que ma prestation de la soirée avait été en dessous de tout...
— Comme quoi... tout le monde peut se tromper, n'est-ce pas... et l'idée d'une balade en bateau a fait son chemin en moi...
— C'est vrai ? Vous me coupez le souffle d'un coup !
— Vous vous sentez prêt pour venir me chercher ?
— Là ? Tout de suite ?
— Ben... sauf si bien entendu, vous êtes occupé à d'autres tâches plus urgentes.
— Non ! Le temps de mettre en route le bateau... et de faire la traversée vers vous...
— Merci ! Je vous attends sur le ponton !
Je n'ai pas de réponse autre que le silence que génère la coupure de la communication. Et j'écris un petit mot pour Martine que j'épingle sur la porte d'entrée.
***
« Martine, la porte n'est pas fermée à clé. Entre et récupère le trousseau que j'ai préparé à ton intention sur la crédence... de mon côté, je vais me balader. Referme en partant s'il te plait !
Claude ! »
Claude ! »
***
Et je file vers le lieu de mon rendez-vous. Un point blanc et rouge se déplace déjà en ligne droite, grossissant rapidement dans ma direction. Denis n'a pas hésité donc. Quelques minutes plus tard, il accoste le long du plancher de bois sur lequel je fais le pied de grue. Il me tend la main et je grimpe à bord de son modeste bateau. Il remet les gaz et nous sommes partis pour je ne sais où. Il longe tout d'abord la rive opposée à celle où je réside puis il se faufile dans une petite anse entourée de grands arbres. En majorité des sapins, mais aussi quelques chênes et il stoppe là, sa navigation. Un endroit pour accoster apparait au milieu de cette oasis de verdure et il me montre du doigt, une sorte de chalet que j'ai déjà aperçu, lors de mes promenades sur le sentier qui ceint le lac.
— Vous voyez Claude... j'ai ici un petit home où je viens parfois passer quelques heures. Je vais vous faire visiter.
— Je vois ! C'est là que vous amenez vos conquêtes ?
— Contrairement à ce que vous imaginez, je ne suis pas un homme à femmes.
— Ah ?
— Non ! Ne pensez pas non plus à cela ! Je n'ai rien d'un mec à mec... je veux dire que je n'amène pas ici des gens avec qui je couche. Seule une poignée d'amis ont le privilège de fréquenter ce lieu.
— C'est donc un honneur que vous me faites, en m'amenant ici ?
— Une marque spéciale pour vous dire combien vous m'êtes chère...
— Je vois !
— Je vois ! C'est là que vous amenez vos conquêtes ?
— Contrairement à ce que vous imaginez, je ne suis pas un homme à femmes.
— Ah ?
— Non ! Ne pensez pas non plus à cela ! Je n'ai rien d'un mec à mec... je veux dire que je n'amène pas ici des gens avec qui je couche. Seule une poignée d'amis ont le privilège de fréquenter ce lieu.
— C'est donc un honneur que vous me faites, en m'amenant ici ?
— Une marque spéciale pour vous dire combien vous m'êtes chère...
— Je vois !
Et de nouveau ses doigts attrapent les miens pour un débarquement scabreux. Nous sommes sur sa propriété, hors du bateau et il me conduit sans plus de paroles vers son havre de paix. Le chalet est minuscule. Juste une grande pièce avec une kitchenette, et une mezzanine qui surplombe une partie de cette salle. C'est meublé avec gout, et dans l'espace restreint, une table, quatre chaises, un téléviseur, et surtout, un canapé en cuir fauve. Le tout me parait neuf. Il suffit d'un regard pour englober tout ce qui se trouve là. Et il me montre un escalier qui mène à ce qui doit servir de chambre.
— Vous voyez, j'ai tout le confort dont a besoin un vieux célibataire. Ici, je me ressource et je peux vous avouer un secret ?
—... ah ? Vous en avez donc ?
— Très peu ! Mais vous faites partie des rares dames à avoir franchi le seuil de mon petit paradis... et surtout, vous êtes la plus belle de mes invitées. Je viens principalement dans cet endroit pour pêcher. Votre mari aussi aimait la pêche, me semble-t-il ?
— Oui... mais lui la pratiquait de son bateau !
— Moi... je préfère être sur la terre ferme et mes lignes dans l'eau, je peux boire un verre ou lire. J'ai une passion pour les bons auteurs...
— Mmm ! Pourquoi me montrez-vous tout ceci ? Je ne suis pas une de vos proches !
— Pas encore. Mais je rêve que vous le deveniez... Si ça vous ennuie que je vous parle de ça, je ne le ferai plus. Claude, j'ignore pourquoi, mais vous m'avez plu d'emblée et ce que je ressens pour vous n'a aucune commune mesure avec ce que j'ai connu jusque-là !
—... ? Allons ! Les coups de foudre, c'est juste bon pour les petits jeunes ou les ados... voyons !
— Je le croyais également. Votre apparition au bar du casino a tout changé.
—... ah ? Vous en avez donc ?
— Très peu ! Mais vous faites partie des rares dames à avoir franchi le seuil de mon petit paradis... et surtout, vous êtes la plus belle de mes invitées. Je viens principalement dans cet endroit pour pêcher. Votre mari aussi aimait la pêche, me semble-t-il ?
— Oui... mais lui la pratiquait de son bateau !
— Moi... je préfère être sur la terre ferme et mes lignes dans l'eau, je peux boire un verre ou lire. J'ai une passion pour les bons auteurs...
— Mmm ! Pourquoi me montrez-vous tout ceci ? Je ne suis pas une de vos proches !
— Pas encore. Mais je rêve que vous le deveniez... Si ça vous ennuie que je vous parle de ça, je ne le ferai plus. Claude, j'ignore pourquoi, mais vous m'avez plu d'emblée et ce que je ressens pour vous n'a aucune commune mesure avec ce que j'ai connu jusque-là !
—... ? Allons ! Les coups de foudre, c'est juste bon pour les petits jeunes ou les ados... voyons !
— Je le croyais également. Votre apparition au bar du casino a tout changé.
La ficelle est grosse, je me tais donc. Lui ouvre un meuble et sort une bouteille, ainsi que deux verres.
— Du vin d'épines, vous connaissez ?
— Non ! Mais c'est alcoolisé ?
— Très peu ! Goutez et vous m'en direz des nouvelles... c'est des rameaux d'épines macérés dans du vin rouge sucré et un peu de marc de Bourgogne...
— Ah ? C'est vous qui faites cette boisson ?
— Oui... je vous en sers un doigt ?
— Euh...
— Non ! Mais c'est alcoolisé ?
— Très peu ! Goutez et vous m'en direz des nouvelles... c'est des rameaux d'épines macérés dans du vin rouge sucré et un peu de marc de Bourgogne...
— Ah ? C'est vous qui faites cette boisson ?
— Oui... je vous en sers un doigt ?
— Euh...
Il n'attend pas mon acquiescement, remplissant déjà les deux godets qui sont devant nous. Il réalise seulement à cet instant que je suis toujours debout.
— Oh ! Pardon, mais prenez place sur le canapé, je vous en prie... nous n'allons pas trinquer debout tout de même.
— Merci !
— Merci !
Je pose donc mes fesses sur le long siège et lui qui se penche pour attraper le verre qu'il me destine, à une fine couche de sueur sur le front. Drôle de réaction qui m'interpelle intérieurement. Qu'est-ce qui peut bien provoquer chez lui une telle suée ? Et en suivant son regard, je m'aperçois qu'il lorgne à la hauteur de mon corsage. Instinctivement, je baisse les yeux sur ma poitrine et je sais ce qui attire ses quinquets tels des aimants. Les trois derniers boutons ne sont pas dans leur logement et... il a donc en se baissant une vue plongeante sur mon avancée mammaire. Je n'ai pas mis de soutien-gorge et il vient sans doute de s'en rendre compte, d'où cette rosée sur son front.
Zut : Il va forcément penser que j'ai fait cela pour le provoquer ! Auquel cas, il a tort. Je n'ai pas du tout à l'esprit cette idée de gaudriole. Je détourne mon visage, entrainant également mon buste d'un quart de tour, ce qui limite la vue. Et il ne dit mot, se contentant de saisir sa boisson et de l'approcher de ma main qui tient la mienne.
— À votre santé, Claude.
— À la vôtre, merci, Denis.
— Vous n'alliez jamais à la pêche avec Michel ?
— Mon Dieu non ! C'était son jardin secret, j'en ai un autre de mon côté.
— Ah ? Vous avez envie d'en parler ? J'aimerais tellement en savoir davantage sur vous... sur ce que vous aimez, ce qui vous rend heureuse.
— La lecture par exemple ! Oui... j'adore lire, mais ne m'avez-vous pas dit que dans ce... chalet, c'était un de vos passe-temps favoris aussi ?
— Oh oui ! Je n'ai que trop rarement l'occasion d'avoir du temps pour cela lorsque je travaille. Alors, chaque fois que je peux m'éclipser pour venir dans cette calme baraque... j'en profite.
— D'accord.
— J'ai sur la mezzanine, une véritable bibliothèque... ça vous tente d'y aller voir de plus près ?
— Pourquoi pas ?
— À la vôtre, merci, Denis.
— Vous n'alliez jamais à la pêche avec Michel ?
— Mon Dieu non ! C'était son jardin secret, j'en ai un autre de mon côté.
— Ah ? Vous avez envie d'en parler ? J'aimerais tellement en savoir davantage sur vous... sur ce que vous aimez, ce qui vous rend heureuse.
— La lecture par exemple ! Oui... j'adore lire, mais ne m'avez-vous pas dit que dans ce... chalet, c'était un de vos passe-temps favoris aussi ?
— Oh oui ! Je n'ai que trop rarement l'occasion d'avoir du temps pour cela lorsque je travaille. Alors, chaque fois que je peux m'éclipser pour venir dans cette calme baraque... j'en profite.
— D'accord.
— J'ai sur la mezzanine, une véritable bibliothèque... ça vous tente d'y aller voir de plus près ?
— Pourquoi pas ?
Je trempe mes lèvres dans le liquide couleur rubis que contient mon verre et... c'est fichtrement bon. Juste un zeste sucré et il en ressort un petit gout acidulé qui me convient. Lui aussi avale sa mixture, et il me tend résolument la main pour m'aider à me redresser de ma position assise. Je me remets donc sur mes jambes et il ne lâche pas mes doigts, m'entrainant vers les marches qui mènent à cette pièce ouverte à l'étage. L'étroitesse de l'escalier l'oblige à me lâcher et sa main se porte sur mon épaule, avant de glisser lentement plus bas sur mes reins. Il me suit à une marche sous moi. Il ne cherche donc pas à savoir si le bas est aussi dénudé que mon buste.
Et nous voici sur la plateforme supérieure. Là, un lit assez large qui mange une partie de la surface au sol, et c'est vrai que les murs sont tapissés d'étagères qui croulent sous les bouquins. Je remarque de suite que la couche est recouverte d'un couvre-lit, que des coussins ou des oreillers sont ceints par des taies, et à mon avis ce plumard est prêt à recevoir son propriétaire.
— Vous voici dans mon royaume, Claude !
— C'est vrai que vous avez là, une jolie collection de livres ! Quel genre de littératures vous fascine le plus, Denis ?
— C'est assez éclectique... ça va du roman d'amour au polar... pourvu que l'histoire soit bonne et que l'écriture me plaise... c'est une affaire de gout. Mais tenez... vous connaissez ceci, par exemple ?
— C'est vrai que vous avez là, une jolie collection de livres ! Quel genre de littératures vous fascine le plus, Denis ?
— C'est assez éclectique... ça va du roman d'amour au polar... pourvu que l'histoire soit bonne et que l'écriture me plaise... c'est une affaire de gout. Mais tenez... vous connaissez ceci, par exemple ?
Il vient de sortir d'une rangée de bouquins bien alignés l'un d'entre eux. Il me le met dans les pattes. « Le soleil des Scorta » de Laurent Gaudé, lauréat du prix Goncourt d'une année passée. Je triture quelques secondes le volume et le lui rends. Bien sûr que je connais ce livre. Michel et moi l'avions, lors de sa sortie, dévorés.
— Oui ! J'ai pris un infini plaisir à lire les pages de ce roman...
— Heureux donc de savoir que nous avons déjà un point commun. Celui de la lecture. Reste donc à nous en découvrir d'autres...
— Heureux donc de savoir que nous avons déjà un point commun. Celui de la lecture. Reste donc à nous en découvrir d'autres...
Curieux personnage que ce Denis. Il dirige un endroit qui n'est pas tout à fait dans les normes de la morale, mais par ce côté lecteur, il m'émeut quelque part. Par contre, mon esprit est à quelques centaines de mètres d'ici, puisque je me demande ce qui peut bien se passer entre Martine et son jeune amant. Quelle idée de songer à cela alors que je suis dans la chambre d'un vieux célibataire qui me bouffe des yeux ! De plus, il se tient entre moi et la seule issue pour quitter la chambre. Il n'a aucune velléité de me faire du mal cependant. Alors ? Pourquoi est-ce qu'un sentiment de malaise me traverse le ciboulot ?
Lui et moi avons toujours entre les mains notre « vin d'épines » et pour me donner une contenance, j'en avale une nouvelle gorgée. Il me voit faire et par mimétisme fait de même.
— C'est rudement bon, votre vin... comment appelez-vous cela ?
— De la « Troussepinette » et ça vient de ma région. Je suis Vendéen par ma mère, ceci explique cela. C'est assez local comme boisson !
— De la « Troussepinette » et ça vient de ma région. Je suis Vendéen par ma mère, ceci explique cela. C'est assez local comme boisson !
Je suis au bord du lit et machinalement, je m'assois, Denis fait de même. Quand une de ses mains est-elle venue empaumer la rondeur de mon épaule ? Je ne me rends pas de suite compte que la chaleur qui m'envahit est engendrée par ce simple geste. Plus qu'amical ? Empressé surement ! Et lorsque je tourne la tête vers lui, je suis de suite le visage face à celui de l'homme. Sa bouche est si proche que j'en sens l'haleine chargée par le vin. L'idée soudaine que la mienne est dans le même état me perturbe. Mais je n'ai guère le temps de formaliser quoi que ce soit. Déjà la bouille masculine lance ses lèvres à l'assaut de mes lippes. Et... le baiser qui nous unit là est un bizarre mélange de saveurs et de salives.
Mais il n'est pas si désagréable d'être embrassée. Et je m'abandonne dans une pelle plutôt savoureuse. Les pattes du bonhomme ne demeurent pas très longtemps sages, et je laisse celles-ci errer sur mes vêtements. Oh ! Ce Denis sait parfaitement où tâter, palper pour me mettre le feu partout. Et de ces câlins très ciblés découlent un embrasement total de tout mon être. J'ai une pensée fugace pour ma belle-sœur, qui chez moi doit être dans un identique état d'excitation. Mais là s'arrêtent les images de Martine. Mon effeuillage savant est déjà bien avancé. Aucun refus de ma part, et je me sens presque flattée d'être ainsi convoitée par cet homme. Il se frotte à moi encore tout habillé et... j'apprécie hautement son désir.
Nous n'en restons évidemment pas au stade des préliminaires. Et la bouche qui enflamme mes sens sait avec exactitude trouver les points les plus sensibles de mon anatomie. La mienne n'est pas inactive non plus et sait apprécier la vigueur de ce qui lui est proposé. Il est sur moi, tête-bêche, et mes cuisses largement ouvertes, sa langue n'apaise pas mon appétit soudain pour ce gourdin qui flirte avec mon palais. Ses petits coups de reins sont là, qui finissent par me limer dans un coït buccal serein. Lorsqu'enfin, il ressent les prémices d'une montée trop rapide de son sperme, il se laisse rouler sur le côté, quittant le four trop chaud pour ne pas éjaculer trop rapidement.
Il demeure allongé sur le dos, nos flancs collés et je suis en transe. J'assimile cela à un abandon et me sens frustrée. Alors ? Eh bien, je fais simplement un demi-tour, de manière à ce que mon corps se remette dans le bon sens. C'est tout naturellement moi, qui emportée par mon envie croissante vient enfourcher le ventre du gaillard. Et je frotte mon sexe un long moment sur la queue tendue, sans que celle-là me pénètre. Je reprends des mouvements lascifs qui font coulisser mes grandes lèvres sur le cylindre de chair. Ça dure je ne sais combien d'aller et retour. Denis a les paupières closes, savourant visiblement ma prestation.
C'est très spontané, et la première nouvelle giclée me surprend alors que je m'apprête à tendre une de mes pattes pour enfourner la bête. Il est donc trop tard pour... cela. Donc j'achève avec une sorte de ferveur ce que j'ai si bien débuté. Il grogne un peu, soupire et se vide à longs traits blanchâtres qui lui maculent le ventre. Quand d'un coup, je me sens secouée par des spasmes qui montent en vagues dans tous les muscles raidis de mon corps. Savoir que je viens de le faire jouir sans même qu'il me pénètre multiplie chez moi ces sensations exceptionnelles qui nourrissent mon orgasme. Et celui-ci est fabuleux. Je perds à mon tour le contrôle. Je plante mes ongles dans tout ce qu'ils peuvent griffer.
— xXx —
Voilà ! En quelques jours, j'ai eu plus d'amants que dans tout le cours de mon existence. Partager mon corps même de manière éphémère avec deux hommes aussi distincts l'un que l'autre, c'est un truc qui me perturbe. Je suis incapable de décider lequel des deux a su me donner le plus de plaisir. Marc avec sa jeunesse et sa fougue, ou Denis tout en rondeur et en patience ! Deux manières si particulières de me faire jouir. Ce qui engendre chez moi des tas de questions qui n'appellent bien entendu que des réponses personnelles. Je demeure longtemps les yeux ouverts fixant le plafond de cette mezzanine où nous venons de faire l'amour. Denis ne dit rien, et je n'ai pas besoin de m'exprimer. Mon cerveau refait le film des deux baises qui m'ont ramenée dans le monde des vivants.
Il est largement plus de seize heures lorsque le bateau de mon nouvel amant coupe son moteur pour venir se caler le long du ponton. Et c'est donc sans bruit que nous traversons ensemble la pelouse. J'imagine que Martine et son chevalier servant sont partis. Quelle n'est pas ma surprise de les trouver tous les deux à poil dans le salon ! Et Denis qui marche sur mes traces à deux pas de moi est lui aussi abasourdi. Les deux amants sont endormis et je tire sur eux la porte et nous nous replions vers la cuisine. Je suis écarlate lorsque je lève les yeux vers mon accompagnateur. Il me sourit, hausse les épaules et me prend dans ses bras.
— C'est... ma belle-sœur... elle trompe son mari avec un jeunot.
— Chut ! Ce ne sont pas mes oignons, Claude. Vous êtes ici chez vous et ce qui s'y déroule, ne me concerne pas.
— Ben, elle m'a demandé de lui prêter ma maison pour l'après-midi, je ne pensais pas qu'elle serait encore là.
— Votre belle-sœur ? La sœur de votre mari ?
— Oui... il n'en a qu'une du reste...
— Une jolie femme, mais... vous êtes mille fois plus désirable.
— De toute façon elle a un mari et un amant, je ne suis pas certaine qu'il y ait encore de la place pour... un troisième larron !
— Bien loin de moi l'idée de... je suis heureux de ce délicieux partage de notre après-midi et si je le dois à cette dame et à son jeune ami, je les en remercie du fond du cœur.
— Humm ! Je n'ai pas besoin d'eux pour vivre ma vie, vous savez.
— Ce n'est pas ce que je voulais dire, Claude ! Nous... nous reverrons nous ?
— Je n'en ai aucune idée pour l'instant ! Je dois me faire à l'idée que nous avons... enfin vous voyez. Merci, cependant pour ce moment très... tendre.
— Oh, c'est réciproque, vous vous en êtes rendu compte !
— Oui... merci. Mais je préférerais que Martine... elle s'appelle Martine la dame que nous venons de voir... voue me comprenez, n'est-ce pas ?
— Vous voulez dire avant qu'elle ne se réveille ?
— Tout à fait ! Je n'ai pas envie qu'elle s'imagine des choses.
— C'est vous qui décidez... vous savez où me trouver et vous avez mon numéro de téléphone...
— Oui... merci.
— Chut ! Ce ne sont pas mes oignons, Claude. Vous êtes ici chez vous et ce qui s'y déroule, ne me concerne pas.
— Ben, elle m'a demandé de lui prêter ma maison pour l'après-midi, je ne pensais pas qu'elle serait encore là.
— Votre belle-sœur ? La sœur de votre mari ?
— Oui... il n'en a qu'une du reste...
— Une jolie femme, mais... vous êtes mille fois plus désirable.
— De toute façon elle a un mari et un amant, je ne suis pas certaine qu'il y ait encore de la place pour... un troisième larron !
— Bien loin de moi l'idée de... je suis heureux de ce délicieux partage de notre après-midi et si je le dois à cette dame et à son jeune ami, je les en remercie du fond du cœur.
— Humm ! Je n'ai pas besoin d'eux pour vivre ma vie, vous savez.
— Ce n'est pas ce que je voulais dire, Claude ! Nous... nous reverrons nous ?
— Je n'en ai aucune idée pour l'instant ! Je dois me faire à l'idée que nous avons... enfin vous voyez. Merci, cependant pour ce moment très... tendre.
— Oh, c'est réciproque, vous vous en êtes rendu compte !
— Oui... merci. Mais je préférerais que Martine... elle s'appelle Martine la dame que nous venons de voir... voue me comprenez, n'est-ce pas ?
— Vous voulez dire avant qu'elle ne se réveille ?
— Tout à fait ! Je n'ai pas envie qu'elle s'imagine des choses.
— C'est vous qui décidez... vous savez où me trouver et vous avez mon numéro de téléphone...
— Oui... merci.
Je raccompagne le bonhomme jusqu'au ponton et je reviens vers la maison, alors qu'il s'éloigne avec un geste de la main. Dans la cuisine, des bruits étouffés me parviennent et j'ai dans l'idée que le duo dans le salon remet le couvert. Quelle santé tout de même ! Alors, je me faufile à l'extérieur et prends place sur la balancelle. Là, je suis moins à la portée des gémissements de miss Martine et des soupirs ou grognements plus rauques de son galant. Je finis par somnoler aux doux balancements de la couche mobile. Et quand je reviens à moi, il est très tard et les deux oiseaux se sont envolés. Dans la salle de bain, sur le miroir au-dessus du lavabo, tracé au rouge à lèvres, un unique mot : Merci !
Rien ne parait avoir bougé au salon. Sans doute Martine a-t-elle pris soin d'aérer la pièce avant de quitter mon domicile. Le plaid sur le canapé est bien remis en place, comme si personne n'avait utilisé la couche moelleuse. Je me réapproprie les lieux et file sous la douche. Il est plus de vingt heures trente lorsque la belle me rappelle au téléphone.
— Salut et mille fois merci, Claude !
— Ah ! Ça s'est bien déroulé ?
— Oui ! Alban est un garçon très doux... et je suis sa première expérience.
— Bon sang, Martine ! Je ne peux m'empêcher de me dire que tu ne peux pas faire un truc pareil à Gilles. Tu aurais pensé quoi de moi si... j'avais un jour trompé ton frère avec un « presque gosse » ?
— Mais, attends ! Laisse-moi t'expliquer. Si j'en suis là, c'est pour faire plaisir à ce Gilles duquel tu te fais l'avocate. C'est lui qui m'a littéralement poussée dans les bras d'un autre homme. Je n'ai eu juste que le choix d'un partenaire. C'est son truc à lui d'être... comment te dire ça ? Le cocu consentant.
— Quoi ? Tu me racontes n'importe quoi, n'est-ce pas ? Martine... c'est dingue ça !
— Et pourtant... tu vois par exemple là, je suis rentrée et il m'attendait. Nous avons refait l'amour lui et moi, dans les vapeurs de Alban. Ca le fait bander de savoir que... et il me tarabuste pour que je lui raconte en long, en large et en travers ce qui s'est fait...
— Mon Dieu... mais c'est de la perversion à l'état pur ! Tu es certaine que tu ne me racontes pas des conneries ? J'ai du mal d'imaginer Gilles... dans un rôle pareil.
— Oh ! Il y a bien pire encore... il me travaille au corps depuis longtemps pour que j'essaie aussi avec une femme ! Tu imagines la scène !
— Pas spécialement, non ! Et tu vas lui donner ce qu'il attend ?
— Je n'en sais rien. Je l'aime mon homme et tu n'as jamais fait pour Michel des choses qu'il voulait ?
— Dans ce domaine-là, nous n'avions pas ce genre de déviance...
— Réfléchis un instant, Claude ! S'il l'avait voulu et que ton refus risque de mettre en péril ton couple, est-ce que tu ne l'aurais pas satisfait ?
— Je n'en sais rien et de toute façon, pour moi la question ne se pose plus, donc, je ne veux pas y songer. Je ne suis pas certaine qu'un jour il ait eu ce genre de pensées, d'idées.
— J'ai beaucoup hésité, et lu sur internet des récits de femmes à qui leur mari demandait également ce genre de plan bizarre. Apparemment c'est plus courant que nous ne l'imaginons toi et moi... comme le désir pour les femmes de se taper un petit jeune...
— Ah ! Mais pourquoi ce garçon, ce copain de ton propre fils ? Tu as pris un sacré risque, celui qu'il en discute avec Marc...
— Et alors ? Je n'ai rien à cacher ! En sexualité, les gens s'ils sont consentants peuvent faire ce dont ils ont envie. De plus ce jeune, au moins n'avait jamais eu de relation et j'ai été sa conseillère. C'est assez agréable d'avoir un amant très inexpérimenté à qui il faut tout apprendre.
— Je vois... Tu as une vision des choses qui m'est étrangère... mais je ne veux pas interférer dans tes choix. Et si ton Gilles... est content, tout va bien donc ?
— Oui... mais il reste entre toi et moi un point à... discuter !
— Je te vois venir avec tes gros sabots. Mais je ne suis pas... prête à cela, tu piges, Martine.
— Nous aurons donc le temps de revenir sur le sujet, Claude. Et puis... je sais que tu es entrée dans le salon alors que nous reprenions notre souffle... et tu n'étais pas seule. Le type qui t'accompagnait, je sais qui il est... c'est le directeur du casino, Denis...
— Hein ? Donc tu joues les innocentes, tu faisais semblant de dormir ?
— Je reprenais des forces, pour avoir de quoi alimenter la conversation avec Gilles. Et... bref... merci de nous avoir prêté ta maison... je te laisse dormir, ma belle. Nous reparlerons de cela très vite ! Je te demande seulement de songer à ce que veut mon mari et...
— Bonne nuit, Martine... et ne compte pas trop là-dessus !
— Ah ! Ça s'est bien déroulé ?
— Oui ! Alban est un garçon très doux... et je suis sa première expérience.
— Bon sang, Martine ! Je ne peux m'empêcher de me dire que tu ne peux pas faire un truc pareil à Gilles. Tu aurais pensé quoi de moi si... j'avais un jour trompé ton frère avec un « presque gosse » ?
— Mais, attends ! Laisse-moi t'expliquer. Si j'en suis là, c'est pour faire plaisir à ce Gilles duquel tu te fais l'avocate. C'est lui qui m'a littéralement poussée dans les bras d'un autre homme. Je n'ai eu juste que le choix d'un partenaire. C'est son truc à lui d'être... comment te dire ça ? Le cocu consentant.
— Quoi ? Tu me racontes n'importe quoi, n'est-ce pas ? Martine... c'est dingue ça !
— Et pourtant... tu vois par exemple là, je suis rentrée et il m'attendait. Nous avons refait l'amour lui et moi, dans les vapeurs de Alban. Ca le fait bander de savoir que... et il me tarabuste pour que je lui raconte en long, en large et en travers ce qui s'est fait...
— Mon Dieu... mais c'est de la perversion à l'état pur ! Tu es certaine que tu ne me racontes pas des conneries ? J'ai du mal d'imaginer Gilles... dans un rôle pareil.
— Oh ! Il y a bien pire encore... il me travaille au corps depuis longtemps pour que j'essaie aussi avec une femme ! Tu imagines la scène !
— Pas spécialement, non ! Et tu vas lui donner ce qu'il attend ?
— Je n'en sais rien. Je l'aime mon homme et tu n'as jamais fait pour Michel des choses qu'il voulait ?
— Dans ce domaine-là, nous n'avions pas ce genre de déviance...
— Réfléchis un instant, Claude ! S'il l'avait voulu et que ton refus risque de mettre en péril ton couple, est-ce que tu ne l'aurais pas satisfait ?
— Je n'en sais rien et de toute façon, pour moi la question ne se pose plus, donc, je ne veux pas y songer. Je ne suis pas certaine qu'un jour il ait eu ce genre de pensées, d'idées.
— J'ai beaucoup hésité, et lu sur internet des récits de femmes à qui leur mari demandait également ce genre de plan bizarre. Apparemment c'est plus courant que nous ne l'imaginons toi et moi... comme le désir pour les femmes de se taper un petit jeune...
— Ah ! Mais pourquoi ce garçon, ce copain de ton propre fils ? Tu as pris un sacré risque, celui qu'il en discute avec Marc...
— Et alors ? Je n'ai rien à cacher ! En sexualité, les gens s'ils sont consentants peuvent faire ce dont ils ont envie. De plus ce jeune, au moins n'avait jamais eu de relation et j'ai été sa conseillère. C'est assez agréable d'avoir un amant très inexpérimenté à qui il faut tout apprendre.
— Je vois... Tu as une vision des choses qui m'est étrangère... mais je ne veux pas interférer dans tes choix. Et si ton Gilles... est content, tout va bien donc ?
— Oui... mais il reste entre toi et moi un point à... discuter !
— Je te vois venir avec tes gros sabots. Mais je ne suis pas... prête à cela, tu piges, Martine.
— Nous aurons donc le temps de revenir sur le sujet, Claude. Et puis... je sais que tu es entrée dans le salon alors que nous reprenions notre souffle... et tu n'étais pas seule. Le type qui t'accompagnait, je sais qui il est... c'est le directeur du casino, Denis...
— Hein ? Donc tu joues les innocentes, tu faisais semblant de dormir ?
— Je reprenais des forces, pour avoir de quoi alimenter la conversation avec Gilles. Et... bref... merci de nous avoir prêté ta maison... je te laisse dormir, ma belle. Nous reparlerons de cela très vite ! Je te demande seulement de songer à ce que veut mon mari et...
— Bonne nuit, Martine... et ne compte pas trop là-dessus !
Je mets un terme à notre dialogue téléphonique et suis abasourdie par l'aplomb et les révélations de ma belle-sœur. Comment ose-t-elle me proposer presque ouvertement un plan pareil ? Je suis décontenancée par la demande quasi directe de Martine. Merde alors, après le fils, voici que la mère me demande... et sur une fantaisie du père ? Il y a de quoi me perturber. C'est là que je me rends compte que la solitude n'est pas bonne conseillère. Elle me fait gamberger et le sujet tourne dans ma cervelle. Je devrais surement éviter de faire défiler des images ou des mots dans ma caboche. Mais parfois entre ce que l'on veut et ce que l'on fait réellement, il s'écoule un monde bien différent. Je suis du coup, submergée par des pensées, des idées plus que limite. Elles sont même toutes plus pornographiques qu'érotiques et m'en défaire est un challenge que je ne suis pas certaine de pouvoir relever.
Je ne sais pas si je serais capable de franchir ce pas que Martine et Gilles espèrent me voir sauter. Quant à Marc, je sais déjà et de cela j'en suis désormais, plus que sûre. Je ne recoucherai plus avec lui. L'option Denis est sur la table ou plutôt dans ma tête. Là encore, je suis hésitante. Je me garde bien de faire un quelconque diagnostic, mais au moins l'ai-je sous la main, si mon besoin de sexe se fait plus violent. Et puis, pourquoi ne pas aussi vivre ce qu'il me propose sans trop me poser de questions ? C'est un méli-mélo dans ma caboche et tout est passé en revue. Ma libido longtemps en berne semble se réveiller d'un long sommeil. Et... le dangereux mélange qui me surprend dans des pensées plus qu'impures me ramène sur le sentier de la demande de Martine.
Je ne tiens pas à me la mettre à dos, c'est ma seule famille après tout. Je n'ai jamais remarqué non plus une attirance de Gilles à mon égard. Mais serait-il un maitre dans l'art du camouflage ? Marc lui est décidément trop jeune pour moi. Et les amours saphiques, voire la bisexualité ne sont pas des terrains sur lesquels j'ai jamais fantasmé. Alors pourquoi cette drôle de discussion avec ma belle-sœur me bouleverse-t-elle autant ? Un remue-ménage incroyable dans mon cerveau et je tourne en rond, ce qui m'empêche à nouveau de dormir. De surcroit, je me sens tout envahie par un sentiment qui me donne l'impression que je deviens une femme à repasser
Est-ce que mon jeûne prolongé, mon absence totale de sexualité durant ces deux années écoulées peuvent-ils ressurgir maintenant sous cette forme de boulimie qui me taraude ? Et tout cela s'imbrique dans mon âme, comme si mon cerveau voulait me torturer. Et finalement la tension qui va crescendo sous ma chevelure finit par me donner un coup de chaud. Le résultat immédiat en est que pour faire retomber la pression, je n'ai plus que la solution de mes mains. Et mes doigts ne se privent pas de fureter partout sur mon sexe. Piètre résultat, déconvenue à la hauteur de mon besoin de jouir. Plus je me caresse et moins j'arrive à faire retomber ce sentiment d'envie qui m'imprègne toute entière. C'est là que sonne mon téléphone ; comme pour me rappeler que je ne suis plus seule au monde.
La voix... masculine est douce, chaude et elle m'envoute immédiatement.
— Allo ! Je vous dérange Claude ?
— Non ! Non Denis, rassurez-vous, je regarde le film.
— Vous me manquez déjà ! J'ai su apprécier notre après-midi récréatif. Vos invités sont partis ?
— Oui... j'ai eu ma belle-sœur au téléphone et elle avait l'air elle aussi d'avoir passé un bel après-midi.
— Pas vous Claude ? Vous n'avez pas aimé ce qui nous a réunis ?
— J'ai eu le sentiment étrange que je trompais mon mari... vous comprenez et ça a gâché un peu la fête.
— Je me doute que ce ne doit pas être simple pour vous. Je peux vous poser une question idiote, ou intime ?
— Ben... faites toujours, rien ne m'oblige à vous répondre, n'est-ce pas ?
— Bien sûr... est-ce que... j'étais le premier depuis...
— Pour être tout à fait honnête avec vous, non ! Il y a eu un précédent quelques jours plus tôt... mais mon partenaire était trop jeune et je ne tiens pas à en parler... mais non, vous n'avez pas été celui qui m'a fait redécouvrir les bienfaits du sexe.
— Je... j'ai... j'aurais envie de continuer avec vous de faire un bout de chemin... en votre compagnie ! Mais c'est à vous de décider, de me dire si j'ai le droit d'espérer. Je me conformerai de toute façon à vos désirs. Si c'est non, je ne vous importunerai plus !
— Denis... à mon tour de vous poser une question !
— Volontiers Claude. Je me fais déjà un plaisir d'être sincère avec vous.
— Là, maintenant, si je vous disais : venez ! Que feriez-vous ?
— Le temps de traverser le lac... ça va plus vite que par la route... il suffit d'un mot... de vous.
— Alors... viens !
— Merci ! Claude, merci du fond du cœur
— Non ! Non Denis, rassurez-vous, je regarde le film.
— Vous me manquez déjà ! J'ai su apprécier notre après-midi récréatif. Vos invités sont partis ?
— Oui... j'ai eu ma belle-sœur au téléphone et elle avait l'air elle aussi d'avoir passé un bel après-midi.
— Pas vous Claude ? Vous n'avez pas aimé ce qui nous a réunis ?
— J'ai eu le sentiment étrange que je trompais mon mari... vous comprenez et ça a gâché un peu la fête.
— Je me doute que ce ne doit pas être simple pour vous. Je peux vous poser une question idiote, ou intime ?
— Ben... faites toujours, rien ne m'oblige à vous répondre, n'est-ce pas ?
— Bien sûr... est-ce que... j'étais le premier depuis...
— Pour être tout à fait honnête avec vous, non ! Il y a eu un précédent quelques jours plus tôt... mais mon partenaire était trop jeune et je ne tiens pas à en parler... mais non, vous n'avez pas été celui qui m'a fait redécouvrir les bienfaits du sexe.
— Je... j'ai... j'aurais envie de continuer avec vous de faire un bout de chemin... en votre compagnie ! Mais c'est à vous de décider, de me dire si j'ai le droit d'espérer. Je me conformerai de toute façon à vos désirs. Si c'est non, je ne vous importunerai plus !
— Denis... à mon tour de vous poser une question !
— Volontiers Claude. Je me fais déjà un plaisir d'être sincère avec vous.
— Là, maintenant, si je vous disais : venez ! Que feriez-vous ?
— Le temps de traverser le lac... ça va plus vite que par la route... il suffit d'un mot... de vous.
— Alors... viens !
— Merci ! Claude, merci du fond du cœur
Voilà ! Je raccroche et je tremble de mon audace. Je suis devant la baie vitrée de laquelle j'ai rouvert le volet électrique. Et déjà face à la maison, un point lumineux vient d'éclairer la surface sombre de l'eau qui frémit sur la masse liquide. Dans quelques instants, il sera là, et j'en tressaille au point d'avoir le corps entièrement couvert d'une chair de poule intense. Je suis en nuisette, sans sous-vêtement et n'ai nulle envie de me couvrir davantage. La lampe qui se balade sur la flotte grossit et elle vient mourir aux abords du ponton. Je sors et m'assois sur la balancelle. Je devine plus que je ne la vois la silhouette de celui qui, à ma demande est arrivé. Il se dirige directement vers moi. Et... nos bouches se retrouvent avec joie.
Là ! Durant une bonne partie de la nuit, dans l'air frais d'une nuit étoilée, nos corps se livrent à un combat singulier, mais terriblement envoutant. Je déguste chez lui ce qui quelques minutes plus tard est en moi et lui s'efforce de me garder le plus possible en état de gémir. Nous faisons l'amour avec une sensualité qui déborde de partout. Oh ! Il me reste bien dans un coin de la tête, la demande farfelue de Martine. Mais je veux prendre d'abord un plaisir fou avant de parler de tout cela avec celui qui me baise là, comme une salope. Mais n'est-ce pas dans cette catégorie que je suis entrée en couchant avec Marc, puis avec Denis ? Et si lui est d'accord, pourquoi ne pas offrir des souvenirs à celle qui se donne par amour à son Gilles ?
Mais c'est une autre histoire et pour l'heure, le plaisir de faire l'amour, de me donner avec une fougue et un bonheur sans borne m'interdit de mettre ce sujet sur la table. Ou plus justement de demander son avis à celui qui me prend là, avec une infinie tendresse et qui me fait grimper au septième ciel... sous les étoiles et la lune d'une nuit nouvelle. Tout à l'heure, lorsque la température corporelle de chacun de nous sera revenue à la normale, lorsque nous aurons moins faim... sans doute que j'oserai lui livrer les attentes de Martine et de mon beau-frère. Et selon sa réponse... j'aviserai... mais pour l'instant, j'adore les va-et-vient du vit qui m'habite... et rien d'autre ne compte plus vraiment.
Fin !
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Commentaires ()
L'histoire entre Claude et Denis peut être développée. Un retour de Marc pourquoi pas et des envies de ses parents. De quoi nourrir cette histoire.