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Couverture de Moi paysanne maîtresse du sexe, par zooph34
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Moi paysanne maîtresse du sexe — Chapitre 7

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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zooph34
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Moi paysanne maîtresse du sexe

Chapitre 7

Alice
La vie a continué, je me rends compte que je suis de plus en plus dépendante de Louise et aussi un peu de madame, je ne peux me passer de leur présence. Nous suivons les leçons de Bérangère qui est de plus en plus adorable avec nous, on sent qu'elle nous aime beaucoup. Nous faisons d'énormes progrès, Bérangère et madame sont très contentes, elles nous encouragent, mais le principal, c'est que nous sortons de notre ignorance. Bérangère a ajouté les mathématiques aux leçons, c'est difficile, mais nous aimons bien ça avec Louise. En réalité, maintenant, nous sommes quatre heures par jour avec elle, nous apprenons beaucoup, mais nous nous occupons de son corps de temps en temps, elle nous apprend certaines choses. Nous faisons l'amour tous les soirs dans notre chambre à nous, notre amour grandit dans la confiance et le respect de l'autre.
Marthe et Denise ont eu la même chose avec monsieur, elles ont leur chambre avec salle de bain et toilettes, elles ne s'occupent plus que de lui, elles m'en sont très reconnaissantes.
Nous sommes début septembre, nous venons de passer une semaine délicate, Louise a eu ses menstrues, c'est moi qui en ai profité, elle m'a faite jouir tous les soirs au moins trois fois. Tout à coup, je réalise que je devrais les avoir eus depuis un certain nombre de jours. Que se passe-t-il ? Louise voit que je ne suis pas comme d'habitude.
— Que se passe-t-il mon amour ?
— Je n'ai pas eu mes menstrues ce mois-ci, tu crois que Jules m'a engrossée ?
— Attendons encore un peu pour dire des choses comme ça.
— Non, j'ai toujours mes menstrues à chaque mois, nous venons de finir août et je ne les ai toujours pas et rien ne me dit que je vais les avoir.
— C'est vrai que depuis qu'on se connaît, tu n'en as pas eu. Comment tu sais que ça va venir ?
— J'ai mal au ventre un peu avant, et pendant les menstrues.
— Longtemps avant.
— Au moins deux jours.
— Alors, il faut en parler à madame.
— Tu sais où elle est ?
— Certainement dans le jardin, attendons qu'elle rentre pour aller la voir.
— Et si on en parlait à Bérangère ?
— Bonne idée, allons la voir.
Après un certain temps de recherches, nous trouvons Bérangère avec Gertrude, elles cousent des robes. Elles les cachent quand nous arrivons, drôle de réflexe. Nous leur disons ce qui nous inquiète.
— Ne t'en fais pas ma petite Marie, madame s'occupera de toi si tu es enceinte.
— En sainte ?
— Oui, si tu as un bébé dans ton ventre.
— Engrossée, c'est ça ?
— Oui, mais on dit enceinte.
— Comme la sainte vierge ?
— Décidément, vivement que nous en soyons arrivées au z pour le vocabulaire, je n'ai pas dit comme une sainte, mais enceinte en un seul mot. Ça se prononce pareil, je te l'accorde, regarde, je vais t'écrire les deux, tu verras que c'est différent.
Elle écrit les deux mots, je vois que ce n'est pas pareil, mais je ne sais pas encore assez bien lire pour les déchiffrer.
— Tu vois ma chérie, quand on attend un bébé, c'est enceinte comme le mot écrit là.
— Très bien, mais qu'est-ce que je fais, j'ai peur.
— De quoi as-tu peur ?
— Que madame me demande de partir, ce n'est pas bien d'avoir un bébé dans le ventre quand on n'est pas mariée.
— Alors là, tu peux dormir tranquille, jamais Charlotte ne te jettera parce que tu es enceinte, tu sais très bien qu'elle t'adore, d'ailleurs, nous allons être tout de suite fixées, suivez-moi les filles.
Nous la suivons à travers le château, je commence à bien le connaître, nous allons souvent l'explorer avec Louise quand on a un peu de temps. Nous arrivons dans une grande pièce de l'aile nord du château, celle qui n'est pas encore habitée, elle est en travaux. Madame brode avec une femme que je ne connais pas, elle se lève et vient vers nous.
— Qu'y a-t-il Bérangère, je suis en plein travail pour le bébé d'Eugénie.
— C'est peut-être au sujet d'un autre bébé, Marie n'a pas eu ses menstrues ce mois-ci, elle panique un peu.
Madame vient vers moi et m'enlace.
— Tu penses que tu es enceinte ?
— Je ne sais pas, mais j'ai des menstrues régulières, et là rien, même pas les douleurs qui me disent que ça va venir.
— Bon, on va attendre encore deux ou trois jours, après je te dirais ce que j'ai décidé. Et ne me regarde pas comme un chien battu, je te promets que tu resteras au château et que je m'occuperais de toi quoiqu'il arrive.
Je l'enlace et fonds en larmes la tête sur son épaule, d'un seul coup, la tension s'écroule, m'entraînant avec elle.
— Calme-toi ma chérie, tu sais très bien que je ne peux pas me passer de mes deux déesses, calme-toi. C'est l'anniversaire de ton frère ?
— Ça ne peut être que ça, il est le seul, et le restera.
— Très bien, je vais voir ce qu'il y a de mieux pour toi.
Je me ressaisis, elle me libère et prend Bérangère à part. Elles discutent en me regardant, la discussion dure un peu, je suis inquiète, mais elles ont l'air très heureuses, elles ont l'air d'avoir pris une décision. Bérangère revient vers nous, madame rejoint la femme.
— Alors ?
— Alors rien, attendons deux jours, pour être sûr que tu es enceinte.
— D'accord.
Nous retournons dans notre chambre, il est l'heure de suivre la leçon de Bérangère. Je suis bien, je sais que je resterais ici quoiqu'il arrive, comme dit madame, je ne quitterais pas mon amour, je suis heureuse, j'espère que c'est une fausse alerte. Une fois la leçon finie, je lui prends la main et l'amène dans notre chambre. Louise lui déboutonne sa robe, elle comprend ce qui va se passer et se laisse faire, elle me regarde en souriant, je sens beaucoup d'amour dans ses yeux, autant pour moi que pour Louise. Une fois nue, nous l'allongeons sur le lit. Elle se laisse manipuler avec un plaisir évident. Elle sent qu'on l'aime autant qu'elle nous aime. Nous faisons valser nos robes très vite. Je lui écarte les jambes pour laisser Louise plonger sur son sexe déjà très humide, je vois Bérangère se tortiller sous les assauts de la langue de Louise.
Je monte sur le lit, à genoux, je vais vers la tête de Bérangère, mon sexe arrive juste au-dessus de sa bouche, j'ai l'intention de lui mettre dessus, mais elle me devance, agrippe mes fesses et me fait descendre sur elle. Sa langue s'active sur mon sexe, je sais que je vais jouir, je descends le plus possible sur sa bouche. Je me penche pour poser mes mains sur ses seins que je titille avec mes doigts et dont je pince les tétons.
Mais c'est Louise qui a le dernier mot, Bérangère se raidit d'un seul coup, je vois ses muscles se tendre, elle jouit sous la langue de ma chérie, ses dents se resserrent sur mes lèvres, provoquant une légère douleur, ça déclenche mon orgasme, je jouis en lui caressant les seins, mon sexe sur sa tête. Je redescends du lit, Bérangère est toujours allongée, les jambes ouvertes, je prends Louise dans mes bras pour l'embrasser longuement. Quand nous nous séparons, Bérangère n'a pas bougé, toujours dans la même position. Je me glisse entre ses jambes pour poser ma bouche sur son sexe. Elle a un petit mouvement, mais surtout, son ventre commence à bouger. Ma langue se déchaîne sur ses lèvres, mes lèvres les aspirent, mes dents les mordillent, elle m'offre son sexe en soulevant son bassin. Je glisse mes mains dessous pour la plaquer sur ma bouche. Je vois Louise se positionner comme moi au-dessus de sa bouche. Bérangère lui prend les fesses et lui gobe la cramouille.
Je ne veux pas qu'elle jouisse trop vite, ma langue évite soigneusement son clitoris. J'entends Louise jouir, mais je reste seulement sur ses lèvres et son vagin. Elle se tortille de plus en plus, elle a envie de jouir, mais je veux m'abreuver de son nectar d'amour, je l'aspire, mes lèvres collées à son vagin. Quand je sens qu'elle est au bout du bout, je remonte sur son clitoris que j'aspire en le titillant, elle explose dans un orgasme dément. Sa tête va de gauche à droite, je vois Louise lui lécher les seins, elle est arc-boutée sur ses épaules et ses pieds, son corps est tendu comme un arc. Lentement, elle se calme et se détend. Je remonte le long de son corps pour m'allonger dessus, ma tête vient se poser sur son épaule.
— Tu es une maîtresse du sexe ma petite Marie, j'ai rarement joui comme ça, merci ma chérie.
— De rien, je vous promets que je recommencerais souvent.
— J'y compte bien ma petite chérie.
Louise vient s'ajouter, Bérangère glisse son bras sous elle pour la rabattre sur nous.
— Je vous aime mes chéries, vous êtes ma joie de vivre avec Charlotte.
— Nous aussi on vous aime.
Huit mois ont passé, je suis enceinte de neuf mois, je suis bien ronde, sur le point d'accoucher, mais nous ne sommes plus au château. Très vite, il a été évident que j'étais enceinte de Jules. Madame a eu une idée géniale, je gardais l'enfant, mais après l'accouchement, c'est madame qui dirait que l'enfant était d'elle. Ça permettait de résoudre deux problèmes. Le mien, car j'allais devenir une fille mère, ce qui n'est pas très bien vu dans notre société. Celui de madame qui concrétisait avec cet enfant le couple qu'elle formait avec monsieur. En plus, ça permettra de faire taire les mauvaises langues du coin qui commençait à trouver la vie dans le château assez spéciale.
Je serais toujours avec mon bébé, car elle me nommera comme sa nurse, c'est moi qui m'en occuperai, surtout qu'au début, je devrais lui donner le sein. Nous avions décidé de ne rien dire à Jules, mais comme il venait assez souvent au château me voir, il a été évident qu'il fallait prendre une décision. Il fallait mettre au point quelque chose pour que personne ne voie la supercherie. Nous avons choisi les prénoms, si c'est une fille, ce sera Alice Louise Bérangère, si c'est un garçon, Charles Jules François.
Madame décide d'annoncer qu'elle est malade et qu'elle doit aller au bord de la mer pour se soigner. Nous partons donc pour la Bretagne, au manoir de Trévilit. Ce n'est qu'une grosse maison avec de grandes dépendances, rien à voir avec le château, mais nous en sommes très loin et c'est le principal. Ce manoir est la propriété d'une connaissance d'un ami de monsieur, ils ne nous connaissent pas, ils mettent à notre disposition toute une aile des bâtisses par simple amitié, nous sommes complètement indépendants du reste du manoir. Nous ne sommes que quatre, madame, Bérangère, Louise et moi-même. Nous sommes là comme une famille, Bérangère est officiellement notre mère et nous sommes les trois sœurs, il faut que je sois au calme pendant ma grossesse. A notre arrivée à Trévilit, Charlotte a décidé que maintenant, nous nous appellerons toutes les trois par nos prénoms et nous nous tutoierons, et « maman » pour Bérangère, ce qui est normal entre mère et filles et entre sœurs.
J'ai mis un certain temps à m'y faire, mais maintenant, je ne pense même plus à « madame » ou à « vous ». Elle reste tout de même la patronne, c'est toujours elle qui décide.
Le séjour se passe très bien, la maladie de Charlotte se transforme officiellement très vite en grossesse, tout le monde est content au château. Seul Andrew est au courant, il vient nous voir tous les mois pour voir si tout va bien, pour tout le monde ici, c'est mon mari, c'est lui qui a annoncé la grossesse de Charlotte au château. Quand il arrive, c'est toujours le même rituel, il pose sa main sur mon ventre, le caresse en me regardant.
— Tout va bien ma petite femme chérie ?
— Oui mon mari, l'enfant va bien.
Nous avons du mal à rester sérieux, mais il y a du monde autour de nous dans la cour. Je le plains, il lui faut trois jours aller et trois jours retour pour faire le voyage dans une calèche ouverte inconfortable, c'est épuisant. Je suis au centre de tous les soins, je fais l'amour tous les jours avec les trois, même Bérangère qui nous donne toujours ses leçons. Maintenant, je suis au point, je lis couramment, écris assez bien et commence à devenir forte en mathématiques. Je fais des concours avec Louise et Charlotte, j'en gagne beaucoup. Mais ce qui me passionne, c'est l'histoire, je dévore tous les livres amenés par Charlotte sur ce sujet. Bérangère est très fière de moi, je ne suis plus la petite paysanne niaise qui est arrivée il y a neuf mois au château. Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que nous sommes toujours ensemble, nous dormons dans la même chambre, Bérangère a un lit, Charlotte aussi et nous dormons ensemble avec Louise.
Nous mangeons ensemble, nous nous baignons ensemble, nous nous promenons ensemble, pour moi, nous sommes comme une famille, une mère, Bérangère, et ses trois filles. Charlotte partage de temps en temps mon lit, elle adore caresser mon ventre qui grossit lentement. Elle pose son oreille dessus pour entendre le cœur du bébé. Je passe toutes mes nuits dans les bras soit de Louise soit quelquefois de Charlotte. Pour une fois, c'est moi la petite reine.
Depuis deux mois, Charlotte nous fait lire des livres qu'elle a fait emmener par Andrew, il y a Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Beaumarchais, Diderot et bien d'autres, elle veut que nous soyons des personnes érudites comme elle dit. Elle admire les auteurs et les philosophes du siècle dernier, elle l'appelle le siècle des lumières. Elle nous fait lire un livre, et quand nous l'avons fini, nous avons des discussions le soir au bord de la cheminée pour voir comment nous avons compris le livre, Bérangère est une vraie savante, elle a réponse à tout, ce n'est pas étonnant qu'elle ait été la préceptrice de Charlotte enfant. De plus, Charlotte s'est mise dans la tête que nous devions parler anglais, ça, ça me plaît un peu moins, mais je fais de mon mieux. Bérangère nous a donné les bases, mais maintenant, elles parlent entre elles anglais, au début, nous étions pommées avec Louise, maintenant, nous comprenons trois mots sur dix, mais ça nous permet de comprendre un peu.
Quand elles voient que nous sommes plus avec elles, elles nous demandent ce que nous avons compris, et nous explique ce que nous n'avons pas compris, en même temps, on apprend du vocabulaire, je commence à être moins perdue.
Un matin, ça ne va pas, j'ai très mal, je suis dans la salle à manger avec tout le monde, d'un seul coup, je sens un liquide sur mes jambes, je me lève affolée. Bérangère se précipite sur moi, elle regarde Charlotte.
— Elle perd les eaux, c'est le moment, Louise, va chercher l'eau chaude dans la cheminée, Charlotte, étale ce drap sur la table.
Elle me déshabille et m'allonge sur la table, elle me replie les jambes en les ouvrant au maximum.
— Maintenant, tu fais tout ce que je te dis, d'accord ?
— Oui maman, ça y est, il va naitre ?
— Oui ma chérie, il va naitre, tu vas mettre un enfant au monde, c'est la plus belle chose qu'une femme puisse faire.
Je suis restée six heures sur la table, j'ai eu l'impression qu'on m'éventrait, je n'ai jamais autant souffert de ma vie, mais d'un seul coup, quand j'ai entendu sa voix, tout est redevenu calme et serein. Bérangère me montre mon bébé gesticulant.
— C'est une fille ma chérie, une magnifique petite fille, voilà ta petite Alice.
Elle me la met dans les bras et retourne trifouiller dans mon sexe, elle me nettoie comme elle dit. Je serre ce petit être dans mes bras, mais je sais très bien qu'il faut que ce soit l'enfant de Charlotte. Elle vient vers moi, la regarde avec un amour infini.
— Prends-la dans tes bras Charlotte, c'est ta fille.
— Notre fille ma chérie, notre fille, elle restera toujours ta fille pour moi, même s'il faut faire croire le contraire.
— Je sais Charlotte, mais je dois me comporter comme si c'était ta fille et que je n'étais que sa nurse.
Louise vient vers moi, elle se penche sur moi.
— Tu vas bien mon amour, comment te sens-tu ?
— Très bien mon amour, j'ai encore mal, mais je suis bien entourée des gens que j'aime.
Elle se penche encore un peu, nous échangeons un long baiser. Bérangère a fini de « faire le ménage » comme elle dit, je suis maintenant toute propre, toute belle. J'ai toujours mal, j'essaye de me lever, mais c'est impossible. Elles se mettent à deux, Louise et Bérangère pour m'amener dans notre lit. Charlotte amène Alice dans le berceau préparé par elle-même pour le bébé. Il est entre nos deux lits, comme ça, elle aura ses deux mères autour d'elle. Charlotte regarde Bérangère.
— Tu auras mis au monde la mère et la fille, si Marie est d'accord, tu seras sa marraine.
— Bien sûr que je suis d'accord.
Bérangère prend Charlotte dans ses bras, elle pleure, c'est la première fois que je la vois pleurer.
— Merci ma chérie, merci.
— Tu sais très bien que pour moi, tu es ma vraie mère.
Nous devons rester plusieurs mois au manoir, il faut que je retrouve mes formes. Mais ce que j'aime le plus, c'est donner le sein à Alice. Sentir cette petite bouche me sucer le téton pour en extraire le lait me rend extrêmement heureuse, je sers à quelque chose pour la première fois de ma vie. Et de voir ma « mère » et mes deux « sœurs » me regarder attendries m'amène au bord des larmes. Bérangère a trouvé une personne qui nous a aidés, elle venait me passer une crème sur le ventre, elle nous faisait marcher dans la campagne pendant des heures, j'ai retrouvé ma silhouette en huit mois, mais en plus, je ne me suis jamais senti aussi bien dans mon corps. Louise en profite toutes les nuits, Charlotte aussi, j'aime de plus en plus la sentir vibrer sous mes caresses, ma bouche, ma langue. Je n'oublie pas Bérangère, c'est devenu ma seconde mère, elle veille sur nous comme notre propre mère, j'adore cette femme.
Mi-décembre, Jules accompagne Andrew, il porte les vêtements de mon dépucelage, je suis gênée qu'il voit sa fille sans le savoir, heureusement que c'est à la fin de notre séjour, je n'ai plus de trace de ma grossesse. Il venait prendre de mes nouvelles, inquiet de ne pas m'avoir vue depuis plus d'un an, mais surtout, il venait m'annoncer que comme c'est un excellent cavalier, il allait s'enrôler dans la cavalerie de l'armée de l'empereur sous les ordres du maréchal Murat, il venait me faire ses adieux. Je suis très triste, je ne reverrais peut-être plus mon frère adoré. Il repart avec Andrew, heureux de m'avoir vue, je le vois disparaître au loin. Charlotte me prend dans ses bras.
— Ne t'en fais pas ma chérie, il est fort et courageux, il reviendra.
— Je l'espère tant.
Louise me prend la main, nous allons retrouver Alice et Bérangère. Elle a retrouvé ses réflexes d'antan, elle la bichonne comme nous toutes. Charlotte la prend dans ses bras, elle la couvre de baisers, elle se comporte comme si c'était sa vraie fille, je sens qu'elle l'aime comme telle. Je ne suis pas jalouse, au contraire, je suis très heureuse que ma fille échappe à la vie que j'ai eue, petite, elle va vivre dans un milieu aisé entouré de femmes qui l'adorent, elle sera choyée.
Début février, nous retournons au château, nous sommes accueillies comme des reines, surtout Alice, tout le monde veut la voir, Charlotte la présente avec fierté, elle rayonne de bonheur. Quand nous allons vers notre chambre, monsieur nous arrête, l'aile nord a été complètement refaite pour nous. Monsieur l'a fait aménager spécialement pour nous, l'organisation est inversée, nous sommes au rez-de-chaussée, tout le monde y loge y compris Bérangère, monsieur à l'étage, tout ça pour Alice. Toutes les pièces ont une cheminée, il a réalisé un système qui nous permet d'avoir de l'eau sans aller au puits, c'est un grand réservoir en hauteur que des employés ou l'eau de pluie remplissent, nous pouvons faire couler de l'eau grâce à une manette. Il y a aussi des toilettes avec évacuation par de l'eau, c'est tout nouveau. Bérangère a très vite repris son autorité sur le personnel du château.
Elle ne nous fait plus la leçon, nous savons lire et écrire couramment, mais nous avons toujours des réunions au coin du feu pour discuter des livres que l'on a lus avec aussi de temps en temps monsieur qui est une personne très érudite.
Nous sommes fin décembre mille huit cent quinze, notre empereur a été déporté à St Hélène, Charlotte n'est pas très contente de voir revenir sur le trône les représentants de l'ancien régime comme elle dit. Jules est toujours dans la cavalerie, il est maintenant colonel, plusieurs fois cité et décoré, il a survécu à toutes les campagnes napoléoniennes, il a son propre régiment, il est maintenant dans l'armée du roi. Alice a maintenant huit ans, c'est une merveilleuse petite fille, vive, souriante, qui m'adore, elle est aussi souvent avec moi qu'avec sa maman. Bérangère nous a quittés il y a trois ans en même temps que Louise, une maladie les a emportées toutes les deux, Charlotte a été très longue à s'en remettre, mais moi, je n'en suis pas complètement remise, ma Louise me manque toujours terriblement. Il nous a fallu tout l'amour d'Alice qui restait beaucoup avec sa maman et sa nounou les sentant tristes.
Elle a très vite compris qu'elle ne reverrait plus Louise et Bérangère, elle a été un peu triste, mais c'est une enfant, elle a vite oublié. Elle parle très bien anglais, j'ai moi aussi fait d'énormes progrès, je parle maintenant couramment, Charlotte ne nous parle plus qu'en anglais, elle veut que sa fille soit bilingue et moi aussi. L'année dernière, monsieur nous a quittées lui aussi, il avait soixante-sept ans. Charlotte a été beaucoup plus rapide à s'en remettre. Elle aimait bien monsieur, mais ce n'était qu'un mariage arrangé pour la convenance des deux parties. Alice a été très triste de perdre son papa, mais elle ne le voyait pas souvent, elle est vite redevenue comme avant. Marthe et Denise ont quitté le château, elles travaillent maintenant dans d'autres familles.
Je dois dire que mes sentiments envers Charlotte ont évolué. Maintenant, je sais que c'est de l'amour physique que j'éprouve pour elle, elle m'est presque aussi indispensable qu'Alice, je le lui ai dit, elle m'a dit que c'était réciproque, mais qu'elle, elle m'aimait depuis le jour où elle m'a vue pour la première fois, qu'elle ne me l'avait jamais dit pour ne pas interférer dans ma relation avec Louise, et qu'ensuite, elle avait respecté mon chagrin, ne voulant pas profiter de la situation. Ça n'a rien à voir avec l'amour total que je portais à Louise et elle le sait, mais nous sommes bien ensemble et nous faisons l'amour tous les jours et plusieurs fois.
Charlotte décide de quitter la France et de retourner dans son château anglais, elle ne veut pas rester dans un pays occupé par ses ennemis, surtout que ce sont les Autrichiens qu'elle déteste qui occupent notre région. Elle a mis en vente son château, mais n'attend pas qu'il soit vendu. Un mois plus tard, un anglais du nom de Fergus arrive dans une énorme voiture à cheval, elle est tractée par quatre chevaux, c'est la voiture qui nous amènera en Angleterre, Charlotte a demandé qu'on lui envoie une voiture confortable pour faire le voyage. Elle est fermée, nous ne sommes plus aux intempéries et est beaucoup plus confortable que l'ancienne calèche ouverte. En février, nous partons avec Andrew qui épaule Fergus pour diriger les quatre chevaux. Pendant le voyage, Charlotte m'explique ma nouvelle vie en Angleterre.
— Ce château appartient à ma famille depuis plus d'un siècle, c'est mon arrière-grand-père qui l'a acheté. Depuis la mort de mon père, il m'appartient.
— Ton père est mort quand ?
— Il y a deux ans.
— Et tu n'es pas allée à son enterrement ?
— Je n'ai su sa mort que deux mois après, il était trop tard.
— C'est pour ça que tu as été triste pendant des mois ?
— Oui, mais je ne voulais pas t'en parler, en plus je n'étais pas en très bons termes avec lui, c'est lui qui a demandé de ne pas me prévenir tout de suite. J'avais quitté la mère patrie pour aller chez l'ennemi héréditaire, il ne me le pardonnait pas, et il était rancunier.
Je vois ses yeux briller, ça l'émeut de parler de son père. Je la prends dans mes bras pour la serrer bien fort contre mon cœur. Alice vient vers elle, elle sent que sa maman est triste, elle lui tend les bras. Charlotte la prend dans ses bras et l'embrasse.
— Tu vas pleurer maman ?
— Non mon amour, je pense juste à quelque chose d'un peu triste, mais ça va passer.
Je vois qu'elle se reprend, je vais m'assoir en face d'elle.
— Et qui s'occupait du château depuis le mort de ton père ?
— Dorothy la gouvernante, c'est une maîtresse femme tu verras, mais elle est un peu fatiguée, elle a cinquante-deux ans, elle est très heureuse que je revienne, et que tu la remplaces.
— Je vais la remplacer ?
— Oui, c'est toi la nouvelle gouvernante du château, mais je te préviens ma chérie, ce château est un château anglais, donc richement décoré avec d'immenses pièces, très différent de ce vieux château médiéval de Belvoir, bien que lui aussi soit médiéval. Son entretien est assez lourd, tu auras beaucoup de travail, mais tu auras aussi une bonne équipe. Et maintenant, c'est toi qui vas être servie, tu vas voir, être la gouvernante du château, en Angleterre, c'est pratiquement comme être la patronne.
— Ce n'est pas possible, comment vais-je faire, je ne sais pas être patronne.
— Ne t'en fais pas, ça vient vite et je sais, te connaissant, que tu seras une excellente patronne proche de tes employées, tu seras la nouvelle « Bérangère » du château de Leeds.
— Très bien, ma chérie, je te ferais honneur.
— Tu vas être comme moi, coiffée, habillée, la vie de château quoi.
— Mais pourquoi ?
— Pourquoi ? Mais tu ne te rends donc pas compte à quel point je te suis redevable, tu m'as donné le plus beau cadeau qu'on puisse faire à une femme, tu m'as donné ton enfant, tu as fait de moi une mère, une vraie et en plus, je t'aime.
Je fonds en larmes, je ne m'attendais pas à ça. Elle se lève pour m'enlacer, elle couvre mon visage de baiser et lèche mes larmes. Alice vient m'enlacer aussi.
— Ne pleure pas Marie.
— Tu vois mon amour, tu es aimée par deux personnes, Alice et moi.
Nous nous embrassons fougueusement, Alice nous regarde en souriant, mais ce n'est pas grave, elle a l'habitude de nous voir dormir ensemble et nous embrasser souvent. Elle nous fait toujours des bisous sur les lèvres, c'est normal pour elle.
Nous prenons le bateau à Calais pour aller à Douvres, la traversée se passe très bien, la mer est calme et ce n'est pas très long. Arrivées en Angleterre, nous avons pris directement la direction du château dans le South East, pas très loin de Douvres. Nous sommes arrivées au château de Leeds le lendemain en début de matinée, rien à voir avec celui de Belvoir, c'est un énorme château médiéval lui aussi, mais entouré d'eau, construit en deux parties sur deux niveaux. Il y a des ponts, des canaux au milieu, et de grandes tours carrées ou à huit faces. Il est immense, il fait au moins cinq fois la surface de Belvoir, je vais avoir du travail.
Charlotte me donne Alice qu'elle tenait dans ses bras, descend et me fait descendre.
— Suis-moi ma chérie que je te présente au personnel du château.
Je lui passe Alice et descends, nous entrons dans un immense hall, elle tient sa fille par la main. Une femme vient vers elle en ouvrant les bras. Elle l'enlace en l'embrassant.
— Bonjour ma chérie, tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureuse de te revoir.
— Bonjour Dorothy, moi aussi je suis heureuse de te revoir. Marie, je te présente Dorothy, la personne qui m'a élevée avec Bérangère.
— Bonjour Marie.
— Bonjour Dorothy.
Il y a au moins une trentaine de personnes dans le hall qui se précipitent sur Alice, c'est elle la reine de la fête. Tout le monde veut l'embrasser, la câliner. Elle est resplendissante au milieu toutes ces personnes qui l'embrassent. Un homme regarde Charlotte avec un regard d'une grande tendresse. Quand tout le monde a vu Alice, Charlotte prend la parole.
— Je vous présente Marie, la préceptrice d'Alice, elle aura aussi le rôle de gouvernante du château en remplacement de Dorothy qui souhaite avoir moins de travail. Je compte sur vous pour lui faciliter la tâche. Britney, tu seras au service de madame Marie, Jim et Andrew, vous vous occuperez des bains du matin et du soir, j'espère que tu n'as pas oublié depuis que je suis parti Jim.
— Non lady, nous avons tout ce qu'il faut, et comment vous oublier madame, c'est impossible.
— Toujours aussi flatteur à ce que je vois Jim.
— Oui madame, toujours, et très heureux de votre retour.
— Merci Jim, Nancy et Vicky vous serez à mon service particulier, Vicky tu t'occuperas spécialement d'Alice.
Je vois qu'elle en est folle de joie, elle saute sur place avec un sourire qui en dit long.
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theodule_15
16 novembre 2025 à 06:24
très bien écrit
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Photo de profil de Dessinsetcrayons95
Dessinsetcrayons95
17 juin 2021 à 01:39
Magnifique et quels rebondissements !! Hâte lire la suite.
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
16 juin 2021 à 23:36
Toujours une aussi jolie écriture.
Triste que Louise décède. Elle formait un couple des plus émoustillants avec Marie.

Votre écriture est belle. Elle est affûtée, rythmée.
Continuez de l'aiguiser !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Frederyc
Frederyc
16 juin 2021 à 21:57
Une page se tourne (un peu rapidement) une nouvelle, vierge, s’ouvre devant nous, que nous réserve Zooph ? That’s the question !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de zooph34
zooph34
16 juin 2021 à 12:03
:).

Merci pour ta fidélité, j'apprécie beaucoup.
Modifié 16 juin 2021 à 16:33
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de OlivX
OlivX
16 juin 2021 à 11:20
Triste que Louise et Berangere aient été emporté par la maladie, mais du coup Charlotte a pu déclarer son amour à Marie.
La petite Alice fait le bonheur de ses mamans :)
Modifié 16 juin 2021 à 15:48
Soyez respectueux
Répondre

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