Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Flo, mon premier amour — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Flo, mon premier amour
Chapitre 3
Chapitre 3
Durant tout cet hiver soixante-dix-huit/soixante-dix-neuf, Flo et moi avons continué ainsi. Ce fut, sans aucun doute, le plus beau de nos hivers et cette dernière année dans l'établissement fut, elle aussi, la plus belle année. La seule ombre au tableau de notre idylle demeura la période des vacances scolaires. Durant ces dernières il était impossible de nous voir, Flo n'ayant pas l'autorisation de sortir seule.
La saison se termina paisiblement, et le printemps commença à faire sortir de terre les toutes premières fleurs. Perce-neige et crocus pointèrent leurs pétales blancs ou colorés fièrement vers les cieux. De petits bourgeons prirent naissance sur les branches décharnées des arbres sur lesquelles vinrent se poser, chanteuses et riantes, les gaies bergeronnettes et autres mésanges.
Après les vacances de Noël, j'avais remarqué que Florinda boitait un peu. Je lui avait demandé ce qu'elle avait fait, mais elle était restée évasive.
— J'ai une douleur dans la hanche depuis quelques jours, ça passera.
Lorsque mars trouva sa place après février, Flo boitait toujours.
— Tu as vu un médecin ?
— Oui, ne t'inquiète pas on m'a fait des examens j'aurai les résultats pendant les vacances prochaines ou juste après.
Cela ne me rassura pas mais, tout à mon amour, nous continuâmes comme nous en avions pris l'habitude.
On se retrouva chaque matin et après de doux et tendres baisers, nous allions boire le café à L'Olympic, prenant garde de ne pas arriver en retard pour les cours, faute de quoi nous aurions eu des comptes à rendre. Un matin je fis une proposition à Florinda.
— Pâques sera bientôt là. Je n'ai pas envie qu'on perde le mercredi à ne plus se voir. On pourrait aller à la bibliothèque municipale l'après-midi non ? On peut dire que nous faisons un exposé en commun.
— Tu sais bien Jean que je ne fais pas ce que je veux... mais je vais essayer de voir avec la mère supérieure du foyer. Peut-être qu'avec cette idée d'exposé elle me croira.
Quelques jours après, j'attendis Flo à l'endroit habituel. Elle arriva, un large sourire aux lèvres.
— Salut toi ! J'ai une bonne nouvelle, j'ai le droit de sortir le mercredi après midi pour aller à la bibli.
— Super ça, on va pouvoir passer plus de temps tous les deux. On peut commencer demain ?
— Oui ! J'attendais juste la confirmation mais c'est OK, je l'ai eue ce matin, donc demain l'après-midi est à nous.
Heureux, Flo et moi nous nous enlaçâmes et échangeâmes un fougueux baiser. Des copains et copines, parmi lesquels mon copain Pierre, passant par là nous lancèrent des regards mi moqueurs, mi envieux. Il est vrai que cela faisait déjà plus de quatre mois que nous étions ensemble et quasiment inséparables dès que nous nous retrouvions.
Le lendemain, à quatorze heures, j'attendis Florinda à l'angle de sa rue. Lorsqu'elle me vit elle me lança un regard à la fois amusé et apeuré. Son premier réflexe fut de regarder derrière elle si on la surveillait. Heureusement, personne ne l'avait regardée sortir.
Elle vint vers moi, toujours boitillant.
— Cela ne va pas mieux on dirait !
— Non, il est temps que j'ai les résultats de ces examens et qu'on me donne le traitement qu'il faut.
— Ça ira je suis avec toi. Même si je ne suis pas d'un grand secours, ni d'une grande aide, tu sais que tu n'es pas seule et que dans mon cœur et dans ma tête tu y es à chaque seconde de ma vie.
— Je sais, dis moi mon amour ... quand il fera plus chaud on pourra aller sur le sable ... nous ne sommes pas en prison non plus !!! Si je leur dis que je vais à la bibliothèque ça devrait passer.
Elle lança cette phrase d'un coup. Ce fut la première fois qu'elle osa m'appeler "mon amour". Bien entendu on se disait déjà je t'aime et autres paroles langoureuses du même genre, mais jamais je n'avais moi-même osé l'appeler comme cela. J'étais à cet instant fou de joie.
— Bien entendu mon amour, nous irons si tu le veux. Tu sais que je t'aime toi !
Et la saisissant par la taille, je l'embrassai tendrement, amoureusement.
Arrivés à la bibliothèque municipale, nous nous installâmes dans la grande salle commune. Nous avions choisi un livre sur les îles, qui, selon notre souhait, étaient le thème de notre exposé. Même si cela était faux, nous préférâmes prendre quelques notes, juste au cas ou.
Alors que je regardais les paysages magnifiques de la Martinique, je sentis sur ma cuisse se poser la main de Flo. Je sentis la chaleur et la douceur de ses doigts. Elle allait et venait du genou au haut de ma cuisse, tout en faisant semblant d'écrire.
Florinda dut sentir l'excitation qui embrasait mon entrejambe, car je vis dans la prunelle de ses yeux comme un amusement qui, sans nul doute, accompagnait une même envie.
Sa main remonta plus haut, caressant mon intimité comme pour s'assurer que sa petite stimulation jouait pleinement son rôle. Je sentis ses doigts se resserrer sur ma virilité.
— Flo, on pourrait te voir !
— Tu veux rire, on est seuls et je sens quelque chose sous ma main qui me dit que ça ne te déplaît pas.
Je regardai autour de nous, effectivement, il n'y avait personne et la grande porte d'entrée dans la salle étant close, je profitai du moment pour baiser le cou de Flo, passant la main sous son chemisier, je pus sentir sa propre excitation qui faisait tendre sa poitrine. Ma propre envie grandissait.
— Jean... arrête... j'ai trop envie !
— Moi aussi mon amour, j'ai envie de te faire l'amour comme un fou.
Persuadé qu'elle en voulait plus, je descendis sur son ventre, passai le bouton de son jean et atteins son entrecuisse où j'appuyai assez fortement mes doigts. Elle soupira tandis que j'accentuais une pression de plus en plus forte. Du coup sa main se crispa sur mon membre tendu et à l'étroit et je sentis que ma jouissance n'était pas loin.
— Arrête Flo... Arrête ! Je ne vais pas pouvoir tenir.
Elle ôta sa main, l'air déçu.
— J'aurais aimé qu'on aille plus loin aujourd'hui, mais tu as raison, vaut mieux arrêter maintenant. J'ai adoré sentir ta main sur ma poitrine, elle est douce... j'imagine qu'ailleurs elle aurait été encore plus attentionnée.
— Ailleurs, oui... cet ailleurs peut être sur les remparts au retour si tu veux !
— OK mais il ne faut pas traîner et on ne pourra pas faire l'amour mais on pourra être plus tranquilles.
— Alors on y va ?
— Oui...
Nous quittâmes la bibliothèque après avoir remis le livre à sa place et salué la stagiaire à l'accueil dans le couloir. Nous prîmes la direction des remparts. Quelques personnes déambulaient mais les recoins étaient nombreux. Nous en choisîmes un et nous nous embrassâmes. Sa langue jouait avec la mienne, sa main était passée sous ma chemise et me caressait le torse.
A mon tour, je pris l'initiative de passer sous son chemisier et tout en appuyant mon sexe tendu sur ses cuisses, je caressai ses seins. Sous ma paume je les sentis fermes, les tétons tendus.
Au comble de l'excitation elle déboutonna mon pantalon et saisit mon membre dressé dans sa main.
— Si tu insistes trop Flo, je vais vraiment jouir.
— Et alors... tu ne veux pas ?
— Si... mais attends un peu.
Et dans le même temps, je fis pareil. Déboutonnant son pantalon, je glissai ma main dessous, passant aussi sous l'élastique de sa culotte. Je sentis sous mes doigts sa toison, puis je m'aventurai plus bas encore, à l'endroit le plus délicieux de son intimité. Je sentis l'humidité et la chaleur de ses lèvres et doucement, j'y enfonçai le majeur.
— Continue Jean. Continue !
— Toi aussi, caresse moi.
Je devinais son petit bourgeon tendu à l'extrême, je le titillai de l'index tandis que mon majeur allait et venait dans son ventre. Elle accéléra son mouvement sur mon sexe et je crois que nous avons alors joui au même instant. A l'abri des regards indiscrets, notre échange dura un long moment, avec tendresse et passion, même si nous n'étions encore que des novices en la matière. Son intimité, elle, était prise de violentes saccades que je pouvais sentir. Nous connûmes là un vrai plaisir mutuel.
— On fera mon amour pour de vrai ?
— Oui Flo, autant de fois que tu le voudras... Mais j'avoue que te faire vraiment l'amour serait mon plus grand souhait.
— Moi aussi, je t'assure que j'aimerais te sentir en moi... A la plage peut-être, dès que le temps le permettra.
Nous prîmes le chemin du retour, heureux,
— Dis moi Flo : tu as souvent eu des relations ?
Elle me regarda et eut un instant d'hésitation.
— Souvent ça ne veut rien dire Jean ! J'ai connu quelques mecs, la première fois je n'ai pas trouvé cela terrible, je n'ai donc pas recommencé tout de suite avec les autres. C'était plus des amourettes ou des flirts... Avec le dernier, je te l'ai dit, ça ne s'est pas bien passé non plus, on l'a fait plusieurs fois mais je crois que nous n'étions pas vraiment amoureux. Et toi ?
Ce fut à mon tour d'être gêné.
— Moi non. Plusieurs fois avec celle de la colo mais bon, je crois qu'un gars arrive toujours à se satisfaire sans forcément donner du plaisir à l'autre. Et si ce n'est avoir perdu ma virginité, je n'ai pas appris grand chose avec elle.
— Je suis certaine que tu m'en donneras beaucoup du plaisir !
Nous étions arrivés, il était temps de nous séparer.
Quelques jours plus tard, et sans avoir recommencé notre petit jeu sexuel, les vacances arrivèrent, nous allions être séparés quinze jours. Le temps allait me paraître interminable.
Dans ma chambre, j'écrivis des poèmes, des lettres. Lorsque je n'écrivais pas je passais mon temps à la fenêtre d'où je pouvais, à l'époque, voir la mer. Enfin les vacances prirent fin.
Dans ma chambre, j'écrivis des poèmes, des lettres. Lorsque je n'écrivais pas je passais mon temps à la fenêtre d'où je pouvais, à l'époque, voir la mer. Enfin les vacances prirent fin.
Le jour de la rentrée, j'attendis Flo à notre point de rendez-vous habituel. Elle ne vint pas.
A l'occasion d'un intercours Pierre me prit à part.
— Jean, j'ai vu que Flo n'était pas là ce matin. J'ai demandé à sa copine du foyer. Elle est hospitalisée à Bruges. Je crois qu'elle a un gros souci de santé au niveau des os. Je n'en sais pas plus.
Je fus effondré par cette nouvelle. Les jours s'écoulèrent, je n'obtins aucune information supplémentaire et il me fut impossible de lui écrire. Comme je l'ai dit, c'était une autre époque. Les moyens de communications étaient bien limités. Les examens de fin d'année arrivèrent à leur tour. Florinda n'était toujours pas revenue. Je n'avais aucun moyen de prendre contact avec elle. J'étais complètement perdu. Il fallait pourtant poursuivre mes études même si mon esprit était ailleurs.
Je fus reçu avec mention à mon diplôme, rien d'extraordinaire. Cela en était fini de cet établissement, les portes allaient se refermer sur une année qui aurait pu être merveilleuse mais dont le bonheur fut brisé par l'absence de Flo. L'été avait pris la suite du printemps. Mon chagrin lui ne s'était toujours pas estompé. Pourtant il me fallut continuer à vivre et à me projeter dans l'avenir mais, sans celle que j'aimais.
Après l'été, et quelques petits emplois je fus appelé sous les drapeaux sans avoir jamais revu Flo sans même avoir eu de ses nouvelles. Une autre vie commença.
Après l'été, et quelques petits emplois je fus appelé sous les drapeaux sans avoir jamais revu Flo sans même avoir eu de ses nouvelles. Une autre vie commença.
Bien des années se sont écoulées, Florinda reste mon premier véritable grand amour. Souvent, ces souvenirs me reviennent à l'esprit. Je ne les chasse pas, au contraire, je les savoure. Bien longtemps après, nous avons eu un contact par internet, mais nous n'avons pas évoqué ces instants. Je sais seulement qu'elle souffre toujours de sa maladie dont j'ignore le nom, qu'elle est mariée et heureuse, n'est-ce pas là l'essentiel ?
FIN
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Commentaires ()
Je ne m'attendais pas à cette fin brusque, mais j'en apprécie la morale (chérir ces souvenirs plutôt qu'avoir des regrets).
Encore une fois, une belle écriture.