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Couverture de L'amer Noël, par Doogy Woogy
Couverture de L'amer Noël, par Doogy Woogy
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'amer Noël — Chapitre 2 · L'amer rite

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Doogy Woogy
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L'amer Noël

Chapitre 2 · L'amer rite

Note de l'auteur

Cette histoire a été écrite dans le cadre du concours "Un conte de Noël" , à l'initiative de Donatien A.F. de Sade
Marie-Noëlle détacha les rennes. Un lutin accourut pour les guider vers leurs box respectifs. Elle tapa ses pieds contre le sol afin de déloger la terre agglutinée à ses bottes. Elle pesta. La boue avait taché le cuir ; il serait impossible d'en rattraper le rouge vif. Un autre lutin arriva en courant. Il grimaçait d'effort ; son embonpoint carminait son visage. Marie-Noëlle sourit. Les mimiques étaient comiques. Il tenta de délivrer le message dont le Père Noël l'avait chargé, mais il manquait de souffle. Surprise par l'évidente urgence, la fille crut un instant qu'il était arrivé malheur à son père. Elle regarda la grosse pendule accrochée au mur. Sous celle-ci, vingt-quatre autres, plus petites, indiquaient l'heure dans chaque fuseau horaire sur Terre. Que voulait donc son daron si tard ?  
— Je… j'sais pas… il m'a pas… dit pourquoi…c'est urgent, ahana l'adipeuse créature. 
— Calme-toi ! Je ne voudrais pas que le Syndicat des Petits Hommes Verts déclenche une grève si tu venais à calencher à cause de mon père.
Le lutin sortit un mouchoir de sa poche ; il épongea son visage en sueur. Marie-Noëlle lança une pièce à son messager afin qu'il s'offre une boisson au distributeur. L'effort pour la rattraper l'épuisa davantage. Il la regarda presser le pas vers l'ascenseur ; le balancement du manteau au gré des pas de Marie-Noëlle alluma une étincelle lubrique dans l'œil lutin. La cage de verre grimpa à toute vitesse jusqu'aux appartements. Un sifflement de décompression ponctua l'ouverture de la porte. Elle se faufila entre les sapins qui décoraient l'immense palier. Parvenue devant la chambre paternelle, elle toqua mais la musique masquait le bruit de ses coups contre le battant. Elle entra. Son père avachi dans son fauteuil écoutait Christopher Lee entonner Jingle Hell. Elle sourit. 
— Ah ma chérie, te voilà.
— Tu désirais me voir ?
 
Il lui fit signe de s'installer dans le fauteuil voisin. Il tira une bouffée sur son énorme cigare. Il baissa le son à l'aide de la télécommande. 
— Tu prends un verre avec moi ?
— Bien sûr. Il semblerait que tu aies des choses importantes à me déclarer.
— Moi non. Cela dépendra de ce que toi tu as à me dire. 
— À quel propos ?
— Je m'inquiète. Tu passes beaucoup de temps sur Terre ces derniers jours. Quelque chose ne va pas ?
— Tout va bien.
— Vraiment ? Te serais-tu entichée d'un humain ? Tu sais que c'est interdit…
— Oui je n'ai pas oublié. Pourquoi t'inquiètes-tu à ce sujet ?
— Parce qu'à ton âge, les filles de Pères-Noël sont déjà mariées ou au moins en couple.
— Je sais, je devrais m'intéresser aux fils de tes collègues ; aucun ne me plait. Que veux-tu que j'y fasse ? Quand on a un modèle aussi décalé que toi, pas facile d'être séduite par de tels demeurés.
— Ah Ah ! Merci pour ce compliment ma chérie. Mais alors qui est cet homme que tu rejoints ?
— Je préférais y réfléchir à tête reposée avant d'en parler, mais puisque tu abordes le sujet, allons-y.
Elle évoqua sa rencontre avec Adam. Si, comme le répéta son père, toutes les personnes sur Terre ne croyaient plus en lui à partir d'un âge qui diminuait au fil des années, Marie‑Noëlle objecta que l'aversion de son nouvel ami pour tout ce qui symbolisait Noël compromettait celui de nombreux enfants. Elle exprima sa ferme intention d'éliminer ce risque. Son plan n'était encore qu'une ébauche. Elle devait l'affiner. Toutefois le temps pressait. Elle désirait l'accès au laboratoire de son père. Elle résuma son dessein. 
 
— Ton idée ne m'emballe pas. Je vais y réfléchir davantage mais ne te fais guère d'illusions. 
— Tu pourrais m'aider ou au moins superviser mes recherches !
— N'insiste pas, Marie-Noëlle. Ce que tu me demandes est … dangereux. En tout cas trop incertain, pour un gain minime.
— Que fais-tu de l'esprit de Noël ? Si toi-même n'y crois plus, comment pourraient-ils y croire ?
— Noël, c'est pour les gamins, pas les adultes !
— Je ne te parle pas des traditions autour des cadeaux, mais de cet esprit qui fait que les colères, les conflits s'apaisent. Noël est un moment à part. Si tu y as renoncé, peut-être est-il temps de prendre ta retraite ?
— Comment oses-tu ?
— Vivre entre pères et mères Noël, épouser les descendants d'une même… confrérie, ça devient vite chiant si jamais rien ne se passe. Je n'ai aucune envie de finir fonctionnaire de Noël. Autant abandonner cette profession si c'est synonyme de monotonie. Même la Toussaint se révèle plus vivante grâce au folklore d'Halloween ! Un comble !
Marie-Noëlle posa son verre avec rage. Il n'y résista pas. Elle tourna les talons ; la porte claqua. Hébété par cette rébellion inattendue, son père n'avait pas bougé d'un mètre iota ! Il se gratta le cuir chevelu puis ramassa les bris de verre. Il grommelait. Avec un retard digne d'un train de la SNCF, il hurla après sa fille. 
— Fonctionnaire toi-même ! Ça te passera avant que ça te reprenne ! Ce petit con de terrien te fait perdre la tête. Je ne tolérerai pas ça !
Il ouvrit sa réserve d'alcool. Il y chercha ce qu'il avait de plus fort, ça l'aidera à choisir le tour qu'il jouerait à cet idiot qui détestait Noël. Il appela le bureau de contrôle. Une équipe de garde assurait un service permanent. Au cas où. Il était rare qu'il dérange ces avortons en pleine nuit. Ces crétins dormiraient plus tard. Il attendit trente minutes. Un lutin de petite taille, même chez ces demi-portions, toqua à la porte. Jacques, Bas Lutin comme ses compères l'appelaient, était inquiet ; jamais le boss n'avait employé un ton aussi agacé.  
 — Voici les renseignements demandés. Nous avons étudié les données du mouchard du traîneau de votre fille, recoupés avec celles de fichiers des habitants de la ville cible. Aucun doute possible sur l'identité du suspect. Nous avons joint quelques photos de lui, de son lieu d'habitation et de ses connaissances, qu'il s'agisse de ses amis, ses collègues, ses voisins ou de sa famille.
— Bien ! Vous pouvez disposer… Et retournez somnoler dans votre bureau, je vais étudier le cas avec attention. Prévenez les palefreniers de se tenir prêts, je ferai peut-être une sortie avant l'aube. 
 La mauvaise humeur du Père Noël contamina Jacques ; il s'éloigna en ronchonnant. Retournez somnoler… c'est bien une réflexion de patron ! Alors qu'il passait près d'un sapin, le lutin frappa une des boules suspendues à portée de sa grosse main, comme s'il s'agissait d'une balle de tennis.
 
*
 
Dans ses appartements, Marie-Noëlle bougonnait. Elle délivra des noms d'oiseaux à son père, à toute la communauté des Pères Noël. Elle inventa même des espèces de volatiles pour donner libre cours à sa colère. L'envie de parcourir le ciel avec un traîneau de sport la démangeait. Elle explora la banque de données musicales. En dehors des ineptes mièvreries de circonstance, la liste des chansons de Noël dignes d'agrémenter sa virée ne débordait pas. Elle sélectionna naughty christmas de Lacuna Coil, parfait pour des pointes de vitesse dans le firmament. Marie-Noëlle s'attarda sur l'écran où s'affichait la vidéo. Elle inclina la tête sur le côté en guise d'intérêt. Pourquoi pas, songea-t-elle avec une moue jubilatoire. Elle s'équipa pour sa sortie puis quitta son luxueux logement.
Elle sélectionna elle-même les rennes qu'elle désirait atteler à son bolide. Elle pouvait en aligner jusqu'à six paires mais un tel équipage rendait le traîneau moins maniable. Pour des raisons pratiques, les attelages étaient codifiés. Puisque la plupart du temps il s'agissait de rennes, le code commençait par un R. On accolait le nombre de bêtes. Marie-Noëlle hésitait entre deux versions. R4 ou R6. Avec la première, les animaux s'essoufflaient davantage, mais c'était de loin la plus manœuvrable. Son choix fait, elle héla le responsable des écuries. 
— Hey, lutin Martin Kherg, finis les rêves ! Prépare mon TF1
Traîneau Formule 1
en R6. J'ai déjà sorti les rennes de leur box. Je dois vérifier un truc dans les sous-sols. 
— D'accord patronne. Mais qu'allez-vous donc faire à la prison ?
— Occupe-toi de mon traîneau, veux-tu ! 
 Les geôles détenaient les monstres de Noël qui autrefois terrorisaient l'Europe. Ils n'étaient pas des enfants de chœur ; d'ailleurs une bonne partie des détenus dévorait jadis les enfants pas sages du Nord-Ouest ! Une troll islandaise y résidait. Gryla se régalait de ragoût de chenapans, sa recette préférée parmi la foultitude qu'elle connaissait. Le père Fouettard, accompagné de son fils Jean-Balthazar, vérifiait ses lanières de cuir. Ses sourcils épais dissimulaient ses yeux. Des moucherons vrombissaient autour de sa chevelure hirsute de crins noirs ; la peau couverte de suie n'avait pas reçu une goutte d'eau depuis des lustres. Le rejeton ne valait pas mieux. Le plus étrange restait qu'une femme ait accepté de porter l'enfant d'un tel homme. Les cousins Zwarte Piet et Belsnickel tapaient le carton dans leur cellule. Ils affichaient un calme étonnant, comparés au reste de la compagnie. La beauté germanique de Perchta dénotait au milieu de cette galerie des horreurs. Pourtant, question atrocités, cette femme à la peau de porcelaine en connaissait un rayon. Contrairement à Gryla, elle ne dévorait pas les vauriens. Elle les éventrait !  
Mais le pire de tous était celui que Marie-Noëlle voulait visiter. Il ressemblait à l'image du diable que se faisaient bon nombre de personnes. Campé sur deux jambes de bouc aux sabots disproportionnés, il agitait ses mains griffues, armes redoutables dont il punissait les voyous. Ses longs cheveux se mélangeaient aux poils abondants qui s'échappaient des lambeaux de haillons dont il était chichement vêtu. De son front dégarni surgissaient d'énormes cornes striées aussi noires que le reste de la créature. Son visage émacié suffisait à provoquer la peur. 
— Alors Krampus, on ne s'ennuie pas trop ?
— Moque-toi, infâme femme. Rira bien qui rira le dernier. Un jour je foulerai à nouveau la Terre, librement. Ton père assistera impuissant à ma vengeance ; tu souffriras, je te le promets !
— Voilà encore des menaces ! Dire que j'étais prête à t'accorder une sortie temporaire…
— Et pourquoi ferais-tu cela ? Dans cette retraite froide et ennuyeuse, désirerais-tu enfin goûter aux plaisirs de la chair avec un vrai mâle ? demanda Krampus en se caressant l'entrejambe.
— Pas la peine de déballer ton immonde saucisse… même pas dans tes rêves ! J'ai des raisons que tu n'as pas besoin de connaitre. Mais ton comportement est indigne d'une éventuelle collaboration. Adieu donc !
Marie-Noëlle cogna la porte de la cellule du plat de la main comme pour exciter l'affreuse créature. Krampus essaya de la retenir. En vain, elle n'écoutait déjà plus. 
Elle engagea ses rennes sur la rampe d'envol. Les patins du traîneau crissaient sur la neige durcie. Lancé à toute allure, le bolide bascula dans le vide. Grisée de vitesse, Marie-Noëlle exulta. Derrière elle, l'échauffement de l'air provoqué par la vélocité du déplacement enflamma le ciel. Le trajet erratique dessinait des voiles verts ou violets qui ondulaient au gré d'un vent incertain. Parvenue au‑dessus de Rennes, elle lâcha les rênes et abandonna le choix du parcours aux six rennes qui hurlèrent de joie. Elle laissa libre cours à ses réflexions, à la recherche d'arguments à même de convaincre son père de changer d'avis. 
*
 
Le comportement de sa fille l'agaçait. Prostré dans son fauteuil le Père Noël ruminait, fonction dont l'apanage revenait davantage aux rennes. D'après les renseignements fournis, cet Adam n'avait rien d'un mauvais bougre. Son célibat ne représentait pas une raison pour lorgner sa fille. En tant que père, il se devait de détourner les visées de cet homme. Il enfila une tenue présentable et s'en alla fouiller le hangar à gadgets. Il arpentait les rayons sans but précis. Il regretta d'avoir oublié ses écouteurs ; un peu de musique aurait mis plus d'entrain. Au fond de la cinquième allée il dénicha son bonheur. Il vérifia le bon état de la boîte avant de l'embarquer. Soulagé par sa trouvaille, il sifflota. Une fois emballé, il jeta le cadeau dans son traîneau-éco, cette livraison unique ne justifiait pas de gaspiller l'énergie de ses rennes. Puisqu'aucune cheminée ne permettait l'accès à la piaule d'Adam, il prépara deux doses de poudre de Noël. Introduite dans une serrure, cette étrange matière remplaçait n'importe quelle clé. 
Le Père Noël colla sa sarbacane contre la serrure. Il souffla. Tels des feux‑follets, des particules s'échappèrent du canon. Il poussa la porte. Les lumières de la rue offraient une luminosité suffisante pour se déplacer dans l'appartement sans encombre. Il déposa le cadeau sur le canapé puis se dirigea vers la chambre d'Adam. 
 — Oh, Oh, Oh ! Excuse-moi de te déranger si tard… ou si tôt, mais j'ai un important message.
Adam n'avait aucune propension au réveil facile. Les tentatives du Père Noël pour le tirer de son sommeil se soldèrent par un échec. Il répéta sa phrase sans plus de succès. À la dixième tentative, il extorqua un grognement au dormeur qui se tourna de l'autre côté. 
 — Bon… puisque Noël te gonfle, profite bien de mon cadeau ! Je ne vais pas attendre des plombes que tu daignes te réveiller. Et tiens-toi à distance de ma fille. Ce sera mieux pour tout le monde !
 Pour seule réponse, Adam ronfla. Dépité, le Père Noël chercha un bout de papier. Les paroles s'envolent, les écrits restent. En l'occurrence, les paroles n'avaient même pas eu l'occasion d'atterrir. 
  
***
 
Marie-Noëlle s'était endormie sur le lit de son père. Revenue avant lui de sa folle course nocturne, elle l'avait attendu dans la chambre paternelle. Sa fouille infructueuse chassa tout espoir de dérober les clés du laboratoire. Elle avait cogité, potassé ses cours de sciences afin d'avancer son projet. Elle butait cependant sur plusieurs points techniques. Elle excellait en mécanique, tout ce qui touchait à la technologie mais souffrait de lacunes en chimie. Elle regretta son manque de sérieux. Convaincre son père de l'aider devenait impératif… La fin justifiait les moyens ! 
 Le père Noël s'étonna de trouver sa chambre éclairée. Il se rappelait avoir éteint la lumière en sortant. Il haussa les épaules. Peut-être se faisait-il vieux et se mélangeait les pinceaux ? Il se mit à l'aise. Son pantalon et sa veste valdinguèrent. Il était bien mieux en caleçon et t-shirt. Il se servit un verre de Cointreau puis sélectionna quelques chansons pour se préparer à dormir. Dès les premières notes de Highway to Hell, il joua d'une guitare invisible et secoua sa tignasse blanche comme un hard-rockeur. Il entonna même le refrain. 
Réveillée par les décibels, Marie-Noëlle émergea de l'édredon qui la dissimulait du regard paternel. Elle rit de ce spectacle inattendu ; il se figea à la découverte de la présence de sa fille.
— Que fais-tu là ?
— Je t'attendais.
— Je te connais… tu vas me reparler de cette idée stupide.
— Papa, j'ai besoin et du labo et de ton aide. Je n'y arriverai pas seule. 
— Qu'est-ce qui te fait penser que j'aurais changé d'avis ?
— Ton refus ne me laisserait d'autre choix que te forcer la main. 
— Comment comptes-tu t'y prendre ?
— Je suis prête à libérer Krampus. 
— Tu es folle ! Je vais prévenir les lutins…
— Tu n'en feras rien. Regarde ! Cette télécommande permet de déclencher la serrure de sa cellule. Je suis allée voir ce vil scélérat avant de sortir et j'ai fixé un détonateur sur la porte. Au moindre geste suspect, j'appuie sur le bouton. 
 Furieux, son père se précipita pour subtiliser le boitier. Sa grosse pogne heurta la fine main de sa fille. L'appareil chut. Il le rattrapa au vol. 
— Écoute-moi bien ! Tu arrêtes tes conneries sinon ça va mal se passer. 
— Tu n'as pas compris… je veux absolument mettre mon projet à exécution. Je t'ai menti. Le boîtier que tu tiens est celui de la cellule où sont enfermés les gardiens. Le bon est dans ma poche.
— Tu essayes de me piéger pour que j'appuie sur le bouton ! Tu ne m'auras pas ainsi… je vais les délivrer moi-même.
— Si je dis vrai, tu n'atteindras pas l'ascenseur que Krampus sera dehors. Si je mens, le bouton ouvrira la porte du monstre. Souhaites-tu vraiment courir ce risque, juste parce que tu me refuses ton aide ?
— Pourquoi fais-tu ça ?
— Remplis ton verre et assieds-toi dans ton fauteuil, je vais t'expliquer. Mais promets-moi de ne plus essayer de me piquer le boîtier. 
Elle narra en détail l'histoire d'Adam. Elle développa son idée, lui exposa ses lacunes. Son père réclama un temps de réflexion. Elle accorda une demi-heure tout au plus. Dix minutes s'étaient écoulées lorsqu'il lui rendit la télécommande.
— Je ne veux pas prendre le risque d'appuyer par inadvertance sur ce fichu bouton. J'accepte de t'aider. Je vais dormir quelques heures. Après on se met au travail. Il y a du boulot et peu de temps. 
 
***
 
La sonnette réveilla Adam. Il enfila son peignoir et gagna l'entrée avec une démarche de zombie. Il regarda par le judas ; Sylvianne patientait derrière la porte. Quel toupet de le sortir si tôt du lit ! Il fit demi-tour, jeta un bref coup d'œil à l'horloge au-dessus du guéridon où il vidait les poches de son manteau ; il y stockait tout un tas d'inutiles bricoles dans un ancien pot de miel. Il était plus de 11h. Pas si tôt finalement. Il saisit le trousseau sur le meuble, l'agita afin que le tintement prévienne sa voisine de la prise en compte de son coup de sonnette puis ouvrit la porte avec toute la lenteur qu'imposait son mal de tête. Adam devait être plus mal en point qu'il ne le croyait, à en juger la réaction de Sylvianne. 
— Désolée de te sortir du lit. Je pensais que tu serais debout à cette heure-ci. 
Adam se frictionna le cuir chevelu. Il essaya d'humecter sa bouche par de brefs mâchouillements exagérés, mais ses glandes salivaires restèrent en cale sèche. Sylvianne s'excusa à nouveau puis justifia sa venue. L'accumulation d'heures supplémentaires l'avait empêchée d'effectuer ses courses à temps ; elle se retrouvait à cours de café. Puisqu'il venait de se lever, Adam proposa d'en faire pour tous les deux. Il exigea en seule contrepartie qu'elle lui accorde le temps d'une douche. Sylvianne accepta. Elle suggéra de faire le café elle-même pendant ses ablutions. Tandis que l'eau s'infiltrait dans le monticule de poudre noire, Sylvianne fit un aller-retour à son appartement afin d'en ramener ses petits pains suédois. Se fiant à la disposition symétrique de leur logement, elle s'aventura jusqu'au salon afin de questionner Adam à travers la porte sur une éventuelle envie de tartines. Sans réponse, elle attendit que l'eau cesse de couler pour renouveler sa demande. Elle occupa ce bref interlude par une exploration visuelle de la pièce. Aucune décoration de Noël ne maculait les murs, aucune aiguille de sapin ne joncherait le sol. Pourtant, sur le canapé trônait un cadeau emballé, aussi incongru qu'une verrue sur le nez d'une miss France. 
 Sylvianne beurrait des petits pains quand Adam regagna la cuisine. L'eau chaude et le gel douche lui avaient redonné un lustre d'humanité. Ils échangèrent quelques banalités, le temps que le café finisse de les civiliser tous deux, malgré le retard d'Adam sur sa voisine. Ils discutèrent des modalités du réveillon qui approchait à grands pas. 
— Y-a-t-il des aliments que tu détestes ? Pas d'allergie ?
— Ni l'un ni l'autre ! Veux-tu que je prépare quelque-chose, malgré mes piètres talents culinaires ? Je peux acheter un dessert, par exemple.
— Non je vais préparer une bûche. Mais t'occuper d'un cocktail me semblerait plus dans tes cordes, plaisanta Sylvianne.
— Quelle réputation tu me fais ! Mais tu as raison en fin de compte. 
Adam hésita. Sa voisine prit les devants, comme si elle devinait le sujet qu'il désirait aborder, occasion d'en savoir plus sur ce paquet dans le salon qui la tarabustait depuis qu'elle l'avait remarqué. Ils ne s'offriraient aucun cadeau. Elle connaissait déjà son aversion pour les fêtes. Mais elle serait surtout bien ennuyée de discerner ce qui lui ferait plaisir et elle était convaincue de la réciproque. Mieux valait s'abstenir plutôt que d'acheter une babiole qui prendrait la poussière dans un coin.
— Par contre mes enfants m'ont demandé d'ouvrir leurs cadeaux lors du réveillon, sans attendre leur retour. Ils n'ont plus l'âge de croire au Père Noël. Mais si tu en reçois, tu peux l'apporter et l'ouvrir chez moi. 
— Non je n'en ai pas. Heureusement personne n'y songe.
— Ah ! Celui du salon ne t'est pas destiné ? Désolée, je l'ai vu quand je t'ai demandé pour les tartines. C'est un présent que tu souhaites offrir à quelqu'un ? 
— Il n'y a pas de cadeau dans mon salon. 
— Euh… si ! Je t'assure. Sur le canapé.
Adam se leva, suivi de Sylvianne qui voulait confirmer qu'elle n'avait pas eu la berlue. Il s'arrêta dans l'embrasure de la porte. Il se retourna vers sa voisine ; il la soupçonna d'une blague. Elle nia être responsable d'une quelconque farce. Ils firent un bref tour des possibilités, mais il n'avait laissé aucun double de clé à qui que ce soit, pas même la concierge. Circonspect, Adam s'approcha. Il attrapa la feuille posée sur le paquet. Au fil de sa lecture, sa mâchoire semblait se décrocher. 
— T'es sûr que ça va ?
— Oui…
— Alors c'est qui ?
— Euh… le Père Noël… 
 Le rire tonitruant de Sylvianne résonna dans la pièce. Venue d'Adam, cette réponse ne pouvait qu'être drôle. Intrigué par ce mystère, il allait ouvrir le paquet mais sa voisine l'arrêta. Quatre jours les séparaient du grand soir ; il pouvait bien résister à la tentation jusque-là. Il se frotta le sommet du crâne, perplexe. 
— Je m'en fout moi de ces conneries, je veux savoir d'où ça vient. 
— S'il te plait ! Pour une fois Noël nous réserve une réelle surprise, patiente encore un peu.
— Mmmm… 
— Si tu crains de succomber trop vite, je peux garder le paquet. Il t'attendra sagement sous le sapin.
— D'accord ! Retournons déjeuner. 
 
***
 
Dans le laboratoire, père et fille s'affairaient. Seuls les lutins préposés à l'approvisionnement en nouveaux ingrédients nécessaires à l'étrange mixture les dérangeaient. Malgré ses connaissances en potions, philtres et autres compositions, le projet de sa fille amenait le Père Noël sur un terrain peu commun. Le duo se devait d'avancer avec prudence, malgré le peu de temps imparti. 
Marie-Noëlle versa dans un échantillon du mélange brunâtre déjà obtenu, quelques gouttes de sueur de lutin. Celui qui l'avait accueillie après sa rencontre au cimetière en produisait tant qu'elle pourrait fabriquer des seaux entiers de ce bouillon. Hélas une odeur d'œuf pourri assortie d'une opaque fumée jaillit de l'éprouvette. Le Père Noël se gratta le front juste au-dessus du sourcil abondant. Il jeta le flacon par la fenêtre et souffla. L'odeur n'était en soi pas signe d'échec, la fumée si. Après une brève réflexion, il déduisit que le mélange n'était pas d'une stabilité suffisante pour recevoir la sueur. 
— Il y aurait bien une solution…
— Mais ? Qu'est-ce qui te tracasse, 'pa ?
— Les composants qu'il te faudrait recueillir avant de continuer. Quatre fluides !
— Qu'ont-ils de si particuliers ?
— Deux d'entre eux sont, ma foi, faciles à obtenir. De la salive de Gryla et de l'urine du Père Fouettard. Tu trouveras les deux autres dans la même prison. 
— Quels sont-ils ?
— Sperme de Krampus et cyprine de Perchta. Ne songe pas les obtenir en réunissant ces monstres dans une cellule. Certaines versions d'anciens textes évoquent le sang de la déesse en lieu et place des sécrétions de ses nymphes. Pas forcément plus aisé ; elle est si pâle qu'on la suppose exsangue. 
Préparer un excellent ragoût suffisait à déclencher la salivation de Gryla. Pour peu qu'on la persuade que la chair d'affreux enfants entrait dans la recette… Quant au Père Fouettard, personne ne l'avait vu refuser une pinte de bière, alors plusieurs ! Il restait à convaincre les deux autres pour un minimum de coopération. Sans cela prédisait le père, ces monstres menaçaient de ruiner le projet. La fille ne se laisserait pas abattre par l'adversité. Elle laissa sa paternelle célébrité vaquer à de nouveaux tests, pour entamer les négociations sans délai. 
Durant la descente de l'ascenseur, Marie Noëlle garda les yeux fermés ; cela aidait sa concentration. Parlementer avec une déesse nécessitait attention et application ; la moindre bévue annihilerait ses efforts. D'ailleurs quelle divinité était-elle, hormis celle de l'éventration des enfants pas sages ? Dans ses lointains souvenirs, Frau Perchta arpentait les Alpes germaniques. Depuis le solstice jusqu'au début janvier, elle visitait les chaumières, munie d'un terrible couteau et d'une chaîne dont le bruit chassait les mauvais esprits. Elle récompensait les personnes valeureuses, châtiait les aigrefins, les paresseux qu'elle éventrait de son arme. Elle remplaçait les viscères par des pierres, des détritus avant de recoudre la méchante balafre. Si elle considérait la punition insuffisante, elle précipitait ensuite le sacripant dans un puits. Les intérieurs poussiéreux ou l'absence d'un bol de porridge pour honorer son passage constituaient deux autres motifs de châtiment. 
Allongée sur sa couche, Perchta redressa la tête. Dans la pénombre, son visage parut hideux. Pourtant, une fois en pleine lumière, ce fut une femme ravissante qui accueillit Marie-Noëlle. Malgré ses cornes et son nez un peu long, le visage d'une blancheur étincelante dégageait un charme envoutant. Une robe aux motifs tribaux semblables à des runes drapait le corps élancé de la prisonnière, bien plus grande que sa visiteuse. 
— Désolée de mal vous recevoir, mademoiselle. Ma cellule est spartiate mais je ne me plaints pas, je n'apprécie guère le luxe. Par contre, rien ne me procurerait davantage de plaisir qu'une sortie en forêt. 
— Il ne m'appartient pas de vous accorder ce genre de faveur. J'ai demandé qu'on apporte du porridge et une tasse de lait. 
— Tant de déférence… Ce qui vous amène doit avoir une grande importance.
— Oui. Je suis là pour solliciter… humm
Deux coups contre la porte l'interrompirent. Des lutins livrèrent la collation ainsi qu'une chaise supplémentaire. Apeurés par l'antique divinité, ils restèrent comme paralysés sur le seuil. Marie‑Noëlle allait se charger du relais mais d'une voix subitement rauque, Perchta leur ordonna d'entrer. Ils obéirent puis s'enfuirent dès l'accomplissement de leur mission.
— Ils sont drôles. Quel plaisir de pouvoir provoquer encore l'effroi ! Malheureusement, nous vivons des jours où punir avec la sévérité méritée est mal vu. 
— N'êtes-vous pas un peu trop radicale ?
— Oh, je ne châtie pas tout le monde avec la même cruauté. Les petites bêtises n'encourent qu'un boulet de charbon en guise de sucrerie. Convenez que si l'on avait puni le petit Vladimir dès ses premières fautes, il causerait moins de soucis. Mais cesse de bavardages. Où en étions-nous ?
— Je voudrais solliciter… une faveur.
— Vous semblez embarrassée. Auriez-vous peur de moi ?
— Non ! Si, un peu. 
— Pourquoi ? Vous ne craigniez rien. Votre ascendance vous protège. À moins que votre dessein n'enfreigne les codes ? Ou les lois ?
— Je pense qu'aucune loi n'interdise ce que je m'apprête à accomplir. Bien que rien ne m'y autorise non plus, en toute franchise.
— Je sais ce qui vous amène, pour être d'une égale honnêteté. J'aimerais cependant que vous étayiez votre raisonnement, connaitre la motivation qui vous anime. N'ayez aucune crainte d'un châtiment si vous ne parveniez à me convaincre.
Perchta écouta. Elle retira la cuillère de son porridge qu'elle dégusta avec les doigts. Elle délaissa la tasse de lait, trop froid. Elle se leva, se dirigea vers la porte ; elle interpela un des lutins de faction et le chargea d'apporter un pichet entier de lait, tiède cette fois-ci. Elle revint à sa place, interrompit son interlocutrice, argumenta, se fit avocate du diable. Elle poussa Marie-Noëlle dans ses retranchements.
— Ce que vous tentez de réaliser n'est rien d'autre qu'un rite païen. Vous en rendez-vous compte ? Vous enfreindrez les codes de la religion chrétienne qui a supplanté les plus anciennes. Je m'en réjouis, personnellement ; cela redonne quelques couleurs aux croyances séculaires. Mais j'entends le pas trottinant de ce poltron verdâtre dans le couloir. 
Le lutin posa le pichet sur la table. Perchta y trempa un doigt afin d'en vérifier la température. Puis elle congédia le petit être. Une fois la porte refermée, la déesse ôta son vêtement. Marie-Noëlle observa le corps magnifique. 
— Tu devras provoquer ce que tu es venue chercher. Approche !
La prisonnière dégrafa les vêtements de sa visiteuse dont la peau paraissait presque bronzée tant la sienne était blanche. Elle versa la moitié du contenu du pichet sur sa poitrine, son visage puis elle invita la jeune femme à s'abreuver à même son corps. Les seins d'albâtre à portée de ses lèvres, Marie‑Noëlle en embrassa les tétons, tremblante d'émotion, puis lécha le lait à la manière d'un chaton.
— Ne fais pas la timide, voyons ! Sois plus…vorace.
— Je… C'est que…
— Tu n'as jamais goûté aux plaisirs féminins ?
— Non.
— Laisse-moi te montrer alors.
Perchta arrosa de lait la poitrine de la jeune femme. Elle en pinça les pointes entre ses lèvres. Marie‑Noëlle tressaillit d'un plaisir indicible et inconnu. Ses seins n'avaient connu jusque-là que le contact de ses propres doigts. La déesse les titilla du bout de la langue puis aspira les petits globes. Marie‑Noëlle mourait d'envie d'embrasser cette dame si blanche, de goûter ses lèvres. Si elle avait eu besoin de recueillir sa propre cyprine, la fiole serait déjà pleine. Curieuse de savoir si l'excitation de Frau Perchta atteignait une intensité similaire, la jeune femme tenta de glisser une main entre les cuisses de son amante. La déesse esquiva d'une indignation simulée. C'était elle qui menait la danse. Elle guida la demoiselle vers sa couche où leurs ébats s'affranchiraient de la pesante verticalité. Elle fit allonger la novice sur le ventre. Marie-Noëlle frémit sous ce corps qui la couvrait. Elle s'abandonna aux caresses parsemées de tendres insanités que murmurait son initiatrice.  
— Tu me sembles être une vilaine fille, tout compte fait. Mais si je t'ouvre ce ne sera pas le ventre et encore moins avec mon couteau. Je te dévoilerai ce qu'il convient de faire, compte sur moi, si tu nourris l'espoir de recueillir le fluide nécessaire au succès de ton œuvre. Mais avant cette vendange, laisse‑moi glaner ta sève.
Une main s'immisça entre ses jambes. Un doigt s'infiltra. Marie‑Noëlle se cambra pour pallier l'insuffisante intrusion. Perchta félicita sa gourmandise puis donna libre cours à la sienne.  
— Hum, un délice ! Quel nectar ! Qui n'a jamais goûté tes sucs ne peut se targuer de connaitre la véritable saveur des sucreries de Noëlle.  
L'antique divinité ne manqua pas de prodiguer conseils et plaisirs. Elle butina les nymphes roses, brillantes de rosée de son apprentie ; Marie-Noëlle comprit que succéder à son père ne l'importait guère. La novice se montra à la hauteur ; Perchta la récompensa d'une générosité liquide. 
— Une dernière tâche reste à accomplir et non la moindre. Tu l'estimeras moins agréable que celle que tu viens d'achever mais elle est tout autant indispensable. Une fois ton projet mené à bien, n'hésite pas à renouveler ta visite ; je me ferai un plaisir d'éclaircir la noirceur que distillera Krampus. Et plus tard, quand bien même tu n'aurais point d'expérience à mener, fréquente ma modeste prison, tu allègeras ma captivité ; j'en ferai autant de la tienne…
— La mienne ?
— Oui, cette institution qu'est Noël représente pour toi, sinon une prison, au moins un insupportable carcan. Ton projet le prouve. Menacer de libérer Krampus ne se lance pas pour des broutilles. 
— Vous savez ça !
— Bien évidemment. Juger les mauvaises gens nécessitait de tout connaître d'eux ; on n'éventre pas sûr des on-dit !
Perturbée par les mots de la déesse et leurs échanges tactiles, Marie-Noëlle regagna le laboratoire. Elle appréhendait la réaction de son père ; il ne serait pas dupe des moyens employés pour accomplir cette mission, tout comme il ne pouvait ignorer ce qu'impliquait la dernière. Elle entra en silence. Seule une lampe éclairait la tête de son père et le coin de paillasse où il s'affairait. Il remua une éprouvette, le verre refléta des éclats lumineux semblables au scintillement des étoiles. Un sixième sens ou un infime bruit le prévint d'une présence dans l'ombre. Il releva la tête. Marie-Noëlle déposa le flacon devant lui. Il sourit avec une infinie tendresse dans le regard. 
— Parfait ! Je vais pouvoir avancer. Comment te sens-tu ?
— Éprouvée. 
— Hum, elle ne t'a pas facilité les choses…
— Si ! Je ne m'attendais pas à autant de bonté de sa part. Mais ce fut une rencontre singulière et somme toute vertigineuse. Bon… je vais me reposer un peu, le dernier fluide sera plus rude à obtenir.
Comme pour confirmer sa phrase, Marie-Noëlle ne sut réprimer un bâillement à rendre jaloux un hippopotame. Elle prit congé. Elle tomba comme une souche dans les bras de… Morflée ! Le jeu de mot fut sa dernière pensée, car oui, elle pressentait qu'elle allait morfler pour son ultime mission. 
 
***
 
L'immonde Krampus n'accepta de céder son sperme qu'après d'âpres pourparlers. À l'évidence, la fille du Père Noël devait payer de sa personne. Il ricana de la proposition initiale. Il refusa de se satisfaire d'une masturbation quelconque. Il n'accorda guère plus d'intérêt à la fellation concédée par sa visiteuse. Si encore il pouvait souiller son visage…mais la nécessité de soustraire la semence à toute contamination externe exigeait l'usage d'un préservatif. Le manque de temps jouait en sa faveur. Avide d'humilier la fille et le père par la même occasion, il se montra intransigeant sur la méthode de transfert. Ainsi avait-il qualifié leur marché. Marie‑Noëlle n'entendait pas offrir sa virginité au monstre. La créature se laissa attendrir un instant pour mieux jouer avec les nerfs de la demoiselle. Après tout, elle pouvait se passer du dernier ingrédient. Elle arriverait peut-être à ses fins... ou tout rater. Il jubila devant ses hésitations grimaçantes. Tandis qu'elle s'apprêtait à quitter la cellule, il posa sa main noire et griffue sur l'avant-bras de son interlocutrice.
— Il reste une ultime solution. Je ne te ferai pas d'autre proposition. Libre à toi de courir le risque de ruiner ton projet. 
Marie-Noëlle sortit rompue. Elle marchait avec précaution, un préservatif enflé comme une balle enfoncé dans le rectum. Le monstre avait versé un don copieux à la science mais outre la gêne occasionnée, le déchainement bestial de la copulation rendait les déplacements douloureux. Et ceci n'était encore rien comparé à la honte qui l'attendait lorsqu'elle devrait expliquer à son père d'où retirer le dernier fluide. 
 
***
 
Adam sonna. Sylvianne ouvrit, souriante. Elle s'était pomponnée ; il redouta qu'elle ait finalement convié d'autres amis. Son chemisier noir laissait transparaître certaines parties de son corps, un intermittent du spectacle en quelque sorte. Des collants noirs couvraient ses jambes, à moins qu'il ne s'agisse de bas. Un short rouge en simili cuir l'empêchait de trouver réponse à cette question qu'il préférait ne pas creuser. Bref, Sylvianne avait sorti une tenue de combat trop aguicheuse à son goût. Que le rôle de racolé lui échût l'ennuya. Il tira les bouteilles de son sac. Il concocterait son cocktail à la demande, plutôt que d'en préparer trop… ou pas assez. Toutefois cette option demeurait inconnue. Il ne renâclait jamais devant une Téquila Sunrise, mais s'était juré cette fois de rester raisonnable. 
La discussion peina à démarrer, entravée par un déroulé un peu trop formel de la soirée selon les critères d'Adam. Sylvianne évoqua ses enfants puis insista sur leur absence dont elle devait profiter pour s'amuser. Il entrevit l'instant où son hôtesse lui proposerait des galipettes sur le canapé. Une éventualité dont il ne sut qu'en penser. Peut-être se faisait-il un film ? Un coin de sa cervelle se mit en mode de recherche d'une porte de sortie, si le pronostic s'avérait bon. Le plan le plus évident consistait à boire sans modération afin de n'être pas en état de satisfaire une telle requête. 
Malgré la proximité exagérée de Sylvianne, aucune main ne s'aventura sur sa cuisse comme il l'avait craint. Ils passèrent à table ; Adam proposa son aide pour le service mais l'infirmière refusa. N'avoir qu'à attendre constituait son privilège d'invité, sans compter que le menu ne se composait pas d'une kyrielle de plats. Elle apporta le foie gras pendant que des toasts bronzaient dans le grille-pain. Puis, l'entrée expédiée, vint le plat de résistance. 
— Attention, c'est chaud ; ça sort du four ! Du chou avec de la saucisse et des marrons ! Ça change de la dinde traditionnelle, peut-être moins raffiné, mais je préfère une bonne grosse saucisse à une dinde !
Sylvianne accompagna sa phrase d'un clin d'œil appuyé ; Adam se resservit en vin et fit mine de ne pas avoir relevé l'allusion. Malgré sa simplicité, le plat était délicieux. Roboratif et délicieux. En respect de sa bonne éducation, il se garda de parler la bouche pleine. Son appétit surpassait celui de sa voisine, elle fit donc la conversation ; lui se contentait d'acquiescer d'un vague hochement de tête. Parfois il posait une question pour relancer la discussion, comme l'on remet une pièce dans une machine. Sur le mur face à lui, une horloge fantaisiste égrenait les lentes minutes. Il chercha en vain un sujet qui permettrait un échange de points de vue. Seul un miracle pouvait brusquer le temps. 
L'abondant plateau de fromages en fut un, petit mais un miracle tout de même. La diversité des origines qu'il proposait offrit un tour de France des régions visitées par chacun d'eux. Le Cantal, les Causses, la Normandie, le Jura et bien d'autres accélérèrent les tours d'aiguilles. Sylvianne proposa un café pour tenir jusqu'à minuit. Adam accepta bien qu'il considéra qu'en l'absence des enfants, rien n'imposait un respect strict de l'horaire. Ils convinrent d'ouvrir leur paquet après le dessert dont la partition permit une nouvelle salve d'allusions. 
— Je l'ai ratée ! Ma bûche n'est pas assez raide.
— Mais non, elle a l'air très bonne.
— C'est quand même plus facile de tailler une bûche bien dure…
— J'adore les bûches pleines de chocolat, renchérit-il, résigné.
Puisqu'il n'était pas assez alcoolisé et sans espoir d'esquiver les dernières tentatives de sa voisine, Adam songea que s'il devait succomber, autant préciser certaines choses. Avec un peu de chance, ses goûts la rebuteraient. Elle ne battit pas en retraite. 
— Tu reprendras bien une belle rondelle ?
— Je n'écarte pas cette éventualité…
— J'aurais pu la faire plus longue cette bûche, finalement. Ça ne m'aurait pas déplu. 
Les dernières miettes avalées, ils respectèrent leur promesse. Ils débattirent pour savoir qui ouvrirait les hostilités, en l'occurrence son cadeau. Chacun désigna l'autre. Elle avoua être aussi impatiente que lui de découvrir le contenu du mystérieux paquet. Son argument l'emporta. Elle attrapa sous les branches du sapin l'énigmatique colis qu'elle remit à son destinataire. C'était la première fois depuis son enfance qu'Adam ressentait une curiosité avant le déballage. La tête qu'il fit lorsqu'il comprit ce que cachait le papier attisa la curiosité de l'infirmière. Adam s'était arrêté d'arracher l'emballage. Elle le vit rougir.
— Fait voir…
— Euh, non !
— Je n'ouvrirai pas le mien tant que tu ne me montreras pas ce que c'est !
— Peu importe.
Il se leva dans l'intention de porter le paquet chez lui, mais un geste maladroit finit de déchirer le papier. La boîte chut. La révélation du contenu stupéfia Sylvianne. Elle traita Adam de goujat. Comment pouvait-il lui faire un tel affront ? Dire qu'elle était à deux doigts de lui proposer de dormir chez elle…enfin dormir, pas dans l'immédiat. Et lui, tranquille déballait une poupée gonflable, comme si de rien n'était. 
— Mais je t'assure, je ne sais pas qui a acheté cette… chose. En tout cas, pas moi !
— Cette fois, ne me dis pas le Père Noël, ça ne me ferait pas rire.
— Je n'en sais fichtrement rien ! J'ai un lointain souvenir… l'autre nuit, quelqu'un m'a parlé mais j'avais tellement bu, que j'ai cru que c'était dans mon rêve.
— Et que t'a dit la voix, Jeanne d'Arc ? 
— Puisque Noël te gonfle, amuse-toi bien avec mon cadeau… quelque chose comme ça.
— Tu te fous de ma gueule ?
— Pas du tout ! Que veux-tu que je fasse d'un truc pareil ? 
— Ben…
— Ça a l'air moche quand même. Faudrait être mort de faim ou fin bourré…
Afin de se remettre de leur émotion, l'infirmière proposa un café. Un semblant de conversation se mit en place. Sylvianne évacua l'idée d'une partie de jambes en l'air. Pour une autre occasion peut-être. Ils finirent par rire du puisque Noël te gonfle. Quelqu'un avait sans doute voulu lui faire une blague. Ou s'agissait-il d'une erreur de destinataire. 
— Je suis curieuse de voir à quoi ça ressemble en fin de compte, une fois gonflée. 
— Tu es sûre ?
— Oui ! Au point où on en est… Poussons la blague jusqu'au bout.
Dépliée, Adam trouva la poupée d'un ridicule que l'air insufflé ne réussit à effacer. 
— Beurrrk ! Y a vraiment des mecs qui baisent ça ?
— S'ils le vendent… c'est qu'il doit y avoir des clients. 
— Rien que le crissement du plastique me couperait l'envie si j'étais un homme. 
— Du coup, que contient ton cadeau ?
— Débarrasse-moi ça s'il te plait. 
— D'accord, j'emmène tout ça chez moi, je reviens.
Sylvianne profita de l'absence de son voisin pour changer le contenu de son propre cadeau. L'étrange paquet d'Adam avait douché son intention de déballer ses sous-vêtements en dentelle et de lui offrir un strip-tease pour lancer une nuit torride. Elle glissa un livre à la place. 
Adam balança la poupée sur son fauteuil. Il la dégonflerait plus tard, la plierait dans sa boite qu'il expédierait à la poubelle le lendemain. Il referma et retourna boire son café. Sylvianne montra le livre qu'elle était censée s'être offert. Le monde du fleuve, de Philip Jose Farmer. Adam n'imaginait pas sa voisine amatrice de ce genre de littérature. L'échange de points de vue sur leurs lectures les rapprocha. Mais malgré cette improbable coïncidence, une étrange atmosphère régnait dans la pièce. Aucune magie particulière n'avait baigné la soirée, mais le peu dont elle avait bénéficié s'était cassé la gueule comme un jeune oiseau lors de sa première tentative de vol. Minuit pointa son nez ; un bruit de clochettes circula. Celui que ferait le traîneau du Père Noël s'il tournait autour de leur immeuble. Ils se regardèrent. Dans un appartement voisin, quelqu'un diffusait peut-être une bande sonore pour amuser ses enfants. Ils burent un autre café. Adam prit congé. Sylvianne s'affala sur son canapé, incapable de trancher si elle avait passé une bonne soirée ou une mauvaise. Beaucoup d'énergie dépensée pour si peu de résultats. L'incident de cadeau était-il drôle ou non, en définitive ? On toqua à la porte. 
— Adam ! As-tu oublié quelque chose ?
— Non, mon compteur électrique a dû disjoncter. J'ai bien une torche, mais les piles sont mortes aussi. Pourrais-tu m'en prêter une ?
— Oui, pas de souci. Je viens avec toi. 
Ils traversèrent le palier. 
— Ça sent le plastique fondu… tu as fait chauffer ta poupée ?
— Très drôle ! Depuis quelques temps, le circuit électrique multipliait les mauvais contacts. Il a dû lâcher. Mais tu as raison, l'odeur vient du salon où j'avais balancé la poupée. Elle a peut-être atterri sur un fil dénudé…
— Dénudé comme ta pin-up ? Le plastique ne fait pas contact, le court-circuit ne peut venir de là.
— Mais si le fil a chauffé, il a pu fondre le plastique. 
 Adam remit le courant au compteur. 
— C'est bon, ça tient ! Allons voir si la poupée a cramé.
— Elle avait peut-être le feu au cul !
— Merde ! 
— Quoi ?
— La poupée n'est plus là ! Je l'avais posée sur le fauteuil. 
— Si elle a fondu, elle aura fait comme les baudruches qu'on relâche sans faire un nœud. La fuite d'air l'a propulsée dans la pièce. Elle sera tombée quelque part, derrière un meuble. 
Ils firent le tour du salon, pas d'affreuse poupée en vue. Sylvianne visita la cuisine. La laide zeppelin était peut-être passée par la porte. Décidément ce cadeau marquait les esprits. Mais aucun bout de plastique n'avait volé jusque-là. 
— A-t-elle pu passer par la fenêtre ?
— Je doute qu'elle ait eu la capacité de tourner la poignée, sortir et refermer derrière elle ! 
— Tu es sûr de l'avoir laissé ici ?
— J'ai beaucoup bu, mais quand même…
Adam vérifia dans les toilettes et la salle de bain, les portes étaient restées entrouvertes. Sylvianne s'avança vers lui d'un pas décidé. Un doigt barrait ses lèvres ; elle chuchota.
— Y'a une fille dans ton lit. 
— Quoi ?
— Chut, elle dort. As-tu laissé un double de clé à une de tes amies ?
— Non !
— Si par un prodige électrique ta poupée s'est incarnée, espérons qu'il ait amélioré son apparence. 
— Tu lis trop de science-fiction !
Une épaisse tignasse dépassait des draps. L'inconnue leur tournait le dos. Adam contourna le lit, se pencha pour voir le visage que masquait en partie la chevelure.  
— Alexandra ! 
— Mmmm 
— Que fais-tu là ?
— Ben elle dort, ça ne se voit pas ?
— Mais, elle… elle est…
— Morte, oui, mais là… suis vivante. 
— Comment est-ce… ?
— 'sais pas. Le vague souvenir d'une fille… habillée en Père Noël… m'a souhaité bonne chance et m'voilà chez toi…'dois la connaître… m'a demandé… transmettre un joyeux Noël. Maintenant j'ai froid… suis épuisée… viens te blottir contre moi... continuera la discussion demain.
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Utilisateur supprimé
8 mars 2024 à 02:04
Ce fut bien bon, vlad la joie en somme ^^
Soyez respectueux
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Photo de profil de Doogy Woogy
Doogy Woogy
14 janvier 2023 à 19:24
Merci pour ce retour conséquent.
Mon retour tout aussi conséquent, mais en MP pour ne pas trop dévoiler ici.
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Donatien A.F. de Sade
14 janvier 2023 à 12:58
Que c'est triste. Une Marie-Noël qui s'en est allée via une mort horrible à cause d'un salaud porteur du VIH qui n'a pas eu la décence, l'honnêteté et le civisme de lui dire qu'il était porteur de ce virus. Je comprends maintenant les regrets et le chagrin d'Adam face à la perte de son amour perdu. La triste est vraiment un point d'ancrage efficace pour poser un récit narrant l'amour.

Je me demandais justement si quelqu'un allait composer une histoire avec une fille du Père Noël, je crois que je suis servi. ^^
Qui plus est, j'aime bien que vous citiez des groupes musicaux. Cela me permet de découvrir ceux-ci. Je dénote un clin d'œil à un anglicisme "grave" pour les pierres tombales, lorsque dans une discussion Marie-Noël dit qu'il est temps pour une "grave discussion". L'inversion des deux mots, qui s'écrivent ordinairement "discussion grave", me fait fortement penser à l'anglicisme pour désigner les pierres tombales qui se retrouvent partout dans le cimetière mais corrigez-moi si je me trompe.

***

Chapitre deux débuté et je lis déjà que le Père Noël, les pères Noël et leurs descendances ne sont pas des humains et qu'ils ne vivent pas sur Terre. Une nouvelle version du mythe. Quelle intrigue. Le lutin Martin Kherg, est-ce un nom en référence à Martin Luther King ? La sonorité y ressemble un peu. Connaissiez-vous déjà les contes des lutins islandais de Noël et de leur mère Gryla ? Si non, ce sont de grandes recherches que vous avez fait pour vous inspirez de ces contes.

J'aime bien que vous ayez pris plein de personnages de contes de Noël et que vous les ayez ajouté à votre conte. Qui plus est, vous les avez mis dans une sorte de prison où ils ne peuvent plus nuire ni causer de mal. On dirait que ce royaume du Père Noël est particulier.

Cette Sylvianne est une personne qui ne perd pas le nord. Elle est directe et elle sait jouer des jeux de mots qui décrivent très bien ses pensées et ses allusions, dixit sa préférence pour une "bonne grosse saucisse à une dinde".
C'était donc ça le cadeau de Marie-Noël. Redonner vie à Alexandra pour qu'Adam retrouve celle qu'il aime. Je crois comprendre que la poupée a reçu l'élixir et qu'elle a pris vie sous les traits d'Alexandra. C'est surement pour cette raison que la poupée a disparu et qu'il y avait une odeur de plastic fondu. La vague de magie a surement fait court-circuiter le disjoncteur.

J'aime particulièrement l'univers que vous avez créé, telles des règles propres à ce royaume de Noël comme ceux d'un pays se gouvernant en interne.
Franchement, je vous offre toutes mes félicitations et je vous remercie de nous avoir offert ce cadeau.
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
12 janvier 2023 à 11:45
Quel dénouement. Très belle histoire.
Modifié 12 janvier 2023 à 17:06
Soyez respectueux
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Photo de profil de Jane Does
Jane Does
9 janvier 2023 à 12:20
Posez le cadeau, tirez sur le ruban et voici quelques bons moments passés à lire une prose charmante. De quoi se sentir humble aussi devant un panel de textes si gouteux...
Soyez respectueux
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Photo de profil de Lucifer88
Lucifer88
5 décembre 2022 à 21:08
En voilà un beau cadeau ! Le monde du père Noël avec tout ces personnages est bien surprenant. Les sacrifices de Marie-Noëlle sont a la hauteur du cadeau qui du coup me laisse l'impression de n'être presque pas mérité pour ce cher Adam qui récolte tous les bénéfices sans avoir rien fait du tout. Sauf si le cadeau en premier lieu n'est pas Alexandra mais pour Alexandra...
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
5 décembre 2022 à 10:12
J'ai beaucoup aimé ! Surtout pour l'idée qui est vraiment originale. Très bien écrit et déjanté comme drôle. Vraiment un très bon texte et une très belle histoire. Les poupées sont de véritables fantasmes :)
Merci
Soyez respectueux
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Photo de profil de Doogy Woogy
Doogy Woogy
1 décembre 2022 à 13:53
Un deuxième chapitre très différent du premier, c'est le moins que l'on puisse dire ! J'avais presque trouvé le dénouement dans notre mp, j'en suis fière.

Bon tu avais surtout émis (Winehouse) l'idée que Marie-Noëlle était vraiment la fille du père Noël
Lacuna coil ? Il y a aussi king diamond, twisted sister qui ont fait de supers morceaux de Noël heavy métal.

Oui j'étais tombé sur une liste sur laquelle les deux groupes que tu cites étaient présents. Mais je ne voulais pas d'une liste longue comme un bras. J'ai déjà pas mal de chansons qui accompagnent "Natasha & Franck", je ne voulais donc pas de "concurrence" dans ce domaine. Et puis comme j'aime beaucoup Lacuna Coil, c'est la deuxième que j'ai écouté, après celle de Christopher Lee. La chanson colle parfaitement à l'histoire, en tout cas à la partie folklore, je n'ai donc pas cherché plus loin.

L'imaginaire est au top, la culture du folklore est très intéressante, les rapports entre le père et la fille sont gratinés,
Bref un très très bon texte rafraîchissant !

Merci merci ! Je me suis bien amusé à fouiller plus en détail le folklore monstrueux de Noel. Et les rapports entre le père et la fille se sont invités en cours de route, enfin d'écriture et j'ai beaucoup aimé ce que ça me permettait au niveau récit.
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
1 décembre 2022 à 11:05
Un deuxième chapitre très différent du premier, c'est le moins que l'on puisse dire ! J'avais presque trouvé le dénouement dans notre mp, j'en suis fière.
Lacuna coil ? Il y a aussi king diamond, twisted sister qui ont fait de supers morceaux de Noël heavy métal.
L'imaginaire est au top, la culture du folklore est très intéressante, les rapports entre le père et la fille sont gratinés,
Bref un très très bon texte rafraîchissant !
Modifié 1 décembre 2022 à 11:06
Soyez respectueux
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Photo de profil de Durandal71
Durandal71
1 décembre 2022 à 09:40
Drôle, rafraîchissant, et même parfois "gourmand"... j'adore les sucreries. Un excellent second chapitre dans la même lignée que le premier. Félicitations et bonne chance
Soyez respectueux
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