Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Itinéraire(s) — Chapitre 3 · Renaissance
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Itinéraire(s)
Chapitre 3 · Renaissance
Les jours qui suivirent furent longs, si longs, je trainais mon âme en peine dans le garage et agissais comme un automate. Je vidangeais, vissais, dévissais, remplissais sans aucune conviction. Après une énième engueulade de mon patron, je finis ma journée, prêt à rentrer subir dans mon appartement. Je détachais mon vélo pour rentrer quand j'entendis m'appeler.
—Arnaud ? Tu es sûr que ça va ?
—Euh, oui, ne vous inquiétez pas, j'ai juste un passage à vide, ça passera, rassurez-vous.
—Ne me raconte pas de bêtises, poursuit-il, je vois bien que ça ne va pas, et je connais ce regard.
Lui, c'était André, l'employé du garage, un grand métis d'une trentaine d'années, bon mécano, toujours sympa avec moi, volontiers blagueur. C'était lui qui m'apprenait beaucoup de bons tuyaux quand le patron avait autre chose à faire, et c'était bien souvent.
—Mets ton vélo dans le coffre, m'invita-t-il, tu viens boire un coup à la maison.
—Je ne veux pas vous déranger, et puis, vous avez sûrement autre chose à faire avec votre famille, et puis, il faut que je révise mes cours, et mon chat va m'attendre.
—Je n'ai jamais vu autant de mauvaises excuses en si peu de temps, ria-t-il. Allez, assieds-toi, conclut-il en fermant le coffre de son monospace.
Je me sentais bête avec ma tenue de vélo dans sa luxueuse voiture. Comme de trop, décalé, incongru, gauche, emprunté.
—C'est une femme, c'est ça ? Commença-t-il par-dessus les notes de la bluette du moment à la radio.
—Euh…
—C'est bien une femme, ça se voit comme un pavé dans la gueule d'un flic, s'exclama-t-il de toutes ses dents, fier de son bon mot. Allez, raconte-moi.
—Eh bien, c'était mon amie, ma meilleure amie en fait.
—Tu es amoureux d'elle, et elle ne t'aime pas, tu es juste un ami.
—Un jouet plutôt, un outil bien pratique dont elle se sert quand elle en a besoin et qu'elle jette quand elle se fait sauter par le premier connard venu.
—Je comprends ce que tu ressens. Raconte-moi comment tu l'as rencontrée.
Je lui racontai alors ma jeunesse à l'ASE, les familles d'accueil, les foyers, mes échecs scolaires au lycée qui m'ont poussé à l'apprentissage à dix-neuf ans. C'était au lycée que j'avais rencontré Elodie, la plus belle de toutes qui, avec le recul et en en parlant, s'était visiblement pris de pitié pour moi, l'enfant placé sans famille. J'étais un ours en peluche, sans plus.
—Je vois le tableau, tu fais bien de l'oublier, crois-moi. L'indifférence est ta meilleure vengeance. Ne lui laisse pas la satisfaction de t'avoir fait du mal. Ne fais pas la bêtise de lui envoyer des messages haineux.
Nous arrivâmes chez André, un beau pavillon, très bien entretenu. Il me présenta à Marie, sa femme. Je me sentis emprunté face à elle et n'osai pas une seconde la regarder tant elle était sublime. Une petite brune aux yeux verts, d'une profondeur infinie, des formes délicatement mises en valeur par une robe simple et élégante, et, supplice ultime, un décolleté bien fourni, mon point faible. Je lui serrai la main timidement, m'excusant d'être là. Elle me sourit irrésistiblement, ses lèvres finement dessinées étant un véritable appel aux baisers.
—Tu dois être Arnaud, enchantée, ne reste pas là, m'invita-t-elle, entre donc et assieds-toi, mets-toi à l'aise.
—Je suis navré de m'imposer à vous les mains vides Madame.
—Je t'en prie, pas de ça ici, tu es le bienvenu.
Timidement, je me glissai sur un immense canapé en cuir blanc. Marie me proposa une bière ou un jus de fruit et j'acceptai ce dernier bien volontiers. Un petit enfant, de deux ou trois ans gambadait dans l'immense salon. Le petit était vraiment adorable, babillant parmi nous quand il vint me trouver avec un livre.
—Tiens, tu lis T'choupi.
André me regarda avec un large sourire tandis que le petit Gabriel me tendait le livre avant d'escalader le canape.
—Te voilà adopté, m'annonça André devant ma gaucherie.
—Je crains de ne pas être très bon dans ce domaine, je n'ai aucune expérience.
—Suis ton instinct, rien de plus.
Je pris le livre et commençai à lire sur les encouragements de Gabriel et les sourires des parents attendris.
—Tu vois, tu t'en sors très bien.
Quand le petit me réclama une deuxième lecture, Marie vint à mon secours. Elle le prit dans ses bras et se pencha devant moi, m'exhibant sa très, trop belle paire de seins, ronds, délicieusement pommés. Un vrai délice pour mes yeux qui s'écarquillèrent dans l'instant. Dieu que cette vision fugace était délicieuse. Je détournai le regard troublé par une persistance rétinienne, je ne voulais pas être pris dans le pot de confiture. Marie finit par faire manger le petit et André me mit à l'aise. Nous papotions de tout et de rien. Ma gêne d'être là s'estompait à peine, mais je ne pouvais lutter contre cette chaleur de maison, de foyer vivant et accueillant, ce que je n'avais jamais connu.
—Si je comprends bien, commença Marie, tu es orphelin, enfant de la DDASS et tu vis seul ?
—Oui, Madame, je n'ai jamais connu mon père et ma mère m'a abandonné, je ne l'ai pas vue depuis mes quatre ans, de ce que je sais, elle a de gros problèmes d'addiction qui ont fait qu'on m'a placé. J'ai échoué au lycée et je n'ai pas eu mon bac. On m'a orienté sur ce CAP de mécanique auto. Depuis que je suis majeur, je ne suis plus sous la responsabilité de l'ASE et j'ai eu la chance d'avoir une chambre étudiante par le CROUS. C'est très petit, mais au moins, c'est chez moi. Ca me change des familles d'accueil et des hôtels que j'ai connus.
—Déjà, tu vas commencer par venir avec moi le samedi-dimanche au garage, on fera du black ensemble, ça te fera des sous et ça te changera les idées.
—Un beau garçon comme toi ne restera pas longtemps célibataire, me complimenta Marie, il te manque juste un peu de compagnie féminine.
Je passais une excellente soirée avec ce couple tout à fait assorti. Marie me conseilla comme son mari d'oublier et de mépriser Elodie, de la bloquer sur les réseaux et de sortir son nom de mes contacts. A la fin de la nuit, André me ramena chez moi. J'avais passé un moment rare, très agréable, pour la première fois de ma vie.
Le lendemain, j'étais de meilleure humeur, j'allais plus vite, faisant moins d'erreurs et le patron n'eut rien ou presque à me dire. Le soir arriva et je suivis les conseils de mes nouveaux amis, je me pris en main. Je m'inscris à un cours de musique, moi qui avais toujours rêvé de jouer de la guitare. Mon premier cours aurait lieu la semaine suivante. Il me faudrait donc gagner un peu d'argent jusque-là en faisant des extras le weekend avec André. Un jour, je pourrai me payer une LesPaul ou une Explorer comme mes idoles.
Le weekend arriva, et avec lui la promesse d'apprendre vraiment le métier. Première voiture, une jolie jeune femme pas tout à fait la trentaine, mignonne comme tout avec une belle jupe sur des jambes divinement dessinées arriva avec une vieille petite voiture qui toussait et avait l'air franchement défraichie. André me donna les consignes en attendant qu'il aille raccompagner la jeune femme chez elle. Je m'y attelai tout de suite et cherchai rapidement l'origine de la panne. André revint et nous nous mîmes au travail.
—Mignonne la petite, tu ne trouves pas ? Me demanda-t-il.
—Euh, oui, elle est bien habillée et a de beaux yeux.
—Tu sais, ceux qui viennent me voir, c'est par le bouche-à-oreille et ils espèrent avoir des prix sympas. Certaines n'hésitent pas à jouer un peu de leur féminité pour avoir un rabais en plus, ponctua-t-il en riant de bon cœur.
La première voiture fut rapidement faite, puis une seconde arriva, une troisième, puis cinq voitures dans la journée. La jeune femme du matin arriva tout sourire quand nous lui annonçâmes que le souci avait été résolu. Elle nous quitta avec la promesse de nous revoir très vite. Au total, en une journée, j'avais gagné la moitié de ce que je pouvais obtenir en un mois. De jolies femmes, certaines assez jeunes, avaient défilé ce weekend et m'avaient gratifié de beaux sourires et de tenues franchement avenantes pour un mois de novembre.
—Tu sais, des tas de femmes ont ce fantasme du manuel, du mécanicien un peu rustre qui irait les culbuter dans le cambouis ou sur un établi, m'avait-il annoncé d'un coup de coude.
—Euh, je… Oui, enfin… peut-être, balbutiai-je.
—Un soir, on sortira avec des copains, il faut que tu perdes cette timidité.
—J'y peux rien, je suis ainsi.
Mon premier cours de guitare, sur un instrument prêté par le prof, avait été un enchantement, j'avais adoré ça et j'en voulais encore.
En deux mois, j'avais oublié l'autre pouf et je m'étais payé une guitare, une belle Explorer blanche et noire, mon rêve. André me formait beaucoup et me laissait parfois le garage seul pour le weekend avec des clients qui avaient déjà des rendez-vous, je n'avais plus qu'à opérer. J'avais beaucoup de boulot, mais je m'en sortais de mieux en mieux. Je gagnais en assurance, je gagnais en confiance en moi, au moins en tant que mécano. J'avais un peu d'argent, et j'allais de mieux en mieux. Elodie avait bien tenté de me joindre et de revenir, mais je n'avais pas donné suite. J'économisais pour passer mon permis et me payer une petite voiture. André me ramenait des clients, souvent des jolies jeunes femmes et ne passait qu'une heure ou deux pour voir si tout allait bien. Il me lançait des œillades appuyées sur les charmes de telle ou telle demoiselle en détresse.
Un jour, c'est Marie qui vint me voir avec sa petite voiture, une Clio qui avait un petit pas grand-chose que je réglais en quelques minutes. Elle était court vêtue, malgré l'hiver, avec des collants qui affinaient ses belles jambes, et une robe qui moulaient ses beaux seins ronds. J'avais du mal à la regarder dans les yeux, et je luttais de tout mon être pour ne pas laisser égarer mes pensées sur son corps divin. Pendant que j'étais sous une autre voiture à changer une biellette, elle me faisait la conversation, cherchait à me connaître, et montrait beaucoup d'empathie pour moi, et mes nombreuses, trop nombreuses familles d'accueil. Elle semblait résolue à mettre des repères à mon enfance déconstruite, morcelée, et elle admirait le courage dont je faisais preuve pour être une personne « normale » malgré tout ça.
—Je te laisse, mon petit Arnaud, me souffla-t-elle en m'embrassant sur la joue, merci pour ma voiture, tu es chou.
—Bonne journée, Madame.
—Appelle-moi Marie, le « Madame » à vingt-neuf ans, ça fait too much, tu ne crois pas ?
—Euh, comme vous voulez.
—Merci encore, tu es un amour, me souffla-t-elle.
Elle ponctua sa tirade par un dernier baiser sur la joue en se mettant sur la pointe des pieds. Elle me lança un regard d'une profondeur telle que je m'y perdis tout de suite. J'avais chaud, froid, tiède à la fois, mon cœur battait la chamade, mes tempes pulsaient comme si j'étais sous les coups d'un boxeur poids lourd, mes repères s'effaçaient et je ne savais plus où était le ciel de la Terre. Elle monta dans sa voiture en me montrant ses belles jambes gainées de tulle fin sans doute plus que de raison et elle démarra.
Je finis assez tôt, et passai par chez André pour lui redonner les clefs du garage avant de m'en retourner à la maison. Je garai mon vélo devant sa maison et sonnai. Marie dans sa tenue toujours aussi affolante de sensualité m'ouvrit, le sourire aux lèvres.
—André n'est pas là, il est au parc avec Gabriel, mais entre donc, tu vas me tenir compagnie, tu veux un verre ? me proposa-t-elle.
—Euh, je ne vais pas vous embêter Marie, vous devez avoir tant à faire.
—Du tout, mon ménage est fait, mes courses aussi, grâce à ma voiture que tu as si gentiment réparée. Je n'ai rien d'autre à faire que papoter avec toi et c'est plutôt agréable.
Je m'assis presque en m'excusant de déformer le canapé et elle revint avec deux tasses de thé. Nous trinquâmes et elle me posa beaucoup de questions, encore une fois, sur moi, mais bien plus personnelles cette fois-ci. Quel type de femme j'aimais, si j'avais une petite amie, ou quelqu'un en vue depuis l'épisode d'Elodie. J'étais bien gêné de lui répondre que je n'avais rien ni personne en ce moment, et quand elle me questionna sur mes précédentes petites-amies, j'étais tout aussi gêné de lui répondre que la page était encore blanche.
—Dix-neuf ans et toujours vierge ? S'étonna-t-elle.
—Vingt, je les ai eus le mois dernier, et oui, je suis vierge, avouai-je presque agacé.
—Il n'y a pas de honte à ça, tempéra-t-elle, c'est juste dommage qu'un si beau jeune homme soit seul.
Elle posa ma main sur ma cuisse, ce qui me provoqua une décharge d'électricité dans tout le corps, un frisson sans fin qui me glaçait l'échine et faisait bouillir mes sangs. Elle minaudait, me faisait des compliments, et louait ma force de caractère. Elle était radieuse, et son corps divin faisait inévitablement dévier mes yeux. Bien que je luttasse de toutes mes forces, j'étais irrémédiablement attiré par la vallée entre ses seins.
—Ils te plaisent ? Demanda-t-elle à brûle-pourpoint.
—Qui…Quoi… de quoi ? Ahanai-je.
—Mes seins, précisa-t-elle en passant ses mains dessous, je vois bien que tu louches dessus. Ils te plaisent n'est-ce pas ?
Elle les fit remonter et les pressa l'un contre l'autre et je ne pouvais que succomber à cette vision. Dieu que tout ça était beau. Mon cœur s'arrêta de battre un instant, mon souffle se coupa, je virai au rouge, et ma peau devint incandescente. La sueur coula immédiatement de tous mes pores. J'étais démasqué et elle allait me le faire payer, quel idiot ! Maudites fussent mes hormones. Je tentai de me justifier, mais aucun son ne sortit de ma bouche, ma vision se brouilla, je fermai les yeux attendant la gifle. J'avais tout gâché et André allait me démolir. Les idées se bousculaient dans ma tête, je me voyais déjà en sang, à terre, viré de mon boulot, la précarité, la descente aux enfers. Au lieu de ça, je sentis ses lèvres sur ma joue.
—C'est très flatteur, tu sais, qu'un beau jeune homme comme toi me trouve à son goût, susurra-t-elle. Et puis, petit cachottier, tu ne nous as rien dit pour ton anniversaire. Je crois bien que j'ai un cadeau, vingt ans, ça se fête, tu ne crois pas ?
Interdit, je ne pouvais bouger, je sentais ses lèvres sur mes oreilles, sur ma joue, dans mon cou, et pire, ses mains sur mes cuisses qui remontaient inexorablement vers ce qui vivait dur comme bois en mon corps. Tendu à l'extrême, j'étais en train de sombrer. Je vivais à la fois mon rêve le plus fou et ce qui déclencherait ma chute.
La culpabilité se fit plus forte, je ne pouvais pas faire ça. Je perdrais tout. D'un geste, je me levai, la bosse déformant stupidement mon pantalon et m'échappai de la maison. Je pédalai aussi vite que je le pouvais, le vent me glaçait les yeux. Arrivé chez moi, suant à grosses gouttes, le cœur à rompre, il me fallut la nuit pour me remettre de mes émotions.
J'avais deux semaines de cours, au centre de formation, des cours qui me maintiendraient loin d'André quelques jours en attendant que ça se tasse. Je tentais de me concentrer sur mes leçons, mais j'avais en permanence l'image de Marie, son regard de braise, et ses seins qu'elle me présentait dans leur écrin de dentelle, avec ce sillon qui m'attirait si fort. Vendredi arriva malheureusement très vite, et André m'appela pour m'annoncer le programme du samedi. Je ne répondis quasiment que par monosyllabes. Il n'y avait dans cette conversation que ma peur et une myriade de questions. Que savait-il ? Quelle serait sa réaction ? Qu'adviendrait-il de moi ? La peur au ventre, je l'attendais devant le garage, emprunté comme à mon habitude.
—Salut Arnaud, alors, petit cachottier, tu ne m'as rien dit ? me lança-t-il de toutes ses dents.
—Euh…je…euh
—20ans, ça se fête ! Marie m'en a parlé, elle tient absolument à fêter ça à la maison. On plie bagage à cinq heures, le temps de se faire beaux et je viens te chercher pour huit heures. On sera en petit comité ce soir, mais on va passer une bonne soirée. Interdiction de refuser, sourit-t-il.
—Euh, avant, il faut que je vous parle, peinai-je à articuler, c'est très difficile à dire, c'est délicat…
—Vas-y, je t'écoute, m'encouragea-t-il.
Je voyais son sourire, s'il savait ce que j'avais fait à sa femme, il rirait moins. Mon dieu, devais-je lui dire, c'était le pire moment de ma vie. Les mots se bousculaient dans ma tête mais aucun son ne voulut sortir.
—Eh bien, samedi dernier, je suis passé chez vous pour vous apporter les clefs du garage. Votre épouse a voulu me remercier pour le passage à la valise et le roulement à resserrer. Et… enfin, je n'ai pas été correct avec votre épouse. Je suis navré, je ne sais pas ce qui m'a pris. Je comprendrais que vous ne vouliez plus me voir. Je présenterai ma démission dès lundi au patron. Merci pour ce que vous m'avez apporté et appris, mais je ne mérite plus votre confiance.
Je ne pouvais pas le regarder dans les yeux en lui disant ça tellement j'avais honte de moi. Je transpirais de tout mon corps, redoutant le choc à venir.
—Mon petit Arnaud, ria-t-il à pleine gorge, tu penses bien que Marie m'a tout raconté, ne t'en fais donc pas, tu n'as rien à te reprocher. Le fait même que tu viennes m'en parler et que tu prennes sur toi me montre que tu es un gars bien. Marie t'apprécie beaucoup, au contraire, elle t'a prévu un gâteau et une surprise pour ce toi. Mets tes plus belles sapes pour ce soir, tu ne seras pas déçu, conclua-t-il la main sur mon épaule.
Interdit, je me ressaisis vite et nous nous mîmes au travail. Les quelques bricoles furent vite expédiées et ne me laissèrent que peu de temps pour penser à ce que je venais d'entendre. Nous fermâmes le garage très tôt. André me fit un grand sourire et me rappela notre rendez-vous. Un peu d'argent en poche, j'en profitais pour m'acheter une chemise et un pantalon décent pour ce soir. Je pris un bouquet pour Marie et une petite voiture en bois pour Gabriel, il me restait assez pour une bouteille de vin pétillant.
—Arnaud ? Tu es sûr que ça va ?
—Euh, oui, ne vous inquiétez pas, j'ai juste un passage à vide, ça passera, rassurez-vous.
—Ne me raconte pas de bêtises, poursuit-il, je vois bien que ça ne va pas, et je connais ce regard.
Lui, c'était André, l'employé du garage, un grand métis d'une trentaine d'années, bon mécano, toujours sympa avec moi, volontiers blagueur. C'était lui qui m'apprenait beaucoup de bons tuyaux quand le patron avait autre chose à faire, et c'était bien souvent.
—Mets ton vélo dans le coffre, m'invita-t-il, tu viens boire un coup à la maison.
—Je ne veux pas vous déranger, et puis, vous avez sûrement autre chose à faire avec votre famille, et puis, il faut que je révise mes cours, et mon chat va m'attendre.
—Je n'ai jamais vu autant de mauvaises excuses en si peu de temps, ria-t-il. Allez, assieds-toi, conclut-il en fermant le coffre de son monospace.
Je me sentais bête avec ma tenue de vélo dans sa luxueuse voiture. Comme de trop, décalé, incongru, gauche, emprunté.
—C'est une femme, c'est ça ? Commença-t-il par-dessus les notes de la bluette du moment à la radio.
—Euh…
—C'est bien une femme, ça se voit comme un pavé dans la gueule d'un flic, s'exclama-t-il de toutes ses dents, fier de son bon mot. Allez, raconte-moi.
—Eh bien, c'était mon amie, ma meilleure amie en fait.
—Tu es amoureux d'elle, et elle ne t'aime pas, tu es juste un ami.
—Un jouet plutôt, un outil bien pratique dont elle se sert quand elle en a besoin et qu'elle jette quand elle se fait sauter par le premier connard venu.
—Je comprends ce que tu ressens. Raconte-moi comment tu l'as rencontrée.
Je lui racontai alors ma jeunesse à l'ASE, les familles d'accueil, les foyers, mes échecs scolaires au lycée qui m'ont poussé à l'apprentissage à dix-neuf ans. C'était au lycée que j'avais rencontré Elodie, la plus belle de toutes qui, avec le recul et en en parlant, s'était visiblement pris de pitié pour moi, l'enfant placé sans famille. J'étais un ours en peluche, sans plus.
—Je vois le tableau, tu fais bien de l'oublier, crois-moi. L'indifférence est ta meilleure vengeance. Ne lui laisse pas la satisfaction de t'avoir fait du mal. Ne fais pas la bêtise de lui envoyer des messages haineux.
Nous arrivâmes chez André, un beau pavillon, très bien entretenu. Il me présenta à Marie, sa femme. Je me sentis emprunté face à elle et n'osai pas une seconde la regarder tant elle était sublime. Une petite brune aux yeux verts, d'une profondeur infinie, des formes délicatement mises en valeur par une robe simple et élégante, et, supplice ultime, un décolleté bien fourni, mon point faible. Je lui serrai la main timidement, m'excusant d'être là. Elle me sourit irrésistiblement, ses lèvres finement dessinées étant un véritable appel aux baisers.
—Tu dois être Arnaud, enchantée, ne reste pas là, m'invita-t-elle, entre donc et assieds-toi, mets-toi à l'aise.
—Je suis navré de m'imposer à vous les mains vides Madame.
—Je t'en prie, pas de ça ici, tu es le bienvenu.
Timidement, je me glissai sur un immense canapé en cuir blanc. Marie me proposa une bière ou un jus de fruit et j'acceptai ce dernier bien volontiers. Un petit enfant, de deux ou trois ans gambadait dans l'immense salon. Le petit était vraiment adorable, babillant parmi nous quand il vint me trouver avec un livre.
—Tiens, tu lis T'choupi.
André me regarda avec un large sourire tandis que le petit Gabriel me tendait le livre avant d'escalader le canape.
—Te voilà adopté, m'annonça André devant ma gaucherie.
—Je crains de ne pas être très bon dans ce domaine, je n'ai aucune expérience.
—Suis ton instinct, rien de plus.
Je pris le livre et commençai à lire sur les encouragements de Gabriel et les sourires des parents attendris.
—Tu vois, tu t'en sors très bien.
Quand le petit me réclama une deuxième lecture, Marie vint à mon secours. Elle le prit dans ses bras et se pencha devant moi, m'exhibant sa très, trop belle paire de seins, ronds, délicieusement pommés. Un vrai délice pour mes yeux qui s'écarquillèrent dans l'instant. Dieu que cette vision fugace était délicieuse. Je détournai le regard troublé par une persistance rétinienne, je ne voulais pas être pris dans le pot de confiture. Marie finit par faire manger le petit et André me mit à l'aise. Nous papotions de tout et de rien. Ma gêne d'être là s'estompait à peine, mais je ne pouvais lutter contre cette chaleur de maison, de foyer vivant et accueillant, ce que je n'avais jamais connu.
—Si je comprends bien, commença Marie, tu es orphelin, enfant de la DDASS et tu vis seul ?
—Oui, Madame, je n'ai jamais connu mon père et ma mère m'a abandonné, je ne l'ai pas vue depuis mes quatre ans, de ce que je sais, elle a de gros problèmes d'addiction qui ont fait qu'on m'a placé. J'ai échoué au lycée et je n'ai pas eu mon bac. On m'a orienté sur ce CAP de mécanique auto. Depuis que je suis majeur, je ne suis plus sous la responsabilité de l'ASE et j'ai eu la chance d'avoir une chambre étudiante par le CROUS. C'est très petit, mais au moins, c'est chez moi. Ca me change des familles d'accueil et des hôtels que j'ai connus.
—Déjà, tu vas commencer par venir avec moi le samedi-dimanche au garage, on fera du black ensemble, ça te fera des sous et ça te changera les idées.
—Un beau garçon comme toi ne restera pas longtemps célibataire, me complimenta Marie, il te manque juste un peu de compagnie féminine.
Je passais une excellente soirée avec ce couple tout à fait assorti. Marie me conseilla comme son mari d'oublier et de mépriser Elodie, de la bloquer sur les réseaux et de sortir son nom de mes contacts. A la fin de la nuit, André me ramena chez moi. J'avais passé un moment rare, très agréable, pour la première fois de ma vie.
Le lendemain, j'étais de meilleure humeur, j'allais plus vite, faisant moins d'erreurs et le patron n'eut rien ou presque à me dire. Le soir arriva et je suivis les conseils de mes nouveaux amis, je me pris en main. Je m'inscris à un cours de musique, moi qui avais toujours rêvé de jouer de la guitare. Mon premier cours aurait lieu la semaine suivante. Il me faudrait donc gagner un peu d'argent jusque-là en faisant des extras le weekend avec André. Un jour, je pourrai me payer une LesPaul ou une Explorer comme mes idoles.
Le weekend arriva, et avec lui la promesse d'apprendre vraiment le métier. Première voiture, une jolie jeune femme pas tout à fait la trentaine, mignonne comme tout avec une belle jupe sur des jambes divinement dessinées arriva avec une vieille petite voiture qui toussait et avait l'air franchement défraichie. André me donna les consignes en attendant qu'il aille raccompagner la jeune femme chez elle. Je m'y attelai tout de suite et cherchai rapidement l'origine de la panne. André revint et nous nous mîmes au travail.
—Mignonne la petite, tu ne trouves pas ? Me demanda-t-il.
—Euh, oui, elle est bien habillée et a de beaux yeux.
—Tu sais, ceux qui viennent me voir, c'est par le bouche-à-oreille et ils espèrent avoir des prix sympas. Certaines n'hésitent pas à jouer un peu de leur féminité pour avoir un rabais en plus, ponctua-t-il en riant de bon cœur.
La première voiture fut rapidement faite, puis une seconde arriva, une troisième, puis cinq voitures dans la journée. La jeune femme du matin arriva tout sourire quand nous lui annonçâmes que le souci avait été résolu. Elle nous quitta avec la promesse de nous revoir très vite. Au total, en une journée, j'avais gagné la moitié de ce que je pouvais obtenir en un mois. De jolies femmes, certaines assez jeunes, avaient défilé ce weekend et m'avaient gratifié de beaux sourires et de tenues franchement avenantes pour un mois de novembre.
—Tu sais, des tas de femmes ont ce fantasme du manuel, du mécanicien un peu rustre qui irait les culbuter dans le cambouis ou sur un établi, m'avait-il annoncé d'un coup de coude.
—Euh, je… Oui, enfin… peut-être, balbutiai-je.
—Un soir, on sortira avec des copains, il faut que tu perdes cette timidité.
—J'y peux rien, je suis ainsi.
Mon premier cours de guitare, sur un instrument prêté par le prof, avait été un enchantement, j'avais adoré ça et j'en voulais encore.
En deux mois, j'avais oublié l'autre pouf et je m'étais payé une guitare, une belle Explorer blanche et noire, mon rêve. André me formait beaucoup et me laissait parfois le garage seul pour le weekend avec des clients qui avaient déjà des rendez-vous, je n'avais plus qu'à opérer. J'avais beaucoup de boulot, mais je m'en sortais de mieux en mieux. Je gagnais en assurance, je gagnais en confiance en moi, au moins en tant que mécano. J'avais un peu d'argent, et j'allais de mieux en mieux. Elodie avait bien tenté de me joindre et de revenir, mais je n'avais pas donné suite. J'économisais pour passer mon permis et me payer une petite voiture. André me ramenait des clients, souvent des jolies jeunes femmes et ne passait qu'une heure ou deux pour voir si tout allait bien. Il me lançait des œillades appuyées sur les charmes de telle ou telle demoiselle en détresse.
Un jour, c'est Marie qui vint me voir avec sa petite voiture, une Clio qui avait un petit pas grand-chose que je réglais en quelques minutes. Elle était court vêtue, malgré l'hiver, avec des collants qui affinaient ses belles jambes, et une robe qui moulaient ses beaux seins ronds. J'avais du mal à la regarder dans les yeux, et je luttais de tout mon être pour ne pas laisser égarer mes pensées sur son corps divin. Pendant que j'étais sous une autre voiture à changer une biellette, elle me faisait la conversation, cherchait à me connaître, et montrait beaucoup d'empathie pour moi, et mes nombreuses, trop nombreuses familles d'accueil. Elle semblait résolue à mettre des repères à mon enfance déconstruite, morcelée, et elle admirait le courage dont je faisais preuve pour être une personne « normale » malgré tout ça.
—Je te laisse, mon petit Arnaud, me souffla-t-elle en m'embrassant sur la joue, merci pour ma voiture, tu es chou.
—Bonne journée, Madame.
—Appelle-moi Marie, le « Madame » à vingt-neuf ans, ça fait too much, tu ne crois pas ?
—Euh, comme vous voulez.
—Merci encore, tu es un amour, me souffla-t-elle.
Elle ponctua sa tirade par un dernier baiser sur la joue en se mettant sur la pointe des pieds. Elle me lança un regard d'une profondeur telle que je m'y perdis tout de suite. J'avais chaud, froid, tiède à la fois, mon cœur battait la chamade, mes tempes pulsaient comme si j'étais sous les coups d'un boxeur poids lourd, mes repères s'effaçaient et je ne savais plus où était le ciel de la Terre. Elle monta dans sa voiture en me montrant ses belles jambes gainées de tulle fin sans doute plus que de raison et elle démarra.
Je finis assez tôt, et passai par chez André pour lui redonner les clefs du garage avant de m'en retourner à la maison. Je garai mon vélo devant sa maison et sonnai. Marie dans sa tenue toujours aussi affolante de sensualité m'ouvrit, le sourire aux lèvres.
—André n'est pas là, il est au parc avec Gabriel, mais entre donc, tu vas me tenir compagnie, tu veux un verre ? me proposa-t-elle.
—Euh, je ne vais pas vous embêter Marie, vous devez avoir tant à faire.
—Du tout, mon ménage est fait, mes courses aussi, grâce à ma voiture que tu as si gentiment réparée. Je n'ai rien d'autre à faire que papoter avec toi et c'est plutôt agréable.
Je m'assis presque en m'excusant de déformer le canapé et elle revint avec deux tasses de thé. Nous trinquâmes et elle me posa beaucoup de questions, encore une fois, sur moi, mais bien plus personnelles cette fois-ci. Quel type de femme j'aimais, si j'avais une petite amie, ou quelqu'un en vue depuis l'épisode d'Elodie. J'étais bien gêné de lui répondre que je n'avais rien ni personne en ce moment, et quand elle me questionna sur mes précédentes petites-amies, j'étais tout aussi gêné de lui répondre que la page était encore blanche.
—Dix-neuf ans et toujours vierge ? S'étonna-t-elle.
—Vingt, je les ai eus le mois dernier, et oui, je suis vierge, avouai-je presque agacé.
—Il n'y a pas de honte à ça, tempéra-t-elle, c'est juste dommage qu'un si beau jeune homme soit seul.
Elle posa ma main sur ma cuisse, ce qui me provoqua une décharge d'électricité dans tout le corps, un frisson sans fin qui me glaçait l'échine et faisait bouillir mes sangs. Elle minaudait, me faisait des compliments, et louait ma force de caractère. Elle était radieuse, et son corps divin faisait inévitablement dévier mes yeux. Bien que je luttasse de toutes mes forces, j'étais irrémédiablement attiré par la vallée entre ses seins.
—Ils te plaisent ? Demanda-t-elle à brûle-pourpoint.
—Qui…Quoi… de quoi ? Ahanai-je.
—Mes seins, précisa-t-elle en passant ses mains dessous, je vois bien que tu louches dessus. Ils te plaisent n'est-ce pas ?
Elle les fit remonter et les pressa l'un contre l'autre et je ne pouvais que succomber à cette vision. Dieu que tout ça était beau. Mon cœur s'arrêta de battre un instant, mon souffle se coupa, je virai au rouge, et ma peau devint incandescente. La sueur coula immédiatement de tous mes pores. J'étais démasqué et elle allait me le faire payer, quel idiot ! Maudites fussent mes hormones. Je tentai de me justifier, mais aucun son ne sortit de ma bouche, ma vision se brouilla, je fermai les yeux attendant la gifle. J'avais tout gâché et André allait me démolir. Les idées se bousculaient dans ma tête, je me voyais déjà en sang, à terre, viré de mon boulot, la précarité, la descente aux enfers. Au lieu de ça, je sentis ses lèvres sur ma joue.
—C'est très flatteur, tu sais, qu'un beau jeune homme comme toi me trouve à son goût, susurra-t-elle. Et puis, petit cachottier, tu ne nous as rien dit pour ton anniversaire. Je crois bien que j'ai un cadeau, vingt ans, ça se fête, tu ne crois pas ?
Interdit, je ne pouvais bouger, je sentais ses lèvres sur mes oreilles, sur ma joue, dans mon cou, et pire, ses mains sur mes cuisses qui remontaient inexorablement vers ce qui vivait dur comme bois en mon corps. Tendu à l'extrême, j'étais en train de sombrer. Je vivais à la fois mon rêve le plus fou et ce qui déclencherait ma chute.
La culpabilité se fit plus forte, je ne pouvais pas faire ça. Je perdrais tout. D'un geste, je me levai, la bosse déformant stupidement mon pantalon et m'échappai de la maison. Je pédalai aussi vite que je le pouvais, le vent me glaçait les yeux. Arrivé chez moi, suant à grosses gouttes, le cœur à rompre, il me fallut la nuit pour me remettre de mes émotions.
J'avais deux semaines de cours, au centre de formation, des cours qui me maintiendraient loin d'André quelques jours en attendant que ça se tasse. Je tentais de me concentrer sur mes leçons, mais j'avais en permanence l'image de Marie, son regard de braise, et ses seins qu'elle me présentait dans leur écrin de dentelle, avec ce sillon qui m'attirait si fort. Vendredi arriva malheureusement très vite, et André m'appela pour m'annoncer le programme du samedi. Je ne répondis quasiment que par monosyllabes. Il n'y avait dans cette conversation que ma peur et une myriade de questions. Que savait-il ? Quelle serait sa réaction ? Qu'adviendrait-il de moi ? La peur au ventre, je l'attendais devant le garage, emprunté comme à mon habitude.
—Salut Arnaud, alors, petit cachottier, tu ne m'as rien dit ? me lança-t-il de toutes ses dents.
—Euh…je…euh
—20ans, ça se fête ! Marie m'en a parlé, elle tient absolument à fêter ça à la maison. On plie bagage à cinq heures, le temps de se faire beaux et je viens te chercher pour huit heures. On sera en petit comité ce soir, mais on va passer une bonne soirée. Interdiction de refuser, sourit-t-il.
—Euh, avant, il faut que je vous parle, peinai-je à articuler, c'est très difficile à dire, c'est délicat…
—Vas-y, je t'écoute, m'encouragea-t-il.
Je voyais son sourire, s'il savait ce que j'avais fait à sa femme, il rirait moins. Mon dieu, devais-je lui dire, c'était le pire moment de ma vie. Les mots se bousculaient dans ma tête mais aucun son ne voulut sortir.
—Eh bien, samedi dernier, je suis passé chez vous pour vous apporter les clefs du garage. Votre épouse a voulu me remercier pour le passage à la valise et le roulement à resserrer. Et… enfin, je n'ai pas été correct avec votre épouse. Je suis navré, je ne sais pas ce qui m'a pris. Je comprendrais que vous ne vouliez plus me voir. Je présenterai ma démission dès lundi au patron. Merci pour ce que vous m'avez apporté et appris, mais je ne mérite plus votre confiance.
Je ne pouvais pas le regarder dans les yeux en lui disant ça tellement j'avais honte de moi. Je transpirais de tout mon corps, redoutant le choc à venir.
—Mon petit Arnaud, ria-t-il à pleine gorge, tu penses bien que Marie m'a tout raconté, ne t'en fais donc pas, tu n'as rien à te reprocher. Le fait même que tu viennes m'en parler et que tu prennes sur toi me montre que tu es un gars bien. Marie t'apprécie beaucoup, au contraire, elle t'a prévu un gâteau et une surprise pour ce toi. Mets tes plus belles sapes pour ce soir, tu ne seras pas déçu, conclua-t-il la main sur mon épaule.
Interdit, je me ressaisis vite et nous nous mîmes au travail. Les quelques bricoles furent vite expédiées et ne me laissèrent que peu de temps pour penser à ce que je venais d'entendre. Nous fermâmes le garage très tôt. André me fit un grand sourire et me rappela notre rendez-vous. Un peu d'argent en poche, j'en profitais pour m'acheter une chemise et un pantalon décent pour ce soir. Je pris un bouquet pour Marie et une petite voiture en bois pour Gabriel, il me restait assez pour une bouteille de vin pétillant.
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Commentaires ()
Le collègue serait-il candau ?
J'ai hâte de découvrir la suite