Billets doux & Vers crus
Chapitre 2
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✦ Ardsy Billets doux & Vers crus XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Billets doux & Vers crus — Chapitre 2

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Auteurs

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Billets doux & Vers crus

Chapitre 2

Le jour qui fut hier devait être, dit-on,
Vécu pour célébrer l'Amour coûte que coûte ;
Un vague impératif qu'Il doit remettre en doute,
Préférant la lenteur à tout vain marathon.
Mais la chose est joyeuse et délicate et belle,
Et qu'importe la Terre ou son consentement,
Pourvu qu'amante, amant, eurent contentement 
A se redire ensemble une flamme fidèle.
Chacun, chacune, alors, pour chacune ou chacun
A cueilli rouge rose. Il en fut de plantées
Par centaines d'arpents, et toutes, récoltées,
Vont remplir une benne ou grossir un bouquin.
Autre temps, autre mœurs ; les abeilles sont sauves :
Les cent mille bougies sur les tables, ce soir,
Ne fleuraient pas la cire, et l'on préféra voir
De pétrole moulés leurs flambeaux blancs ou mauves.
Quant aux cœurs esseulés... eh bien, tant pis pour eux ?
Ce jour justifie-t-il d'en oublier le monde,
Se disant : "C'est normal, sur cette boule ronde,
De vivre comme si l'on n'y vivait qu'à deux ?"
L'origine pourtant n'avait rien de futile,
Jadis. Car cette fête a voulu, dans les cieux,
S'inspirer des oiseaux qui savent aimer mieux,
D'un lien moins volage et fort plus volatile.
Mais l'Homme, dans son règne, étant moins animal
(Ou plus, selon les cas), n'aime que s'il possède,
Encage ce qu'il tient, blesse ce qui l'obsède,
Et ne voit pas plus loin que le bout de son mal.
Amour mien, s'il te plait, n'en veux pas au silence :
Je compose de nuit car la nuit vint enfin
Finir ce jour. Tu vois, je veille ici, afin
De te dire qu'hier, j'étais en pénitence.
Or, tu sais, n'est-ce pas, que même hors de ma main,
Ma valentine plume, Amour, chanta sans cesse,
Et que l'aube s'en vient te faire la promesse 
Que je t'aimais hier et t'aimerai demain ?
XV. II. XXIII
_________________
Aube, qui t'évertues, d'audace impétueuse,
A désunir l'Astre du jour et l'eau de Mer,
Cruelle !, tu ne peux ôter l'iode amer
Qu'exhale en le pleurant sa houle d'amoureuse !
Loin du lit d'océan, sur le char du labeur,
Il s'en monte au zénith, pour, sous son drap d'écume
Qu'elle cache sa peine, et qu'encapée de brume,
Tu vêtes ses sanglots d'un linceul de pudeur !
Comme elle est triste, Aurore, après qu'épanouie,
Tu laisses la Journée poursuivre ton forfait,
Et comme elle languit d'enfin, le Jour défait,
Gronder de son Amant l'absence évanouie !
Mais ce n'est point son heure : il n'est que tôt matin.
Sa pâle nudité se gèle sur sa couche ;
Elle est seule et n'a plus, dans sa liquide bouche,
Qu'un relief de bonjour au parfum palatin.
"Reviens-moi de ton ciel et déserte le monde !
A quand l'heure, ô Soleil, d'amorcer ton déclin !,
Supplie-t-elle, Reviens... mais reviens-moi enclin
A plonger tout entier dans l'amour de mon Onde !"
XXIII. VI. XXIII
_________________
Si je t'avais aimé mieux que je ne le puis,
De façon tant moins lâche ou tant plus incarnée,
Si je t'avais été cette amante cernée
D'un peu plus que d'une encre, alors mes trois appuis
Eussent jà traversé nos écrans pour te joindre.
Or, Amour, à défaut que mes pleureux regrets
M'incarnent dans ta vie, d'ultimes vers discrets
N'ont pas même le seul pouvoir de faire moindre
Le tourment que je vis de ne plus te toucher.
Nul matin sans bonjour plus d'une année entière,
Puis soudain, chaque soir je m'en vais me coucher
Dans cet affreux silence et cette absence amère.
Ce me fut le plus dur, la plus affreuse chose,
Que te dire au revoir au faîte du bonheur.
Oh ! Dieu, qu'on dit en tout plein d'infinie clémence,
Que me garder la vie si m'ôtez sa présence !
Mais n'importe ma peine : tu m'as offert l'honneur
De t'aimer treize mois. Notre paisible osmose
Me manque, et je n'aurai pour toi de guérison :
Toujours me restera ce petit air morose
D'avoir perdu l'Amour de ma vie sans raison. 
Mais lorsque, trop souvent, me viendra ton image -
Je m'en vais terminer ces vers sur celle-ci -,
C'est heureux que mon âme aimera ton visage,
En prière. Je t'aime, à jamais plus qu'ici. 
XXI. IX. XXIII
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Ced67220
10 octobre 2023 à 21:10
Très très beau
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lookingforvenus
10 octobre 2023 à 00:47
Ce n'était donc qu'un mirage...@Monsieur Plume, tout comme vous, les mots soignés de Ardsy me manquent, elle est partie et elle a ses raisons, c'était assurément l'une de nos plus belles plumes. Ce dernier texte est comme un leg, un testament, à nous de nous retrousser la plume, d'être à la hauteur d'Ardsy.
Soyez respectueux
Répondre
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Monsieur Plume
9 octobre 2023 à 18:32
Chère Ardsy,
En voyant apparaître ce texte j’ai eu la joie absurde de penser que vous étiez revenue. Mais il ne s’agit bien sûr que du dernier écho suivant votre départ…
Vous ne lirez sans doute jamais ces mots, mais sachez que les vôtres me manquent déjà. Comme me manquent votre talent poétique (indéniable à la lecture des vers ci-dessus), votre érudition musicale, votre finesse d’esprit, mais aussi les échanges entrecoupés de silences que nous avons pu avoir.
Je vous sais peu friande de compliments alors je vais en finir avec ceci et juste vous remercier pour ce petit morceau de poésie qui a su aujourd’hui m’apporter un bonheur simple.
Soyez respectueux
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lookingforvenus
9 octobre 2023 à 16:25
Quelle joie de vous savoir de retour chère Ardsy !
Soyez respectueux
Répondre

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