Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La tête dans les culottes de ma coloc — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La tête dans les culottes de ma coloc
Chapitre 4
– Tu déménages, Christian.
– Sabine, je suis désolé. Je comprends ta réaction mais je ne peux pas partir comme ça.
– J'en ai rien à foutre. Tu retournes chez tes parents. Tu trouves une raison. Ça te fera une heure de transports tous les jours pour aller à la fac. Y'a pire.
– Mais, Sabine, tu exagères ! C'est juste des mots.
– Sabine, je suis désolé. Je comprends ta réaction mais je ne peux pas partir comme ça.
– J'en ai rien à foutre. Tu retournes chez tes parents. Tu trouves une raison. Ça te fera une heure de transports tous les jours pour aller à la fac. Y'a pire.
– Mais, Sabine, tu exagères ! C'est juste des mots.
Je serre le poing, la larme à l'œil et les dents serrées. J'ai la rage.
– Putain, Christian ! J'exige que tu t'en aille parce que là, je ne me sens plus en sécurité avec toi. J'en ai rien à foutre que tu le comprennes ou pas. Va-t-en !
– Mais je te jure, Sabine. Je suis toujours le même. Je comprends ton sentiment mais prends un peu de recul. Ça va bien aller, je te le promets.
– Mais je te jure, Sabine. Je suis toujours le même. Je comprends ton sentiment mais prends un peu de recul. Ça va bien aller, je te le promets.
Non mais j'hallucine. On reste là, figés, un certain temps.
– Alors… tu ne vas pas partir ? demandé-je.
Christian fixe ses pieds et se gratte la tête. J'ai du mal à respirer. J'ai la crise d'angoisse qui monte. Je prends sur moi et parviens à bégayer :
– Tu… si tu… si tu ne t'en vas pas, c'est moi qui vais devoir le faire. Ça te paraît juste, ça ?
– Arrête, Sabine. Tu dramatises de fou, là. C'est que des mots. Je… Ok, je m'en vais quelques heures. Je n'arrive pas à réfléchir non plus. On en reparle ce soir.
– Arrête, Sabine. Tu dramatises de fou, là. C'est que des mots. Je… Ok, je m'en vais quelques heures. Je n'arrive pas à réfléchir non plus. On en reparle ce soir.
Christian sort de l'appartement. D'abord, je reste là, sur le cul. Puis, je pousse un cri et souffle un grand coup. La colère gagne sur mon angoisse. Je prends mes clés, mon sac à main, mon manteau et sors de l'appartement moi aussi. Je ne vais pas me laisser faire.
***
Putain. On pourrait être en train de réviser tranquillement, tous les deux. Tu fais vraiment chier, Christian. Tu vas me rembourser tout ça. Je passe à la caisse du magasin de bricolage avec tout ce qu'il me faut et retourne à l'appart.
Je pose tout le matériel en vrac sur la table de la salle à manger et me pose dans ma chambre. Je mets ma musique préférée sur mon téléphone que je connecte à mes hauts parleurs et m'assieds sur mon lit, à moitié sur le qui vive, à moitié en essayant de me détendre.
Je sursaute soudain, après une ou deux heures à me laisser bercer par mes sons favoris. J'entends que quelqu'un entre. Je vais dans la cuisine et je vois Christian. Il est déjà dix-neuf heures.
– C'est quoi, tout ça ? me demande-t-il.
– Ça, c'est tout ce qu'il faut pour fixer un cadenas sur ma porte. T'as la boîte à outils de mon père sous le lavabo. Tu m'installes tout ça et tu me règles la note. Y'a la facture à côté.
– Ça, c'est tout ce qu'il faut pour fixer un cadenas sur ma porte. T'as la boîte à outils de mon père sous le lavabo. Tu m'installes tout ça et tu me règles la note. Y'a la facture à côté.
Christian écarquille les yeux en souriant. Ça l'amuse, on dirait. Ah ouais, c'est très rigolo. Faut-il que tu te foutes de ma gueule en passant ?
– Attends, Sabine. J'ai une autre idée.
Je le fusille du regard pour lui signifier mon refus. Il ajoute quand même :
– On va mettre le cadenas sur la porte de ma chambre.
Hein ? Qu'est-ce qu'il raconte, le zigoto ? Il continue :
– Ben, c'est pas juste que tu te prives de l'accès aux pièces communes quand je suis là. Si on met le cadenas sur ma porte, tu auras juste à m'enfermer le soir et à m'ouvrir le matin, et, toi, tu pourras toujours te balader librement.
– Qu'est-ce que tu racontes ?! interrogé-je, abasourdie.
– Ben, puisque t'as peur de moi. Si je suis enfermé dans ma chambre la nuit, il peut rien t'arriver quand tu dors, et comme ça, tu conserves l'accès aux pièces communes quoi qu'il arrive.
– Qu'est-ce que tu racontes ?! interrogé-je, abasourdie.
– Ben, puisque t'as peur de moi. Si je suis enfermé dans ma chambre la nuit, il peut rien t'arriver quand tu dors, et comme ça, tu conserves l'accès aux pièces communes quoi qu'il arrive.
Que, quoi ? Je crie, en colère :
– Non mais, mec ! Putain ! Je voulais fermer ma chambre pour pas que tu viennes subtiliser mes culottes pendant mon absence ! T'es complètement taré. Tu me fais vraiment peur. Non mais, c'est pas possible là. Je fais des efforts pour en arriver à une solution. Et toi, tu me sors un truc pareil. Non, trop, c'est trop. Putain, Christian, tu dégages ! Ça m'arrache la bouche de devoir te le demander comme une faveur mais je t'en prie. Fais le pour les bons moments qu'on a passé ensemble, pour notre affection commune. Christian, va-t-en, va vivre ailleurs, s'il te plaît, Christian, merde, dégage !
– Bah… c'est toi qui me prend pour un psychopathe alors je me mets à ta place, répond-il, candidement.
– Mais t'as cru que c'était un jeu, Christian ? Je te crie mon insécurité au visage, et toi, tu me suggères que je devrais m'inquiéter de ce que tu peux me faire pendant mon sommeil ? Merde !
– Je suis désolé, Sabine. Vraiment. Je me rends compte que c'était une mauvaise idée de déconner. Je voulais juste dédramatiser. J'ai jamais touché à tes culottes, hein. Je n'ai jamais été autrement que comme tu me vois tous les jours. Ça s'est toujours bien passé entre nous. C'est des fantasmes, Sabine. Ça n'est pas ce que je suis. C'est juste des mots.
– Tes putains de mots, t'as mis nos noms avec, t'es un abruti ou te le fais exprès ?! Tu voulais que je tombe sur ton texte, que je te reconnaisse et tu pensais que j'allais te sauter au cou après ça ? Va te faire soigner, et laisse moi tranquille. Va-t-en, je te demande rien d'autre. Ah, si, tu retires ton texte d'Internet, aussi.
– Mais…
– Bah… c'est toi qui me prend pour un psychopathe alors je me mets à ta place, répond-il, candidement.
– Mais t'as cru que c'était un jeu, Christian ? Je te crie mon insécurité au visage, et toi, tu me suggères que je devrais m'inquiéter de ce que tu peux me faire pendant mon sommeil ? Merde !
– Je suis désolé, Sabine. Vraiment. Je me rends compte que c'était une mauvaise idée de déconner. Je voulais juste dédramatiser. J'ai jamais touché à tes culottes, hein. Je n'ai jamais été autrement que comme tu me vois tous les jours. Ça s'est toujours bien passé entre nous. C'est des fantasmes, Sabine. Ça n'est pas ce que je suis. C'est juste des mots.
– Tes putains de mots, t'as mis nos noms avec, t'es un abruti ou te le fais exprès ?! Tu voulais que je tombe sur ton texte, que je te reconnaisse et tu pensais que j'allais te sauter au cou après ça ? Va te faire soigner, et laisse moi tranquille. Va-t-en, je te demande rien d'autre. Ah, si, tu retires ton texte d'Internet, aussi.
– Mais…
Je le coupe :
– Raaaah, mais je veux pas discuter avec toi. J'ai aucune raison de discuter avec toi. Y'a rien à discuter. Moi, je reste ici. Toi, tu dégages.
– Il faudra me passer sur le corps, avant, répond-il, rigolard.
– Mais, ta gueule !
– T'es en colère, et c'est légitime. Alors, vas-y, frappe moi. Tu peux faire tout ce que tu veux de moi. J'ai jamais rien rêvé d'autre. Alors, comment pourrais-tu ne pas être en sécurité avec moi ? lâche-t-il, du fond du cœur.
– Il faudra me passer sur le corps, avant, répond-il, rigolard.
– Mais, ta gueule !
– T'es en colère, et c'est légitime. Alors, vas-y, frappe moi. Tu peux faire tout ce que tu veux de moi. J'ai jamais rien rêvé d'autre. Alors, comment pourrais-tu ne pas être en sécurité avec moi ? lâche-t-il, du fond du cœur.
Je suis hyper mal à l'aise. Pendant que moi, je me débats pour respirer, lui, ça l'excite. S'il faut, il bande, le salopard. J'ai les jambes qui tremblent. J'ai vraiment peur, maintenant. Je n'avais jamais imaginé qu'il puisse écrire des choses pareilles. Maintenant, je n'en reviens pas de ce qu'il me dit. Comment est-ce que je pourrais avoir confiance en ce qu'il va faire ? Une montée d'adrénaline me prend au nez. Je vais faire un dernier essai et si ça marche pas, je prends mes clics et mes clacs et je me barre d'ici. Je dis :
– Ok. Je peux faire tout ce que je veux de toi ? Ça te fait bander de te soumettre ? Alors, tu te casses d'ici. Tu me laisses ton double des clés. Tu prends ton sac et toutes les affaires personnelles qui entrent dedans. Tu te barres. Et tu m'enverras les sous pour payer les colis que je vais devoir envoyer à tes parents avec ce qu'il reste. Et tu te démerdes pour te reloger sans m'impliquer. C'est assez humiliant pour toi ?
– Mais… gémit-il, ça peut pas s'arrêter comme ça…
– C'est que le début. Je t'enverrai les prochaines instructions quand tu m'auras obéi. Saisis ta chance, il n'y en aura pas d'autre.
– Mais… gémit-il, ça peut pas s'arrêter comme ça…
– C'est que le début. Je t'enverrai les prochaines instructions quand tu m'auras obéi. Saisis ta chance, il n'y en aura pas d'autre.
Je reste là, m'efforçant de faire face. Puis, soudain, Christian semble avoir pris une décision importante. Il change d'expression du visage. Il laisse son double des clés sur la table de la cuisine. Il bourre à la hâte son sac avec ses affaires les plus importantes, puis, il s'en va. Il s'en va vraiment. Pour de bon.
Je m'écroule sur une chaise de la cuisine. J'ai super soif. Je me sers un grand verre d'eau. Enfin, c'est le calme. Sans ses clés, il ne peut plus entrer. La porte s'ouvre seulement à l'intérieur avec la poignée. De l'extérieur, il faut obligatoirement les clés pour l'ouvrir. En plus, il n'a même plus le badge pour ouvrir la porte du hall, en bas de l'immeuble. Je me tranquilise.
J'ai tellement lutté. Je suis assommée et m'en vais dormir. Je me réveille tard. On est dimanche matin. L'absence de Christian me fait tout drôle. On était tout le temps ensemble. Et, je me mets à faire des compromissions dans ma tête. Je me dis que j'ai été dure. Je peux être vachement impulsive, quand je m'y mets. Je m'interroge sur lui. Du coup, il a fait quoi, le bougre ? Il est rentré dormir chez ses parents ? Qu'est-ce qu'il leur a dit ? Oh, et merde. On est dans la même licence à l'Université, donc je vais le voir, demain. Qu'est-ce qu'il va dire aux autres ? Comment on va interagir ? Et moi, qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je vais dire aux autres ? Est-ce que j'ai envie que tout le monde aille prendre connaissance de sa merde sur Internet avant qu'il ne la supprime ?
Et dire que je vais devoir gâcher toute ma journée, aujourd'hui, pour réfléchir à ça.
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