Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La tête dans les culottes de ma coloc — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La tête dans les culottes de ma coloc
Chapitre 3
Moi, Sabine, et Christian, mon coloc, on est étudiants en maths. On travaille dur pour réussir et ça me fait vraiment plaisir qu'on s'entende aussi bien pour apprendre ensemble. On a une passion commune. Lui comme moi, on veut se donner à fond jusqu'à décrocher un doctorat. On rêve d'une carrière d'enseignant-chercheur. Alors, après la première année de la fac, comme on révisait toujours à deux jusqu'à tard dans la nuit, ça nous est apparu comme une évidence : on allait se mettre en colocation.
Comme ça, ça simplifierait tout. Plus besoin de dormir chez l'autre sur le canapé après nos sessions de travail tardives. On aurait chacun notre chambre. On aurait notre routine de travail commune. On partagerait les tâches ménagères, le loyer et la préparation des repas. Bref, ça serait idéal. Donc voilà, c'est arrivé.
***
Aujourd'hui est une journée comme les autres, au détail près que, comme on est Samedi, nous étudions depuis « chez nous ». Ça me fait toujours drôle de le dire comme ça. Ça donne l'impression qu'on forme un vieux couple. Bien sûr, ce n'est pas le cas. Pas question de mélanger ambition intellectuelle et vie intime.
Je me réveille tranquillement. Je m'étire. Je baille. Enfin, comme je dors nue, je m'habille directement. Je prends une culotte dans ma commode. Je l'enfile. Je mets un t-shirt et vais dans la cuisine pour le petit-déjeuner. J'aime comment notre cohabitation se passe sans prise de tête. Avec un autre gars que Christian, jamais je ne serais sortie comme ça de ma chambre, surtout avec mon cul. Mais lui, il est différent. C'est un mec bien.
Ça me révulse comment les hommes peuvent être des pervers lubriques et traiter la femme comme un objet sexuel en toute situation. Ben quoi, merde ! Pourquoi je ne pourrais pas juste me mettre à l'aise pour prendre mon bol de céréales du matin, sans qu'on me mate, sans qu'on sexualise mon corps alors que je vais bouffer.
– Mais tu le sais bien, Sabine. T'es trop bonne. Ton corps, il rend les mecs fous. Tu peux pas t'habiller légèrement comme ça, tout le monde va croire que t'es une salope.
Je me rappelle bien de ces mots. Ce sont ceux de celle qui était ma « meilleure amie » à l'époque. Ce sont ceux qu'elle a utilisés pour m'accuser, lorsque je me suis faite harceler sexuellement cet été au lycée où j'avais mis un short court et un haut sans manches au-dessus du nombril quand il faisait très chaud. J'étais la victime mais cette connasse, au lieu de me défendre, avait rejeté la faute sur moi. J'étais en pleurs mais elle, elle s'était agacée, avait réagi froidement et avec condescendance. Je ne lui ai jamais pardonné. Et, ouais, j'ai arrêté de mettre ce short et ce haut dans lesquels je me sentais si bien. Et, pendant longtemps, je ne me suis plus sentie en sécurité sous le regard des autres.
Ce jour-là, j'ai bien cru que je ne serais plus jamais qu'un morceau de viande pour les mecs et que je devrais cacher toute ma vie ma « marchandise » à ces chiens de la casse pour qui je suis une proie. Mais enfin, j'ai rencontré Christian à la fac. Sous son regard, je ne me suis jamais sentie reluquée. Et, ça m'a fait du bien. Ça m'a fait du bien de me faire un ami mec. J'ai repris foi en le genre masculin.
– Salut, Sabine. Bien dormi ? me demande Christian qui me rejoint.
– Ouais, impec. Et toi ? lui réponds-je.
– Tranquille, dit-il.
– Ouais, impec. Et toi ? lui réponds-je.
– Tranquille, dit-il.
Christian aussi se met à l'aise. Il se traîne en calbut, les lunettes sur le bout du nez et un stylo sur l'oreille. Ça lui fait une de ces dégaines. Ça me fait sourire à chaque fois. En plus, aujourd'hui, il a un caleçon rose avec des motifs de Donald Duck.
– C'est quoi ce caleçon ? remarqué-je à voix haute en riant.
– Ah ouais, tu me mates le cul maintenant ? réagit-il en faisant mine d'être choqué.
– Arrête, avec ce rose vif et ces canards de bande dessinée, comment veux-tu que je passe à côté ? me justifié-je.
– Oh, merde ! crie-t-il soudain, catastrophé.
– Qu'est-ce qu'il se passe ? demandé-je, inquiète.
– J'avais complètement oublié, j'ai rendez-vous avec l'ophtalmo ce matin. Faut que je me grouille. Je vais être à la bourre.
– Ah ouais, tu me mates le cul maintenant ? réagit-il en faisant mine d'être choqué.
– Arrête, avec ce rose vif et ces canards de bande dessinée, comment veux-tu que je passe à côté ? me justifié-je.
– Oh, merde ! crie-t-il soudain, catastrophé.
– Qu'est-ce qu'il se passe ? demandé-je, inquiète.
– J'avais complètement oublié, j'ai rendez-vous avec l'ophtalmo ce matin. Faut que je me grouille. Je vais être à la bourre.
Christian court vers sa chambre. Il enfile un pantalon et une chemise à la hâte. Enfin, il cède à la panique et met son bureau sans dessus dessous alors qu'il galère à retrouver sa carte vitale. Elle était coincée sous un classeur. Pfff, ça lui apprendra à toujours tout laisser en bordel, je te jure.
Une fois toutes ses affaires avec lui, il s'en va en courant tout en enfilant maladroitement son manteau et son sac à dos : un vrai sketch.
– Allez, salut Sabine, à tout-à-l'heure ! dit-il sur le seuil de la porte.
– À toute ! réponds-je en versant mon lait dans mes céréales.
– À toute ! réponds-je en versant mon lait dans mes céréales.
***
Voilà que ma matinée prend un tournant inattendu. Je me retrouve seule à l'appart et j'ai tellement pris l'habitude de travailler en binôme avec Christian que je n'ai pas la foi de commencer sans lui. Je réfléchis à comment je vais pouvoir utiliser mon temps. J'ai envie de me détendre, tiens. Qu'est-ce que je n'ai pas fait depuis longtemps ? Une vague d'excitation me prend soudain. Ça fait longtemps que je ne me suis plus masturbée.
Je mange rapidement mes flocons d'avoine au lait de vache puis retourne dans ma chambre, me déshabille et m'installe confortablement sur mon lit, les jambes écartées et le dos légèrement relevé, appuyé sur un gros coussin. Je me caresse le ventre en le frôlant avec mes doigts pour déclencher des frissons. Enfin, je monte avec les doigts jusqu'à mes seins et commence à faire le tour de mes tétons pendant qu'ils durcissent. Oh, et puis, flemme. Je ne me sens pas à me travailler à l'imagination. Je me materai bien une histoire érotique sur Xstory, tiens. J'ouvre un nouvel onglet de navigation privée sur mon téléphone. Je charge la page du site et consulte la liste des dernières histoires. Un titre attire mon attention, catégorie trash :
La tête dans les culottes de ma coloc
Il est signé Mawja. C'est un profil de mec. Ok. Déjà que je n'aime pas les récits trash, alors là, ça s'annonce mal. Ça pue le scénario glauque du mec qui se branle dans les culottes de sa coloc, sans qu'elle le sache, hein, j'imagine. Et va savoir quelle saleté il va faire avec, vu que c'est classé récit trash. Ça me vénère qu'on banalise ça. Ça ne devrait même pas passer la validation. De quel droit tu t'introduis dans la garde-robe de quelqu'un et tu souilles ses habits les plus intimes ? C'est violent. Ça fait mal. Enfin, bref. J'ai bien envie de lire son texte et de le pourrir dans les commentaires.
Je commence ma lecture et suis prise d'effroi. Je lis, chapitre 1 :
Moi, Christian, et Sabine, ma coloc [...]
Je lis attentivement. Mon rythme cardiaque s'accélère. Il parle de nos études. Impossible que ce soit un hasard. C'est Christian qui a écrit ce texte.
[...]Sabine, elle m'excite terriblement. Mais, j'ai pas le temps, et pas l'énergie de l'aborder.[...]
Non, ce n'est pas possible. Christian et moi, c'est purement platonique. On étudie ensemble. C'est tout. Non, je ne veux pas le croire. Je continue ma lecture.
[...]Alors, j'ai honte de l'avouer, mais je me faufile dans sa chambre quand je sais qu'elle n'y sera pas dans le prochain quart d'heure, je prends une de ses culottes dans son panier à linge sale, je me pose sur son lit, je renifle le vêtement et me branle en même temps dans un gant de toilette.[...]
J'ai un haut le cœur. Je ne décroche pas les yeux du récit. Je lis tout d'une traite. Dans la suite, le Christian du récit me suce l'orteil et me bouffe la chatte. Ensuite, je le prends en pegging, lui pisse dessus et pour finir, nous nous faisons une déclaration d'amour mutuelle.
Je suis tiraillée par des sentiments contradictoires. D'un côté, je suis presque touchée par l'expression de son amour pour moi, mais de l'autre, je suis profondément dégoûtée par ce qu'il met en scène, et enfin, je me sens trahie. Lui que je croyais meilleur, il est encore pire que les autres, et plus malsain.
J'ai la haine. Sérieusement ? Nos vrais prénoms ? Et si des gens de la fac tombaient sur ça ? Bon, c'est pas aussi brutal qu'une sex-tape volée et diffusée sur un site porno, mais quand même.
Sabine, tu te calmes. Christian n'aurait pas intérêt non plus à nous afficher comme ça. C'est sûrement un connard de la fac qui s'est construit un fantasme sur notre dos. Ça les emmerde tous qu'on puisse avoir une vraie amitié fille garçon et qu'on puisse être si proches, vivre ensemble, sans qu'il n'y ait rien entre nous. Ouf, ces réflexions me rassurent. Ça m'écœure quand même mais bon, au moins, on sera deux pour y faire face.
Je souffle puis souris. Non, ce n'est pas lui, tout simplement. Je retrouve la forme. Tu t'en fais trop, Sabine. Qu'est-ce qu'on en a à faire de ce texte. Ça ne va pas changer ta vie. Tu vas le montrer à Christian. Vous allez halluciner ensemble et ça te fera des souvenirs.
Mais, je n'en reviens pas, quoi. Ça me met tout de même super mal à l'aise de savoir que y'a un tordu quelque part, que je croise sûrement tous les jours, qui se fait des scénarios sur mon dos.
Je pleure. T'es bête, Sabine. C'est rien du tout. Mais n'empêche. Vivement que Christian revienne et qu'on en parle ensemble. Il saura trouver les mots pour me rassurer. Je suis fatiguée, maintenant. Je me recroqueville et me réfugie sous les draps. Je cherche le sommeil. Le temps passe et, enfin, j'entends Christian qui rentre à la maison. Je saute vite hors de mon lit. Je remets ma culotte et mon t-shirt et vais à sa rencontre.
– Qu'est-ce qui t'arrive ? me demande-t-il, inquiet.
Je suis angoissée à mort, en vrai. Ça doit se voir à ma tête. Je voudrais y mettre les formes mais, et puis merde, j'ai juste envie qu'il sache.
– Christian… y'a un texte porno sur Internet… c'est dégoûtant, et on est les personnages de l'histoire, confié-je, la voix tremblante, comme une gamine.
Le teint de Christian se fait cramoisi. On dirait qu'il se décompose. Non. Arrête. Tu déconnes, pas toi.
– Oh, non, tu… tu… baffouillé-je.
Christian, la voix à demi-éteinte et rauque, rouge de honte, déclare :
– Je suis désolé.
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Commentaires ()
J'ai adoré le principe :)