Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
La tête dans les culottes de ma coloc — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
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La tête dans les culottes de ma coloc
Chapitre 6
Je fais une sottise incroyable. Par trop plein de fierté, je me refuse à appeler au secours. J'entreprends de faire face, seule. Je me sabote moi-même, me privant par là d'alliés pour m'épauler, décidée que je suis à nier ma détresse. Et, je ne me contente pas d'accepter la proposition de Christian de discuter Lundi soir. Je lui propose de revenir à la coloc dès aujourd'hui, ce Dimanche après-midi.
De la sorte, je me donne l'illusion d'être à la manœuvre, de garder l'initiative, le contrôle, bien que, en fait, au lieu de m'affirmer, je cède à Christian plus encore que ce qu'il a osé me demander. Voici ce que je lui envoie par message sur son téléphone :
Après cela, je fais, indifféremment, du ménage dans l'appart. Je ne sais pas trop si je suis en train de mettre de l'ordre dans ma tête ou si j'esquive le combat de la sorte, par mon comportement robotique ménager et attentiste. Les choses changent quand mon téléphone émet cette douce vibration qui harangue mon attention plus intensément que n'importe quel autre stimuli. Cet indicateur que Christian a répondu à mes messages me procure une décharge d'adrénaline suffisante à suspendre ma vie aux touches de mon téléphone. Je m'empresse de prendre connaissance de sa réponse :
J'ai envie de le croire. J'en ai tellement envie que je me prends à lui laisser une chance que je ne lui ai pourtant pas du tout accordée dans mon message. Il n'a jamais été question de « lui laisser sa chance » dans le sens où il l'entend. Seulement, je ne sais plus ce que je veux. J'ai trop peur que tout s'écroule. J'ai trop peur de perdre mon ami, de plomber l'ambiance à la fac, de perturber mon organisation dans mes études et dans mes habitudes.
La tentation se fait de plus en plus forte. Et, si j'aimais ça, avec lui ? Et, si je prenais mon pied, à l'avoir dans mes culottes ? Et, si l'on baisait comme des bêtes et que j'avais un orgasme avec lui et que je me mettais à avoir envie de lui moi aussi, ne balaierais-je pas ainsi, d'un coup de rein, tous mes états d'âme et leurs souffrances associées ? Et puis, merde. Je n'en veux pas, putain, de cette situation compliquée. Mon coloc veut me baiser ? Qu'il me baise ! Qu'il me donne un orgasme, que je le désire aussi, et que cette sensation d'inconfort insoutenable s'arrête. Voilà tout ce que je souhaite.
Mon plan mûrit dans ma tête. J'échafaude la suite, de son arrivée dans l'appart à notre accouplement sur mon lit. Je commence à être excitée. Je plane complètement, délirante. Mais, comment penser qu'il y a mal, alors que je commence à mouiller en imaginant nos langues se lier et nos corps se mêler ?
***
Le temps s'écoule lentement jusqu'à ce que j'entende enfin la porte d'entrée s'ouvrir. Christian apparaît dans le salon. Je m'adosse au mur de la télé face à lui et nous nous fixons dans les yeux, silencieux. Il me fait une moue de regret et un regard de chien battu. C'est le malaise. Il me déclare :
– Je suis désolé, Sabine. Vraiment désolé. Je ne voulais pas te mettre dans une situation aussi difficile. Je n'aurais jamais dû t'imposer ça. Mais je suis là maintenant, et je suis prêt à tout faire pour réparer les choses.
Je suis touchée par ses paroles et sors un instant de mon délire érotique du dernier désespoir. J'entrevois une ouverture pour restaurer notre simple amitié et que tout redevienne comme avant. Je hoche la tête. Je respire profondément.
Je m'apprête à lui répondre quand soudain, je suis prise de court. Il s'effondre par terre en s'agrippant à mes jambes. Cela me tend immédiatement. Le contact de ses mains sur moi me crispe et m'incommode mais il est là en sanglots et je reste sans réaction alors qu'il se lance, à genoux, dans une tirade larmoyante :
– Je te veux, Sabine. Je désire chaque parcelle de ton corps. Je veux goûter à chacune de tes extrémités, de tes doigts à tes orteils, et de ton nez à ton clitoris. J'ai faim de toi, Sabine. J'ai tellement faim de toi.
Je tremble et sombre dans la confusion alors qu'il a abattu, d'un coup de masse oratoire, mes espoirs de réconciliation amicale. Je sors de mon corps alors qu'il le réduit à un morceau de viande appétissante qu'il convoite.
Que fera ma dépouille maintenant que mon esprit est en haut, planant au-dessus de l'appartement en spectateur ? Se livrera-t-elle sous les assauts de mon ancien meilleur ami ? Va-t-elle subir sans rien faire ce qu'il voudra faire d'elle, et regagnerai-je seulement mon corps quand le crime sera commis ? Mais enfin, que va-t-il faire de moi, si je me contente d'hocher la tête indifféremment ? Va t'il m'arracher des oui à chacune de mes abdications, et me pousser à tout accepter en feignant d'ignorer que mon consentement est celui d'une zombie ?
Non. Je refuse. J'en ai rien à foutre. Je veux une vie heureuse avec un script idéal. Tous les bons chefs de propagande réécrivent l'Histoire pour galvaniser leurs sujets. Je n'ai qu'à réécrire la mienne pour récupérer mon entrain et ma joyeuseté. Rien à foutre de la vérité. J'ai toujours aimé Christian. J'ai toujours fantasmé sur lui. J'ai toujours voulu qu'il me bouffe, de la chatte au cul, et de la bouche aux oreilles. J'ai toujours voulu qu'on baise comme un chien et une chatte dans une histoire de cul. J'ai toujours voulu Christian, la tête dans mes culottes. Il était une fois, … quelques coups de blanco et des phrases réécrites, et du sordide, il est possible de basculer au sexy. J'en veux pas de cette réalité de merde. Alors, voilà. Je le décide maintenant. Le conte érotique peut commencer. Place à la nouvelle Sabine.
Je dis, avec assurance :
– Baise-moi.
Christian se détache de mes jambes et sursaute presque en baffouillant :
– Que ? Quoi ?
Je repète, en haussant la voix :
– Baise-moi !
Il se relève. Il me fixe et je peux sentir son désir grandir à mesure que ses yeux parcourent mon corps.
– Vas-y, déshabille-moi, lui dis-je.
il commence lentement, hésitant, déboutonnant lentement mon chemisier alors que nous nous tenons debout, face à face.
– Continue, intimé-je. Je veux que tu t'arrêtes seulement quand je serais toute nue.
Il se fait plus confiant et, extatique, défait la braguette de mon pantalon et le baisse à mes pieds avec l'émerveillement d'un jeune garçon qui déballe un cadeau de Noël. Il retire ensuite mes chaussures et je peux dégager les pieds de mon bas. Me voilà en culotte et soutien-gorge devant mon coloc tout habillé et fou de désir. Il dit, sussurant :
– On n'est jamais allé aussi loin. Je vais enlever ton soutien-gorge, mon amour. Je vais voir tes seins…
– Ferme ta gueule, le coupé-je. Déshabille-moi, putain.
– Oh… pardon, pardon, dit-il.
Il s'empresse de venir derrière moi dégrafer mon soutif comme si le temps lui était compté. Puis, la dentelle tombe et il se fait plus rapide. Il enchaîne immédiatement avec ma culotte qu'il retire d'un coup sec.
– Ne déboutonne pas ton pantalon, maintenant. Baisse seulement ta braguette et sors ta bite, dis-je.
Il s'exécute et je découvre son membre nu, décalotté, rougeâtre et en érection, émergeant de la fente de son jean.
– Maintenant, écarte mes cuisses et pénètre moi.
Il se plaque contre moi. Je lève une jambe et la replie contre lui. Il la maintient levée en m'empoignant. Je me tiens à son cou avec mes bras pour tenir l'équilibre. Il essaie d'entrer dans mon vagin mais n'y arrive pas. C'est trop sec et il ne glisse pas. On quitte la position et il dit vite :
– Je vais chercher du lubrifiant. Je reviens tout de suite.
Je reste ainsi nue dans le salon à l'attendre. Il va dans sa chambre et en revient aussitôt avec le lubrifiant. Il remplit sa paume du liquide épais puis l'étale sur mon vagin et à l'intérieur. Je me couche par terre pour qu'on ne réitère pas la tentative inconfortable de pénétration précédente. J'écarte moi-même les cuisses. Il me fixe dans les yeux rapidement puis se recentre sur mon entrejambe où il dirige, concentré, son pénis dans ma fente. Il entre. J'ai mon coloc en moi. J'inspire. Il s'enfonce lentement. J'expire. Je poursuis :
– Maintenant, pilonne-moi. Va et viens en moi jusqu'à jouir. Je veux que tu éjacules et que j'ai tout ton sperme en moi.
Il m'enlace après ces mots. Il m'embrasse au cou. Je frissonne. Putain, j'ai froid. Je lui saisis les fesses et on se cambre tour à tour, puis, les va-et-vient commencent. Il gémit bruyamment. Son rythme s'accélère. Il met sa main dans mes cheveux, pose l'autre sur un de mes seins. J'entends ses testicules qui claquent contre moi. Je sens profondément ses pénétrations. Je me sens baisée. J'inspire et expire, haletante, tremblante, et je m'agrippe fort sur ses fesses, jusqu'à y enfoncer mes ongles. Il donne alors un dernier coup de rein qui le soude en moi. Il pousse des petits râles saccadés. Je comprends qu'il vient de jouir en moi. Il se retire. Je porte la main à mon vagin. Son sperme coule sur mes doigts. Alors, c'est vraiment arrivé. Il a éjaculé en moi.
Je m'effondre en larmes. Il me demande, bredouille, ce qu'il se passe.
– Pas une fois, tu as demandé si j'étais sûre de moi, dis-je péniblement. Pas une fois, tu as pris le parti de la retenue, de la précaution. Pas une fois, tu t'es opposé. Je t'ai demandé de me pénétrer sans capote. Tu n'as même pas évoqué le risque avant d'accepter. Pas une fois, tu t'es soucié d'autre chose que de profiter de moi. Tu n'as proposé aucun préliminaire. Tu as saisi chacun de mes accords comme un rat. Tu t'es bien gardé d'en discuter. Il valait mieux me baiser tout de suite, tant que j'étais d'accord. Tu as agi comme un salopard de chien en rut. Tu m'as baisée comme si j'étais une pute. Tu as cessé pour toujours d'être mon ami. Je pars d'ici et je ne reviendrai jamais. Je te hais. Je te hais !
– Mais… Sabine, putain, jure-t-il. Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne comprends rien, Sabine. Je suis complètement largué, là. Qu'est-ce que tu me fais ? C'est toi qui m'a demandé. Tu me reproches quoi, là, exactement ?
Je crie en me prenant la tête dans les mains et en battant dans le vide frénétiquement avec mes bras et mes jambes. Christian prend l'initiative de m'enserrer pour m'empêcher de bouger. Il me crie de me calmer. J'hurle de plus belle, en panique totale, lui donnant des coups involontaires alors que je me libère de son emprise et cours m'habiller. Il reste sur place, abasourdi. Il me regarde, le visage livide, alors que j'ai déjà remis un pantalon et mon chemisier. Je vais dans ma chambre, prend un sac et le remplit, tremblante, avec tout ce qui me vient d'objets importants. Je cours jusqu'au salon, met mon manteau, jette les clés hors de ma poche et quitte la colocation. Je jure de ne plus jamais y mettre les pieds.
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Commentaires ()
Les sites comme celui-ci se prêtent mal à de tels formats de lecture. De la novella, certains sont passés au roman. À croire qu'ils souhaitent concurrencer Anne Golon.
Alors, ils font dans la surenchère, et finissent par nous livrer des histoires obèses et mal fichues.
Je ne vais pas développer en ce qui vous concerne, mais je peux vous donner quelques conseils puisque vous êtes demandeur.
Variez davantage le vocabulaire et, surtout, limitez l'usage de l'infinitif. Un verbe conjugué est beaucoup plus puissant.
Vous pourriez également réduire un peu le nombre des adverbes, même si vous n'en abusez pas.
Sinon, je ne vois pas de gros défauts stylistiques. Les scènes érotiques sont assez détaillées et rédigées avec un bon sens de la formule, sans les clichés lexicaux qui gâchent tant de textes.
Je suis assez surpris, je dois dire. Je m'attendais à moins de j'aime, et peut-être plus de commentaires, sur les précédents chapitres.
Merci tout particulièrement pour ton commentaire UnSimpleLecteur. Je suis content que le retournement t'ai plu et ça me donne de l'élan pour poursuivre l'histoire que j'avais, pour le moment, mise en pause.
J'adore les retournements de ce genre où l'on dépasse le "quatrième mur" (surtout que ça m'a bien surpris !).
J'étais quand même curieux du personnage de Nina. J'ai beaucoup aimé le deuxième chapitre.
Sinon, l'aspect psychologique du récit entre Christian et Sabine est lui aussi un point fort selon moi, hâte de lire la suite et de lire une possible réconciliation, je croise les doigts !
Vivement la suite pour savoir si cela va s'arranger entre eux