Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La tête dans les culottes de ma coloc — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La tête dans les culottes de ma coloc
Chapitre 5
Je reçois un appel de la mère de Christian. Courage, Sabine. Tu vas répondre. Je prends l'appel. Je fais comme si de rien n'était car je n'ai aucune idée de ce qu'il lui a dit :
– Bonjour, Francine.
– Ah ! Sabine. Je dois te parler. Christian m'a tout dit pour le texte porno avec toi sur Internet.
– Ah ! Sabine. Je dois te parler. Christian m'a tout dit pour le texte porno avec toi sur Internet.
Je ne réponds rien. J'ai rien à lui dire de toute façon. Je suis déjà assez choquée comme ça que Christian en ai parlé à sa mère.
– Bon… c'est tout ce que ça te fait ? m'interroge Francine qui s'attendait apparemment à ce que je dise quelque chose.
– Pardon ?! parviens-je tout juste à rétorquer.
– Si je t'appelle, c'est en tant que femme, comme toi. Je sais ce que c'est, notre condition. Je compatis, tu sais.
– Pardon ?! parviens-je tout juste à rétorquer.
– Si je t'appelle, c'est en tant que femme, comme toi. Je sais ce que c'est, notre condition. Je compatis, tu sais.
Un silence bien long et gênant suit sa déclaration. Qu'est-ce qu'elle attend la reum ?! Je rêve ou elle voudrait que je la remercie pour son appel ? C'est vraiment pas le moment où j'ai envie de faire des politesses avec la mère de Christian.
– Tu pourrais faire un effort, Sabine ! Moi, je fais un geste vers toi, je prends ta défense. Tu pourrais réagir quand même ! continue-t-elle.
– Quoi, Francine ?! laché-je. Qu'est-ce que tu veux, là ? Explique-toi rapidement. Parce que, excuse-moi mais j'ai envie d'autre chose en ce moment que de me faire agresser au téléphone par la mère de son pervers de fils.
– Non mais, oh, tu baisses d'un ton, Sabine ! dit Francine avec un ton plaintif presque larmoyant. Tu exagères ! Je suis comme toi, tu sais. Je sais comment sont les hommes et ce que tu endures. Mais tu ne te rends pas compte. Si tu le prends comme ça pour quelques mots sur Internet, tu vas avoir bien des déceptions avec les hommes, ma pauvre ! Mon fils est gentil. Il a peut-être ses fantaisies dans la tête mais il a toujours été bien avec les filles. Ce n'est pas juste ce que tu fais. Il…
– Quoi, Francine ?! laché-je. Qu'est-ce que tu veux, là ? Explique-toi rapidement. Parce que, excuse-moi mais j'ai envie d'autre chose en ce moment que de me faire agresser au téléphone par la mère de son pervers de fils.
– Non mais, oh, tu baisses d'un ton, Sabine ! dit Francine avec un ton plaintif presque larmoyant. Tu exagères ! Je suis comme toi, tu sais. Je sais comment sont les hommes et ce que tu endures. Mais tu ne te rends pas compte. Si tu le prends comme ça pour quelques mots sur Internet, tu vas avoir bien des déceptions avec les hommes, ma pauvre ! Mon fils est gentil. Il a peut-être ses fantaisies dans la tête mais il a toujours été bien avec les filles. Ce n'est pas juste ce que tu fais. Il…
Je lui raccroche au nez et bloque son numéro. Non mais je rêve. J'envoie tout de suite un message à Christian.
J'attends nerveusement sa réponse. Elle est longue à venir alors il faut bien que je me raisonne. Je m'efforce de travailler sur le devoir de topologie à rendre pour la semaine prochaine. Bien sûr, pile quand je commence à me concentrer et à faire quelque chose de productif, mon téléphone vibre.
Christian m'a envoyé un pavé.
Je lis tout ça péniblement et commence à lui écrire une réponse :
– Moi aussi, j'appréciais beaucoup la relation qu'on avait tous les deux. Tu n'as pas à t'excuser d'avoir développé des sentiments pour moi ou d'être « bizarre » . Tu sais, nos fantasmes ne sortent pas de nul part. Si…
Je m'interromps. Qu'est-ce que t'es en train de foutre, Sabine ? Alors comme ça, on joue à l'infirmière ? Tu veux pas lui sucer la bite aussi, pour te faire pardonner de le faire souffrir, au pauvre garçon? J'efface tout ce que je viens d'écrire, rectifie et lui envoie :
Cette fois encore, j'attends nerveusement sa réponse et ne me concentre pas sur mon devoir. Le temps passe. Merde, c'est midi trente. J'ai déjà mangé à cette heure-là, d'habitude. Et là, je n'ai même pas commencé à préparer la bouffe. Putain. J'ai envie de penser à autre chose mais évidemment, je pense à Christian. Parce que comme ça fait bien six mois qu'on vit ensemble en permanence, c'est encore quelque chose qu'on fait tout le temps à deux. Pourquoi on s'habitue aussi vite ? Ça ne fait que six mois, pas « bien » six mois. J'ai pas besoin de sa présence, merde.
J'ai une sensation de vertige. Je me rends compte d'un coup de la place que chacun avait prise dans la vie de l'autre. C'est sûrement pour ça que je vis aussi mal ces quelques mots balancés sur la toile. Attends, Sabine, t'es sérieuse ? Ces « quelques mots » ? Tu vas te mettre à penser comme eux ? Non, non, non. No way. Vous ne m'imposerez pas votre façon de voir les choses. Je ne minimiserai pas ce que j'ai vécu. Vous ne m'aurez pas. Je ne m'excuserai pas de la façon dont je perçois l'événement.
L'événement. Mais de quoi parle-t-on, déjà ? Sabine. C'est ton coloc. T'adores être avec lui. Vous adorez travailler ensemble. C'est ensemble que vous allez tout déchirer en maths. Qu'est-ce que tu en as à foutre de cette histoire de cul qu'il a publié sur Internet. T'aurais juste pu le réprimander tranquillement. Il aurait retiré son histoire. Ça se serait arrêté là. Pourquoi tu gâches tout. Oh, non. Ça y est. Je culpabilise. Et je me suis toujours pas fait à bouffer. Je reste là assise sur ma chaise, comme une pauvre merde.
Le téléphone vibre. Je saute dessus et lis :
Je fulmine. Je lui demande de l'égard pour ce que je ressens et ce dont j'ai besoin. Et, ce connard me crache à la gueule que c'est ridicule, qu'il n'a rien fait de mal et par dessus le marché, je serais pas assez bien placée pour juger moi-même de ce que je ressens. Monsieur me fait part de ses lumières et, bien sûr, bonjour la toxicité. Je le repousse ? C'est que je suis folle de lui, évidemment !
Et pourtant, je suis déstabilisée. Je suis en manque de nous. Je me crois assez désespérée pour m'attacher à celui qui vient pourtant de trahir ma confiance. Je me prends à rêver de faire « comme si ». Je me vois endosser le rôle qu'il a imaginé pour moi. Parce que, ce serait tellement plus simple. Il me suffirait de me prendre au jeu. Le pauvre chou aurait été victime de ma peur de notre amour. Je boirais ses paroles et il s'en suivrait une conversation passionnée où on se révélerait notre attirance mutuelle. On baiserait ensemble. Et, le plus important, on continuerait comme avant. Le sexe en plus. Que rêver de mieux ?
Me respecter ? Le traiter comme il le mérite après comment il m'a traité, et après comment il a perverti notre relation ? Mais qu'est-ce que j'y gagne, à part une fin d'année universitaire chaotique où je vais devoir revoir radicalement ma façon de travailler, avec qui, où et comment, et en perdant mon meilleur ami en prime !
Je vacille. Un éclair de lucidité m'intime d'aller chercher de l'aide. Qui sait, néanmoins, s'il durera assez pour que je passe à l'action ? Qui sait si je ne vais pas me complaire dans un mensonge nauséabond mais tentateur, et accepter la proposition de Christian ?
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